Je crois que le cauchemar du chapitre précédent en a traumatisé quelques uns XD Promis, dans celui-là, rien d'horrible ne se passera, au contraire :D

Merci encore à mes bêtas pour leur super travail de relecture, et à tous ceux qui me suivent fidèlement ! À la fin du mois, cela fera déjà six mois que j'ai écrit les premiers mots. Incroyable comme le temps passe vite !

RàR :

Drayy : Oui, je pense que ce chapitre plaira ! :p


Chapitre 19 : Une blague au réveil ?

Severus avait longuement hésité. Il savait que le jeune homme allait sans doute lui en vouloir de ne pas avoir respecté son choix de ne pas dormir avec lui. Et il savait qu'il lui en voudrait encore davantage si, en plus, il pénétrait dans son esprit sans son accord. Mais, au fond, un peu plus ou un peu moins sur l'échelle de la colère du Gryffondor, cela changerait-il vraiment quelque chose ?

Finalement, il se contenta de le ramener dans un sommeil léger chaque fois qu'un rêve venait le perturber. Ainsi, il pourrait au moins avancer qu'il n'avait pas vraiment trahi sa confiance, ni profité de la situation, et lui faire avouer que c'était plus agréable de dormir ainsi.

À six heures, il relâcha le brun en sentant un mouvement derrière lui et se tourna vers son premier calice qui émergeait doucement.

— Sev' ? Pourquoi tu étais de dos ? demanda le blond d'une voix encore ensommeillée.

— Parce que c'est plus simple pour empêcher Harry de faire un cauchemar.

— Hein ?

Oui, ce fut la réponse la plus intelligente qu'il parvint à émettre. Pour sa défense, il manquait encore cruellement de sommeil dans son quota. Merci Potter et ses délires nocturnes.

— Il a enfin accepté de dormir avec nous ? Tu l'as drogué ou quoi ?

— Bien sûr que non. Il ne sait pas encore qu'il a fini la nuit ici. Il a fait un cauchemar vers quatre heures. Il m'a fait une crise pour que je lui donne de la potion de sommeil sans rêve. Il s'est finalement rendormi quand l'épuisement a été trop important et je l'ai amené ici.

— Je vois. Ça explique le pantalon, j'imagine. Ça promet encore une belle crise de hurlements indignés. Je vais donc de ce pas me préparer et sortir d'ici avant que ça ne commence. J'en ai plus qu'assez de l'entendre se plaindre.

Avant qu'il ne soit complètement sorti du lit, une main sur son bras l'arrêta.

— Je suis désolé, Draco. Je n'ai jamais voulu tout ça.

— Je sais, répondit-il avec un soupir. Mais ça ne rend pas les choses plus simples.

Il se dégagea de la prise et se dirigea vers la salle de bain. Alors qu'il allait passer la porte, il se retourna vers le plus âgé, un sourire mutin sur les lèvres.

— Néanmoins, si tu veux que je te pardonne, tu sais ce qu'il te reste à faire, ce soir.

— Et dire que c'est moi qu'on traite de pervers dans cette histoire, marmonna Snape, plus pour lui-même, tandis que le blond avait disparu de son champ de vision.

oOoOo

Harry se sentait encore fatigué. Il n'avait pas vraiment envie de se réveiller. Surtout qu'il ne se souvenait pas avoir refait un cauchemar après s'être rendormi. Attendez. Il ne se souvenait même pas s'être rendormi, en fait ! Son professeur aurait-il finalement craqué ? Non, c'était peu probable.

Remettons les choses dans l'ordre. Il avait fait un horrible cauchemar où il embrassait son professeur qui s'était finalement révélé être Voldemort. Il s'était alors réveillé pour tomber nez à nez avec Snape. Et il avait supplié ce dernier de lui donner de la potion de sommeil sans rêve. Par Merlin, il avait supplié Snape ! Et malgré ça, ce sale serpent vicieux avait refusé de lui offrir la délivrance ! Alors, il s'était mis à le frapper – pour se défouler ou se venger, il ne savait plus trop. Ce qu'il savait, en revanche, c'est que le vampire n'avait pas dû avoir très mal. Et qu'il avait fini par tomber de fatigue dans les bras de celui-ci.

