Voici enfin le chapitre 36 ! Il aura été long à arriver ;) Rassurez-vous, il ne finit pas avec un nouveau cliff, il a une vraie fin de chapitre, pas frustrante :)
Les réponses en MP aux RaR arrivent dans la journée n_n (je me suis dit que vous préféreriez avoir le chapitre avant la RaR XD)
Drayy : Merci ! Ravie de voir que tu suis toujours malgré les sorties de plus en plus espacées :)
Chapitre 36 : Cette décision n'est pas une blague
Suite à l'interrogatoire de Moirage, il fallut encore une bonne heure avant qu'Harry ne soit autorisé à voir ses amis. Ceux-ci lui racontèrent ce qui était arrivé entre sa disparition et son réveil : la tentative pour le retrouver en faisant appel à Sirius, la découverte qu'il avait été enlevé par un autre vampire, son sauvetage et le Ministère qui avait finalement surpris Severus en train de lui donner son sang. Le Gryffondor s'était attendu à ce que Draco lui reproche la situation, voire qu'il l'insulte. Pourtant, au contraire, le Serpentard était resté étrangement calme. Il avait à peine réagi quand Harry était entré dans la pièce. En fait, il semblait complètement perdu dans ses pensées, comme ailleurs. Le seul geste qu'il faisait était de jouer avec sa baguette en lui jetant parfois un coup d'œil.
Finalement, Moirage entra, un grand sourire aux lèvres, ce qui ne disait clairement rien de bon quant à la situation.
— J'ai fait part de mon rapport à Madame la Ministre, commença-t-elle de sa voix nasillarde si agaçante. Elle a rendu son verdict. Severus Snape sera scellé et Harry Potter envoyé à Sainte-Mangouste pour lui trouver un remède à sa condition de calice.
Un vent de protestations s'éleva dans la salle à ces paroles.
— Silence ! hurla Moirage. Les décisions de la Ministre sont indiscutables.
— Pourrais-je au moins voir l'ordre écrit d'Amélia concernant cette affaire ? intervint Dumbledore.
— Mais naturellement.
L'horrible arc-en-ciel sur pattes sortit un parchemin de ses vêtements multicolores et le tendit au vieil homme. Celui-ci le déroula et le lut en silence, sous les regards remplis d'espoir des autres personnes présentes, plus particulièrement Harry. Après une interminable minute, le directeur de Poudlard se tourna vers le jeune homme, la mine grave.
— Je suis navré, mais c'est effectivement la décision de la Ministre de la Magie. Je crains que nous ne puissions rien y faire.
— Quoi ? s'écria Harry. Mais… vous pourriez la convaincre, Professeur ! Il faut absolument lui parler.
Ce fut cet instant que choisit Draco pour réagir enfin. Il se leva d'un bond, agrippa le Gryffondor pour le plaquer contre un mur et le tenir en joue avec sa baguette. Ce fut si rapide que personne dans la pièce n'eut le temps de réagir.
— Tout ça, c'est de ta faute, Potter ! Et t'es même pas foutu de saisir ta chance quand on te l'offre. T'es vraiment qu'un crétin, un bon à rien !
— Monsieur Malfoy ! Veuillez lâcher votre baguette immédiatement !
— La ferme, vieille peau.
Moirage laissa échapper une exclamation outrée. Mais Harry restait scotché sur les paroles du blond. Que voulait-il dire, en parlant de chance offerte ? Était-il en train de lui reprocher de ne pas avoir fermé le lien plus tôt ?
"T'es vraiment lent, parfois… Saisir la chance ! Il te faut un dessin, ou quoi ?" s'agaça la petite voix de Salazar dans sa tête.
Le regard du Survivant se posa tout à coup sur la baguette de Draco. En fait, en y faisant bien attention, il remarque que c'était la sienne et non celle du Serpentard.
"Mais oui ! Bien sûr !" pensa-t-il.
Il plongea son regard dans les yeux bleu clair face à lui, et un signe de tête presque imperceptible répondit à sa question muette. Il avait bien compris les intentions de l'héritier Malfoy. Il le poussa alors et lui prit sa baguette des mains. Son premier réflexe fut de la pointer sur Moirage. Il mourrait d'envie de lui faire fermer son clapet. Mais ce n'était pas le bon plan. Il retourna alors la pointe de la baguette contre lui-même.
— Harry ! Qu'est-ce que tu fais ? s'écria Sirius.
— Je refuse que les Médicomages me trouvent un remède. Et je refuse que Severus soit scellé. J'exige de le voir. Maintenant, finit-il en se tournant vers la femme du Ministère.
— Je regrette, c'est impossible, Monsieur Potter. Posez tout de suite cette baguette !
— NON ! hurla-t-il. Si vous le tuez, je n'ai plus de raison de vivre. Alors, autant en finir tout de suite !
