~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard l'école de sorcellerie, aux côtés de son meilleur ami Gabriel Madder. Tout deux n'aspirent qu'à mener une vie paisible à Poudlard, aux côtés de leurs amis. Encore innocents, un peu idiots peut être, leur vie bascule lorsqu'ils se retrouvent impliqués malgré eux dans un grave accident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de prouver leur innocence, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.
Trois ans plus tard, James et Gabriel courent toujours après la vérité. Alors que la situation politique devient houleuse, résultat lointain des événements de leur deuxième année, apparaît une étrange et inquiétante affaire de meurtres en série. La crainte de la montée d'un nouveau mage noir prend peu à peu place dans la population. Poudlard semble rester relativement épargnée, mais pour combien de temps ? Entre tensions grandissantes et mystères à résoudre, ce début de cinquième année s'annonce tumultueuse et l'avenir peut-être plus sombre encore.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
~Résumé du chapitre précédent~
Au cours d'une sortie nocturne, James, Gabriel, Eliot et Bloom croisent le professeur Deauclaire, agissant de façon mystérieuse. Ils se trouvent cependant incapable d'émettre une hypothèse sur ce nouveau mystère et se focalisent à nouveau sur leurs recherches autour du Cœur de Poudlard. Dans le même temps, l'école, tout comme la société sorcière anglaise, s'intéresse beaucoup aux Indignés, le groupe souhaitant défendre les nés-moldus. Cela amène des frictions entre les partisans des Indignés et les Puristes. James et Gabriel eux-même en arrivent à s'accrocher avec leurs rivaux Puristes de Serpentard, Mercer, Gamp et Greyson. Finalement, Eliot convoque un conseil pour discuter d'une découverte à propos du coeur, qui mène finalement à une piste : demander de l'aide au Choixpeau magique.
Chapitre 19 : Préparatifs
La sonnerie de réveil résonna dans le dortoir. James entendit les grognements habituels autour de lui, qui furent suivis aussitôt du bruit caractéristique d'un coup lourd sur l'objet de torture. Le silence retrouva alors sa place, laissant les garçons de Gryffondor essayer de grappiller encore quelques miettes de sommeil. Ce matin cependant, James n'avait pas rejoint la plainte habituelle, ni même le combat contre le sommeil. Sitôt qu'il avait ouvert les yeux, et malgré la lumière éclatante qui emplissait la pièce, il s'était senti en pleine possession de ses moyens, parfaitement éveillé. Il resta quelques instants immobile, fixant la tenture au-dessus de lui de ses yeux myopes, un peu surpris. Ce n'était pas souvent que cela lui arrivait. Doucement, il se redressa dans son lit et s'étira avant de mettre ses lunettes.
Tous ses camarades de dortoir s'étaient de nouveau enfoncés profondément dans leurs lits. Gabriel avait replongé directement dans le royaume des songes, là où il pouvait observer un Rigel en train d'essayer d'émerger, sans grand succès. C'était habituel, il faudrait encore la sonnerie du prochain réveil pour qu'enfin tout se mette en route. James observa silencieusement, ressentant comme une étrange chaleur dans la poitrine. Il se sentait en pleine forme, quelque chose qui n'était pas arrivé depuis un petit moment. Il ne doutait pas que cette nuit de sommeil complète, la première depuis plus d'une semaine, avait un rôle à jouer dans cette bonne humeur matinale des plus rares. Aucun tourment n'était venu gâcher sa nuit, démarrée à une heure convenable, faute d'escapade nocturne.
La seconde sonnerie retentit finalement au bout de cinq minutes, plus forte que la première, un peu plus stridente également. Les uns après les autres, les garçons de cinquième année émergèrent de leurs draps et commencèrent à se préparer. James fut le premier habillé et il observa la lente procession de ses camarades avec un sourire vissé sur le visage. Pas même la mine maussade que lui adressa Franz, avant qu'il ne quitte le dortoir, ne parvint à lui retirer sa bonne humeur.
« Voilà une bonne journée qui s'annonce !, s'exclama joyeusement James en arrivant dans la salle commune.
— Bonjour à toi aussi, répondit Bloom avec un sourcil haussé. Qu'est-ce qui lui prend ?, ajouta-t-elle à l'intention des deux autres.
— On ne sait pas, on l'a trouvé comme ça ce matin, répondit Gabriel après un bâillement.
— C'est peut-être l'effet d'un filtre d'amour, dit Eliot d'un ton qui se voulait moqueur mais qui laissait transparaître sa fatigue. Tu n'as pas l'impression d'être obsédé par quelqu'un, James ?
— Pas du tout ! J'ai simplement passé une bonne nuit. »
Le préfet haussa les épaules, alors que Gabriel et Bloom échangeaient un sourire. Il était vrai qu'il était rare qu'il soit de si bonne humeur de bon matin. Mais James estimait quand même qu'ils en faisaient un peu trop. Ils s'avancèrent dans la salle commune, pour se diriger vers la sortie, mais furent interrompus par un grand et joyeux cri, ainsi qu'une masse de cheveux châtains.
« Bonjour Gaby !, clama joyeusement Jenna Madder en sautant sur le dos de son frère. Comment vas-tu, en pleine forme ?
— Sûrement mieux quand tu seras descendue de là, marmonna Gabriel, dont les jambes flagellaient un peu sous le poids de sa sœur. Et arrête de m'appeler comme ça.
— Oh, ne fais pas ton grognon, frérot, rit la jeune fille tout en s'exécutant. Dis, tu viendras voir les sélections de Quidditch dimanche ? J'ai hâte !
— N'oublie pas que tu es trop jeune pour y participer, dit Eliot en se penchant vers Jenna. N'espère pas non plus te faire passer pour plus vieille, Damon a bien pris le temps de mémoriser la liste des première année.
— Roh, t'es pas drôle, le préfet…
— C'est vrai, laisse-la rêver un peu, cette petite, argua Bloom, la main sur la hanche. Moi aussi à son âge je rêvais d'être repérée dès ma première année et rejoindre l'équipe de Quidditch de Gryffondor.
— Comme Harry Potter !, s'écria Jenna.
— Exactement ! Comme le père de James. Il faudra d'ailleurs qu'on joue ensemble un de ces jours, Gabriel nous a beaucoup parlé de ton talent pour le vol.
— En même temps, elle ne vit presque que pour ça, rit son grand frère. Quand elle a appris que deux de mes meilleurs amis étaient dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, je n'ai plus jamais eu la paix en vacances. Enfin… J'espère que ce début d'année se passe bien, Jenna.
— Je m'amuse bien, répondit la jeune fille en souriant de toutes ses dents. J'ai réussi à faire un geyser en potion hier, c'était super drôle ! Bon, on a perdu dix points pour Gryffondor avec May et Grégory, mais ça valait le coup !
— Où sont tes amis justement ?, demanda James.
