Nouvelle semaine, nouveau chapitre ! :) Merci une nouvelle fois à tous ceux qui me suivent et m'encourage ! *cœurs* Et merci aussi à mes bêtas qui font un boulot fabuleux sur chacun des chapitres n_n

J'ai pu voir que certains avaient deviné quel était le personnage qui revenais sur le devant de la scène pour ce chapitre :D J'espère qu'il vous plaira !

RàR :

Drayy : Contente que ces souvenirs t'aient plu :)

Lily : Malheureusement, je n'ai pas autant de chapitres d'avance. Et puis, comme on dit : plus c'est long, plus c'est bon ;)


Chapitre 26 : On ne blague pas avec le passé

Harry avait été surpris par la force de l'empathie qu'il avait ressentie pour son professeur en voyant ses souvenirs. Jamais il n'aurait pensé qu'un homme aussi froid et acariâtre avait pu autant aimer quelqu'un, au point de lui sacrifier toute sa vie. Et surtout, il s'était rendu compte qu'ils n'étaient pas si différents tous les deux, finalement. Lui, contrairement à l'homme, avait simplement eu plus de chance en étant mieux entouré. Il en voulait un peu à son père et à son parrain d'avoir ainsi rendu la vie impossible à un garçon sous prétexte qu'il était trop proche de Lily. Les choses se seraient sans doute passées différemment, si James n'avait pas convaincu Severus de s'éloigner de la jeune femme. Peut-être que le maître des potions ne serait pas devenu Mangemort.

Sans même y penser vraiment, l'envie de se rapprocher du vampire s'était faite ressentir. Et il n'avait pas réfléchi avant de poser ses lèvres sur les siennes. Il en avait juste eu envie. Le besoin, même. Qui l'eût cru ? Certainement pas lui. Pourtant, il était bel et bien en train de caresser la langue de son professeur de la sienne. Et, bien qu'il en était conscient, il ne fit rien pour s'éloigner. Ce ne fut que lorsqu'il entendit un coup à la porte qu'il sursauta et rompit le baiser. Il entendit le vampire soupirer et grommeler quelque chose d'inintelligible, avec une expression presque… désespérée ? En d'autres circonstances, Harry en aurait sûrement ri.

Severus se leva et alla ouvrir la porte. Sirius Black entra dans l'appartement et l'adolescent se leva à son tour.

— Sirius ! s'écria-t-il, heureux de revoir son parrain, même si la dernière fois ne remontait qu'à quelques jours.

L'animagus s'approcha et prit son filleul dans les bras. Malheureusement, cette étreinte presque paternelle ne se déroula pas vraiment comme prévu. Le Survivant se tendit soudain, en proie à un malaise qu'il n'aurait su expliquer mais qui était bien réel. Et presque douloureux.

— Sirius, lâche-le, immédiatement ! claqua la voix de l'ancien Mangemort.

— Quoi ?

Sous la surprise, Black avait desserré son étreinte et s'était retourné vers le vampire, estomaqué. De quel droit ce sale bâtard se permettait-il de lui donner un ordre ? Pire encore, de quel droit l'empêchait-il de prendre son filleul dans ses bras ? Mais alors qu'il allait dire haut et fort ce qu'il pensait, Harry le repoussa de lui-même. Il en aurait été particulièrement blessé si le jeune homme n'avait pas eu l'air aussi mal en cet instant.

— C'était quoi, ça ? demanda le calice en regardant son professeur de potions.

— Le lien. Cela te pousse à ne pas supporter les rapprochements physiques avec quelqu'un d'autre que ton vampire. Ça disparaîtra quand le lien sera complété.

Le Gryffondor était à la fois choqué, énervé et blessé de ce qu'il venait de découvrir. À croire que le monde entier s'était donné le mot pour lui dire de toutes les manières possibles et imaginables : "Couche avec Snape" ! Mais il commençait aussi à être fatigué de tout ça. Ne pouvait-on pas le laisser un peu aller à son rythme ? Il n'était déjà pas aisé de se dire qu'on allait passer l'éternité avec la même personne. Quelqu'un qu'on n'a pas désirée mais que le destin a choisit à notre place. Mais quand, en plus, cette personne était quelqu'un qu'on détestait, c'était encore plus compliqué. Rajoutez à cela le fait qu'ils étaient deux calices pour le même vampire. Et voilà la situation totalement surréaliste et épuisante dans laquelle Harry se trouvait.