Dumbledore leva les mains en signe d'apaisement.
— Harry, mon garçon, calme-toi. Laisse-moi essayer d'expliquer la situation à Madame Moirage avant de faire quoi que ce soit de regrettable. Daisy, je pense qu'il serait plus sage d'accéder à la requête de Monsieur Potter.
— Quoi ? Mais vous êtes devenu fou ? Personne n'est autorisé à voir un vampire emprisonné. Encore moins si celui-ci a été condamné à être scellé.
— Vous devez comprendre qu'Harry est le calice du Professeur Snape. Mais ils n'ont complété qu'une moitié du lien. De ce fait, Harry est instable. Loin de son vampire, il pourrait commettre… l'irréparable, comme en atteste son état actuel.
Daisy Moirage pinça les lèvres, clairement réticente à faire ce qu'on lui demandait. Mais elle ne pouvait pas non plus laisser le garçon mourir. C'était le Survivant, le Sauveur du monde sorcier.
— Très bien, Kingsley vous conduira à lui. Je vais, quant à moi, chercher Madame la Ministre.
Elle sortit de la pièce dans un claquement de talons et Shacklebolt entra avec un air étonné.
— Que se passe…
Il s'arrêta en plein milieu de sa question en fixant Harry qui n'avait pas bougé.
— Oh ! Je vois… Suivez-moi, finit-il par dire, l'air grave.
Le chemin fut long, beaucoup trop long au goût du Gryffondor. Seul Dumbledore avait été autorisé à venir avec lui.
— Tu sais, Harry, ce que tu es en train de faire risque de t'apporter beaucoup d'ennuis, l'informa l'homme du Ministère alors qu'ils s'arrêtaient devant une porte.
— Ce sera toujours mieux que si Severus meurt par ma faute.
Avec un soupir, Kingsley ouvrit la porte, dévoilant un couloir très peu éclairé et étroit. En quelques enjambées, le jeune homme fut devant la cellule du vampire.
— Non ! cria celui-ci alors qu'Harry allait toucher un barreau. Les sortilèges pourraient te tuer.
— Ouvrez la porte de sa cellule, demanda le Survivant en se tournant vers Shacklebolt.
— Je regrette, mais je ne peux pas faire ça, Harry.
— Alors, nous avons un sérieux problème, affirma-t-il en resserrant sa prise sur sa baguette.
— Et si nous parlions tous ensemble, calmement, dans un endroit plus approprié, proposa Dumbledore. Severus ne tentera rien pour s'enfuir. Tout ce qui l'intéresse est le bien-être de son calice. Et je me porte garant de sa bonne conduite.
Kingsley sembla réfléchir un instant, puis il finit par abdiquer. Il sortit lentement sa baguette qu'il pointa ensuite sur la grille pour l'ouvrir. À peine fait, Snape se jeta sur le plus jeune pour le serrer contre lui. Si Harry en fut surpris – ce n'était pas vraiment le genre de réaction qu'il s'attendait à voir chez son professeur –, il en fut aussi grandement soulagé. Il se rendit compte, à ce moment-là, à quel point il s'était senti mal depuis son réveil. Avoir le vampire si proche à présent lui semblait être comme une bouffée d'air frais après avoir été en apnée pendant trop longtemps.
Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les quatre dans le bureau d'Amélia Bones, en compagnie de Daisy Moirage. Draco était également là. Il avait discrètement suivi Moirage et s'était montré à l'arrivée du vampire. Si Harry avait accepté d'abaisser sa baguette, il la tenait toujours très fermement et restait collé à Snape, comme si cela pouvait éviter au Ministère de l'enfermer à nouveau.
— Bien, commença la Ministre. Il y a certaines choses que nous devons apparemment mettre au clair. Tout d'abord, Monsieur Malfoy, voulez-vous bien m'expliquer votre présence ici ?
— Je suis aussi le calice de Severus.
— Draco !
— Quoi ? Si on ne disait rien, c'était pour toi. Moi, je m'en fous que tout le monde le sache. Maintenant qu'ils savent que tu es un vampire, je ne vais pas continuer à me cacher et laisser tout le monde croire que Potter est ton calice, alors que votre lien n'est même pas fermé.
— C'est impossible ! s'écria l'arc-en-ciel vivant. Un vampire ne peut pas avoir deux calices !
— Ce n'est pas parce que ce n'est jamais arrivé que c'est impossible, rétorqua Snape.
— Vous vous rendez compte que ce ne sont que des enfants ? Chez les moldus, on appelle ça du détournement de mineurs !
— Nous ne pouvons pas comparer nos lois et celles des moldus, tempéra Dumbledore.
— Et que faites-vous de l'impartialité dont doit faire preuve un professeur, Monsieur le Directeur ? Ces garçons seraient avantagés par rapport aux autres pour les examens de potions.
