Chapitre 10
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Cette sensation est indescriptible. J'ai l'impression d'avoir l'estomac dans la gorge et la gorge dans les chaussettes quand je tombe dans les souvenirs de Draco. Puis finalement j'atterri sur mes pieds. Je regarde autour de moi. Je ne sais pas où je suis. Je n'ai jamais vu cet endroit. Je vais suivre les souvenirs de Draco comme ils me guident.
Draco est là juste à coté de moi. Il se réveille. Nous devons sans aucun doute être dans sa chambre. Cactus cogne à la fenêtre. Une de mes lettres sans doute. Il se réveille lentement et va machinalement ouvrir la fenêtre au hibou.
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Salut sale tête,
Aujourd'hui avec les garçons on va sur le chemin de traverse, peut être que ça serait le jour idéal pour que tu ailles acheter tes fournitures toi aussi. Vers 14heures par exemple ? Tu me manques vraiment.
Grincheuse
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Draco sourit. Il va pour me répondre quand quelqu'un frappe à la porte.
« Oui ?
- Bonjour Maitre Malfoy, votre père vous demande prestement dans le petit salon, dit un elfe de maison.
- J'arrive.
Il enfile rapidement une chemise et un pantalon, passe sa main dans ses cheveux et court jusqu'au dit « petit » salon. Je regarde partout, la maison me fascine. Tout est en marbre. La taille de chaque élément qui compose la maison est disproportionnée. C'est magnifique. Quand Draco et moi arrivons dans la pièce me cœur manque un rebond. Voldemort est là assis aux cotés de Lucius Malfoy.
- Entre jeune Malfoy, dit celui dont on ne doit normalement pas prononcer le nom, sans plus de politesse.
- Oui maitre.
- J'ai décidé que c'est aujourd'hui même que je vais faire de toi l'un des miens. Tu rentres à Poudlard dans deux jours, il faut que tu sois remis de l'apposition et que personne n'en sache rien. Personne, je suis bien clair ?
- Oui maitre.
- Enlève ta chemise.
Quoi ? Comme ça, il s'est levé un matin et avant même qu'il n'est pu faire quoi que ce soit on le marque à vie ? Je pensais qu'on faisait ça différemment, une réunion au sommet, avec tous les Mangemorts autours !
Draco, nullement étonné s'exécute et se met torse nu, à genoux devant son futur nouveau maitre. Voldemort sans plus de cérémonie et sans prononcer un mot, appose la marque sur l'avant bras de Draco qui sue à grosses goutes et tremble de douleur. Il n'émet cependant pas un seul son. Vestige du temps où son père le battait pour lui apprendre la vie sans doute.
Une fois l'apposition terminée, Draco remercie son maitre et demande l'autorisation de se retirer, qui lui est accordée.
« Je t'expliquerai les termes de ta mission après souper ce soir. »
- Bien maitre.
- Ton fils est bien élevé Lucius. Je te félicite.
- Merci maitre dit Lucius Malfoy. Il n'a pas adressé un mot à son fils. A peine, l'a t-il regardé à vrai dire.
Draco, une fois en dehors de la pièce, regarde son bras. Il est marqué comme une bête. Il est d'ailleurs considéré comme une bête. Je le regarde. Je veux le prendre dans mes bras et pleurer son entrée dans l'enfer du mage noir. Mais je ne peux pas. De toute façon il se met à courir très rapidement vers le grand escalier de marbre blanc. Je dois forcer l'allure si je ne veux pas me perdre et le perdre par la même occasion.
Après une poignée de secondes de course, nous nous retrouvons à nouveau dans sa chambre. Il se dirige droit vers une porte au fond à gauche de la pièce. C'est la salle de bain. Je le laisse pensant qu'il va prendre une douche. Cependant, quelques secondes plus tard, je l'entends vomir tout ce qu'il n'a pas dans l'estomac. J'en ai les larmes aux yeux. Il est rarement vulnérable.
Je veux pouvoir l'aider mais je ne peux rien pour lui. Il ne me voit pas, il ne m'entend pas. Les vomissements durent plusieurs minutes…
J'entends ensuite l'eau de la douche. J'en profite pendant qu'il se lave pour détailler la chambre. Il s'agit plus d'un appartement que d'une chambre d'ailleurs. Elle est exactement à son image. Simple mais élégante. Un grand lit à baldaquins avec des quantités d'oreillers, un immense bureau en chêne massif, une bibliothèque dans le même bois, deux fauteuils noirs, un table basse, et trois portes : l'une pour sortir de la chambre, l'une pour aller dans un dressing, et la dernière pour la salle de bain. Il y a également une immense cheminée comme je les aime. Le sol est en parquet. Je me souviens qu'il a fait enlever la moquette il y a des années, de peur que des acariens s'y installent. Il me l'avait écrit dans une lettre.
