Merci encore à mes deux bêtas, Kahori et Lessa-chan pour leurs corrections ! :) Merci aussi encore à vous, lecteurs, qui me laissez des mots gentils (ou des menaces, mais c'est pas grave, je vous aime quand même :D ) et surtout qui sont devenus, au fil des semaines, fidèles à ce petit rendez-vous du mercredi. Merci infiniment, je ne m'attendais tellement pas à ce que ça prenne cette ampleur (une quinzaine de reviews sur les deux jours suivant la publication du chapitre, j'ai encore du mal à y croire lol). Et du coup, j'avoue que mes RàR en privée deviennent plus longues à arriver. Mais pas d'inquiétude, je continuerai toujours à vous répondre, même si ça prend un peu plus de temps :)
Concernant le concours, vous pourrez trouver le résultat sur ma page facebook (toujours accessible depuis mon profil FFnet, et toujours sans avoir besoin d'un compte) Ce fut vraiment très serré !
RàR :
Lyxie : En même temps, ce serait un peu bizarre qu'Harry accepte plus facilement, non ? :) Mais, je te rassure, il a une excellente raison pour ne pas vouloir compléter le lien. Elle sera dévoilée au chapitre 13 (allez, plus que 3 semaines d'attente :p ) Je pense qu'ensuite Harry te paraîtra moins égoïste et nombriliste.
Sarah : Oui, je crois que beaucoup de monde m'a détestée la semaine dernière XD Mais c'est pour mieux m'adorer cette semaine :D lol
Chapitre 10 : Je ne voulais pas participer à cette blague
— Alors, Potty, tu vas m'expliquer ? demanda Draco en s'installant dans le canapé à côté d'Harry.
— Potty ? releva celui-ci en fronçant les sourcils.
— Oui, Potty. Severus ne veut plus que je t'appelle Potter. Mais moi, je refuse de t'appeler Harry tant que tu n'appliqueras pas aussi les règles. Quand tu appelleras Severus par son prénom et que tu le tutoieras, je t'appellerai Harry. En attendant, ce sera Potty. Et puis ça donne un petit côté mignon, tu ne trouves pas ?
Pour toute réponse, le Gryffondor soupira et détourna le regard, ramenant ses genoux contre lui et posant son menton dessus. Il n'avait absolument aucune envie d'avoir la moindre conversion avec ce blondinet perfide et arrogant. Il n'avait vraiment pas besoin de ses moqueries en ce moment.
— Alors ? redemanda le Serpentard après un long silence.
— Alors rien. Je n'ai pas envie de parler, et surtout pas avec toi. Laisse-moi tranquille.
— Que tu n'aies pas envie de parler, je m'en fiche complètement. Qu'as-tu bien pu faire pour énerver Severus au point qu'il préfère s'enfermer dans son labo en te laissant seul ?
— Je n'étais pas seul, contra Harry.
— Dans les faits, c'est vrai. Mais avoue, Severus loin de toi, tu pourrais être au milieu d'une foule de gens, tu te sentirais aussi seul que si tu étais perdu sur une île déserte.
Touché. Le brun ne répondit rien, mais sa grimace valait tous les mots.
— Je suis passé par là aussi, je te rappelle. Je sais ce que c'est. Ne crois pas que j'ai sauté de joie en apprenant que j'étais devenu son calice et ce que ça impliquait.
— Tu l'as pourtant choisi, j'imagine, non ? demanda Harry en le regardant, interloqué.
— Choisi ? Il faut te le dire comment qu'on ne choisit pas de devenir un calice ?
— Je parlais de la morsure…
— Ah, ça… Je vais utiliser la même comparaison que Severus a faite pour que je comprenne l'importance d'être gentil avec toi. Ou au moins essayer de l'être, rectifia Draco.
Il avait un petit sourire en coin qui disait clairement "Je vais plutôt faire semblant d'être gentil pour faire plaisir à Severus, mais nous ne sommes pas amis, loin de là".
— Imagine que ce soit Siruis Black qui soit devenu un vampire. Quel aurait été ton réflexe ? Faire partie des volontaires au don du sang pour lui sauver la vie, n'est-ce pas ?
Harry hocha la tête, fronçant les sourcils en ayant peur de comprendre où voulait en venir le blond.
— Maintenant, imagine que cette morsure ait fait de toi son calice. Comment réagirais-tu ?
— Quoi ? C'est absurde ! Sirius est mon parrain ! C'est pas comparable ! Jamais je ne pourrais...
— Je considère Severus comme mon parrain. Je dirais même que je suis plus proche de lui que tu ne l'es de Sirius. Donc, c'est parfaitement comparable. Sans compter que, encore une fois, on ne choisit pas d'être un calice, ni de qui.
Touché, à nouveau. Et ça faisait bien plus mal cette fois. Car il avait beau aimer Sirius comme un père de substitution, il devait avouer qu'ils n'étaient pas très proches. Les évènements n'avaient certes pas été en leur faveur, mais il aurait aimé pouvoir contredire Draco.
— Alors ? À ma place, te serais-tu laissé mourir, torturant ainsi ton parrain ?