— Désolé, Sirius, finit-il par dire en baissant les yeux.

Sirius allait poser ses mains sur les épaules de l'adolescent. Mais au raclement de gorge de son ancien camarade de classe, il se ravisa.

— Ne t'excuse pas, Harry. Ce n'est pas de ta faute.

— Pour une fois, je suis d'accord avec lui. Même si je doute que nous soyons d'accord sur le responsable de cette situation, rajouta sournoisement le Serpentard.

Même pas cinq minutes qu'ils étaient dans la même pièce, et ça sentait déjà le règlement de compte.

— Je ne pense pas que j'aurai le courage de vous écouter participer à une nouvelle guerre verbale, fit le Survivant.

— Je n'ai pas le temps pour ça, de toute façon, répondit Snape en prenant la pensine qui était restée sur la table basse. Je vais la rendre à Albus.

Il se tourna vers Sirius, fronça les sourcils et reprit le plus sérieusement du monde :

— Toi. Je t'ai fait venir pour veiller sur Harry en mon absence. En tant que parrain, je sais que tu ne veux que son bien. Alors, t'as intérêt à faire attention à ce qu'il ne lui arrive rien. Ou je te jure que je n'hésiterai pas à te livrer en pâture au calamar géant et aux strangulots.

Sans attendre de réponse, il sortit et claqua la porte, laissant les deux autres bouche bée.

— Je n'aurais jamais cru qu'un type aussi aigri que lui puisse être si protecteur, finit par dire l'animagus.

— C'est un vampire et je suis son calice. J'imagine que ça n'a rien d'étonnant, au fond, répondit l'adolescent en se rasseyant sur le canapé. Mais, au fait, comment ça se fait que tu sois là ? Je pensais que tu étais reparti au Manoir après… Enfin, tu vois.

Harry n'avait pas très envie de reparler de cet épisode plus que fâcheux qui avait failli lui coûter la vie.

— Dumbledore m'a permis de rester quelques temps. Je dois t'avouer que Poudlard m'avait manqué ! s'exclama Sirius avec un grand sourire. Si tu savais tout ce qu'on a fait quand on était ici… Dumbledore nous en a retirés des points, je te le dis ! L'époque des Maraudeurs, c'était vraiment la meilleure période de ma vie.

À ces mots, un voile de tristesse passa dans le regard de l'homme, ses pensées dérivant vers ces fous instants d'insouciance. Ces moments où son plus grand problème était de ne pas se faire prendre par ses professeurs quand il faisait une bêtise avec ses amis, et d'avoir d'assez bonnes notes pour obtenir ses diplômes.

Après plusieurs minutes de silence, Harry n'y tint plus et posa enfin la question qui le tourmentait depuis qu'il avait vu les souvenirs de son professeur.

— Siruis, commença-t-il, hésitant. Pourquoi étiez-vous aussi odieux avec Severus ?

— Ah… Si je comprends bien, la pensine, c'était pour te montrer ses souvenirs ?

— En rapport avec ma mère, oui.

Le silence s'installa et se prolongea tandis que l'ex-détenu avait détourné le regard en s'installant à son tour sur le canapé. Le jeune homme se demanda si son parrain allait vraiment finir par répondre. Après tout, même s'il était un Gryffondor et que le courage était l'une de ses caractéristiques, c'était aussi un homme très fier. Pourtant, la réponse arriva enfin après quelques minutes.

— Tu sais, Harry, ça a été comme un coup de foudre entre ton père et Lily. Rémus et moi ne pouvions imaginer une autre fin que "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" pour eux. Et c'était aussi ce que pensaient beaucoup d'autres élèves dans Poudlard. Mais nous étions jeunes et un peu stupides. James et moi étions persuadés que Severus ferait tout pour avoir Lily. Alors, on lui a mené la vie dure pour l'éloigner au maximum. Rémus a tenté une fois de nous raisonner et de nous dire que tout cela ne faisait que blesser ta mère. Mais on ne l'a pas écoutée.

