J'avoue, je suis carrément à la bourre pour poster ce chapitre... Mais on est encore mercredi XD

Merci encore une fois à Kahori pour avoir corrigé ce chapitre ! n_n Merci aussi à vous tous qui me suivez (ici, mais aussi sur ma page Facebook pour certains !) et un très grand merci à tous ceux qui commentent ! D'ailleurs, un merci spécial à Lyxie qui laisse un mot à chaque chapitre depuis le début en guest :)

Bonne lecture à tous !


Chapitre 3 : Ce n'était pas une blague, Harry

Harry était resté silencieux et immobile suite à l'annonce l'informant qu'il ne retournerait pas dans son dortoir et allait devoir rester dans les appartements de son professeur de potions. Cette nuit et celles qui suivraient. Mais il préférait ne pas penser aux jours à venir.

La main crispée sur la poignée de la porte, il sentait la colère monter de plus en plus lui.

— Pourquoi ? Vous comptez me séquestrer ici jusqu'à ce que je cède ? demanda-t-il les mâchoires serrées.

— Tu es faible, et tu as déjà eu du mal à faire le chemin jusqu'ici. Alors, lâche cette porte et viens avec moi… S'il te plait.

Le Survivant était conscient que la fin de la phrase avait été difficile à prononcer pour le vampire et que ce n'était sûrement pas dans ses habitudes de demander ainsi. Mais pour l'heure, il n'avait cure des efforts qu'il pouvait faire. Surtout qu'il n'avait pas répondu à sa deuxième question. Comptait-il le garder dans ces appartements aussi longtemps qu'il refuserait de fermer le lien ?

Après quelques longues secondes, il lâcha enfin la poignée de la porte et se retourna pour regarder l'homme avec un air déterminé.

— Il est hors de question que je dorme dans votre chambre. Il est hors de question que je dorme avec vous.

— Dans ce cas, tu n'as qu'à dormir sur le canapé, répondit Severus avec un coup de baguette qui fit apparaître des couvertures et un oreiller sur l'un des accoudoirs.

Le Gryffondor s'approcha des draps et en prit un dans sa main. Il fut étonné de constater qu'il était très doux et même chaud, comme s'il venait tout juste d'être lavé et séché. Il ressentit un léger sentiment de reconnaissance. Mais il fut vite estompé. Un problème continuait de se poser.

— Il me faut des affaires de rechange, dit-il sans regarder son professeur.

— Suis-moi, répondit ce dernier en se dirigeant vers la porte près du bureau, celle-là même par laquelle avait disparu Draco un peu plus tôt.

Harry ne bougea pas. Il ne voulait pas passer cette porte. Il se doutait parfaitement de ce qu'il trouverait derrière, et il n'avait absolument aucune envie de pénétrer dans l'intimité du maître des potions. Être dans son salon était déjà plus que suffisant.

Le vampire avait déjà ouvert la porte et attendait que son nouveau calice le suive. Mais visiblement, celui-ci semblait bien décidé à faire tout l'inverse de ce qu'il lui dirait. Devrait-il lui dire "ne bouge pas" pour qu'il le suive, comme avec les enfants ? Il soupira, lassé de cette nuit qui n'en finissait plus.

— Je t'ai dit que je ne te forcerai pas. Et si tu veux vraiment te changer, la salle de bain est par là.

Une minute passa. Puis deux. Et Severus cru que le garçon préférait finalement dormir en jean et en t-shirt plutôt que de le suivre pour aller à la salle de bain. Mais à sa grande surprise, il se décida enfin. Le plus âgé laissa l'autre passer et ferma la porte doucement, aussi bien pour ne pas réveiller Draco que pour ne pas effrayer Harry.

Comme le craignait le Gryffondor, la porte donnait directement sur la chambre. Il put donc voir l'héritier Malfoy allongé dans le grand lit, sur le ventre, une jambe par dessus les couvertures et un simple boxer pour cacher ses parties. Enfin, cacher était un bien grand mot, puisque la forme des fesses étaient parfaitement moulée par le tissus, comme une seconde peau. Il ne put s'empêcher de penser que son professeur allait bientôt rejoindre ce corps presque nu et peut-être l'enlacer, ce qui le fit rougir. Bien sûr, Snape avait entendu le coeur de son élève s'emballer. Mais il n'aurait su dire si c'était à cause de Draco à moitié nu ou parce qu'il était dans ses appartements.

