~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : Septembre 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard, l'école de sorcellerie. Il fait partie de la génération qui n'a jamais connu que la paix, et aspire à mener une vie tranquille, aux côtés de ses amis. C'est également le souhait de Gabriel Madder, le meilleur ami de James. Insouciants et ignorants des réalités du monde, les deux garçons et leurs amis coulent une scolarité paisible, malgré l'orgueil écrasant de James et le manque de confiance en lui de Gabriel.
Pourtant, leur vie bascule du tout au tout lorsque tous deux se retrouvent impliqués dans un grave incident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de se souvenir de ce qui s'est passé pendant cet événement, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.
Ils n'imaginaient alors pas que tout ceci n'était que le premier acte d'une nouvelle crise, bien plus sombre et importante encore.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
~Personnages secondaires originaux apparaissant ou mentionnés dans ce chapitre étant déjà apparus précédemment~
-Stanislas Franz : Camarade de dortoir de James et Gabriel. Il est en froid avec les deux garçons depuis l'accident du cœur (chapitre 6).
-Henry Pendigton : Sorcier ayant été retrouvé assassiné avec la Marque des Ténèbres flottant au-dessus de son habitation (chapitre 12).
~Résumé du chapitre précédent~
Remarquant le froid entre son frère et son meilleur ami, Albus ne peut s'empêcher de se poser des questions sur leurs différents. Après avoir assisté aux cours avec Jolyne, il retrouve Scorpius, Rose et Séléné pour aller interroger son frère et ses amis sur les affaires en cours en dehors de l'école. Avec l'intervention inopportune d'Arya Nott, les Gryffondor partagent leurs informations, sans vraiment savoir où tout cela veut bien en venir. De retour dans sa salle commune, Albus retrouve Jolyne, et lui avoue ses craintes, décidant d'écrire à ses parents.
~Note de Niva~
Ça faisait longtemps. J'ai fait une pause pour de multiples raisons personnelles, les études étant l'une d'entre-elles, la baisse de motivation passagère pour l'écriture en étant une autre. Je m'excuse donc auprès des personnes qui attendaient la suite avec impatience, surtout que je n'ai pas vraiment donné de nouvelles depuis le temps. Ceci dit, je vous laisse avec ce chapitre, un peu court (comparé au format habituel), et qui n'est sûrement pas le plus intéressant. Il s'agit encore d'un début de chapitre coupé en deux, et des deux parties, il est le moins intéressant à mon humble avis. Le prochain chapitre sera posté d'ici une ou deux semaines, il est prêt, aucun soucis avec lui. Merci néanmoins à ceux qui ont laissé un commentaire. ^^
Je vous souhaite donc une bonne lecture.
Chapitre 14 : L'ombre extérieure
Cela faisait maintenant quelques longues heures que la nuit avait pris ses quartiers sur le château de Poudlard. Le couvre-feu imposé aux élèves était déjà en place depuis tout ce temps, laissant les couloirs vides de vie. Une toute autre atmosphère envahissait dès lors l'école. L'agitation laissait place au calme, et l'air s'emplissait de quelque chose de presque mystique. Les seules choses qui troublaient parfois ce silence étaient les rondes des Préfets, ainsi que celle du concierge, Julian Keepood, qui pour sa part patrouillait lanterne à la main, et oreilles aux aguets. Mais même leurs passages, habituels et réguliers, ne parvenaient à briser réellement la sérénité nocturne du château.
En ce milieu de nuit cependant, ce calme fut rompu par la présence de quatre ombres furtives, se déplaçant dans les couloirs avec prudence. Arrivé au coin de l'un de ces derniers, Gabriel, en tête de file, se tourna vers James, dont la baguette éclairait la carte du Maraudeur, bien évidemment activée. Le jeune Potter observa la carte quelques secondes, puis il hocha la tête, confirmant que la voie était libre. Gabriel s'avança alors dans le nouveau couloir éclairé par les rayons de la lune, à pas rapides et lestes, essayant de ne pas réveiller les tableaux qui dormaient dans leurs cadres. Bloom pris la suite du jeune Madder, observant malgré tout les alentours au cas où, puis ce fut au tour de James. Eliot, enfin, fermait la marche, le regard aux aguets derrière eux, la baguette également sortie, et prête à être utilisée pour faciliter leur éventuelle fuite.
« C'est agaçant quand même que ce soit ta sœur qui ait la cape, marmonna Bloom.
— On s'est promis de se la partager, répondit James, alors qu'ils s'arrêtaient à un croisement. Puis, ce n'est pas comme si nous n'avions pas fait nos escapades nocturnes sans elle ces quatre dernières années.
— Tu sais pourquoi Lily en avait besoin ? demanda Gabriel, tout en jetant un coup d'œil au coin du couloir.
— Elle n'a rien voulu me dire. Mais le sourire qu'elle affichait quand je lui ai donné la cape me fait penser qu'on va sûrement en entendre parler demain. »
Règlement de compte ou simple envie de préparer une farce donc, songea Gabriel. Assez habituel venant de la part de Lily, turbulente comme elle était. Le garçon marcha encore quelques instants, avant de se stopper devant une tapisserie située au milieu du couloir, représentant Gwendoline la Fantasque brûlant sur l'un des innombrable bûcher sur lequel elle avait fini, un sourire d'extase aux lèvres. Il la souleva doucement et appuya sur une pierre saillante cachée derrière, qui s'enfonça. Le mur se recula alors lentement, dans un léger grondement, pour finalement révéler une ouverture sombre, dans laquelle les quatre amis s'engouffrèrent.
Contrairement aux couloirs de l'école, éclairés par la lumière des étoiles que laissaient entrer les larges fenêtres, ou encore des quelques bougies encore allumées, le passage secret lui ne laissait filtrer aucune lumière. Pour accompagner le seul éclat provenant de la baguette de James, pointée sur la carte, Gabriel sortit sa propre baguette de la poche de sa veste, et la leva au dessus de sa tête.
