Voici l'heure du nouveau chapitre ! n_n La fin du précédent vous a apparemment beaucoup plu :)
RàR :
Guest : Merci pour ta review :)
Drayy : Moi aussi j'adore Draco :p
Babylon : Merci ! Ravie que ça te plaise :) Voici donc la suite !
Chapitre 28 : Une blague avant d'aller dormir
Comme s'y attendait Severus, Harry refusa encore de dormir avec eux la nuit qui suivit. Mais pendant la partie d'échec entre les deux Gryffondors, il avait eu une idée. Il espérait que cela donnerait envie au plus jeune de faire encore un pas vers lui.
Vers dix heures, quand il fut sûr que tous les élèves étaient en cours et que le Survivant fut prêt, il lui fit part de son idée.
— Est-ce que tu aimerais sortir ?
— Sortir ? demanda Harry, surpris mais aussi intrigué.
— Je te propose d'aller dans le parc pour prendre l'air.
— Mais on ne risque pas d'être vus par quelqu'un ? Ce serait gênant qu'on nous pose des questions, non ?
L'ancien Mangemort se demanda brièvement si le plus jeune s'inquiétait davantage pour le secret qu'ils partageaient ou d'être vu en sa compagnie. Mais il préféra ne pas poser la question. Peut-être ne valait-il mieux pas en connaître la réponse après tout.
— J'ai pris soin de vérifier, tout le monde est en cours. Nous ne serons donc pas dérangés. Nous auvons environ une heure.
Un sourire sincère et heureux fendit le visage du Gryffondor. Ils se retrouvèrent donc rapidement sous un arbre près du lac. Comme c'était un coin assez isolé et peu fréquenté, ils pourraient peut-être même rester plus longtemps que prévu, à la plus grande joie du Survivant.
Severus s'était assis contre l'arbre, ne lâchant pas des yeux son calice. Celui-ci s'en était alors donné à cœur joie pour se dégourdir les jambes, courant, sautant et profitant du soleil. Au bout de quelques minutes, il finit par rejoindre le vampire sous l'arbre et prit place à ses côtés.
— Merci, dit-il. Ça fait vraiment du bien de prendre l'air.
Ils restèrent ainsi un moment, profitant simplement de l'instant et de la brise fraîche. Ce fut finalement Harry qui rompit le silence, tout en continuant à fixer le ciel bleu.
— Je me demandais, commença-t-il un peu hésitant. À quelle fréquence dois-tu boire ?
— Cela dépend. En temps normal, boire une fois tous les deux ou trois jours est suffisant. Plus j'utilise mes capacités de vampire, plus ce délai raccourci.
— Donc tu ne bois le sang de Draco que tous les deux jours ? Et comment ça va se passer maintenant, puisque nous sommes deux ?
Severus laissa fleurir un petit sourire sur ses lèvres, amusé par les interrogations du plus jeune.
— Draco m'offre tous les jours son sang. La morsure est un plaisir, aussi bien pour le vampire que pour le calice. L'autre avantage à le faire tous les jours, c'est que c'est moins fatiguant. Les calices ont beau régénérer leur sang plus rapidement, ça n'en reste pas moins éprouvant pour le corps.
Harry sembla réfléchir quelques instants. Puis, il demanda :
— Est-ce que tu aimerais boire aussi mon sang tous les jours ?
— Seulement si c'est ce que tu veux également.
— Je suis d'accord. À une condition.
— Laquelle ? demanda Snape en regardant son calice, intrigué.
— Pas le cou.
Malgré lui, le plus jeune ne pouvait s'empêcher de repenser à la première morsure qui avait été des plus désagréables et douloureuses. Rien qu'y songer lui donnait froid dans le dos. Il n'était clairement pas prêt à renouveler cette expérience.
— Tu sais que tu n'auras plus jamais mal lorsque je te mordrai ? Au contraire, tu ne pourras y ressentir que du plaisir. Parce que tu es mon calice. Je comprends que cette nuit-là t'ait laissé un souvenir assez traumatisant. Ça n'aurait jamais dû se passer ainsi. Mais tu dois dépasser cette peur. Tu dois me faire confiance.
— Je sais, répondit-il en soupirant, avant de regarder enfin son professeur. J'imagine que c'est l'une des nombreuses choses pour lesquelles j'ai besoin d'un peu de temps.
Il avait terminé sa phrase avec un petit sourire contrit. Puis, il reprit :
— En attendant, Je veux bien t'offrir mon poignet chaque fois que tu le voudras.
Il avança alors son bras vers le visage de Severus, illustrant ses propos en offrant l'intérieur de son poignet à ses lèvres. Le vampire ne se fit pas prier. Il prit l'avant-bras qui lui était tendu entre ses doigts et il ouvrit la bouche, découvrant ses canines trop longues. Il passa ensuite sa langue sur la peau tendre, avant de la percer de ses dents.
