J'espère que le début de cette histoire vous plait - N'hésitez pas à laisser un commentaire pour quelque critique que ce soit, bonne ou mauvaise. ça me permettra de m'améliorer.

Je vous souhaite une bonne lecture de ce nouveau chapitre.

Marie


Chapitre 5

17 septembre – 16h54

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L'amitié est une chose bizarre. Certains disent qu'un ami c'est quelqu'un qui sait tout de nous mais qui nous aime malgré tout. Moi je pense que l'amitié c'est un amour tellement fort qu'il se suffit à lui même et n'a besoin de rien de plus. Oui c'est ça. Un amour qui n'a pas besoin de rapports physiques, un lien spirituel qui se suffit à faire un tout.

Mais l'amitié ce n'est pas toujours très beau, très rose. C'est même, des fois, dangereux et violent. Ça peut détruire la vie de quelqu'un.

Je suis en cours d'Histoire de la magie. C'est un cours commun avec les Serpentard. Je sais qu'il est là derrière moi, quelque part. Il doit m'observer bien à l'abri des regards des autres. Depuis qu'il est devenu Mangemort, il s'est éloigné de moi. Depuis ce soir au patio, j'ai l'impression qu'il m'évite un peu. Nous n'avons plus les mêmes rapports. Je lui écris souvent, il me répond quelques fois. Je le regarde souvent, il me sourit quelques fois. Je n'ai plus vu faussette depuis un moment.

On étudie aujourd'hui le chapitre sur la deuxième guerre des géants. Je le connais déjà par cœur, il m'est assez inutile de prendre des notes. Alors je décide qu'il est temps de lui écrire. Il faut crever cet abcès qui me ronge :

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Si je te donne un énième rendez-vous au patio, tu ne viendras pas. Je préfère alors t'écrire, comme ça je suis sure que le message sera passé.

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment mais j'ai besoin de toi Draco. Tu as promis de ne jamais me laisser. Je suis seule sans toi. Je ne vais pas bien. Je ne peux pas continuer sans toi

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J'ai les yeux inondés de larmes mais j'essaye de rester discrète. Cependant, une fois de plus ma respiration se bloque. Non, pas encore une crise. Pas maintenant. Je commence à m'étouffer, je panique comme à chaque fois. Je signe vite « Grincheuse » et plie le document dans ma main. Je perturbe le cours avec mes problèmes de respiration. Tout le monde me regarde. Je croise le regard inquiet de Draco, lui seul peut me calmer mais devant toute la classe il ne peut rien faire, il reste impuissant. Il voit la lettre dans ma main et comprend. D'un accio il la récupère avant que je m'effondre dans les bras d'Harry qui crie mon prénom.

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Mme Pomfresh est adorable. C'est une bonne infirmière. Mais elle n'a pas compris que je sais très bien ce que j'ai mais que je ne changerai pas mon mode vie pour autant. Je ne veux pas de traitement. Je ne veux pas d'opération. Je ne veux rien changer.

« Hermione t'aurais pas pu choisir un meilleur moment ! Je piquais du nez ! J'envisageais même de déclencher un incendie pour quitter cette salle de cours. Tu es un génie.

- Merci Ron, ça me va droit au cœur, dis-je blasée.

- Ron ! Elle a failli y rester, une malformation pulmonaire ce n'est pas rien. Au moindre choc, au moindre effort, si l'air ne circule pas bien, elle risque sa vie, proteste Harry

- Je vais bien, ne t'en fais pas..

- Bien ? Tu étais en train de t'étouffer Hermione ! Si l'anapneo n'existait pas tu serais…

- Mais il existe et je vais bien, tranchais-je. Je dois juste apprendre à respirer doucement et calmement quelles que soient les circonstances.

- Oui enfin, le cours d'histoire, y'a pire comme choc émotionnel, qu'est ce qui t'est arrivé ?

- L'heure des visites est terminée messieurs, leur dit Pompom en me sauvant d'un interrogatoire. Je la garde cette nuit au cas où, et je vous la rends demain si vous êtes sages. »

Je sourie à cette remarque, elle les traite comme des enfants. Nous nous disons bonne nuit et ils partent boudeurs de devoir me laisser. Je m'endors rapidement. C'est fatiguant de frôler la mort.

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Cette nuit là il est venu. Pendant mon sommeil j'ai senti son parfum et me suis réveillée en sursaut. Il est là, silencieux. Il me regarde avec un regard que je ne connais pas. De la colère peut être ?

« Est ce que ça va ? me demande t-il en me fixant dans les yeux

- Mes poumons vont bien.

- Je suis désolé…

- Arrête de t'excuser Draco, dis-je en fermant les yeux.

- Non, laisse moi finir, je suis désolé mais il faut qu'on arrête là.

Je garde les yeux fermés. Je n'ai pas vraiment percuté l'impact de ses paroles.

- Ce n'est plus vivable comme situation, tu m'étouffes, ça ne me convient pas. Je ne veux plus entendre parler de toi Hermione. Je veux que tu disparaisses de ma vie. Tu n'en fais plus partie.

- Mais…

- Non, pas de mais. Je ne veux plus entendre parler de toi. Jamais.
- Draco tu… - je marque un arrêt - Tu avais promis. T'avais dit que tu ne m'abandonnerais jamais

Je suis étonnamment calme. Pas de larme, pas de respiration saccadée. Pas de cri.

- Je sais. Mais qu'est ce que tu veux que je te dise, c'est comme ça, je ne peux plus. Au revoir Hermione.

Il me tourne le dos et amorce sa marche jusqu'à la porte de l'infirmerie

- Attends Draco

Il ne s'arrête pas.

- Attends ! – Je sors du lit et commence à courir aussi vite que mon état me le permet.

Il ne s'arrête toujours pas.

- Attends s'il te plait…

Il a franchi la porte et la claque derrière lui. Je me retrouve seule face à cette porte en bois. Je suis à genoux. Et les larmes viennent enfin.

Ce que je ne sais pas encore à ce moment là, c'est que cette porte était le seul obstacle entre lui et moi. Parce que s'il l'a bien claquée, il est resté derrière et m'a écouté pleurer adossé à la porte pendant un long moment. Comment est ce que je le sais, me demanderez vous ? Vous le saurez bien assez tôt.

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17 septembre – 23h53

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Cette nuit là, j'ai beaucoup pleuré. J'ai tellement pleuré que mes yeux désormais refusent de verser une larme. Je suis restée un moment à genoux face à cette porte de bois. Puis Harry est revenu, il s'inquiétait pour moi. Quand il est entré, il m'a vu à terre pleurant en silence et chuchotant des mots qu'il ne comprenait pas :

« T'avais dit que tu m'abandonnerais jamais… »

Il s'est assis à mes cotés et m'a consolé d'un chagrin dont il ne connaissait même pas l'origine. Il m'a bercé pendant des heures, en silence. Maintenant que j'y pense, je me dis que s'il n'avait pas été là, je ne sais vraiment pas ce qu'il serait advenu de moi.

Vers 1h du matin je me suis levée difficilement, m'appuyant sur lui pour ne pas flancher et suis allée dans mon lit. Il s'est allongé à coté de moi et nous avons dormi ainsi, dans les bras l'un de l'autre.

Cette nuit là, j'ai perdu la personne que j'aimais le plus au monde. Mon meilleur ami, ma moitié. J'avais l'impression de ne plus avoir de raison de vivre. De toute façon quand on perd la moitié de soi, on devient à demi mort non ?