Merci encore à tous, bêtas, lecteurs, suiveurs, encourageurs... Oui, j'invente des mots :D
Je vous préviens tout de suite, vous allez me détester à la fin de se chapitre. Voilà, vous êtes prévenus. Si vous ne pensez pas pouvoir tenir le choc, je vous conseille d'attendre la semaine prochaine pour lire ce chapitre XD Mais, pour info, c'est à ce jour le plus long chapitre (plus de 2600 mots). Je ne pouvais donc pas en faire encore plus, le chapitre serait devenu vraiment disproportionné par rapport au reste de la fic. Bon, certes, j'aurais pu couper avant, à un autre moment... Mais ça aurait été moins drôle :D
RàR :
Julia13verseau : En effet, et la voici :p Merci pour ta review :)
Guest : Merci pour ta review :) (même si j'avoue que je ne sais pas trop quoi répondre à juste un sourire XD)
Chapitre 13 : Sirius prend part à la blague
C'était la mi-octobre. Sirius Black était confortablement installé dans son lit, un feu ronflant dans la cheminée, sa tête reposant sur une moelleuse paire de seins dénudés. L'idéal pour dormir paisiblement. Mais c'était sans compter l'appel par cheminette qu'il reçut.
— Sirius ? Sirius ! entendit-il.
Qui pouvait bien vouloir lui parler à cette heure-ci ? Quelle heure était-il, d'ailleurs ?
— Putain, il est à peine six heures du mat', grogna-t-il en se redressant. Y a intérêt à ce que ce soit une question de vie de mort.
Il se leva et alla à la cheminée pour y découvrir la tête de son meilleur ami – le seul encore en vie – Rémus Lupin.
— Lunard ? Mais qu'est-ce que tu fous ? Tu sais quelle heure il est, là ? T'es tombé du lit ou quoi ?
— Sirius, ce n'est pas le moment. Harry a des ennuis.
— Pour changer, tiens, marmonna l'ancien détenu. Qu'a-t-il fait, cette fois ?
— Je ne peux pas t'en parler par cheminette. Tu dois venir à Poudlard. Dumbledore a ouvert la sienne pour que tu puisses passer.
— Maintenant ?
— Oui, Sirius, maintenant ! C'est urgent !
— D'accord, d'accord, crie pas comme ça de bon matin. Je m'habille, je fous la fille dehors… Euh… Je veux dire, je ferme la maison, et j'arrive. C'est comme si j'étais déjà là.
Patmol s'éloigna de la cheminée et retourna vers le lit. Il regarda la femme alanguie entre les draps.
— Tu n'as pas envie de remettre ça avant de partir ? demanda-t-elle d'une voix trop aguicheuse pour être vraiment honnête.
— En temps normal, je n'aurais pas été contre. Mais là, il s'agit de mon filleul. Alors, désolé, mais tu vas devoir prendre ton petit-déj' ailleurs.
Sans lui laisser le temps de répondre, il s'habilla de vêtements propres après avoir jeté ceux de la femme sur le lit.
— Tu ne me laisses même pas prendre une douche ? demanda-t-elle, outrée.
— Pas le temps. Allez, dépêche-toi !
Quelques minutes plus tard, Sirius arrivait enfin dans le bureau de Dumbledore. Il fut surpris d'y découvrir Ron, Hermione, mais surtout Draco, en plus de Rémus et du directeur de l'école. Et, à voir leur tête, il craignait fort de ne pas aimer ce qui allait suivre.
— D'accord, quelqu'un m'explique ce qu'il se passe ? Je ne le sens pas vraiment, là…
— Je pense que tu devrais t'asseoir, Patmol, répondit le loup-garou en désignant une chaise.
"Ah, il m'appelle par mon surnom… Il va me dire un truc qui risque de m'énerver", pensa Sirius, s'asseyant néanmoins à l'endroit indiqué.
— Bien, reprit Rémus. Tout d'abord, sache que si on ne t'a rien dit jusque là, ce n'est pas contre toi.
— Lunard, tu commences à me faire peur, là. Il est arrivé quelque chose à Harry ? Il va bien, au moins ?
Les Gryffondors se regardèrent. Comment allaient-ils pouvoir annoncer la nouvelle à l'animagus sans qu'il tombe dans une rage folle.
— Bon, on ne va pas tourner autour du pot pendant des heures, intervint Draco.
Et avant que quelqu'un ait pu l'en empêcher, il lâcha la bombe :
— Harry est devenu le calice de Severus.