L'animagus fit une pause et soupira avant de reprendre :

— Quand nous avons découvert, peu après notre sortie de Poudlard, que Snape était devenu un Mangemort, même Rémus a été forcé d'admettre que nous avions finalement eu raison de l'éloigner de Lily. Mais ta mère était tellement gentille… Elle n'a cessé de le défendre et d'essayer de nous convaincre qu'il avait un bon fond. Puis James et Lily ont été tués et j'ai été accusé. Tu ne peux pas imaginer à quel point j'ai haï Severus lorsque j'étais détenu à Azkaban. Lui avait tué des gens et était libre, grâce à Dumbledore. Moi, j'étais prisonnier alors que j'étais innocent. Comment, qui que ce soit me connaissant un tant soit peu, pourrait-il croire que j'avais vendu mon meilleur ami ? Je serais mort pour tes parents sans la moindre hésitation !

Sirius regardait à nouveau son filleul tandis que son ton était monté. Il continua après s'être un peu calmé :

— Rémus m'a fait la morale ces derniers jours. Il m'a dit avoir parlé avec Severus et a tenté de me convaincre que Lily avait raison. Que c'était grâce à lui aussi qu'il pouvait enseigner ici. Et je suis parfaitement conscient que ce serait plus simple pour toi qu'on parvienne à s'entendre. Mais je ne peux pas oublier tout ce qu'il s'est passé. Je ne peux pas mettre de côté le fait qu'il était un Mangemort et qu'il a tué et torturé au nom de Voldemort. Et qu'on arrête de me servir l'excuse de l'espion : il n'en était pas un quand il a choisi de le rejoindre.

— Et tu ne t'es jamais demandé si les choses auraient été différentes si vous ne l'aviez pas autant martyrisé quand vous étiez ados ?

L'adulte regarda le plus jeune, stupéfait et choqué.

— Quoi ? Attends… T'es en train de supposer que c'est de notre faute, à James et moi, si cet imbécile s'est rallié à la cause de Voldemort ?

— Bien sûr que non ! Je dis simplement que, d'après ce que j'ai pu en voir, vous lui avez mené la vie dure tout en faisant en sorte de l'éloigner définitivement de sa seule amie. Peut-être que s'il était resté en contact avec elle, il aurait été moins facilement séduit par la puissance et la reconnaissance que lui offrait Voldemort.

— Tu as été maltraité par ta famille moldue. Tu n'en es pas pour autant devenu un Mangemort. J'ai été retenu prisonnier pendant douze ans, je ne me suis pas transformé en assassin. La souffrance ne fait pas tout !

Harry soupira. Il n'avait aucune envie de se disputer avec son parrain. Encore moins si c'était au sujet de son professeur de potions. Et, pour le moment, il avait cruellement besoin de se changer les idées.

— Tu sais jouer aux échecs ? demanda-t-il, passant clairement du coq à l'âne.

— Bien sûr ! Enfin, ça fait un moment. Je risque d'être un peu rouillé.

Avec un sourire, Sirius sortit sa baguette et fit apparaître un jeu d'échec version sorcier entre eux deux. La partie commença alors, plus acharnée que jamais.

oOoOo

Le chemin jusqu'au bureau directorial parut interminable à Severus. Bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'il s'éloignait de son deuxième calice. Mais la dernière fois, il l'avait fait sous le coup de la colère. Et le lien avait été créé depuis assez peu de temps pour que cette séparation ne soit pas dangereuse. Aujourd'hui, il en était autrement. Une minute d'inattention de Black, quelques secondes d'égarement dans la tête de Potter, et tout pouvait basculer.

Il n'avait pas encore abordé la question avec le jeune homme, mais il savait que la folie était déjà en train de le gagner. Harry avait beau faire comme si de rien était, le maître des potions l'avait clairement entendu répondre à une voix inexistante en dehors de sa tête. C'était là un signe courant des calices qui prenaient un peu trop leur temps pour fermer le lien. Et tout cela n'avait rien d'étonnant. Cela faisait déjà plus d'un mois que la première morsure avait eu lieu. Si les premiers symptômes de la folie ne s'étaient pas montrés plus tôt, c'était uniquement parce que le Survivant était trop absorbé par les symptômes physiques.

