Chapitre 7
La porte du Metal Bloody Saloon s'ouvrit en grinçant.
« Ma parole, mais... c'est Miimé ? Et ne serait-ce pas le jeune Tadashi ? Quel bon vent vous amène dans le coin ? Je parie que vous êtes venus faire provision d'alcool ! Et qui est cette adorable fillette qui fait sa timide ? Pourquoi le gamin n'est-il pas avec vous ? »
Le patron du bar était un Octodian, un extra-terrestre doté de huit bras et doué d'une taille et d'une force peu communes. Bobsdqildjavlb était son nom. Mais comme quasi aucun humain n'était capable de le prononcer, il avait sans grand regret adopté le patronyme de Bob.
Nul à bord de l'Arcadia ne connaissait la nature exacte des relations qu'il entretenait avec Harlock mais il était évident qu'ils se connaissaient bien. Très bien, même. Les hommes étaient toujours stupéfaits de la familiarité avec laquelle le géant s'adressait à leur supérieur.
Oser l'appeler « gamin » devant son équipage !
Connaissant l'ego et le tempérament irascible de leur capitaine, le fait que le barman soit toujours en vie restait un parfait mystère.
L'Octodian était un célibataire endurci et, pour meubler le silence de sa solitude, il avait pris l'habitude de beaucoup parler. Tout à son enthousiasme de bientôt revoir le jeune pirate, il n'avait pas encore remarqué que ses interlocuteurs observaient un mutisme complet. Ce n'est que lorsqu'il en eut terminé avec son avalanche de questions et qu'il prit le temps de les regarder avec attention qu'il comprit que la situation était grave.
« Où est-il ? »
Miimé secoua la tête, Tadashi baissa les yeux.
Bob eut l'impression de recevoir une douche froide. Il fallait qu'il sache. Et vite.
Mais pas au milieu des oreilles indiscrètes qui traînaient toujours dans ce genre de bar.
Il fit signe au trio. « Suivez-moi. »
0-0-0-0-0-0-0-0
Zéro s'avachit dans un fauteuil et poussa un profond soupir de soulagement. Il en avait terminé.
Derrière la baie vitrée, le capitaine reposait sur un lit, relié à d'innombrables machines. Il était dans un triste état, disparaissait à moitié sous les bandages mais il était vivant. Il était tombé dans un coma léger pendant l'opération mais ses paramètres vitaux étaient stables.
Son cœur, après s'être arrêté brièvement en début d'intervention, était reparti rapidement et continuait de battre, faiblement certes, mais avec une régularité de bonne augure. La tension restait basse à cause de l'hémorragie importante qu'il avait subie mais remontait lentement.
L'aiguille plantée dans son bras diffusait entre autre des doses massives d'antibiotiques mais le timing avait été serré : les fluides internes qui s'étaient répandus dans l'abdomen et le thorax avaient provoqué un début de septicémie et la température interne du pirate avoisinait les 41°C à leur arrivée sur l'îlot.
Le poumon gauche avait été suturé, les côtes guériraient avec le temps. Le foie, la rate et un rein avaient été légèrement atteints par le shrapnel mais il n'y avait pas eu d'hémorragies importantes ni de complications opératoires.
Comme il s'y attendait, le bras garrotté lui avait donné beaucoup de mal : aucune chirurgie reconstructive n'aurait pu sauver la partie de l'humérus qui avait été pulvérisée. Il avait fallu la remplacer par une prothèse, intervention qui restait délicate même si elle était devenue de pratique courante.
Il avait également dû couper une bonne partie des chairs périphériques de la plaie, trop nécrosées pour être sauvées. Les zones de dégénérescence nerveuse étaient étendues, de même pour les fibres musculaires qui avaient été comprimées sous le garrot. Il faudrait beaucoup de temps pour retrouver des fonctions sensitives et motrices normales. Des séquelles permanentes étaient possibles et probables.
Ça n'allait pas plaire au capitaine à son réveil.
Zéro étouffa un bâillement en entendant la cuisinière venir aux nouvelles.
Mmmm. Le délicieux fumet d'un café fraîchement moulu vint lui chatouiller les narines.
