Je vous remercie encore pour votre soutien, autant pour cette fic que pour les aventures que je vis en dehors ! :) Et je tiens à dire que j'ai vraiment deux bêtas absolument fantastiques ! *cœurs*
Apparemment, la fic de la semaine passée pour compenser l'absence de chapitre (On ne dérange pas un loup-garou qui travaille) a plu à ceux qui l'ont lue, et j'en suis ravie n_n Je retenterai l'expérience (aussi bien le Steter que le BDSM), mais je ne saurais vraiment pas vous dire quand...
RàR :
Drayy : Merci ! J'avoue que moi aussi j'adore l'esprit de Draco :p Je l'imagine vraiment bien agir de façon aussi sournoise :)
Chapitre 24 : Ce réveil sonne comme une blague
Harry mourait d'envie de se réfugier dans la salle de bain, aussi bien pour se changer que pour échapper à cette atmosphère beaucoup trop chargée en testostérone à son goût. Mais pour cela, il aurait été obligé de passer par la chambre. Et il en était hors de question tant que les deux Serpentards étaient en mode "câlin sous la couette". Il avait eu sa dose, merci bien.
Il patienta durant ce qui lui sembla des heures, rongeant son frein. Quand enfin il entendit des pas derrière lui, il se précipita en quatrième vitesse dans la salle d'eau et s'y enferma à double tour. Une douche. C'était plus que nécessaire étant donné les circonstances.
Alors qu'il se savonnait, tentant d'oublier ce qu'il venait de se passer, la petite voix de Salazar se fit à nouveau entendre dans sa tête, réduisant à néant ses efforts.
"Vois le bon côté des choses : ce sera plus simple pour faire des rêves érotiques réalistes maintenant que tu les as vus tous les deux en pleine action et dans le plus simple appareil."
Le Survivant décida de l'ignorer. Oui, c'était ça. S'il ne répondait, la voix allait partir, se lassant de parler seule.
"M'ignorer ne changera rien, gamin. Je suis dans ta tête, je sais tout ce qui s'y passe."
— Alors, tu dois savoir que je ne veux pas t'entendre. Ferme-la.
"Allons, arrête de faire l'autruche, Potter. Ce que je dis, c'est aussi ce que tu penses, au fond. Tu ne trompes personne. Tu as aimé les regarder. Tu as aimé te caresser et jouir en ayant les yeux rivés dans ceux de Snape. Tu as aimé te sentir pris au piège par ce regard flamboyant, comme une souris entre les pattes d'un chat. Ou plutôt dans l'étreinte d'un serpent, en l'occurrence."
— La ferme ! hurla le Gryffondor.
Quelques secondes plus tard, deux petits coups furent frappés à la porte.
— Harry ?
Le maître des potions. Évidemment. Ce n'était pas vraiment le moment. Mais c'était prévisible après son éclat de voix.
— Quoi ? demanda-t-il abruptement.
— Je t'ai entendu crier. Je voulais m'assurer que tout allait bien.
Que tout allait bien ? Bien sûr que non, tout n'allait pas bien ! Certainement pas après tout ce qu'il s'était passé ce dernier mois. Et surtout pas avec Salazar Serpentard dans la tête. Ce vieux schnoque allait le rendre fou, pour sûr.
— Cela fait plus d'une heure que tu es enfermé là-dedans, reprit l'ancien Mangemort.
Quoi ? Déjà ? Harry coupa l'eau et sortit de la cabine de douche.
— C'est bon, j'ai presque fini. Je sors.
Cinq minutes plus tard, il était séché, habillé et fin prêt à sortir de la salle de bain. Du moins, en apparence. Mais qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête pour jouer ainsi le voyeur ?
"Le désir !", lui répondit la voix, moqueuse, dans sa tête.
"Je t'ai rien demandé, à toi !" lâcha-t-il mentalement.
Inutile de se faire remarquer davantage. Il prit alors une grande respiration et ouvrit enfin la porte. Pour se retrouver nez à nez avec Severus Snape. C'était bien sa veine. Faisant comme si de rien n'était, il le contourna pour sortir de la pièce, dans le but d'aller au salon et se sustenter un peu. C'est qu'il commençait à avoir faim. Malheureusement, Merlin semblait décidé à ne pas le laisser en paix ce soir : une main attrapa son bras, l'arrêtant.
— Je m'excuse.
Entendre le vampire s'excuser. En voilà une première. D'aussi loin qu'il pouvait remonter, Harry ne se souvenait pas l'avoir entendu une seule fois s'excuser. Même quand il avait tué ou torturé des gens pour le compte de Voldemort. Et aujourd'hui, l'homme s'excusait devant lui ? En fait, il avait perdu la bataille contre le Seigneur des Ténèbres, avait péri et il vivait maintenant son enfer personnel, c'était ça ? Bon, d'accord, c'était un peu tiré par les cheveux, comme explication.
— Pour quoi ? demanda-t-il, un peu méfiant.
— D'avoir profité de la situation.
