J'avoue que je ne m'attendais pas à des réactions aussi variées ! Entre les "T'es trop méchante, je ne vais pas te tuer, mais je peux te torturer" et les "J'adore cette fin, c'était pas si horrible comme cliffhanger", on peut dire que j'ai un lectorat assez hétérogène XD

En tout cas, merci à tous (et plus particulièrement avec mes deux bêtas !), vous êtes de plus en plus nombreux, et ça fait vraiment plaisir :) On a dépassé le cap des 200 reviews, des 100 favoris et des 200 follows, c'est juste incroyable !

RàR :

Julia13verseau : J'assume ! :D lol

Guest : Merci à toi pour ta review :)

Matsuyama : Je tiens quand même à ma vie ;) Mais oui, j'imagine qu'il y a pire. Merci pour ta review :)

Guest : Que d'émotions on dirait XD

wellona : Voilà la suite ! :D

Drayy : Merci ! :)


Chap 14 : Un moment de sérieux dans cette blague

— Bien. Maintenant, à nous deux, Potter.

À cette phrase, le cœur du Survivant s'emballa. Qu'allait faire son professeur ?

— Dis-le, répéta ce dernier. Dis à voix haute que tu veux le faire.

Harry n'aurait su dire si c'était par pure provocation, excès de courage, ou simplement par stupidité, mais il se contenta de demander "pourquoi ?".

— Pourquoi ? Parce que c'est trop facile d'attendre que les autres prennent les décisions pour toi et de laisser les choses venir d'elles-mêmes, reprochant ensuite leurs actions à ceux qui ont agi. C'est trop facile de faire une bêtise et de ne pas en assumer les conséquences.

— Vous êtes tout aussi responsable que moi de ce qui arrive en ce moment.

— Mais, moi, j'assume ! vociféra le maître des potions en réponse. Et où est donc passé le tutoiement que tu t'évertuais ces dernières semaines à employer ? Maintenant que tu n'as plus rien à me demander pour tenter d'échapper au lien, tu n'as plus besoin de faire le dos rond avec moi, hein ?

Le Survivant se contenta de serrer ses genoux contre lui et de détourner les yeux sans répondre.

— Tout ça n'est pas très digne d'un Gryffondor…

— En tant que représentant de la maison Serpentard, ça devrait vous réjouir, non ?

— Regarde-toi, Potter, dit Snape en s'approchant du garçon, prenant son menton d'une main pour le forcer à lui faire face à nouveau. Tu es tellement pathétique que tu en viens à utiliser des méthodes qui ne sont pas les tiennes. Que diraient tes parents s'ils te voyaient ?

— Je vous interdis de parler d'eux ! cria Harry en se libérant de la prise. Au lieu de discuter, pourquoi vous ne faites pas ce que vous avez à faire ? C'est bien pour ça que vous nous avez enfermés ici, n'est-ce pas ? Vous n'avez pas besoin que je vous demande de le faire, vous le ferez quand même, que je le veuille ou non ! En vérité, vous vous en foutez, de mon consentement !

Avant que la moindre pensée sur ce qu'il se passait ne puisse atteindre son cerveau, le Gryffondor se retrouva plaqué contre le matelas. Le poids de l'homme sur lui l'écrasait et rendait sa respiration presque difficile. Ses jambes étaient complètement entravées par celles du vampire, sans parler de ses bras bloqués au-dessus de sa tête par l'une des mains froides, tandis que l'autre enserrait son cou, l'empêchant ainsi de se dérober de son regard écarlate. Il ne pouvait plus faire le moindre mouvement. Il était à sa merci. Même s'il n'avait pas été aussi faible, il était conscient qu'il n'aurait eu aucune chance de lui échapper. Il se sentait comme une souris prise au piège entre les pattes d'un chat. Il mesura alors pleinement l'ampleur de ce qu'il venait de dire. Il venait purement et simplement de le provoquer pour qu'il complète le lien, avec ou sans son accord.

