On revient après notre petite pause mensuelle pour le chapitre 30 ! :) Je rappelle que le chapitre que vous vous apprêtez à lire est à ce jour celui avec la fin la plus sadique de la fic... Si vous ne supportez pas, attendez la semaine prochaine pour lire les deux d'un coup ! Je ne saurais être tenue pour responsable de votre frustration :p (et pour rappel, je dois être en vie pour poster la suite... Je dis ça comme ça)
RàR :
Lily : Tu trouves que la fin du chapitre précédent était sadique ? Mais que vas-tu donc penser de la fin de celui-ci ? XD
Drayy : Merci ! :D
Chapitre 30 : Boire la blague avec une paille
Peu après qu'ils soient rentrés, un elfe de maison apporta un repas à Harry. Celui-ci mangeait bien plus qu'avant. Il commençait enfin à récupérer une silhouette normale, où ses os ne saillaient plus comme s'ils tentaient de percer la peau. Severus profita de ce repas pour observer son calice. Il devait avouer qu'il était attirant. S'il aurait certes pu tomber sur plus conciliant question caractère, il fallait admettre qu'il avait de la chance d'avoir deux calices physiquement très attrayants. Il ne pouvait sans doute pas en dire autant de lui-même. Et maintenant qu'il était un vampire, il ne pouvait même plus espérer rattraper le coup. Il pourrait faire des heures et des heures de musculation, il n'aurait jamais de tablettes de chocolat en guise d'abdos, ni des bras aux muscles saillants. Il avait fait part un jour de ce regret à Draco. Ce dernier lui avait alors rétorqué que, sans vêtements, il était bien assez sexy et que son côté vampire lui conférait un certain charme. Puis, il avait ajouté que c'était tant mieux : ainsi, personne ne tenterait de lui voler son vampire.
Severus eut un petit sourire à ce souvenir. L'héritier Malfoy avait beau se montrer arrogant et parfaitement sûr de lui, il n'en était pas moins extrêmement jaloux. Il suffisait de se rappeler sa réaction quand il avait appris qu'Harry était aussi devenu son calice pour s'en rendre compte.
Harry, de son côté, sentait le regard de son professeur sur lui. Mais ça ne le dérangeait pas. Ou plutôt, ça ne le dérangeait plus. Il s'y était habitué. Et ce n'était finalement pas si désagréable. Il préférait le prendre du bon côté, c'est-à-dire comme un regard bienveillant qui prenait soin de lui. Hormis de la part des parents de Ron, il n'avait jamais reçu ce genre de regard. Même s'il n'aurait jamais imaginé que "regard bienveillant" et "Severus Snape" puissent être compatibles, encore moins si c'était dirigé vers lui.
Après avoir terminé de manger, il passa l'heure suivante à faire un devoir sur l'histoire de la magie. S'il y avait bien un cours qu'il ne regrettait pas de manquer, c'était celui-là. Autant dire qu'il apprenait bien plus de choses par lui-même, avec les notes d'Hermione et ses bouquins, qu'avec les cours du Professeur Bins. Et en un temps beaucoup plus court ! Une fois fini, il posa sa plume et s'étira avec un soupir de contentement.
— Tu as terminé ? demanda le vampire en s'approchant.
— Oui. Pourquoi ?
— Viens.
Sans attendre de réponse, il partit dans la chambre. Harry se demanda pourquoi, mais se contenta de le suivre. Il savait que l'homme ne lui dirait rien, de toute façon. La seule manière de savoir, était de faire ce qu'il lui demandait.
— Tu te souviens ce que je t'ai dit ce matin ? demanda Snape une fois qu'ils furent tous deux dans la pièce. À propos de la morsure.
— Euh… Que tu voulais me mordre ailleurs qu'au poignet ?
— En effet. J'aimerais d'abord te faire comprendre les choses avec une comparaison. Tu aimes la bièraubeurre, n'est-ce pas ?