Je m'approche de la bibliothèque. Il m'en a déjà parlé. Je retrouve d'ailleurs des livres qu'il a quelques fois évoqués. Puis je me dirige vers le bureau. Il y a sur ce bureau, en plus des plumes et des parchemins, une boite en cuir, ouverte. Cette boite m'intrigue. Je me penche alors pour l'inspecter. Dedans il y a toutes mes lettres miniaturisées, une peluche horrible que je lui ai donnée parce que je la trouvais trop moche, le ruban que je lui ai offert avec inscrit « monsieur parfait », un livre que je lui ai offert et annoté intégralement, intitulé « les traditions de la pureté du sang », une photo animée de nous deux en cinquième année, prise pendant qu'on faisait les fous dans le patio et une bouteille de mon parfum à moitié vide. Cette bouteille m'intrigue plus que le reste. Je me demande bien comment il sait que ce parfum est le mien. Je ne lui ai jamais dit.
Bon je pense qu'on peut en déduire sans trop se mouiller que cette boite est en rapport avec moi…
Puis le bruit de l'eau s'arrête. Il sort en peignoir de la salle de bain tremblant comme une feuille. Merlin, il a pris une douche glacée !
Il vient lui aussi au bureau, prends la lettre que je lui ai envoyé ce matin et la range avec les autres :
« Désolée Hermy, mais si je t'envoi une lettre dans cet état, tu vas de suite comprendre que quelque chose ne va pas. » dit il pour lui même. Il prend la bouteille de parfum et va en asperger les coussins et la couette de son lit. Je reste stupéfaite de ce geste. Il marche difficilement mais va tout de même faire l'effort de remettre le parfum dans la boite de cuire et la boite dans le troisième tiroir de son bureau.
Puis il tombe à genoux, essoufflé, la tête lui tournant.
« Si tu savais ce que ça fait mal. » Je commence à me demander s'il sait que je suis ici. Mais apparemment pas, il semble juste avoir l'habitude de me parler quand je ne suis pas là.
Il se relève difficilement et va jusqu'au lit. Il vient de s'endormir quand Cactus emmène ma deuxième lettre. Je l'ai regardé dormir un long moment, mais le temps à l'air de passer plus vite dans les souvenirs. Il a sans doute voulu que je voie le souvenir en entier pour que je constate de visu qu'il n'a fait que dormir.
Après un temps que ne saurais quantifier, il se réveille. Il se met à son bureau et m'écrit encore tremblant :
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Désolé, j'étais occupé, j'irai demain
Grincheux
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Puis il reçoit ma lettre incendiaire. Maintenant que je sais, j'ai honte, vraiment honte.
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T'es vraiment culotté Malfoy. Tu ne pouvais pas prendre sept secondes pour m'écrire ça avant ? Je t'ai attendu ! Je t'ai cherché ! C'est une question de respect ! Mais ça tu ne le comprends pas. Tu ne sais pas ce qu'est le respect. Reste occupé et à un de ces jours.
H.
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Il soupire. « Si une plus tu signes H. c'est que tu m'en veux vraiment là »
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Pourquoi tu t'énerves ? Je suis désolé, j'étais vraiment occupé
Grincheux
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Pour rien, je vais me coucher, salut.
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En me penchant sur son épaule je vois qu'il caresse avec son pouce les traces des larmes que j'avais laissées sur ce courrier.
Puis on tape à la porte :
« Maitre Malfoy, le maitre est là pour votre entretien.
Sans prendre le temps de répondre ni à l'elfe, ni à moi, il s'habille en quelques secondes et va rejoindre son « maitre ». Qu'est ce que je peux détester ce mot.
Durant leur entretien j'apprends que Draco dois trouver le moyen de faire entrer les Mangemorts dans l'enceinte de Poudlard. Le soir où les Mangemorts entreraient dans le château Draco doit aussi capturer un ami de Potter pour l'amener ici, au manoir Malfoy. Il doit également éliminer Dumbledore, et surtout garder son état de Mangemort secret. L'entretien prend fin et Draco remonte dans sa chambre. Il va de suite à la fenêtre prendre ma lettre.