Harry aurait voulu lui demander pourquoi il léchait la peau à chaque fois avant de mordre. Mais il oublia totalement sa question quand il sentit son sang quitter ses veines pour remplir la bouche de son professeur. Il regarda ce dernier et fut subjugué par la vision qui lui était offerte : le maître des potions avait les yeux fermés et semblait se délecter du nectar qui lui était offert. À chaque déglutition, il pouvait entendre un petit son de gorge satisfait. Et de son côté, il ne pouvait nier prendre aussi du plaisir à cette situation. Comme la dernière fois, il se sentait bien, apaisé, à sa place. Et encore une fois, il aurait aimé que ça dure plus longtemps. Mais la morsure dura à peine trente secondes avant que la langue ne se fasse à nouveau sentir sur la peau sensible.
— Pourquoi tu fais ça ? demanda le plus jeune d'une voix un peu plus rauque qu'à l'ordinaire.
— "Ça" quoi ?
— Lécher la peau avant et après la morsure.
— Regarde ton poignet.
Il s'exécuta et fronça les sourcils. Il ne comprenait pas. Que devait-il voir ? Il n'y avait rien.
— Il n'y a rien, dit Severus, comme un écho à ses pensées.
Puis, la lumière se fit dans l'esprit du Survivant.
— C'est pour cicatriser la peau.
Un hochement de tête le lui confirma.
— Mais ça n'explique pas pourquoi tu le fais aussi avant.
— Pour être sûr que tu ne sentiras rien. Sans cela, même si ce n'est jamais douloureux pour un calice, tu sentirais la peau s'ouvrir sous mes dents. Je ne suis donc pas obligé de le faire, mais j'imagine que ce serait moins agréable. Et aussi parce que j'aime bien lécher la peau de mon calice, termina-t-il avec un petit sourire goguenard qui fit rougir le Gryffondor.
Le lendemain, le même manège recommença : ils sortirent près du lac pendant que tout le monde était enfermé dans le château et Severus le mordit à nouveau au poignet. Le samedi, la plupart des élèves étant dehors, ils ne purent continuer. Mais le vampire profita que son premier calice soit à un entraînement de Quidditch pour boire le sang du second. Si Draco n'avait aucune pudeur, ce n'était pas le cas du brun. Et il en eut la confirmation le dimanche, quand Harry attendit que le blond soit sous la douche pour lui proposer son sang.
Le dimanche soir, comme à son habitude, le plus âgé demanda au Survivant s'il souhaitait dormir avec eux. Comme à son habitude, il n'espérait pas un "oui" et s'attendait à un "non" plus ou moins catégorique. Pourtant, il fut surpris quand un faible "d'accord" lui parvint en réponse. Il allait lui demander s'il en était sûr, mais il se ravisa en se disant que ce n'était vraiment pas le moment de le faire douter.
Harry suivit donc son professeur jusqu'à la chambre, mais il s'arrêta sur le pas de la porte. Draco était déjà sous les draps qui ne cachaient pas grand chose de son corps. Parce que, évidemment, comme toutes les nuits, il était nu. Quant à Severus, il s'était déjà déshabillé, se retrouvant en simple boxer.
— Mais à une condition.
Bien sûr, ça ne pouvait pas être aussi simple que "oui, allons-y !". Pas avec Harry Potter.
— Vous ne faites pas… "ça" quand je suis là.
— Oh ! Donc, on devrait se frustrer pour tes beaux yeux verts ? fit Draco, visiblement mécontent de cette condition.
Harry détourna le regard, un peu mal à l'aise.
— Ce n'est pas ce que je vous demande. Je n'aurai qu'à aller lire un livre dans le salon ou prendre une douche pendant que vous… Enfin, pendant ce temps-là, quoi.
— Cesse de jouer ta mère pudeur. Tu nous as déjà vus faire, je ne vois pas où est le problème. On pourrait t'apprendre des choses. T'as l'air d'en avoir cruellement besoin.
— Draco, arrête.
Le susnommé soupira mais se tut néanmoins.
— Cela me semble être une condition acceptable et légitime.
Harry en fut soulagé. La raison principale pour laquelle il avait refusé jusqu'à présent de dormir avec eux était le sexe. Il les avait entendus plusieurs fois, malgré la porte fermée. Et il n'avait aucune envie de réitérer l'expérience "voyeurisme". Au fond, il craignait de craquer, alors qu'il ne voulait pas d'une première fois aussi… originale. S'il devait passer à l'acte, il voulait choisir le moment en son âme et conscience, pas simplement sous le coup d'une impulsion et de l'excitation.
Il s'était réfugié, pendant un temps, sous l'excuse qu'il ne voulait pas être dépendant du plus âgé. Mais en donnant son sang tous les jours, il s'était rendu compte que c'était le vampire qui était dépendant de son calice, plus encore que l'inverse.
Snape s'était mis au milieu du lit, attendant visiblement que le Gryffondor s'installe sur le côté libre. Ce dernier s'avança, appréhendant un peu, mais prêt à se glisser sous les couvertures. Néanmoins, il fut arrêté dans son élan par la voix du professeur de potions.