— Oh, May est là. May ! May ! Viens par ici ! »
James faillit éclater de rire en voyant Gabriel se frapper le front de la main alors que Jenna criait à pleine gorge, faisant de grands gestes. Autant dire que cela fit autant rire de Gryffondor présents dans la salle commune qu'hausser les sourcils d'autres. Il devait avouer que la petite était assez exubérante et pleine de vie, plus qu'il ne l'aurait imaginé, plus que Bloom même. C'était assez étrange quand on constatait que ses grands frères, Gabriel comme Rory, étaient plutôt du genre réservé. Une fille aux longs cheveux bruns, aussi grande que Bloom, apparut de derrière le groupe d'élèves qui discutaient devant le tableau d'affichage. La rouquine la dévisagea de la tête aux pieds avec une mine jalouse, qui faillit faire éclater de rire James. À côté de lui, Gabriel avait craqué et avait lâché un éclat, qu'il avait tenté de cacher derrière sa manche. Autant dire que Bloom lui mit un coup de coude dans les côtes pour la peine.
« May, je te présente mon frère Gaby et ses amis !, clama Jenna.
— C'est Gabriel ! Ga-bri-el, soupira le grand frère de cette dernière. Enfin… j'espère qu'elle ne t'épuise pas trop.
— On s'y fait, répondit May d'un ton joyeux. Au moins on ne s'ennuie jamais avec elle. »
James était prêt à la croire. Il se montra cependant surpris quand la jeune fille se tourna vers lui, perdant un peu de son sourire. Elle semblait comme impressionnée.
« Tu es… tu es le fils de Harry Potter, c'est ça ?, demanda-t-elle timidement. James Potter ?
— Euh, oui, répondit James. Pourquoi ?
— C'est mon idole. C'est le plus grand sorcier du monde !
— May veut devenir Auror, ajouta Jenna. Elle connaît plein de trucs !
— C'est bien, ça !, dit Bloom. Je suis sûre que tu y arriveras si tu y mets du tiens. James aussi veut devenir Auror, donc il pourra t'aider. N'est-ce pas, James ?
— J'imagine… On verra en temps voulu.
— Est-ce que tu pourrais m'obtenir un autographe ? »
Argh, la question maudite. James l'avait trop entendue en quatre ans à Poudlard. Le plus gros problème, par ailleurs, était qu'il ne pouvait répondre que non. Son père avait pour principe de ne jamais en signer, ce ne serait pas aujourd'hui que cela changerait. Il se pencha vers la fillette avec un sourire compatissant, cherchant les mots les plus justes pour ne pas la blesser. Il avait l'idée parfaite pour ça.
« Je suis désolé, mais non. Ceci dit, j'ai encore mieux, la prochaine fois qu'il fera une visite à l'école, je te le ferai rencontrer.
— C'est vrai ?, s'émerveilla-t-elle, les yeux brillants.
— Oui, Mr Potter vient faire quelques séances de défense parfois, répondit Gabriel, lui aussi souriant. D'ailleurs, il n'est pas aussi impressionnant qu'on l'imagine en vrai.
— Tu dis ça parce que tu l'as déjà vu plein de fois, rétorqua Jenna en fronçant les sourcils. Je suis sûre qu'il doit être super cool.
— J'espère que tout se passe bien pour ce début d'année, s'enquit Eliot. Je suis préfet, donc s'il y a le moindre problème, n'hésitez pas à venir me voir ! »
Les deux fillettes répondirent à Eliot avec un petit rire, lui assurant qu'il n'y avait aucun problème. Après quelques phrases de plus échangées, elles furent rejointes par un garçon un peu grassouillet mais à l'air sympathique, nommé Grégory. C'était le deuxième ami de la sœur de Gabriel, qui les salua également avec entrain. Enfin réunis, ils leur firent de grands signes avant de se précipiter vers la sortie, les plantant là avant qu'ils n'aient pu dire « ouf ». James en était impressionné.
« Ils ne tiennent vraiment pas en place, dit-il. J'ai cru au début que son amie était plus tranquille, mais je me trompais.
— Elle a trouvé avec qui s'associer oui, s'amusa Gabriel. Je souhaite bonne chance aux professeurs, parce qu'avec de telles terreurs, ça ne va pas être facile tous les jours. Il ne manquerait plus qu'ils se décident pour une carrière de farceur. »
James frissonna à cette idée, ce qui fit doucement rire Eliot qui semblait également partager cet avis.
« Je les aime bien moi, sourit Bloom. Bon, c'est vrai qu'ils doivent être épuisants, surtout May et Jenna, mais ils sont encore jeunes ! Ceci dit, je crois qu'on ferait bien de se mettre en route nous aussi. Je suis affamée !
— Toujours ton estomac hein, sourit Eliot en pressant le pas. Je me demande parfois comment tu réussis à stocker tout ce que tu avales.
— Trois bons repas équilibrés par jour, c'est le premier pas pour avoir un corps en forme, récita-t-elle joyeusement. Tu crois que je la tire où toute l'énergie que je dépense au Quidditch ?
— Kurt Bergmann ?, demanda James, qui se souvenait avoir lu ça dans un numéro de Balai-Magazine.
— Presque. Son frère, Garret. »
Assez proche de la réalité, jugea James en replaçant son sac sur son épaule. Il suivit tranquillement ses amis, traversant quelques passages secrets pour aller plus vite, jusqu'à enfin arriver à la Grande Salle. Les rayons du soleil illuminaient la salle depuis les larges fenêtres, emplissant l'atmosphère d'une douce chaleur dorée. James eut un sourire, c'était comme si le temps s'était calqué sur son humeur. Il prit place aux côtés de Gabriel et tendit la main vers le pichet de jus d'orange le plus proche, afin de commencer son repas. Bloom, face à lui, engloutissait déjà goulûment une tranche de bacon, laissant encore quelques secondes de répit à l'œuf au plat qui l'accompagnait. Toujours impressionnante quand il était question de repas, nota James.
« Vous avez travaillé sur le Patronus ?, demanda alors Gabriel. Je viens de me souvenir que Crivey nous avait demandé de nous exercer.
— J'avais totalement oublié ça !, s'horrifia Bloom entre le bacon et l'œuf, le regard un peu inquiet. Vous pensez que c'était important ?
— Je ne pense pas non, dit James. Ce n'est pas en une semaine qu'on allait faire des progrès significatifs là-dedans. Je m'y suis penché un peu mardi soir, après qu'il nous ait rappelé dans la journée de nous entraîner, mais rien de plus.
— La même, dit son meilleur ami. Et toi, Eliot ? Vas-tu encore nous dire à quel point on aurait dû être sérieux ?
— Joker.
— Hein ?
— Joker, répéta le garçon. Je suis dans la même situation que Bloom, j'avais d'autres trucs à penser, du coup j'ai totalement zappé.
— Il y aurait donc un véritable humain avec ses failles en dessous de la peau de cet élève sérieux, ricana James.
— Oh, c'est bon, ça m'arrive comme tout le monde, grogna Eliot.
— Je crois que c'est cet Eliot là que je préfère, jaugea Bloom. Au moins il ne me fait pas me sentir mal. »
Le préfet lâcha un profond soupir en roulant des yeux. Cela n'arrêta pas pour autant James et ses deux autres amis d'afficher un large sourire moqueur. Eliot détestait qu'on lui pointe ses faiblesses et s'efforçait de les cacher par une apparente perfection, que certains prenaient comme étant de la vanité. La vérité, bien entendu, c'était que le jeune Dubois détestait ne pas être en contrôle de son environnement direct. Parfois était-il agaçant à cause de ça, mais James, comme Bloom et Gabriel, avait appris à faire avec, malgré les quelques frictions qu'il pouvait y avoir, parfois.
