Bonjour à tous ! Comment allez-vous en ce mercredi ? :) Comme d'habitude, merci à mes bêta qui corrige les vilaines fautes, et à tous ceux qui me lisent, me suivent et m'encouragent n_n

Cette semaine, on va dire que c'est plutôt un chapitre de transition. On sent clairement que le moment est bientôt venu pour la première étape de la fermeture du lien :p Encore un peu de patience ;)

RàR :

juliana : Oui, ce sera expliqué, mais il va falloir attendre encore quelques chapitres (mais je pense que ça arrivera avant le 20 quand même)


Chapitre 12 : Je n'ai pas dit mon dernier mot sur cette blague

Le lendemain, Harry consacra la plupart de son temps à lire les cours qu'il avait ratés et à faire ses devoirs. Du moins, quand il n'était pas aux toilettes pour vomir ou qu'il n'était pas occupé à créer des glaçons pour mettre sur sa tête douloureuse. Tout ceci, sous l'œil attentif de son professeur. Ce qui n'était pas vraiment pour le détendre, il fallait l'avouer.

Ron et Hermione vinrent le voir après avoir passé une partie de la journée à faire des recherches dans la nouvelle librairie de Pré-au-Lard, comme promis. La jeune femme prit place dans un fauteuil à côté du canapé où se trouvait Harry, tandis que son petit-ami s'était installé sur l'accoudoir. Ils commencèrent par raconter leur journée à l'extérieur de Poudlard.

Au bout d'un quart d'heure, pendant lequel c'était majoritairement Ron qui avait parlé, s'extasiant sur les nouveautés de la ville et ses magasins, le silence se fit. Sentant les trois regards sur lui, Snape leva ses yeux vers eux. Quoi ? Qu'avaient donc ces gamins à le fixer ainsi ?

De son côté, Harry, ne voyait vraiment pas comment demander au vampire un peu d'intimité avec ses amis sans le froisser. Le souvenir de la veille, la colère dont il avait été l'objet, lui nouait la gorge.

— Allez-vous me dire pourquoi vous me regardez tous les trois ainsi ? demanda finalement le professeur, s'adressant à ses trois élèves, mais gardant ses iris sombres sur son calice.

— Eh bien, en fait… commença Hermione.

— C'est-à-dire que… dit Ron en même temps.

Mais ils furent coupés par l'ancien Mangemort.

— Le mieux serait peut-être qu'Harry m'explique votre problème.

Le susnommé déglutit bruyamment. Il n'avait absolument aucune envie de revivre l'épisode de la dispute. Surtout pas devant ses deux meilleurs amis. Mais il n'avait pas le choix : il devait se lancer et demander à l'homme de bien vouloir le laisser seul avec ses amis quelques minutes. Il tenait encore moins à voir sa réaction quand ceux-ci répondraient à sa question de la veille.

— Pro…

Non, il ne pouvait pas l'appeler "Professeur". Snape avait été clair là-dessus dès le premier jour. Et s'il voulait obtenir ce qu'il voulait, mieux valait le caresser dans le sens du poil. Et puis, il n'aimait vraiment pas le surnom que Draco lui donnait. Potty, non mais vraiment...

"Allez, Harry, tu peux le faire", s'encouragea-t-il mentalement, "tu l'as déjà appelé par son prénom. Certes, sans vraiment le faire exprès…"

Avec une grande inspiration, il finit par se reprendre et débiter d'une traite :

— Severus, j'aimerais pouvoir parler avec Ron et Hermione. En privé. Je n'ai rien de particulier à cacher, mais…

— Inutile de te justifier, le coupa le vampire, notant au passage que c'était la première fois que le jeune homme l'appelait consciemment par son prénom. Tu as le droit à ton intimité. Je vais prendre une douche, termina-t-il en se levant.

— Mais vous…

Encore une fois, se borner à le vouvoyer n'était sans doute pas le mieux à faire. Maintenant qu'il avait commencé à faire un pas vers le vampire – même si c'était avant tout pour obtenir ce qu'il voulait, en Serpentard qu'il aurait pu être –, il devait continuer et le tutoyer.

— Tu ne pourras pas nous entendre de la salle de bain ?

Snape releva un sourcil, sceptique. Le rouge et or devait vraiment vouloir qu'il n'entende pas ce que les trois élèves allaient se dire, pour faire autant d'efforts. Ou peut-être tentait-il de se faire pardonner ses paroles blessantes de la veille ? Bien que lui-même se soit déjà bien amusé de sa gêne le soir en guise de petite vengeance. Et quoi ? On est un Serpentard ou on ne l'est pas !