En parlant de bras, n'en serait-ce pas un qu'il sentait peser sur son flanc, en ce moment même ? Il ouvrit les yeux et ce qu'il vit confirma ce qu'il craignait : il était dans le lit du maître des potions. Celui-ci ne bougeait pas, d'ailleurs. Une question lui vint alors en tête : les vampires dormaient-ils ? Il espérait que oui. Ainsi, il pourrait se lever, s'éclipser de la chambre discrètement, et faire comme si rien ne s'était passé. Oui, faire l'autruche était une technique indigne des Gryffondors. Mais, pour sa défense, cela faisait plus d'un mois qu'il vivait avec deux Serpentards. On ne pouvait donc le blâmer d'en prendre certains penchants. En même temps, Snape prenait un malin plaisir à l'obliger à assumer ses décisions et ses actions. Il serait donc intéressant que lui-même retourne cette tendance contre son professeur.

Après quelques minutes d'intense réflexion, Harry finit par se décider.

— Est-ce que les vampires ont besoin de dormir ? demanda-t-il sans bouger.

— Non.

Si Severus fut surpris par la question, il n'en montra rien, son ton restant parfaitement neutre. Comme à son habitude, pourrait-on dire.

— Pourquoi faire semblant, alors ?

— Pourquoi pas ?

Le Gryffondor attendit une suite qui ne semblait pas vouloir arriver. Son professeur se moquait-il de lui ? Il était prêt à sortir du lit et finalement faire comme si jamais rien ne s'était passé – pas de baiser, pas de cauchemar horrible cette nuit, pas de fin de nuit dans le lit du vampire –, mais le bras qui l'entourait l'en empêcha et la voix derrière lui se manifesta à nouveau.

— Il faut qu'on parle, Harry.

— C'est toi qui ne réponds pas quand je te pose une question, bougonna le plus jeune, agacé que l'autre utilise sa force pour l'obliger à rester là.

— Peut-être que je n'aime tout simplement pas parler aux murs.

À ces mots, la prise autour de son torse disparut. Mais il se doutait que c'était uniquement une invitation à se retourner, et non une autorisation à sortir du lit. Bon, après tout, il avait été le premier à engager les hostilités en posant une question. Il ne pouvait donc s'en prendre qu'à lui-même. Quoiqu'il ne serait pas dans cette situation si son choix de ne pas dormir avec les deux Serpentard avait été respecté. Mais chaque chose en son temps.

Soupirant pour la forme, il se retourna pour faire face au plus âgé.

— Alors ? finit-il par demander, voyant que l'autre ne semblait pas décidé.

— Alors, je ne fais pas semblant. Je profite juste de ces moments pour me reposer. Et parce que c'est agréable. N'es-tu pas d'accord ?

S'il devait être totalement honnête, il pourrait répondre que, effectivement, ce n'était pas désagréable. Mais là n'était pas la question.

— Je croyais que tu ne me forcerais à rien. J'avais refusé de dormir avec vous. Alors, pourquoi m'avoir quand même amené ici ?

— Sais-tu combien de temps tu as dormi après ta crise, cette nuit ?

Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas le rapport. Mais il n'eut pas le temps de répondre que Snape reprenait déjà.

— Un peu plus de quatre heures. Te souviens-tu avoir fait un cauchemar ?

Le Gryffondor secoua la tête négativement. En effet, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi.

— Chaque fois que j'ai pu sentir les prémices d'un mauvais rêve, je te sortais du sommeil profond dans lequel tu étais, juste ce qu'il fallait pour que tu ne sois plus en proie aux cauchemars, sans pour autant te réveiller complètement. Sur ces quatre heures, j'ai dû le faire six fois. Ne trouves-tu pas égoïste de vouloir continuer à dormir sur le canapé, m'obligeant à me lever aussi souvent en prenant le risque de réveiller Draco à chaque fois ?

