Voici le chapitre 6 (le 7ème est en cours d'écriture je pense le poster demain) ! je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que ça vous plaire.

Marie


Chapitre 6

21 septembre – 7h30

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Le manque est une sensation sans égal. Il nous ronge de l'intérieur, nous fragilise sans nous toucher. Le manque est ce qu'il y a de pire. C'est une douce torture qui gagne l'esprit et dévaste tout autour de lui. Je suis en manque. En manque de lui.

Je le vois tous les jours aux repas, en cours, dans les couloirs, dans le parc. Je le vois plus que quand on était… Quand on était en contact.

Je pense à lui quotidiennement. Il y a forcément quelque chose dans la journée qui me fait penser à lui, une sensation, une odeur, une musique, un mot. Ce matin là au petit déjeuner c'est ce mot qui m'a fait penser à lui :

« Bonjour tout le monde – comme tous les matins, j'arrive après les filles (elles doivent se lever à l'aube pour ne pas qu'on les voit sans maquillage c'est pas possible autrement).

- Salut Hermione ! – Ginny est toujours de bonne humeur, c'est mon rayon de soleil, même par temps de pluie – Bien dormi Mione ?

- Pas trop mal et toi ?

- Bien bien, me dit elle avec le sourire.

Comme à mon habitude je me sers un petit déjeuner salé, et un verre de jus de citrouille. Harry et Ron arrivent.

- Bonjour bonjour, nous dit Harry. Comme tous les matins depuis mon séjour à l'infirmerie, il m'embrasse sur le front et s'assoie à ma droite.

- 'Lu. Ron ne semble pas levé du bon pied ce matin.

- Qu'est ce qui t'arrive Ron ? Ta petite amie imaginaire t'a largué cette nuit ?

- La ferme Ginny – l'amour fraternel, quoi de plus beau ?

- Laisse, Ginny, lui dit Harry, il est grincheux ce matin. »

Je marque un arrêt. Grincheux. Il n'a rien fallu de plus pour me faire chavirer ce matin là. Un seul petit mot que je m'efforce d'oublier à chaque seconde et qui revient au galop me rappeler le manque cruel qui me suit depuis des jours. Je lâche mon verre de jus qui ricoche sur le bord de la table et va finir sa course, éclaté en mille morceaux sur le sol.

Tout est au ralenti autour de moi. Il n'y a plus de bruit.

« Hermione ça va ?

Je ne l'entends pas. Je regarde droit devant moi et croise l'espace de trois secondes le regard de Draco.

- Hermione ?

Je n'arrive pas à reprendre mes esprits.

- Hermione, regardes moi. - C'est Harry qui me parle, je tourne la tête vers lui - Tu veux qu'on sorte Hermione ?

- Oui.

Il se lève, la main dans la mienne, pendant qu'un elfe de maison ramasse mes bêtises.

J'entends une remarque acerbe autour de nous :

« Vraiment complètement malade la sang de bourbe. Achevez la, qu'on n'en parle plus. » Pansy Parkinson et ses mots doux. Si cette peste savait un quart de ce que je sais moi, elle mourrait de honte.

On se dirige vers la sortie, la Grande Salle toujours silencieuse. Une fois dehors Harry me dit :

« Tu sais il va falloir qu'on parle de ce qui ne va pas un jour ou l'autre.

- Oui je sais.

- Tu veux qu'on en parle maintenant ?

- Non pas maintenant…

- Quand alors ?

Comment lui dire ? Comment lui avouer toute cette vérité qui me hante ? Il ne comprendra jamais que je lui ai caché ça pendant tant d'années. Et s'il m'abandonne lui aussi, qu'est ce que je vais devenir ?

- Ce soir, après mon cours d'astronomie, au 5ème étage, au niveau de la tapisserie du centaure à deux têtes. Et prends un pull, il fait froid là où l'on va.

- Tu es sure que c'est vraiment nécessaire ?

- Oui, j'en suis sure - Je marque un arrêt – Harry ? – il me regarde – ce que je vais te dire, tu vas le garder pour toi.

- Tu sais que tu peux avoir confiance en moi.

- Et surtout, ne me juges pas avant de tout savoir.

- Tu commences à me faire peur tu sais. C'est quelque chose de grave ?

- Non, dis-je avec un petit sourire, c'est juste l'histoire d'une idiote qui apprend la vie…

- Tu n'es pas une idiote Mione.

- En parlant d'idiote, tu crois que le Lavande-Gang se lève à quelle heure pour le ravalement de façade tous les matins ?

Il me sourit, la matinée reprend son cours pendant qu'on se dirige vers le cours de potions.

... /…

21 septembre – 22h30

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Après mon fameux cours d'astronomie, je me dirige vers le patio. Je n'y suis pas encore retournée depuis. J'appréhende un peu. Harry est déjà là. Je me dis que c'est peut être la dernière fois qu'on est tous les deux en si bons termes avant que je lui dise la vérité. Alors je lui fais un câlin. Il dure une bonne demie minute. Puis je me détache de lui et écarte la tapisserie. J'ouvre la porte du patio et le froid embrasse tout de suite mon visage.

« Je ne t'avais pas menti, il fait vraiment froid ici, dis je avec un petit sourire

- On est où au juste ?

- Sur un des toits du 5ème étage, dans un patio d'hiver. Je pense que c'est une œuvre de Dumbledore. Parce qu'avec 6 malheureux degrés, les cerisiers ne fleurissent pas normalement.

- Comment tu l'as trouvé ?

- ça fait partie de l'histoire que je vais te raconter. Je vais tout te raconter depuis le début, d'une traite et il ne faut pas me couper avant que je n'aie terminé d'accord ?

