Merci encore une fois à tous ceux qui ont ajouté la fic en favoris, la suivent et, évidemment, un grand merci à ceux qui laissent un petit mot gentil :) Et aussi un énorme merci (avec câlins et bisous) à ma Kaho-chan qui me corrige les chapitres !

Je vais d'ailleurs répondre ici aux deux reviews anonymes qui ont été laissées :
naho : Moi aussi je plains notre pauvre Severus ! Mais je plains aussi Draco et Harry, à vrai dire XD
Lyxie : J'espère que cette suite te plaira toujours autant ! Merci de me suivre n_n

Sur ce, bonne lecture à tous ! *cœurs*


Chapitre 2 : Je n'apprécie pas votre blague Professeur

Harry avait eu envie de rester debout, juste pour contredire son professeur, mais il devait avouer qu'il commençait à avoir du mal à tenir sur ses jambes sans s'appuyer à quelque chose. Il s'installa donc dans le fauteuil et regarda Snape, qui semblait blasé, peut-être même à la limite de la dépression en fait. Puis il se tourna vers Malfoy qui, lui, le regardait avec un air franchement haineux. Plus que d'habitude, c'était pour dire.

Il détourna les yeux, mal à l'aise à cause de cette ambiance qui lui faisait clairement ressentir qu'il était un étranger dans cette pièce et qu'il n'y avait pas sa place. Il détailla les lieux. Ils étaient sans doute dans le salon du professeur Snape. L'endroit était sombre, majoritairement coloré de vert et d'argent, comme on pouvait s'y attendre d'un Serpentard digne de ce nom. De grandes bibliothèques remplies à craquer tapissaient chaque mur, sauf un où se trouvait une fenêtre par laquelle la lune filtrait. Devant elle, un grand bureau jonché de parchemins, de plumes et d'encriers avec un fauteuil qui semblait confortable. À droite de ce bureau se trouvait une porte, et il devinait qu'elle devait abriter la chambre de son professeur.

Le Survivant reposa d'ailleurs ses yeux sur lui.

— J'ai bu votre horrible potion et je vous ai suivi jusqu'ici. Vous allez enfin répondre à mes questions ?

— Cette horrible potion comme vous dites, Potter, vous a permis de guérir beaucoup plus vite que si vous aviez dû vous en remettre à vos propres capacités de guérison. Alors, soyez plutôt reconnaissant que je vous l'aie donnée.

— Je n'en aurais pas eu besoin si vous ne m'aviez pas attaqué !

— Et tout ceci ne serait pas arrivé si vous n'aviez pas encore traîné dans les couloirs de l'école après le couvre-feu !

Le ton commençait déjà à monter entre eux, alors que Severus n'avait encore rien expliqué. Tout cela promettait d'être fatiguant.

— Pour commencer, reprit-il avant que l'autre ne puisse à nouveau rétorquer, nous allons instaurer quelques règles. Étant donné les circonstances, dans ces appartements, nous allons tous les trois nous tutoyer, nous appeler par nos prénoms et nous respecter. Et ceci n'est pas négociable.

Il regarda tour à tour les deux adolescents pour leur faire comprendre qu'il parlait aussi bien à l'un qu'à l'autre. Draco ne répondit rien, mais prit un air renfrogné montrant qu'il n'était pas d'accord.

— Je peux au moins savoir comment tu nous as foutus dans cette merde ?

— Ton langage, Draco.

— J'emmerde mon langage. T'avais pas le droit de nous faire ça !

— Tu crois que je l'ai voulu ? demanda Snape abasourdi. Tu devrais savoir mieux que quiconque que cette situation ne me réjouit pas !

— Tu vas me faire croire que c'était un accident, peut-être ? "Oh pardon, Harry, je crois que je t'ai mordu".

Sous la colère, les yeux du professeur de potion virèrent au rouge à cette mauvaise imitation.

— Ne commence pas, Draco. Si tu veux vraiment savoir, Pot… Harry, se reprit-il, s'est coupé avec du verre. Je n'ai pas su me retenir à cause de l'odeur.

— Donc c'est ça, je ne te suffisais plus ? demanda le blond, hargneux.

— Ça n'a rien à voir, et tu le sais ! Tu sais parfaitement comment ça marche !

Harry les regarda tour à tour. Il avait l'impression d'assister à une scène de ménage. Et il se demandait s'il devrait en être effrayé ou en rire. Mais pour l'heure, il avait juste envie que tout ça se termine.

— Dites, je ne voudrais pas vous empêcher de régler vos comptes surtout, mais je suis vraiment fatigué. Alors, si on pouvait en finir…

— Ne crois pas que tu échapperas à cette discussion, dit Draco au professeur en le pointant d'un doigt accusateur.

Il se leva et quitta la pièce par la porte à côté du bureau, la claquant au passage, sous le regard effaré du Gryffondor.

— Il… Il est parti… Dans votre…

— Que sais-tu des calices ? lui demanda Snape, le coupant et attirant à nouveau son attention sur lui.

— Euh… Ce sont les frigos sur pattes des vampires.

Severus releva un sourcil sceptique.