— Comme vous le savez, le Professeur Snape n'enseigne plus depuis presque deux mois. C'est le Professeur Slughorn qui le remplace. Nous pouvons parfaitement finir l'année ainsi.
Moirage pinça ses lèvres d'agacement et de frustration de ne pas avoir le dernier mot face au vieil homme.
— De toute façon, la question ne se pose pas ! Madame la Ministre a déjà rendu son verdict, répliqua-t-elle fièrement.
— Le problème, c'est que nous n'avions pas tous les éléments en main, intervint Amélia. Condamner Monsieur Snape reviendrait à condamner également Monsieur Malfoy.
— Je suis sûre que Sainte-Mangouste parviendra à trouver un remède pour tous les deux, contra Daisy.
— Il n'y a pas de remède au lien vampire/calice, fit le maître des potions.
— Ce n'est pas parce que ça n'existe pas encore que c'est impossible, pour reprendre à peu près vos mots.
L'arc-en-ciel ambulant arborait désormais un sourire victorieux. Mais celui-ci se fana bien vite quand un vase de fleurs explosa. Le bras d'Harry qui tenait encore sa baguette tremblait, probablement de rage mal contenue. L'air autour de lui s'était mis à vibrer et les lumières commencèrent à clignoter. Severus l'appela et voulut poser une main sur son épaule, mais le jeune homme se dégagea prestement de la prise.
— N'essaie pas de me calmer. Quant à vous... poursuivit-il en pointant sa baguette sur Moirage qui devenait de plus en plus pâle. Je vous conseille d'oublier votre idée de m'enfermer à Sainte-Mangouste. Je ne suis pas malade. Et Severus n'est pas un danger. Il ne mordra jamais personne d'autre que Draco ou moi. Alors, laissez-nous tranquilles et oubliez-nous.
— Ce n'est pas aussi simple, Monsieur Potter.
Bones s'était levée de son fauteuil et avait contourné son bureau pour s'approcher.
— Veuillez baisser votre baguette. Nous devons discuter et trouver une solution.
— La solution est déjà trouvée : laissez-nous rentrer à Poudlard et reprendre nos vies comme avant.
— Je ne peux pas faire ça. Le professeur Snape est un vampire non-déclaré. C'est un crime grave, puni par la loi. Le monde sorcier va réclamer que justice soit faite. Un vampire non-déclaré est considéré comme dangereux.
Draco renifla de dédain.
— Sérieusement ? Un vampire avec un calice est jugé inoffensif par nos lois. Severus en a deux, alors il est deux fois moins dangereux que tout autre vampire.
— Mais ce n'est pas forcément ce que penseront les sorciers. Je ne peux me permettre de faire un traitement de faveur, Monsieur Malfoy.
Un silence tendu s'étira. La situation semblait être dans une impasse inextricable.
"Dis donc, gamin, c'est le sang de Lestrange qui t'a ramolli le cerveau ?" souffla Salazar dans la tête du Gryffondor.
"Hein ?" répondit ce dernier de façon très intelligente.
"Souviens-toi : pourquoi les deux pions du Ministère étaient venus à Poudlard ?"
Il réfléchit un instant. Puis, la réponse lui vint d'un coup. Il abaissa totalement sa baguette, ferma les yeux et soupira. Les lumières cessèrent de vaciller et il rouvrit les yeux pour fixer la Ministre, déterminé.
— Vous vouliez que je fasse un discours, suite à la guerre, n'est-ce pas ? Je vais le faire. Et j'expliquerai au monde sorcier ce qu'il s'est passé ces derniers mois. Vous me l'avez tous assez répété : ils m'écouteront et me suivront. Après ça, tout le monde nous laissera en paix. Et je ne veux plus jamais avoir affaire au Ministère. Vous m'avez utilisé comme un pantin depuis assez longtemps.
Amélia Bones sembla réfléchir un instant, puis elle hocha la tête.
— Très bien. Mais cela doit être fait très rapidement. Le plus tôt sera le mieux. La rumeur d'un professeur de Poudlard vampire non-déclaré a déjà fait le tour d'une grande partie de la population. Ils attendent mon verdict et je ne tiens pas à ce que cette histoire crée un mouvement de panique.
— Nous n'y tenons pas non plus, Amélia. Je pense qu'il serait sage de laisser ces jeunes gens tranquilles ce soir. Ce discours peut bien attendre demain.
Harry n'était pas très emballé par l'idée. Même si c'était lui qui l'avait émise, il ne s'attendait pas à devoir faire ça aussi tôt.
"Vois le bon côté des choses : plus vite commencé, plus vite fini !"
Oui, ce n'était pas faux.
"Et plus vite on pourra reprendre les choses sérieuses avec ton vampire préféré !"
