Héhé ! Voici donc le discours tant attendu, comme vous vous en doutiez sûrement :)

Drayy : Merci pour ta review, comme toujours n_n

Guest : Merci ! :D Ils vont passer le cap... Mais pas tout de suite :p J'aime bien faire durer le plaisir lol

Pour les RàR en privé, je répondrai dans la journée ou ce soir. Je n'ai pas eu le temps hier soir, désolée. Oui, bon, ok... J'étais trop absorbée dans ma lecture, et j'ai oublié, pardon U_U


Chapitre 38 : La blague du discours

Harry et Severus étaient couchés et le Gryffondor dormait déjà lorsque Draco rentra. Le vampire avait pu sentir plusieurs vagues d'agacement traverser le blond tout au long de la soirée.

— C'était si terrible ? demanda-t-il dans un chuchotement quand Draco se glissa entre les draps.

— Pansy n'a pas cessé de me coller.

— Tu avais accepté d'être son cavalier pour la soirée. C'est normal.

— J'aurais mieux faire de me couper une jambe…

— Tu es conscient qu'elle va te considérer comme un malade qui a besoin d'être soigné quand elle saura que tu es gay ? Comme ton père, d'ailleurs…

— Je me fiche de ce que pense Pansy, tout comme de l'avis de mon père.

Malgré ces paroles, Snape savait que ce n'était pas tout à fait vrai. Draco aurait beau dire tout ce qu'il voulait à propos de son paternel, il n'en restait pas moins son père. Et le blond savait que la nouvelle de son homosexualité serait une déception pour le patriarche Malfoy.

La journée du lendemain passa beaucoup trop vite au goût du Survivant. L'heure de se rendre au Ministère pour faire son discours avait déjà sonné. Et cela ressemblait étrangement à une mise à mort dans sa tête.

"Mais qu'est-ce qui m'a pris de proposer ça ?" se demanda-t-il pour la énième fois.

Arrivés à destination, il crut défaillir. Il y avait tellement de monde. Mais son attention fut détournée de la foule par l'approche de Lucius Malfoy et sa femme.

— Monsieur Potter, fit l'homme de façon exagérément lente. On peut dire que vous avez le don de vous mettre dans des situations impossibles et d'entraîner votre entourage avec vous. Severus, continua-t-il en fixant désormais le vampire. Je te plains sincèrement. Je n'aimerais pas être à ta place. Draco, tu viens ? termina-t-il en se tournant vers son fils.

— Non, répondit celui-ci.

— Plait-il ?

— J'ai dit "non". Je reste avec Severus.

— Et peut-on savoir pourquoi ?

Si la question semblait anodine, la colère qui transpirait par tous ses pores laissait clairement deviner qu'il n'appréciait pas que son fils lui tienne tête ainsi. On ne désobéissait pas à un Malfoy.

— Parce que ma place est auprès de lui. Je suis également son calice. En fait, je l'étais bien avant Potter.

— Je te demande pardon ?

— Vous avez très bien compris, Père.

Cette fois, l'ahurissement peignait les traits de l'aristocrate. Sa mère, quant à elle, si elle était restée silencieuse pendant tout l'échange, pâlit à un point qu'elle commença à faire concurrence au vampire. Harry crut même un instant qu'elle allait tourner de l'œil.

Lucius se tourna vers Snape et pointa sur lui un doigt accusateur.

— Comment as-tu pu ? De quel droit m'as-tu volé mon fils ? Je te préviens, Severus. Vampire ou pas, tu ne l'empêcheras pas d'avoir un héritier avec Parkinson.

— Tu peux oublier. Je suis gay. Pansy n'est qu'une truie qui me donne envie de vomir.

*BOUM*

Cette fois, Narcissa tomba bel et bien dans les pommes.

— Par Merlin ! s'écria Lucius en prenant sa femme dans ses bras. Regarde dans quel état tu mets ta mère, Draco.

L'évanouissement de Madame Malfoy avait attiré la foule. Le trio en profita alors pour s'éclipser.

— Brillant, Draco. Tu n'avais pas moins subtil encore pour leur annoncer? dit Severus dans un sarcasme.

— J'aurais pu te rouler la pelle du siècle, si tu préférais. Mais je ne suis pas sûr que mon père y aurait survécu.

