~A propos de l'histoire~

Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.

Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)

Résumé : Septembre 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard, l'école de sorcellerie. Il fait partie de la génération qui n'a jamais connu que la paix, et aspire à mener une vie tranquille, aux côtés de ses amis. C'est également le souhait de Gabriel Madder, le meilleur ami de James. Insouciants et ignorants des réalités du monde, les deux garçons et leurs amis coulent une scolarité paisible, malgré l'orgueil écrasant de James et le manque de confiance en lui de Gabriel.

Pourtant, leur vie bascule du tout au tout lorsque tous deux se retrouvent impliqués dans un grave incident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de se souvenir de ce qui s'est passé pendant cet événement, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.

Ils n'imaginaient alors pas que tout ceci n'était que le premier acte d'une nouvelle crise, bien plus sombre et importante encore.

Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard

Rating du chapitre : K+


~Aide et correction~

Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.


~Personnages secondaires originaux apparaissant ou mentionnés dans ce chapitre étant déjà apparus précédemment~

-Léopold Kepler (dit Léo), Rigel Davis et Octave Halley : camarades de dortoir de James, Gabriel et Eliot. Ils sont toujours fourrés ensembles.

-Stanislas Franz (dit Stan) : autre camarade de dortoir de James, Eliot et Gabriel. Il est en froid avec eux depuis l'incident du Coeur.

-Anastasia Grenchel, Marta Da Silva, Gwendolyn Murrey, Sarah Anderson, Eulalie Davis : camarades de dortoir de Bloom.

-Wallace Mercer, Ludwig Greyson et Algol Gamp : trois Serpentard qui ne s'entendent pas avec Gabriel, James, Eliot et Bloom. Ils sont des partisans de l'idéologie Puriste.

-Némésis et les "Indignés" : le groupe partisans des nés-moldus souhaitant mettre fin aux meurtres. Némésis est à leur tête

~Résumé du chapitre précédent

James est déçu du manque de nouveaux éléments malgré une lettre de sa mère. Toujours un peu secoué par sa dispute avec Gabriel, il s'isole un peu pour réfléchir, se demandant ce qu'il peut faire pour aider son meilleur ami. Après avoir été conseillé par Hagrid, il part retrouver ses amis, l'esprit un peu apaisé. Le lendemain, on apprend la mort de Jason Crow, leader du Parti Réformateur, dans la Gazette du Sorcier. Dans le même temps, le journal révèle également la formation d'un groupe de sorciers contestataires, souhaitant agir pour arrêter cette série de meurtres et protéger les nés-moldus. Si on ignore jusqu'à l'identité des personnes y faisant partie, un nom sort, celui de leur leader : Némésis.


~Note de Niva~

Non, je ne suis pas mort. Juste une longue pause, je n'arrivais plus à écrire. Cependant, voici un nouveau chapitre, et pas d'inquiétude, le suivant ne prendra pas six mois avant de sortir. Je l'ai déjà terminé, mais il ne viendra que le mois prochain, le temps que je puisse continuer de prendre de l'avance. Je l'espère. ^^' Désolé pour cette attente. J'espère ne pas renouveler ça. =(


Chapitre 17 : Les facettes de la magie

Le hibou qui était venu apporter le courrier prit son envol dès lors qu'Eliot eut détaché la Gazette du Sorcier de sa patte. Gabriel, après l'avoir observé quelques secondes, détourna son regard du volatile pour poser prudemment sa tasse sur la table, observant son ami déplier le journal avec une certaine appréhension. Les doigts d'Eliot s'étaient crispés sur le papier du quotidien, trahissant son propre trouble. Gabriel scruta pendant quelques secondes les yeux couleur encre d'Eliot lire les quelques titres de la première page, avec la crainte de les voir s'écarquiller, ou tout autre signe d'un nouveau meurtre, d'une mauvaise nouvelle de plus. Le jeune Dubois releva finalement le regard vers eux, pour esquisser un petit sourire qui illumina non seulement son visage, mais également celui de tous les autres Gryffondor de cinquième année.

« Aucun nouveau meurtre à signaler, dit-il d'un voix calme. Uniquement des redites des événements de ces derniers jours.
— Merlin merci, soupira Anastasia, assise à côté de Bloom.
— On en est quand même arrivé au point où une seule journée de répit, sans nouveau meurtre, sonne comme une bonne nouvelle, fit remarquer Léo. C'est assez effrayant quand on y pense.
— Pas plus de précisions sur le groupe de contestation, ces « Indignés » comme tout le monde les appelle ? demanda James à Eliot. Celui dirigé par ce Némésis ?
— Je n'en ai pas l'impression. »

Le mystère restait donc entier, nota Gabriel. Le garçon se recula sur le banc, portant la tasse, qu'il avait jusque-là délaissée, à ses lèvres. L'ambiance un peu lourde qui s'était emparée d'eux avait disparu, le silence s'était envolé avec le hibou de la gazette. Aujourd'hui, la Grande Salle ne s'était pas tue. Le garçon préférait de loin cela. Ses amis de Gryffondor avaient beau être bruyants et turbulents, c'était ce qui faisait leur charme. Sarah et Eulalie s'étaient replongées dans leurs discussions sur Merlin savait quel potin de l'école, rien dont Octave ne soit sûrement déjà au courant. Ce dernier écoutait tranquillement la discussion autour des nouvelles, avec son calme et sa discrétion habituels. C'était sûrement comme ça qu'il en apprenait autant Octave était peu bavard mais il savait écouter.

« On peut arrêter de parler de ces fichues nouvelles ?, s'agaça Marta, la main contre le front. Il y a quand même des sujets plus joyeux dont discuter, non ?
— Tu as pensé à faire le travail pour la métamorphose ?, lança Gwen en ricanant.
— Roh, pitié, j'y ai passé mon après-midi hier… Tu sais bien que ce n'est pas mon fort.
— Pourquoi tu n'es pas venue me demander mon aide ?, s'étonna Bloom. Je t'ai déjà dit que si jamais tu avais le moindre souci en métamorphose, tu pouvais venir me trouver. »

La brune soupira, sembla vouloir répondre quelque chose, puis secoua la tête.

« Laisse tomber, Bloom, répondit-elle. C'est gentil de ta part, mais je pense que c'est trop tard pour remédier à ça maintenant. De toute façon, c'est ma dernière année à subir ce cours.
— On se motive comme on peut j'imagine », dit doucement Gabriel.

Marta hocha la tête, retrouvant un petit sourire. Ce n'était pas comme si elle n'avait pas mis du cœur à l'ouvrage. Tous les Gryffondor de cinquième année savaient à quel point elle avait travaillé dur pour essayer d'y arriver, ne parvenant tout juste qu'à se maintenir à un niveau correct. Parfois.

« Hey,Gabriel ! »

Le garçon se redressa sur le banc en entendant son prénom, surpris. Il se leva, pour regarder au-dessus de la tête de ses amis, distinguant enfin qui l'appelait. Un Poufsouffle de septième année aux cheveux châtains et portant des lunettes remontait la table, en lui faisant un signe de la main. Le jeune Madder indiqua tranquillement à James qu'il revenait tout en enjambant le banc pour aller à la rencontre de Matthew Pilgrim. C'était lui qui avait repris les rennes de l'association des duels après le départ d'Athéna.

« Tu as passé un bon week-end ?, demanda-t-il joyeusement tout en serrant la main du Gryffondor.
— Rien de spécial, répondit-il en haussant les épaules. On n'a pas fait grand chose pour être honnête.
— Parfait, au moins tu seras en forme pour ce soir ! Tu n'as pas oublié, j'espère. »

L'inquiétude de son aîné amusa Gabriel, alors qu'ils quittaient tous les deux la Grande Salle, pour être plus tranquilles pour discuter.