- Euh ok…

- Bon je me lance. Depuis notre deuxième année à Poudlard, j'entretiens – j'entretenais - une amitié avec une personne qui m'est très chère. C'est un garçon qui ne fait pas partie de notre maison. Il est génial, c'est l'une des personnes que j'aime le plus, avec Ron, Ginny et toi. Il sait tout de moi, je sais tout de lui. On se connaît par cœur parce que depuis la deuxième année, on est en contact tous les jours, on se voit à Poudlard, ici dans ce patio qu'on a trouvé pour être à l'abri des regards, on s'écrit quand on ne peut pas se voir, à longueur de temps.

- Ah c'est lui le fameux grincheux ?! Ah grincheux… C'est pour ça que tu as réagis comme ça ce matin ! Qui est-ce ?

- S'il te plait Harry laisse moi terminer.

- Oui pardon.

- Donc je te disais, on était tous les jours en contact quelles que soient les circonstances. Mais malgré toute l'amitié que l'on se porte l'un l'autre, on n'a jamais été ami en public. Il s'agit d'un Serpentard. Et oui il s'agit bien de Grincheux.

Harry me fixe comme s'il essayait de lire en moi.

- Ce Serpentard est la personne qui me connaît le mieux. On est tombé l'un sur l'autre, on ne sait pas pourquoi. Crois moi aujourd'hui je m'en mors les doigts. Depuis un mois à peu près, je le sentais différent, il était distant avec moi. A notre retour à Poudlard, il était encore plus distant, on se parlait quasiment plus, et cette situation m'était très dure à vivre. Alors le jour ou j'ai fini à l'infirmerie, je lui ai écrit pendant le cours d'histoire. J'étais tellement triste que j'ai commencé à pleurer. Essayant de me retenir pour ne pas attirer l'attention, ma respiration s'est perturbée et j'ai fais une petite crise. Il a tout de même trouvé ma lettre et l'a lu. Le soir, quand Ron et toi êtes partis, il est revenu. Il m'a simplement dit qu'il ne voulait plus être mon ami, que j'étais insupportable, qu'il n'en pouvait plus. Bref des choses horribles. Qui m'ont fait mal. Voilà pourquoi j'étais dans cet état quand tu es revenu. J'espère que tu comprends tout maintenant.

- Oui je comprends. De qui s'agit –il ?

- C'est – C'était Draco Malfoy.

Voilà c'est dit. Je crains le pire. Je suis préparée au fait qu'il me hurle dessus, qu'il pique une crise, qu'il ne veuille plus jamais m'adresser la parole. Mais il n'en fait rien. Il est calme et regarde dans le vide.

- Pour être tout à fait honnête avec toi Hermione, dit il après un temps de pause, j'avais déjà quelques doutes depuis ce fameux soir.

- Ah bon comment ça ?

- Quand je suis revenu te voir, je vous ai entendu dans le couloir. Tu lui courrais après en lui disant de t'attendre. Il a claqué la porte et tu t'es mise à pleurer. Je suis resté caché un moment parce qu'il n'a pas bougé pendant près de vingt minutes. Il est resté adossé à la porte, les yeux dans le vague et t'a écouté pleurer un moment. Puis il a arraché sa cravate et il est parti. C'est à ce moment là que je suis rentré. Maintenant je comprends mieux en effet.

- Pourquoi est il resté ?

- Je ne sais pas. Il n'a pas prononcé un mot.

- Tu m'en veux … ?

- Très franchement je ne vais pas dire que je suis ravie.

- Je suis désolée.

- Mais je ne peux pas t'obliger à détester quelqu'un Hermione. Tu es tellement malheureuse depuis quelques temps que je ne peux pas t'en vouloir. Je lui en veux à lui ça oui, mais pas à toi.

- Je t'adore monsieur Potter, lui chuchotais-je au creux de l'oreille. Je ne sais pas ce que je ferai sans toi.

- Plein de bêtises, à coup sur miss Granger. T'es pas amoureuse de lui au moins ?!

- Bien sur que non ! Je t'ai dis qu'il s'agit d'un ami !

- Tu n'es pas enceinte hein !

- Oh mais non ! Pour qui est ce que tu me prends ? dis-je, faignant d'être outrée

- Alors on oublie ça ?

- On essaye en tous les cas… Tu n'en parleras pas n'est ce pas ?

- Non je ne dirai rien. C'est bien que tu aies assez confiance en moi pour me dire la vérité.

- Bon on rentre ? J'ai très froid. »

Voilà. Harry sait tout. Je n'arrive pas à croire qu'il réagisse aussi bien. C'est une perle ce garçon. Je me sens libérée d'un poids. Celui de la culpabilité. Bien sur, je n'arrive pas encore à compenser l'absence de Draco. Mais au moins, je ne suis plus seule face à ça. Voilà où on en est aujourd'hui. Je suis malheureuse, brisée, en pièces. Draco m'a détruite. Je regrette amèrement ce jour de deuxième année et aimerais pouvoir tout effacer. Oublier. Mais je ne peux pas. Je dois vivre avec. Enfin… je dois plutôt vivre sans.

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Voilà j'espère que le chapitre vous a plu, le prochain est déjà en cours d'écriture. Les publications sont très rapides (parfois 2 ou 3 chapitres dans la journée) car je n'ai pas encore repris les cours et que je ne consacre quasiment tout mon temps livre qu'à l'écriture.

Merci aux personnes qui ont mis la fic en favoris ou qui la suivent.

J'espère que vous pourrez mettre une petite review pour me dire ce que vous en pensez, j'attends vos impressions avec impatience. A bientôt