« Lumos. »
Les murs de pierre s'illuminèrent autour d'eux, alors que derrière, l'entrée se refermait en silence derrière la tapisserie. Le passage était un long et vieux couloir poussiéreux, parsemé ici et là de toiles d'araignées. À priori, rien de bien étonnant ne pouvait se trouver ici, c'était un passage secret comme il en existait des dizaines dans le château, tantôt des raccourcis, tantôt des cul-de-sac. C'était pourtant leur destination de la nuit.
« La dernière fois qu'on a examiné ce passage secret, c'était en troisième année, se souvint Eliot.
— Ouais, mais comme d'habitude, on n'avait rien trouvé, répondit James, détournant les yeux de la carte. On n'a jamais rien trouvé, et pourtant, j'ai vraiment l'impression qu'on a retourné le château de fond en comble.
— Maintenant que je sais exactement ce que nous cherchons, je dois avouer que l'on a peut-être été trop optimistes sur nos chances de succès, murmura Bloom en pointant sa baguette contre les pierres du mur. Il est évident que les fondateurs l'ont cachée du mieux qu'ils pouvaient.
— Pourtant, on a forcément réussi à y aller d'une façon ou d'une autre. Même si ça a été ouvert par quelqu'un d'autre, c'était forcément un endroit que l'on connaissait », indiqua Gabriel.
Trois ans maintenant qu'ils passaient le château au peigne fin. Trois ans qu'ils exploraient toutes les pièces, tous les couloirs les uns après les autres, les passages secrets également. Pourtant, aucune avancée notable n'était venu récompenser leurs recherches appliquées, pas la moindre piste sur la localisation de l'entrée du Cœur. Gabriel en restait toujours frustré. Le seul avantage qu'ils avaient gagné à explorer ainsi le château et le fouiller pierre par pierre, c'était leur connaissance très précise désormais de l'école.
C'était l'unique chose qui consolait Gabriel, le fait qu'il n'existait probablement personne connaissant Poudlard mieux qu'eux – en dehors bien sûr de la localisation du cœur. Avec Bloom, Eliot et James, il avait découvert des passages secrets qui n'avaient pas même été découverts par les Maraudeurs, et qui étaient donc, par conséquents, absents de la carte, pourtant extrêmement complète. À chaque fois que cela s'était produit, lui et James avaient vivement espéré que cela mènerait à l'objet de leur quête. La déception qui suivait était toujours amère.
« Assez bavardé, murmura finalement James, en rangeant la carte dans sa veste. On a un couloir à examiner au peigne fin. »
Il n'y eu pas un mot de plus, et chacun commença ce qu'il avait à faire. Gabriel partit un peu plus loin dans le couloir, s'éloignant de la lumière que faisait James à l'aide de sa baguette. Avec les sorts qu'il allait devoir utiliser, il n'était plus question de maintenir son Lumos. L'obscurité qui se révélait devant lui ne faisait qu'alimenter son appréhension, un peu enfantine. Même à quinze ans, le garçon continuait d'être effrayé par l'obscurité, ou plutôt l'inconnu. Il ne put empêcher un rictus de naître sur son visage.
« Allons Gabriel, tu n'as plus six ans », marmonna Gabriel dans un ton moitié moqueur, moitié amer.
Il réprima un léger frisson, gardant un léger sourire moqueur sur les lèvres, tournant ses propres peurs en dérision. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Le garçon s'accroupit au sol, ignorant la poussière qui recouvrait les dalles du sol, puis il pointa sa baguette vers le sol, avant de souffler :
« Quaero Latet. »
L'extrémité de sa baguette commença doucement à s'illuminer d'une douce lumière bleu, qui se répercuta sur le sol, faisant fuir une araignée. Gabriel ressentit entre ses doigts l'habituelle pulsation de sa fidèle compagne, sa manière de lui dire qu'elle ne trouvait rien ici. De ses yeux, il pouvait voir les pierres illuminées par le sort briller du même éclat bleu que ce dernier. Il savait ce que cela voulait dire. Aucun secret ne se cachait ici, la lumière changerait de couleur dans le cas contraire. Aussi, sans faire attention à la poussière qui pourtant s'agrippait à ses habits, il commença à avancer, pointant une à une chaque pierre qui composaient le sol, puis les murs, dans une tâche lente et minutieuse, les yeux plissés fixés sur cet éclat qui perçait doucement l'obscurité.
Parfois, Gabriel jetait un coup d'œil par-dessus son épaule, observant l'avancée de ses amis. Mais le regard concentré qu'il leur voyait à chaque fois indiquait bien assez qu'eux aussi faisaient chou-blanc. Il soupira doucement, reposant son regard vers son propre sort, sentant sa magie aller doucement de la paume de sa main et de ses doigts vers sa baguette pour le maintenir. Ce ne serait sûrement pas ce soir non plus qu'ils feraient une avancée importante dans leur recherche du Cœur de Poudlard. Même s'il s'y était attendu, il ne put s'empêcher d'en ressentir un pincement au cœur.
« Aucune réaction, lâcha Eliot après une vingtaine de minutes, baissant sa baguette. Je n'ai pas la moindre activité de magie plus sensible que la normale, pouvant indiquer la présence d'un passage.
— Et je ne trouve pas de mécanisme manuel non-plus de mon côté, ajouta Bloom. Et toi Gabriel ?
— Rien, pas d'élément sortant de l'ordinaire. À priori donc, on peut rayer tout ce passage secret de notre liste, marmonna le garçon. Encore.
— Je suis toujours d'avis qu'on ne trouvera pas ça comme ça, dit James en sortant malgré tout un petit carnet. Etant donné la nature de… de là-bas, il ne serait pas étonnant qu'elle soit masquée totalement par sa magie.
— Il doit malgré tout exister quelque chose pour la reconnaître, insista Gabriel, sentant l'habituelle chaleur due au Iurare s'amplifier dans sa gorge. Ça ne peut pas être un endroit au hasard, que rien ne distingue du reste !
— Hum…
— Tu as une idée Eliot ? demanda Bloom, en constatant l'aspect pensif du garçon.
— Pas vraiment, juste une supposition… Vous vous souvenez de la pièce qu'on avait trouvée au cinquième étage ? Puis qu'on a retrouvé, sept mois plus tard, mais cette fois au deuxième étage ?