— Profité ? Quoi ?
C'était le monde à l'envers.
— Ce serait pas plutôt à moi de dire ça après vous… Après… Après vous avoir regardés, termina le Gryffondor dans un bafouillement, en détournant le regard, le rouge lui montant aux joues.
— Je sais très bien l'effet que mes yeux ont sur toi. Je savais que tu étais là. Et je savais qu'en captant ton regard du mien, ça t'empêcherait de partir. Alors, oui, j'ai profité de la situation. Et je n'aurais pas dû.
Donc, s'il comprenait bien, son professeur était en train de s'excuser auprès de lui parce qu'il pensait l'avoir forcé à rester jusqu'au bout pour les regarder ? Il n'osait pas dire que, même sans ça, il n'aurait pas su détourner les yeux. Alors, il décida d'enterrer cette histoire autrement.
— D'accord, excuses acceptées. On n'a qu'à oublier ce qu'il vient de se passer. Affaire réglée.
Le reste de la soirée se passa mieux que ne l'avait prévu le Survivant. Aucun commentaire n'avait été fait sur sa nouvelle tendance de voyeur, et il en était particulièrement reconnaissant. Même s'il redoutait toujours que le sujet revienne sur le tapis. Et il était sûr que ça arriverait à un moment où un autre.
Quant à la nuit, elle fut plutôt calme. Harry avait refusé une nouvelle fois de se joindre aux Serpentards dans le lit. Et aucun cauchemar ne vint troubler sa nuit. Bien sûr, il aurait pu être de mauvaise foi, et dire que faire un rêve où il embrassait son professeur de potions – bon, d'accord, ils avaient fait un peu plus que seulement s'embrasser – relevait du cauchemar. Mais il devait avouer que c'était quand même un peu plus agréable que de rêver de Voldemort. Enfin, n'importe quoi pouvait paraître plus agréable que tout autre chose en rapport avec Voldemort.
Vers sept heures du matin, il fut réveillé par un bruit à côté de lui. En ouvrant les yeux, il découvrit les iris bleues, presque grises, de Draco qui le fixaient. Avec un sourire narquois, qui plus est. Était-il au courant de ce qu'il s'était passé la veille au soir ? Probablement. Snape n'aurait pas manqué l'occasion.
— Alors, petit lion, bien dormi ?
— Ça t'intéresse, maintenant ? rétorqua-t-il avec humeur.
— Pas spécialement. Mais Severus n'a pas bougé de la nuit et il ne t'a certainement pas donné une potion. J'ose donc espérer que tes cauchemars ne sont plus qu'un mauvais souvenir, et qu'on va enfin avoir la paix.
Harry ne répondit rien. Mais le sourire du blond qui s'agrandissait ne lui disait rien qui vaille.
— Et surtout, j'avais envie de voir si le spectacle d'hier soir t'avait donné des idées dans la nuit.
C'était bien ce qu'il craignait. Se renfrognant, Harry détourna le regard et s'enroula un peu plus dans les draps avant de marmonner :
— C'était bien la peine qu'il s'excuse pour finalement aller raconter ça à qui veut l'entendre…
— Tu te trompes.
— Comment ça ? demanda le Gryffondor en se tournant à nouveau vers Malfoy.
— C'est moi qui ai fait en sorte que la porte reste ouverte pour que tu nous voies. J'espérais même que tu viennes nous rejoindre. Mais j'imagine que c'est encore trop demander.
Comme Severus la veille, Harry fut étonné, voire plutôt choqué, de cette révélation.
— Attends, quoi ? Tu voudrais faire… Ça… Tous les trois ? T'es vraiment pas net, toi.
— Ne fais pas ta vierge effarouchée. Tu ne vas pas me faire croire que l'idée ne t'a jamais traversé l'esprit.
À ces mots, le Survivant se rappela les images que la voix de Salazar avait fait naître dans sa tête la veille. Ainsi que ce qui s'en était suivi dans la douche. Prétendre que, non, cette possibilité ne lui était jamais venue en tête risquait d'être compliqué. Il décida donc de passer discrètement à autre chose. Enfin, discrètement. Tout était relatif.
— Et sinon, pourquoi tu me regardais dormir ?
— Je me demandais si tu gémissais quand tu faisais un rêve érotique, répondit Draco avec un sourire amusé.
— Pour ta gouverne, je ne faisais pas un rêve érotique, rétorqua le brun en rougissant de plus belle.
— C'est ça. Essaie donc de convaincre la tente que tu caches sous tes couvertures, plutôt.
Sur ces paroles, le blond se leva, prit son sac et partit en direction de la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner. Harry bougonna. "Sa tente", comme il l'appelait, n'avait rien à voir avec un quelconque rêve érotique. C'était uniquement une réaction physique parfaitement normale le matin pour un garçon de son âge en pleine santé.
— La salle de bain est libre, dit tout à coup la voix de son professeur derrière lui, le faisant sursauter. À moins que tu veuilles un coup de main ?