Détournant les yeux du blond, Harry se dirigea vers la nouvelle porte que lui indiquait le vampire. Évidemment, il fallait que la salle d'eau soit également attenante à la chambre. Et il n'y avait aucun moyen d'y aller sans passer devant le lit.

Déglutissant bruyamment, il entra dans la salle de bain et ferma la porte qu'il verrouilla. La pièce était composée d'une grand douche à l'italienne, d'une baignoire d'angle pouvant sans doute accueillir plusieurs personnes sans difficultés, d'un lavabo, d'une toilette et d'une grande armoire qui devait renfermer les affaires de toilette. Il trouva un bas de pyjama et un t-shirt, le tout en coton… Verts évidemment. Il allait devoir faire comprendre à son professeur que, même s'il devenait son calice, il resterait un Gryffondor et qu'il aimait le rouge.

Il se changea en quatrième vitesse. Malgré les paroles plutôt rassurantes de l'homme pour lui montrer qu'il ne ferait rien sans son consentement, il ne pouvait s'empêcher de craindre que ce dernier utilise un sort pour ouvrir la porte. Alors, plus vite il serait en pyjama, moins il y aurait de risques qu'il se fasse surprendre dans le plus simple appareil. Il se demanda ensuite un instant ce qu'il devait faire de ses vêtements sales et décida finalement de les laisser là. Il sortit et trouva Severus adossé au mur à côté de la porte, les bras croisés, l'attendant visiblement.

— Je ne vais pas m'envoler, vous savez. Vous l'avez dit vous-même : je suis trop fatigué. Et le chemin jusqu'au canapé est assez simple et court pour que je le retrouve tout seul sans m'écrouler par terre.

— Je voulais simplement m'assurer que tu allais bien.

— Comment voulez-vous que j'aille bien après ce que vous m'avez fait ?

Sur ces mots remplis d'animosité, le jeune homme claqua la porte et se dirigea vers le canapé d'un pas rageur. Il attrapa les couvertures et s'enroula dedans en s'allongeant. Certaines paroles de son professeurs ne cessaient de résonner dans sa tête.

"Un lien entamé est indestructible".

"Tu vas tomber de plus en plus malade".

"Tu dois boire de mon sang".

"Nous devons avoir une relation sexuelle".

"Je n'ai pas choisi non plus d'être dans cette situation".

"Tu ne retournes pas à la tour Gryffondor, Harry".

Ses yeux commencèrent à lui brûler et, sans qu'il puisse les retenir, les larmes se mirent à couler. Il enfonça son visage dans l'oreiller, étouffant ainsi le sanglot qui lui échappait. La dernière chose qu'il voulait était que Snape débarque et le trouve ainsi, pleurant sur son sort. Les moqueries n'en finiraient plus. Mais il était tellement lasse, fatigué. Toute sa vie n'avait été que combat pour sa survie. Et aujourd'hui encore, sa vie allait être en danger s'il refusait de fermer le lien qui l'unissait désormais à Severus.

Severus… C'était étrange de penser à lui avec son prénom.

De son côté, le maître des potions resta un moment à fixer la porte. Il espérait que quelques heures de sommeil feraient du bien au garçon et qu'il serait plus ouvert à la discussion, dans le calme, à son réveil. Mais il ne se faisait pas trop d'illusion.

— Tu comptes enfin venir te coucher ou tu vas regarder cette porte – que Potter a claqué sans aucun égard pour ceux qui dormaient déjà – jusqu'à ce qu'elle fonde ?

Il se tourna vers la voix qui venait de s'élever. Il avait pu y déceler une certaine rancoeur, mais il ne lui en tenait pas rigueur. Il comprenait que la situation devait être agaçante pour son calice. S'approchant du lit, il déboutonna ses robes, retira la totalité de ses vêtements et se glissa dans le lit aux côtés du blond. Ce dernier releva un sourcil sceptique.

— Tu n'a pas peur que Monsieur Pudeur te voie dans cette tenue ? Ou plutôt cette absence de tenue, devrais-je dire.

— J'en déduis que tu as au moins entendu la fin de notre discussion.

