Chapitre 4
1er septembre – 10h47
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La voie 9/4 de Kings Cross le 1er septembre, c'est un peu un concert des Jonas Brothers a guichet complet. Des centaines de jeunes réunis au même endroit, au même moment, criant, rigolant, hurlant de manière hystérique parfois. Un bruit pas possible, de la fumée, des accolades un peu partout…
Je ne vois que des sourires, quelle que soit la direction vers laquelle je tourne ma tête. Et Merlin sait que je tourne ma tête frénétiquement depuis plus de 10 minutes à la recherche de mon imbécile de Draco.
La veille, nous avons reprit notre vie normalement, s'écrivant, se chamaillant par correspondance. Notre routine habituelle en soit. Comme avant, avant le je t'aime fatidique auquel je n'arrête pas de penser.
« Tiens Granger, c'est un effet d'optique ou ta tête est de plus en plus plate ? »
C'était lui, il est dans mon dos. Je me retourne lentement, dissimulant difficilement le sourire Colgate associé au fait de le revoir enfin.
« En matière de tête plate tu t'y connais bien avec le shiatsu au rouge à lèvres carmin qui te tient compagnie mon cher Malfoy – Et c'est reparti pour un tour –
- Je ne te permets pas de ma parler comme ça, sale sang de bourbe !
- Ferme la bouche Parkinson, les odeurs fortes me donnent la nausée, dis faignant de me sentir mal.
Il sourit. Ce sourire a sans doute été la chose qui m'a le plus manqué. Quand il sourit il a deux énormes faussettes au creux des joues. Elles font craquer les filles. Moi, elles me font surtout beaucoup rire. Je les adore. Depuis des années j'ai su deviner quand il mentait uniquement grâce à ces faussettes. Aujourd'hui je m'en amuse en le charriant dès qu'il entame un sourire « Tu sors faussette ! Et elle est ou faussette ? Aux pieds faussette ! » Ca nous fait rire.
On se regarde dans les yeux tous les deux. Il sourit mais il est différent. Il y a quelque chose qui cloche. Il ne va pas bien. Je l'interroge du regard. Il me fait comprendre d'un simple mouvement de sourcils que ce n'est pas le moment d'en parler et part avec sa grognasse toujours pendue à son épaule.
Ca y est je m'inquiète. Il ne veut plus moi, c'est sur. Comment je vais faire sans lui ? Comment ? Qu'est ce qu'il me reste ? Si je perds Draco, c'est la moitié de moi qui part avec lui. Sans m'en rendre compte les larmes commencent à venir. Le train part dans huit minutes, il faut que je me calme.
« Granger, il faut que je te parle – c'est encore lui.
Je m'approche et me laisse guider par lui dans un coin tranquille
- Qu'est ce qui t'arrive Hermione ? Qu'est ce qui t'a pris de te mettre à pleurer après ma remarque. Tu sais bien que c'est un jeu !
- Draco, qu'est ce qui se passe ?
- Mais enfin je viens de te dire que c'est…
- Je ne te parle pas de ça, imbécile ! dis-je furieuse en lui coupant la parole. Malheureusement pour toi, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre et là je vois bien que quelque chose ne va pas ! Ne me mens pas !
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Il me regarde dans les yeux quelques secondes sans rien dire. Ça me paraît si long.
Il baisse les yeux, je suis son regard. Il relève sa manche gauche et là, je la vois, la marque des ténèbres.
Il me faut une bonne demie-minute pour comprendre ce qui se passe. Il relève les yeux, colle son front au mien et me chuchote :
« Je suis désolé. »
Tout est au ralenti autour de moi. Ce n'est pas possible, il ne peut pas être un Mangemort. C'est mon meilleur ami, il ne peut pas être un Mangemort ! Je commence à m'affoler, je respire mal.
« Hermione, calme toi.
Je respire de plus en plus vite, de plus en plus fort.
- S'il te plait, je t'expliquerai tout mais il faut que tu te calmes.
- J'arrive… pas…. respirer, dis-je en m'étouffant complétement affolée, ne pouvant plus contrôler ni ma respiration, ni mes larmes.
- Respire doucement, calme toi. Le train va partir, il faut vraiment que tu te calmes et qu'on aille dans nos compartiments comme si de rien n'était. S'il te plait Herm, calme...
Mais il n'a pas le temps de finir sa phrase que mes jambes se dérobent sous moi et je tombe inconsciente.