— Alors qu'elle avait vraisemblablement disparue entre temps, oui, se souvint James, songeur. Elle n'avait rien de spécial à l'intérieur, mais le fait qu'elle se déplace est assez étonnant en soit.
— Justement, appuya le blond. Si une pièce lambda est capable d'une telle chose, on peut imaginer que l'accès au Cœur peut, lui-aussi, être mouvant. Ce serait une bonne protection pour quelque chose de si important.
— Oh, je n'y avait pas pensé, marmonna la rousse, songeuse.
— Ça expliquerait aussi pourquoi on a pas avancé d'un pouce de tout ce temps », dit Gabriel, plus pour lui-même que pour les autres.
Depuis qu'Eliot et Bloom avaient pris connaissance de la véritable nature de ce qu'ils cherchaient, les théories sur la nature même du Cœur leur venaient parfois en tête, malgré les difficultés qu'avaient James et Gabriel à en parler sans aborder le sujet de trop près. Le jeune Madder savait que son meilleur ami lui en voulait encore un peu pour ce qu'il avait fait, et il le comprenait très bien. Cependant, lui-même avait avoué que c'était utile. Si Bloom et Eliot avaient soupçonné qu'ils recherchaient quelque chose se rapprochant plus ou moins de ce qu'était un Cœur de Magie, cerner précisément ce que c'était avait amené en eux de nouvelles approches du problème, les rendant moins dépendants de James et Gabriel lors de leurs escapades nocturnes. Eliot avait émis beaucoup de nouvelles hypothèses, qui les avait amené à préparer de nouveaux plans, de nouvelles recherches.
« Je pense qu'on peut ajouter cette théorie, dit James en griffonnant dans son carnet. Et je crois qu'on n'ira pas plus loin cette nuit, ajouta-t-il en donnant un regard à sa montre.
— On a déjà inspecté quelques lieux qui nous avaient semblé demander plus amples investigations, c'est pas mal, sourit la rouquine.
— Il nous en reste encore un bon paquet, temporisa Eliot. Et même, je suis sûr qu'on manque encore de quelques techniques qui pourraient nous révéler d'autres secrets. Après tout, on a trouvé ces sorts de détection il n'y a que quelques mois.
— Vrai, dit Gabriel en se frottant les yeux. Mais on verra ça plus tard, j'avoue que l'appel de mon lit commence à se faire pressant. Enfin, avant tout, Récurvite !»
D'un coup de baguette, Gabriel fit disparaître la poussière qui s'était accrochée à son pantalon et à son pull. Les trois autre l'imitèrent aussitôt, rendant toute trace de leur activité indétectable. James s'assura ensuite qu'il avait bien lancé son sort de dissimulation sur son carnet, afin d'éviter les regards indiscrets au cas où, avant qu'ils n'appuie sur la pierre qui ouvrait le passage de ce côté.
Un rapide coup d'œil à la Carte du Maraudeur leur suffit pour constater que la voie était libre. À cette heure-ci, Keepood était déjà parti se coucher, il ne restait plus que les préfets de sixième année de Serdaigle à patrouiller, loin d'ici. Les quatre Gryffondor se pressèrent alors de retrouver leur dortoir, laissant l'obscurité et la silence reprendre ses droits dans le château. Ils passèrent tels des courants d'air dans les couloirs, n'éveillant ni la vigilance des portraits, ni l'intérêt de Peeves, qui pourtant rôdait non loin de leur itinéraire, occupé à préparer Merlin savait quelle farce. Ce fut à peine si la Grosse Dame grogna quand elle les laissa entrer dans la salle commune. Mais une fois l'entrée de cette dernière refermée, pas la moindre trace de leur passage n'aurait pu être retrouvée.
Comme chaque matin, ce fut l'agaçante sonnerie du réveil de Rigel qui éveilla le dortoir des garçons de Gryffondor de cinquième année, une alarme stridente et puissante. Un grognement collectif se fit entendre, suivit peu après, alors que Rigel venait juste d'éteindre le sien, par le son d'un second réveil, celui d'Eliot cette fois. Gabriel, après avoir tenté étouffer le bruit en plongeant la tête sous son oreiller, décida finalement d'ouvrir les yeux pour affronter la nouvelle journée à venir. Il les cligna rapidement, incommodé par la lumière du jour que laissaient passer les fenêtres du dortoir.
Il prit quelques secondes à s'habituer, et en profita pour s'étirer, puis s'asseoir sur son lit. Les autres garçons s'affairaient également, avec plus ou moins de succès selon leur tolérance aux réveils matinaux. Quelques bonjour furent échangés, parfois plus proches de grognements que de réels mots, mais chacun fut malgré tout éveillé en quelques minutes.
« Vous êtes rentrés à quelle heure cette nuit ? demanda Léo tandis qu'ils s'habillaient. On ne vous a pas vu revenir.
— Tu ne veux pas savoir, répondit James dans un bâillement. Trop tard si tu veux mon avis… Je suis encore crevé.
— Fallait y penser avant de briser le couvre-feu Potter, lança Stanislas d'un ton un peu sec. La nuit, c'est fait pour dormir, pas pour préparer des mauvais coups. J'espère au moins que cette année, vous ne nous ferrez pas perdre la coupe en vous faisant prendre de nuit par Keepood comme l'année dernière.
— Je croyais que tu nous ignorais, grimaça James.
— Et ça nous arrangerais si tu pouvais continuer, ça nous fait des vacances », ajouta Gabriel, avec un ton acide.
Stanislas, ou plutôt Franz ne répondit rien, se contentant d'hausser les épaules et de marmonner que ce n'était pas son problème. Il termina d'ajuster sa robe, avant de quitter le dortoir. Sûrement pour rejoindre ses « amis », grinça intérieurement Gabriel. En trois ans, Franz avait quelque peu arrêté de fréquenter ses comparses Gryffondor, préférant retrouver d'autres personnes dans d'autres maisons. Leur point commun ? Ils n'avaient ni oublié ni pardonné les événements du Réveil des défenses du château, et continuaient à les en blâmer. Du moins, cela avait-ce été la raison de base. La suite n'avait été qu'enchaînement d'accrocs, de disputes, qui faisaient que ni James, ni Gabriel ne pouvaient les voir en peinture, et ils leur rendaient bien.