« Miss Masu, vous êtes un ange. L'Arcadia serait perdue sans vous. »
La vieille femme gloussa de plaisir. « Alors, quelles nouvelles de notre capitaine ?
- Physiquement, sauf complications postopératoires, il devrait s'en sortir. Il est fortement anémié et ses blessures seront longues à guérir : il sera hors-service pour plusieurs mois. La question est de savoir quand il se réveillera. Et dans quel état mental il sera : après cet épisode hautement traumatisant, on est en droit de s'attendre à des séquelles psychologiques. Enfin, il sera toujours temps de s'en inquiéter plus tard. »
Le doc finit bruyamment son café et se leva. « Bien, je dois aller m'occuper des autres patients. »
Il n'avait pas fait trois pas qu'il se sentit pris de vertiges. Il dût se raccrocher au fauteuil pour ne pas tomber, le temps que les murs de la chambre cessent de tanguer. La cuisinière se précipita à ses côtés.
« Doc, vous devez vous reposer. Depuis quand n'avez-vous pas dormi, ni même mangé ? »
Le médecin eut un geste évasif.
Depuis que le capitaine avait récupéré Mayu sur la Planète des Jumelles, les événements s'étaient enchaînés à une telle vitesse qu'il en avait perdu le cours du temps.
« Aucune idée.
- Dites-donc, je me souviens fort bien vous avoir vu droguer le capitaine à son insu lorsqu'il refusait de s'arrêter malgré l'épuisement et le surmenage. Méfiez-vous que je ne vous réserve le même traitement ! »
Zéro rit doucement.
« Je vous remercie de votre sollicitude mais je vous rappelle que je suis le seul à posséder les clés du compartiment à médicaments. Et il est impossible que je me repose dans l'immédiat : Sabu, Kriegs et Parson doivent être opérés dans les plus brefs délais. Mais je vous promets que j'irai me coucher dès que j'aurai fini de m'occuper de ces trois patients. Briggs et les robots médicaux devraient pouvoir gérer seuls les autres cas.
Et je veux bien que vous m'apportiez une collation. Maintenant que vous m'en parlez, je me sens affamé ! »
0-0-0-0-0-0-0-0
« 5, 4, 3, 2, 1... J'arrive ! »
Mayu avait réussi à entraîner un Tadashi réticent dans une partie de cache-cache. L'arrière-boutique du Metal Bloody Saloon où s'entreposaient cartons et tonneaux d'alcools en tous genres leur offrait un espace de jeu de choix.
De l'autre côté de la cloison, assis au comptoir du bar encore vide à cette heure matinale, Miimé et Bob discutaient à voix basse. Ils étaient toujours sans nouvelles d'Harlock et leur inquiétude ne cessait de grandir.
Jusqu'à présent, leurs tentatives pour contacter l'Arcadia avaient échoué. Miimé voulait croire que ce silence était le signe que les pirates avaient réussi à regagner l'îlot de l'ombre morte dont le système de camouflage interdisait toute communication avec l'extérieur.
Par ailleurs, si le vaisseau avait succombé, la nouvelle se serait aussitôt répandue comme une traînée de poudre. Le fait qu'aucune rumeur ne leur soit parvenue leur procurait un certain réconfort qui les aidait à supporter l'angoisse de cette attente.
« Je t'ai trouvé ! Elle était pas terrible ta cachette ! »
Le rire enfantin réussit à leur arracher un sourire. Au moins, la petite Mayu avait repris goût à la vie. C'était déjà beaucoup.
0-0-0-0-0-0-0-0
« Bien, je vous laisse. »
Zéro finissait sa tournée matinale. Il venait tout juste de quitter le capitaine et l'avait laissé en compagnie d'Emeraldas.
La femme pirate les avait rejoints la veille sur l'îlot de l'ombre morte, soit trois jours seulement après leur arrivée. Elle disait avoir reçu un message de détresse de l'Arcadia peu de temps après la bataille.
Le doc ne comprenait pas comment cela était possible : à ce moment, les rares personnes à bord encore en état d'utiliser la radio avaient d'autres chats à fouetter et les communications étaient impossibles depuis qu'ils avaient gagné la sécurité de leur abri.