Draco m'a rattrapée de justesse. Il ne peut pas utiliser sa baguette pour m'aider, nous ne sommes pas encore à Poudlard. Il essaye de me ranimer façon moldue sans succès avant de mettre un bras sous mes genoux et un autre dans mon dos. Il me porte jusqu'au compartiment des professeurs. Bien sur c'était la seule chose à faire. S'il m'avait amené dans mon compartiment, mes amis l'auraient avadakadavrisé.
« Professeur McGonagall, je l'ai trouvée dans un coin de la gare.
- Oh Merlin, Miss Granger, que lui est il arrivé ?
- Je l'ignore, elle était inconsciente quand je l'ai trouvée – dit il d'un calme impérial.
- Je vous remercie Monsieur Malfoy, retournez à votre compartiment, le train va démarrer.
Il m'a laissé. J'ai été ranimée par les professeurs seulement quelques instants après. Après que McGonagall m'ait expliqué ce qu'elle savait, je lui ai inventé une histoire de malaise vagal et ai quitté le compartiment des professeurs. J'ai sprinté jusqu'à mon compartiment pour ne pas croiser Draco, j'ai regardé le sol tout le long pour ne pas croiser son regard non plus.
Une fois arrivée il a fallu que j'explique mon retard aux autres, je leur ai expliqué pour le malaise, ça me donne une excuse pour rester dans mon coin et faire semblant de dormir tout le trajet.
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Arrivé à Poudlard, après la cérémonie de répartition, j'ai reçu un courrier :
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Rejoins moi à l'endroit habituel à 20h30, j'ai besoin de toi
Grincheux
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Notre endroit habituel, c'est ce petit patio situé sur un toit du 5ème étage. On y accède par une porte cachée derrière une tapisserie. On arrive directement sur le toit, un petit carré de 30m carré environs. Il y a une petite fontaine, une table entourée de deux bancs, un grand cerisier, et d'autres plantes à fleurs. Paradoxalement il y fait toujours très froid. On l'a découvert dès notre rencontre en deuxième année, quand on cherchait un endroit pour se parler librement.
Je l'ai donc rejoins à l'endroit habituel, à l'heure convenue. J'ai prétexté à mes amis, être très fatiguée et stressée et aller prendre un bon bain dans la salle de bain des préfets pour me détendre. Après ce qui s'est passé ce matin, l'alibi est tout trouvé.
Quand j'arrive au patio, il est là, assis sur mon banc. Il s'est levé mais ne bouge pas. Il me regarde m'approcher lentement.
« Je suis désolée de ce qui s'est passé ce matin, dis-je en baissant les yeux.
- Non, ne t'excuse pas, c'est moi qui suis désolé, j'aurais du te le dire autrement, me dit il relevant mon menton de son index.
- Ne m'abandonne pas, je ne sais pas si je pourrais continuer à vivre.
- Ne dis pas de bêtise, je serai toujours là, tu es ma meilleure amie.
- Promets le.
- Oui, c'est promis. »
Je le prends dans mes bras. Je sais que désormais ça va être encore plus difficile pour nous. Cette histoire de guerre ne m'a jamais parue plus pesante qu'à cet instant.
« Tu as eu mal ? Dis-je après quelques minutes de silence
- Tu te souviens quand je t'ai raconté les Doloris de mon père ? Ben c'était pire. J'ai vraiment cru que j'allais y rester cette fois.
- Arrête je vais encore tourner de l'œil.
- Tu vas mieux d'ailleurs ? Tu m'as bien fait flipper ce matin.
- Je suis désolée, excuse moi, je n'arrivais pas à respirer.
- Arête de fumer et après on reparlera de tes excuses. »
On est resté là, une heure dans le froid. Sans forcément parler, juste être ensemble. Profiter de l'instant présent.
« Tu m'as manqué Draco. » Il ne répondrait pas, trop orgueilleux pour dire de vive voix ce qu'il arrive déjà à peine à écrire. Mais je sais qu'il le pense. Et ça me suffit. Pour l'instant.
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J'ai commencé à poster l'histoire hier et il y a déjà une trentaine de personnes qui l'ont lu et deux favorites ! J'espère que ça vous plait :)
Merci à guest, Love et Lale pour vos reviews, ça me fait vraiment plaisir ! On se retrouve au prochain chapitre !
Marie