Un grand silence se fit. Personne n'osa bouger. Le fait que Sirius restait assis ainsi, sans aucune réaction, était bien plus inquiétant que la colère à laquelle ils s'étaient tous attendus. Puis, il explosa enfin, se levant de sa chaise, la renversant dans la violence de son geste.
— QUOI ?! Snivellus est un vampire ? Et il a osé faire d'Harry son calice ? Harry est encore mineur ! Comment a-t-il osé le toucher, ce sale bâtard grai…
— Hé, oh ! Je suis là, moi ! l'interrompit l'héritier Malfoy. Je ne te permets pas d'insulter mon vampire en ma présence.
— Ton quoi ? demanda Sirius avec des yeux exorbités. Tu viens de dire que c'est Harry son calice.
— Je le suis aussi.
— De mieux en mieux ! Non content de se taper un ado, il lui en faut deux ! Tu vois, Lunard, je te l'avais dit ! Ce type est un vicieux, doublé un sale pervers ! On aurait dû le...
Alors que Draco allait répliquer, le directeur intervint pour calmer les choses.
— Allons, les enfants. Ce n'est pas le moment de se chamailler. L'heure est grave, Harry risque de mourir à tout moment, maintenant.
— Quoi ? Comment ça ? demanda Patmol, choqué. Je croyais qu'il était le calice de Snivellus. Pourquoi serait-il en danger de mort ?
— Parce qu'il refuse de fermer le lien, répondit Hermione. Ça fait presque quatre semaines que la morsure a eu lieu. Et il refuse de boire le sang du Professeur Snape. Il est persuadé qu'il y a un moyen de briser le lien. Mais malgré toutes nos recherches, nous n'avons rien trouvé de probant.
— Ahah ! C'est bien le digne fils de James, ça !
— Sirius, soupira le loup-garou. S'il ne boit pas ce sang, il va mourir.
— Et qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse, au juste ?
Devant les regards insistants posés sur lui, la lumière se fit dans son esprit.
— Non. Non, vous vous foutez de moi, là ? Vous voulez que moi, Sirius Black, probablement la personne qui déteste le plus Severus Snape au monde, aille convaincre Harry de fermer le lien, en sachant tout ce que ça implique ? C'est une blague ? Jamais je ne serai crédible ! À sa place, je préférerais aussi mourir que de lui servir de frigo sur pattes et de… Eurk, non, ça je ne peux définitivement pas l'imaginer… Alors, dire à Harry de le faire, c'est tout simplement impossible !
Draco renifla dédaigneusement, tandis que Ron et Hermione étaient en train de se décomposer. Ils avaient tous essayé de convaincre Harry, et ils avaient tous échoué. Le seul qui n'avait pas essayé était Sirius. C'était leur dernier espoir. Mais si lui-même n'y croyait pas, comment pourrait-il raisonner la tête de mule qui leur servait de meilleur ami.
— Sirius ! tonna tout à coup le professeur de défense contre les forces du mal. Tu n'as pas honte ? J'en ai marre de t'entendre débiter ces conneries sur Snape. Dois-je te rappeler que, sans lui, Harry serait déjà mort depuis longtemps ? Qui a joué les espions, se faisant par la même torturer, pour rapporter des informations précieuses à l'Ordre ? Qui a sauvé Harry de Voldemort et de ses Mangemorts à de nombreuses reprises ?
— Il était lui-même Mangemort, je te rappelle !
— Pour espionner Voldemort, oui. Et il en a fait plus pour protéger Harry que tu ne le pourras jamais !
— Tu es injuste Rémus, répondit l'ancien détenu, blessé. Tu sais parfaitement que je n'étais pas en mesure d'aider Harry quand il en avait besoin. Et tu sais aussi très bien que, si je l'avais pu, j'aurais tout fait pour le sauver. J'aurais donné ma vie pour lui !
— Alors, prouve-le ! Parle-lui, dis-lui qu'il doit boire ce sang. Harry aussi donnerait sa vie pour te sauver. Tu n'imagines pas l'énergie qu'il a déployée pour te sortir du voile. Aujourd'hui, c'est à ton tour de lui rendre la pareille.
oOoOo
Cela faisait plus de trente minutes que Draco était parti de l'appartement, le laissant seul avec son deuxième Calice. Severus ne savait plus quoi faire. Le jeune homme était tellement pâle qu'il lui faisait franchement concurrence. Sans parler des cernes qui lui donnaient un petit air de panda, ou de ses dents qui claquaient si fort qu'on aurait dit un concert de castagnettes.
— Stupide Gryffondor borné, soupira-t-il en replaçant le coussin sous la tête et en remontant les couvertures jusqu'au menton.