— Je ne t'ai rien demandé, se renfrogna le Survivant.

— Ce que tu ne comprends pas, c'est que je ne peux pas te laisser dans tes cauchemars. Non seulement parce que tu es mon calice, mais aussi parce que, depuis deux nuits, tu cries lorsque tu en fais un. J'ignore si c'est dû au fait que tu aies bu mon sang et à ta nouvelle condition, mais c'est ainsi. Je n'ai pas besoin de dormir, mais Draco, si. Tu l'as bien assez privé de sommeil ces derniers jours.

Harry détourna les yeux à la mention de ces quelques jours passés où il s'était obstinément – à tort – refusé à boire le sang de son aîné. Il se sentait bien assez coupable pour ne pas avoir besoin qu'on lui rappelle qu'il avait fait vivre un enfer à tout le monde ces derniers temps.

— Réponds-moi honnêtement, repris l'homme. Est-ce si désagréable de se réveiller à mes côtés ? Préfères-tu vraiment continuer à passer la nuit sur le canapé, à faire des cauchemars, plutôt que de dormir dans ce lit en sachant que je peux t'empêcher de rêver aussi efficacement que la potion de sommeil sans rêve ?

Non, bien sûr que ce n'était pas aussi désagréable qu'il voulait bien le faire croire. Mais à la mention de la potion qu'il avait si ardemment désirée ces deux derniers jours, Harry se rappela son plan. Peu importe ce que disait son professeur, il préférait rester sur le canapé et boire la potion – il avait besoin de cette potion ! – que d'être dans ce lit. Il savait qu'il n'avait pas le choix et qu'arriverait forcément un moment où il faudrait qu'ils… qu'ils… Oui, bon, même en pensées, il était incapable de mettre des mots là-dessus. Et puis, zut ! Le fait qu'il doive faire ça avec le vampire ne voulait pas dire qu'il doive tout faire avec lui. Il avait le droit à un peu d'intimité aussi !

— Non, finit-il par répondre, d'assez mauvaise grâce.

Mais c'était pour mieux servir son plan pour récupérer la potion de sommeil sans rêve. Si son professeur pensait qu'il ne cherchait plus à en obtenir, il serait moins méfiant et plus apte à lui en redonner plus tard.

— Tu me dois déjà quatre informations sur mes parents. Si j'accepte de dormir ici cette nuit, j'en aurai une cinquième ? D'ailleurs à bien y réfléchir, je devrais même en avoir une sixième, pour compenser le fait que n'as pas respecté ma décision.

— N'abuse pas, non plus. Je n'ai pas vraiment trahi ta confiance. J'aurais pu entrer dans ta tête, je ne l'ai pas fait. Et, pour le moment, je ne t'en dois que deux. Les deux supplémentaires, ce n'est que si l'on discute et que tu m'écoutes sérieusement.

— C'est ce que je fais, non ?

— Ce n'était pas de ça dont je voulais parler.

— Très bien, dit le plus jeune dans un soupir. Parlons, alors. Mais on est bien d'accord que j'aurai droit à six infos, ensuite ?

— Cinq. Ce matin ne compte pas.

— Va pour cinq. J'aurais au moins essayé.

Severus ne savait pas très bien comment aborder ce sujet délicat.

— Alors ? De quoi voulais-tu qu'on parle ? le pressa le Gryffondor.

"S'il savait, il ne serait pas aussi impatient", pensa l'ancien Mangemort.

— De ta réaction, hier.

Bingo. À ces simples mots, le Survivant se tendit, clairement sur la défensive. Il continua néanmoins sur sa lancée, sans lui laisser le temps de l'interrompre.

— Je sais que tu n'as pas envie d'en parler, et je te demande seulement de m'écouter. Je peux sentir plus ou moins tout ce que tu ressens physiquement. Je sais quand tu as trop chaud, quand tu as froid, quand tu as faim… Et quand tu es excité. Je sais donc aussi quand tu es frustré, parce que tu tentes de te calmer à coup d'eau froide.