« Aucune chance, le rassura Gabriel en s'adossant contre le mur de pierre. J'étais pressé que ça redémarre. Par contre, je suis désolé, mais je n'ai pas pensé à récupérer la liste des inscriptions dans la salle commune de Gryffondor.
— Ne t'inquiète pas pour ça, sourit Matthew, les yeux pétillants. Je l'ai déjà reçue. Et justement, on va avoir pas mal de nouveaux adhérents cette année.
— Vraiment ? »

Ça, c'était une surprise. D'habitude, on pouvait compter les nouveaux sur dix doigts. Gabriel avait bien remarqué qu'à vue d'œil, il y avait eu plus de noms ajoutés sur la liste affichée dans la salle commune de Gryffondor, mais à l'excitation enfantine de Matthew, cela semblait clair que par « pas mal », cela devait sûrement relever du double au moins.

« Pourquoi un tel engouement, tout d'un coup ?, interrogea le Gryffondor.
— Je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde, mais en tout cas j'ai quelques camarades de Poufsouffle qui ont choisi de rejoindre l'association suite aux meurtres récents, indiqua Matthew. C'est assez logique, ils ont peur et veulent apprendre à se défendre.
— Je vois… Je ne sais pas si je dois me réjouir que d'un coup notre club devienne populaire.
— Ne te torture donc pas avec ça, conseilla le septième année. Tout ce qu'il y a retenir, c'est qu'ils s'attendent à une application plus pratique des duels que ce que l'on a eu l'habitude de faire les années précédentes. »

Matthew s'arrêta un instant. Il avait perdu son sourire, ce qui fit lever un sourcil à Gabriel. Le dirigeant de l'association des duellistes était connu pour sa bonne humeur communicative, avec pour seule exception l'air sérieux qu'il prenait quand il démarrait un duel.

« Je t'avoue que je ne sais pas trop ce que je vais pouvoir leur dire, ça me travaille un peu. Mais bon, on trouvera bien quelque chose.
— Je note le « on » dans ta phrase, releva Gabriel. J'imagine que si tu es venu me chercher et que ça ne concerne pas la liste des adhérents de Gryffondor, ça doit concerner l'organisation de la séance de ce soir.
— Tu as toujours été perspicace, s'amusa Matthew. En effet, je pense qu'on ne va pas pouvoir faire comme les années précédentes. Avoir autant de nouveaux membres potentiels, c'est une occasion qu'on ne doit pas manquer et il va falloir marquer leurs esprits ! Donc plutôt que de classiquement montrer un duel basique, avec les sorts communs, je pensais plutôt faire démonstration de quelques duels plus avancés.
— Il faudra bien penser à préciser que ce que l'on montrera ne peut se faire qu'au bout de quelques années quand même.
— Oui, évidemment. Donc pour ces duels, il y aura moi, Stanley, toi, Ellie, Chen et Susan. Je pense que nous sommes les plus expérimentés pour ça. Mais avant tout, j'aurai besoin de toi pour préparer tout ça.
— Moi ? s'étonna Gabriel. Pourquoi ça ?
— Parce que je compte bien te donner la direction de l'association l'année prochaine, sourit Matthew. Tu es l'un des membres les plus anciens, et je sais que tu feras du bon boulot. Donc je vais profiter de cette année pour te former.
— Oh… Mais, je ne suis pas le plus âgé pour autant, tenta-t-il d'esquiver. Susan et Chen sont en sixième année.
— J'en ai discuté avec elles hier et elles étaient tout à fait d'accord que tu étais le meilleur choix. Athéna avait fait la même chose en me choisissant, je n'étais qu'en cinquième année quand elle a décidé que je serai le suivant à diriger l'association. »

Il posa la main sur l'épaule de Gabriel avec un air réconfortant sur le visage. Derrière ses lunettes aux montures carrées, le garçon pouvait lire toute la confiance que Matthew lui portait.

« J'étais aussi perdu que toi quand elle m'a annoncé ça, tu sais en plus comment elle peut être impressionnante, plaisanta Matthew. J'ai déjà fait part aussi de cette volonté au professeur Flitwick. Il a également trouvé que c'était une bonne idée et en a fait part au directeur.
— Ha… J'imagine qu'avec tout ça, je serais bien froussard de refuser l'offre, soupira Gabriel. Ce ne sera pas aujourd'hui qu'un Gryffondor va avoir peur.
— Tu as un an pour t'y faire, ça ne va pas tout changer du tout au tout. Ce soir, il faudra donc que tu viennes vers dix-sept heures trente plutôt que dix-huit heures. Je peux compter sur toi ?
— Oui, bien sûr.
— Parfait ! Je te dis donc à ce soir, Gabriel ! » lança Matthew en s'éloignant vers l'escalier.

Gabriel leva simplement la main en réponse, un léger sourire aux lèvres. Mais dès lors que le Poufsouffle eut disparu de son champ de vision, il s'effrita, laissant place à une moue plus inquiète. Quoi que puisse en dire Matthew, il restait réticent à l'idée de prendre la direction de l'association. Il n'avait jamais été très doué pour parler aux autres. Il plissa les yeux, sentant comme une sorte de grand froid en lui, avant de les détacher des dalles de pierres, et secouer la tête. Gabriel se décolla du mur et tourna les talons vers la Grande Salle.

Reprenant un visage un peu plus avenant, il remonta la table des Gryffondor. Il lui restait encore un peu de temps pour terminer de manger, avant le cours d'Etude des Magies. Le garçon reprit place sur le banc, retrouvant sa tasse de café, qui en avait évidemment profité pour refroidir. Il fit une petite grimace, sortant sa baguette de sa poche.

« C'est donc ce soir que les duels reprennent ?, demanda Anastasia.
— Oui, répondit le garçon en pointant sa baguette vers son café matinal. Recalfacio !
— Matthew ne serait pas venu le voir pour un autre sujet de toute façon, fit remarquer James avec évidence. Mais pourquoi cette question ?
— Je me suis inscrite cette année, révéla-t-elle. Je m'y étais jamais vraiment intéressée, mais avec tout ce qui se passe en ce moment…
— Tu n'es pas la seule, dit Eliot. J'ai eu deux ou trois personnes de chez nous qui sont venus me voir pour avoir des informations sur l'association.
— Pourquoi à toi ?, s'étonna Gabriel. Pourquoi personne n'est venu me voir ?
— Comment te dire Gabriel, commença Gwen. Avec James, vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais vous avez tendance à intimider les gens. J'imagine que l'histoire d'il y a trois ans n'est pas totalement étrangère à ça. »

L'humeur de Gabriel s'assombrit un peu en entendant cela. Décidément, leur accusation fallacieuse n'avait pas fini de leur empoisonner l'existence.

« Les gens se sont donc tournés vers moi, puisqu'ils savent que je suis ton ami et que je suis préfet, acheva Eliot.
— Ça reste désagréable d'apprendre qu'on doute toujours de toi, marmonna Gabriel.
— Laisse couler, conseilla James. Tant qu'ils ne viennent pas nous embêter comme peuvent le faire certaines personnes, il n'y a pas de mal. »

En disant cela, le garçon appuya son regard vers la table des Serpentard, où Franz avait pris place. Il leur tournait le dos, et ne se rendait sûrement pas compte de l'attention qui était portée sur lui. Il était en pleine discussion avec d'autres têtes que ni Gabriel ni James n'appréciaient, à savoir Mercer, Gamp et Greyson.