— Je te conseille de retirer ton pyjama.
— Pardon ? demanda Harry avec de grands yeux ahuris, tandis que Draco ricanait face à sa réaction.
— Tu n'as jamais dormi plus de deux ou trois heures avec moi, tu ne t'en es donc sans doute pas rendu compte, mais tu vas avoir chaud.
Le brun resta quelques instants abasourdi avant de se reprendre.
— Ça ira.
Et, sans un mot ni un regard de plus, il se faufila sous la couverture et se mit le plus au bord possible en tournant le dos aux Serpentards.
— Comme tu voudras...
Le plus âgé éteignit la lumière. La respiration lente et régulière de Draco ne tarda pas à se faire entendre, montrant qu'il s'était déjà endormi. Harry, en revanche, ne trouvait pas le sommeil. Son cœur battait si fort qu'il avait l'impression qu'il produisait un vacarme digne d'une fanfare. Il ne fit pas attention au faible bruit de tissus derrière lui et sursauta quand une main se posa sur son bras. Il se retourna brusquement vers son professeur, essayant de distinguer son visage dans la pénombre. L'homme était allongé sur le dos, la tête de Draco au creux de son épaule.
— Qu'est-ce qui te perturbe autant pour t'empêcher de dormir ? demanda l'ancien Mangemort dans un chuchotement.
— Je sais pas. Je… Ça me met mal à l'aise de dormir ici.
— Ce n'est pas la première fois, pourtant.
— Mais les autres fois je n'ai pas eu le loisir de m'en rendre compte avant de m'endormir.
Snape soupira.
— Que veux-tu que je fasse ? Je ne vais pas à nouveau te promettre que je ne te toucherai pas pendant ton sommeil, tu le sais déjà.
— Oui, je le sais. Ce n'est pas le problème.
— Quel est le problème, alors ?
Le Gryffondor détourna la tête et fixa son regard sur le plafond qu'il ne voyait pas vraiment. Le problème ? Le problème était qu'il ne se sentait pas à l'aise en présence des deux Serpentards. Quand il n'y en avait qu'un, il avait réussi à s'en accommoder. Mais quand ils étaient tous les deux, c'était différent. Il ne se sentait pas à sa place. Un peu comme la cinquième roue du carrosse. Et c'était difficile à avouer. Surtout qu'il n'avait pas particulièrement montré son envie de se sentir bien en leur présence.
— Harry. Dis-le. Je ne peux pas t'aider, sinon.
Il cligna des paupières plusieurs fois, chassant les larmes qui avaient commencé à lui brûler les yeux. Foutu lien. Non content de permettre à son professeur de sentir qu'il était sur le point de pleurer, il fallait en plus qu'il le fasse réagir comme un gosse en manque d'attention.
— Je ne me sens pas à ma place, finit-il par lâcher dans un murmure quasi inaudible.
— Stupide Gryffondor…
Il avait eu l'intention de s'insurger pour cette insulte. Mais c'était avant qu'il ne se rende compte que ce n'en était pas vraiment une. La main fraîche du vampire l'avait saisi au niveau de la nuque et l'avait poussé à venir poser sa tête sur son torse. Même s'il ne pouvait le voir, il se doutait que ça créait une sorte de symétrie avec Draco de l'autre côté.
Sur le coup, il s'était tendu, prêt à repousser le maître des potions de toutes ses forces. Pourtant, quelques minutes plus tard, tous deux n'avaient pas bougé. La main fraîche était toujours sur sa nuque, immobile, et sa tête était toujours sur le torse tout aussi frais et dur. Il se rendit compte tout à coup, alors que le bruit de ses propres battements de cœur s'amenuisait, qu'il n'entendait rien émanant de son professeur. Il se risqua à poser une main hésitante en haut du ventre, au niveau des abdos, juste à côté de celle de Draco. Ce geste lui confirma ce qu'il pensait et qu'il n'avait jamais vraiment remarqué – ou qu'il avait préféré ignorer jusqu'à présent. Les vampires n'ont pas de cœur qui bat et ne respirent pas. C'était un peu perturbant.
Il eut un vague sursaut lorsque la main sur sa nuque bougea, lui caressant le cuir chevelu. Il ne l'aurait pas avoué, mais ce fut ce geste qui le fit finalement plonger dans les bras de Morphée. Sa tête dans le creux de l'épaule, sa main sur le ventre ferme, effleurant celle du blond, le bas de son corps toujours au bord du lit. Après quelques respirations plus sereines, ses yeux s'étaient fermés d'eux-mêmes et il avait sombré dans le sommeil jusqu'au lendemain.
Vous voyez, Harry fait des efforts ;) J'en connais qui vont être contents de voir ça lol
Je sais que certains commencent à trouver ça long. Mais je pense sincèrement que tout ce temps est nécessaire. Et, si ça peut vous rassurer, leur relation va un peu s'accélérer dans les chapitres du moins de mars :)