Juste un mystère de plus. Depuis les derniers affrontements, il avait vu tellement d'événements étranges que plus rien désormais ne devrait l'étonner. Comment aurait-il pu deviner que l'ordinateur avait agi de sa propre initiative ?
En tout cas, les pirates en état de s'intéresser à leur situation présente étaient soulagés de la présence du Queen Emeraldas à leurs côtés. Ils se savaient particulièrement vulnérables tant que l'Arcadia n'aurait pas été remise en état et que leur capitaine n'aurait pas repris du service.
Les réparations promettaient d'être très longues. D'autant qu'ils manquaient déjà cruellement de pièces de rechange et que le nombre incroyable de blessés impliquait une grave pénurie de main d'œuvre humaine. Les droïdes et les stocks du Queen mis à leur disposition étaient grandement bienvenus.
De plus, Yattaran restait le seul officier plus ou moins valide à bord et la charge qui lui incombait était trop lourde pour un seul homme, qui plus est blessé. Avoir Emeraldas pour assurer l'intérim du commandement était une aide précieuse, même si l'équipage aurait besoin de retrouver son capitaine légitime au plus vite.
Et ça, c'était une autre affaire.
Depuis qu'il avait été opéré trois jours plus tôt, Harlock n'avait toujours pas repris connaissance même si son état physique s'était sensiblement amélioré. Aucun indice ne permettait de dire quand il se réveillerait et cette incertitude pesait sur tous les esprits comme une épée de Damoclès.
C'était sans compter que leur second lieutenant était elle aussi toujours inconsciente. Le traumatisme crânien qu'elle avait subi avait été plus grave que le doc ne l'avait pensé dans un premier temps. Allongée devant lui, Kei était immobile sur le lit qu'elle occupait à l'infirmerie, plongée dans un coma profond.
Zéro reposa en soupirant la petite main délicate sur le drap immaculé.
Comme à chaque fois qu'il l'avait examinée, il avait espéré un miracle mais jusqu'à présent, en vain. Les EECG révélaient une activité cérébrale en régression. Plus le temps passait, plus elle s'enfonçait. Les chances de la voir se réveiller un jour diminuaient.
Décidément, le sort s'acharnait contre eux. De toutes les aventures qu'il avait vécues à bord du vaisseau pirate, il n'avait certainement jamais connu de situation aussi critique. Le docteur se secoua pour chasser ces sombres pensées. Chaque petit progrès était déjà une grande victoire. Il fallait garder espoir.
Il reprit le cours de sa tournée.
0-0-0-0-0-0-0-0
Cette grille noire, il la connaissait. Il s'était déjà retrouvé coincé derrière ces mêmes barreaux lorsqu'il avait failli succomber à l'attaque d'un parasite Goa'uld.
Sauf que cette fois-ci, il était du bon côté de la barrière. Le côté des vivants.
« Qu'est-ce que je fais là ? »
C'est alors qu'il remarqua au loin une silhouette familière à la chevelure blonde qui errait sans conviction. Elle semblait perdue.
« Kei, par ici ! »
La jeune fille ne tourna pas la tête et continua de s'éloigner de lui. Apparemment, elle ne l'entendait pas. Il avait l'impression d'être invisible. Après tout, il savait bien qu'il n'était pas vraiment là.
Alors il sut ce qu'il avait à faire.
0-0-0-0-0-0-0-0
La scène avait changé. Cet endroit aussi il ne le connaissait que trop bien.
L'infirmerie.
0-0-0-0-0-0-0-0
« Docteur ! Docteur ! Venez-vite ! »
Une voix pressante bien connue le fit sursauter. Le ton d'urgence qu'il y décelait convainquit le doc qu'il se passait quelque chose de grave : Eméraldas n'était pas du genre à paniquer pour rien.
Des bruits inquiétants lui parvinrent dès qu'il fut à proximité de la chambre d'Harlock.
« Bon sang, mais qu'est-ce qui se passe là-dedans ? »
A priori, Harlock et son homologue féminin étaient en train de se battre.
Non. Impossible. Il y avait forcément erreur.
Rectification : le capitaine attaquait Eméraldas. L'hypothèse était à peine plus satisfaisante.