Le jeune homme reçut une tape derrière la tête en guise de réponse.

Quelques minutes plus tard, Harry était sur une estrade, assis sur une chaise, aux côtés de Severus, Draco, Dumbledore, Kingsley et Moirage. La Ministre était en train de faire son discours d'ouverture. Mais le Gryffondor était si stressé à l'idée de devoir parler devant tous ces gens, qu'il n'arriva pas à saisir le sens des paroles prononcées. Ses mains étaient moites et il ne cessait de plier et déplier ses notes. Au bout d'un moment, la main de Severus se posa sur la sienne pour l'intimer d'arrêter.

Finalement, une petite secousse sur son bras le sortit de ses pensées. Il tourna son regard vers son professeur, ne comprenant pas ce qu'il lui voulait. Celui-ci désigna le pupitre du menton. Ah oui, bien sûr… Le discours. C'était à lui. Bones l'invitait à la rejoindre. Il prit une profonde inspiration et se leva, les jambes légèrement tremblantes.

— Ce ne sont que quelques paroles. Suis ce que nous avons écrit et tout ira bien, lui chuchota le maître des potions avant qu'il ne s'éloigne.

Oui, c'était cela. Suivre les quelques lignes écrites sur son parchemin. Rien de très compliqué, n'est-ce pas ?

Il se posta derrière le pupitre, là où se trouvait la Ministre quelques instants auparavant. Il posa ses notes dessus et les déplia… pour se rendre compte qu'il en avait fait des confettis pendant les dernières minutes. Et, même sans cela, il aurait finalement eu du mal à les relire. Il avait tellement sué des mains qu'on aurait dit qu'il avait laissé son parchemin sous la pluie. Cette excuse serait-elle valable pour repousser le discours ?

"T'as vraiment envie de repartir pour une deuxième session ?"

Non, évidemment. Il n'avait pas le choix. Il allait devoir improviser. Après tout, ce discours, il l'avait longuement travaillé la veille. Il en connaissait le contenu. Ses notes étaient censées n'être qu'un support.

— Euh… Bonjour.

Oui, bien, bon début ! Ceci dit, le grand silence qui lui répondit n'était pas très encourageant. On aurait pu entendre les mouches voler.

— Comme vous le savez tous désormais, le Professeur Severus Snape a été transformé en vampire par Voldemort à la fin de la guerre.

Il soupira en entendant quelques exclamations outrées à la mention du Seigneur des Ténèbres. Même mort, les gens continuaient de craindre son nom. Ça en devenait franchement pathétique. Il reprit néanmoins :

— Par un concours de circonstances, dont je suis le principal responsable – et j'insiste sur ce point –, le professeur Snape m'a mordu et je suis devenu, de ce fait, son calice. Le problème qui se pose aujourd'hui, c'est qu'il ne s'est pas déclaré comme vampire. Vous pensez sans doute qu'il a eu tort. Peut-être. Mais peut-être pas. Car, s'il s'était déclaré, il n'aurait probablement pas été autorisé à continuer d'enseigner. Alors qu'il n'aurait jamais blessé un élève de l'école.

— Pourtant, il vous a mordu, Monsieur Potter ! s'exclama Rita Skeeter.

Bien sûr, cette charogne était là.

— En effet. Mais, comme je l'ai dit, j'en suis le principal responsable. Et il m'a mordu seulement parce que je suis compatible avec lui en tant que calice. Avec n'importe quel autre élève, ceci n'aurait jamais eu lieu.

— Mais le Professeur Snape devait bien se nourrir, n'est-ce pas ? Si ce n'était pas sur les élèves de Poudlard, qui en payait les frais ?

Harry se retourna vers Severus et Draco. Ce dernier lui fit un bref hochement de tête. Après tout, il avait déjà prévenu ses parents. Que le monde sorcier au complet le sache lui était bien égal.

— Draco Malfoy est également le calice du Professeur Snape.

Un brouhaha s'éleva soudain dans la salle. Il put entendre des "c'est impossible" et autres "on n'a jamais vu ça" parmi les exclamations étonnées de la foule.

