Certains d'entre vous ont plus ou moins deviné ce qui allait arriver dans la douche ;) J'espère que la scène vous plaira :p
Merci à vous, lecteur pour votre fidélité et vos messages d'encouragement, ainsi qu'à mes bêtas pour leur fabuleux travail ! n_n
RàR :
Guest : Merci pour ta review :) Mais je t'avoue que je n'ai pas compris le début.
Matsuyama : Merci pour ta review :) Mais Harry n'a jamais eu d'intimité avec les auteurs et lecteurs de fanfics :D
Drayy : Merci pour ta review :)
Chapitre 20 : Quand le chantage tourne à la blague
Si Severus entendit bel et bien le "ferme-la" du Gryffondor, il ne s'en formalisa pas plus que ça. Le plus important, à l'heure actuelle, était que le jeune homme comprenne l'importance de ne pas se frustrer inutilement et de se débarrasser de ses cauchemars. Ce dernier point ne semblait pas gagné.
Il attendit patiemment que les trente minutes soient écoulées pour commander un petit-déjeuner aux elfes de maison, restant attentif à ce que ressentait physiquement son calice. Il lui avait donné une demi-heure, pour être large, se doutant que le Survivant ne serait pas forcément ravi de devoir se livrer à ça et mettrait sans doute du temps avant de se décider à faire ce qu'il fallait. Mais il fut étonné, après une quinzaine de minutes, de se rendre compte que, malgré le plaisir qu'il avait pu ressentir à travers le lien partiel qui les unissait, le plus jeune bandait encore. À quoi donc avait-il bien pu penser pour être obligé de se masturber deux fois de suite avant d'être calmé ? Voilà une question à laquelle il n'aurait sans doute jamais de réponse.
oOoOo
Après s'être enfermé dans la salle de bain, Harry avait hésité un moment avant de passer à l'action. En effet, l'idée que l'homme savait ce qu'il faisait le perturbait au plus au point. Surtout que, s'il savait quand il était excité, il savait aussi sans doute quand il ne l'était plus. En gros, si le vampire avait été devant lui à le regarder, cela aurait été tout aussi gênant.
Mais, en même temps, s'il ne le faisait pas, il était sûr qu'il aurait à nouveau droit à une discussion sur le sujet. Et il n'en avait vraiment pas envie. Une fois était plus que suffisante, et même de trop. Il tenta donc d'occulter au mieux la pensée que son professeur savait avec précision ce qu'il faisait et se mit à la tâche.
Par bonheur, la voix de Salazard, qui semblait avoir décidé de lui servir de (mauvaise) conscience, était aux abonnés absents. Malheureusement, les paroles qu'il avait entendues plus tôt dans sa tête y avaient ancré des images tenaces. Il avait beau tenter de penser à Ginny ou à n'importe quelle autre femme qu'il trouvait séduisante – ce qui ne laissait pas un choix très large, avouons-le, étant donné qu'il n'avait pas eu beaucoup le loisir de se pencher sur ses attirances sexuelles ces dernières années –, le couple de Serpentards avec qui il vivait ne cessait de revenir en premier plan. Draco et sa bouche experte qui embrassait, léchait ou suçait la peau qui tombait sous ses lèvres roses. Severus et ses mains habiles qui se promenaient sur sa peau, le faisant frissonner par leur fraîcheur.
Les yeux fermés, le front contre la paroi de la douche, une main virevoltant sur son torse et l'autre caressant vivement sa hampe dressée, Harry ne mit pas longtemps à atteindre la délivrance. Pourtant, les images ne quittaient toujours pas son esprit et son érection n'avait que peu faibli avant de reprendre toute sa vigueur.
— Bon sang, c'est pas vrai, marmonna-t-il en fixant son sexe. C'est pour me punir du traitement que je t'ai infligé hier, hein ?