— C'est une image bien négative, mais j'imagine qu'on peut voir ça ainsi. En partie. Je vais donc reformuler ma question : que sais-tu de la relation entre un vampire et un calice ?

— Le calice doit fournir le vampire en sang, et ce dernier doit protéger son calice.

— Et c'est tout ?

Harry ne répondit pas, ce qui en somme était quand même une réponse. Oui, c'était tout, il ne connaissait rien aux calices. Ce n'était pas une créature magique à proprement parler, il n'avait aucune raison de s'y intéresser si ce n'était pas dans son programme scolaire. Jusqu'à présent du moins.

— Bon, reprit le professeur. J'imagine que tu as compris que je suis un vampire.

— Ce n'est pas parce que je suis un Gryffondor, et qu'en plus je suis un Potter, que je suis complètement stupide… Et j'ai très bien senti la morsure tout à l'heure, merci bien.

— Ce n'est pas ce que je voulais sous-entendre, Harry.

S'il n'avait pas été aussi fatigué, le Survivant aurait juré que son professeur était en train de s'excuser de façon implicite. Mais non, ce n'était pas possible. Snape qui s'excuse, auprès d'un Potter de surcroît, c'était tout bonnement surréaliste.

— Je veux simplement être sûr que tu sais de quoi nous parlons exactement.

— Et comment êtes-vous devenu un vampire ?

— Nous avons plus important à régler comme question ce soir. Je te raconterai, si tu le souhaites vraiment, mais pas maintenant. Et je t'ai dit que tu pouvais me tutoyer ici.

— Pourquoi ?

— Pourquoi quoi ?

— Pourquoi je tutoierais un professeur ?

— Parce que, dans ces appartements, je ne suis plus ton professeur. Ici, je suis ton vampire et tu es mon calice.

— Et si je refuse ?

— On ne choisit pas d'être un calice, Harry. C'est quelque chose qui arrive comme ça, sans qu'on s'y attende…

"Comme un coup de foudre" allait-il terminer. Mais il se dit que son élève n'apprécierait sûrement pas la comparaison.

— Donc je ne peux pas refuser de donner mon sang ?

— Je ne te mordrai pas de force, si telle est ta question. Je ne ferai même rien de force. En tant que calice, tu bénéficies de ma protection. Un protecteur ne fait pas de mal à son protégé.

— Alors, si je refuse d'être mordu, que va-t-il se passer ?

— En théorie, le vampire souffre de plus en plus de la soif. Quant au calice, il souffre d'une fragilisation du lien qui l'unit au vampire. Notre cas étant particulier, puisque j'ai déjà Draco comme calice, je pense que je n'aurai donc aucun problème concernant la soif.

— Et ça fait quoi de "souffrir d'une fragilisation du lien" vampire/calice ? demanda le Gryffondor.

— Pour le moment la question ne se pose pas, le lien entre nous n'étant pas encore fermé.

— Mais s'il n'est pas fermé, ça veut dire qu'on peut encore le détruire, non ? demanda Harry, plein d'espoir.

— Malheureusement, non. Un lien entamé est indestructible. Et tant qu'il ne sera pas complet, nous resterons vulnérable. Enfin, surtout toi, je pense.

— Vulnérable ? C'est à dire ?

Le Gryffondor commençait à s'inquiéter de ce qui allait encore lui tomber dessus. Merlin, n'avait-il pas assez donné pendant toutes ces années à cause de Voldemort ? Maintenant, il devait en plus devenir le calice de l'un de ses professeurs. Et pas n'importe lequel. Le professeur qu'il détestait le plus.

— Tu vas tomber de plus en plus malade. Aussi bien physiquement que mentalement.

Perspective peu réjouissante. C'était ce que pensait Harry en cet instant.

— Très bien, alors fermons le lien maintenant. Que faut-il faire ?

"C'est là que ça risque de se gâter…", pensa Snape.

— Tu dois boire de mon sang. Cela permettra à ton corps d'accepter la morsure et ses effets, et cela la rendra aussi indolore.

Le Survivant eut une grimace. Boire du sang ? Ce n'était pas vraiment dans la liste de ses choses à faire avant de mourir.

— Grâce à cela, tu te sentiras mieux physiquement.

Severus fit une pause. Comment allait-il faire pour annoncer le dernier point indispensable à la fermeture du lien ? Il ne voyait aucune manière de le dire avec tact.

— Et pour la partie mentale, alors ? s'impatienta son élève.

— Nous devons avoir une relation sexuelle, lâcha-t-il de but en blanc.

Autant ne pas tourner autour du pot indéfiniment. Retarder l'échéance ne servirait de toute façon à rien.

Il put voir Harry perdre instantanément le peu de couleurs qu'il lui restait, devenant presque aussi pâle que lui-même pouvait l'être quand il attendait trop longtemps entre deux morsures. Il put entendre le coeur du jeune homme rater plusieurs battements, comme s'il était en train de s'étouffer sous cette nouvelle à laquelle il n'arrivait pas à croire.