« Vous ne lâcherez jamais l'affaire avec Stan, soupira Gwen, excédée.
— C'est lui qui ne veut pas admettre qu'il s'est trompé et que nous ne sommes pas coupables dans l'affaire du réveil, se défendit James.
— Il n'a jamais vraiment essayé non plus de se réconcilier avec nous, continua Gabriel. Et ce n'est pas comme si on appréciait ses nouveaux amis.
— J'admets qu'il y a plus charmant que Greyson et compagnie, admit la préfète avec une petite grimace. C'est limite s'ils ne crachent pas sur Anastasia à chaque fois qu'ils la croisent.
— Arrête avec ça, marmonna la concernée. Ces Puristes, c'est vraiment les pires. Je l'ai déjà dit à Stanislas, mais il fait exprès d'éviter le sujet.
— Stan n'a jamais été anti né-moldus, c'est vraiment l'affaire qui vous entoure tous les deux qui l'a poussé à se lier d'amitié avec eux. D'habitude, je suis loin d'être contre le rapprochement des maisons, mais là… »

La mâchoire de Gwen se serra de frustration. Gabriel ne pouvait lui donner tort. Ils avaient eu à subir assez de crasses de ces abrutis de Puristes pour savoir à quoi s'en tenir. Ils leur avaient rendu la pareille, les réactions montant en intensité, et cela avait parfois tourné en duels dans les couloirs, avec des retenues à la clé. Ni James, ni Gabriel n'avaient regretté la moindre de ces dernières, du moment qu'ils avaient pu rabaisser leur caquet – et Merlin sait qu'ils avaient été de bon cobayes pour s'entraîner aux duels aux yeux de Gabriel. Mais il était intéressant de noter qu'avec Gamp, Mercer et Greyson, les entrechoquements dataient de leur première année. Une sombre histoire de pétard dans un chaudron qui avait dégénéré en bagarre dans le cours, cela avant même qu'ils ne découvrent leurs idées arriérées depuis au minimum le siècle dernier.

Mais la plupart du temps, ils se contentaient malgré tout de s'ignorer, du mieux qu'ils pouvaient. La surveillance des professeurs et des différents préfets n'y étaient pas étrangères.

« Bon, il est temps d'y aller, encouragea Eliot en se levant.
— Lai' moi te'm'ner mes tochts », se défendit Bloom la bouche pleine.

Gabriel eut un petit rire, mais se leva malgré tout en faisant un petit signe à ceux qui restaient ici pour le moment. Si les Gryffondor de cinquième année avaient pris l'habitude de toujours se lever à la même heure, tous ne partageaient pas les mêmes cours optionnels.

« Bonjour à tous ! » déclara le professeur Jäger en prenant place à son bureau.

D'un coup de baguette, il ferma la porte de la salle, avant de leur faire face, sa tenue toujours aussi impeccable. Il y avait une certaine rigueur et une certaine élégance naturelle qui entouraient le professeur d'Études des Magies, tout à fait fascinantes aux yeux de Gabriel. On sentait dans ses yeux, dans ses traits toute l'expérience qu'il avait, il en était marqué. Le temps avait également fait son office, puisque ses cheveux autrefois noirs tiraient maintenant un peu sur le gris par endroits, ce qui contribuait à l'image d'explorateur vétéran que le professeur Jäger dégageait.

« On en avait donc terminé avec les révisions de l'année dernière, déclara le sorcier en se levant après l'appel. J'ai été un peu déçu des souvenirs assez flous que certains d'entre vous ont gardés de la magie amérindienne. Je sais bien qu'on l'a vue en début de quatrième année, mais tout de même ! N'oubliez pas que ce sont des sujets qui pourront être abordés pour vos Buses, tout comme ce que l'on a étudié en troisième année. »

Il balaya la salle de son regard sévère, laissant raisonner sa voix grave marquée de son léger accent germanique. Gabriel put voir Bloom baisser un peu la tête, les yeux rivés sur la table. Elle avait toujours un peu de mal à tout retenir d'une année sur l'autre dans une bonne partie des matières, et l'Étude des Magies en faisait partie.

« Je n'hésiterai pas à vous coller du travail supplémentaire s'il le faut, continua-t-il. Mais passons, il est temps de vous présenter un peu ce que nous allons étudier cette année. J'ai révisé quelque peu le programme. Je me suis en effet dit que ce serait une bonne idée, avec tout ce qui se passe en ce moment en Angleterre, de commencer en étudiant la magie noire. »

Il y eut une sorte de mouvement de surprise dans la classe, et Gabriel devait avouer avoir ouvert les yeux en grand, un peu stupéfait. Eliot, assis à sa gauche, échangea avec lui un regard tout aussi surpris, alors que Bloom et James, assis au pupitre devant eux, se chuchotaient rapidement des choses à l'oreille. Alors que le professeur Jäger inscrivait le début du plan au tableau avec sa baguette, Amina Lazarre, une Serdaigle au teint basané, leva la main.

« Monsieur… Vous considérez la magie noire comme une magie… étrangère ?, demanda-t-elle avec prudence.
— C'est une question complexe, admit Jäger. Il y a de grandes discussions entre spécialistes de cette branche de la magie, je dois l'admettre. Mais vous comprendrez pourquoi lorsque nous commencerons notre cours, car sachez qu'elle a tout à fait sa place ici. Elle est même singulièrement fascinante, veuillez me croire. »

Le regard de la jeune fille était sceptique, mais elle se contenta d'hocher la tête. Gabriel en profita pour questionner James, qui s'était retourné vers lui, d'un signe de tête, mais le garçon haussa les épaules, semblant tout aussi perdu que lui. Gabriel ne savait pas vraiment quoi en penser. Malgré les cours de Défense contre les Forces du Mal, il devait avouer ignorer beaucoup de choses à propos de cette discipline de la magie, dont on parlait pourtant souvent. Le professeur Jäger, debout devant le tableau, semblait satisfait de son effet, puisqu'un large sourire illuminait son visage droit.

« Bien entendu, contrairement aux autres types de magie que l'on a pu étudier, nous ne ferons aucune pratique, ajouta-t-il. Les démonstrations seront également en nombre limité, pour des raisons tout aussi évidentes. Mais on en discutera plus tard, si vous le voulez bien. Donc je disais que nous commencerons le programme par la magie noire, un sujet que je gardais généralement pour le milieu de l'année. Cela devrait nous prendre un peu moins de deux mois. Nous étudierons ensuite la magie celte, qui fait sûrement partie de mes favorites ! Il y a des gens qui étudient les runes ici ? »

Gabriel tourna la tête derrière lui, observant les mains de quelques uns de ses camarades se lever, en même temps que celle d'Eliot à côté de lui. Ils étaient peu nombreux, à peine six ou sept. L'Étude des Runes n'avait jamais été une matière très populaire, nota intérieurement le garçon en reportant son attention sur son parchemin, continuant de noter le plan. Le professeur Jäger leur fit signe de baisser le bras, faisant tourner sa baguette entre ses doigts.

« Parfait, vos capacités nous seront utiles, car vous verrez qu'il y a tout un pan de la magie celtique qui donne la part belle aux runes, dit l'homme. Les connaître facilite la compréhension de cette magie, mais rassurez vous tous les autres, il n'y a rien d'insurmontable. Je pense pouvoir assurer que nous devrions arriver au début de l'année prochaine quand nous en aurons fini avec ce fascinant sujet. Mais je crains que cela s'accompagnera d'un petit bilan avant les fêtes », ajouta-t-il avec malice.

Il y eut comme une sorte de soupir général.

« Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, leur assura le professeur avec un brin d'ironie.
— Ce sera uniquement sous forme écrite, ou bien on aura aussi une partie pratique ?, demanda James.
— Je ne l'ai pas encore décidé. Mais il y a de bonnes chances pour que cela ne soit qu'un écrit. Je vous le spécifierai en temps voulu. »

Le jeune Potter hocha la tête, tout en continuant de mordiller le bout de sa plume. Il était toujours ainsi dans ce cours, le seul où il était aussi attentif. Gabriel pouvait comprendre l'engouement de son meilleur ami pour ce cours, il devait lui-même avouer le trouver des plus intéressants. Mais son intérêt était tout à fait minime comparé à celui de son meilleur ami, qui buvait les paroles de Jäger.

Cependant, depuis l'annonce du sujet qui démarrerait l'année, Gabriel ne pouvait s'empêcher de se questionner. Il devait avouer ne pas vraiment savoir à quoi s'attendre avec un sujet aussi singulier et sensible que la magie noire. Il ne s'était jamais vraiment interrogé dessus et il se doutait parfaitement qu'il était loin d'être le seul dans ce cas. Comme tout le monde, Gabriel avait accepté et intégré sans opiner l'idée que la magie noire était quelque chose de prohibé, mais il n'avait jamais questionné la raison de cette interdiction. Il avait bien quelques idées en tête, concernant l'aspect meurtrier de cette magie, mais en bon amateur de duels, Gabriel savait également que des sortilèges et maléfices tout à fait communs et autorisés pouvaient être dangereux. Un simple Diffindo, bien utilisé par un puissant sorcier, pouvait parfaitement laisser des séquelles. C'était très difficile à faire, bien entendu, il fallait vraiment le vouloir de toutes ses forces pour y parvenir. Restait donc cette interrogation, tout juste naissante : qu'est ce qui définissait un sortilège de magie noire ? Qu'est ce qui le différenciait réellement d'un sortilège de magie blanche ?

Ces questions faisaient grandir son intérêt. Le professeur Jäger, à coup sûr, allait sûrement les surprendre, car s'il y avait bien une chose qu'il avait appris dans cette salle de classe, c'est que bien souvent, la magie était plus étonnante que tout ce qu'on pouvait imaginer.

« Voilà donc pour cette année, acheva l'homme en abaissant sa baguette. Tout cela sera évidemment au programme pour les Buses, je compte donc sur vous pour donner le maximum. »

Il prit place à son bureau, caressant un instant son bouc. Il y eut un petit flottement de quelques secondes, avant qu'il ne rouvre la bouche, accrochant par la même occasion à ses lèvres l'ensemble de la classe.

« La magie noire, entama Jäger d'un ton un peu lent mais clair. Tout sorcier en a connaissance, qu'importe où il se trouve dans le monde et son niveau d'étude. Tous les jeunes enfants en ont entendu parler et on dit bien des choses dessus. Elle est si célèbre que même les moldus ont des mythes autour de cette magie. Avec une telle réputation, tant de choses que vous ayez pu entendre, est-ce que quelqu'un pourrait me donner une définition de ce qu'est la magie noire ?
— La magie qu'on fait dans le noir », souffla Sam Connor.

Il y eut quelques rires.

« Allons, un peu de sérieux. »

D'autres chuchotements et pouffements de rires continuèrent, mais aucune main ne se leva. Pas même celle de James, qui pourtant était le premier à participer à ce cours. Pourtant, avec le poste de son père, Gabriel aurait pensé qu'il aurait eu des choses à dire. Jäger observait la classe avec une sorte de sourire ironique aux lèvres, la tête tranquillement appuyée sur sa main gauche pendant que la droite continuait de faire tournoyer sa baguette magique entre ses doigts.

« Personne, dit enfin Jäger, brisant les murmures. Ce n'est guère une surprise. Donner une simple définition de ce qu'est la magie noire est un exercice extrêmement complexe. Il y a de nombreuses discussions autour de ce sujet, et des théoriciens de la magie célèbres ont passé leur vie à étudier la magie noire pour simplement en fournir ne serait-ce qu'une. Il existe donc plusieurs définitions, plus ou moins larges, mais aucune qui ne fait foi. Certains émettent même le doute quant à l'existence réelle de la magie noire. C'est le point de vue d'Eusebus Pikock par exemple. »

William MacHellen leva alors la main.

« Mais si la magie noire ne peut être définie, cela veut dire que tout sort peut potentiellement être un sort de magie noir ?
— Selon Pikock, oui, approuva le professeur Jäger. Mais c'est aussi selon la majeure partie des théoriciens une vision erronée des choses, ce dont je suis tout à fait partisan. Si donner une définition précise de ce qu'est la magie noire, englobant absolument tous les sorts qui en font partie, est un exercice relevant de la quasi-impossibilité, on peut en revanche tirer des traits récurrents, des caractéristiques des sortilèges de magie noire que l'on retrouve régulièrement. »

Gabriel était perdu.

« Ce qu'il faut comprendre donc, c'est que la magie noire ne se définit pas par sa nature. Elle n'est pas une discipline de la magie mais n'est guère non plus une magie propre à un peuple, un groupe de sorciers. La magie noire transcende ces deux carcans habituels qui regroupent les magies communes car elle n'est pas cohérente. La réalité est tout simplement que la magie noire est une construction des sorciers, rassemblant des sortilèges, des potions, des sceaux runiques, et cetera, et cetera.
— Il n'y a pas moyen de définir une caractéristique précise ? insista William. Pour l'instant, Eusebus Pikock semble avoir raison.
— Oh, il y en a bien une qui est constante à quasiment tous les sortilèges de magie noire, à quelques exceptions près. Elle se résume en une phrase très courte, que l'on doit à Isidore de Francfort, au VIème siècle. Personne n'en a entendu parler ? »

Seul le silence lui répondit.

« Décevant mais prévisible, soupira Jäger en se levant. La plupart des sorciers ne connaissent au final que si peu à propos des grands penseurs de la magie…
— C'est la faute de Binns », dit un peu trop fort Léo.

Jäger eut une sorte de sourire compatissant, alors que de nouveau la classe se mettait à rire.

« Allons, allons, ne mettez donc pas tout sur le dos de mon collègue Mr Kepler. Votre curiosité d'élève devrait vous pousser à faire vos propres recherches, sachez-le. »

Il avait beaucoup d'espoirs, songea Gabriel en roulant des yeux. Le professeur agita sa baguette, écrivant au tableau la phrase qu'il attendait, qui était effectivement très courte, et somme toute assez simple.

« "Ce que magie noire donne, magie noir prend.", récita le professeur. S'il y a une chose à retenir de la magie noire, c'est bien ce principe de base. Ce n'est pas une définition, seulement l'une des rares choses à son propos sur laquelle tout le monde s'entend, que personne ne remet en cause.
— C'est assez vague comme formulation, fit remarquer Rigel. On a appris avec vous que par principe, toute magie a un prix à payer, même si cela se limite bien souvent à une part infime de notre propre réserve.
— Vous avez mis le doigt en plein dans le mille, Mr Davis, sourit Jäger. Il y a toute une interprétation de cette phrase qui amène à élargir ou rétrécir le domaine de la magie noire selon notre point de vue. C'est pour cela que vous ne trouverez pas un seul gouvernement sorcier dans le monde avec une liste référençant les sorts et potions de magie noire parfaitement identique. Elles ont même tendance à se modifier de façon très régulière. »

Il descendit de l'estrade, s'avançant entre les rangs.

