L'attente est enfin terminée ! n_n Dans ce nouveau chapitre, vous allez en savoir un peu plus sur la voix qu'entend Harry :) J'ai d'ailleurs l'impression que mon Salazar Serpentard plait beaucoup XD Plus en tout cas que mon Ombrage colorée qui semble vous avoir traumatisés lol

RàR :

Lily : Et ça y est, nous y sommes ;)

animang : Merci ! :)

Drayy : La voilà ! :)


Chapitre 27 : Cette voix n'est pas une blague

Severus retourna à ses appartements en quatrième vitesse. Heureusement que tous les élèves étaient en cours – il aurait pu être démasqué, dans le cas contraire. Il entra dans le salon avec fracas, se moquant totalement d'interrompre la partie d'échec en cours.

— Nous avons un problème.

Cette simple phrase suffit à intriguer les deux Gryffondors et à attirer leur totale attention sur lui.

— Kingsley et une femme du Ministère que je connais pas – et que je n'ai définitivement pas envie de connaître, tant elle parait pire qu'Ombrage – étaient dans le bureau de Dumbledore. Le Ministère commence à s'impatienter et réclame la présence du Sauveur.

Il termina sa phrase en fixant Harry. Celui-ci fronça les sourcils.

— Je n'ai pas envie d'être utilisé pour leur propagande.

— Ne crois pas que ça me réjouit. Plus tu seras exposé, plus je risque d'être découvert. Et s'ils apprennent ce que je suis, c'est la mort assurée pour moi. Ainsi que pour toi et Draco, certainement.

— Le Ministère ne tuerait pas Harry uniquement parce qu'il est devenu ton calice ! C'est ridicule ! s'exclama Sirius.

— Je n'ai jamais dit que le Ministère tuerait Harry et Draco. En revanche, me tuer, moi, risque de les tuer, eux. Tu peux penser ce que tu veux de ce que je suis. Mais un lien entre un vampire et son calice est tellement fort que la perte de l'un entraîne la chute de l'autre.

— Sachant cela, le Ministère ne pourra pas te tuer, intervint Harry. Ils ne prendraient pas le risque de voir leur précieux Sauveur mourir, et ainsi perdre les bonnes grâces du peuple.

Le ton du plus jeune était clairement dégoûté et montrait bien que ça ne lui plaisait pas d'être considéré comme "Le Sauveur du Monde Sorcier". Et c'est ce qui étonna Severus. James avait toujours aimé être sous le feu des projecteurs, admiré et envié. Il s'était donc attendu à ce qu'il en soit de même pour son fils. Il s'était apparemment trompé.

— J'aimerais autant ne pas prendre de risque, finit-il par répondre avant de se tourner vers l'autre homme. Sirius, contacte Arthur Weasley. Il faut savoir ce qu'ils ont en tête et gagner du temps.

— Et pourquoi tu ne le contactes pas toi-même ? demanda l'animagus un peu abruptement.

— Si je le fais, on risque de me poser des questions auxquelles je n'ai pas envie de répondre. Toi, tu es son parrain. C'est donc normal que tu t'inquiètes pour lui. Moi, on risque de me poser des questions auxquelles je n'aurais pas envie de répondre. Et d'ailleurs, fais bien attention à ta langue concernant ma condition. Ma menace du calamar et des strangulots est toujours valable.

— Et toi, tu sais ce que je devrais te faire pour avoir osé toucher Harry ? Je devrais…

— Arrêtez ! l'interrompit le susnommé. Vous n'en avez jamais marre, de vous prendre le bec dès que vous êtes dans la même pièce ?

— C'est lui qui a commencé en me menaçant ! s'exclamant Sirius.

— Je n'aurais peut-être pas besoin de te menacer si tu n'étais pas aussi stupide, répliqua le maître des potions.

— Assez ! cria le Survivant. Le prochain qui a une parole discourtoise envers l'autre, c'est moi qui le jette en pâture au calamar !

Les deux hommes se jetèrent un regard meurtrier. Bien sûr, Harry ne serait pas en mesure de mettre a exécution sa menace. Mais il pourrait faire pire. Comme ne plus leur adresser la parole. Et les deux autres étaient bien placés pour savoir à quel point il était borné.