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Désolée de m'être énervée.
Grincheuse
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Il répond dans la foulée
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Qu'est ce qui t'arrive aujourd'hui ?
Grincheux
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Il m'arrive que tu ne m'aimes plus !
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« Mais enfin qu'est ce qui te fait penser ça ? Tu es la seule personne sur terre que je m'autorise à aimer Hermione Granger » me gronde t-il, seul dans sa chambre.
Après trois parchemins griffonnés il décide d'envoyer celui là
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Si… Si, je t'aime.
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Et il se dépêche d'en envoyer une autre rapidement derrière.
Je dois aller dormir, demain je vais sur le chemin de traverse et après demain on se voit à Poudlard. Ne crois pas que je ne pense pas à toi. Même si j'ai moins de facilité à exprimer ce que je ressens que toi, il n'empêche que tu me manques et que moi aussi j'ai besoin de toi.
Un bonne nuit citron meringué ce soir. Dors bien
Grincheux
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Je viens de me rendre compte qu'il n'a rien avalé de la journée. Il n'a fait que souffrir, dormir et parler avec moi qui l'ai grondé la moitié du temps.
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Je suis désolée… Dors bien
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« C'est à moi de m'excuser. Désormais rien ne sera plus jamais comme avant » Dit il en prenant sa tête dans ses mains.
Puis je me sens aspirée vers un autre souvenir.
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.../...
Jai du mal à me remettre sur pieds que déjà un nouveau souvenir s'enchaine au précédent.
Je connais cet endroit. Nous sommes dans le bureau de Dumbledore ! J'arrive en pleine discussion entre lui et Draco
« Et vous savez quand il a prévu de le faire monsieur Malfoy, demande Dumbledore ?
- Non professeur. Je ne sais que ce que je vous ai dit. Il m'a marqué, m'a demandé de trouver le moyen de faire rentrer les Mangemorts dans l'école et de capturer un ami de Potter. Et de vous éliminer, rajoute t-il plus doucement.
- Ce sont vos missions pour toute l'année ?
- Oui professeur.
- Bien. Je vous remercie de m'en avoir informé aussi rapidement. Il est évident que ces informations vont m'être cruciales. Il n'y a rien d'autre dont vous voulez me parler ?
- A vrai dire, je dois vous avouer qu'Hermione est au courant de mon état de Mangemort. Je lui ai dit ce matin à la gare.
- Hermione Granger ?
- Oui. Elle… Nous sommes amis.
- Il ne faut pas qu'elle sache que vous êtes un membre de l'ordre du phénix monsieur Malfoy. Cette information doit rester entre vous et moi. Elle doit continuer à penser que vous êtes Mangemort. Vous devez agir comme un Mangemort.
- Oui monsieur, dit il doucement.
- Je suis désolé Draco, mais un Mangemort n'est pas ami avec Hermione Granger…
- Vous me demandez de me séparer d'elle ? Enfin, de ne plus lui parler ?
- Je suis désolé. Mais pour que notre plan fonctionne vous devez gagner la confiance et la tête du groupe des futurs Mangemorts de cette école.
- Oui. Je… Je comprends, dit Draco le regard dans le vague. Je vais régler la situation.
- Il y a une personne qui peut vous aider. Blaise Zabini est un Mangemort marqué depuis le mois de juillet. Et il est, comme vous aujourd'hui, un espion. Il m'a prévenu de votre marquage par courrier. Il peut être une épaule sur laquelle s'appuyer.
Draco semble très surpris. Moi je suis atterrée. Draco Malfoy est un espion de l'ordre de l'ordre du phénix. Draco Malfoy a été contraint de m'abandonner par l'ordre du phénix. Je me rends compte petit à petit à quel point ça a du être difficile pour lui, et, que tout comme moi, il a du se sentir très seul.
- Je dois m'en aller, dit soudain Draco. Il quitte la pièce avant même que le directeur n'ait dit quoi que ce soit. Il se dirige vers le patio. Nous avons eu rendez vous ce soir là. Notre dernier rendez vous au patio. Nos derniers moments d'amitié.
La pensive m'aspire à nouveau pour m'envoyer vers un autre souvenir.
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…/…
Je suis devant la porte de l'infirmerie. Draco est adossé à la lourde porte. Il a les yeux fermés, les poings serrés. Je m'entends pleurer derrière la porte. Je suis en pleine crise de larmes. Cette scène Harry me l'a racontée. Il doit être quelque part par là, lui aussi. Draco est immobile. Il m'écoute crier ma peine derrière la porte. Il ne fait pas un bruit.