« Toutefois, si cette phrase seule résume globalement une partie de ce qu'est la magie noire, elle est complétée dans le texte original d'Isidore de Francfort par toute une série de précisions, qui rendent l'interprétation moins nébuleuse. Il entend en effet par l'idée de « prendre » celle d'une perte réelle, qui est directement ressentie par le sorcier qui lance le sort, une perte autrement plus importante qu'une simple dépense de magie. Parce qu'elle fait partie des disciplines magiques les plus puissantes, la magie noire demande beaucoup au sorcier.
— Et quel est ce prix à payer ?, demanda Eliot, fasciné.
— Il varie selon les sortilèges, que ce soit dans la part arrachée et la nature de ce qui est arraché, répondit le professeur. Prenons l'un des plus emblématiques. La magie noire peut voler peu à peu l'intégrité physique de l'utilisateur, corrompant d'une certaine manière son apparence et sa nature. Regardez donc les rares photographies de ce qu'était devenu Voldemort. »

Il balaya la classe d'un regard, puis ajouta :

« Mais le plus dangereux de tous et l'un des moins rares reste la corruption même de l'esprit du sorcier, dit-il dans ce qui ressemblait à un murmure, qui était pourtant parfaitement audible de tous. Nombre d'utilisateurs des plus puissantes et redoutables arcanes de la magie noire en ont perdu leur esprit par abus. C'est là la seconde particularité de la magie noire, quand on en abuse. Retenez cela : la magie noire appelle la magie noire. L'utiliser de manière durable demande une puissance et une réserve magique incroyables, accompagnées d'un esprit fort pour ne pas y sombrer.
— Voldemort avait-il perdu son esprit ? demanda Bloom.
— Je l'ignore. Je ne pense pas, bien que cela n'engage que moi. D'après ce que l'on sait de lui, il a toujours eu en tête les sombres ambitions qui ont été les siennes. Mais Voldemort avait un esprit fort, c'est certain. »

Bloom hocha la tête, alors que la main de James se levait. Du peu qu'il pouvait voir de son visage, Gabriel pouvait constater, avec surprise, qu'il affichait un air sérieux, voire même un peu contrarié. Le professeur lui fit signe de prendre la parole.

« Monsieur, vous n'avez pas parlé de la magie noire dans ses effets destructeurs, dit le garçon. Après tout, si elle est connue, c'est bien pour faire le mal autour d'elle. »

Ah, du James typique, sourit Gabriel, un peu rassuré. Avec un père comme le sien ou encore son désir de devenir Auror, James avait une profonde aversion pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la magie noire, en tout cas bien plus que la moyenne. Une telle remarque était donc tout à fait normale, surtout que le garçon avait un réel besoin de précision dans ce cours.

La classe fut cependant surprise quand le professeur Jäger émit un petit rire. James resta un moment interloqué.

« Cette objection ne me surprend guère venant de vous, Mr Potter, déclara-t-il sans perdre son sourire. Et je vais vous répondre. Je ne nierais pas que la magie noire est une discipline aux pouvoirs destructeurs, qui ont été à l'origine d'énormément d'affaires sordides. On parle de certains sortilèges dont le simple but est de torturer après tout. Cependant, penser que toute la magie noire n'a pour finalité que de faire le mal est selon moi et de nombreux spécialistes une erreur. La magie noire est en réalité, comme toute forme de magie, susceptible de faire autant le bien que le mal, dans sa majeure partie. Evidement qu'un Avada Kedavra ou un Doloris par exemple ne sont jamais utilisés à de bonnes fins. Mais pour le reste, cela dépend de la volonté du sorcier, ce qui revient évidemment à se poser la question du bien et du mal. En partant du principe d'une vision relative du concept, la magie noire n'a pas pour but de forcément commettre des exactions.»

Personne ne sut vraiment quoi répondre. Gabriel était lui-même décontenancé, ce n'était pas quelque chose qu'il avait vraiment envisagé jusqu'alors. Devant lui, James était tout bonnement stupéfait de ces paroles. Puis, il se reprit et repartit à la charge :

« Mais vous avez dit vous-même qu'on peut y perdre son esprit.
— En effet, je l'ai dit. Mais j'ai aussi indiqué que cela était dû à un abus, et cela doit vous rappeler une autre base de la magie que nous avons vue en troisième année. Quelqu'un peut me la rappeler ? Oui, Mr Wight ?
— Tout abus de la magie est dangereux, que ce soit pour le sorcier qui en abuse ou pour les personnes qui l'entourent, dit Vincent Wight.
— Exactement. La magie noire ne fait pas exception, même si elle est le cas le plus extrême de cette règle. Cependant, oubliez tous vos préjugés sur cette idée que la magie noire équivaut automatiquement au mal. La plupart des théoriciens sur la magie sont d'accord pour dire que cette vision est fausse. Utilisée de façon consciencieuse par une personne honorable, la magie noire peut tout à fait servir le plus grand bien. Je connais peu de grands mages blancs, ceux qui ont marqué l'histoire, qui n'ont jamais eu recours à la magie noire. Ce qui m'amène d'ailleurs à la première grande partie de notre cours sur la magie noire, à savoir tout son aspect historique et culturel, qui vous allez le voir est très riche. »

Gabriel se saisit de sa plume pour noter le titre, avant de remarquer que James continuait de fixer le professeur Jäger. Cela l'inquiétait un peu. Il lui tapota doucement l'épaule, pour qu'il tourne la tête vers lui. Ses sourcils étaient froncés, montrant qu'il semblait désapprouver ce qui était dit par le professeur.

« Ce ne sont que des théories, lui murmura-t-il, rien ne t'oblige d'être d'accord avec. »

Sa bouche se contracta en moue dubitative. Gabriel insista du regard, poussant James à soupirer. Il se retourna vers sa feuille, entamant finalement la prise de note. Gabriel le fixa encore quelques secondes, ressentant une sorte de léger amusement à propos de cette réaction de son meilleur ami. Puis il se pencha sur son propre parchemin, commençant à noter le cours qui allait être très théorique pour cette première partie d'année.

Mais cette étonnante entrée en matière ne parvint pas à réellement détendre Gabriel. Dans un coin de son esprit, une certaine appréhension continuait de se développer. Quoi que puisse en dire Matthew, Gabriel ne s'estimait pas capable de réellement prendre sa succession. Il avait peur de se ridiculiser. Après tout il n'avait jamais vraiment eu l'âme d'un leader comme James ou encore Athéna. Ce n'était pas une place qu'il enviait.

Les heures passèrent trop vite à ses yeux, son malaise grandissant de plus en plus. Il eut du mal à se concentrer en cours de Métamorphose, qui portait sur le sortilège de disparition. Il ne put que regarder impuissant son escargot doucement recouvrir sa table de bave, comme pour le narguer. Bloom, qui avait presque réussi à faire disparaître totalement le sien, lui jeta un regard surpris. D'habitude, Gabriel était l'un des seuls à pouvoir rivaliser avec elle dans cette matière. Ce fut encore pire lors du cours de Soins aux Créatures Magiques. Malgré les avertissements et conseils du professeur Maraspic, Gabriel manipula les Botrucs de façon catastrophique. Le garçon se fit mordre jusqu'au sang par l'un d'eux, le poussant à s'en débarrasser de façon brutale, avec du feu, faisant perdre cinq points à Gryffondor par la même occasion. Mrs Faucett à l'infirmerie se retint difficilement de rire quand il lui raconta la scène alors qu'elle traitait la morsure. Gabriel s'en était senti particulièrement vexé.

Ainsi, son humeur était plutôt maussade quand il se leva du fauteuil de la salle de Gryffondor dans lequel il s'était assis. Il avait en vain essayé de se changer les idées en se plongeant dans une relecture de ses notes de cours, ce qu'il ne faisait jamais. Ce fut évidemment un échec, tout était entré par une oreille pour ressortir par l'autre.