— On peut au moins terminer notre partie ? finit par demander Sirius. J'ai une revanche à gagner !

— Très bien, soupira Snape, visiblement peu enjoué par cette perspective. Je vais en profiter pour commander des ingrédients pour mes potions.

Il s'installa à son bureau, grattant le papier pour faire ses bons de commande. De temps en temps, il jetait un œil à son calice. Il ne pouvait pas voir son visage, mais il entendait clairement la joie dans ses paroles. Et tout son corps était pleinement détendu. Peut-être devrait-il faire plus d'efforts pour s'intégrer au monde du garçon, plutôt que de chercher à l'intégrer au sien.

De son côté, Harry était vraiment heureux. Passer du temps avec son parrain était quelque chose qu'il adorait. Il avait passé l'été avec lui et il se rendait compte que sa présence lui manquait. Mais il se rappela les paroles du vampire plus tôt. Tant qu'il n'accepterait pas de compléter le lien, il ne pourrait pas pleinement profiter de son parrain. Peut-être que Draco avait raison : il ressentait actuellement le lien comme une prison parce qu'il n'était pas encore complet.

Il secoua mentalement la tête. Ce n'était pas le moment de penser à cela. Il se concentra à nouveau sur sa partie et déplaça le fou qu'il lui restait.

— Échec et mat, dit-il fièrement.

— Quoi ? C'est pas possible ! Comment tu fais pour être aussi doué à ce jeu ?

— Entraîne-toi quelques jours avec Ron. Il est pratiquement imbattable, répondit-il en riant.

Puis, un silence un peu gêné s'en suivit. Il était temps pour Sirius de partir. Mais les deux Gryffondor n'en avaient pas vraiment envie. Et le fait qu'Harry était incapable de lui rendre une étreinte leur était difficile. Il fallut encore quelques minutes avant que l'animagus ne se lève. Il passa rapidement une main dans les cheveux de son filleul en un geste affectueux. Ce dernier se tendit légèrement, mais la main avait déjà disparu avant qu'il ne réagisse vraiment.

Une fois la porte refermée, le Gryffondor se sentit soudain très fatigué. Il avait l'impression qu'il avait passé sa vie à se battre. D'abord pour essayer de vivre convenablement chez les Dursley. Puis, pour sa survie quand Voldemort voulait le tuer. Et, maintenant, pour… Pour quoi, au juste ? Garder son innocence ? Ne pas être dépendant de Snape ? Au fond, il ne savait plus trop. Mais ces deux raisons étaient complètement obsolètes : il avait déjà perdu.

— Tu devrais arrêter de réfléchir.

Harry sursauta. Il ne s'était pas rendu compte qu'il s'était autant plongé dans ses pensées. Du coup, il n'avait pas entendu son professeur arriver et s'asseoir à côté de lui. Celui-ci le fixait de ses yeux noirs. Il semblait vouloir lui dire quelque chose, mais il hésitait. Il se lança finalement après un moment de silence, passé à se dévisager l'un l'autre.

— Harry, il faut qu'on discute de quelque chose.

Le susnommé se tendit instantanément, sur la défensive. Cette entrée en matière ne lui disait rien qui vaille. Il fallait dire que leurs précédentes conversations n'avaient pas forcément été très agréables pour lui. Le simple souvenir de celle sur la frustration lui brûlait encore les joues.

— Je sens que je ne vais pas aimer ce dont on va parler, dit-il.

— Ne te braque pas. Je veux seulement t'aider.

Harry soupira.

— Très bien. De quoi s'agit-il, cette fois ?

— Tu te souviens de ce que Miss Granger a écrit, à propos des symptômes quand on ne ferme pas le lien ?

Il hocha la tête en fronçant les sourcils, ne comprenant pas, pour le moment, où voulait en venir le vampire.

— Ressens-tu un de ces symptômes ? Ou d'autres choses qui n'étaient pas mentionnées sur le parchemin ?

"Oh oui ! Les rêves érotiques sont là à foison dès que tu fermes l'œil ! Ça, c'est un bon symptôme !" intervint une voix dans sa tête qu'Harry commençait à connaître que trop bien.

"Fiche-moi la paix ! J'ai pas besoin de ça maintenant !" repondit-il mentalement.

— Un peu… Mais ce n'est pas très fort. Et je ne me sens pas déprimé.

