J'espère que ces deux semaines ne vous ont pas parues trop longues. Pour moi, c'est passé beaucoup trop vite XD
Merci encore à mes bêtas qui sont toujours à l'heure pour corriger mes chapitres, même quand elles sont débordées ;) Et merci à vous de continuer à me suivre ! :)
RàR :
Drayy : Merci pour ta fidélité sur cette fic ;)
Chapitre 17 : Mais la nuit fait partie de la blague
Suite à cette révélation, le vampire intima à Draco d'aller dans la chambre. Une fois seul avec son deuxième calice, il reporta son attention sur ce dernier.
— Harry, nous devons parler de tes cauchemars.
Cette discussion ne disait vraiment qui vaille au Gryffondor.
— Je n'ai pas envie d'en parler.
— Il le faudra pourtant. Car je ne te donnerai plus de potion de sommeil sans rêve.
— Quoi ? s'insurgea Harry. Pourquoi ? Vous aviez promis !
— Oui, je te l'ai promis alors que tu comptais te laisser mourir. À l'évidence, tu as changé d'avis.
— Et ça vous donne donc le droit de changer d'avis aussi ?
Manifestement, Severus n'avait pas choisi la bonne approche. Le ton commençait à monter et ça n'augurait rien de bon pour la suite.
— Écoute-moi avant de partir dans des conclusions hâtives. Cette potion peut créer une dépendance quand elle est prise trop souvent. Il est fortement déconseillé d'en boire plus de dix jours d'affilée. Et toi, tu l'as prise pendant plus de quinze jours avant de ne plus en être capable. Je veux profiter du sevrage forcé que tu as subi ces derniers jours pour te désintoxiquer totalement.
— Donc, vous allez me laisser faire des cauchemars toutes les nuits ? Vous n'êtes pas censé me protéger et veiller à ce que je me sente bien ? demanda le jeune homme dont la colère grandissante ne cachait rien de l'un des premiers symptômes très fréquent dans les sevrages : l'agressivité.
— Non, ce n'était pas mon intention. C'est pour ça que je voulais parler de ces cauchemars avec toi.
— Je ne veux pas en parler ! Je n'ai pas besoin d'en parler !
Le Survivant s'était levé en criant cette dernière phrase, insistant bien sur le mot "besoin". Et le vampire comprit parfaitement le sous-entendu : ce n'était pas de parler dont il avait besoin, mais de la potion. Néanmoins, il était hors de question qu'il prenne davantage de risques. Pire que la dépendance, le corps pouvait s'habituer et ne plus réagir convenablement, obligeant son buveur à augmenter les doses. Il avait pu lire les dégâts qu'occasionnait une overdose de potions de sommeil sans rêve – jusqu'à la mort ! – et il refusait que son calice en soit victime.
— Rassieds-toi, s'il te plait, Harry. J'ai une proposition à te faire pour te libérer de tes cauchemars. Sans utiliser de potion. Et définitivement.
Intéressé, bien qu'un peu méfiant, le jeune homme se réinstalla sur le canapé. Il devait avouer que la solution de la potion de sommeil sans rêve n'était que temporaire. S'il existait une solution définitive, il devait la tenter.
— Comme je t'ai donné ma parole que je ne ferai rien contre ta volonté, je te demande la permission de me laisser entrer dans ta tête lorsque tu dors, pour t'aider à combattre tes cauchemars. Ainsi, le problème sera traité à la source et, à terme, tu n'en auras plus.
Le Gryffondor se dit que c'était vraiment bizarre de voir son professeur lui demander l'autorisation de faire quelque chose. Puis, un détail dérangeant le frappa subitement.
— Pendant mon sommeil ? Vous serez capable de faire de la légilimencie même si nous ne sommes pas dans la même pièce ?
— Non, finit par répondre Severus après une courte pause.
Il se doutait que son élève serait assez malin pour comprendre. Mais il avait espéré que l'idée le séduirait assez avant qu'il ne prenne conscience de ce que ça impliquait : dormir dans le même lit. Et, bien sûr, cette constatation ne plut guère au garçon qui se leva à nouveau pour crier son refus.
— Donc, en fait, c'est ça. Vous vous fichez complètement de mes cauchemars. Cela vous donne seulement une bonne excuse pour me forcer à venir dans votre lit !
— Je ne te force à rien du tout, Harry, puisque je te demande ton assentiment.
— Mais vous avez caché le fait que je devrai dormir avec vous ! Vous m'avez menti par omission ! Encore une fois !
— Si tu ne veux pas essayer, je ne t'y forcerai pas. Mais ça ne change rien à ma position quant à la potion. Tu n'en auras plus.
Les poings du Survivant se crispèrent dans un mouvement nerveux montrant sa frustration et sa colère.
— Avec les nuits que j'ai passées ces derniers jours, vous pourriez au moins m'en donner une dernière, pour que je puisse récupérer.