« Détends-toi un peu, lui dit Bloom. Qu'est-ce qui se passe ? Tu n'as jamais été dans cet état avant d'aller à une séance de duels.
— C'est rien… J'ai juste passé une mauvaise journée, marmonna Gabriel en rangeant ses affaires dans son sac.
— On avait cru le remarquer, dit James. Mais essaye de relativiser, tu vas pouvoir te vider la tête en humiliant les autres en duels !
— Oh, ça me donnerait presque envie de m'y mettre, le côté « humiliation », dit Eliot. Amuse-toi bien, Gabriel ! »

Gabriel leur fit un léger sourire, peut-être un peu tiré. Il quitta la salle commune, se dirigeant vers le troisième étage, là où se trouvait la salle qui leur servait de lieu de rendez-vous. Il entra dans la salle, retrouvant Matthew occupé à disposer les nombreux coussins qu'ils avaient à disposition. Aucune surprise, de manière traditionnelle, ils profitaient du premier cours pour travailler sur le sort le plus basique de leur discipline, l'Expelliarmus.

« Ah, Gabriel ! Content de te revoir. J'ai eu peur que tu ne viennes pas, j'ai entendu dire que tu avais eu un accident en Soins aux Créatures Magiques
— Ce n'était rien de grave, juste une morsure de Botruc, répondit Gabriel en posant son sac, dans lequel il avait transporté quelques manuels de duel.
— Ça mord ces machins ?, s'étonna Matthew. Mince, ils semblaient tellement inoffensifs et dociles quand on les a étudiés. Enfin, passons. Tu peux me préparer l'estrade ? Autant mettre le paquet pour les présentations. »

Le garçon hocha la tête, se détendant un peu. Pour l'instant, ce n'était que de la préparation, rien de sorcier – sans mauvais jeu de mots. Il ouvrit la grande commode au fond de la salle, pour prendre le grand tapis de duel, un peu poussiéreux il fallait l'avouer. Ils n'en possédaient qu'un seul, qu'ils n'utilisaient quasiment jamais. Pourtant, les règles officielles des duels stipulaient son utilisation, puisqu'il délimitait la zone de duel. En sortir et c'était la disqualification. Il fallait également noter qu'ils étaient enchantés pour amortir les chutes, qui pouvaient vite arriver. Enfin, le dernier aspect était évidemment que cela donnait un côté cérémonieux à la discipline, ce qui était là l'objectif visé par Matthew, Gabriel le savait. Il fallait impressionner.

Il le déroula sur les planches de bois, avant de prendre le temps de bien le centrer. Il était plus long que l'estrade et Gabriel ne pouvait l'étendre de tout son long. Le tapis était prévu pour pouvoir donner une surface de duel d'un peu moins de vingt mètres à son maximum, surface qu'ils n'avaient évidemment pas dans cette salle de classe, même si elle restait spacieuse. De côté, il faisait environ trois mètres, assez pour pouvoir réaliser des esquives. Gabriel le détailla quelques secondes, observant les tâches et la poussière incrustées dans le textile avec une moue dubitative.

« Ça fait combien de temps qu'on ne l'a pas utilisée, cette antiquité ?
— Oh… Au moins deux ans je crois, répondit distraitement Matthew, occupé à écrire sur le tableau. C'était pour le dernier duel d'Athéna, face à Flitwick.
— Ah oui !, se remémora Gabriel. J'avais jamais vu de duel aussi intense avant celui-là… C'est Fliwick qui avait remporté la victoire, si je me souviens bien.
— Pas de grand chose, mais oui. »

L'expérience du professeur qui avait parlé, sûrement. Gabriel se demandait quel était le niveau actuel d'Athéna.

« C'est bien beau tout ça, mais les autres ne vont pas tarder à arriver, dit-il finalement. Récurvite ! »

Avec une certaine satisfaction, Gabriel put observer le tapis retrouver un air plus présentable, débarrassé de la poussière et de la plupart de ses tâches. Oh, il restait certaines marques d'usure et de saleté, mais le garçon n'avait jamais été un expert en sorts ménagers. Les reliures dorées et élégantes avaient cependant retrouvé un certain éclat, ce qui était suffisant pour redonner une certaine jeunesse au tapis.

Matthew lui demanda ensuite de préparer le message d'accueil et les instructions du jour sur le tableau. Gabriel resta planté une bonne minute devant ce dernier, ne sachant pas vraiment comment commencer ou tourner les phrases. Mince, il n'aurait jamais pensé que cela pouvait être aussi difficile. De façon sûrement maladroite, le garçon se lança finalement, peu sûr de lui. Il terminait d'écrire les instructions à propos de l'Expelliarmus quand la porte de la salle s'ouvrit.

« Salut Matthew, salut Gabriel ! dit joyeusement Ellie Caufield. Contente de vous revoir.
— Le plaisir est partagé, assura Matthew. Tiens, toi qui as eu dix-sept ans cet été, j'espère que tu en as profité pour t'exercer.
— J'ai fait quelques petites séances histoire de ne pas rouiller, mais je t'avouerai ne pas m'y être vraiment penchée plus que ça. Je ne suis pas aussi accro que vous deux, vous savez ? »

Le président de l'association haussa les épaules, alors que Gabriel se contenta d'un sourire. C'était vrai qu'il était parmi les plus assidus et les plus plongés dans les duels entre tous les membres. C'était le cas de Matthew et cela avait été également celui d'Athéna.

« Oh, j'y pense ! réalisa Gabriel. Je sais pas si vous avez vu, mais Athéna est en lice pour le tournoi de Brocéliande cette année.
— Oui ! s'exclama Ellie. Elle me l'a dit quand elle m'a invitée chez elle cet été.
— La connaissant, c'était juste une question de temps avant qu'elle ne s'y lance, confirma Matthew. Ce n'était pas une grosse surprise quand je l'ai lu dans le mensuel des duels. Je doute qu'elle le remporte, mais elle peut aller assez loin.
— Ça lui apportera toujours de l'expérience oui, confirma le garçon. Le défi, ça va être de battre les Français, avec leurs cours de duel dans leur cursus normal à Beauxbâtons, ils ont toujours été redoutables.
— Il y a du beau monde oui. Lucas Feranni, William Martin… Raphaël Solal, évidemment. La crème des Veilleurs[1] français. Ceci dit, Miguel Simao est en forme en ce moment et de notre côté, en plus d'Athéna, il y a quand même David Edenlow.
— Hum, c'est qui lui ? interrogea Ellie.
— Le chef de la BIM, la Brigade d'Intervention Magique, répondit Gabriel. C'est la branche spéciale des Aurors, celle qui intervient en cas de crise majeure. Autant dire qu'il y a beaucoup de duellistes parmi eux. »

James lui avait souvent parlé d'eux. Il voulait qu'il devienne Auror à ses côtés et l'informait donc régulièrement des quelques exploits qu'il entendait de son père provenant de cette brigade. Ils faisaient partie de l'élite des Aurors et n'avaient pas peur d'arriver au beau milieu d'un échange de sorts mortels, c'était leur métier. Tantôt têtes brûlées, tantôt taciturnes, tous étaient d'une compétence et d'une loyauté extrême. Ces dernières années, la plupart de leurs opérations avaient eu lieu en dehors de l'Angleterre, en coopération avec les Veilleurs ou encore les Wächters[2], dans le cadre de la lutte contre les groupements de mages noirs. Toujours d'après ce que lui avait dit James, Kingsley Shacklebot avait été membre de la BIM quand il travaillait encore chez les Aurors. Cependant, bien que Gabriel ait une admiration certaine pour ces gens, il n'avait toujours aucune volonté de les rejoindre après ses études, au grand dam de James. Il savait en revanche que c'était le service que souhaitait intégrer Athéna.