— Avec le jet d'eau, je ne comprendrai absolument rien à ce que vous pourrez vous dire. Surtout si vous chuchotez. Et je ne doute pas que vous le ferez.

Sans un regard supplémentaire en arrière, il alla dans la salle de bain, fermant les deux portes qui le séparaient de son calice. Il tendit l'oreille pour savoir s'il allait encore avoir droit à une myriade de sorts pour être sûr qu'il n'écouterait pas. Mais il n'entendit rien d'autre que des chuchotis dont il n'arrivait pas à saisir le sens. Bien. Harry semblait avoir fait un grand pas en avant. Il ignorait ce que ça cachait, mais il n'était pas sûr d'avoir vraiment envie de le savoir. Il devait s'attendre à tout, avec cet aimant à ennuis.

oOoOo

— Harry, commença Hermione dans un murmure, mais assez fort pour que les garçons puissent quand même l'entendre.

— Chut, Hermione. Attends d'entendre le jet d'eau. Je n'ai vraiment pas envie qu'il sache ce que je vous ai demandé…

Moins de deux minutes après, le bruit caractéristique de l'eau se fit entendre. Le Survivant se tourna vers sa meilleure amie, tout ouïe.

— Harry, fit-elle à nouveau. Il faut que tu saches que le Professeur Snape a vraiment tous les livres concernant les calices. Nous avons demandé au vendeur tout ce qu'il avait sur le sujet, et il m'a sorti exactement la liste des ouvrages que j'ai lue avant-hier.

Le jeune homme se décomposa à cette annonce.

— Tout ce que nous avons trouvé de plus dans cette nouvelle librairie, Livralire, c'est le journal intime d'un calice, que le libraire a retrouvé chez lui et qu'il met seulement à disposition des curieux pour une lecture dans son magasin.

— Tu nous dois d'ailleurs dix gallions, Harry.

— Ron ! s'exclama Hermione, outrée.

Cette fois, son visage s'illumina. Il y avait donc un espoir ! Un mince espoir. Mais c'était un espoir quand même. Et peu importe s'il lui coûtait dix gallions ou non. Il n'était pas à ça près.

— Et qu'est-ce qu'il disait, dans ce journal ? demanda-t-il, ne pouvant s'empêcher de se trémousser sur place dans l'attente de la réponse.

Les deux autres Gryffondors se regardèrent, peu encourageant quant à la suite. Ce fut finalement Ron qui reprit la parole.

— Harry, il a plus ou moins trouvé le moyen de briser le lien. Il…

— C'est super ! s'écria le Survivant, oubliant de chuchoter.

— Non, attends, laisse-nous finir avant de t'en réjouir.

À voir la tête de ses deux amis, la suite risquait de ne vraiment pas lui plaire.

— Il était comme toi, il refusait de fermer le lien. Un jour, il s'est violemment disputé avec le vampire. Celui-ci a alors voulu le forcer. Le calice a… Hermione, aide-moi, je peux pas raconter ça.

— Il a tué le vampire, Harry.

— Quoi ? Comment ?

Ron et Hermione le regardèrent, choqués.

— Comment ça, "comment" ? Enfin, Harry, tu ne comptes quand même pas tuer Snape ?

— Tu sais que ça risquerait de tuer Malfoy aussi ? Ou, dans le meilleur des cas, le rendre fou ou profondément dépressif, renchérit Hermione. Sans compter que la fin du journal n'était pas franchement encourageante quant à la santé mentale de ce calice.

Harry sembla prendre conscience de ses paroles.

— Non ! Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est seulement que, à part la famine, j'ignorais qu'on pouvait tuer un vampire.

— Sérieusement, vous ne lisez jamais, ou quoi ? se lamenta la jeune femme. Il n'y a pas trente-six moyens pour tuer un vampire : il faut lui enlever toute possibilité de se régénérer. Et pour cela, il y a soit le feu, soit la famine. La seconde étant un processus très lent, on préfère généralement le feu.

Le bruit de l'eau cessa et les trois élèves se regardèrent. La fin de leurs messes basses était imminente.

— Harry, dit Hermione le plus bas possible. Je sais que c'est difficile à accepter, mais il n'existe vraiment aucune autre solution pour te sauver que de compléter le lien.

Le Survivant soupira et fronça les sourcils.

— Écoutez, je comprends que vous vous inquiétiez. Mais le fait qu'on n'ait pas encore trouvé un moyen ne signifie pas qu'il n'existe pas.

— Harry, voulut l'interrompre le rouquin.

— Non, Ron. Tout le monde me dit que je dois l'accepter, mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. Vous le savez mieux que quiconque. Et le fait qu'on n'ait jamais recensé de cas de double calice, avant aujourd'hui, prouve bien que des choses qu'on ne pensait pas possible peuvent le devenir. Alors, jusqu'au bout, je chercherai un moyen. Avec ou sans vous.