James lui tapota doucement l'épaule, tout en saluant d'un signe de tête Eulalie qui passait à ce moment là. Elle leur répondit d'un sourire avant d'aller s'asseoir un peu plus loin, avec les autres filles de cinquième année. James retourna son attention sur Eliot, se voulant rassurant.
« Crivey ne s'attend pas à ce qu'on produise le moindre nuage quelque peu informe et encore moins formé, tu sais ? Ça ne va rien changer.
— Je sais, je sais…
— Vous pensez qu'il va nous montrer son patronus, d'ailleurs ?, demanda Gabriel.
— J'aimerais bien, dit Bloom. Vous pensez que c'est quoi ? Je vois bien un chien, il est toujours joyeux. Plutôt un petit chien d'ailleurs, de type fox terrier. Ouais, ça lui irait bien.
— Les patronus ont souvent des formes assez surprenantes, informa James. Ils représentent après tout une part enfouie de nous, qu'on ne soupçonne pas forcément. Le chien me semble trop évident.
— Tel que tu le dis, ça me rappelle ce que les moldus appellent l'inconscient, marmonna Gabriel.
— Qu'est-ce que c'est que ça ?
— Oh, rien, Eliot. Je t'avoue que je ne sais pas trop non plus, c'est juste que mon oncle est psychiatre et je l'ai déjà entendu parler de ça.
— Un psy-quatre ? Jamais entendu parler de ça, ça doit encore être un métier bizarre. Et avant que tu ne m'expliques ce que c'est, je t'arrête, je ne veux pas savoir.
— Je ne comptais pas te l'expliquer, James, sourit Gabriel. On parlait des patronus après tout. Je penche pour un castor ou une loutre.
— Ce n'est pas parce qu'il a de grandes dents qu'il faut l'associer aux rongeurs, dit Eliot. Sinon je vais te donner un chat persan come patronus vu que tu es toujours grognon. »
Gabriel fut loin de se vexer. Au contraire, il éclata de rire. James le préférait ainsi. Eliot avait raison, son meilleur ami avait été particulièrement grognon ces derniers jours. Les restes de leur dispute avaient sûrement joué sur son humeur. Après tout, lui-même s'était-il un peu renfermé.
« Salut, vous quatre !, s'exclama la voix enjouée de Scorpius. Prêts pour demain James, Bloom ?
— Et comment !, s'exclama la rouquine. J'ai eu l'occasion de m'entraîner un peu cet été, je compte bien vous montrer ça.
— Je croyais que tu avais du mal avec ta frappe du Faucon, remarqua Eliot, les sourcils froncés. La faute à la puberté.
— La frappe du Condor, corrigea Bloom. Et ensuite, j'ai trouvé un autre moyen de faire, ça fonctionne encore mieux qu'avant. Je ne donne pas cher de la peau de ces pauvres poursuiveurs.
— Vas-y doucement quand même, je n'ai pas envie de finir à l'infirmerie, » grimaça James.
Bloom lui fit un regard angélique qui ne lui disait rien qui vaille et qui fit éclater de rire les trois autres garçons, ainsi que les deux filles qui s'étaient elles aussi installées. Scorpius n'était bien évidemment pas venu seul, puisque Rose s'était assise également à côté de lui, saluant également le groupe malgré son regard fatigué, derrière ses lunettes. Assez inhabituel, nota James, Rose n'était pas du genre couche-tard. Séléné fermait tranquillement la marche, prenant place directement à la droite de Gabriel, son habituel sourire malicieux aux lèvres. Elle posa tranquillement sa fine cane sur la table et se tourna vers eux, les yeux toujours obstinément fermés.
« Eh bien, ça me fait plaisir de te sentir d'aussi bonne humeur James, déclara la jeune aveugle en guise de bonjour.
— Hein ? D'où tu sais ça ?, s'étonna Eliot.
— Son aura. Elle est chaleureuse ce matin. »
James tourna la tête vers Gabriel qui répondit en haussant les épaules, apparemment aussi perdu que lui. Rose eut un petit rire et se pencha vers eux, redressant au passage ses lunettes sur son nez.
« Séléné est très réceptive aux auras magiques, dit-elle avec un doux sourire. Je ne sais pas à quel point vous êtes familiers avec ce concept, mais chaque objet magique, chaque sorcier également, dégage une aura magique.
— Forcément, vu qu'elle est privée d'un sens, Séléné a développé de façon plus conséquente ses autres sens, continua Scorpius. Cela inclut sa capacité à ressentir les auras.
— Oh… Je ne savais pas du tout que ça existait, répondit Gabriel en se tournant vers Séléné, fasciné. C'est impressionnant.
— Pas tant que ça, minimisa la jeune fille. Tout le monde peut les sentir avec de l'entraînement. Et quand il s'agit de ton aura par exemple, pas besoin d'être très entraîné.
— Euh… quoi ?
— Tu es très expressif Gabriel, ton aura ne ment pas. Elle se repère de très loin d'ailleurs. »
Son sourire malicieux s'étira sur ses lèvres alors que Gabriel se tendait, visiblement mal à l'aise. James ne parvint pas à réprimer son éclat de rire et plongea sous la table pour espérer le masquer, en vain. Gabriel tourna un regard réprobateur vers lui, mais James ne pouvait pas s'en empêcher. Séléné était tellement forte pour le faire tourner en bourrique, c'était toujours aussi drôle.
« Il faudra que tu nous en dises plus un de ces jours, dit Bloom, curieuse. Ça a l'air vraiment intéressant.
— Si vous voulez. Mais je préviens, c'est un peu difficile au début.
— On verra ça, répondit Eliot. Sinon, très chère Rose, que sont ces doux cernes sous tes yeux ?
— Quoi ? R-rien, tenta d'esquiver la rouquine.
— Allons, allons, n'espère pas y échapper, raconte-nous donc ce que tu as fait cette nuit pour être si fatiguée. »
Rose chercha du regard un soutien, mais James, comme la plupart des autres, ne put que lui offrir un regard compatissant. Quand Eliot mettait le grappin sur quelqu'un, il n'y avait pas moyen d'y échapper. La jeune fille leva les yeux au ciel, laissant échapper un profond soupir.
« Il faudra vraiment que vous appreniez à vous mêler de vos affaires un jour, grommela-t-elle.
— Aujourd'hui n'est pas ce jour, rit James.
— Et j'attends toujours ma réponse, ajouta Eliot, un sourire vissé sur le visage.
— Oh… très bien… Je me suis juste laissée emporter par la lecture d'un livre qui m'a emmenée jusqu'à une heure tardive de la nuit, voilà tout. Ça ne vous est jamais arrivé de commencer à lire quelque chose et de ne pas pouvoir décrocher ? C'est ce qu'il s'est passé
— Sûrement un livre de cours, te connaissant, soupira Bloom, un peu déçue. Je m'attendais à quelque chose de plus excitant.
— Je ne crois pas en fait, intervint Scorpius rieur. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, parce qu'elle fait toujours sérieuse devant vous, mais Rose n'est en réalité pas vraiment du genre à se plonger dans des bouquins de cours.