En une dizaine de minutes, les membres du club arrivèrent un à un, nouvelles têtes comme vieux briscards. Matthew avait à cœur d'accueillir tout le monde et il poussa Gabriel à faire de même, toujours avec cette volonté de le préparer. Malgré la peur qu'il avait ressentie au début et même pendant toute la journée, Gabriel se surprit à être de plus en plus à l'aise, discutant sereinement avec tout le monde. Oh, il restait maladroit évidemment. Mais aux sourires amusés de certains, cela ne semblait pas être un réel problème. Il passa quelques minutes à discuter avec Anastasia, qui s'était effectivement inscrite, avant que Matthew n'annonce le début de la séance.

Le président du club n'avait pas menti quand il avait dit qu'il y aurait du monde. L'effectif des années précédentes, une vingtaine de personnes tout au plus, avait presque doublé. Si Gabriel comptait bien, ils étaient désormais trente-six, un effectif plutôt large pour un simple club.

« Bienvenue à tous !, annonça joyeusement Matthew depuis l'estrade. Je suis heureux de voir cette année autant de membres. C'est un peu une première et je vais tâcher de faire en sorte que tout se passe pour le mieux. Mais avant toute chose, je tiens à vous remercier de nous avoir rejoint, nouveaux arrivants comme anciens adhérents. »

Il y eut quelques applaudissements polis. Gabriel était assez impressionné par l'aisance qu'avait le Poufsouffle pour parler devant autant de monde. Il savait qu'il était assez stressé par la présence d'autant de monde. Pourtant, Matthew ne laissait pas transparaître son malaise. Il attendit que le silence revienne pour à nouveau prendre la parole :

« Je vais être honnête avec vous, jamais nos séances ne seront de véritables cours de duel. Vous ne deviendrez pas miraculeusement bons dans la discipline, cela demande de la pratique et du temps. Néanmoins, n'allez pas croire que ces cours ne servent à rien. Pour vous le prouver, nous allons procéder à quelques duels de démonstration dispensés par nos membres les plus anciens. Ils ont une bonne expérience désormais des duels et un niveau qui, vous allez le voir, est tout de même vraiment bon. Gabriel, Stanley, si vous pouvez nous rejoindre. »

Les regards de l'assemblée se tournèrent vers lui et vers Stanley. Matthew, avant l'arrivée de tout le monde, les avait prévenus qu'ils seraient les premiers à passer, mais Gabriel sentit malgré tout à nouveau son stress grimper en flèche. Doucement, il se dirigea vers l'un des côtés de l'estrade pour y monter, comme le voulait le protocole. Il retrouvait face à lui Stanley Wilson, un grand gaillard noir de septième année à Serdaigle. Gabriel s'entendait bien avec lui, ils avaient l'habitude de s'entraîner ensemble. Ils s'avancèrent jusqu'au centre de l'estrade, à environ un mètre l'un de l'autre.

Gabriel sentait l'attention sur eux et essaya de ne pas y faire attention. Il se pencha en avant pour saluer son adversaire, Stanley faisant de même. Puis, ils tournèrent les talons et retournèrent chacun à leur bout du tapis, se mettant en place.

« Ce sera un duel en une seule manche, annonça Ellie qui arbitrait le match. Je vais vous rappeler les règles. Le vainqueur est celui qui parvient à mettre hors combat son adversaire. Sont considérés comme une mise hors combat un désarmement, une immobilisation complète ou une perte de conscience. Il est également interdit de sortir de la zone de combat symbolisée par le tapis de duel. Si cela devait arriver, la victoire ira automatiquement à celui qui est resté dans la zone. Enfin, il est interdit de porter des attaques physiques, seule la magie est autorisée pour ce combat.
— Ce sont les règles officielles de la Guilde des duellistes de Brocéliande, expliqua Matthew pour les nouveaux membres. Elles sont considérées comme les règles officielles partout dans le monde. Bien entendu, nous ne suivrons pas toujours ces règles et ne vous attendez pas, dans un duel à mort, à ce que votre adversaire s'y conforme gentiment. Nous ne sommes plus au XVII° siècle, l'époque du respect de l'adversaire. »

Il y eut quelques rires. Gabriel lui-même ne put s'empêcher de rire, ce qui le détendit un peu.

« Bien, vous êtes prêts ? En Garde… Allez ![3] »

Dans l'esprit de Gabriel, le dernier mot fit comme un déclic. S'il avait toujours conscience d'être observé, la peur avait fondu en un instant. Gabriel tendit sa baguette devant lui, affermissant ses appuis, prêt à encaisser. Il connaissait très bien Stanley, il n'y avait nul doute qu'il engagerait le combat. Il était prêt à recevoir ce qui allait arriver.

Une sorte de souffle jaillit de sa baguette, sans qu'aucun son ne sorte de la bouche du Serdaigle. Gabriel grimaça. Il n'était pas encore totalement au point sur les sortilèges informulés, ce qui le désavantageait fortement. Oh, certes, on ne demandait pas à un cinquième année de s'y connaître en la matière, les Buses ne demandaient pas d'informulés. Pour les duels, c'était une autre paire de manches. Dévoiler son sortilège par sa formule donnait un gros avantage à l'adversaire. Le Gryffondor réagit malgré tout, un peu dans l'urgence. Gabriel avait aisément reconnu le sortilège d'expulsion, assez basique. Stanley l'utilisait souvent pour entamer ses duels et tester son adversaire. Gabriel remua légèrement sa baguette, tout en annonçant un « Aura Tutelo ». Une sorte de nuage argenté l'entoura en un instant. Le souffle le dispersa aussi sec, mais le sort du Serdaigle ne parvint jamais au garçon.

Stanley ne perdit pas de temps et un nouvel éclair jaillit de sa baguette, un rayon d'une vive couleur bleue. Cette fois, Gabriel se contenta d'un simple saut sur le côté pour éviter le sort. Il lui siffla au oreilles, sans le toucher. Toujours dans son mouvement, Gabriel pointa sa baguette droit devant lui, dans un mouvement sec accompagné d'une rotation du poignet. Il sentit sa magie se concentrer dans sa main, sans qu'aucun sort ne parte. Un rictus agacé pris place sur son visage, frustré que son sortilège de pied de plomb ne veuille pas se lancer en informulé. Alors que Stanley envoyait un nouveau sort, Gabriel refit le même mouvement de poignet, plus sec et plus ferme que la première fois, se concentrant un peu plus. Il se sentit un peu reculer alors que son sort jaillissait enfin de sa baguette. Mais il se heurta à celui de Stanley, suffisamment pour que les deux sorts se dévient. Ils loupèrent chacun leur cible d'un bon mètre.

Il n'avait pas la main sur le duel. Stanley maîtrisait le rythme de la bataille et Gabriel était bien plus dans la réaction que dans l'action. Il n'arrivait pas toujours à prévoir les sorts de son adversaire, qui profitait des informulés. Gabriel n'arrivait pas à le suivre sur ce terrain, devant se reprendre à plusieurs fois parfois pour lancer un sortilège offensif susceptible de surprendre Stanley. Cela l'énervait. Il parvint à bloquer le sortilège d'engourdissement de justesse, le forçant à reculer d'un pas, un signe de faiblesse qui, il le savait, n'allait pas passer inaperçu aux yeux de son adversaire. Il lui fallait réagir et vite. Gabriel put voir le bras de Stanley se tendre devant lui, dans un mouvement qu'il connaissait par cœur, celui du sortilège de désarmement. Il n'aurait pas le temps de l'éviter, il le savait. Il était déséquilibré, s'il parvenait à le bloquer, Stanley en enverrait un second en rafale, qui lui serait fatal.