— Harry, tu t'es déjà rétabli en grande partie grâce à mon sang. Tu es accro.
— Je ne suis pas accro ! rétorqua le plus jeune, excédé.
— Alors, prouve-le en acceptant de ne pas en prendre ce soir.
Les mâchoires de l'élève se contractèrent à leur tour. Puis, il se réinstalla rageusement sur le canapé, s'emmitouflant dans les couvertures, et marmonna, hargneux :
— Très bien, gardez-la, votre foutue potion. Je n'en ai pas besoin, de toute façon. Et je n'ai pas non plus besoin de vous.
— Comme tu voudras...
Severus soupira. Ceci risquait fort de compliquer encore un peu plus leur relation et leurs échanges à venir. Il se leva sans un mot de plus et rejoignit Draco après avoir fermé la porte.
— T'avais pas moins subtil pour le mettre dans ton lit ? demanda celui-ci.
— Contrairement à ce que vous semblez croire tous les deux, ce n'était pas le but premier, rétorqua le vampire. Dors, maintenant.
De son côté, Harry rongeait son frein. Il en avait marre, des manigances de son professeur. Ce dernier avait beau jouer le gentil vampire qui prend soin de ses calices, il n'en restait pas moins un odieux Serpentard, un tyran et, surtout, un menteur. Deux fois il lui avait caché la vérité aujourd'hui. Mais la deuxième fois, le Gryffondor avait été plus intelligent, et il avait découvert ce que tentait de dissimuler l'homme.
S'il voulait récupérer sa tranquillité nocturne, il devait échafauder un plan. Il allait devoir faire appel à tout son côté Serpentard pour être assez rusé afin que cela passe inaperçu. Et il avait bien l'intention, au passage, de retourner la perfidie de son professeur contre lui.
Il passa donc une grande partie de la nuit à réfléchir aux possibilités qui s'offraient à lui. Jamais il ne l'avouerait, mais il avait peur de fermer les yeux et d'être à nouveau assailli par ses cauchemars. Au fond, il s'était habitué à ce que son professeur vienne le réveiller au moindre signe. Mais, avec ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt, il doutait fort que son sauveur de mauvais rêve accomplisse cette tâche aujourd'hui. De ce fait, dormir le moins possible était la solution la plus censée : moins il fermait les yeux, moins de risques il avait de voir Voldemort et son foutu serpent.
Et puis, il était trop énervé pour dormir, de toute façon. Comment le vampire pouvait-il prétendre prendre soin de lui, alors qu'il refusait de lui donner la seule chose qui lui permettait de dormir ? Cet homme n'était qu'un menteur. Il avait passé sa vie à mentir. Ce n'était pas maintenant qu'il allait arrêter. On ne change pas comme ça, du jour au lendemain.
Malgré toutes ces pensées, vers quatre heures du matin, les yeux du Survivant finirent par rendre les armes, et il s'endormit. Il se retrouva une fois encore dans ce cimetière qu'il trouvait bien trop familier, désormais. Il était déjà à terre. Mais quelque chose avait changé par rapport à d'habitude. Le corps de Cédric n'était plus là. Par contre, les mains en décomposition plus moins avancée qui sortaient du sol étaient bien là, elles. Les doigts, parfois à moitié décharnés, s'agrippaient à lui, l'empêchant de se lever et de fuir. Puis, il entendit le serpent arriver. Mais ce n'était pas Nagini. Non, le serpent avait le visage de Voldemort.
— Comme on se retrouve, Harry Potter. Maintenant que ton cher vampire, ce sale traître de Snape, ne te donne plus de potion de sommeil sans rêve et que tu lui as bien fait comprendre qu'il pouvait s'abstenir de te sauver, tu es tout à moi…
Tout en débitant ces paroles, le serpent s'enroula autour de son cou, faisant plusieurs tours jusqu'à couvrir sa bouche, tandis que les mains décharnées le tenaient toujours plus fort, l'entraînant avec elles dans le sol.
*BAM*
Harry se réveilla en sursaut, complètement emberlificoté dans les couvertures, le souffle court. Il était visiblement tombé du canapé. Il lui fallut quelques minutes pour parvenir à se démêler de ses draps et se remettre sur son lit de fortune. C'était vraiment pénible. Ce canapé était trop petit. Il eut alors l'idée de l'agrandir – après tout, ça lui ferait un petit entraînement pour ses cours. Malheureusement, la chose la plus essentielle pour jeter un sort manquait à l'appel.
— Mais où est-ce qu'elle est, cette foutue baguette ? Je la mets toujours là.
— C'est moi qui l'ai, fit une voix à côté de lui.
Le Gryffondor regarda son professeur, choqué. C'était quoi, ce délire ? Pourquoi avait-il sa baguette ?