— Oh, mais tu ne peux pas te taire toi ? »
Scorpius laissa échapper un petit cri de douleur en recevant un coup de sac sur la tête de la part de Rose. Il se redressa en se massant, la mine un peu grimaçante, gratifiant Rose d'un nom d'oiseau bien mérité selon James. Mais c'était Rose qui l'intéressait, puisque ses joues avaient pris une jolie teinte rouge.
« Ah, voilà qui est plus intéressant !, jubila Bloom. C'est vrai ça ? Rosie n'aime pas étudier ?, demanda-t-elle à Séléné qui sirotait tranquillement son thé.
— C'est vrai, répondit simplement Séléné.
— Arrêtez de briser mon image, se lamenta Rose, se prenant la tête entre les mains. Vous êtes horribles, vous aviez promis de ne jamais le révéler en dehors de notre groupe.
— Désolée, ça m'a échappé, dit Séléné, qui n'avait pas l'air désolée du tout.
— C'est la plus grosse feignasse d'entre nous, ajouta Scorpius, avec moins de bonne humeur. Elle est brillante, c'est certain, et c'en est presque injuste. Vous n'imaginez pas tout le travail que je dois faire pour rester à niveau.
— Ma réputation est ruinée ! Ruinée !
— Il y aurait donc vraiment de l'oncle Ron en Rose, sourit James en ignorant le laïus de sa cousine. Du coup, ça ne nous dit pas ce que tu lisais. »
Les regards de chacun se faisaient avides. Rose avait beau chercher quelqu'un pour l'aider, chercher une issue de secours possible, même Séléné avait pris un air intéressé. Elle s'avoua vaincue, son visage devenant plus rouge encore que sa chevelure.
« C'était… un roman à l'eau de rose, révéla-t-elle piteusement.
— Non ! Vraiment ?, rit Gabriel.
— C'était tellement inattendu, l'accompagna James. Je ne pensais pas que tu étais le genre à aimer lire ça !
— Il faut que je le dise à Albus, c'est obligé !, en pleurait Scorpius.
— Si vous pouviez éviter de trop en rajouter… Je veux mourir, tuez-moi… » [1]
Bloom fit un regard compatissant à Rose, alors que les garçons continuaient dans leur hilarité. James n'avait jamais imaginé que sa cousine avait ce genre de lectures. Il se rendait compte, au final, qu'il ne la connaissait pas si bien que ça. Il lui fallait des détails ! Il ouvrit la bouche, mais Rose fut alors sauvée par l'irruption du courrier, accompagné de l'habituel ballet aérien des rapaces. La chouette habituelle de la Gazette vint se poser devant Eliot, pour lui livrer le journal. L'ambiance se rafraîchit d'un coup, devenant plus sérieuse, alors que le préfet dépliait le journal, scrutant la première page. James put voir ses sourcils se froncer un peu, mais son regard ne s'écarquilla pas. Après quelques secondes, il posa le journal sur la table, laissant la première page à la vue de tous, laissant apparaître le gros titre :
LES INDIGNÉS SONT-ILS SUR UNE PISTE ? UNE INVITATION LANCÉE AUX AURORS
James sentit sa tension retomber, au moins ce n'était pas un nouveau meurtre. Il garda cependant les sourcils froncés. Qu'est ce que c'était que cette histoire ? Les indignés seraient sur une piste ? James avait du mal à y croire, tout du moins, il ne pensait pas que les Indignés puissent être sur une piste non-envisagée, déjà, par les Aurors. À la lecture de l'article, il lui apparaissait de plus en plus que tout cela n'était qu'une sorte d'opération de communication, qui le rendait très sceptique. Némésis, car c'était encore lui qui communiquait, parlait très bien. Il doutait cependant qu'il soit véritablement sur quelque chose de nouveau et solide à la fois.
« De quoi ça parle, donc ?, s'agaça Séléné. Je vous rappelle que je ne peux pas lire ça et vous restez bien silencieux.
— Pas de meurtres, la rassura Gabriel. Les nouvelles portent sur une déclaration des Indignés par le biais de leur Leader, Némésis.
— Encore cette bande de charlots ? Je ne les aime pas.
— Je partage le sentiment, affirma James, heureux d'être approuvé.
— Ils parlent d'une nouvelle piste et d'informations qu'ils comptent partager avec les Aurors, continua Scorpius. Némésis sous-entend qu'ils auraient obtenu de nouveaux éléments pendant leurs opérations de protection.
— Allons bon, maintenant ils essaient de faire croire qu'ils sont plus efficaces que les Aurors, grogna James. Je suis certain que ce ne sont que des paroles en l'air !
— On doit pourtant admettre qu'il n'y a pas eu de nouvelle attaque depuis qu'ils se sont levés, mentionna Rose. Je ne dis pas que c'est une conséquence, mais on ne peut pas écarter la possibilité. »
Sa cousine planta son regard bleu dans le sien. James ne put que grogner, il ne pouvait en effet pas vraiment contredire ce fait. Il était tout à fait possible que les Indignés soient à même d'impressionner le ou les coupables de cette série de meurtres, assez pour prendre le temps d'observer la situation. Ils n'en avaient sûrement pas fini, même s'ils avaient déjà frappé un grand coup en allant jusqu'à assassiner le leader du parti Réformiste. Peut-être était-ce aussi une cause, qui donc allaient-ils pouvoir viser maintenant que le partisan le plus visible à une ouverture sur le monde moldu était tombé ?
La réponse évidente était bien entendu Némésis, se rendait compte James. Il avait pris le flambeau, alors que le parti Réformiste, lentement, se remontait, en pleines élections internes pour élire un nouveau chef. La discussion sur l'identité masquée du personnage qu'ils avaient eu lui revenait en tête. Némésis avait prévu cela et se protégeait donc ainsi… Il n'était pas non plus apparu en dehors de conférences de presse, très surveillées. Némésis était quelqu'un de prudent, James ne pouvait lui enlever ça.
« Papa ne va pas aimer ça », fit la voix d'Albus.
Le petit frère de James avait quitté la table des Serdaigle et était présentement en train de s'asseoir avec eux, les sourcils froncés. Il tenait à la main un autre exemplaire de la Gazette.
« Je ne sais pas du tout si ce qui est dit est vrai, et ce n'est pas important, reprit le bleu et bronze. Némésis remet ici en cause, de façon implicite, la capacité des Aurors à élucider cette enquête. Ça ne semble pas être grand-chose, mais ça peut vite faire son chemin dans l'opinion publique.
— Tu veux dire que leur but est de remettre en cause la société ?, demanda Bloom, inquiète.
— Non, je ne pense pas. Je suis méfiant, mais ces Indignés semblent vraiment vouloir faire quelque chose de bien.
— Je te rejoins, Al', dit Eliot. Ils auraient voulu vraiment ôter la confiance de la population envers les Aurors, ils auraient tout simplement étalé leurs découvertes en pleine une, cela aurait fait l'effet d'une bombe. Ici ils sont plus dans l'idée d'une coopération.
— Je vois, marmonna Gabriel. Qu'est ce qu'en pensent les Serdaigle ?
— Ils sont partagés, comme un peu tout le monde, répondit Albus en haussant les épaules. Il y en a qui sont inquiets et méfiants, ce qui est mon cas. D'autres en revanche sont assez enthousiastes et soutiennent de tout cœur les Indignés.