Il se tourna vers l'homme qui souriait, goguenard, ne laissant aucun doute sur ce qu'il sous-entendait par "coup de main". Les deux Serpentards avaient apparemment décidé de se moquer de lui ce matin. Mais, foi de Potter, il n'allait certainement pas se laisser faire. Aussi, répondit-il, pensant déstabiliser le vampire :
— Et si j'en ai marre de faire ça dans la salle de bain ?
— Rien ne t'empêche de le faire ailleurs. Je n'y vois aucun inconvénient. Mais si tu fais ça en ma présence, ne t'étonne pas que je m'y mette aussi.
Au temps pour la déstabilisation.
"Une masturbation de groupe. En voilà une bonne idée !"
Bien sûr, il fallait aussi que Salazar s'en mêle. Le rouge aux joues, le Gryffondor se leva et se dirigea vers la salle de bain en marmonnant.
— Finalement, la salle de bain, c'est très bien. Foutus Serpentards pervers.
Après une douche pour soulager ses tensions et un bon repas pour remplir son estomac, Harry allait se remettre à sa lecture de la veille. Mais la voix de son professeur l'arrêta dans son élan.
— Tu es prêt ?
— Prêt ? Prêt à quoi ?
— Tu as déjà oublié ma promesse d'hier ?
Les souvenirs ! Il allait enfin découvrir les souvenirs qu'avait Snape à propos de Lily Evans, et la voir sous un angle différent de tout ce qu'avaient pu lui raconter sa tante, son parrain ou Rémus. Tel un ressort, il se leva d'un bond du canapé et sauta presque jusqu'à l'entrée de l'appartement.
— Bien sûr, que je suis prêt !
Severus eut un petit sourire que le jeune homme ne vit pas. Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les deux devant le bureau du directeur et Dumbledore les invita à entrer.
— Ah ! Harry ! Severus ! Comment allez-vous ? J'espère que tu es devenu un peu plus raisonnable, mon garçon, termina le vieux barbu avec un clin d'œil malicieux vers le plus jeune.
Ce dernier préféra ne pas répondre. Déjà parce qu'il n'était pas beaucoup plus raisonnable que quelques jours auparavant, mais surtout parce que c'était vraiment trop gênant de parler de ce sujet avec le vieil homme.
— Albus, peut-on utiliser votre pensine maintenant ?
— Ah ! Oui, c'est vrai ! Vous m'avez fait parvenir un message hier soir. Bien sûr, elle est toute à vous. Néanmoins, pourriez-vous l'emmener dans vos appartements, Severus ? J'ai un rendez-vous dans moins d'une heure, et je ne tiens pas à vous presser.
— Bien sûr. Je viendrai vous la rapporter quand nous aurons terminé, dans ce cas.
Le vampire et son calice quittèrent le bureau directorial avec la bassine ensorcelée et retournèrent dans l'appartement du professeur de potions. Harry peinait à tenir en place. Cela ne faisait que quelques jours qu'il attendait que Snape lui révèle ce qu'il savait de sa mère, mais il avait l'impression que ça faisait des mois. L'homme posa l'objet sur la table basse et s'installa dans un fauteuil, tandis que le Survivant s'asseyait sur le canapé, prêt à plonger la tête la première dans le contenu de la pensine.
— Je vais mettre tous mes souvenirs en rapport avec Lily dedans. Tu pourras ainsi les regarder les uns à la suite des autres.
Le plus jeune acquiesça rapidement et le vampire commença à extraire ses souvenirs, un à un, en de longs fils brillants qu'il tirait de sa tempe avec sa baguette. Quand il en eut déposé huit, il reposa sa baguette.
— Harry, commença-t-il hésitant. Ne nous juge pas trop sévèrement. Ces souvenirs remontent à plus de vingt ans, pour certains.
Le Gryffondor hocha la tête pour signifier son assentiment. Et il plongea son visage dans la pensine, lui donnant l'impression de tomber dans le vide alors que le premier souvenir commençait à se mettre en place.
Oui, je sais, ceci est une fin sadique. J'assume pleinement XD Mais, rassurez-vous, je posterai bel et bien la suite la semaine prochaine ;) Vous n'aurez donc pas trop longtemps à attendre avant d'avoir les souvenirs de Snape :)
D'ailleurs, je sais aussi que certains aimeraient savoir comment il est devenu un vampire. Pour tout vous dire, cette scène n'est pas encore écrite (bien que je suis actuellement sur le chapitre 27). Je sais que ça traîne, mais je pense qu'il y a un bon moment pour chaque détail que j'ai prévu, celui-ci n'est pas encore venu. Mais, oui, vous saurez tôt ou tard comment tout cela s'est produit !
Enfin, comme j'ai terminé et rendu ma nouvelle pour le mois de janvier pour l'Académie de l'Imaginaire, j'ai une dizaine de jours pour me consacrer pleinement à cette fic ! Je vais donc tenter de rattraper un peu mon retard et d'avoir de quoi vous proposer à nouveau 3 chapitres en février.