« Il n'a pas tout à fait tort, vous avez quand même fait perdre beaucoup de points à Gryffondor l'année dernière, dit Octave. Moi je m'en fiche, mais je sais que ça agace quelque uns de nos camarades.
— On perdra toujours moins de points à nous quatre que tout ce que les Deux-F font perdre à deux, philosopha Eliot. Et de l'autre côté, on en apporte malgré tout de temps à autres.
— Je crois que l'année dernière, on a dépassé les Deux-F en fait, s'amusa James. Faut dire qu'ils n'ont pas apprécié nous retrouver dans la réserve de la bibliothèque à deux heures du matin.
— La Grande-Salle doit encore se souvenir de la beuglante de mon père qui a suivi, ajouta Gabriel avec une petite grimace.
— Il y a des jours où j'aimerais bien connaître les plans que vous avez en tête, soupira Rigel avec lassitude. Enfin, du moment que vous essayez de ne pas faire perdre de points à Gryffondor, j'imagine que je m'en fiche. »
Depuis le temps, Rigel, Léo et Octave avaient appris à ne pas demander ce qu'ils manigançaient dans l'ombre. La plupart des Gryffondor avaient abandonné cette idée à vrai dire. Ils se contentaient de rouler des yeux et de grogner quand ils découvraient, un beau matin, la disparition d'une partie des rubis amassés par la maison dans le grand sablier décomptant leurs points – bien que cela n'arrivait qu'assez rarement, nota intérieurement Gabriel. Même les Préfets avaient fini par ne plus essayer de les raisonner, ayant compris que de toute façon, ils n'en feraient qu'à leur tête. Cette année, cependant, ils espéraient que l'ascension d'Eliot à ce rang les ferait réfléchir un peu plus.
Gabriel eu un doux rire à cette pensée. Durant les quelques jours qui avaient suivis la rentrée, Eliot avait pris à cœur de réaliser au mieux son rôle de Préfet, de prouver à tous qu'il en était digne. Mais ce qui était le « mieux » pour Eliot ne l'était pas forcément aux yeux des autres Préfets. Le garçon s'était montré ainsi plus clément sur les quelques manquement au couvre-feu qui avaient eu lieu durant ces quelques jours, et avait même encouragé l'animation dans la salle commune, qui certes empêchaient toute ambiance de travail, mais renforçaient la bonne entente au sein de la maison. Ces décisions ne faisaient évidemment pas l'unanimité. Certains reprochaient ce laxisme, tandis que d'autres appréciaient l'orientation plus détendue que proposait Eliot. Personne cependant ne discutait sur le sérieux de ses autres interventions, qui étaient plus fidèles à l'image de ce qu'un Préfet traditionnel pouvait faire. Gabriel avait ainsi vu son ami intervenir pour réprimander des premières années se moquant d'un de leurs camarades, et il savait qu'Eliot avait mis fin à un duel nocturne clandestin, donnant au passage une bonne retenue à tout le monde.
Le garçon mit finalement son livre de Défense contre les Forces du Mal dans son sac, avant de le refermer, et de le mettre à son épaule. Puis, il suivit ses deux amis, retrouver Bloom au pied de l'escalier menant aux dortoirs.
« Hou, méchant les cernes que tu as sous les yeux aujourd'hui, se moqua Eliot en saluant Bloom.
— La faute à Anastasia, grogna Bloom. Vous vous souvenez qu'elle était un peu enrhumée hier, non ? Eh bien cette nuit, ça s'est traduit par une magnifique crise de ronflements, qui m'ont bien embêtée pour trouver le sommeil.
— Ça se voit que tu n'es pas habituée à avoir Léo dans ton dortoir, s'amusa James. Depuis le temps, les ronflements ne nous font plus rien. »
Bloom haussa les épaules, alors que deux têtes familières descendaient du dortoir des filles. Sélénée et Rose les saluèrent d'un signe de la main, avant que la rouquine ne monte vers les dortoirs des garçons, sûrement pour chercher Scorpius. Comme presque chaque matin, sourit Gabriel. La jeune non-voyante, elle, vint les voir, sous l'admiration de Gabriel qui était toujours très impressionné de la capacité qu'elle avait à pouvoir repérer les gens autour d'elle, plus encore à distinguer de qu'il s'agissait.
« Salut vous quatre ! dit la jeune fille en posant sa canne devant elle. J'ai entendu les filles de ton dortoir dire qu'elles ne t'avaient pas vu rentrer cette nuit Bloom. Vous avez encore fait une excursion nocturne ?
— J'imagine qu'on ne peut pas vraiment vous le cacher, répondit Gabriel avec un ton un peu ironique. Depuis le temps, j'aurais pensé que les gens ne nous poseraient plus la question.
— Vous ne vous êtes pas fait chopper cette nuit j'espère…
— Pour qui tu nous prends ! s'offusqua faussement Eliot. Allons, nous sommes des professionnels de la ballade nocturne à Poudlard. »
Séléné éclata de rire, joyeux et cristallin. Elle reprit finalement un air un peu plus sérieux, sans perdre son sourire cependant. Elle embraya alors sur un sujet quelconque, jusqu'au retour de Rose, accompagnée cette fois par un Scorpius encore un peu débraillé, sûrement à peine sorti du lit. Les quatre cinquième année leur firent alors un dernier signe de la main, avant de se diriger vers la sortie de la salle commune.
« Oh, j'y pense, j'ai un hibou à envoyer, marmonna Eliot.
— Encore ? s'étonna Gabriel. Tu en envoie facilement un par semaine !
— Tes parents te manquent tant que ça ? s'amusa James.
— Rigolez, rigolez, mais moi au moins j'écris à mes proches. »
Le ton d'Eliot manquait pourtant du teint de moquerie qu'il utilisait habituellement pour les réponses du genre.
« Je vous retrouve le plus vite possible, dit-il en se dirigeant vers l'un des passages secret de l'école qui amenait plus vite à la volière.
— On te gardera des toasts », assura Bloom.