Snape le regarda avec suspicion.

— Harry, à qui as-tu dit "la ferme" hier soir, dans la salle de bain ?

— Quoi ? À personne ! Je n'ai jamais dit "la ferme" à qui que ce soit...

"Petit menteur !"

"Assez ! Ce n'est pas le moment !"

Le Gryffondor commençait à paniquer. Le vampire l'avait découvert. Il savait qu'il entendait une voix dans sa tête. Et entendre des voix n'était jamais une bonne chose dans le monde sorcier. Il l'avait appris durant sa seconde année, à ses dépends. Du coup, il craignait ce que l'homme pourrait faire, s'il lui confirmait entendre une voix – et plus particulièrement celle de Salazar Serpentard.

Alors qu'il avait détourné le regard pour ne plus avoir à supporter ces yeux qui le scrutaient, Harry entendit son professeur soupirer. Il eut soudainement l'impression de ne pas avoir été à la hauteur. Pour la première fois de sa vie, il se sentit coupable d'avoir déçu Severus Snape. Pas qu'il ait cherché à lui plaire depuis qu'il avait été mordu, bien sûr. Mais l'ancien Mangemort avait tenté d'instaurer un climat de confiance entre eux. Et lui, que faisait-il ? Il lui mentait. En sachant parfaitement que ça ne passerait pas inaperçu. Quel crétin. Mais il n'eut pas le temps de s'excuser.

— Je te l'ai dit : je veux seulement t'aider. Si tu entends une voix que tu es le seul à pouvoir entendre, ce n'est pas grave. C'est même courant chez les calices qui prennent trop de temps pour fermer le lien. Je ne te prendrai pas pour un fou, et je ne me moquerai pas de toi. Mais je dois le savoir. J'essaie par tous les moyens de te montrer que tu peux avoir confiance en moi. Alors, j'aimerais que cette confiance puisse être établie dans les deux sens. Je vais donc te reposer la question pour la deuxième et dernière fois : à qui parlais-tu hier soir ?

Harry se sentait comme un enfant pris en faute, et qui était en train de se faire réprimander. Et c'était sans doute, à peu de choses près, ce qu'il était. Mais il devait admettre que le maître des potions n'avait pas tort. Alors, prenant une grande inspiration, il finit par répondre, toujours sans le regarder :

— J'entends une voix. Ça a commencé pendant la discussion avec Draco, le soir où j'ai bu ton sang.

Severus resta songeur. Cela avait débuté tout de suite après que les symptômes physiques aient disparu. C'était donc ce qu'il craignait : le jeune homme avait été si absorbé par ses désagréments physiques qu'il ne s'était pas aperçu de ceux qui concernaient son esprit. Cela signifiait que le temps leur était compté avant que les effets ne deviennent plus violents et que le Gryffondor ne perde la tête.

Alors qu'il allait expliquer ce fait à voix haute, il fut surpris d'être coupé dans son élan.

— La voix que j'entends… C'est la voix de… de Salazar Serpentard, termina le Survivant dans un murmure.

On aurait pu penser qu'il était un peu masochiste, pour révéler une information pareille. Mais Snape avait dit qu'il ne se moquerait pas. Et Harry devait avouer qu'entendre la voix de Serpentard était quand même perturbant. Pourquoi lui ? Ce n'était pas vraiment la meilleure façon de le mettre en confiance.

Comme il n'entendait aucune réaction, il se risqua à jeter un œil à son professeur. Professeur qui était resté stupéfait face à cette révélation. Le Gryffondor se dit que c'était sans doute la première fois qu'il le voyait aussi expressif – si on excluait les souvenirs. Mais cela ne dura pas longtemps, l'homme se reprenant et remettant son masque d'homme imperturbable.

— Au fond, j'imagine que c'est logique.

— Logique ?! s'écria Harry, choqué. J'entends un type mort depuis des lustres me murmurer des trucs louches dans la tête, et tu trouves ça "logique" ?

— Quel genre de "trucs louches" ? ne put s'empêcher de demander le Serpentard avec un sourire goguenard.

Le plus jeune se mit à rougir, n'ayant pas eu conscience sur le coup d'avoir avoué ce détail des plus gênants.

— Ça n'a aucune importance ! En revanche, je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de logique là-dedans.

