Je sais que la coupure du dernier chapitre était sadique. Mais vous commencez à être habitués ;) J'espère que ce nouveau chapitre ne vous fera pas regretter l'attente ! :)

Comme d'habitude, un grand merci à mes deux bêtas qui prennent toujours le temps de corriger mes chapitres pour vous épargner des fautes vraiment bêtes et qui m'aident à me perfectionner n_n Merci aussi à tous pour vos reviews, vos follows et vos favoris, je ne pensais pas en avoir autant un jour sur l'une de mes fics !

RàR :

nepheria4 : Merci ! :)

hathor2 : La réponse tout de suite ;)

nathydemon : Il faut dire qu'en vivant avec deux Serpentards, ça déteint forcément ;)

Drayy : Et la voilà ! :D


Chapitre 18 : Quand le chantage se mêle à la blague

"Alors, vas-y". Ce n'était que trois mots. Mais les trois premiers mots d'un rapprochement important, de l'avis de Severus. Étant donné la façon dont le jeune homme l'avait repoussé jusqu'ici, il n'arrivait pas à croire qu'il avait bien entendu.

Sans geste brusque, très lentement pour lui laisser le temps de se dérober s'il changeait d'avis, il leva ses mains pour prendre le visage d'Harry. Tout aussi lentement, il releva la tête jusqu'à ce que leurs lèvres entrent en contact. C'était léger, plutôt furtif, presque un simple effleurement.

Le Gryffondor en fut grandement étonné. Il s'était attendu à ce que ce soit empressé, voire violent, peut-être même que le vampire lui montre tout son côté dominant. Après tout, il avait refusé tout contact en dehors de la première étape de la fermeture du lien. Il aurait pu comprendre que son professeur profite de la situation pour obtenir ce qu'il attendait – ou, du moins, une partie – depuis plusieurs semaines. Au lieu de ça, les gestes lents et doux de l'homme l'avaient décontenancé. Il avait même failli, de lui-même, réduire à néant l'espace entre eux, se disant que plus vite ce serait commencé, plus vite ce serait terminé. Mais il avait été incapable de faire le moindre mouvement, attendant, comme un condamné à mort redoutant la lame de son bourreau.

Pourtant, s'il s'était préparé à ce que ce soit désagréable, à sentir des lèvres froides et sans doute rêches sur les siennes, et même à être assailli par une mauvaise haleine, ce fut tout le contraire. Les lèvres étaient douces et fraîches, juste ce qu'il fallait pour avoir l'impression de goûter un bonbon, en fait. Son haleine n'avait rien de fétide non plus. Et, comme si son cerveau s'était tout à coup déconnecté de ce qu'il se passait réellement, la langue du Survivant sortit et passa sur la bouche du Serpentard qui s'ouvrit face à la demande implicite.

Harry oublia qui était contre lui et profita allègrement du baiser. Un baiser qui devint rapidement plus enflammé que prévu, plutôt mouillé, mais surtout, très excitant. Tellement que le plus jeune fut surpris de sentir une érection se former dans son pantalon.

À cette constatation, il rompit le contact en se relevant, s'éloignant au maximum de l'homme, jusqu'à ce que son dos touche le mur. Par Merlin, cette réaction n'était pas du tout prévue dans son plan. Qu'allait-il faire ? Il était pratiquement sûr que ça n'avait pas pu échapper au vampire. Celui-ci se releva d'ailleurs à son tour et prit la parole :

— Harry, ce n'est pas grave. C'est même normal dans ta situation d'avoir une…

— Non ! le coupa le Gryffondor en criant presque. Je ne veux pas entendre la fin de cette phrase. Je ne suis clairement pas prêt pour ça. Je… Je vais prendre une douche. Maintenant. C'est ça, une douche. Oui.