Puis, au bout de longues minutes, je le vois crisper violemment la mâchoire quand il m'entend prononcer ces mots à travers les larmes :
« T'avais dit que tu m'abandonnerais jamais Draco »
Il se raidi d'un coup. Les jointures des articulations de ses mains sont blanches. Les muscles de sa mâchoire sont tendus, ses yeux sont rouges. Puis sans geste avant coureur, il arrache sa cravate d'un mouvement de rage et s'en va en courant. Je le suis du mieux que je peux. Il se dirige vers les cachots. Il rentre dans la salle commune des serpents en furie, et monte un escalier au fond à gauche de la pièce.
« Sortez tous ! hurle t-il a l'attention de ses colocataires. – Tout le monde obéit, ne sachant que trop bien de quoi est capable un Malfoy dans cet état de colère.
- Tu lui as dit, dit d'un calme impérial Blaise Zabini.
- Je l'ai écouté chialer derrière la porte. Elle a failli crever aujourd'hui Blaise ! Crever putain ! Et moi je lui sors le plus gros mensonge de ma vie. Elle va me haïr putain… Elle va me détester, dit Draco se calmant très nettement.
Il est désormais assis face à la fenêtre. Il tourne le dos à Zabini.
- Je n'arrive pas à croire que j'ai pu lui dire ça. Comment je vais faire sans elle ? ça fait déjà deux semaines qu'on est rentré à Poudlard et que je lui fais de la peine, à longueur de journées.
- C'est pour elle que tu fais ça. Pour ta couverture. Pour l'ordre.
- Je me fiche de l'ordre, sans elle ma vie n'a plus de sens. Si tu l'avais entendu derrière cette porte. Elle va me détester. Elle…
Il n'a pas pu retenir sa larme plus longtemps. Pour la première fois de ma vie je vois Draco Malfoy pleurer. Il pleure devant son meilleur ami, pour moi. Il souffre.
Puis il a poussé un hurlement à glacer le sang des plus téméraires. Il a détruit tout ce qui lui passé par la main. Zabini s'est éclipsé, laissant Draco exprimer sa peine, seul, dans l'intimité.
- Ne t'en fais pas mon frère, un jour elle comprendra.
Et c'est en pleurant moi aussi que je suis transportée vers le souvenir suivant.
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…/…
J'arrive le jour de la grande bagarre.
« Si tu t'approches encore d'elle je te tue Malfoy ! Je te jure que je te tue ! »
- Mais pour qui est ce que tu te prends Potter ? Tu ne sais rien d'elle ! Tu ne l'a connais pas !
Puis tout à coup comme dans mon propre souvenir, Draco se calme et me regarde affolé.
« Respire » chuchote t-il
Et c'est en le voyant courir vers l'Hermione de son souvenir qui s'évanouie que je comprends. Je vais enfin savoir ce qui s'est passé ce jour là. Je vais enfin savoir ce qu'Harry me cache. Je cours alors vers Draco et moi et suis la scène avec attention.
« Hermione respire… » Draco chuchote. Je n'ai aucune réaction. Je suis en train de mourir dans ses bras.
« Putain Hermy, respire je t'en supplie… » . Puis il sort sa baguette et crie la formule « Anapneo ! »
Après quelques secondes de flottement je respire à nouveau. Je le vois coller son front à moi. C'est notre façon à nous de nous montrer notre attachement. Par le front.
« Cette fois tu m'as fais vraiment peur… » Dit il encore plus bas que précédemment. Puis il s'allonge, dos au sol, à coté de moi, et sombre inconscient à son tour.
Le souvenir s'arrête net. Il ne sait pas lui non plus comment on est allé à l'infirmerie.
Après le visionnage de ce souvenir, je ne sais pas comment réagir. Draco m'a bien sauvé la vie. Et de la plus magistrale des façons. Mais il a surtout mis en péril sa couverture d'espion, sa réputation, toute son image pour me venir en aide. Personne n'a du comprendre pourquoi Draco Malfoy, futur leader du parti Mangemort est venu en aide comme si sa vie en dépendait, à Hermione Granger, ami de l'ordre du phénix au sang impur.