— Silence ! intervint Dumbledore en se levant. Il est vrai que c'est un cas de figure inédit. Mais nous savons tous ici que rien n'est impossible avec Monsieur Potter. En témoigne la cicatrice sur son front, preuve qu'il a survécu au plus mortel des Impardonnables, ce qui lui a d'ailleurs valu son titre de "Survivant".

— Merci, Professeur.

Le Gryffondor prit une nouvelle grande inspiration.

— Tout cela pour dire que, même si nous sommes conscients que le Professeur Snape devrait être jugé et condamné pour avoir enfreint la loi – à savoir, ne pas se déclarer comme vampire –, nous pouvons également certifier qu'il n'est un danger pour personne. Tout le monde sait qu'un vampire ayant un calice présente un risque infime de mordre quelqu'un d'autre. Alors, avec deux calices, ce risque est d'autant plus faible. De surcroît, la peine imputée aux vampires non-déclarés est d'être scellés. Or, ceci reviendrait également à nous tuer, Draco Malfoy et moi-même. Enfin, je pense qu'il est temps d'arrêter de stigmatiser les créatures magiques. Oui, les vampires peuvent être dangereux. Oui, les loups-garous peuvent également l'être. Est-ce néanmoins une raison pour vouloir les enfermer dans des cages ? Vous, comme moi, nous pouvons aussi être dangereux à notre manière. Les Mangemorts en sont la preuve. N'importe qui peut être une menace pour autrui. J'ai déjà fait part de cet avis à notre Ministre, Amélia Bones. Nous devrions cesser cette pseudo prévention qui ne sert à rien et nous concentrer sur la répression. Arrêtons de punir des innocents pour des crimes qu'ils n'ont pas commis, sous prétexte qu'ils sont susceptibles de les commettre un jour. La seule prévention que nous devrions exercer, c'est celle nous permettant de nous défendre en cas d'attaque.

Il s'arrêta de parler et attendit les réactions. Bon, il n'avait pas tout à fait suivi les notes écrites la veille avec Severus, mais les idées étaient là, principalement. Et il ne pensait pas avoir fait de bourdes en disant quelque chose qu'il n'aurait pas dû.

Un premier applaudissement retentit de derrière lui. Il se doutait qu'il s'agissait du directeur de Poudlard. Rapidement, d'autres suivirent, jusqu'à ce que toute la salle applaudisse. Il allait retourner auprès du vampire quand une voix l'interpella par-dessus le bruit.

— Monsieur Potter ! Cela signifie-t-il que le Professeur Snape va pouvoir continuer à enseigner à Poudlard et qu'il ne sera pas jugé ni condamné, malgré le non-respect de la loi actuelle dont il a fait preuve ?

Harry se tourna vers la voix et découvrit une nouvelle fois Rita. Ne pouvait-elle pas le laisser tranquille, un peu ?

— Le professeur Snape ne reprendra pas l'enseignement cette année, pour éviter tout favoritisme envers Draco ou moi-même. Mais oui, il reprendra son poste l'année prochaine. Et non, il ne sera ni jugé ni condamné, puisqu'il n'a fait de mal à personne. Tout ceci a été décidé par Madame la Ministre.

— Donc, si je comprends bien, Snape va bénéficier d'un traitement de faveur, parce qu'il a le Survivant comme calice ?

— Non, ce n'est pas parce que je suis son calice. Même s'il n'avait eu que Draco comme calice, la décision aurait été la même. Encore une fois, tuer un vampire revient à tuer également son calice.

— Je pense que la question du jugement du Professeur Snape peut désormais être close, intervint la Ministre. Merci de ne plus poser de questions à ce sujet.

Le silence se fit alors à nouveau. Harry se racla la gorge. Avec un peu de chance, peut-être allait-il enfin pouvoir partir d'ici.

— Bien. Si vous n'avez pas d'autres questions…

Mais bien sûr, la chance, ce n'était pas pour lui, n'est-ce pas ? Un homme au deuxième rang s'était levé.

— J'ai une question pour le Professeur Snape.

Ce dernier se leva et s'approcha d'Harry.

— Vous n'avez pas l'impression d'être un pédophile et de profiter de votre autorité d'enseignant, en prenant des enfants comme calices ? Vous pourriez être leur père ! Vous devriez avoir honte, monstre !