Harry acquiesça, dubitatif, laissant son professeur continuer.
— Bien. As-tu déjà essayé d'en boire avec une paille ?
Cette fois, le Gryffondor le regarda avec de grands yeux effarés. Boire de la bièraubeurre avec une paille ? Sérieusement ? Mais qui donc aurait une idée aussi ridicule ?
— Non… Mais j'imagine que ça ne doit pas être fameux.
— Je t'ai dit ce matin que je pouvais boire ton sang à peu près n'importe où sur ton corps. Mais selon l'endroit, le débit est plus moins fort. Comme si je buvais avec une paille de taille variable, ou sans.
Snape s'approcha et prit la main du garçon. Sous les yeux curieux et presque fascinés de celui-ci, il porta un doigt à ses lèvres. De la pointe d'une de ses canines, il perça la peau souple. Il referma ses lèvres dessus et suça quelques gouttes de sang avant de passer sa langue pour refermer la plaie.
— Pour reprendre la comparaison, je viens de boire ton sang avec une paille qui serait si fine qu'on pourrait presque la prendre pour une aiguille.
Il fit glisser ses doigts sur le poignet, caressant la peau blanche où couraient un réseau de veines bleutées.
— Quand je bois ton sang ici, c'est exactement ce que je te disais à l'instant : c'est comme boire une bièraubeurre avec une paille. Une grosse paille, mais une paille quand même. Pour retirer cet effet, il me faut une artère plutôt qu'une veine.
Harry déglutit et prit enfin la parole dans un chuchotement :
— Et quelles artères peuvent correspondre ?
— Il y en a deux en particulier. Même si tu as l'artère radiale dans le poignet, ça reste trop faible. La première est donc la carotide, dans le cou. Mais nous sommes d'accord pour que je ne te morde pas à cet endroit. Pour l'instant. Donc, j'aimerais te mordre à la deuxième plus grosse artère du corps humain. Pour pouvoir vraiment boire ton sang de la façon la plus délectable qui soit et vraiment profiter de sa saveur.
Le Gryffondor resta quelques secondes sous l'emprise des iris noires qui le fixaient, faisant doucement entrer les paroles dans sa tête pour en comprendre le sens. Et il percuta enfin un détail. Quelque chose manquait dans ce que venait de dire l'adulte.
— Pourquoi j'ai l'impression que tu as fait exprès de ne pas dire l'emplacement de l'artère en question ?
— Parce que c'est le cas. J'aimerais vraiment que tu comprennes et considères ma demande avant de me jeter un non catégorique au visage.
D'accord. Là, ça en devenait presque flippant. Cette fameuse artère devait se trouver dans un coin plutôt gênant pour que le vampire soit si sûr qu'il lui dirait non. Il réfléchit quelques instants. Mais il n'avait pas vraiment eu de cours de biologie à Poudlard. Et il n'en avait pas eu non plus en primaire. Du coup, il était plutôt ignorant en ce qui concernait la taille des veines et les artères. Non, en fait, il était totalement ignorant. Alors, à quels endroits, autres que le cou, refuserait-il que Severus plante ses crocs ?
"Tes fesses !"
"Je doute franchement qu'il y ait une grosse veine dans mes fesses…", rétorqua-t-il mentalement à la petite voix dans sa tête.
"Alors, reprenons l'idée de la morsure sur ta queue. En érection, il doit bien y avoir une grosse veine qui passe."
La voix de Salazar avait été tellement vicieuse dans ces paroles qu'Harry pouvait sans mal imaginer son visage avec un grand sourire pervers. Mais plutôt que de s'offusquer, il prit peur. Il était clair que si Severus parlait bien de ça, alors oui, il allait se manger un non catégorique en pleine tronche. Peu importe ces histoires de pailles, il était absolument hors de question qu'il plante ses canines pointues dans son membre.
"Petite nature. Décoince-toi un peu, gamin. Il t'a dit que tu ne pouvais pas avoir mal."