— C'est donc ça que tu veux ? gronda la voix juste au-dessus de lui. C'est ce que tu attends de moi ? Tu veux que je mette mon poignet entaillé de force dans ta bouche pour t'obliger à boire mon sang ? Et puisqu'on y est, pourquoi ne pas carrément fermer notre lien ? Tu es tellement faible que je pourrais te prendre sans même que tu sois capable de réagir !

Les yeux du Survivant s'agrandirent d'horreur à ces mots. Il ne ferait pas ça quand même ? Il n'irait pas jusqu'à le violer, n'est-ce pas ? Il lui avait pourtant promis qu'il ne le forcerait pas, qu'il ne ferait rien qu'il ne voudrait pas...

— Et ça t'arrangerait bien, hein ? Comme ça, tu pourrais dire à qui veut l'entendre que je ne suis qu'un horrible vampire, un sale Mangemort soi-disant repenti qui t'a forcé à devenir son calice, toi, Saint Potter ! Toi qui n'as jamais rien à te reprocher, toujours si innocent ! Le gentil petit garçon, si parfait !

Les derniers mots furent davantage crachés à la figure du plus jeune. Severus avait passé la fin du mois de septembre et le début d'octobre à le regarder dépérir, prenant sur lui pour ne pas formuler tout haut ce qu'il pensait vraiment et oublier le mal que ça lui faisait de se sentir si impuissant face à la douleur de celui qu'il devait protéger. Il avait essayé de se focaliser sur Draco, mais en réalité, ça ne l'aidait pas toujours, le blond ressentant également beaucoup de colère, de jalousie et d'agacement, même s'il refusait de l'avouer.

Aujourd'hui, le maître des potions n'en pouvait plus. Il avait été assez patient. Tout ceci devait prendre fin d'une manière ou d'une autre. Maintenant. Et c'était précisément ce que redoutait le brun, qui commençait d'ailleurs à se sentir défaillir. Entre la fanfare dans sa tête, son souffle qui refusait de remplir correctement ses poumons, et ses pensées chaotiques, il avait la sensation qu'il n'allait pas tarder à tourner de l'œil.

— Dis-moi, Potter, reprit l'enseignant, plus calmement. Toi qui as toujours une solution à tout… J'ai deux promesses contradictoires à tenir. Laquelle devrais-je honorer, selon toi ? Celle que je t'ai faite en te disant que je ne te forcerai pas ? Ou celle que j'ai faite à Lily, en jurant de te protéger ?

Harry se figea et regarda son professeur, choqué.

— Lily ? Vous parlez de…

— Il y a de nombreuses choses que tu ignores sur tes parents, coupa le plus âgé. Plus particulièrement à propos de ta mère. Mais je ne vais pas me fatiguer à les raconter à quelqu'un qui veut mourir, n'est-ce pas ?

Le Gryffondor avait du mal à y croire. Est-ce que le directeur des Serpentards était vraiment en train de lui proposer des informations sur ses défunts parents – notamment sa mère – en échange de la fermeture du lien ? Aucun doute, cet homme avait bel et bien mérité sa place dans cette maison. Mais pouvait-il lui faire confiance ? D'après ses dires, sa mère devait lui avoir fait confiance pour qu'il lui promette ainsi de protéger son fils. Et, s'il était totalement honnête, il devait avouer qu'il ne s'était rien passé pendant les trois dernières semaines qui puisse le faire douter de l'homme.

— Je vais te poser la question pour la dernière fois, reprit Snape après une pause en libérant le jeune homme de sa prise, sans pour autant vraiment s'éloigner. Acceptes-tu de devenir mon calice, de boire mon sang maintenant et de t'engager à fermer le lien définitivement, quand tu seras prêt ? Oui ou non ? Et je n'accepterai aucune autre réponse qu'un de ces deux mots, termina-t-il alors qu'Harry allait répliquer quelque chose.

