Certains se sont posé la question, Draco revient sur le devant de la scène dans ce chapitre ^^ Et profitez de Sirius, on ne le verra plus pendant quelques chapitres, ensuite ;)
RàR :
Drayy : Presque, oui XD Fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre ;)
Chapitre 15 : Fin de la première partie de la blague
Cela ne faisait même pas deux minutes que les trois hommes s'étaient enfermés dans la chambre que des éclats de voix se firent entendre, ne cachant pas grand chose de la dispute qui éclatait entre deux d'entre eux. Un nouveau silence se fit avant que ça ne reprenne de plus belle. Ce manège dura un petit moment. Puis le son d'une violente quinte de toux s'éleva. Rémus jeta un œil à Dumbledore qui semblait inquiet. Si même lui commençait à perdre espoir, ce n'était clairement pas bon signe. Un nouveau silence se fit, beaucoup plus long que les précédents, et chacun attendit, le cœur battant, se demandant ce qu'il était en train de se passer dans la chambre, à quelques pas d'eux.
Une pensée dérangeante s'insinua dans l'esprit de Sirius. Et s'il était trop tard ? Et si Snape n'avait pas eu le temps de lui faire boire son sang, même par la force. Pire : et s'il avait respecté le choix d'Harry et qu'il avait préféré abréger ses souffrances, en profitant pour le vider de son sang, en bon vampire qu'il était devenu ? Mais il ne put continuer à imaginer des scénarios plus horribles les uns que les autres. Un cri perça depuis la chambre, et il était clair que c'était un cri de pure douleur.
L'animagus perdit toute couleur. Qu'était-il en train d'arriver à son filleul pour qu'il hurle ainsi, comme s'il était à l'agonie. Il amorça un pas vers la porte qui avait été fermée un peu plus tôt, mais il fut retenu par une main sur son torse.
— Non, Sirius. Tu te souviens ce qu'il a dit ? On ne doit pas entrer, quoi qu'on entende.
— Mais enfin, Rémus, tu as entendu ce cri comme moi, non ? Harry souffre !
Alors que Sirius était prêt à braver tous les interdits, se moquant royalement de mettre un peu plus en colère ce sale vampire qu'était devenu Snivellus, le silence revint. Il semblait encore plus pesant et sinistre que les précédents, sans doute parce que chacun se demandait ce qui avait pu arriver au Survivant pour faire entendre un telle souffrance.
L'heure qui suivit, fut la plus longue et la plus pénible pour les Gryffondors qui se trouvaient dans le salon. Assis sur le canapé, Ron tenait une Hermione au bord des larmes dans ses bras. Dumbledore et Rémus étaient assis chacun sur un fauteuil, la mine inquiète. Quant à Sirius, il ressemblait à un lion en cage, faisant des allers et retours dans la pièce. Encore un peu, et il risquait de creuser une tranchée dans les dalles de pierres.
Lorsque la porte s'ouvrit enfin, son cœur rata un battement.
oOoOo
Du moment où il était entré dans la chambre jusqu'à ce que Potter se mette à hurler de douleur, Draco n'avait pas bougé. Bien sûr, l'envie de lancer une pique au Gryffondor pour sa stupidité ne lui avait pas manqué. Mais il savait que ce n'était pas du tout le moment. Il devait avouer qu'il ne comprenait pas bien pourquoi le vampire avait tenu à ce qu'il assiste à ça. Il ne put empêcher une bouffée de jalousie de l'envahir quand Severus se colla à son second calice pour lui faire boire son sang. Et en voyant la quantité que buvait le brun, ce fut encore pire.
Pourtant, lorsqu'il vit le corps – devenu maigrelet à cause de sa condition et de l'absence de lien stable – se tordre de douleur, il prit peur. Et si Harry ne survivait pas ? Peut-être était-il déjà trop tard ? Le vampire s'en remettrait-il facilement si tel était le cas ?
Quand les cris cessèrent enfin et que le corps reposa mollement sur le matelas, il s'approcha. Un pas. Puis un deuxième. Prudent.
— Qu'est-ce qu'il lui arrive ? finit-il par demander.
Le maître des potions tourna ses yeux rougeoyants vers lui et le regarda comme s'il se rappelait soudain de sa présence.
— Il a attendu trop longtemps. La régénération de son corps est plus difficile que prévue.
Un nouveau silence s'installa entre eux, pendant lequel Draco n'osa pas avancer davantage. Bien qu'il fût inquiet de l'état émotionnel dans lequel pouvait se trouver son vampire, la question fusa avant même qu'il n'ait pu songer à la retenir.
— Pourquoi tu lui en as donné autant ?
Un petit sourire en coin naquît sur les lèvres de Snape.
— Tu es jaloux ?
— Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait aucune chance que je sois jaloux du balafré. C'est juste que tu es encore plus pâle que d'habitude.
Oui, c'était encore une preuve flagrante de sa mauvaise foi. Mais il n'avait pas tort non plus.
— C'était nécessaire pour qu'il récupère plus vite.
— Et qui va t'aider, toi, à récupérer plus vite ?
Le regard sans équivoque qu'il reçut en retour le fit soupirer. Mais il grimpa quand même à son tour sur le lit, derrière le plus âgé, avant de lui présenter son poignet tout en se collant dans son dos.
— T'aurais fait comment si je n'avais pas été là ? Tu aurais attendu qu'il se réveille pour lui sauter dessus ?
— La question ne se pose pas, puisque tu es là, répondit Severus.
Puis il planta ses crocs dans la chair, faisant couler le précieux liquide qui le maintenait en vie dans sa bouche. Ils passèrent ensuite les minutes suivantes à se reposer et à récupérer des évènements qui venaient de se produire.
Environ une heure plus tard, Harry commença à émerger de son inconscience. Il n'avait fait aucun cauchemar. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas réussi à fermer l'œil sans être obligé de boire cette satanée potion de sommeil sans rêve. Et il se sentait bien. Un bras frais l'enserrait, le maintenant contre un corps tout aussi frais. C'était vraiment agréable, d'autant plus qu'il avait l'impression qu'il faisait au moins trente degrés dans la pièce. Tellement agréable, qu'il se lova d'avantage contre cette fraîcheur bienvenue.
— Je rêve ou il est en train de réclamer un câlin ? fit une voix légèrement moqueuse derrière lui.
— Non, tu ne rêves pas. Peut-être que mon sang a eu un meilleur effet que prévu sur lui, répondit une autre voix, plus grave et, surtout, plus proche.
Beaucoup plus proche. Le Gryffondor ouvrit les yeux brusquement. Il se rappela tout à coup ce qui l'avait conduit à cet instant précis : son professeur de potion qui l'avait mordu, son entêtement à ne pas vouloir compléter le lien, le moment où il n'avait plus eu le choix s'il ne voulait pas mourir. Il était donc présentement allongé sur un lit – non, pas sur un lit, dans le lit de son professeur ! –, à moitié nu contre Severus Snape, lui-même à moitié nu aussi. Il se redressa prestement, après avoir repoussé – avec une violence sans doute inutile – le bras du maître des potions qui était autour de son torse. Il allait se lever du lit, dans l'optique de s'éloigner au maximum, mais un vertige le prit et il dut rester assis au bord du matelas.
— On ne t'a jamais dit qu'il n'était pas recommandé de se lever rapidement ?
Pour toute réponse, l'homme reçut un regard noir avec une phrase cinglante :
— Et on ne vous a jamais dit qu'un mensonge par omission restait un mensonge ?
— De quoi parles-tu ?
— Vous vous foutez de moi ? J'ai cru que j'allais y rester tellement la douleur était insupportable ! Pourquoi vous ne m'avez pas dit que ça ferait mal ? J'aurais au moins pu m'y préparer…
Snape se redressa à son tour et sortit du lit, tandis que Draco restait allongé, soupirant de ne pouvoir profiter encore un peu du vampire.
— Je ne t'ai rien dit parce que je ne savais pas que ce serait si violent. C'était, certes, une possibilité. Mais tu aurais très bien pu ne rien sentir. Je ne voyais pas l'intérêt de t'inquiéter plus que tu ne l'étais déjà au vu de la situation.
— M'inquiéter ? Et que croyez-vous que j'ai ressenti quand j'ai eu l'impression d'avoir de la lave en fusion qui traversait mes veines ?
Harry s'était levé, criant ces paroles sur son professeur qui venait de remettre sa chemise et en refermait chaque bouton avec application. À vrai dire, Snape semblait se moquer royalement des remontrances dont il était l'objet.
— Cesse de crier, dit-il. Je ne suis pas sourd, très loin de là. Et puisque tu veux tout savoir…
Il se rapprocha du Survivant, tel un prédateur chassant sa proie, et lui coupa toute échappatoire en mettant un bras de chaque côté de sa tête lorsque le dos du plus jeune rencontra le mur. Il se pencha jusqu'à ce que sa bouche soit au niveau de l'oreille de son élève, qui s'était tendu à l'extrême, et chuchota :
— Lorsqu'on fermera totalement le lien, tu auras mal. Plus ou moins selon la préparation. Parce qu'une queue dans le cul, ça fait mal au début. Mais dis-toi que ce n'est que le modeste prix à payer pour recevoir l'extase offert par la prostate... Demande à Draco ce qu'il en pense, termina-t-il à voix haute en s'éloignant.