Que penserait Lily si elle voyait son fils ainsi ? Après sa mort, il avait juré de le protéger, au péril de sa propre vie s'il le fallait. Jusqu'ici, il avait réussi. Et aujourd'hui, à cause d'un malencontreux accident, il allait faillir à sa promesse.
Fixant son regard sur la peau cireuse du Survivant, dont on voyait de plus en plus de veines ressortir, il soupira à nouveau. Heureusement qu'il avait Draco pour se sustenter. Plus d'une fois, au cours des jours qui s'étaient écoulés depuis la morsure, il avait eu l'envie de boire le breuvage rouge qui coulait dans ces veines. S'il ne l'avait pas fait, c'était uniquement à cause de l'état de santé d'Harry. Plus le temps passait et plus il semblait fragile, prêt à rendre son dernier souffle à tout moment. Et lui, Severus Snape, se sentait incroyablement misérable, inutile. Coupable. Même si le gamin n'avait pas à se trouver dans les couloirs de l'école cette fameuse nuit, lui aurait dû savoir se contrôler. Il avait déjà Draco. Mais c'était peut-être ça, le problème. Draco était devenu son calice peu après sa transformation en vampire. Il n'avait donc pas eu besoin d'apprendre à maîtriser sa soif de sang. Il n'avait envie que de celui du blond. Pourtant, quand il avait senti l'odeur de celui du Survivant, ça avait été… Il n'avait pas de mot pour le décrire. Il se souvenait encore de son goût dans sa bouche, du fluide vital qui s'écoulait lentement dans sa gorge. Ça avait été divin. Avec Draco aussi, c'était divin, évidemment. Mais les deux étaient différents. C'était comme avoir deux plats préférés et ne pouvoir choisir entre l'un ou l'autre.
Le maître des potions entendit des pas et des murmures se rapprocher dans le couloir. Il devait arrêter de penser à cela. Il eut tout juste le temps de se recomposer un visage impassible avant que Dumbledore pénètre le premier dans ses appartements, suivi de Draco, Lupin, Granger, Weasley et, enfin, Sirius Black. Ce dernier ne put s'empêcher de laisser échapper une grimace écœurée en voyant son ennemi d'antan, surtout si proche d'Harry. Mais il se mit mentalement un coup de pied au cul, conscient qu'il devait mettre provisoirement ses griefs de côté s'il voulait sauver son filleul.
Rémus s'approcha du Survivant, tandis que Snape s'écartait.
— Harry ? appela-t-il. Harry, réveille-toi. Sirius est venu te voir.
À ces mots, le susnommé s'approcha à son tour et put enfin voir le fils de son défunt ami. Et ce qu'il vit le choqua. Il avait certes compris que le temps pressait, mais à ce point ? S'il n'avait pas vu le garçon respirer, il aurait cru aisément qu'il était déjà mort.
— Quoi ? Sirius ? Mais… Il n'est pas au courant !
Harry sembla soudain avoir un regain d'énergie, du moins assez pour se redresser.
— Non ! Je ne veux pas le voir ! Dis-lui de partir !
"Quoi ?" se demanda Sirius.
— Il le déteste, il va me détester aussi quand il saura. Ne lui dis rien pour moi, Rémus, s'il te plait.
Le jeune homme semblait désespéré. Et une idée dérangeante s'insinua dans l'esprit de l'animagus : est-ce que Harry s'était buté à refuser de compléter le lien parce qu'il pensait que son parrain lui en voudrait et le détesterait s'il le faisait ? Tout à coup, il se sentit affreusement coupable de cette situation.
Ne laissant pas le temps à son ami d'enfance de répondre, il le poussa pour prendre place à côté de son filleul.
— Harry, je suis là, et je suis déjà au courant.
Il vit l'horreur et la peur s'insinuer dans le regard du Survivant.
— Il est vrai que je n'aime pas Sni… Snape, se reprit-il. Mais jamais je ne te détesterai, toi, peu importe ce que tu feras. Tu es le fils de mon meilleur ami, James Potter, tu es mon filleul, et rien ne pourra jamais changer ça. Alors, arrête de faire ton Potter borné et bois ce sang dont tu as besoin. Tu fais peur à voir, on dirait un cadavre ambulant. C'est pourtant lui le vampire, pas toi, termina-t-il en désignant le maître des potions du menton.