— On ne peut pas leur enlever ça, statua Séléné. Les choses vont un peu mieux, les gens se sont un peu calmés depuis qu'ils sont là. Les Indignés sont un symbole d'espoir pour le moment. »
Albus hocha la tête, même si James pouvait voir dans son regard émeraude la même inquiétude qui le tiraillait intérieurement. Sûrement leur lien de parenté avec le chef des Aurors jouait dans leur vision de cette affaire. Ils voyaient cela d'un œil négatif, comme c'était forcément le cas pour leur père.
« Vous vous en faites peut-être trop, soupira Rose. Je me posais pas mal de question sur ces Indignés, donc j'ai envoyé un courrier à ma mère. Je me suis dit que puisqu'elle se trouvait dans le parti Réformiste, ils l'avaient sûrement contactée ou offert de la protéger.
— Oh, c'est vrai ça, réalisa James. Qu'est ce qu'elle t'a dit ?
— Pas grand-chose, pour être honnête. Mais elle m'a assuré qu'ils ne semblaient pas avoir de mauvaises attentions, et je pense qu'on peut être d'accord pour dire qu'il est difficile de berner ma mère.
— En effet, admit Albus. Dans quel cadre sont-ils venus exactement ?
— Pour lui proposer leur protection, comme je l'avais imaginé, dit Rose. Elle a refusé leur aide, bien entendu, surtout que papa n'a pas du tout aimé qu'ils viennent à la maison. Forcément, en tant qu'Auror, il les voit d'un mauvais œil. Sans compter qu'il est assez jaloux. J'imagine qu'il y a eu une autre dispute, je suis assez heureuse pour le coup de ne pas être à la maison.
— Pas grand-chose de concluant donc, conclut Gabriel en croisant les bras. Ta mère ne semble pas les trouver dangereux, mais à part ça... Ils ne se sont pas révélés à elle ? Je ne sais pas, Hermione Weasley est quand même une figure de confiance dans l'esprit des partisans des nés-moldus.
— Si c'est le cas, elle n'a pas souhaité me le dire. J'imagine qu'elle a cherché de toute façon par tous les moyens d'obtenir leur identité, mais les Indignés, Némésis en tête, ont l'air de tenir à leur anonymat. »
Il n'y avait pas grand-chose d'autre à ajouter. D'autres articles de la gazette parlaient de la réaction de quelques acteurs de la vie politique sorcière sur cette affaire, dont celle du ministre de la magie, son oncle Percy. Le ton était prudent, mesuré, aucun élément nouveau n'était abordé. C'était assez normal, la position que devait jouer le ministère était compliquée, en équilibre entre l'opinion publique et les nécessités de l'exercice du pouvoir. Eliot ne s'était pas trompé en indiquant qu'ils ne pouvaient pas vraiment agir contre les Indignés. On sentait malgré tout leur volonté sous-jacente de maîtriser tout cela, de reprendre la main.
Albus resta encore quelques minutes avant de retourner à la table des Serdaigle. Les discussions dans la Grande Salle avaient repris un cours plus normal, même si James ne doutait pas que les Indignés restaient un sujet très prisé, comme c'était le cas depuis le début de la semaine. Il jeta cependant un coup d'œil un peu plus loin à leur table, vers Alma O'Brien et ses amies. La jeune fille tenait dans sa main la Gazette du Sorcier, et affichait une mine assez joyeuse en discutant. James eut un sourire. Au moins, les Indignés faisaient une heureuse sûre, c'était ça de pris.
Le cours de défense contre les forces du mal reprit là où le dernier s'était arrêté. Le professeur Crivey avait entamé avec eux une séquence concernant l'étude des sortilèges les plus communs de magie noire que l'on était susceptible de rencontrer. L'angle d'attaque sur le sujet était totalement différent de celui de Jäger, assez complémentaire cependant, il fallait l'avouer. James ne doutait pas que les deux professeurs avaient dû longuement discuter pour savoir comment l'un et l'autre étudiaient cette magie. Crivey s'intéressait aux effets et aux dangers représentés par ces sorts, ce qui convenait mieux à James. Au moins Crivey, lui, ne niait pas la nature profonde de cette saloperie à savoir faire le mal.
Le sujet était en effet peu reluisant, puisque le professeur Crivey avait opté pour les sortilèges de mutilation comme point de départ. James avait été surpris, horrifié également, de découvrir le nombre aberrant de sorts n'ayant pour simple but que de défigurer et faire souffrir autrui. Les mages noirs ne manquaient décidément pas d'imagination, c'en était effrayant. La plupart des élèves n'en menaient pas large, et certains avaient même failli tourner de l'œil devant les gravures explicites. Le professeur Crivey s'était pourtant efforcé de leur éviter les détails trop glauques.
Finalement, après avoir commencé à étudier les problématiques posées et entamé une discussion sur l'éthique de ces sorts, vint le petit temps, à la fin du cours, réservé au patronus. C'était une belle bouffée d'air frais dont ils avaient besoin après un cours aussi glauque.
« Allez vous nous montrer votre patronus cette fois, monsieur ?, demanda aussitôt Léo, excité.
— Cela dépendra de vous, répondit avec malice Crivey. Lorsque je verrai l'un d'entre vous réaliser un patronus corporel, je vous le montrerai, promis.
— La stratégie de la carotte », murmura Gabriel à l'oreille de James, le ton amusé.
En effet. Cela pourrait bien se révéler efficace d'ailleurs, à en voir les mines un peu déçues de ses camarades de Poufsouffle et de Gryffondor. James observa passer chacun d'entre eux tour après tour, montrer où ils en étaient. Les plus avancés parvenaient tout juste à produire un peu de vapeur argentée, loin du nuage informe mais consistant d'un patronus incorporel. La plupart d'entre eux cependant ne parvenaient même pas à obtenir le moindre résultat. Ce n'était pas étonnant, conjurer un patronus était après tout un acte de magie très avancé, qui n'était pas à la portée du premier imbécile heureux venu.
« À votre tour, Mr Potter », invita Crivey avec un sourire.
James se leva de sa place, et s'avança entre les pupitres, jusqu'à l'estrade. En se tournant vers la classe, il se rendit alors compte à quel point cela pouvait être impressionnant, en fait. Cependant, il connaissait bien pire, chaque fois qu'il entrait dans le stade de Quidditch pour un match, son estomac se serrait sous l'effet de la pression. Cette petite tension n'était rien. Il leva sa fidèle baguette de sorbier devant lui et ferma les yeux, se concentrant. Son esprit retraça son douzième anniversaire, le premier qu'il avait passé à Poudlard avec ses amis. James était né le 15 avril et cette année-là, il avait fait un temps magnifique. Lui et ses trois amis en avaient profité pour sortir dans le parc, flâner, s'amuser même. James, dans son orgueil enfantin, les avait même entraînés dans la forêt interdite. Il se souvenait de ce sentiment de frisson de briser l'interdit, l'excitation de la découverte, les rires quand ils fuyaient les bruits suspects, jusqu'à ce qu'Hagrid leur mette la main dessus. La retenue qui avait suivi n'avait pas réussi à effacer le sourire de leurs visages.