Les larges fenêtres de la Grande Salle ainsi que son plafond laissaient transparaître un temps bien moins clément que les jours passés. Les nuages gris avaient remplacés la monochromie bleue, assombrissant légèrement l'atmosphère. Gabriel avait planté son regard sur le dehors tout en sirotant son café, sans écouter ce que pouvaient raconter James et Bloom à côté de lui. Du Quidditch probablement. Son esprit vagabondait au dehors du château, se posant des questions sur ces meurtres. Peut-être était-ce l'influence du temps sur son humeur ? Ce fut à peine s'il remarqua le retour d'Eliot, une dizaine de minutes après leur arrivée dans la Grande Salle.
« Gaby ! Gaby ! »
Cette voix l'appelant à travers le brouhaha de la Grande Salle le ramena sur terre. Le garçon tourna la tête vers son origine, sachant parfaitement qui l'appelait ainsi. Sa sœur remontait joyeusement la longue table des Gryffondor en sa direction, faisant de grands signes de main. Dès qu'elle fut à son niveau, elle sauta dans ses bras de façon affectueuse, ce qui fit rire ses camarades autour de lui. Gabriel sentit pour sa part ses joues s'empourprer légèrement.
« Je t'ai déjà rappelé cent fois de ne pas m'appeler comme ça Jenna, grogna Gabriel en éloignant un peu sa sœur de lui.
— J'ai réussi à trouver le chemin vers la Grande-Salle toute seule ! déclara fièrement la jeune fille qui semblait ignorer ce qu'avait dit son frère. Il m'a fallu moins d'une semaine, tu as vu ?
— Bien joué Jenna, sourit Eliot. Bientôt, tu connaîtras le château comme ta poche.
— Ne lui donne pas de faux espoirs Eliot, elle ne connaîtra jamais le château aussi bien que vous, soupira Rigel à côté d'eux.
— Pourquoi il dit ça ? »
Gabriel tourna un regard perçant vers Rigel, qui baissa aussitôt les yeux vers son repas, comme s'il le trouvait d'un seul coup fascinant, sans pour autant cacher son sourire moqueur. Il fallait tout de même pas que sœur aie l'envie de suivre son exemple… Son père ne lui pardonnerait jamais si cela devait arriver.
« On s'est beaucoup baladé dans le château, répondit James pour son meilleur ami. Parfois là où on n'avait pas le droit d'aller d'ailleurs.
— Souvent, compléta Bloom. Mais ne vas pas essayer ça Jenna, on s'est pris beaucoup de retenues à cause de nos sorties.
— Oh, c'est pour ça que papa t'engueulait parfois ? demanda Jenna.
— On peut dire ça comme ça, dit Gabriel, un peu tendu. Comment ça se passe tes cours d'ailleurs ? Tu t'es fait des amis ?
— Oui ! sourit la petite-fille. Ils s'appellent Gregory et May, mais ils devaient passer à la volière… J'espère qu'ils ne se sont pas perdu… Enfin, tu sais Gaby, Gregory est fan de Catapultes de Caerphilly !
— Évidemment, un fan de Quidditch… Pourquoi ne suis-je pas surpris ?
— Les amitiés basées sur le Quidditch sont forcément amenées à durer !
— Elle a raison, affirma James d'un ton trop joué pour qu'il soit naturel. Le Quidditch rassemble les gens, et forment entre eux un lien fort.
— Pff, soupira Gabriel avec un sourire en coin. Des fois, je me demande comment j'ai fait pour me lier d'amitié avec toi. »
James répondit par un large sourire.
« Donc Gregory adore le Quidditch, presque autant que moi, mais May elle ne connaît pas. En fait, elle est d'origine moldue, donc elle ne connaissait rien de notre monde.
— J'espère que tu l'as aidée du mieux que tu pouvais.
— Tu me prends pour qui frérot ? ricana Jenna. Concernant les cours, on ne les a pas encore tous eu. On n'a même pas commencé le vol sur balai !
— Ça viendra, ça viendra, rassura Bloom. Même si on n'en a plus passé la deuxième année.
— Il y a des cours qui t'ont plus plu que d'autres ? demanda Eliot. Il n'y a pas que le Quidditch j'imagine.
— J'ai beaucoup aimé les potions, c'était drôle de mélanger les ingrédients dans le chaudron, sourit la jeune Madder. Bon, j'ai fait éclabousser ma potion et ça a donné des boutons à Greg, mais c'était très drôle.
— Comment t'as réussi à faire ça ? s'étonna Gabriel.
— Ben, j'ai voulu essayer de mélanger les ingrédients au hasard, pour voir ce que ça ferait. »
Gabriel écarquilla les yeux, pendant que ses camarades de Gryffondor, Bloom et James en premier, éclataient de rire. Jenna avait un sourire moqueur, indiquant qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait pendant ce cours. Doux Merlin, il fallait que sa sœur soit une sorte de savant fou des potions ! Cela tranchait avec la rigueur froide de son père ou de son frère. Il se demandait bien comment ils réagiraient en apprenant cela, car il était certain que le professeur Borage ne manquerait pas de le communiquer à ses parents.
« T'es une sorte de danger publique des fois, tu sais ça ?
— Oh, t'es pas drôle des fois Gabriel… Sinon, j'ai bien aimé le cours de métamorphose aussi, mais c'est dur. J'ai pas réussi à faire ce que demandait le professeur Deauclaire, du coup, j'ai eu du travail en plus.
— Typique, dirent d'une même voix James, Gabriel, Bloom et Eliot.
— Et toi Gaby ? demanda Jenna. Comment ça se passe ? Tu es toujours occupé, donc je te vois pas beaucoup… Rory dit que c'est normal, mais je ne te vois pas souvent non plus dans la salle commune.
— Comme dit tout à l'heure, on a tendance à se balader assez souvent dans le château, répondit doucement Gabriel, se sentant à nouveau tendu. Et on préfère le Foyer lors de nos heures de pause.
— Si tu ne sais pas où c'est, on te montrera ça soir, dit Eliot. Ça te permettra de retrouver des amis qui sont dans d'autres maisons.
— Promis ?