Oui, il parlait à son "mini-moi", comme certains l'appelaient. Il estimait qu'il n'était plus à une bizarrerie près, désormais. Résigné, il soupira et referma les yeux, essayant à nouveau de penser à autre chose qu'aux deux hommes, mais peine perdue. C'était encore les mains du vampire qui remplaçaient les siennes dans son fantasme et qui l'emmenèrent à une nouvelle jouissance. Il passait définitivement trop de temps avec eux. Il lui faudrait trouver le moyen de voir Ron, Hermione, Sirius et Rémus plus souvent. Mais la perspective que son cerveau détraqué les utilise alors pour créer de nouveaux fantasmes le fit frissonner d'horreur.
Quand le Survivant sortit finalement de la douche, une question le tarauda : son professeur ressentait-il tout ce que lui-même ressentait physiquement, au sens propre ? L'idée qu'il venait peut-être de le faire jouir – deux fois, en plus ! – en se masturbant lui-même lui donna soudain envie de se terrer au fond d'un trou et de ne plus jamais en ressortir. Comment pourrait-il à nouveau le regarder en face ? Déjà que le fait de ne plus avoir aucune intimité était horriblement gênant. Là, on atteignait des sommets !
Il devait en avoir le cœur net. Déglutissant difficilement, il entra dans le salon et jeta tout de suite un regard à l'homme blafard qui était assis à son bureau. Il le scruta dans les moindres détails, cherchant toute trace montrant que, en plus de savoir ce qu'il s'était passé dans la salle d'eau quelques minutes auparavant, le maître des potions avait aussi profité de la fête. Mais, comme à son habitude, celui-ci était parfaitement impassible. Et quand il releva les yeux, Harry détourna les siens vivement. Trop tard, apparemment.
— Pourquoi me dévisages-tu ainsi ?
— Euh… Je…
Mince, comment pouvait-il aborder le sujet ? Il ne se voyait franchement pas lui demander de but en blanc : "En fait, je me demandais si, quand tu dis que tu ressens tout ce que je ressens physiquement, ça veut dire que tu bandes quand je bande et que tu jouis quand je jouis ?". Non. Définitivement, non. Il fallait qu'il demande de façon plus subtile et générale.
— Je me demandais… Tu m'as dit tout à l'heure ressentir tout ce que je ressentais moi-même physiquement. Est-ce que c'était au sens propre ? Genre, si j'ai froid, tu as froid aussi ?
Ouais, c'était bien présenté ainsi ! Parfait pour noyer le poisson.
— Je vois, commença Snape avec un petit sourire en coin. Tu te demandes si, en te masturbant, tu me fais également jouir à travers le lien, n'est-ce pas ?
Pas assez noyé, le poisson, visiblement… Ne pouvait-il donc pas se contenter de répondre simplement à la question ? Rougissant, le Gryffondor tenta, le plus dignement possible, une fuite en s'installant pour manger son petit-déjeuner. S'il avait la bouche pleine, il prendrait moins de risques de se ridiculiser.
— Harry.
La voix qui l'appela était étrangement proche. En relevant les yeux, il vit son professeur assis à côté de lui. Sursautant, il lâcha la tartine qu'il tenait dans sa main et buta contre l'accoudoir en voulant s'éloigner. Bordel, mais qu'est-ce qui clochait chez ce type pour agir ainsi ? On ne s'approchait pas des gens sans prévenir et sans bruit ! Et surtout pas aussi près.
— Je n'avais pas l'intention de te faire peur, dit l'ancien Mangemort en tendant la tartine qu'il avait rattrapé au vol.
Le regardant avec méfiance, le jeune homme récupéra sa tartine et se remit à la manger sans cesser de fixer l'adulte qui reprit la parole.
— Cela te serait si insupportable si je te répondais "oui" ?
Harry ne répondit pas mais détourna à nouveau le regard. Apparemment, ce n'était pas la réaction attendue, à en juger par le soupir qui venait de s'élever dans le silence.
— Non. Ce n'est pas au sens propre. C'est seulement une sorte d'empathie. Je sais ce que tu ressens plus que je ne le ressens moi-même. Un peu comme tu sais lorsque quelqu'un est triste ou heureux quand tu le vois. Néanmoins, ça ne m'empêche pas d'y réagir. Et je suis assez curieux de savoir à quoi tu as pu penser tout à l'heure, pour devoir t'y reprendre à deux fois.