Le Gryffondor soupira.
"J'aurais pu me contenter de la première phrase…" pensa-t-il en réponse.
Il fut tiré de ses pensées par un éclat de voix.
— C'est inadmissible ! vociféra Moirage. Un vampire non-déclaré qui s'en sort sans aucune condamnation ? Madame la Ministre, vous ne pouvez laisser passer ça ! Les vampires non-déclarés risquent de penser qu'ils peuvent rester dans l'ombre sans être inquiétés !
— Et si on cessait tout simplement de stigmatiser les créatures magiques, juste parce qu'elles sont différentes du sorcier lambda ? répondit Snape avec calme. Dois-je vous rappeler que c'est la catégorisation des individus et cette tendance à marginaliser ceux qui sont différents qui ont permis à Voldemort de faire son ascension ? C'est cette manie à transformer les gens différents en parias qui alimente les peurs.
— Répertorier les vampires est une sécurité !
— Une sécurité pour qui ? Les vampires déclarés ne prendraient jamais le risque de tuer un humain. Les non-déclarés s'en fichent, on ne peut remonter jusqu'à eux.
— Donc, vous avouez avoir tué des humains, puisque non-déclaré !
— J'ai deux calices. Pensez-vous vraiment que j'ai besoin d'aller me nourrir sur quelqu'un d'autre, et plus encore de tuer ?
— Si je puis me permettre, Amélia, je suis entièrement d'accord avec Severus, intervint Dumbledore. Il est temps de cesser cette pseudo-prévention, qui ne fait qu'accroître les haines et les peurs, pour se concentrer sur les véritables criminels.
Un nouveau silence se fit. Moirage bouillonnait visiblement de rage. Il ne lui fallut que peu de temps avant de craquer.
— Mais enfin, Madame la Ministre ! Vous n'allez tout de même pas…
— Assez, Moirage, la coupa Bones. Je suis de l'avis d'Albus. Il est plus que temps de cesser ce règne par la terreur. Les erreurs de mes prédécesseurs ont conduit à la guerre que nous venons de connaître. Je ne dois pas les refaire. Je vais de ce pas prévenir la Gazette du Sorcier que le Survivant fera un discours demain soir devant la presse.
Tandis qu'elle retournait derrière son bureau, Daisy Moirage sortit de la pièce en faisant claquer ses talons plus que nécessaire, visiblement très insatisfaite de la tournure des évènements. Le directeur de Poudlard fut le suivant à sortir. Snape et Harry allaient suivre, mais le vampire se rendit compte que Draco n'avait pas bougé et fixait toujours la Ministre.
— Draco ?
— J'ai une condition.
Amélia Bones regarda le jeune homme blond d'un air interrogateur avant de faire un signe de la main pour l'inviter à continuer.
— Ne dites rien à mes parents.
— Je croyais que vous ne vouliez plus vous cacher, Monsieur Malfoy, s'étonna-t-elle.
— C'est le cas. Mais j'aimerais le leur annoncer à ma façon.
— Très bien, je n'y vois aucun inconvénient.
Finalement, tout le monde sortit et la Ministre se retrouva seule dans son bureau. Elle soupira de soulagement. Cette journée avait été vraiment mouvementée. Dire que cela ne faisait que quelques mois qu'elle était Ministre… Qu'allait donc encore lui réserver le jeune Potter avec sa fâcheuse tendance à se mettre dans les ennuis ?
Je vous avais dit : la fin n'est pas frustrante :) (qui a dit "pour une fois" ? XD) Du coup, je profite de ce fait pour ne poster le prochain chapitre que le 22 juin et non le 15, comme prévu initialement. Pourquoi ? Parce que je suis toujours dans l'Académie de l'Imaginaire. Et que le chapitre 37 n'est pas encore fini à l'heure où j'écris ces mots (mais il est écrit d'un bon quart, ceci dit, c'est déjà bien n_n)
La semaine prochaine, ce sera donc un nouveau chapitre de la Samifer (Supernatural) version Tobias and Guy :)
Pour info, j'ai créé avec Orithye et Lessa-chan (mes deux bêtas si fantastiques *cœurs*), ainsi que RedCattleya (dont je vous conseille les fics) une page Facebook de chronique sur la littérature M/M. Son nom : Une tasse de M/M. En voici le lien : www*facebook*com/UneTasseDeMM/ (disponible aussi sur mon profil).
À la demande de lecteurs, j'ai fait une liste de toutes les fics en retard que j'ai à lire. Autant dire que ça fait beaucoup :p Mais du coup, cela peut vous aider à patienter entre mes publications s'il y en que vous n'avez pas encore lues. www*facebook*com/tatsuchanffnet/photos/a.863022140418420.1073741828.841074035946564/975695082484458/?type=3&theater Pareil, le lien est sur mon profil :)