Tout en continuant à marmonner des suites de mots, parfois sans queue ni tête, il se précipita dans la salle de bain qu'il ferma à clé. Il aurait bien eu envie de jeter des dizaines de sorts pour s'assurer que son professeur ne pourrait pas rentrer – ou, au moins, qu'il mettrait du temps à défaire chaque sort – mais il avait laissé sa baguette par terre dans son empressement. Et, de toute façon, il doutait fortement que l'homme l'eût laissé seul et enfermé avec sa baguette.

Il soupira. Mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans son cerveau détraqué pour qu'il prenne autant de plaisir à embrasser l'ex-Mangemort ? Jusqu'à avoir une érection ! D'ailleurs, elle n'était toujours pas calmée, cette sale traîtresse. Une douche froide. Oui, c'était la meilleure solution. Pas la plus agréable, certes, mais il était définitivement hors de question qu'il se fasse un plaisir solitaire dans la douche de son professeur, et encore moins en pensant à ce dernier.

oOoOo

Une demi-heure. Cela faisait une demi-heure que "l'incident" s'était produit et que le Gryffondor s'était enfermé dans la salle de bain. Bien sûr, comme le jeune homme n'avait pas sa baguette, il n'avait pas pu s'isoler totalement et Severus savait avec certitude que tout allait bien. Du moins, physiquement. Parce qu'il était incapable de savoir ce que ressentait son calice intérieurement. Et ça le contrariait au plus haut point. Bon, certes, la façon dont le baiser avait été brisé y était aussi pour beaucoup dans sa frustration. Par Merlin, il avait beau être un vampire, il restait aussi un homme ! Et comme il pouvait ressentir les variations physique du corps de ses calices – s'ils ont trop chaud ou trop froid, par exemple, ou encore s'ils se sont blessés –, il pouvait dire sans aucune difficulté qu'Harry tentait de faire partir son excitation à l'eau froide. Très froide. Et ce n'était vraiment pas agréable. C'était même affreusement frustrant.

Il soupira. Il fallait absolument qu'il ait une discussion – probablement déplaisante pour eux deux – avec son deuxième calice. Il était nécessaire de lui faire comprendre qu'il devait évacuer son excitation, pas la contenir, s'il ne voulait pas finir fou à lier.

Alors qu'il réfléchissait à la façon d'aborder ce sujet délicat avec son élève, Draco entra dans l'appartement. Celui-ci remarqua les meubles poussés dans un coin et demanda :

— Il s'est passé quoi ici ?

— Harry a travaillé sa défense contre les forces du mal, répondit Severus en donnant nonchalamment un coup de baguette pour remettre de l'ordre dans la pièce.

Le blond le regarda suspicieusement.

— Et il s'est passé quoi pendant cet entraînement ?

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

— Vraiment ? fit Malfoy en le poussant vers le canapé jusqu'à ce qu'il soit obligé de s'asseoir dessus, avant de s'installer lui-même sur ses genoux. Pourtant, tu n'avais pas rangé le salon. Ce n'est clairement pas dans tes habitudes.

"Foutu Serpentard qui me connaît trop bien", se dit Snape.

— Pourquoi tiens-tu à savoir ? Ça te rend jaloux et je m'en sens responsable. C'est toxique et malsain pour...

— Ferme-la avec ta jalousie à deux mornilles, rétorqua Draco en lui mettant un doigt sur les lèvres. On est trois, maintenant. Ce qu'il se passe entre lui et moi te concerne, et ce qu'il se passe entre toi et lui me concerne également. Alors, raconte-moi ce qui est arrivé.

— Très bien, répondit le maître des potions avec un soupir. Par un malencontreux accident, il est tombé sur moi et m'a autorisé à l'embrasser… Avant de s'enfuir sous la douche parce qu'il avait réagi.

Le plus jeune releva un sourcil, sceptique.

— Un accident, hein ? T'es sûr de ça ?

— Je ne suis plus un ado pour imaginer ce genre de plan tordu.

— Toi, non. Mais lui...

— Ne me dis pas que tu imagines qu'il puisse le faire exprès.

