Chapitre 8

25 septembre – 12h45

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Le sevrage est la conséquence directe de l'absence involontaire d'une chose dont on dépend. Ce sevrage prend plus ou moins de temps en fonction du degré de dépendance.

Ca fait plusieurs semaines qu'il ne me parle plus. Depuis que nous sommes sortis de l'infirmerie la veille, nous ne nous croisons même plus. Il m'évite, c'est sur. Il m'a sans doute déjà oublié. Sa « meilleure amie ». Tu parles !

Harry et Ron refusent de me dire ce qui s'est vraiment passé ce jour là. Je sais par Dumbledore que Draco m'a aidé mais je ne sais rien de plus. Nous n'en parlons plus. Ma vie a repris son cours, sans Draco, avec Harry. Je m'étonne d'ailleurs toujours qu'Harry m'aime autant. Il est tellement affectueux. Tellement présent. Tellement l'opposé de Draco.

Notre couple n'étonne personne d'ailleurs. Nos proches ont été mis au courant par Harry avant même ma sortie de l'infirmerie. Les autres ne savent sans doute pas que quelque chose à changé, nous étions déjà très proches, avant. La vie reprend son cours donc, à un détail près. Je dois maintenant rendre des comptes à Harry sur mon futur, mon présent et mon passé :

« Mais finalement vous n'êtes jamais sorti ensemble ? me demande t-il alors que nous ne sommes que tous les deux, à l'abris de la pluie sous un immense arbre dans le parc, après le déjeuner.

- Mais enfin, il faut que je te le jure sur la tête de Dumbledore et que je l'écrive en lettres d'or sur un parchemin d'Egypte pour que tu me croies ?

- C'est juste que, ça me paraît tellement excessif comme relation amicale…

- Comment ça excessif ?

Nous n'avons pas le temps de continuer notre conversation. Je vois droit devant nous, un Draco trempé jusqu'à l'os, des mèches devant les yeux dégoulinant d'eau, une joue encore marquée par l'altercation de la veille, qui s'approche vers nous à grands pas :

« Tu vas bien ? me demande Draco son regard fixé dans le mien

- Qu'est ce qui te prend Malfoy, t'en n'as pas eu assez hier ? Lance Harry haineux.

- Je ne crois pas t'avoir adressé la parole Potter.

- S'il vous plait, ne commencez pas. Je crois que cette fois je vais y rester, dis je fatiguée de ces débats.

- Hermy, il faut que je te parle. S'il te plait. Au sec si possible – En effet, je constate maintenant qu'il le dit qu'il pleut de plus en fort -

- De quoi veux tu parler Draco ?

- De ce qui s'est passé hier.

Mon cœur s'accélère. Je sens la main d'Harry se resserrer dans la mienne. Je dois être forte pour ne pas replonger. Je dois pouvoir me sevrer. Alors je lui réponds :

- Hier tu as dit à ta chère et tendre Pansy que rien que de me voir ça te donnait envie de vomir. Je pense que le message est bien passé. Tu n'as pas besoin d'en dire d'avantage.

- Non tu ne comprends pas…

- Non c'est toi qui ne comprends pas Draco, dis-je en lui coupant la parole.

Je baisse les yeux et regarde ma main entrelacée à celle d'Harry. Draco suit mon regard. Il ne dit rien. D'interminables secondes s'écoulent. Il est toujours là, de l'eau ruisselant de ses cheveux. Puis il se décide à parler, en regardant le sol :

- Tu ne lui as rien dit, hein Potter.

- Je t'en pose des questions moi ? réplique Harry

- Ce n'était pas une question. Tu ne lui as rien dit, rien du tout. Très bien, je crois que je suis de trop dans ce beau tableau. Sache juste, Hermione Granger, que tes trésors sont devenu mon air. Je ne fais rien sans. Au revoir.

- C'est ça au revoir Malfoy, peste Harry.

- Attends Draco…

Il me regarde et son regard dit tout pour lui : manque, tristesse, culpabilité. Tout. Son regard me dit « J'ai mal ». Le miens répond « Adieu, mon ami ». Il nous tourne le dos et s'en va. J'ai envie de fondre en larmes.

« Qu'est ce qu'il a voulu dire par « tes trésors sont devenus mon air, je ne fais rien sans » ?

Il a voulu dire que mon collier il le porte autour du cou, que je lui manque et qu'il a besoin de moi…

- Je n'en ai pas la moindre idée. On rentre ? J'ai un peu froid…

Et sous cette pluie diluvienne, a rentrant au château, j'ai pleuré. Ma main dans celle d'Harry, j'ai pleuré tout ce que j'avais, mes larmes fondues dans le paysage et mes bruits couverts par l'eau abondante. J'ai pleuré de ne pas avoir pu lui dire une dernière fois « Toi aussi tu es mon air. Tu es ma lumière. Tu me manqueras éternellement. Je t'aime. » J'ai pleuré sans savoir la vérité. J'ai pleuré une toute dernière fois.

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3 mois plus tard - 20 décembre – 17h00

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Les mois passent. Les saisons s'enchainent. Je file le parfait amour avec Harry, un peu trop parfait peut être.. Ça fait des mois et que je ne parle plus à Draco, que je ne le croise presque plus, à part en cours, quand il vient.

La chose la plus difficile à faire quand on perd quelqu'un, c'est d'accepter. Aujourd'hui 20 décembre – 17 heures, c'est les vacances de noël. Les premières que je passe sans lui. Demain je vais me réveiller dans mon lit, et ne pas lui écrire. Et ça y est. J'ai accepté.

« Mon cœur ?

- Oh excuse moi Harry j'étais dans la lune, lui dis avant de l'embrasser furtivement

- On y fait quoi dans ta lune ?

- On trouve une idée de cadeau de noël pour son petit ami bien sur !

- J'adore ta lune ! dit il en me souriant

- ça peut porter à confusion ça…

Nous rions ensemble. Je me lève, l'embrasse et lui dit :

- Bon je vais finir mes bagages.

Je l'embrasse sur la tempe et vais dans la chambre des filles déserte. Je commence à ranger ma valise quand j'entends qu'un hibou frappe le bac à la vitre. En ouvrant j'ai un haut le cœur en reconnaissant Cactus.

Ce n'est pas une lettre qui est accrochée à sa patte, c'est une petite boite carrée. J'hésite à l'ouvrir. J'ai peur de ce que je peux trouver dedans. Je l'ouvre finalement et y trouve un collier. Strictement identique au miens. Avec un pendentif avec Son initiale. Il y a simplement un bout de papier chiffonné qui l'accompagne :

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La vérité. En moins beau.

Grincheux

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Et c'est là que je la trouve, cachée dans le papier chiffonné. La fiole qui contient les souvenirs de Draco. Ces filaments argentés si reconnaissables. Si importants.

La première chose à laquelle je pense c'est de mettre le collier de Draco à mon cou. C'est là qu'est sa place. Je le cache sous mes vêtements. Ainsi il n'y a que moi qui sait qu'il est là. Pour les souvenirs, je ne sais pas vraiment si je dois les regarder. Bien sur, il m'en a donné l'autorisation. Mais je crois que je préfère vivre dans un monde ou Draco est un monstre qui m'a abandonné, plutôt que de vivre dans un monde où il a une excuse de vivre sans moi. Finalement je n'ai peut être pas tant accepté que ça.

Ma vérité n'est déjà pas belle. Alors en moins beau, ça donnerait quoi… ?

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La suite dans la foulée ! j'espère que vous pourrez me dire ce que vous en pensez.