— Comment aurais-je pu ne pas entendre les hurlements outrés qu'il a poussés ? On ne peut pas dire qu'il soit le roi de la discrétion, celui-là. C'est à se demander comment il a pu échapper aussi longtemps à Tu-Sais-Qui.

— Je te rappelle que tu n'as pas très bien réagi non plus quand tu as su que tu étais devenu mon calice et ce que cela impliquait, répondit le plus âgé aux souvenirs que cette phrase lui évoquait. Et tu as été le premier à pousser des "hurlements outrés" ce soir.

— Tu ne t'attendais tout de même pas à ce que je saute de joie à l'idée que Potter partage bientôt notre couche ?

— Harry.

— Quoi ? demanda Draco en haussant ses fins sourcils.

— Appelle-le Harry. Tu dois t'habituer. Je tiens à ce qu'on se respecte tous les trois. C'est la base pour une bonne relation.

— Ouais, tu disais aussi qu'on devait tous se tutoyer ici, ce qu'il ne fait pas.

— Il le fera. Il a besoin de temps. Maintenant, dors ou tu ne sauras pas travailler en classe demain sinon.

Le blond souleva le bras du vampire et se cala contre son flanc, la tête sur son torse, appréciant la fraîcheur de cette peau contre sa joue. Il ferma les yeux et s'endormit presque tout de suite.

Severus écouta attentivement et put entendre le coeur de ses deux élèves battre, l'un beaucoup plus rapide que l'autre. Malgré tous ses efforts pour les cacher, il avait perçu les sanglots du Gryffondor. Il avait eu envie de se lever et d'aller le voir. Il avait ressenti ce besoin, impérieux, vital, celui qui dit "mon calice va mal". Mais il savait qu'il était la cause de ce mal-être et qu'aller le voir ne ferait qu'aggraver la situation. Cela lui faisait mal aussi. Alors, il se concentra davantage sur Draco. Ce dernier sentait la colère et la déception.

Les jours à venir s'annonçaient forts en émotions. Pour tous les trois.

oOoOo

Harry était dans le cimetière où étaient enterré la famille Jedusor, comme lors de sa quatrième année. Il était seul. Il entendait le serpent approcher. Nagini était très proche. Trop. Et s'il était là, c'était que Voldemort était tout près également.

Le Survivant se mit à courir entre les tombes. Mais ça ne servait à rien. Le serpent et son maître se rapprochaient encore et toujours. Puis il trébucha et se retrouva le nez dans l'herbe humide. Quand il se releva pour regarder sur quoi il était tombé, il vit avec horreur le corps sans vie de Cédric Diggory. Pourtant, celui-ci tourna la tête vers lui et ses yeux, bien que vitreux, semblèrent le fixer. Ses lèvres se mirent à se mouvoir.

— C'est de ta faute, fit-il d'une voix rauque. C'est à cause de toi si je suis mort. J'étais jeune. Il me restait tellement de choses à découvrir. Et tu m'as enlevé tous mes rêves.

Tétanisé par la peur, Harry ne put se relever. Même lorsque Nagani s'enroula autour de son cou, il ne sut faire le moindre mouvement. Les yeux rouges de Voldemort entrèrent dans son champ de vision, et leur propriétaire lui fit un sourire victorieux.

— La mort, Harry. C'est tout ce qui attend ceux qui s'attachent à toi. Tu le sais. Regarde ce pauvre Cédric. Et tes parents avant lui. Tant de personnes sont mortes pour que tu vives. Ta misérable vie vallait-elle donc plus que celles de toutes ces personnes qui se sont sacrifiées pour toi ?

Au fur et à mesure des paroles débitées par le mage noir, le serpent resserrait sa prise, étouffant le jeune homme.

Le Gryffondor savait au fond de lui que tout ceci n'était pas réel. Il savait que ce n'était qu'un rêve. Un cauchemar. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait. Il n'avait qu'à ouvrir les yeux, se réveiller. Et tout serait terminé. Mais il en était incapable. Il était trop épuisé, il n'avait pas la force de lutter.

Merlin, que quelqu'un le sorte de là. Même son vampire de professeur ferait l'affaire. Alors il tenta de l'appeler.

— Aide-moi... Severus, aide-moi.


Alors, qu'en avez-vous pensé ? ;)

Je rappelle que je ferai bientôt un petit concours sur ma page facebook n_n (dont vous trouverez le lien sur mon profil) A la semaine prochaine ! :p