Il rouvrit les yeux, une chaleur dans le cœur après s'être remémoré ce souvenir qui lui était précieux. Quelques vapeurs argentées s'échappèrent, en un léger panache, avant de vite s'évanouir. Crivey hocha cependant la tête d'un air satisfait alors qu'il retournait s'asseoir, laissant place à Gabriel.
« Certains d'entre vous sont sur la bonne voie, encouragea-t-il une fois que tout le monde fut passé. Après seulement une semaine d'exercices, les résultats sont vraiment encourageants, je pense même que certains d'entre vous peuvent espérer réaliser un patronus corporel d'ici la fin de l'année. »
La cloche sonna alors l'heure de la pause, laissant tout juste le temps pour le professeur de leur rappeler de s'entraîner. James l'écouta à peine, rangeant avec hâte son livre dans son sac. Il n'était pas le seul, à côté de lui Gabriel était déjà debout, prêt à partir. Eliot et Bloom suivirent rapidement et tous quatre quittèrent la salle de classe. Cependant, contrairement à la plupart de leurs camarades qui se dirigeaient vers les différentes cours intérieures, le parc ou encore le Foyer, tous les quatre prirent les escaliers supérieurs. Ils arrivèrent jusqu'au quatrième étage, dans une salle de classe vide. Tranquillement, ils prirent possession des lieux.
« Collaporta ! dit Bloom en visant la porte. Assurdiato ! Voilà… C'est bon, nous sommes entre nous. »
Elle se rapprocha des trois garçons qui s'étaient mis autour d'une table, la carte du Maraudeur dépliée, quelques fiches de notes éparpillées également. S'ils n'avaient pas réalisé de sortie nocturne en tant que telle, ils avaient malgré tout réalisé une première enquête dans la soirée. Bloom déplaça une chaise et s'assit, prête à discuter. Eliot fut le premier à prendre la parole, un petit sourire aux lèvres.
« Je vous ai rarement vus aussi pressés, dit Eliot. J'ai bien cru que quelqu'un allait se douter de quelque chose et se mettre à nous suivre.
— Je lui aurais souhaité bien du courage, sourit James. Personne dans les environs, même Peeves est dans les cachots.
— Parfait ! On va donc pouvoir terminer de mettre en place notre plan d'attaque, sourit Gabriel en se rapprochant, faisant racler sa chaise sur le sol. Avec Eliot hier soir, on est allés vérifier l'entrée du bureau d'Harvey. »
Il pointa l'endroit de sa baguette, là où se trouvait la fameuse statue qui protégeait l'accès au bureau. Au moment où ils parlaient le couloir était vide, contrairement au bureau, occupé par le directeur qui vaquait à ses occupations.
« Il a changé de mot de passe depuis la semaine dernière, donc même si on avait voulu entrer par là, ça n'aurait pas été possible. Du coup, on a procédé à d'autres vérifications.
— Les sorts de protection sont trop puissants pour espérer forcer notre entrée, indiqua Eliot. Je n'en attendais pas moins pour protéger le bureau du directeur. Sur ceux que j'ai pu vérifier, on compte trois sorts anti-intrusions, deux alarmes et un sort de pétrification, lista-t-il en lisant ses notes.
— Ah, quand même… s'étonna James. Si c'est seulement de ce que tu as pu vérifier sans les déclencher, il doit sûrement y en avoir d'autres.
— Je t'avoue que je n'ai pas eu envie de tenter ma chance… Aucun accès dans les alentours également, c'était cousu de fil blanc mais on a aussi pris le temps de vérifier. La pièce est inaccessible par quelque moyen que ce soit.
— Aucune surprise jusque là, dit Bloom, les bras croisés. Je confirme d'ailleurs qu'Harvey sera bien présent pour les sélections, j'ai croisé Damon tout à l'heure. On a donc le champ libre demain pendant environ deux ou trois heures. Peut-être moins, si jamais il décide de ne pas rester jusqu'à la fin. »
James hocha la tête, avant de tourner son regard vers Gabriel qui affichait un très large sourire, la tête appuyée sur ses bras, posés sur le dossier de sa chaise. Lui-même se sentait heureux. Monter une telle opération, pouvant leur permettre d'avancer dans leur recherche du Cœur, c'était quelque chose qu'il attendait depuis longtemps. Le Choixpeau magique dormait dans le bureau d'Harvey toute l'année, eux deux pouvaient le confirmer avec leurs visites régulières pour renouveler le Iurare. Ils ne sous-estimaient pas non plus le directeur et n'espéraient pas l'avoir sur un moment d'inattention.
« Passer par l'entrée normale est impossible donc, comme on l'imaginait, reprit James. Il y a une ronde de préfets qui ne passe pas loin à ce moment en plus, non ?, se demanda-t-il en cherchant sur le planning fourni par Eliot.
— Oui, j'ai déjà vérifié ça. Heureusement que Keepood est fan de Quidditch, au moins on sait qu'il ne sera pas dans nos pattes, s'amusa Bloom. Du coup, il n'y a qu'une seule autre solution pour entrer, comme on l'avait imaginé. Tu penses y arriver, Gabriel ?
— Oui, ça ne devrait pas poser trop de problèmes, répondit le garçon. De toute façon, il n'y a que moi pour pouvoir le faire. Vous deux vous avez vos sélections, ce serait trop suspect si vous les manquiez, sans compter que ça vous coûterait votre place dans l'équipe. Quant à Eliot…
— Je passe mon tour, oui, grimaça le préfet. Ce n'est pas avec mon vertige que je vais m'amuser à m'envoyer en l'air… enfin, m'envoler au dessus des toits de l'école. »
James eut un petit rire, mais retrouva tout aussi vite son air sérieux. La seule autre entrée possible qu'ils avaient pu établir était tout bonnement les fenêtres du bureau. C'était à la fois terriblement simple et horriblement complexe. James doutait qu'elles soient protégées par de puissants sortilèges. Même s'il y en avait, ils seraient largement plus faciles à contourner que la simple entrée et sa gargouille. Le seul problème dans ce plan, c'était qu'elle se trouvait au sommet d'une tour.
Dès lors, ils avaient envisagé deux moyens d'approche. Le premier était d'user d'un sortilège d'adhérence et d'escalader donc les murs extérieurs de l'école puis la tour ainsi. Le seul problème était qu'ils ne connaissaient aucun sortilège capable d'allier une sécurité optimale avec le côté pratique. Il fallait à la fois réussir à coller aux pierres, tout en pouvant s'en détacher facilement. Sûrement avec plus de temps devant eux auraient-ils pu réaliser des recherches et s'entraîner à lancer un tel sort, mais ils n'avaient pas ce luxe. C'était sans compter le problème de la cape, qui restait aussi un problème avec la seconde solution pour laquelle ils avaient donc opté : y accéder par balai.
La carte ne montrait pas les différentes fenêtres du bureau, Gabriel était obligé de pointer les espaces à l'aide de sa baguette. La fenêtre qui les intéressait était celle située sur la façade sud de la tour, à l'opposé du terrain de Quiditch. L'idée était de faire en sorte d'être le plus possible à l'abri des regards indiscrets.
« Tu penses que la cape arrivera à me couvrir même sur balai, James ? demanda Gabriel, inquiet. Ca m'a l'air assez périlleux quand même.