Si le Survivant avait pu plonger dans son verre de jus de citrouille, il l'aurait fait sans hésiter et y serait resté jusqu'à la fin des temps. Décidément, il aurait peut-être mieux fait de rester couché et de ne pas ouvrir la bouche. Tout allait de travers depuis qu'il s'était réveillé.
— Mais j'imagine que tu n'as pas l'intention de me le révéler, ni aujourd'hui, ni jamais. Je vais donc prendre à mon tour une douche et tenter de deviner ce que tu as toi-même imaginé.
À ces mots, le vampire disparut de son champ de vision tandis que le plus jeune avalait sa gorgée de travers et s'étouffait jusqu'à en avoir les larmes aux yeux. Du jus de citrouille par le nez, c'était horrible, vraiment. Une fois calmé, il fixa la porte de la chambre depuis laquelle il pouvait entendre le bruit de l'eau couler.
"Il vient de me dire qu'il allait se masturber en pensant à moi, là ?!" se demanda-t-il, incrédule.
"On dirait bien", répondit la petite voix devenue familière.
— Oh non, pas toi, j'ai eu ma dose…
oOoOo
Lorsque Severus revint dans le salon, son calice avait fini de manger et s'était plongé dans ses cours. Il décida de le laisser tranquille pour le moment. Il avait tout le temps pour lui révéler des choses sur sa mère et pour le convaincre d'arrêter de jouer la tête de mule. La fin de la matinée se passa donc calmement. On entendait presque les mouches voler.
Après le repas du midi, chacun reprit ses activités, toujours dans le silence. Jusqu'à ce que le maître des potions craque. En effet, Harry avait apparemment décidé de ne plus ouvrir la bouche. Et il était grandement étonné de ne pas encore avoir été harcelé pour révéler les cinq informations qu'il lui devait. Mais surtout, il y avait une chose qu'il mourait d'envie de faire. Depuis des semaines. Et il avait assez attendu, selon lui.
Il s'approcha donc pour venir s'asseoir sur un fauteuil et prit la parole.
— Harry. Il y a un sujet que nous devons aborder.
Le susnommé se tendit instantanément sans pour autant lever le nez de son bouquin. Il priait intérieurement pour que ledit sujet n'ait aucun rapport, de près ou de loin, avec le sexe. La scène du matin lui avait largement suffi. Il attendit donc de savoir quelle nouvelle tuile allait lui tomber sur la tête.
— Même si j'ai Draco, cela fait des semaines que j'ai très envie de boire ton sang et que je me retiens, principalement parce que tu n'étais pas en état. Mais aujourd'hui, j'estime avoir le droit de réclamer enfin ce privilège.
Le Survivant regarda son professeur avec des yeux horrifiés. Il avait complètement oublié le détail de la morsure. Et, au souvenir de celle qu'il avait subie ce fameux soir où tout avait commencé, il n'avait absolument aucune envie de renouveler l'expérience.
Voyant qu'il se braquait déjà, Snape tenta de le rassurer :
— Je peux t'assurer que tu ne ressentiras aucune douleur, si c'est ce qui te fait peur. Et, si ça peut t'aider, je suis prêt à te mordre au poignet. Tu n'auras ainsi aucune difficulté à te soustraire à moi si jamais ça ne va pas.
Il pouvait entendre le cœur du jeune homme tambouriner de façon frénétique dans sa poitrine. Il semblait un peu moins effrayé, mais il restait toujours méfiant. Peut-être qu'une petite motivation supplémentaire pourrait le convaincre.
— Si tu m'offres ton bras, je te laisserai entrer dans ma tête. Pour voir les souvenirs de ta mère qui y sont.
Visiblement, cette perspective intéressa grandement le Gryffondor. Mais ce n'était pas ce qu'il croyait. En effet, celui-ci venait de se dire que c'était le moment rêvé pour mettre son plan à exécution. Il referma donc son livre dans un claquement, le posa et se leva pour s'approcher de l'ancien Mangemort qui haussait un sourcil, dubitatif quant à la tournure que prenaient les événements. Il se posta devant lui, mit ses mains sur les accoudoirs, de chaque côté de l'homme et lui dit en le regardant droit dans les yeux :
— J'ai une autre proposition : je t'échange mon sang et toutes les informations que tu devais me donner aujourd'hui contre une potion de sommeil sans rêve. Je te laisserai même me toucher pendant que tu me mords, à la condition que tu me donnes la potion d'abord.