— Pourquoi pas ? Après tout, pourquoi t'a-t-il permis de l'embrasser ensuite, alors que le simple fait d'évoquer la question le fait fuir, habituellement ?

— Pour que je lui donne davantage d'informations sur ses parents.

— Donc, tu as eu un baiser par le chantage. Bravo ! Pour quelqu'un qui me sermonnait parce que j'en avais obtenu un par la contrainte, ce n'est pas très reluisant. Et avec ça, tu penses toujours qu'il n'a pas provoqué la situation ?

— Draco, c'est un Gryffondor, pas un Serpentard. Il n'est pas aussi calculateur que toi.

— C'est ce que tu crois. Il a vécu des années avec Tu-Sais-Qui qui venait faire un petit tour dans sa tête. Et je suis prêt à parier que celui-ci est la vedette de ses cauchemars. Tu devrais arrêter ta façon de faire pour le pousser à venir vers toi avant que ça ne dégénère.

Bien que Severus sût au fond de lui que son premier calice avait raison concernant le chantage, et probablement les rêves aussi, il n'avait pas l'intention de se laisser dicter sa conduite par un adolescent.

— C'est ta jalousie qui parle, petit serpent. Et arrête de nier, je la sens.

— Tu n'as pas le droit d'utiliser tes capacités dans une discussion sérieuse.

— Ça ne fait pas partie des choses que je peux contrôler.

— Fais comme si !

oOoOo

Finalement, la soirée se passa plutôt bien, étant donné la situation. Harry était certes distant – plus que d'habitude –, mais rien de dramatique n'arriva. Snape avait craint un instant que Draco fasse des siennes. Après tout, ce qui arrivait ne le réjouissait guère, et il adorait gêner le Gryffondor. C'était comme une petite vengeance personnelle.

Arriva rapidement l'heure de dormir. Le blond fut le premier à pénétrer dans la chambre. Severus allait le suivre quand la voix d'Harry l'arrêta sur le pas de la porte.

— Je suppose que tu n'as pas changé d'avis concernant la potion.

— Je suppose que tu n'as pas changé d'avis concernant mon offre, rétorqua-t-il.

Aucune réponse ne lui parvint dans la minute qui suivit, et il crut que le jeune homme en resterait là. Mais c'était sans compter sur son entêtement.

— Je n'ai pas oublié pour les infos. Tu m'en devras deux, demain.

Ces paroles lui donnèrent une idée. Une mauvaise idée, assurément. Mais c'était une occasion en or qu'il devait impérativement saisir.

— Je suis même prêt à t'en donner quatre, si tu acceptes qu'on ait une conversation, de ne pas l'écourter et de m'écouter réellement.

Là-dessus, il passa le seuil de la chambre sans attendre de réponse et ferma la porte derrière lui. Il espérait que ce serait suffisant pour convaincre le garçon de l'écouter et, pourquoi pas, pour qu'il fasse ce qu'il lui dirait.

oOoOo

Après de longues heures d'insomnie à ressasser ses pensées, Harry s'était finalement endormi. Mais un bruit le réveilla au bout de seulement quelques minutes. En ouvrant les yeux, il vit ceux, rouges, de son professeur au-dessus de lui. Contrairement à d'habitude, il n'eut pas l'envie de le repousser. Au contraire. Le souvenir du baiser qu'ils avaient échangé, en fin d'après-midi, lui donna plutôt l'envie de recommencer. Et c'est ce qu'il fit. Il l'attrapa par la nuque et scella leurs bouches. Si leur premier échange avait été doux avant de devenir sensuel, il était, cette fois, empressé et passionné.

Le Gryffondor sentit une main se glisser sous le haut de son pyjama. La fraîcheur le fit frissonner. Mais il trouvait cela agréable. Alors, il laissa cette main caresser son flanc, son dos, son torse, son ventre. Puis, l'autre main de l'homme commença à se glisser dans son pantalon. En sentant cette main fraîche sur ses fesses, il se rendit compte de ce qui était en train d'arriver et, surtout, de ce qui s'ensuivrait s'il ne faisait pas cesser tout ça au plus vite. Il mit donc fin au baiser et tenta d'arrêter les mains baladeuses, alors que le vampire en profitait pour enfouir son visage dans son cou. Mais cela ne semblait avoir aucun effet.