— Et pourquoi avez-vous pris ma baguette ? demanda-t-il sur un ton qui montrait parfaitement sa désapprobation quant à cette situation.
— Parce que tu vas devenir instable psychologiquement. Je refuse que tu profites d'une seconde où j'ai le dos tourné pour faire une bêtise.
— Une bêtise ? Vous croyez vraiment que c'est en me privant de baguette que vous m'empêcherez de "faire une bêtise" – pour reprendre vos mots – si je veux vraiment passer à l'acte ?
— Non, bien sûr. C'est pour cela que tu passeras le moins de temps possible seul. Et tu ne pourras te servir de ta baguette que lorsque je serai à proximité. D'ailleurs, que comptais-tu faire ?
Harry fulminait intérieurement. Mais il se força au calme. Ce que venait de lui dire le vampire pourrait peut-être servir ses desseins.
— Je voulais agrandir le canapé.
Snape releva un sourcil.
— Le canapé est trop petit pour toi ? Le lit est cinq fois plus large. Ça réglerait le problème.
— Non, merci. Je préfère encore tomber par terre.
Plus tard dans la journée, alors que le plus jeune tentait de rattraper ses cours en retard, celui-ci se dit qu'il était temps de mettre en marche son plan.
— Severus ?
Le susnommé releva la tête vers lui, un brin méfiant. Ces dernières semaines, l'adolescent ne l'avait appelé par son prénom que pour avoir des faveurs.
— Oui ?
— Si je promets de vous tutoyer, j'aurai une autre révélation ?
— Penses-tu vraiment que quelque chose d'aussi simple mérite une information sur tes parents ?
— Je peux continuer à vous vouvoyer. Ce n'est pas moi que ça dérange…
— Tu es en train de me faire du chantage comme un sale petit Serpentard que tu n'es pas censé être, tu sais ?
Harry ne répondit pas. Il n'y avait rien à répondre à ça. C'était la pure vérité, et il ne comptait pas le démentir. Ce que le vampire ignorait, c'était que ceci n'était que la partie visible de l'iceberg.
— Très bien, finit par répondre le maître des potions en soupirant. Si tu me tutoies toujours demain, je t'en dirai plus. En attendant, il te faudra trouver autre chose si tu veux savoir quoi que ce soit aujourd'hui.
Le jeune homme marmonna dans sa barbe, mais Snape préféra ne pas y faire attention. Il devait sûrement râler contre son manque de coopération pour lui dire ce qu'il savait sur ses parents.
Dans l'après-midi, Harry put récupérer sa baguette afin de s'entraîner à la défense contre les forces du mal. Bien évidemment, c'était Severus qui lui faisait le cours. Sans trop savoir comment, après une suite de sorts dont il se rappelait à peine, le plus âgé se retrouva dos à terre, le Survivant étendu au dessus de lui, le nez sur son torse.
— Potter, c'est vraiment lamentable. On ne croirait pas que tu as vaincu Tu-Sais-Qui en te voyant te battre ainsi.
— Je croyais que tu ne devais plus m'appeler "Potter", releva le Survivant en se redressant légèrement pour regarder son professeur.
Ils étaient très proches. Et, même si ce fut plutôt furtif, il vit parfaitement le regard noir dériver sur ses lèvres pendant une seconde. Son cœur accéléra. Il devait le faire. C'était l'occasion ou jamais.
Fléchissant lentement ses bras, il se rapprocha tout doucement du visage du vampire. Quand il fut assez près pour ne plus voir les traits cireux convenablement, il s'arrêta.
— Tout à l'heure, tu m'as dit de trouver autre chose pour avoir des informations. Est-ce que te permettre de m'embrasser mérite une nouvelle information ?
Cette question était à double tranchant. D'un côté, Severus se disait que c'était l'occasion rêvée de montrer à son deuxième calice que ce n'était pas si terrible d'échanger un baiser avec lui. Mais en même temps, faire cela sous une forme de chantage n'était clairement pas l'idéal. Et il ne pourrait pas tout obtenir du jeune homme ainsi – il se le refusait, question de principes. Pourtant, il avait été le premier à initier ce fameux chantage. Alors, il finit par acquiescer.
— Je pense que oui.
Déglutissant bruyamment, Harry répondit dans un souffle :
— Alors, vas-y.
Oui, oui, ça s'arrête bien ici. Je vous avais prévenu que la fin de ce chapitre serait frustrante pour vous ;)
Comme je l'ai annoncé sur ma page Facebook, je compte faire un nouveau concours en fin de semaine. Comme d'hab, vous n'êtes pas obligé d'avoir Facebook pour participer. Mais avant de le lancer, j'aimerais recueillir vos avis : goo*gl/forms/vt2vVpHEbT (remplacez l'étoile par un point, sinon je l'ai mis sur mon profil (ou plutôt j'ai essayé... Mais impossible de mettre un lien cliquable, merci ffnet))