— C'est pourtant clair. Sans compter la mienne, quelle a été la première voix que tu as entendue après la morsure qui a réveillé le lien ?

— Draco, répondit Harry sans la moindre hésitation. Je ne vois toujours pas le rapport.

— Tu es sûr que c'était la voix de Draco, que tu as entendue en premier après la mienne ?

Il réfléchit quelques instants, tentant de remettre en ordre ses souvenirs de cette nuit-là. Il s'était réveillé à l'infirmerie. Il était alors seul avec son professeur. Celui-ci l'avait ensuite mené jusqu'à ses appartements et ils n'avaient croisé personne en chemin. Puis, ils étaient entrés, et il avait découvert Draco sur le canapé.

"Toc toc !", fit la petite voix dans sa tête.

Et il percuta enfin.

— Le portrait à l'entrée ! C'est Salazard Serpentard ! Et il a demandé le mot de passe.

— En effet. Je pense que, lorsque tu l'as entendu après la morsure, ton inconscient a choisi sa voix pour te pousser à regarder les choses en face. Seulement, les désagréments physiques sont tels les premières semaines, que tu n'as pu te rendre compte de ce qui t'attendait mentalement. Est-ce que tu l'entends souvent ?

— Bien trop à mon goût, oui…

— Je vais être franc : plus tu l'entendras, plus cela signifiera que tu deviens instable psychologiquement. Plus le temps passera, pire ce sera. Je t'ai dit que je ne te forcerai pas, je le maintiens, et je ne veux pas te presser. Mais tu dois être conscient que, dans quelques semaines, tu ne seras plus qu'une loque, prêt à t'étrangler de tes propres mains, s'il le faut, pour faire taire cette voix qui te tourmente.

Harry avait pâli à vue d'œil au fil de cette tirade.

— Je ne cherche pas à te faire peur. Je dis seulement la vérité.

— C'est un peu raté, pour ne pas me faire peur…

— Je croyais que tu ne voulais pas de mensonge par omission, releva le plus âgé en arquant un sourcil.

Le Gryffondor soupira. Oui, il ne voulait pas de mensonge, même par omission. Mais ça ne rendait pas la vérité plus facile à accepter.

Quelques heures plus tard, Draco rentra. Harry ne lui prêtait pas attention d'habitude. Mais aujourd'hui, il avait quelque chose à vérifier. Reposant sa plume avec laquelle il écrivait son devoir de métamorphose, il se leva. Il ne laissa pas le temps aux deux autres de réagir et prit le blond dans ses bras, les passant autour de ses épaules et le serrant fortement contre lui. Les deux Serpentards étaient bien trop étonnés pour faire le moindre geste ou commentaire.

Après quelques secondes, il le lâcha enfin et se tourna vers leur professeur de potions, les sourcils froncés.

— Pourquoi ça ne me fait rien ?

— Pardon ? demandèrent en cœur les deux autres.

— Tu m'as dit que je ne supportais plus le toucher des autres à cause du lien. Mais avec Draco, ça ne me fait rien.

— C'est quoi, cette histoire ? demanda Draco, perdu.

— Sirius est venu ce matin pour veiller sur Harry le temps que j'aille rendre la pensine à Dumbledore. Il a tenté de prendre son filleul dans les bras, mais ça s'est mal passé, expliqua Snape. Harry, poursuivit-il en fixant le susnommé. Draco est aussi mon calice. Vous êtes en quelques sortes liés à travers moi. Draco n'est pas considéré comme une menace pour la fermeture de notre lien.

Malfoy se mit alors à rire à gorge déployée. Une larme coula même, du coin de son œil, tant il riait. Il lui fallut presque deux minutes pour s'en remettre, sous le regard ahuri d'Harry.

— Toi, tu ne cesseras jamais de m'étonner, finit-il par dire, une fois calmé. Mais si tu veux me refaire un câlin, n'hésite pas, c'était mignon. Et tu peux même aller plus loin, je dirai pas non.

Avec un grand sourire et un clin d'œil, le blond partit dans la salle de bain.


Cette petite fin vous plait ? ;) Je pense que le prochain chapitre vous plaira beaucoup ! :p Mais je n'en dit pas plus (et non, ce n'est pas la fermeture du lien)

À la semaine prochaine !