— Non…
Le Gryffondor avait répondu dans un murmure en détournant le regard. Non, il était évident qu'il n'aurait pas laissé Sirius mourir en se laissant mourir lui-même, surtout pas après tous les efforts qu'il avait déployés pour le ramener de derrière le voile.
— Okay, Potty. Maintenant, tu vas m'écouter attentivement.
L'héritier Malfoy prit le menton du brun entre son pouce et son index pour le forcer à le regarder.
— Je me fous complètement de ce qui peut t'arriver. Tu peux te laisser crever, ça ne me fait ni chaud ni froid – car je me doute bien que c'est ça qui a dû énerver Severus, tu as bien dû lui faire comprendre que tu refusais et ne changerais pas d'avis. En revanche, je refuse que tu fasses souffrir Severus. J'imagine que, avec ma comparaison de tout à l'heure, tu comprends pourquoi. Malheureusement, pour ça, tu dois coucher avec lui. Je ne te cache pas que ça ne me plaît pas du tout. Mais je prends sur moi. Alors, fais de même et complète le lien, qu'on en finisse.
— Je peux pas, répondit Harry en se dégageant de la poigne du blond.
— Bien sûr que tu peux !
— Non !
— Et pourquoi ça ?
— Parce que…
Il détourna à nouveau le regard, et Draco fronça les sourcils. Puis, celui-ci laissa fleurir un petit sourire moqueur.
— Laisse-moi deviner, Potty. Bien que tu sois sorti avec Cho et la Weasmoche, t'as jamais rien fait d'autre qu'un petit baiser sur la bouche, n'est-ce pas ? T'es encore puceau !
Il n'obtint aucune réponse, mais il devina que ce silence était finalement une approbation.
— Et c'est donc ça qui te gène, alors ? Crois-moi, t'aurais pu tomber sur bien pire pour une première fois.
— Je crois pas, non, marmonna le Gryffondor.
Le blond soupira, s'installa plus confortablement dans le canapé, et reprit :
— Bien ! Alors, vas-y. Dis-moi ce qu'il y a de si terrible à l'idée de coucher avec Severus Snape.
— Tu te fous de moi ? demanda Harry en le regardant avec des yeux ahuris.
— J'en ai l'air ? J'ai pas l'intention de voir Severus sombrer dans la dépression la plus totale sans rien faire. Et si, pour éviter ça, je dois jouer les psys, allons-y !
Un nouveau silence s'installa entre eux. Harry remit son menton sur ses genoux. Puis, il finit par répondre, très bas, comme s'il avait peur d'être entendu.
— Je ne l'aime pas.
Un éclat de rire fit écho à sa réponse et il se renfrogna.
— Il n'y a rien de drôle…
— Okay, te braque pas, Potty. Alors, tu ne l'aimes pas. D'accord. Tu sais que c'est réciproque, au moins ?
— Honnêtement, je me fiche de ses sentiments. Je ne veux tout simplement pas… faire ça. Pas sans sentiments.
— Allons bon. T'es bien mignon avec ton romantisme à deux balles. Mais c'est vraiment ringard. Tu veux pas attendre la nuit de noces après le mariage aussi, pendant que t'y es ?
Harry se rappela des mots utilisés par Hermione : "Le calice est le compagnon de vie du vampire. Un peu à la manière d'un couple marié...". Et si on considérait la fermeture du lien comme le mariage… Il se mit à rougir en pensant à ça.
— Un psy n'est pas censé juger, finit-il par répondre en bougonnant.
— Non, mais il peut donner des conseils. Et le mien, c'est que t'arrêtes de te prendre la tête – et la nôtre au passage – avec un détail aussi absurde. Réponds-moi franchement : à partir du moment où c'est agréable, quel est le problème ? Rassure-moi, t'as déjà utilisé ta main, n'est-ce pas ? Dis-toi que coucher avec quelqu'un que tu n'aimes pas, c'est comme une branlette en plus poussée et plus agréable. Le problème est réglé.
Le brun regarda son psy du moment avec des yeux choqués. Il n'aurait su dire si le pire était sa comparaison avec la masturbation ou le fait qu'il prenne ça autant à la légère. Draco ricana.
— Regardez-moi ça : j'ai tellement choqué Monsieur Pudeur qu'il en a perdu sa langue.
— Ferme-la, Malfoy, répliqua Harry en se levant. Pour quelqu'un qui devait au moins faire semblant d'être sympa, tu t'y prends très mal.
Avant qu'il n'ait pu s'éloigner du canapé, une main lui saisit le bras et le tira. Il tenta de se rattraper comme il put, et finit sa chute sur le blond. Celui-ci l'aida à se redresser de sorte à ce qu'il se retrouve à califourchon sur ses genoux.
— Malfoy ? Mais qu'est-ce que tu…
— Je vais te dire, Potty, le coupa le Serpentard. Je ne suis pas dupe. Cette histoire de sentiments n'est qu'une excuse bidon pour repousser l'échéance. Mais ça ne sert à rien. Tu passeras forcément à la casserole. Parce qu'il est hors de question que tu meurs et que je ramasse les morceaux ensuite. T'as fait une connerie, t'étais au mauvais endroit au mauvais moment – pour changer –, alors t'assumes.