— Il ne faut pas que tu voles trop vite, en effet, confirma James. Le problème est que tu ne dois pas aller trop lentement non plus. Je ne pense pas qu'elle te couvrira tout le temps entièrement, il y a toujours le risque que quelqu'un puisse te voir.
— Moins de temps tu passeras à voler, mieux ce sera, confirma Bloom. Et attention à rester stable sur tes appuis quand tu devras rester stationnaire pour forcer la fenêtre. Le balai que James t'a offert l'année dernière est un balai de poursuiveur, ce n'est pas aussi stable qu'un balai de batteur, ou encore de gardien. Mais comme j'ai besoin du mien…
— Ne rentre pas dans les détails, pria Gabriel, l'air perdu. Dis-moi juste si tu as d'autres astuces pour m'aider à mieux voler.
— Désolée, je m'emporte un peu… Le secret se trouve dans l'appui de tes cuisses, c'est là que se fait tout le travail pour la stabilité. Trouve d'abord ton équilibre, et ensuite seulement commence l'opération. Heureusement que les balais récents ont tous un marchepied, ça aide beaucoup.
— Ça fait pas mal à retenir… Mais ça devrait le faire je pense. »
C'était la grosse inconnue, l'énorme inquiétude qui rongeait James. Gabriel n'avait jamais été très à l'aise sur un balai, voler jusqu'à la fenêtre du bureau d'Harvey pouvait dès lors se révéler très dangereux. Son ami le savait très bien, il pouvait voir la nervosité qu'il essayait de cacher, qui transparaissait malgré son excitation. James s'était d'abord montré contre quand Eliot avait proposé de réaliser l'opération pendant les sélections de Quiddicth. Il avait cependant été forcé d'admettre que c'était leur seul moyen d'être certain qu'Harvey ne serait pas dans son bureau, il avait l'habitude de venir assister aux essais. Bloom avait confirmé qu'il en serait de même cette année encore.
Tout reposait sur mes épaules de Gabriel pour la réalisation de cette opération. Malgré tout, il pouvait lire la détermination dans les yeux de son ami. La simple idée qu'ils puissent avancer réellement dans leur quête de la vérité avait suffi pour le rendre plus heureux. Ils avaient besoin d'avancer, même si cela impliquait d'enfreindre une bonne dizaine de règles de l'école, même si cela mettait physiquement leur vie en danger. Le jeune Madder eut un petit rire.
« J'espère vraiment que le Choixpeau a quelque chose à nous dire, parce que si je suis renvoyé par sa faute et qu'il n'a rien à nous dire, je jure que je le réduis en pièce, relique de Poudlard ou non.
— J'espère surtout que tu parviendras déjà à entrer par la fenêtre avec ta grosse tête », ricana Eliot.
oooOOOooo
Le samedi était passé en un éclair aux yeux de Gabriel. Ils s'étaient débarrassés de leurs travaux dès la matinée, afin de pouvoir se concentrer sur la préparation de l'opération. Fort heureusement, aucune nouvelle malencontreuse des journaux n'était venue leur encombrer l'esprit. James et Bloom avaient donc passé l'après-midi à faire voler Gabriel avec eux, afin qu'il s'habitue un peu plus à l'exercice. Le prétexte était tout trouvé avec les sélections à venir, personne n'allait venir trouver ça suspect qu'ils se servent de Gabriel comme partenaire pour soi-disant s'entraîner, se décrasser. Gabriel leur en était assez reconnaissant, il devait avouer être terrifié. Il n'avait pas le vertige comme Eliot, mais cela ne voulait pas pour autant dire qu'il était à l'aise en hauteur.
Le soir en revanche, ils avaient pris un long moment pour bien répéter ce qu'ils avaient à faire. Eliot était chargé de surveiller Harvey, s'assurer qu'il ne quitterait pas les essais trop tôt. Il utiliserait pour cela ses multiplettes. Si jamais pour une raison ou une autre le directeur s'absentait en avance, il devrait alors se débrouiller pour le retarder le plus possible. Ils espéraient vraiment ne pas en arriver à ce point, ce serait presque signer qu'ils mijotaient quelque chose. Eliot les avait assurés cependant qu'il avait une bonne idée de comment s'y prendre, tout en refusant de leur expliquer ce dont il en retournait. La mission de James et de Bloom était plus simple, elle consistait simplement à faire durer les sélections en longueur, le plus possible sans paraître suspect. Oh, certes, il y avait de fortes chances que le temps normal des sélections suffise pour que Gabriel s'infiltre dans le bureau et en revienne, largement même.
Le reste dépendrait de lui. Il se passait en boucle le plan dans son esprit, répétant inlassablement les étapes de son infiltration. Gabriel devait être minutieux afin de ne laisser aucune trace de son passage. Il ne savait pas ce qu'il risquait vraiment comme sanction pour une entrée par effraction dans le bureau d'Harvey. Il n'avait pas du tout envie de le découvrir. Dans le lit d'à côté, James dormait déjà. Il avait pu ressentir l'anxiété de son meilleur ami toute cette journée. Et il le comprenait. Mais il préférait le voir ainsi, se reposer pour demain. Il s'en voudrait vraiment si James n'était pas repris dans l'équipe par sa faute, à s'inquiéter pour lui.
Gabriel pourtant ne pouvait pas reculer. Cela faisait trop longtemps qu'ils couraient après une piste pour en laisser passer une, aussi incertaine et dangereuse à suivre était-elle. Il se retourna dans son lit, la mâchoire serrée. Il avait attendu cette lueur d'espoir depuis si longtemps… ses paupières se refermèrent doucement, et il sombra finalement dans un sommeil tourmenté.
« Pas de réveil en fanfare un jour de sélections ? C'est à marquer d'une pierre blanche !, s'exclama Octave en s'habillant. Tu es sûr que ça va, James ?
— Je n'ai plus douze ans, rétorqua le garçon en souriant. J'ai appris à respecter le sommeil des autres. Enfin, un peu plus.
— J'allais te reprendre en effet, dit Gabriel. Tu te sens prêt pour le grand jour ?
— Ce n'est pas comme si j'avais le choix ! »
Il avait répondu ça sur un ton enjoué, comme il l'aurait fait habituellement. Ses yeux en revanche montraient tout autre chose, sa véritable réponse. De la détermination, mêlée d'appréhension. Gabriel y répondit d'un sourire tout en continuant d'enfiler sa veste. Il y a trois ans, un jour de sélection de Quidditch comme aujourd'hui, leur vie avait basculé. Gabriel espérait que ce même événement pourrait être synonyme du début de leur rédemption.
« Je suis pressé de voir ta sœur jouer, confia Léo en s'asseyant à côté de James, sur le lit de ce dernier. Tu disais qu'elle arrive à arrêter la plupart de tes tirs, c'est ça ?
— En situation d'entraînement, oui. En match, c'est plus tendu. Elle va être un adversaire redoutable.
— Tu es si sûr de toi qu'elle sera forcément prise chez Serpentard ?, demanda Octave, les sourcils froncés.