À ces paroles, Harry ne put s'empêcher d'avoir un petit rire. C'était tellement bon de voir son parrain. Il l'aurait bien pris dans ses bras, mais il ne s'en sentait même pas la force. Il était fatigué de tout ça. Il se sentait las. Et s'il arrêtait les frais, maintenant ? S'il profitait de l'occasion pour enfin lâcher prise et rejoindre ses parents ?
Ses parents… Que penseraient-ils de lui en cet instant ? Le trouveraient-ils lâche de vouloir ainsi en finir ? Ou, au contraire, courageux de tenir tête au vampire, ennemi de toujours de son père. Sirius venait de lui dire que, malgré la haine qu'il avait envers Severus, il ne le détesterait jamais, qu'il resterait toujours son filleul. James Potter lui tiendrait-il le même genre discours s'il était encore là ?
— S'il te plait, Harry, cesse de tergiverser. Tu n'as plus le temps.
Oui, il le savait. Et en regardant chacun de ses amis, il sut qu'il n'avait pas le droit de les abandonner. Pas maintenant, pas comme ça. Pas après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble.
Mais lorsque ses yeux se posèrent finalement sur Snape, il eut l'impression que son sang s'était glacé dans ses veines. Comment pourrait-il un jour compléter totalement le lien qui semblait les unir ? Boire le sang de cet homme ne serait sans doute pas plaisant, mais la seconde partie de la fermeture du lien était bien pire quand il se risquait à y penser.
Soupirant, il se força à mettre ce détail de côté. Après tout, il n'en était pas encore là. Une fois qu'il aurait retrouvé des forces, il pourrait à nouveau se remettre à chercher le moyen d'échapper à ce destin dont il ne voulait pas. Néanmoins, son professeur continuait de le fixer, comme s'il attendait quelque chose de lui. Mais quoi ?
Comme en réponse à sa question muette, le vampire lui dit :
— Dis-le.
Quoi ? Dire quoi ? Qu'il était prêt à boire son sang et donc à passer à l'étape supérieure ? Certainement pas ! Il était prêt à accepter d'accomplir cette première étape de complétion du lien, mais pas à le dire à voix haute.
Le maître des potions sembla comprendre et fronça les sourcils. Si ce satané Gryffondor voulait jouer à qui serait le plus buté, il allait être servi.
— Sirius, éloigne-toi, ordonna-t-il en s'avançant vers son calice récalcitrant. Ce dernier eut le réflexe de se reculer, mais l'homme fut bien plus rapide, sans grand étonnement. Il passa ses bras sous les jambes et dans le dos du jeune homme pour le porter.
— Qu'est-ce que, tenta-t-il de demander avant d'être coupé.
— J'interdis quiconque de passer cette porte, peu importe ce que vous entendrez…
Le Survivant avala difficilement sa salive. Que comptait faire l'ancien Mangemort ? Le torturer jusqu'à ce qu'il le supplie de procéder à la première étape pour fermer le lien ? Et ses amis ne pourraient rien faire. Tout le monde sait que ce n'est pas une bonne idée de se frotter à un vampire en colère.
Alors qu'ils allaient passer la porte, Snape s'arrêta.
— Draco, tu viens avec nous. Et verrouille la porte derrière toi.
Sans lui laisser le temps de répondre, il pénétra dans la chambre avec le Survivant dans les bras qui était bien incapable de bouger, ni même de prononcer une parole.
Sirius fut le premier à réagir, voulant s'élancer à la suite du vampire, mais il fut arrêté par le directeur de l'école.
— Professeur Dumbledore, vous n'allez quand même pas…
— Je suis persuadé que Severus sait très bien ce qu'il fait, et qu'il agit pour le mieux dans l'intérêt d'Harry, le coupa-t-il. Et n'oublions pas qu'un vampire ne peut pas faire de mal à son calice. Lien complété ou non.
— Mais…
— Harry ne craint absolument rien en sa compagnie.
Draco passa finalement la porte à son tour, la ferma et la verrouilla, comme demandé. Severus se tenait à côté du lit sur lequel il venait de déposer Harry. Ce dernier remarqua que ses yeux étaient rouges. Et cela ne lui disait rien qui vaille.
— Bien. Maintenant, à nous deux, Potter.
Si vous lisez ceci, c'est que vous aimez le risque. Et vous êtes sans doute en train de me maudire. Pour rappel, je dois être encore vivante pour poster le chapitre suivant ! :D
En tout cas, si vous voulez vous plaindre à quelqu'un, je vous invite à adresser vos doléances à Sirius... Regardez, c'est lui qui a monopolisé plus de la moitié du chapitre ! C'est de sa faute si la première étape de fermeture du lien n'arrive que dans le prochain chapitre XD