— Évidemment, sourit le préfet. Tu finis par quel cours, et à quelle heure ? »
La jeune fille leur donna les informations qu'ils demandaient, avant de s'éclipser, allant retrouver ses deux amis qui venaient d'arriver dans la Grande Salle. Gabriel tendit le cou pour les observer, avec une sortie d'inquiétude. May était une fille blonde qui dépassait Jenna d'une tête, mais avec un visage ovale avenant en dessous de sa frange. Gregory, lui, était un garçon un peu rond mais aux yeux vifs, et avec des cheveux bruns coiffés en brosse qui lui donnaient l'air de tout juste descendre de balai. Gabriel les observa quelques secondes, les voyant rire entre eux des bêtises qu'ils se racontaient, s'asseyant à table comme tout groupe d'amis à Poudlard le faisait. Le garçon se sentait heureux de voir sa sœur ainsi entourée.
« Elle s'en sortira bien, murmura Bloom d'un ton doux, sourire aux lèvres.
— Oui, ça ne fait aucun doute, confirma Gabriel. Tout comme moi ou Rory, elle a trouvé sa place à Poudlard. Enfin… C'était évident qu'elle la trouverait mais…
— Tu n'as pas besoin de te justifier Gabriel, dit James. Je comprends le sentiment, j'ai eu le même pour Albus et Lily. »
Le rôle du grand-frère, hein ? Gabriel ne répondit rien, se contenant de soutenir le regard de James, où se trouvait l'habituelle complicité qui régnait entre eux. Il se contenta de reprendre son café, avant d'en prendre une gorgée, qui le fit grimacer.
« Tchh…Recalfacio, prononça le garçon en pointant sa baguette sur la tasse.
— Froid ? remarqua Eliot.
— Ouais. Et le café froid, c'est pas vraiment ce qu'il y a de meilleur au monde. »
Alors qu'il avalait une gorgée de café à nouveau à bonne température, les sons caractéristiques des battements d'ailes commencèrent à se faire entendre, annonçant le début de la distribution du courrier. L'une des habituelles chouettes qui venaient livrer la Gazette du Sorcier vint jusqu'à Eliot, pour lui laisser le journal entre les mais. Alors que ce dernier payait l'animal, Gabriel se saisit alors du quotidien pour la déplier, puis il se pencha vers la une, un peu anxieux de ce qu'il allait y découvrir.
« Bon sang, pas encore, marmonna-t-il, ses sourcils se fronçant.
— Il y a eu un autre meurtre ? demanda Bloom.
— Oui », confirma Eliot alors que la chouette s'envolait, tournant le journal vers lui.
Le jeune Dubois étala le journal sur la table à la vue de chacun pour que tous les Gryffondor de cinquième année puissent lire ce qui y était écrit. Octave, Léo et Rigel se penchèrent vers l'article, la mine inquiète, alors que les filles attendaient la lecture à haute voix qu'allait faire Eliot de la une du journal une fois qu'il l'aurait lue attentivement. La page était en grande partie occupée par une immense photo de la désormais familière Marque des Ténèbres, flottant de façon sinistre au dessus d'une habitation.
MEURTRES EN IRLANDE : LA SÉRIE NOIRE CONTINUE ?
Ce sont les corps de Argos O'Brien et de sa femme, Margaret O'Brien qui ont été retrouvés hier soir à leur domicile de Dryad's End, en Irlande. La présence de la Marque des Ténèbres dans le ciel nocturne a poussé les sorciers locaux à contacter les Aurors, qui ont constaté la mort des deux sorciers.
Les Oubliators ont eu fort à faire pour cacher cette nouvelle catastrophe aux yeux des moldus qui ont vu la Marque. Les Aurors n'ont également pas souhaité communiquer sur les circonstances de ce nouvel incident. « Nous n'avons rien à déclarer sur cette affaire ni même sur les autres qui ont eu lieu récemment, nous communiquerons les résultats en temps voulu », nous a déclaré hier soir, alors qu'elle rentrait au ministère, une Auror qui a refusé de nous donner son nom.
Cependant, nous avons pu apprendre par nos sources internes qu'il s'agirait encore une fois d'un meurtre à l'Avada Kedavra, aussi connu sous le nom de « sortilège de la mort ». Aucune trace de lutte ne semblerait avoir été constatée au domicile des défunts.
Malgré ce secret savamment cultivé par les Aurors, nous pouvons assumer de façon quasi-certaine que ce meurtre est bien l'œuvre du même meurtrier qui a œuvré dans l'affaire Viridian et celle de Pendigton. C'est en tout cas ce que semble indiquer la mise en scène du crime, la Marque des Ténèbres en premier lieu. Si l'identité de ce fou dangereux reste à déterminer, ses attentions deviennent de plus en plus clair à chaque affaire qui passe. Margaret O'Brien est en effet connu pour être la porte-parole de Jason Crow, le leader du parti Réformiste. Harry Potter a cependant refusé de répondre à nos questions, indiquant qu'il était encore trop tôt pour dresser un véritable modus-operandi du coupable.
Argos et Margaret O'Brien laissent derrière eux leur fille, élève à Pouldard, ainsi qu'un entourage accablé par le deuil. (suite Page 2)
Le silence avait pris place autour de la table, et au-delà. La Grande Salle, comme quelques jours auparavant, avec l'annonce du meurtre de Pendington, était devenue étrangement calme, plongée dans une atmosphère inhabituelle, dérangeante. Gabriel avait son estomac serré, son appétit coupé par la nouvelle. James avait blanchi et gardait la mâchoire serrée. Eliot se contenait de fixer l'article avec insistance, sans dire le moindre mot. Enfin, face à lui, Bloom scrutait le reste de la table, une expression inquiète sur le visage. Ce fut ainsi que Gabriel réalisa le plus terrible.
« Mince… leur fille c'est…
— Alma O'Brien, oui, confirma James, le ton sombre. En quatrième année, dans le même dortoir que Rose.
— Il me semblait avoir entendu dire que le directeur voulait la voir hier soir, marmonna Octave, mortifié. Elle était absente ce matin…
— Pas étonnant vu ce qu'il vient de se passer, dit Bloom en baissant les yeux, un peu brillants. Je… je ne sais pas comment je réagirais si c'était mes parents qui mourraient comme ça du jour au lendemain. Dryad's End, c'est juste à quelques cheminées de chez moi…
— Ça sent de plus en plus mauvais, dit Eliot. Les meurtres se multiplient, et les Aurors ne semblent pas avancer assez vite pour enrayer ça.