Un bourdonnement d'approbation s'éleva alors. Le Survivant voulut répondre pour prendre la défense du vampire, mais celui-ci posa une main sur son épaule et prit la parole.

— Si vous vous étiez donné la peine de chercher un peu, vous sauriez qu'on ne choisit pas son calice. Ne croyez pas que cette situation m'ait réjoui. Nous avons dû trouver tous les trois nos marques dans cette relation qu'est la nôtre. Une relation pour le moins atypique et complexe. Mais aucun de nous ne l'a choisie. Nous avons simplement fait le choix de l'accepter. Et sachez également que je n'use aucunement de mon autorité sur ces jeunes gens. Ils sont libres de faire ce qu'ils veulent à partir du moment où cela ne représente pas un risque pour leur vie. Et, pour preuve que je ne les force à rien, le lien entre Monsieur Potter et moi-même n'est pas entièrement fermé.

Harry ne put s'empêcher de rougir à ces mots. Par Merlin ! Était-il vraiment obligé de donner une telle précision ?

— Mais vous êtes un Mangemort ! s'écria une femme dans le fond.

— Étais, rectifia Severus. Et j'étais avant tout un espion pour l'Ordre du Phénix.

— Vous avez tué des gens ! cria quelqu'un.

— Mon fils est mort de votre baguette ! ajouta une autre personne.

Des reproches continuèrent à pleuvoir sur le compte de l'ex-Mangemort, parfois accompagnés d'insultes. C'en fut trop pour le Gryffondor qui perdit son sang-froid. Il dégagea la main du vampire de son épaule d'un geste brusque et s'avança jusqu'au bord de l'estrade.

— C'est vous qui devriez avoir honte ! s'écria-t-il, faisant retomber un silence de mort dans la salle. Nous avons tous perdu des êtres chers dans cette guerre. Moi y compris. À commencer par mes parents qui ont donné leur vie pour moi. Et aujourd'hui, vous accusez un homme sans qui nous n'aurions jamais pu gagner la guerre. Mais lui aussi a dû faire des sacrifices. Lui aussi a perdu des gens qu'il aimait dans cette guerre. Mais, lui, il peut se regarder dans une glace et assumer ses actes. Parce qu'il a sauvé bien plus de vies qu'il n'a dû en sacrifier. Et vous ? Pouvez-vous en dire autant ? Combien parmi vous se sont vraiment battus pendant la guerre ? Combien d'entre vous ne se sont pas contentés de se cacher en attendant que ça passe ? La plupart d'entre vous reproche à Severus ses actions, alors que vous-même étiez trop lâches pour faire quoi que ce soit contre Voldemort. Regardez-vous, vous tremblez encore d'effroi à son nom !

Suite à cette tirade, personne d'autre n'osa poser de questions supplémentaires. La Ministre mit fin à tout ceci et tous purent repartir chez eux. Draco jeta un dernier regard à ses parents, mais ceux-ci l'ignorèrent totalement. Il eut malgré lui un pincement au cœur mais ne dit rien, se contentant de suivre son vampire. Il s'était douté que la nouvelle serait mal prise. Il espérait seulement que le temps leur permettrait de digérer la nouvelle et qu'ils ne passeraient pas le restant de leurs jours à faire comme s'ils n'avaient jamais eu de fils.


Alors, la semaine prochaine, pas de nouveau chapitre. Néanmoins, le 15 juillet, la fic aura un an, comme je le disais à la fin du précédent chapitre. Ouais, déjà un an que je publie cette histoire ! O_o J'en reviens pas, honnêtement. Jamais je n'ai écrit aussi longtemps et autant pour une même histoire. Bref. Le 15 juillet, donc, pour fêter l'anniversaire de cette fic, j'ai décidé de poster un petit bonus. Il pourra se lire à peu près n'importe où dans l'histoire. Je ne vous dis pas ce que c'est, je préfère vous laisser la surprise ;)

Sinon, mercredi prochain, ce sera la troisième mini histoire de Samifer version Tobias & Guy ! :)

Sachez aussi que j'ai mis le planning de mes publications prévues jusqu'à septembre. N'hésitez donc pas à jeter un œil pour savoir quand je compte poster quoi.