« Docteur, j'arrive à peine à le tenir. Il a ouvert les yeux sans crier gare et n'arrête pas de dire que Kei a besoin de lui. Qu'il doit aller à son secours. Il semble possédé par l'idée de la rejoindre.
- Capitaine, vous m'entendez ? Capitaine, reprenez-vous. Vous êtes à l'infirmerie. Vous me reconnaissez ? Capitaine, calmez-vous, par pitié. Vous êtes grièvement blessé, vous ne devez surtout pas bouger. »
Zéro aurait aussi bien pu parler à un mur vu le peu d'effet que ses paroles avaient sur le forcené.
« J'ai l'impression qu'il souffre d'hallucinations, il faut absolument le tranquilliser avant qu'il n'aggrave son état. » Emeraldas se contenta d'acquiescer.
Il prit la seringue de sédatif qui était posée à proximité du lit (précaution qui était devenue une habitude depuis qu'il était devenu le médecin de ce patient particulièrement récalcitrant).
« Vous ne me laissez pas le choix, capitaine. »
Il injecta le produit. L'effet fut instantané.
« Non, Doc, pitié. Elle a besoin de... » Le pirate n'eut pas le temps de finir sa phrase. Son œil se referma et il cessa bientôt de s'agiter.
Doc ? Pitié ? S'il m'a reconnu, alors, cette histoire avec Miss Kei...?
Il venait tout juste de quitter la jeune femme en question et n'avait décelé aucune évolution de son état. Non, ce devait bien être une hallucination.
Incapable de statuer dans l'immédiat, et même si les sédatifs devaient agir encore plusieurs heures, il décida à tout hasard de sangler le patient à son lit pendant son absence. Avec le capitaine, on n'était jamais trop prudent...
0-0-0-0-0-0-0-0
Bordel, Doc, c'était vraiment pas le moment de m'assommer. Mais pourquoi personne ne veut-il jamais m'écouter ?
Kei. Il faut que je me réveille. Allez, un petit effort.
Harlock luttait déjà depuis plusieurs minutes pour ouvrir les yeux. Il avait la tête qui tournait dangereusement et il avait un mal fou à se souvenir pourquoi il devait reprendre connaissance.
Kei a besoin de toi. Lève-toi. Kei a besoin de toi. Lève-toi.
Il se répétait ces paroles en boucle comme un leitmotiv. Il fallait qu'il y arrive.
Malgré l'effet du calmant, il parvint à retrouver un minimum de lucidité.
Étape numéro un : se débarrasser de ses liens.
Comme d'habitude, les sangles étaient un peu lâches (à son grand soulagement, le doc, de peur de rendre la contention trop inconfortable, ne s'était jamais résolu à les serrer suffisamment). Il parvint à dégager son bras droit. Puis au prix de beaucoup d'efforts, il réussit à défaire les liens qui enserraient son torse, dégagea son bras gauche de la lourde attelle qui l'immobilisait et acheva ainsi de se libérer.
Étape numéro 2 : se mettre débout.
Pour ça, encore fallait-il déjà réussir à s'asseoir. C'était pas gagné !
Après quelques essais infructueux, il opta finalement pour la seule option qui lui restait : se jeter à terre.
Heureusement pour lui, la morphine qui courait toujours à haute dose dans ses veines le rendait beaucoup moins réceptif au niveau sensoriel. Son corps enregistra la douleur aiguë mais son cerveau ne semblait pas en tenir compte. Il supporta donc sa chute avec un relatif stoïcisme.
Étape numéro 3 : aller jusqu'à la chambre de Kei.
Il lui sembla que cela prenait une éternité. Au rythme où il avançait, il allait forcément être repéré par quelqu'un avant d'avoir pu atteindre son objectif. Apparemment, la chance était avec lui (si on pouvait parler de chance dans son état...). Il mit un temps infini pour ramper jusqu'au lit de son lieutenant visible de l'autre côté de la baie vitrée mais il y parvint sans avoir été rattrapé.
Étape numéro 4 : réveiller Kei avant qu'elle ne s'aventure trop loin sur le chemin des morts.