— Severus, arrête.

Il se souvenait très bien des nombreuses fois où son professeur lui avait promis qu'il ne ferait rien contre sa volonté. Pourtant, il semblait décidé ce soir à ne pas l'écouter.

— Non. Arrête ! Je ne veux pas faire ça, essaya-t-il à nouveau.

Le Survivant fut surpris de se retrouver les mains enserrées dans une poigne puissante au-dessus de sa tête. Mais ce qui le choqua le plus, ce fut lorsque la tête de l'homme sur lui se releva. Ce n'était pas le maître des potions. Les yeux rouges le fixaient tandis que les lèvres pâles s'étiraient en un sourire mauvais. Le teint gris, le nez quasi absent, tel un serpent, le crâne sans cheveux. Il ne pouvait y avoir aucun doute sur l'identité de son agresseur.

— Bonsoir, Harry. Je constate que tu as une sérieuse attirance pour les hommes plus âgés que toi, finalement. Dis-moi, qui as-tu préféré embrasser ? Severus ou moi ? demanda Voldemort.

Le Survivant cria et se débattit. Non, ce n'était pas possible. Voldemort, l'assassin de ses parents, celui qui avait tant essayé de le tuer ces dernières années, il était mort. Harry était là. Il avait vu les yeux se vider de toute vie.

— Harry ! Harry, regarde-moi !

Il obéit et ouvrit ses paupières pour tomber à nouveau sur les iris rouges de son professeur. Mais, au lieu de le rassurer, cela le fit paniquer davantage, son rêve étant encore très persistant dans son esprit.

— Non ! Non, laisse-moi !

— Calme-toi. Tu es en sécurité, ici. Il ne t'arrivera rien.

Il fallut encore quelques minutes pour que le jeune homme cesse enfin de crier et de repousser son aîné. Quand ce fut le cas, il avait encore le souffle court et tremblait de tous ses membres. Severus le tenait dans ses bras, fermement, pour le forcer à se calmer et l'empêcher de se blesser par des gestes trop violents.

Lorsque la respiration redevint normale et que les tremblements s'arrêtèrent, la voix cassée du plus jeune s'éleva faiblement :

— Il faut que tu me donnes de la potion. S'il te plait. C'est trop dur. Je ne peux plus supporter ces cauchemars. Ils ont l'air tellement réels. Je t'en supplie, donne-moi rien qu'une dernière fiole.

— Je suis désolé, Harry. Je ne peux pas t'en donner.

Le susnommé se remit à repousser son professeur, frappant son torse chaque fois qu'il en avait l'occasion.

— Tu avais promis ! Tu n'es qu'un foutu menteur ! C'est pire qu'avant !

Severus ne tenta même pas d'éviter les coups. Il se contenta de les encaisser, sans rien dire. Au bout d'une dizaine de minutes, épuisé à force de se débattre, le Gryffondor finit par se calmer et se rendormir. Même en sachant qu'il lui en voudrait au réveil, le vampire le souleva dans ses bras et l'emmena dans le lit où dormait encore Draco. Heureusement qu'il avait pensé à jeter un sort de silence quand il avait entendu Harry commencer à se débattre contre les fantômes de son cauchemar.

Comme si c'était déjà une habitude, Harry pelotonna son dos contre le torse du plus âgé, tandis que le blond se collait au dos de ce dernier, comme la veille lors de la première partie de la fermeture du lien. Il espérait que les deux heures qu'il restait à dormir seraient calmes.


Tout ce que je dirais, c'est que... Vous allez adorer le prochain chapitre ! :p Comment ça, je tease méchamment ? Si peu XD

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