Au fur et à mesure des mots qui sortaient de sa bouche, il pouvait voir les joues de son calice se colorer dans une teinte rose jusqu'à virer au rouge. Intérieurement, il trouvait ça amusant. Mais il n'en montra rien, se doutant que ce serait très mal perçu, et poursuivit :

— Tu dois comprendre que la frustration est ce qui t'amènera le plus rapidement à la folie. Je suis parfaitement disposé à attendre que tu sois prêt. Mais tu dois, de ton côté, faire ton maximum pour que ta santé mentale reste intacte le plus longtemps possible. Et pour ça, il n'y a pas trente-six solutions : masturbe-toi, jusqu'à ce que tu te sentes satisfait et que la frustration ait disparu. Je me fiche de savoir comment tu t'y prends ou à qui tu penses à ce moment-là. Seulement, fais-le. Sache aussi que, même si tu n'es pas prêt à passer à l'acte, Draco et moi pouvons t'aider à te soulager, si tu le souhaites.

Non, mais… Il se moquait de lui ? Harry – qui avait détourné le regard depuis longtemps, trop gêné par cette conversation qui lui semblait surréaliste – fixa ses yeux éberlués sur son professeur, choqué par cette tirade. C'était une blague ? Il ne pouvait pas être sérieux, n'est-ce pas ? Demander de l'aide pour se débarrasser d'une érection. Et puis quoi encore ?

— Tu te moques de moi, là ?

— Je suis très sérieux, Harry.

— Merci, mais non merci. Je sais faire ça tout seul…

Snape se doutait de la réponse qu'il obtiendrait. Mais, au moins, si le Gryffondor changeait d'avis plus tard, il saurait déjà qu'il pourrait demander. Même s'il avait du mal à imaginer ce genre de scène à l'heure actuelle.

— Bien. Tu vas donc aller prendre une douche et me prouver que tu as compris tout ce que je viens de te dire. Ton petit-déjeuner sera dans le salon dans une demi-heure. Tu peux donc prendre ton temps.

Et sans autre forme de procès, le Serpentard quitta le lit et la pièce. Ses dernières paroles atteignirent enfin le cerveau du Survivant. Celui-ci baissa les yeux et remarqua enfin la bosse qui déformait son pyjama.

"C'est pas vrai ! Sale traîtresse ! T'as pas le droit de réagir devant lui !"

"Avoue pourtant que la perspective de ses longs doigts s'enroulant sur ta queue pour faire un délicieux mouvement de va-et-vient, tandis que le jeune Malfoy te dévore la bouche, aspirant ta langue entre ses délicates lèvres, est des plus excitant !", lui répondit une voix dans sa tête, lui envoyant par la même l'image mentale de ce qu'elle venait de décrire.

Et cette fois, il n'avait pas de doute : c'était bien la voix de Salazard Serpentard, exactement la même que le tableau à l'entrée de l'appartement. Il ne manquait vraiment plus que ça...

— Ferme-la ! Je n'ai vraiment pas besoin de ce genre d'image.

Passablement énervé, et avec une érection qui avait encore augmentée, Harry se dirigea vers la salle de bain. Oui, il allait se masturber. Mais certainement pas en pensant à son professeur. Non. Il penserait à une fille !


Alors, à votre avis, comme ça va se passer dans la douche ? :D Nous sommes maintenant dans le rating T. On y restera dans le prochain chapitre... Et je n'en dirai pas plus ;)

Pour rappel, j'ai ouvert un nouveau concours et vous avez encore deux semaines pour y participer :) www*facebook*com/tatsuchanffnet/posts/886407474746553

Je vous annonce également que j'ai créé un calendrier de l'avent du yaoï ! :D www*facebook*com/tatsuchanffnet/posts/890316944355606

Toujours pareil : inutile d'avoir facebook (c'est uniquement pour que vous ayez les explications) et les liens sont cliquables sur ma page profil n_n