Oui, ce genre de discours n'allait sans doute pas jouer en sa faveur. Mais le Gryffondor l'avait bien mérité, après tout. Et voir la rougeur qu'il arborait sur ses joues, à cause de la gêne que ses paroles avaient provoquée, était jubilatoire. Et puis bon, soyons honnêtes, la méthode "douce" – à savoir ne pas brusquer Monsieur Pudeur – avait clairement échoué. Peut-être qu'en étant un peu plus entreprenant – sans dépasser la limite du consentement, évidemment –, il finirait par craquer. Les hormones du jeune homme devraient d'ailleurs aider en ce sens.
Il prit le t-shirt qui était resté au sol et le jeta à son propriétaire.
— Tu devrais rassurer tes amis. Et surtout ton clébard de parrain. Il a bien assez usé mon sol.
Harry resta abasourdi. "Clébard" ? Sérieusement ?
— Mon parrain n'est pas un "clébard", articula-t-il entre ses dents en remettant son haut.
Sans attendre de réponse, il passa la porte et découvrit les mines d'enterrement des personnes qui l'attendaient. Ce fut à cet instant qu'il se rendit compte qu'il avait vraiment merdé. L'idée de se laisser mourir lui parut soudain complètement stupide.
Il n'eut pas le temps de culpabiliser davantage qu'une masse de boucles brunes rétrécit son champ de vision, en même temps que deux bras s'accrochaient à son cou.
— Mon dieu, Harry ! Ne nous refais jamais ça ! On t'a entendu hurler de douleur, continua-t-elle en s'éloignant légèrement pour le regarder, les yeux larmoyants. On a cru que… Que tu...
Elle ne put finir sa phase et fondit en larmes dans ses bras.
— Tout va bien, Hermione. Je suis désolé de vous avoir inquiétés, vraiment, répondit-il en tapotant le dos de la jeune fille, un peu tendu par cette proximité soudaine.
— 'Mione, laisse-le respirer un peu.
Contrite, elle recula pour retourner à côté de Ron. Ce fut à ce moment que les yeux verts rencontrèrent ceux de l'animagus. Ils étaient grands ouverts, marquant clairement l'étonnement de l'homme.
— Sirius ? Ça va ? demanda Harry, prudemment, comme s'il redoutait la réponse.
— Hein ? Euh, oui. Oui, bien sûr. C'est juste que… Par Merlin, Harry, on ne croirait pas que tu es resté enfermé là-dedans pendant seulement une heure.
— C'est vrai, renchérit Rémus. Tu as vraiment meilleure mine. C'est très rassurant.
— Il aurait été difficile de faire pire sans être mort, déclara une voix dans le dos du Survivant, le faisant sursauter.
— Et on peut dire que tu t'y connais dans l'art d'être mort, Snivellus.
— Moi, au moins, je n'ai pas de puces…
Harry n'en croyait pas ses oreilles. Les deux hommes allaient-ils vraiment se chamailler ainsi comme des gamins ?
— Si j'ai été capable ces dernières semaines de supporter Draco, et même d'avoir des conversations civilisées avec lui, alors vous en êtes capables aussi. Plus de Snivellus, ni de Clébard, s'il vous plait.
Il reçut deux regards noirs en réponse, mais ne s'en formalisa pas. Le grognement qui s'éleva depuis son ventre attira toute son attention et il se rendit compte qu'il était affamé.
— Je crois que nous devrions laisser un peu d'intimité à ces jeunes gens, intervint Dumbledore. Il est clair qu'Harry va très bien, désormais. Nous n'avons plus de raisons de nous inquiéter.
Sans un mot de plus, Ron, Hermione et Rémus partirent vers la porte. Sirius, lui, continuait de fixer Severus en chien de faïence. Jusqu'à ce que le directeur l'enjoigne d'une main sur l'épaule à sortir du salon. Le maître des lieux les accompagna, et Dumbledore en profita, étant maintenant assez éloigné des oreilles du Survivant.
— Messieurs, je crois qu'il est temps de faire la paix. Harry en a besoin.
Pour toute réponse, l'ancien maraudeur émit un son qui ressemblait à un grognement, tandis que le vampire étrécit ses yeux. Albus soupira. Ce n'était vraiment pas gagné, toute cette histoire. Mais il était optimiste. Nul doute qu'ils finiraient tous par ouvrir les yeux et par se rendre compte que leurs différends passés n'avaient plus lieu d'être, désormais.
Vous avez vu ? Je vous l'avais dit : une fin super gentille pour ce chapitre. Bon, par contre, un conseil : ne vous y habituez pas. On remet ça au chapitre 17 :D (je suis sympa, je vous préviens deux semaines à l'avance pour que vous puissiez vous préparer psychologiquement lol)