— Je suis sûr que mon père fait le maximum pour…
— Ce n'était pas une critique envers ton père, rassura aussitôt le blond devant l'élan de James. Ni même envers les Aurors. Je sais qu'ils font le maximum. Mais les faits sont là, on a eu trois scènes de meurtres, dans un intervalle de temps réduit, et aucune piste n'a été officiellement confirmée aux médias. Objectivement, ça sent mauvais cette histoire.
— Ça sent la montée en puissance d'un mage noir, dit alors Eulalie. Des meurtres sur des partisans des moldus ? Accompagné de la Marque des Ténèbres ? C'est assez parlant je trouve.
— On croirait presque au retour de Voldemort », acheva Anastasia, sombre.
Pour la première fois depuis sa naissance, le nom du mage noir arracha un petit frisson à Gabriel. Et il n'était pas le seul. Tout autour de la table, le nom de Voldemort provoqua un léger malaise. Il retourna son regard sur la photo, observant quelques instants la Marque des Ténèbres flotter dans les airs, se demandant si le père de James pouvait avoir tort en assurant que Voldemort était définitivement mort. Maintenant que des événements pouvant avoir trait au mage noir se déroulaient, il comprenait la terreur qu'il pouvait inspirer à la génération de leurs parents, qui l'avaient connu au sommet de sa puissance.
L'ambiance qui régnait dans la Grande Salle était pesante. C'était la première fois depuis le début de cette série de meurtres qu'un des élèves de l'école était directement touché dans sa famille. Les conversations se faisaient à voix basse, et les professeur eux-mêmes discutaient de façon discrète, les sourcils froncés et les mines sombres. Gabriel n'aimait pas cette situation. Le malaise s'était insinué en lui. Il baissa ses yeux sur ses poings qu'il serra, rageant de ne pas être capable de faire quoi que ce soit pour changer tout ça. Comment pourrait-il en être capable ?
« D'après les autres articles, la communauté est furieuse après les Aurors, reprit Eliot.
— Vraiment ? Mais ils font pourtant de leur mieux pour…
— James, je t'ai déjà dit que je comprenais, soupira le jeune Dubois. Mais il faut bien avouer que trois affaires de meurtres faisant ressurgir la Marque des Ténèbres en si peu de temps, c'est bien le genre de chose à mettre sur les nerfs tous les sorciers de Grande-Bretagne.
— Et donc c'est les Aurors qui prennent, dit Gabriel. J'imagine qu'ils leur reprochent leur manque de résultats ?
— Entre autres choses, oui. Ils n'apprécient pas non plus le manque de communication sur l'affaire, et ils ne se sentent pas en sécurité. Apparemment, il commence à y avoir des rassemblements de nés-moldus et de partisans des nés-moldus pour essayer d'enrayer les meurtres…
— C'est compréhensible, mais un peu stupide, commenta James, la moue dubitative. Ce n'est pas avec des manifestations que tout ça va changer… Tout au plus ils vont se faire remarquer par les moldus, ce qui va encore faire du boulot en plus pour le ministère. Rien de positif.
— Ils veulent juste savoir exactement quel danger court sur leurs têtes je pense, intervint Bloom. La vérité. C'est un peu ce qu'on aimerait savoir aussi, ils ne sont pas si différents de nous au fond.
— J'espère juste pour eux qu'ils ne se mettront pas trop en danger… grogna James sur la défensive. Mon père a déjà assez de boulot comme ça.
— Il faut voir ce que ça donnera. soupira le jeune Madder. J'imagine que du moment qu'ils ne font pas obstruction aux Aurors, ça devrait aller… »
C'était en tout cas ce qu'il espérait. Il craignait que la paranoïa ne s'empare de l'esprit de chacun, et que la colère soit ce qui guide la population plutôt que la patience et le bon sens. Malgré son peu d'affection pour l'Histoire de la Magie, Gabriel se souvenait que la plupart des périodes sombres avaient été accompagnées par de tels sentiments. Que ce soit par la montée en puissance d'un mage-noir, ou juste à cause de l'œuvre d'un fou furieux isolé, la situation pouvait très vite devenir explosive et déraper.
« Vous pensez qu'Alma reviendra à Poudlard ? demanda Marta.
— Évidemment, répondit Léo, d'une voix ferme. La question ce n'est pas de savoir si elle reviendra ou non, mais plutôt quand elle reviendra.
— J'imagine que l'enterrement aura lieu ce week-end, dit James, pensif. En tout cas, c'est ce qui devrait se passer si les Aurors n'ont rien remarqué de spécial sur les corps.
— Ils n'ont vraiment aucune piste ? insista Sarah, le regard accusateur.
— Je n'en sais rien ! Je n'ai pas vu ou même contacté mon père depuis la rentrée, comment veux-tu que je lui pose la question ? Et puis même, il refuserait probablement de me révéler quoi que ce soit, on parle d'une affaire de meurtre ! Moins les médias en savent, mieux c'est.
— Oh, pas la peine d'être aussi agressif, se défendit la jeune fille.
— Désolé… marmonna James.
— Tu pourrais toujours essayer de lui envoyer une lettre, proposa Eulalie. Attention, je suis d'accord sur le fait qu'il ne te dira sûrement rien, mais au moins tu auras de quoi prouver à certaines que tu ne mens pas.
— Hey, qu'est ce que tu insinues par là ! »
Malgré le contexte, un petit sourire naquit sur les lèvres des Gryffondor de cinquième année devant l'échange d'Eulalie et de Sarah. Seul James restait un peu maussade, prenant l'affaire à cœur à cause de son père. Gabriel comprenait sa réaction. Cependant, ce retour passager à la bonne humeur fut interrompu quand la silhouette du professeur Harvey s'éleva au centre de la table des professeurs. Cette demande d'intervention du directeur surprit beaucoup les élèves, qui n'étaient pas habitués à voir Harvey prendre la parole bien souvent. Il fit un simple signe pour demander le silence – qu'il obtint facilement – avant de s'adresser aux élèves de l'école.