Ce dernier trouvait la situation horrible. D'un côté, il était prêt à faire la première étape permettant de fermer leur lien, surtout si c'était pour en savoir plus sur ses parents. Mais, en même temps, les paroles que l'homme venait de prononcer étaient claires : s'il disait oui, c'en était fini de ses recherches pour trouver un moyen de se dérober. Cela signifiait qu'arriverait forcément le jour où il devrait coucher avec lui. Il n'aurait plus aucun espoir auquel se raccrocher.

Son cœur battant beaucoup trop fort, aggravant sa migraine, il hocha la tête, de façon presque imperceptible. Mais il savait que le vampire l'avait parfaitement vu.

— Dis-le, répéta encore ce dernier. Je veux l'entendre de ta bouche.

Déglutissant difficilement, il finit par articuler faiblement un "oui". D'où il était, Draco ne l'avait certainement pas entendu, mais ça n'avait pas pu échapper à l'ouïe fine du buveur de sang. Avec ce simple mot, il venait de sceller son destin.

Snape se releva et sortit sa chemise blanche de son pantalon noir.

— Je vais t'expliquer comment ça va se dérouler. Tout d'abord, tu vas retirer ton t-shirt, et moi ma chemise.

Harry voulut protester, mais il n'en eut pas le temps.

— Ne m'interromps pas.

Les yeux de Severus étaient toujours rouges et fixés sur le Survivant qui ne parvenait pas à en détourner le regard. Il était conscient que le vampire était en train d'utiliser ses capacités sur lui, transformant ses paroles en ordres. Et, présentement, il n'avait aucune envie de passer outre. Il n'avait clairement plus assez d'énergie pour continuer à nager à contre courant. Il referma donc la bouche et attendit la suite, non sans être quand même un peu inquiet.

— Je préfère éviter tout risque de tâcher les vêtements avec du sang. Autant faire le maximum pour ne pas éveiller les soupçons. Tu t'allongeras ensuite sur le lit, et je te rejoindrai. J'inciserai mon poignet et tu devras alors boire mon sang. Tant que je ne te dirai pas d'arrêter, tu continueras. Quand je te dirai de cesser, tu le feras immédiatement. Est-ce bien clair jusqu'ici ?

Harry hocha la tête.

— Oui ou non ? Assume tes décisions. Dis-le !

— Oui, répondit-il dans un murmure.

— Draco doit pouvoir t'entendre. Redis-le. Est-ce que tu as compris ?

Le Gryffondor commençait déjà à en avoir marre de ces ordres. Il n'était pas un chien et il était hors de question qu'il obéisse comme tel. Il regretta tout à coup d'avoir attendu si longtemps. Il se sentait tellement faible qu'il était incapable de tenir vraiment tête au vampire. Pour la première fois, il eut hâte de boire ce sang qui promettait de lui rendre toute son énergie. D'un ton un peu rageur, il répondit néanmoins :

— Oui, j'ai compris !

— Bien. Vu ton état, je pense qu'il faudra environ une heure pour te remettre totalement d'aplomb. Je resterai avec toi pendant tout le temps que ça prendra. Allons-y.

Il eut envie de répliquer qu'il n'avait pas besoin qu'on lui tienne la main comme un enfant, mais voir son professeur enlever les boutons de sa chemise, un à un, le perturba bien plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Comment pouvait-on être aussi détestable dans ses manières et pourtant si sensuel pour enlever un vêtement ? Attendez, venait-il vraiment de penser au mot "sensuel" pour qualifier son professeur en train de se dévêtir ? Aucun doute, ses neurones étaient tous en train de griller.

— Alors ? Qu'est-ce que tu attends ? demanda Snape, sceptique, avec un sourcil relevé lorsqu'il eut fait tomber sa chemise au sol.