— Tu sais que t'es vraiment mauvais comme psy ? Si tu deviens un jour psychomage, tu finiras probablement avec le plus gros taux de suicide chez tes patients.
— Au cas où tu n'aurais pas compris, je ne te laisserai pas te suicider. Même inconsciemment. Et ce, même si j'avoue qu'au fond ça m'arrangerait bien. Mais mets-toi bien dans le crâne que, s'il le faut, je n'hésiterai pas à utiliser l'imperium sur toi…
— Parce que tu crois que Snape ne s'en rendrait pas compte ?
— Severus. Tu dois arrêter de l'appeler Snape. Et il existe bien des moyens d'obliger les gens à faire quelque chose, sans que personne ne s'en rende compte. N'oublie pas que je suis un Serpentard, finit-il avec un petit sourire en coin.
— T'es complètement cinglé… Lâche-moi, ordonna Harry en commençant à se débattre pour essayer de lui faire lâcher prise.
— Non. Il est temps que tu te laisses aller un peu, petit lion.
Et sur ces paroles, l'héritier Malfoy lâcha un bras pour mieux le saisir à la nuque et scella leurs bouches. Harry en resta tétanisé, sous le choc. Draco Malfoy était-il vraiment en train de l'embrasser ? Les yeux ouverts, il fixait ceux, bleu clair, presque gris, de son vis-à-vis. Jusqu'à ce que celui-ci ferme les yeux et passe sa langue sur ses lèvres pour les faire s'ouvrir. Le brun eut le réflexe de vouloir se reculer, comme si une petite voix dans son esprit lui disait "ce n'est pas bien ce que tu fais là". Mais la main sur sa nuque l'en empêcha. Et, quand leurs langues entrèrent en contact, il dut se rendre à l'évidence : ce satané Serpentard savait comment faire perdre la tête d'un simple baiser.
Tout à coup, le bruit d'une porte qui s'ouvre se fit entendre, les faisant sursauter. Surtout Harry qui en perdit l'équilibre dans sa tentative désespérée de s'éloigner de Draco, comme un enfant pris en faute. Ce fut à un tel point qu'il bascula en arrière et tomba, se cognant la tête contre la table basse. Severus s'était précipité pour essayer de le rattraper, mais la surprise qu'il avait eue en les découvrant ainsi l'avait empêché d'être aussi vigilant qu'il l'aurait dû, et il ne fut finalement pas assez rapide. Il vérifia que le jeune homme n'avait rien, bien qu'il soit inconscient. Une fois rassuré, il l'allongea dans le canapé.
— Il risque d'avoir une bosse et un peu mal à la tête. Mais il n'a rien. Quant à toi, continua le professeur en fixant son premier calice, dont l'air innocent ne trompait personne, tu vas me suivre. Une discussion s'impose…
Draco soupira pour la forme, mais suivit néanmoins le vampire dans la chambre. Il devinait parfaitement ce qui allait suivre et savait que tenter de se dérober ne servirait à rien. Il vit le professeur fermer la porte, trop doucement pour que ce soit naturel, puis se tourner vers lui. Si des yeux pouvaient lancer des éclairs, ceux de Severus le feraient certainement en cet instant. Et le blond s'en sentit blessé. Parce que toute la colère qu'il voyait dans les iris noirs était dirigée vers lui.
— Par Merlin, qu'est-ce qu'il t'a pris, Draco ?
— Qu'est-ce qui te dérange le plus, Severus ? Qu'il m'ait laissé l'embrasser ? Ou que je l'aie embrassé ? De qui es-tu jaloux ? De lui ou de moi ?
Le blond avait davantage craché ces questions qu'il ne les avait réellement posées. Jamais il ne l'avouerait à voix haute, mais la vérité était que c'était lui qui était jaloux. Il ne s'était encore rien passé entre le vampire et le nouveau calice, mais il redoutait que le maître des potions finisse par préférer le Gryffondor à lui.
Ressentant la peur et la jalousie émanant de Draco, Snape comprit que le jeune homme avait mal interprété sa colère.
Il allait s'expliquer quand il entendit le coeur du Survivant s'emballer et sa respiration devenir erratique. Bien sûr, il fallait qu'il choisisse ce moment pour faire un cauchemar.
— Tu te trompes. Le problème n'est pas la jalousie. Le problème, c'est qu'il refuse de fermer le lien et que je doute fortement que ce soit avec une telle attitude que tu le convaincras. Je t'ai demandé d'être compréhensif avec lui. Et tout ce que tu fais, c'est l'effrayer.
Alors que le blond ouvrait la bouche pour parler, Severus l'arrêta d'un doigt sur les lèvres.
— Je le réveille de son cauchemar, et on en discute ensuite. Ne bouge pas d'ici.
Sans attendre de réponse, il retourna dans le salon.
Plusieurs d'entre vous avaient donc bien trouvé la scène en question :) J'espère que ma façon de l'imaginer vous a plu !
À mercredi prochain pour une petite mise au clair entre Draco et Severus ! n_n