"Peu importe, c'est non !"
Snape avait gardé le silence, observant attentivement son calice et ne sachant vraiment que penser en le voyant tantôt prendre une teinte écarlate, tantôt blanchir comme un linge. À quoi pouvait-il bien penser pour réagir ainsi ? Ce garçon était un réel mystère. Et dire que, même une fois le lien complet, il ne pourrait toujours pas savoir ce que pensait le jeune homme. Il allait vraiment devoir trouver un moyen de lui faire dire ce qui lui passait par la tête. Sinon, c'était lui qui allait finir par mourir de frustration à force de curiosité inassouvie.
— Tu parles de quelle artère ? demanda finalement le Survivant, pas très sûr d'avoir vraiment envie de connaître la réponse.
— De l'artère fémorale. Près de l'aine, ajouta Snape en voyant l'air d'incompréhension du plus jeune.
Harry soupira de soulagement. Le vampire n'avait pas l'intention de mordre dans ses parties intimes. Attendez. L'aine, n'est-ce pas en haut des cuisses, à côté de l'entrejambe ?
"Si, c'est bien ça."
Il ouvrit la bouche, prêt à refuser. Mais il se ravisa au dernier moment et regarda l'homme en face de lui. Ce dernier semblait vraiment espérer une réponse positive. Il prit alors le temps de reconsidérer la question. Ce n'était qu'une morsure. Ils n'allaient pas coucher ensemble. Et ce n'était pas à un endroit aussi terrible que ce qu'il avait imaginé. Peut-être pouvait-il donc faire un effort. Mais un détail l'inquiétait. Jusqu'à présent, à part la première morsure qui avait fait de lui un calice, il avait apprécié chaque fois que Snape avait bu son sang. Mais il l'avait toujours fait au poignet – le doigt ne comptait pas, il n'avait presque rien senti tant ça avait été rapide. Et s'il n'aimait pas ? S'il n'arrivait pas à se détendre suffisamment pour profiter de cette morsure ?
— Si je te demande d'arrêter, tu le feras, n'est-ce pas ? demanda-t-il avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
Severus faillit laisser tomber sa mâchoire au sol sous la surprise. Mais il se reprit assez vite pour ne rien laisser paraître. Franchement… Lui demander d'arrêter ? Il doutait très sincèrement qu'Harry veuille l'arrêter une fois qu'il aurait commencé. Mais si ça pouvait le rassurer…
— Évidemment.
— D'accord.
Le cœur du Survivant tambourinait dans sa poitrine, donnant l'impression que quelqu'un dans la pièce tapait au marteau avec insistance. Le vampire s'approcha de son calice, posa sa main sur sa nuque et avança son visage. Le Gryffondor crut qu'il allait l'embrasser. Mais au lieu de ça, il dériva au dernier moment vers l'oreille.
— Détends-toi, Harry. Je ne ferai rien que tu ne veuilles pas.
Les doigts sur la nuque se mirent à bouger, comme la veille au soir. Harry ferma alors les yeux et respira profondément. Son cœur se calma très vite. Bon sang, comment un geste aussi simple pouvait être si apaisant ? Il rouvrit les yeux quand l'autre s'éloigna légèrement et que la main disparut de derrière sa tête.
— Enlève ton pantalon et allonge-toi.
— Quoi ?
— Je ne vais pas te mordre à travers ton jean…
— Ah ! Oui, bien sûr…
Il déglutit avant de se plonger dans une contemplation minutieuse des dalles de pierre à ses pieds. Tandis que ses mains défaisaient un à un les boutons de son jean – avec une lenteur exaspérante, de l'avis de Severus –, il sentait son cœur repartir au galop. Au fond, était-ce de l'appréhension, de l'excitation ou de la gêne ? Peut-être un peu tout ça à la fois. Il se força au calme et laissa le vêtement tomber au sol. Il en sortit ses pieds et, toujours sans relever les yeux, il s'assit sur le lit, puis s'y allongea.