Ses actions contournèrent sa pensée. Gabriel ne savait pas vraiment ce qu'il allait faire, il se laissait guider par son instinct, il n'avait pas le temps de s'appesantir à savoir quelle pouvait être la meilleure solution. Plutôt que de tenter de retrouver l'équilibre, il se laissa tomber sur se genoux, se jetant en avant. L'Expelliarmus de Stanley partit d'un coup, fulgurant, mais passa au dessus de lui, frôlant ses cheveux. Gabriel, toujours dans son mouvement, roula en avant tout en préparant sa magie dans sa baguette. Il entendit plus qu'il ne vit Stanley préparer un second sort. Il était prêt. Alors qu'il se retrouvait à nouveau face au Serdaigle, agenouillé après sa roulade, il étendit les mains en croix et laissa exploser sa magie, espérant qu'il aurait juste le temps. Il n'était plus l'heure de douter

« Expelliarmus ! s'écria Stanley
Protego ! » hurla en retour Gabriel

Le champ protecteur éclata et absorba net, pile au bon moment, le sortilège de désarmement. Ce rapprochement rapide avait suffi à surprendre le Serdaigle, qui recula d'un pas, sûrement plus par instinct qu'autre chose. Gabriel ne perdit pas de temps, c'était le moment pour inverser la tendance. Il tendit son bras gauche en avant et hurla le sort suivant, espérant prendre de vitesse son adversaire.

« Vehemimpetus ! »

Le puissant courant d'air jaillit en une vague droit sur Stanley. Il eut tout juste le temps d'écarter les bras en croix en hurlant son sortilège de protection, qui parvint de justesse à contenir la bourrasque, suffisamment forte pour l'expulser contre le mur. Il faillit pourtant trébucher sous la force du sortilège. Gabriel ne perdit pas de temps. Il était parvenu à contrecarrer le rythme de son adversaire, il devait en profiter. Il bondit en avant, lançant un Locomotor mortis le plus vite qu'il pouvait. Stanley le dévia d'un coup de baguette, les dents serrées, le regard déjà fixé sur Gabriel, attendant le prochain sort. Il bloqua tout simplement l'Impedimenta sans la moindre difficulté.

Ses pieds étaient campés solidement au sol, son visage défiant. Il pouvait l'être, Gabriel avait lancé ses deux derniers sorts le plus vite qu'il avait pu et avait pensé le prendre à défaut. Stanley avait une défense difficilement pénétrable, ultimement il gardait l'avantage. Ses deux années de plus que lui jouaient en sa faveur, il était plus athlétique, sa magie plus mature. Il n'allait pas pouvoir le passer par la magie pure.

Gabriel concentra à nouveau sa magie, tendant son bras devant lui en faisant un mouvement triangulaire de sa baguette. Il put voir Stanley se tendre, prêt à se défendre.

« Reicio ! s'exclama Gabriel.
Aura Tutelo. » répondit en retour Stanley.

Le nuage protecteur argenté entoura le septième année, comme celui que Gabriel avait utilisé au début du duel, puisqu'il utilisait un sortilège d'expulsion. Mais le sortilège d'expulsion ne partit pas de la baguette de Gabriel. Stanley resta un moment interloqué, alors qu'un sourire prenait place sur le visage de Gabriel. Il n'avait jamais eu l'intention de lancer un sortilège d'expulsion. Son poignet remonta d'un coup sec et la magie qu'il avait concentrée se prépara à jaillir.

« Expelliarmus ! »

Le nuage argenté ne le sauverait pas, ce n'était pas un sortilège susceptible de bloquer un sortilège de désarmement. Le rayon rouge toucha Stanley en pleine poitrine. Il tomba lourdement sur le tapis, expulsé deux mètres en arrière. Gabriel, pour sa part, regarda la baguette du Serdaigle voler dans les airs, dans un arc de cercle, pour terminer dans sa main droite, tendue devant lui. Son sourire s'élargit.

« Stanley a été désarmé, Gabriel remporte le duel ! annonça Ellie.
— Un beau duel ! s'exclama Matthew. Bravo à vous deux. »

Les applaudissements s'élevèrent, rappelant d'un seul coup à Gabriel la présence des spectateurs. Il avait été tellement absorbé par le duel qu'il en avait oublié son entourage. Un peu mal à l'aise malgré sa victoire, il se tourna vers les autres membres de l'association et leur fit un mouvement de la main. Il pouvait voir le regard brillant des nouveaux adhérents, Anastasia était par exemple tout à fait extatique.

Il détourna le regard et marcha jusqu'à Stanley qui se redressait en se massant le dos, grimaçant un peu. Gabriel lui offrit son aide en lui tendant la main.

« Mince, je pensais pas que tu m'aurais comme ça, marmonna le Serdaigle en acceptant l'aide pour se relever. C'était bien joué cette feinte. Assez Serpentard dans l'esprit, mais bien joué.
— Je ne t'aurais pas eu autrement que par la ruse, répondit Gabriel en lui rendant sa baguette. Tu était plus rapide et plus puissant que moi dans ce duel. Sûrement plus endurant aussi.
— Je suis plus vieux, ça aide. Par contre, tu m'as vraiment eu avec ce plongeon en avant… Je sais pas, je pensais te tenir et l'instant d'après, tu me sors une parade que je n'avais pas imaginée. Comment tu fais ça ?
— Un coup de chance, sûrement. »

Il ne savait pas lui-même. Son instinct avait pris le dessus et il l'avait fait sans vraiment se poser la question. Cela avait fonctionné, c'était tout ce qui comptait. Ce n'était pas la première fois qu'il agissait plus avec ses tripes qu'avec sa tête dans un duel et pour le moment, cela lui avait toujours souri.

« Tu me rappelles un peu Athéna des fois, reprit Stanley alors qu'ils descendaient de l'estrade. Elle aussi elle avait ce truc pour les duels, je le retrouve en toi.
— Je suis loin de son niveau !, s'offusqua aussitôt Gabriel. Même quand elle était en cinquième année, elle n'a jamais perdu un seul duel. Il n'y a que Flitwick qui a pu réussir cet exploit.
— C'est vrai que c'était quelque chose, la Reine des Duels, intervint Ellie alors que Sue et Mattew montaient à leur tour sur l'estrade. Mais tu es son digne successeur, Gabriel, et je ne pense pas que Matthew se soit trompé en te choisissant pour devenir le prochain chef de l'association.
— On était loin de ton niveau quand on était en cinquième année. Si tu continues comme ça, on va finir par t'appeler le Prince des Duels. »

Gabriel ne sut vraiment quoi répondre. Il ne pouvait nier qu'il se débrouillait bien… Mais de là à être comparé à Athéna ? C'était peut-être le surestimer. Il se contenta de hocher la tête, avant de rejoindre Anastasia pour observer la suite des duels.

~Fin chapitre 17~

[1] Veilleur : L'équivalent français des Aurors.

[2] Wächter : L'équivalent allemand des Aurors.

[3] La phrase est en français. Cela a été établi par la Guilde de Brocéliande. C'est totalement inspiré de l'escrime. ^^


Voilà !

Bon, l'intrigue avance peu dans ce chapitre, il me permet surtout de faire du développement, j'avoue. Ce ne sera pas le cas du chapitre 18 qui lui va au contraire faire avancer différentes intrigues. ^^ Il viendra comme dit le mois prochain, sans faute. Il est prêt, mais je veux reprendre de l'avance pour ne pas à nouveau laisser plusieurs mois sans rien publier, je m'en sens coupable. ='(

Je m'excuse encore du long moment sans nouvelles. Faudrait que je vois si ça intéresse à trouver comment communiquer sur mon écriture. Si ça intéresse. Ceci dit, merci d'avoir pris le temps de lire (puisque si vous lisez-ça, vous avez normalement tout lu), ça me fait vraiment plaisir. J'adore recevoir bien entendu des retours, donc n'hésitez pas à le faire si vous le souhaitez, en plus je réponds toujours. o/ Des bisous à tous. 3

Merci encore, et à la prochaine.

Niv'