Severus soupira. À la fois de soulagement d'être enfin arrivé à destination, et de dépit à l'idée de devoir encore amorcer une discussion compliquée avec le Gryffondor quand il serait de retour auprès de lui. Il toqua deux coups à la porte et attendit d'être invité à entrer. Quand ce fut le cas, il resta figé sur le seuil de la porte. Voilà donc pourquoi Albus avait insisté pour qu'ils fassent leur séance "Souvenirs, souvenirs" dans ses appartements plutôt que dans le bureau : Kingsley et une représentante du Ministère étaient ici. Il se rappela que le vieil homme avait mentionné un rendez-vous. S'il avait su, il aurait attendu bien plus longtemps avant de ramener la pensine.

— Professeur Snape, l'accueillit Dumbledore. Je vous en prie, posez la pensine sur la table. Merci de l'avoir ramenée aussi vite.

Snape effectua un bref signe de tête, en profitant au passage pour saluer tout le monde, et fit comme demandé. Une fois la bassine magique sur la table, il allait sortir, mais une voix le retint.

— Professeur Snape, que faisiez-vous avec une pensine ?

Gardant son traditionnel air neutre, il se retourna vers Kingsley qui venait de lui poser la question. Il en profita pour jeter un œil à Dumbledore. Que pouvait-il bien répondre ? Il devait faire attention de ne rien révéler sur sa nouvelle condition. Par chance, le directeur le sauva en répondant à sa place.

— Comme vous le savez, Monsieur Potter est souffrant depuis quelques semaines. Les traumatismes de la guerre. Le Professeur Snape, en plus de l'aider avec ses potions et son expérience, a eu la brillante idée de lui proposer la pensine pour mettre ses pensées au clair et calmer son stress.

— Et quand pourrons-nous enfin le voir, Monsieur le Directeur ? demanda une femme d'âge mûre.

Le souvenir d'Ombrage se rappela immédiatement à Severus. Le même genre de voix criarde, le même style de coupe démodée, et ne parlons même pas de ses vêtements. Ils n'étaient pas roses, non, c'était bien pire. Il étaient de toutes les couleurs. Un chapeau bleu, un gilet orange ouvert sur un chemisier vert, une jupe violette, des collants jaunes et des chaussures rouges. Non, vraiment, la regarder était un véritable supplice. Il avait presque l'impression qu'il allait en devenir épileptique tant sa rétine se sentait agressée.

— La presse attend les mots du Survivant après cette terrible guerre. Et le Ministère est sans cesse sollicité pour savoir ce que devient le Sauveur.

— Je pense que la presse et le monde sorcier peuvent comprendre qu'une guerre est quelque chose d'éprouvant qu'un enfant ne devrait pas avoir à subir. Vous pourrez donc le voir quand il se sentira prêt.

Cette fois, il avait répondu lui-même. Et il avait ajouté mentalement "et quand le lien sera complet, surtout". Il n'attendit pas d'en entendre davantage et préféra sortir du bureau pour rejoindre son calice. Si le Ministère commençait à mettre son nez dans les affaires de l'école, ce n'était pas bon signe.


Alors, que pensez-vous de l'intervention du Ministère ? :) Et plus particulièrement de mon nouveau personnage ? Je vous avoue que j'ai bien rigolé en l'imaginant XD

Pour rappel, il n'y aura pas de nouveau chapitre la semaine prochaine. Le prochaine chapitre sera publié le 17 février. À la place, je publierai un OS Teen Wolf que j'ai en stock : la fic cadeau pour Kahori qui a gagné le concours sur ma page en décembre. C'est un threesome Isaac/Stiles/Jackson.

Pour finir, une bonne nouvelle. J'ai bien carburé en cette fin de mois : j'ai terminé le chapitre 31 de cette fic. Je reprends donc un peu d'avance.