Il savait que le vampire le regardait, et il se sentait incroyablement mal à l'aise. Il ne trouvait pas quoi faire de ses mains. Alors, il se contenta de croiser les bras au-dessus de son ventre, attendant la suite, les yeux fixés au plafond. Il sentit le lit s'affaisser au niveau de ses jambes juste avant que la voix du vampire ne s'élève dans le silence.
— Il faut que tu écartes les jambes pour que je puisse m'installer.
Harry obéit, non sans une nouvelle accélération de son cœur. Un bras passa sous sa cuisse droite et une main froide se posa sur sa hanche. Dans le même temps, un autre bras passa sous sa jambe gauche, mais la main se posa sur sa cuisse. Il se risqua à jeter un coup d'œil au sud pour voir ce que faisait le maître des potions. Celui-ci était allongé sur le ventre, entre ses cuisses, et tirait un peu plus sur la jambe gauche pour l'écarter davantage. Il lui fit plier légèrement son genou pour avoir ainsi plus d'espace.
Malgré lui, le Gryffondor trouva cette scène excitante. Il ne put s'empêcher de réagir légèrement en se rappelant que c'était le même genre de position que Snape avait adopté pour faire une fellation à Draco. Mais le vampire ne semblait absolument pas se soucier de ce membre qui commençait à prendre de la vigueur. Non, ce qui l'intéressait était visiblement la peau laiteuse de sa cuisse, sur laquelle il passait sa langue. Harry aurait ri sous les chatouillis qu'il ressentait, s'il n'appréhendait pas autant la suite. Et quelle suite…
Il ne sut détourner le regard et vit la lèvre supérieure du vampire se soulever tandis que sa bouche s'ouvrait en grand, dévoilant ses crocs. Puis, ces derniers se plantèrent dans sa chair. Il entendit un cri avant même de se rendre compte qu'il venait de sa propre gorge. Il avait rejeté la tête en arrière, fermant les yeux, et ses mains avaient attrapé les draps, de chaque côté de son corps, comme une tentative désespérée pour se raccrocher à quelque chose.
Lors des précédentes morsures, il s'était senti bien. Mais ce n'était rien comparé à maintenant. À chaque nouvelle aspiration du vampire, il sentait comme une décharge électrique parcourir son corps, remontant le long de sa colonne vertébrale. Il ne sut combien de temps cela dura, mais ce n'était clairement pas assez.
Quand Severus lécha la plaie pour la refermer, un faible gémissement plaintif s'échappa des lèvres du plus jeune. Celui-ci était essoufflé. Et excité comme il ne l'avait jamais été. En baissant à nouveau les yeux, il se rendit compte que son érection déformait tellement son boxer qu'il était franchement impossible de ne pas la remarquer. Mais, contrairement à d'habitude, il ne s'en sentit pas gêné. Il plongea son regard dans celui de son professeur. Il pouvait y lire du désir et de l'excitation. L'homme était sans aucun doute dans le même état que lui.
Harry se surprit à avoir envie qu'il y ait plus. Il ne savait pas quoi exactement, mais il avait envie que Severus fasse quelque chose. Et il s'attendait à ce que ce soit le cas. Après tout, il était clairement excité et, en bon Serpentard, l'ancien Mangemort penserait probablement qu'il serait dommage de ne pas profiter de la situation.
Pourtant, contrairement à tout ce qu'il aurait pu imaginer, Snape se leva et sortit de la chambre, sans un mot, refermant la porte derrière lui. Et, surtout, en laissant un Gryffondor plus frustré que jamais sur le lit.
... Et des lecteurs frustrés :D Et oui, je suis super fière de moi :p Encore une fois, je dois être en vie pour poster la suite ! Ceci dit, si vous êtes sages, je pourrais bien poster le prochain chapitre mardi soir ;)
Sur ce... *active toutes ses amulettes de protections et pars se cacher où personne ne la trouvera jamais* XD
