Chapitre 7

24 septembre – 10h25

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La vérité peut quelques fois être cruelle. Elle peut parfois amener une réconciliation et parfois tout détruire sur son passage. La vérité c'est ce qu'Harry m'a demandé et c'est ce qu'il a eu. Ça fait exactement une semaine depuis cette nuit à l'infirmerie. Si dans un premier temps, Harry a très bien réagi face à tout ça, aujourd'hui il devient de plus en plus protecteur et ne supporte plus de voir Draco dans la même pièce que moi. Je me renferme un peu et Harry ne supporte pas ça et menace d'aller lui crever les yeux à chaque fois. Bizarrement cette réaction Potterienne me convient parfaitement. Je n'en attendais pas moins de lui. J'ai besoin qu'Harry réagisse comme ça même si je ne l'avoue pas.

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Nous sommes en cours de métamorphose. J'aime cette discipline. Après Poudlard j'envisage même de faire un médicorat en métamorphose et d'enseigner la matière. Je trouve cela absolument fascinant.

« Je ne comprends pas ce qui te plait dans cette matière Mione, me dit Ron à la fin du cours. C'est dur !

- C'est justement parce que c'est dur que c'est intéressant Ron. Si c'était facile, tout le monde la pratiquerait, et elle n'aurait plus rien d'exceptionnel, cette matière, lui dis-je en marchant dans un couloir.

- Bof, le Quidditch, ça c'est fascinant ! Et élitiste aussi !

- Chacun son domaine de prédilection, dis-je en souriant.

A cet instant Harry s'arrête. Je regarde dans la même direction que lui et comprends tout de suite. Draco, Nott, parkinson et Zabini se dirigent vers nous. Quand Draco nous voit il s'arrête aussi, me regardant fixement sans rien dire.

« Mais qui voilààà ?! Mon petit groupe de bras cassés préféré ! crie Parkinson d'un voix très aigue.

- Oh Pansy Parkinson, l'objet de mes fantasmes inavoués, se moque Ron.

- Ne t'inquiète pas Wesmoche, ton cas est loin d'être isolé. Malheureusement pour toi je choisis mes fréquentations dans les beaux quartiers. Tu n'as aucune chance poil de carotte.

- Tiens, tu utilises des références moldues maintenant. Pas très sang pur tout ça, dis je sur un ton faussement déçu.

- Qui t'a adressé la parole vermine ? Tu ne parles que si tu en as l'autorisation, lance la Serpentard. N'est ce pas Draco ?

Il ne dit rien. Il me regarde bizarrement. J'ai l'impression que même m'adresser la parole le dégoute désormais.

- Draco ?

- Tais toi Pansy, on s'en va, dit il catégorique, s'éloignant déjà vers la salle de métamorphose dans laquelle il a cours désormais.

- Mais enfin Dracou…

- Je t'ai dit de te taire ! Je refuse de leur adresser la parole. Et à toi aussi si tu continues à remarquer leur misérable existence. Ils ne représentent rien alors arrêtes de leur accorder de l'importance. Rien que de les regarder, ça me donne envie de vomir !

Outch, ça ça fait mal. Je ne l'ai jamais vu dans cet état. Il doit vraiment me détester pour réagir aussi violemment. Le groupe des verts s'éloigne dans sa direction sans un mot de plus.

« ça va Hermione ? Me demande Harry inquiet.

- Oui oui ne t'inquiète pas.

- Pourquoi ça n'irait pas ? On a l'habitude de ces petites remarques dégradantes maintenant. Rien de bien nouveau, lance Ron.

Harry me regarde. Il me prend la main. Je me sens bien avec lui. Il me fait un peu oublier l'absence de Draco. Mais j'ai du mal à passer sur les paroles de Draco. « Rien que de les regarder ça me donne envie de vomir ! ». Les larmes me viennent malgré tous mes efforts pour ne pas pleurer. Et malheureusement Harry le voit.

« Je reviens - Il m'a lâché la main et part en courant en direction de Draco – Hey Malfoy ! »

Ce dernier se retourne sans un mot, surpris.