Ses deux amis se regardèrent. La brune prit finalement une main du Survivant dans les siennes et lui répondit avec un petit sourire :

— Bien sûr que nous sommes avec toi, Harry.

— On le sera toujours, mon vieux.

oOoOo

Lorsque le vampire revint dans son salon, il trouva son deuxième calice seul. Il ne posa aucune question et ne fit aucun commentaire quant à la mine déterminée du Survivant.

Les jours passèrent, se transformant en semaines. Une petite routine s'était installée entre les trois sorciers. Draco continuait d'aller en cours comme si de rien n'était, pour ne pas éveiller de soupçons. Snape restait dans ses quartiers, veillant sur le Gryffondor qui tentait tant bien que mal de rattraper son retard. Le soir, le jeune homme prenait sa potion pour dormir.

Ron et Hermione avaient continué leurs recherches, demandant de l'aide aux professeurs pour trouver des ouvrages ou n'importe quoi qui puisse aider leur ami. La jeune femme prétexta même un devoir d'histoire à rendre sur les vampires pour demander à Monsieur Weasley de lui trouver tout ce qu'il pouvait dans les archives du Ministère. Mais rien de concluant ne sortit de tout cela.

oOoOo

Déjà trois semaines qu'il avait été mordu, et Harry se disait que ce qu'il avait lu sur les symptômes du calice quand le lien n'est pas fermé était clairement un euphémisme. Le moindre son lui donnait l'impression qu'on jouait du marteau piqueur dans sa tête. Il avait constamment une douleur plus ou moins lancinante qui lui entourait le crâne. Et c'était sans parler de ses nombreuses crises de vomissement. Il n'avait plus assez de doigts sur ses mains pour compter le nombre de fois par jour où il devait courir aux toilettes pour vider le contenu de son estomac. Estomac qu'il ne parvenait plus à remplir. Même la potion de sommeil sans rêve refusait d'y rester, ce qui l'amenait en plus à faire à nouveau des cauchemars.

Alors qu'il ne restait que trois jours avant que sonne l'instant fatidique des quatre semaines, Draco craqua. Severus venait – encore ! – de se lever au milieu de la nuit pour sortir Harry de son mauvais rêve. Sans compter que, à cause de ces derniers, cela faisait plus d'une semaine qu'ils n'avaient pas réussi à prendre du bon temps, se faisant chaque fois interrompre par le rouge et or qui dégobillait tripes et boyaux.

— Maintenant, ça suffit ! Ça fait déjà trois fois alors qu'il n'est que quatre heures du matin ! Je ne passerai pas une nuit supplémentaire à être réveillé toutes les heures parce que Môssieur refuse de fermer le lien !

— Et tu comptes faire quoi ? demanda Snape en recouvrant le Survivant d'une couverture supplémentaire.

Ce dernier grelottait et venait de refermer ses yeux, s'endormant aussitôt, trop épuisé pour pouvoir les garder ouverts.

— Je vais aller voir Dumbledore.

— Il a déjà tenté de le raisonner, en vain. Ça ne sert à rien.

— Lui, peut-être. Mais quelqu'un n'a pas encore essayé.

Le vampire se tourna vers le blond pour le regarder avec un sourcil relevé, curieux.

— Et à qui penses-tu ?

— Sirius Black.

— Il n'est pas au courant pour moi. Il risquerait de sauter sur l'occasion pour me dénoncer au Ministère...

— Je ne pense pas. De ce que tu m'as dit, Harry a tout fait pendant des mois pour le sortir du voile. J'imagine que ça marche aussi dans l'autre sens. Il l'empêchera de se laisser mourir et ne pourra pas te dénoncer sans risquer la vie de son filleul, n'est-ce pas ?

— En effet, c'est une idée intéressante, répondit le professeur de potions, pensif. Fais donc ça, oui. Va voir le Professeur Dumbledore, demande-lui de faire venir Black et dis-lui aussi de venir ici avec Lupin, Granger et Weasley.

— Pourquoi ?

— Plus ils seront à voir sont état critique et à tenter de le convaincre, moins il devrait opposer de résistance. Et il faut faire vite maintenant. Je ne suis pas sûr qu'il tienne encore plusieurs jours à ce rythme.

Avec un soupir, l'héritier Malfoy abdiqua.

— Génial ! Encore une flopée le Gryffondors chez nous. Je m'en réjouis d'avance…


Et voilà pour cette semaine ! J'espère que ça vous a plu :) Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec Sirius ! Eh oui, il entre enfin en scène ;)