Elle l'avait une fois déjà sauvé après qu'il ait été empoisonné par un parasite Goa'uld. Il devait être capable d'en faire autant.
« Kei ! Écoute ma voix ! Je connais le chemin que tu suis. C'est la mort qui t'attend au bout. Si tu continues, il sera bientôt trop tard pour faire demi-tour. »
Il marqua une pause puis ajouta d'une voix plus feutrée :
« Kei, reviens, je t'en prie. J'ai besoin de toi. J'ai déjà perdu tant d'êtres aimés, je ne supporterai pas de te perdre également... Reviens Kei, laisse-toi guider par ma voix.
Kei ! Kei ! »
Il mit dans ces paroles toute la ferveur qu'il put trouver en lui, les répéta jusqu'à ce que ses forces ne l'abandonnent tout à fait. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il avait réussi à se faire entendre.
Alors il se laissa tomber de la chaise sur laquelle il avait réussi à se hisser pour pouvoir parler à la jeune femme.
Aïe ! L'effet des drogues était en train de s'estomper.
Une fois à terre, il ne fit plus aucune tentative pour bouger. Le docteur allait l'assassiner quand il le trouverait mais c'était le cadet de ses soucis.
Il ferma les yeux et sombra aussitôt.
0-0-0-0-0-0-0-0
« Kei ! Kei !»
Les mots du pirate se transformèrent en un joli papillon rouge. Celui-là même qui était apparu à Harlock la première fois qu'il était venu en ce lieu. Celui qui l'avait guidé pour le ramener à la vie.
Le papillon s'élança à travers la lande désertique en direction de la jeune femme.
0-0-0-0-0-0-0-0
« Merde, merde et merde ! Bordel ! Je jure que je vais le tuer de mes propres mains ! »
Zéro était dans une colère noire.
Quand il avait constaté que le lit du pirate était vide, il avait failli faire une attaque. Comment le capitaine pouvait-il ainsi résister aux sédatifs dans son état ? Et pourquoi jugeait-il toujours nécessaire de ruiner ses efforts pour le soigner ? C'était à en pleurer de rage.
En tout cas, inutile de chercher, il ne se doutait que trop bien de l'endroit où il retrouverait son patient.
Jurons et insultes résonnaient dans les couloirs de l'infirmerie sans interruption. Le doc n'était d'ordinaire pas un personnage grossier mais sa patience était tout à fait épuisée.
A la vue du capitaine étendu par terre, inconscient, il faillit rebrousser chemin. Il y avait des limites à ce qu'il pouvait endurer, tout médecin qu'il fût. Et cette dernière folie n'était pas loin de le faire renoncer.
Il fit mine de s'arracher les cheveux, tapa du pied pour faire bonne mesure puis jura. « Foutu serment d'Hippocrate ! »
Puis il s'avança vers le pirate et le plaça sur un brancard avec sensiblement moins de douceur que d'habitude.
0-0-0-0-0-0-0-0
La jeune femme observait le papillon qui s'était posé délicatement sur sa main. Soudain, celui-ci reprit son envol, virevolta avec insistance autour de sa tête puis s'éloigna doucement. Alors qu'elle s'engageait à sa suite, elle perçut faiblement un écho porté par le vent.
« Kei, Kei !»
Au loin, elle distingua un portail aux barreaux épais. De l'autre côté, quelqu'un lui faisait signe et semblait l'appeler. Elle aurait reconnu cette silhouette entre toutes.
Elle esquissa un sourire et se dirigea résolument vers la barrière qui s'entrouvrit à son approche.
0-0-0-0-0-0-0-0
«Capitaine ? C'est toi ?
- …... »
Zéro porta les mains à son cœur. Le choc le força à s'asseoir par terre.
Cette voix, ce ne peut quand même pas être Miss Kei ?
« Doc ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Plus de doute possible. C'était un miracle, à moins que...
Note : Le papillon rouge, la plaine désertique et le parasite Goa'uld (parasite extraterrestre ayant besoin d'un hôte humain pour survivre) proviennent de Stargate Arcadia, la fic écrite par Aerendir Linaewen. Si ce n'est déjà fait, je vous en recommande la lecture !