C'est alors qu'Harry l'a frappé. Une droite dans le nez, une gauche dans le ventre. Je lui hurle de s'arrêter en courant vers leur direction. Harry est tellement déchainé que Draco ne peut même pas riposter. Une fois son ennemi à terre, Harry lui donne même des coups de pieds dans le ventre. J'essaye de m'approcher mais rien à faire, une foule de monde est déjà autour d'eux. Je ne peux qu'essayer de le raisonner par la parole. Je crie, je m'égosille, jusqu'à ne plus pouvoir respirer correctement. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Tout le monde autour d'eux est en effervescence. Les serpents essayent d'arrêter Harry mais les quelques Griffondor présents, dont Ron, les en empêchent. Draco fini par réagir et se rut sur Harry, la tête la première, et lui rend ses coups. Je cours chercher de l'aide dans une salle voisine. Je trouve finalement Rogue et Slughorn, qui, dès que je leur ai expliqué la situation, courent vers le lieu du combat. J'essaye de les suivre. Je suis essoufflée, je sens que je vais tomber.

Ils sont finalement séparés par un groupe de Serdaigle de 7ème année.

« Si tu t'approches encore d'elle je te tue Malfoy ! Je te jure que je te tue ! » Il hurle aussi fort qu'il le peux, se débattant pour s'extirper des bras du Serdaigle, du sang plein le visage.

- Mais pour qui est ce que tu te prends Potter ? crie Draco à son tour, se débattant lui aussi. Tu ne sais rien d'elle ! Tu ne l'a connais pas !

Puis tout à coup un éclair passe dans les yeux de Draco. Il ne se débat plus. Il me cherche du regard. Et c'est quand nos regards se sont croisés et qu'il a compris.

« Respire » chuchote t-il

Il s'extirpe des bras du Serdaigle et court dans ma direction. Malheureusement il a compris trop tard. Je sombre déjà inconsciente. Il me rattrape de justesse, glissant sur les genoux, avant que je ne m'éclate la tête par terre. Je ne respire plus. Il m'allonge délicatement au sol. Harry hurle mon prénom, toujours retenu prisonnier des bras du Serdaigle.

« Hermione respire… » Draco parle si bas qu'il est sans doute le seul à s'entendre. Tout le monde nous regarde, l'incompréhension gagnant la plupart des personnes présentes.

« Putain Hermy, respire je t'en supplie… » Je n'ai aucune réaction. Puis il sort sa baguette et crie la formule du dernier espoir « Anapneo ! »

Il attend l'espace d'une, deux, trois secondes et voit ma poitrine se soulever. Il ferme les yeux, soulagé. Puis il colle son front à mon thorax. Il me sent respirer. Il peut alors respirer lui aussi.

« Cette fois tu m'as fais vraiment peur… » Dit il encore plus bas que précédemment. Puis il s'allonge, dos au sol, à coté de moi, et sombre inconscient à son tour.

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24 septembre – 12h30

Cette bagarre a fait pas mal de dégâts. Les Serdaigle ont eu quelques bosses et des contusions. Les Serpentard les Griffondor ont eu des bleus, des yeux au beurre noir, des griffures, et même parfois des morsures. Harry le visage tuméfié, des bleus sur tout le corps, un œil gonflé et le nez cassé. Sans compter l'entorse au poignet qu'il s'est faite à force de frapper Draco. Madame Pomfresh a réparé tous ces bobos en un instant. Toutes ces personnes sont sorties de l'infirmerie. Les Griffondor et les Serpentard s'en sont sorti avec 10 points de moins et une semaine de retenue chacun. Harry avec 2 mois de retenu et 50 points de moins.

Draco et moi somme toujours à l'infirmerie. Je viens de me réveiller. Il est toujours inconscient. J'entend l'infirmière lister à Dumbledore les dommages qu'il a subit :

« Il a un traumatisme crânien, deux cotes cassées ainsi que le nez, de multiples contusions et une légère hémorragie interne à l'abdomen que j'ai déjà soignée, dit l'infirmière. Je vais soigner tout cela avant qu'il ne se réveille. Il n'est pas dans le coma, il est simplement épuisé. Il aura mal à la tête quelques jours mais ça va aller.

- C'est incroyable qu'il ait pu venir au secours de miss Granger dans cet état Pompom.

- Je vous l'accorde professeur, il lui a sauvé la vie.

- Il va tout de même écopé de deux semaines de retenue.

- Professeur Dumbledore, il faut que je vous dise que ce garçon a la marque des ténèbres sur le bras. Il a peut être sauvé une enfant de moldue mais il est marqué.

- Ne vous en faites pas Pompom, je suis déjà au courant. Veuillez n'en parler à personne.

Déjà au courant ? Comment Dumbledore peut laisser un Mangemort librement dans l'école ?