Ce fut au tour du vampire de regarder son vis-à-vis avec des grands yeux choqués. Lui qui pensait que le gamin avait fait le plus dur dans son sevrage, il s'était finalement planté. Et en beauté.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Harry se retrouva allongé sur le canapé, un Severus aux yeux rougeoyants au-dessus de lui.
— Hé ! fit-il outré. J'ai dit que j'étais d'accord seulement si tu me donnais la potion avant !
— Sérieusement ? gronda la voix grave qui arrêta net les tentatives du plus jeune pour échapper à la prise dont il était victime. As-tu vraiment idée de ce que tu me proposes ? Tu refuses de dormir avec moi, mais tu es prêt à me vendre ton sang et ton corps pour une misérable potion qui n'a qu'un effet éphémère ?
Le Survivant ouvrit les yeux en grand, choqué par ces paroles. Vendre son corps ? Bien sûr que non ! Ce n'était pas comme s'il avait accepté de compléter le lien en échange de la potion.
— Je ne t'ai pas permis de me toucher intimement ! J'étais seulement d'accord pour te laisser passer les mains sous mon t-shirt ! Alors, non, je ne te vends pas mon corps !
— Non, mais tu t'entends un peu ? s'emporta le vampire. Tu veux bien que je te caresse, mais pas qu'on dorme dans le même lit ? Explique-moi en quoi c'est différent.
Harry eut un instant d'hésitation. Il avait effectivement proposé des attouchements sommaires, et passer la nuit aux côtés du vampire n'incluait pas forcément un contact physique. Mais un détail faisait toute la différence.
— Ce qui est différent ? C'est que tu veux qu'on dorme ensemble toutes les nuits. Je trouve ça très différent, quelque minutes comparées à toutes les nuits à venir.
Severus renifla avec mépris.
— Je pensais Draco de mauvaise foi, mais tu n'as rien à lui envier, à ce que je vois. Je vais te dire ce qu'il y a de vraiment différent : ce que tu proposes, ce sont des caresses de quelques minutes pour une potion d'une nuit, tandis que je t'offre un lit confortable et des nuits complètes de sommeil, sans cauchemar… Et sans te toucher, si tu ne le souhaites pas. Alors, quoi ? Tu comptes me laisser te tripoter tous les jours pour avoir une nouvelle fiole ? Et quand j'en aurai assez de ne pas en avoir plus, tu me laisseras aller plus loin ?
Le Gryffondor prit soudain conscience de ce qu'il venait de faire. Et surtout de ce qui aurait pu se passer. Pour une stupide potion. Qui n'aurait pu l'aider qu'une seule nuit. Il se sentit tellement bête qu'il en aurait presque pleuré.
De son côté, Severus se rendit compte que la solution du chantage pour pousser son deuxième calice à venir à lui était définitivement une mauvaise idée. Il n'avait donc plus le choix. Il allait devoir lui poser un ultimatum. Encore.
— Ça suffit, maintenant, Harry. Soit tu dors dans la chambre à partir de ce soir pour que je t'empêche de faire des cauchemars, soit tu me laisses pénétrer ton esprit pour que je t'aide à régler définitivement le problème.
Dans le prochain chapitre, vous aurez droit à une scène que beaucoup attendent sans doute depuis longtemps : la fameuse première morsure :D En attendant, à votre avis : Harry va-t-il choisir de laisser Snape entrer dans son esprit, ou va-t-il préférer dormir avec les deux Serpentards ?
N'oubliez pas le concours, il ne vous reste plus qu'une semaine pour participer : www*facebook*com/tatsuchanffnet/posts/886407474746553
J'ai aussi lancé un sondage pour savoir quelle version de la cover de cette fic vous préférez : goo*gl/forms/lQupI39RKN N'hésitez pas à voter, je changerai la cover (ou pas) selon les résultats. Et vous n'avez que jusqu'à lundi prochain pour voter !