Puis le coeur se mit à battre de façon erratique, les joues se colorèrent d'un rouge soutenu, mais Snape n'aurait su dire si c'était de gêne ou de colère. Et finalement, le Gryffondor explosa en se levant d'un bond du fauteuil :

— Hors de question ! C'est absolument hors de question ! Jamais je ne ferai ça avec vous !

— Harry…

— Non ! N'essayez même pas de me convaincre ! Je me fiche de ce qu'il peut m'arriver, et plus encore de ce qu'il peut vous arriver ! Après tout, c'est de votre faute, c'est vous qui m'avez mordu ! En cet instant, je vous déteste comme je n'ai jamais détesté personne ! Comment avez-vous pu me faire ça ? Je ne suis pas responsable de ce que mon père vous a fait subir quand vous étiez ados ! Je…

Snape se leva et prit son élève par les épaules pour tenter de le calmer. Ce qui, évidemment, échoua lamentablement. Aggrava peut-être même la situation.

— Ne me touchez pas ! Vous n'être qu'un sale pervers ! hurla le Survivant en s'éloignant.

À ces mots, le maître des potions se figea. Pervers ? Était-ce de sa faute si on lui avait mis dans les pattes deux adolescents ? Il ne l'avait pas choisi non plus.

Ses yeux devinrent à nouveau rouges et un grondement sourd monta de sa cage thoracique jusque dans sa gorge. Reprenant son élève par les épaules, il le plaqua contre la bibliothèque derrière lui et se pencha, si proche que ce dernier aurait pu sentir son souffle sur son visage… Si seulement les vampires respiraient.

À cet instant, Harry reçut toute l'horreur de la situation en pleine figure : Severus Snape était un vampire. Et ce statut faisait de lui un être très dangereux. En moins d'une seconde, il pouvait lui briser la nuque. En moins d'une seconde, il pouvait lui faire regretter la moindre de ses paroles déplacées. Et il n'avait absolument pas le sentiment que l'homme avait envie de le protéger en cet instant. En fait, il avait bien plus l'impression qu'il avait envie de lui arracher la langue pour lui faire ravaler ses dires.

— Pour la dernière fois, Potter, je n'ai pas choisi non plus d'être dans cette situation. Si j'avais eu le choix, je n'aurais certainement pas pris deux adolescents capricieux et égocentriques comme calice. Si j'avais eu le choix, je ne serais pas devenu un vampire. Et je pourrais même te reprocher ma condition, puisque c'est en cherchant à te protéger de Tu-Sais-Qui que c'est arrivé. Et l'ironie du sort a voulu que tu deviennes en plus mon calice pour que je sois dans l'obligation de te protéger pour l'éternité. Alors, cesse donc de me reprocher des choses pour lesquelles je ne suis pas responsable.

Le vampire s'éloigna et cligna des yeux, ceux-ci redevenant noirs. Harry cligna à son tour des yeux. Tout avait été si rapide qu'il cru un instant avoir rêvé la scène. Mais le regard accusateur qui le scrutait ne lui laissait aucun doute.

— Une dernière chose. Penses-tu vraiment que je sois assez stupide pour mettre ma vie en danger pour un gamin que je hais par dessus tout et dans lequel je ne vois qu'un James Potter bis ? Crois-tu que j'ai risqué ma vie pendant toutes ces années, déshonoré mon nom et me suis mis à dos la grande majorité de la population sorcière pour quelqu'un que je déteste vraiment ? Si tu as bien hérité de la gentillesse de ta mère, tu as malheureusement hérité de la stupidité et de l'étroitesse d'esprit de ton père.

Le jeune homme resta coi un moment, ne sachant que répondre. Mais les derniers mots de son professeur réveillèrent en lui une amertume qu'il avait trop longtemps gardé au fond de lui.

— Étroitesse d'esprit ? C'est vous qui me reprochez d'être étroit d'esprit ? Alors que vous m'avez pratiquement martyrisé pendant 6 ans ? Me faisant largement ressentir votre animosité envers mon père. Vous vous moquez de qui, là ?

— Tu voulais peut-être un traitement de faveur et une invitation à prendre le thé tous les dimanche après-midi ? Ça n'aurait pas du tout été suspect aux yeux de Voldemort, c'est vrai.

Touché. Mais pour Harry, ça ne justifiait pas tout ce que lui avait fait subir le maître des potions.

Il soupira. Il était bien trop épuisé pour être capable de tenir cette conversation maintenant.

— Je suis fatigué. Je vais me coucher.

Continuer cette discussion ne rimait à rien. Cela faisait trop d'émotions et d'informations en peu de temps. Il avait besoin de se vider l'esprit.

Arrivé à la porte, il actionna la poignée, mais rien ne se passa. Pourquoi cette foutue porte refusait-elle de s'ouvrir ? Il s'acharna de plus en plus violemment, sentant monter en lui un sentiment de claustrophobie auquel il n'était pas habitué.

— Tu ne retournes pas à la tour Gryffondor, Harry. Tu restes dormir ici. Cette nuit et toutes les suivantes.

Ce n'était pas une demande. C'était un ordre. Clairement.


Et voilà ! J'espère que ça vous a plu ! Rendez-vous la semaine prochaine, toujours mercredi, pour la suite de leurs aventures :)

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