- Très bien, monsieur. Il n'en sera fait aucune mention dans son dossier.

- Professeur ? dis-je timidement

- Ah miss Granger ! Vous êtes réveillée. Vous nous avez fait une sacrée peur.

Après les quelques examens habituels, l'infirmière me donne l'accord de quitter mon lit ce soir avec ses énièmes recommandations sur le traitement et l'opération qu'il faudrait que je subisse. Mais je ne fais pas cas de ce qu'elle me dit. Je vais pouvoir retourner en cours dès le lendemain. Quelques minutes après, alors qu'elle est dans son office à fabriquer des potions, je sors de mon lit et me dirige vers celui de Draco, voisin du mien. Il est toujours endormi. Je m'approche de lui et colle mon front au sien en lui chuchotant :

« Tu… Tu me manques. Cruellement. Mais puisque tu ne veux plus de moi dans ta vie, je respecte ta décision. Et même si chaque jour est une épreuve sans toi, je fais en sorte de m'en sortir. Alors je ne sais pas pourquoi ni comment tu l'as fais mais merci d'avoir sauvé ma vie. Je ne te l'ai jamais dit, mais je t'aime Draco. Je t'aime plus que tout… »

A ce moment, Harry rentre dans l'infirmerie :

« Hermione tu es réveillée ! dit il courant vers moi. Tu m'as fais une de ces peurs !

- Je vais bien Harry ne t'en fais pas.

- Je suis désolée Mione, je ne sais pas ce qu'il m'a pris.

- Tu aurais pu le tuer…

- Je sais. Je ne me suis pas contrôlé, je ne sais vraiment pas ce qu'il m'est arrivé. Mais quand je l'ai entendu nous insulter, c'était plus fort que moi. Pardonne moi.

- Ce n'est pas auprès de moi que tu dois t'excuser, dis je en tournant la tête vers Draco.

- Tu sais, dit il en esquivant ma dernière phrase, j'ai bien cru que je t'avais perdu pour toujours tout à l'heure. J'étais paralysé par la peur. Je crois que si je te perdais, je ne m'en remettrais pas Hermione.

Il s'approche de moi et me prend les mains puis rajoute :

- Je ne veux pas être séparé de toi un jour de plus Hermione. Il faut que je te le dise : Je t'aime. Je.. Je t'aime comme un fou et je ne supporte pas de te voir souffrir à cause de lui. S'il était vraiment ton ami, il ne t'aurait pas laissé. Il faut l'oublier. Je veux te voir heureuse.

Je ne réagis. Il s'approche de moi et m'embrasse délicatement les lèvres. Ce baiser est curieux. Il n'a rien de désagréable bien sur, Harry est beau garçon je l'adore, mais je n'ai pas les papillons dans le ventre. Et puis je réalise. Je viens de frôler la mort une nouvelle fois, alors les papillons ça sera sans doute pour plus tard. Je réponds à son baiser timidement.

- Bon, dit il après quelques secondes de baiser, je vais te laisser te reposer. Je viens te voir tout à l'heure. J'ai une heure de colle dans un quart d'heure, il faut que j'y aille. Il m'embrasse une nouvelle fois.

- Oui vas y, tu viens me chercher après ?

- Promis. »

Draco ne s'est pas réveillé avant mon départ de l'infirmerie. Je ne peux pas le remercier de vive voix. Je sais que madame Pomfresh l'a remis à neuf et qu'il aura simplement quelques douleurs à la tête au début. Je sais qu'il m'a sauvé la vie mais j'ignore encore comment, Harry ne m'a pas parlé de ça. Et à vrai dire je crois que je ne veux pas savoir. S'il a décidé de ne plus me parler, je crois que le seul moyen de le remercier est de respecter son choix.

Avant de partir, je vais à son chevet, détache la chaine en argent et mon initiale assortie d'autour de mon cou et les glisse dans sa main :

« Tu sais à quel point j'y tiens. Il est à toi maintenant. Pour qu'il te porte chance et que tu n'oublies pas a quel point tu comptes et à quel point je t'aime. »

Puis j'ai rangé mes affaires et suis partie de l'infirmerie quand Harry est venu me chercher.

Merlin, je viens de réaliser quelque chose, je sors avec Harry Potter !


Alala c'est Draco le héro et Harry qui récolte la fille. Le monde est injuste hein. Une petite review pour me dire comment vous trouvez ? ça vous plait ?

Des bisous

Marie