Harry marmonna un "rien" à peine intelligible et se releva difficilement pour s'asseoir au bord du lit et retirer son t-shirt. À peine avait-il jeté le vêtement au sol qu'il fut pris d'une violente quinte de toux. Il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer, ne parvenant pas à reprendre son souffle alors qu'il toussait de plus en plus fort. Une main sur sa bouche, plié en deux, il n'eut même pas l'idée de faire retirer la main du vampire qui s'était posée sur son épaule. En vérité, elle était plutôt apaisante. C'était sans doute dû à sa fraîcheur sur sa peau brûlante.

Au bout d'une longue minute, la crise s'arrêta enfin. Les larmes aux yeux, prenant de difficiles et sifflantes goulées d'air, il se redressa. En posant machinalement ses yeux sur la main qui était restée devant sa bouche, il remarqua qu'elle était pleine de sang. Il avait déjà eu des crises dans ce genre avant. Mais jamais il n'avait craché du sang.

— Allonge-toi, Harry. Nous n'avons plus de temps à perdre.

Toute envie de rébellion l'avait quitté. Il ne s'était jamais senti aussi proche de la mort. Quand il combattait Voldemort, il avait eu l'adrénaline pour lui faire oublier ce détail. Mais là, il n'avait plus que la peur pour seule alliée. Et il la sentait le ronger de l'intérieur. Alors, il s'allongea après avoir essuyé sa main et regarda son professeur faire le tour du lit pour finalement s'allonger à son tour contre lui. Bien qu'il eut le réflexe de se crisper, il ne fit rien pour repousser l'homme et l'empêcher de passer un bras sous sa nuque.

— Mets-toi sur le côté, ce sera plus confortable.

De mauvaise grâce, il s'exécuta et se tendit davantage en sentant le corps froid se coller à son dos. Bizarrement – et alors qu'il était frigorifié plus tôt dans le salon –, il ne ressentait pas ce froid-là comme désagréable.

— Détends-toi, je ne ferai rien de plus que ce que je t'ai dit tout à l'heure.

Sans attendre de réponse – qu'aurait-il bien pu répondre, de toute façon ? – le maître des potions prit sa baguette et ouvrit une plaie profonde sur son poignet qu'il mit ensuite contre les lèvres du Gryffondor.

— Bois, dépêche-toi avant que ça se referme.

Le Survivant ouvrit la bouche et les premières gouttes de sang tombèrent sur sa langue. Il s'était attendu à ce que ce soit horrible, comme expérience. Il lui était déjà arrivé de goûter son propre sang à cause d'une lèvre fendue, par exemple. Il pensait donc que le sang du vampire aurait ce goût métallique caractéristique de tout sang, et qu'il en serait écœuré. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Oui, le goût était étrange, la texture était inhabituelle également. Mais ce n'était pas désagréable. Au contraire, était-il tenté de penser. Et puis, au diable les convenances. Il attrapa le bras de ses deux mains pour le maintenir contre ses lèvres et ferma les yeux, aspirant plus fort pour en avoir davantage.

— Doucement, je ne vais pas m'envoler, entendit-il à son oreille.

Mais il était bien trop concentré sur son étrange boisson pour y faire attention. Il continua donc, jusqu'à ce qu'un "arrête" s'élève. L'information arriva jusqu'à son cerveau et, même sans le voir, il sut que les yeux de Snape étaient encore rouges, transformant ce simple mot en un ordre qu'il ne devrait pas ignorer. Alors, il se força à relâcher ses doigts autour du bras qui s'arracha aussitôt de sa bouche. Il aurait bien voulu protester, mais, tout à coup, une douleur atroce l'envahit. Il avait l'impression que son corps était en train de prendre feu.

"Qu'est-ce qu'il m'arrive ?", se demanda-t-il alors qu'un cri de douleur franchissait ses lèvres.


Oui, je vous laisse encore sur votre fin, j'imagine... Mais voyez le bon côté des choses : la première étape est pratiquement bouclée ! ;) Et, promis, le prochain chapitre, la fin sera une vraie fin n_n (de chapitre, je n'arrête pas la fic XD)