« Je suis désolé de prendre un peu de votre temps en cette matinée, déclara Harvey d'une voix grave. Cependant, j'imagine que la majorité d'entre vous sont au courant à présent de l'événement qui frappe notre école. L'une de vos camarades est aujourd'hui absente, car elle est en deuil. À l'extérieur de l'école, le monde nous rappelle à quel point il peut être barbare et brutal. Cela n'est arrivé que trop souvent ces dernières semaines, mais je vous appellerait, chers élèves, à ne pas perdre de vue ce qui est important. »
Du regard, il balaya la Grande-Salle, silencieuse. Il l'arrêta sur la table des Gryffondor, au niveau des Gryffondor de quatrième année, où se trouvaient les amis d'Alma, le teint plus pâle que les autres.
« Poudlard n'est pas juste le lieu qui est censé faire de vous de jeunes sorciers diplômés, capables de maîtriser leurs pouvoirs, non. Poudlard, c'est une école qui a pour but de vous préparer à ce qui vous attend à l'extérieur, dans ses aspects les plus formidables comme les plus terribles. Vous êtes ici encore protégé des horreurs qui peuplent notre monde, des horreur dont on aimerait vous préserver le plus longtemps possible. Ce serait pourtant une erreur pour nous de ne pas vous y confronter. »
Un murmure parcourut la Grande Salle. Les élèves se tournèrent les uns vers les autres, les sourcils froncés, se demandant ce qu'il entendait par là. Harvey attendit cependant patiemment que le silence revienne.
« Les parents d'Alma O'Brien ont été assassinés, reprit Harvey. Nous en ignorons encore la raison, mais une chose est sûre, la justice ne laissera jamais l'auteur de cet acte barbare impuni. Votre camarade est aujourd'hui loin de l'école, avec le reste de sa famille, là où elle doit se trouver. Mais j'aimerais vous demander, à son retour, d'observer la plus grande vigilance et la plus grande réserve à son égard, et de tout faire pour que son retour soit le moins douloureux possible. Bien entendu, je pense en premier lieu à la maison de Gryffondor auquel elle appartient, mais j'espère que chaque maison prendra grand soin à également lui venir en aide si jamais le besoin s'en faisait sentir. C'est dans les difficultés que l'école doit pouvoir montrer aux yeux de tous son unité, dépassant les barrière qui peuvent exister entre les différentes maisons, car c'est dans l'unité que Poudlard s'est toujours montré la plus forte. J'aimerais donc que nous observions, par respect envers votre Camarade, une minute de silence pour ses parents décédés. »
Les élèvent se levèrent sur l'invitation de leur directeur, et levèrent leur verres à l'intention des parents d'Alma. Ce fut un hommage silencieux, qui ne fut brisé que lorsque le professeur Harvey en indiqua la fin. Chacun but alors à la santé des disparus.
« C'est malheureusement dans les temps sombres que nous nous rendons compte de la nécessité de tous se soutenir… Souvenez-vous en. »
Le directeur reprit alors place, achevant son allocution. Eliot en face de Gabriel avait les sourcils froncés. James également. Le jeune Madder comprenait très bien pourquoi, alors que Bloom leur lançait un regard interrogatif.
« Qu'est ce que vous avez ?
— Le ton du discours ne te semblait pas un peu… trop sombre ? commença Eliot.
— Hum… Je dois t'avouer que la mort des parents d'Alma rend déjà la chose assez sombre à mes yeux, répondit Bloom, avec une moue triste.
— On entend bien ça, oui, confirma James. Cependant, il parlait comme s'il souhaitait nous mettre en garde. Les choses vont si mal que ça à l'extérieur ?
— Je trouve ça exagéré, marmonna Gabriel. La Gazette n'a pas pour habitude de cacher ce qui se passe. À part les meurtres…
— C'est déjà énorme ! s'offusqua la rousse.
— … on ne peut pas dire que la société va si mal que ça, acheva Gabriel, ignorant la remarque de son amie.
— À la limite on peut avoir des doutes sur le mécontentement contre les Aurors, objecta Eliot.
— Je doute que ça aille bien loin. Non, définitivement, c'était un discours bien trop sombre pour pas grand-chose, acheva James. Bon, okay, Bloom, je te l'accorde, la mort de deux personnes ce n'est pas « pas grand-chose ».
— Je préfère ça, soupira la jeune fille. Vous pensez vraiment cependant que c'est exagéré.
— Oui, confirma Eliot. Au-delà même de ce qui peut se passer dehors, il a tout de même fait appel à l'unité au sein de Poudlard… C'est comme s'il avait peur que ce qui se passe à l'extérieur puisse affecter profondément l'école.
— Pourtant, je ne crois personne assez malin pour se réjouir de la mort des proches de quelqu'un d'autre, marmonna Gabriel. Pas même les Puristes.
— Peut-être que c'est de ça qu'Harvey a peur, murmura le jeune Dubois. Que l'on s'en prenne aux sang-pur… »
Ils se turent, songeurs. Définitivement, quelque chose n'allait pas. Les faits n'étaient pas encore si alarmant, après tout, on parlait encore de meurtres relativement isolés, pas d'un terrorisme organisé comme avaient pu le pratiquer les Mangemorts en leur temps. Tout le monde n'avait cependant pas remarqué cela, puisqu'une bonne partie des élèves avaient repris le cours normal de leur journée, quoi qu'un peu moins joyeux que d'accoutumée.
~Fin du chapitre~
On a enfin pu voir un peu les activités nocturne de nos héros. Pour ceux qui s'en inquiétait, non, ils n'ont pas abandonné l'idée de trouver le Cœur de Poudlard, loin de là. Le chapitre n'a pas foncièrement beaucoup d'éléments novateurs, il développe juste quelques points ici et là, les éléments les plus intéressants du chapitre original, avant la coupe, se trouvant dans le chapitre à suivre. Ce dernier sera plus long, et plus dense, je pense. Et la réponse à une question souvent posée sera donnée (ce n'est pas celui de l'origine du titre ^^ ).
Bref, je ne m'attarde pas en blabla, merci d'avoir lu, merci à ceux qui commenteront, et merci à ceux qui apprécieront, tout simplement. C'est tout ce que j'espère, que vous appréciez ce que je peux vous proposer.
See ya'.
Niv'