— Elle sera au minimum remplaçante. Tu sais, alors qu'elle n'avait que sept ans, elle arrêtait déjà mes tirs. »
Gabriel pouvait le confirmer, il avait pu voir la fillette à l'œuvre cet été. Il était loin d'être un spécialiste, mais Lily lui avait fait forte impression pour une gardienne. Il reporta son attention vers la fenêtre, observant le ciel. Pour la première fois de sa vie, Gabriel espérait de bonnes conditions de vol. Il fronça les sourcils devant les épais nuages qui ne laissaient que très peu apparaître l'azur qu'il espérait tant. Mais plus que l'aspect du ciel, c'était le vent qui l'inquiétait.
Il soupira, sentant son estomac se nouer un peu. Que n'aurait-il pas donné pour n'être qu'un simple élève parmi tant d'autres et se préparer tranquillement en cette journée dans son dortoir, en pronostiquant sur la composition de leur équipe de Quidditch. Il aurait très bien pu profiter d'une grasse-matinée également, même s'il était certain qu'en ce cas, James l'aurait assassiné.
Essayant de chasser de sa tête les différents scénarios catastrophe que son esprit se plaisait à imaginer, Gabriel indiqua d'une voix qu'il voulait neutre qu'il descendait dans la salle commune, alors que tous entouraient James, occupé à enfiler ses protections. Le garçon suivit les marches en colimaçon jusqu'à arriver au milieu du brouhaha. Les discussions sur les sélections emplissaient l'espace sonore, rendant la pièce extrêmement bruyante. Gabriel se faufila entre ses comparses, jusqu'à un fauteuil libre dans lequel il se laissa tomber. Il ferma les yeux et lâcha un soupir de contentement.
« Des soucis en tête ? »
Gabriel ouvrit les yeux et leva la tête. Il tomba sur les boucles couleur caramel de Séléné qui était penchée au dessus de lui, la mine inquiète.
« Décidément, c'est une habitude pour toi de venir me surprendre quand je descends tout seul, dit Gabriel alors que la jeune fille prenait place dans le fauteuil qui lui faisait face. Encore mon aura qui te fait dire ça ?
— Elle est troublée aujourd'hui, confirma Séléné. C'est bizarre, tu devrais être heureux normalement, non ? Tu es toujours heureux quand James est heureux et on sait tous les deux qu'il y a peu de choses qui le rendent plus heureux que le Quidditch.
— C'est vrai, admit-il. Mais j'ai autre chose en tête aujourd'hui. Quelque chose de plus important. »
Il n'avait pas envie de mentir. Il était convaincu que s'il essayait de le faire, Séléné serait capable de le deviner. Elle resta quelques instants silencieuse, bougeant doucement la tête, comme si elle le scrutait, alors qu'elle gardait comme toujours, ses paupières hermétiquement closes. C'était fascinant à observer, Gabriel devait l'avouer.
« Je ne te demanderai pas ce que tu comptes faire, dit-elle enfin. Tu n'assisteras donc pas aux sélections, je me trompe ? Bah… qu'importe. J'ai confiance en toi.
— Oh… j'avoue que je suis surpris, je m'attendais au moins à une remarque. Tu es plus mordante, d'habitude.
— Pas tant que ça ! C'est juste une manière de faire un peu d'humour, vous êtes, après tout, des cibles vraiment faciles. »
Elle se mit à rire, ce qui amena un sourire sur le visage de Gabriel. Il n'avait jamais vraiment su pourquoi mais Séléné avait toujours eu le don de le faire sourire. Malgré ce qu'il pouvait dire sur ses répliques piquantes, elle était au fond d'une grande douceur, au-delà de son caractère affirmé. C'était cette même douceur qu'il retrouvait dans son rire et qui l'apaisait un peu. Ella continua à lui adresser un large sourire tout en reprenant la parole :
« Moi non plus je ne vais pas assister aux sélections, avoua Séléné. Il n'y a pas de commentaires, c'est plus difficile d'imaginer ce qui se passe. Puis, le château est calme quand tout le monde est sur le terrain, c'est reposant.
— Tu y étais pourtant l'année dernière si je me souviens bien…
— Je voulais savoir comment c'était, oui. Tout le monde est joyeux, mais je ne profite pas du spectacle. Albus ou Rose ne m'en veulent pas, ils comprennent très bien. James aussi, si je comprends bien.
— On peut dire ça comme ça oui, sourit Gabriel. Mais du coup, qu'est ce que tu comptes faire ? Tu ne vas pas t'ennuyer toute seule ?
— Oh, non, j'ai l'habitude. Je te l'ai dit, j'aime bien le calme du château, pouvoir simplement l'écouter, le sentir quand il n'y a personne pour le troubler. C'est quelque chose dont vous ne vous rendez pas vraiment compte quand je vous entends parler, mais Poudlard est vivant. C'est un être à part, un compagnon qui vit avec nous jour après jour, qui grandit avec nous et qui nous fait grandir.
— On dirait presque un ami, à la manière dont tu en parles.
— Ce n'est peut-être pas si loin de la vérité que ça… »
La manière qu'elle avait de parler du château était fascinante aux yeux de Gabriel. Il pouvait voir ses gestes se faire évocateurs. Il pouvait observer sur son visage la passion qui l'habitait à en parler, ses joues rosir un peu, son sourire s'étirer de façon sincère et ses yeux rouler sous ses paupières. Gabriel n'avait jamais vu ses iris, leur couleur. Il n'était pas sûr même qu'Albus, Rose ou Scorpius eux-mêmes aient pu les observer.
« Je me demande à quoi ressemblent tes yeux, lâcha Gabriel, un peu perdu dans ses pensées.
— Oh… C'est vraiment maladroit comme remarque, tu te rends compte ?, dit Séléné d'une voix perdant en chaleur.
— Désolé, ça m'a échappé… Oublie ça. Je ne veux pas que tu sois mal à l'aise. Tu me parlais de Poudlard. C'est ce que tu vas faire ? Simplement profiter du château ?
— Oui. Je vais me promener dans les couloirs et ouvrir mes sens à l'observation. Peut-être m'arrêter dans une pièce, comme ça, et ne rien faire sinon écouter, sentir et ressentir mon entourage. Tu sais, Gabriel, parfois l'essentiel est invisible au regard. Ce serait bien parfois, que des voyants se souviennent de ça. »
Il resta silencieux, incapable de répondre à ça.
~Fin du chapitre~
[1] Précision : je n'ai rien contre les romans à l'eau de rose personnellement. X) Ne m'attaquez donc pas si vous vous sentez blessés par ces méchants préjugés de nos héros.
Un chapitre au calme, toujours posé. Pas d'inquiétude cependant, le prochain chapitre sera pour sa part beaucoup plus dense, avec donc la mise en action de leur opération, présenté rapidement dans ce chapitre. ^^
J'espère pouvoir poster la suite mi-septembre, c'est en tout cas mon objectif actuel. Il faudrait que j'enclenche une autre vitesse, si je veux finir cette Fic avant que je ne commence à avoir des cheveux blanc. Diantre, même JK a réalisé une suite à la saga HP désormais (bon, pas tout à fait que elle, notons-le).
Bref, merci d'avoir pris le temps de lire, d'éventuellement suivre cette histoire plus ou moins lointainement. ^^ Merci de vos retours, de vos follows, et tout simplement d'être passé ici. J'espère vraiment que ça vous aura fait passer un bon moment.
À la prochaine !
Niv'