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…/…
Je suis à nouveau envoyée à l'infirmerie. J'arrive en pleine conversation pour le moins animée :
« Mais enfin pourquoi l'avoir aidé ? Tu pouvais très bien la laisser mourir sur place ! Dit une Pansy parkinson telle une bête sauvage.
- Mais puisque je te répète que je suis en mission et que je ne peux pas t'en dire plus ? Tu n'as qu'à directement aller voir le maitre et t'arranger avec lui Parkinson ! crie Draco alité.
- Tais toi ! Quelqu'un pourrait t'entendre !
- Alors arrête de me harceler avec ça maintenant. Je vais finir par te prendre à coup de doloris pour que tu enregistres ce que j'ai à te dire ! ça a très bien marché quand mon père a fait mon éducation, ça fonctionnera tout aussi bien avec toi ! Alors maintenant tu vas la fermer et me foutre la paix ! Est ce que je suis clair ?
- Excuse moi, dit elle penaude. J'avais peur que tu sois passé de l'autre coté.
- je suis un Malfoy, pas un Wesley.
- Je sais, je te demande pardon. Je m'occupe d'informer tout le monde de ce qu'ils peuvent savoir pour justifier ton acte. Ne t'en fais pas. Repose toi. On ira tuer Potter demain si tu veux.
- C'est ça ouais. Et ferme la porte en sortant.
Quand Pansy s'en va, il rapporte instinctivement sa main à mon collier qu'il a déjà mis autour de son cou, caché sous ses vêtements.
« Monsieur Malfoy si vous ne buvez pas ces potions, les bleus de votre visage ne disparaitront pas ! Réprimande l'infirmière.
- Je me fiche de ces bleus, vous ne m'empoisonnerez pas une fois de plus avec une potion au gout exécrable ! Je préfère garder mes bleus. De toute façon ça fait craquer les filles ! Dit il catégorique.
L'infirmière s'en va en maugréant des paroles inintelligibles.
C'est là que les souvenirs de Draco s'arrêtent. De toute façon la suite je la connais. Le lendemain il est venu me voir sous la pluir, quand j'étais dans le parc avec Harry, je lui ai fait comprendre que je sortais avec ce dernier et que rien ne justifiait le comportement qu'il avait eu envers moi. Et j'avais tord. On ne s'est plus jamais parlé après ça.
Quand je suis sortie de la pensine, j'ai récupéré les souvenirs de Draco dans une fiole très rapidement, et me suis directement rendu à la volière.
« Je suis au patio dans 5 minutes ! »
Je n'ai même pas pris le temps de signer. Cactus part avec ma lettre et je me rends au cinquième étage. Puis je regarde ma montre. Il est 5 heures du matin ! Quelle cruche j'ai envoyé un hibou à Draco en pleine nuit ! Il ne viendra jamais à 5 heures du matin.
Mais à mon grand étonnement je le vois arriver seulement quelques minutes après, essoufflé.
Nous nous regardons quelques secondes fixement. Je me dirige vers lui lentement. Puis arrivé à sa hauteur je m'arrête, le regarde une dernière fois avant de le prendre dans mes bras. Il lui faut quelques secondes pour réagir. Puis il me serre lui aussi, très fort. Il me serre comme si sa vie en dépendait. Je sens son parfum. Je sens son cœur. Je pleure en silence, humidifiant sa nuque. Puis dans un murmure, je lui dis doucement :
« J'ai tellement de choses à te dire, que je ne sais pas par où je dois commencer. Je dois te demander pardon ? Te dire merci ? Ne me quittes plus jamais ? Je suis fière de toi ? Sans toi, je ne peux pas être moi ? Tu es la seule personne qui me connaisse vraiment ? Alors je vais simplement te dire « je t'aime » et ça résumera tout ce qui peut me passer la tête. »
Il m'a serré plus fort encore, pendant quelques minutes et nous sommes restés là, dans le froid jusqu'au levé du jour. Nous nous sommes allongés sur la table et avons regardé les étoiles. Nous n'avons plus dit un seul mot après ça jusqu'à ce que l'on voie le soleil se lever aux alentours de 7 heures. Les explications seront pour demain. Pour l'instant on est juste tous les deux, près l'un de l'autre. Et c'est franchement tout ce qui compte.
J'espère que ce chapitre vous a plu et que vous allez pouvoir me dire ce que vous en pensez. Merci beaucoup aux personnes qui ont reviewé aux followers et à ceux qui ont mis ma fic en favorite ! J'attends vos impressions et à bientôt pour la suite !
