On dirait que le bonus de la semaine dernière vous a plu ! :) J'ai prévu d'autres bonus dans le genre, qui ne peuvent pas vraiment rentrer dans la trame de l'histoire. Mais je ne sais pas encore quand je les écrirai, ni quand je les publierai (j'espère bien que ce ne sera pas pour le deuxième anniversaire et que j'aurai fini la fic avant XD)

Normalement, j'ai répondu à tout le monde pour les reviews, que ce soit pour le chapitre précédent ou le bonus :) Et d'ailleurs, merci Drayy de suivre cette histoire, encore et toujours n_n


Chapitre 39 : Quand la blague s'enflamme

Le lendemain du discours, Ron et Hermione vinrent voir Harry. Ils tenaient un journal et semblaient marcher sur des œufs. Le calice les regarda, suspicieux, alors que tous trois s'installaient sur le canapé.

— Quoi ? Qu'est-ce que ce torchon a encore écrit ?

— Eh bien, commença Hermione, hésitante. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que tu lises ça dans ton état. Mais je pense qu'il vaut mieux que tu l'apprennes maintenant, plutôt qu'avec des bruits de couloir.

— Mon état ? releva le brun.

Ses deux amis se regardèrent, mal à l'aise.

— Bah c'est que… t'étais un peu flippant au Ministère.

Ron reçut un coup de coude et un regard noir de la part de sa petite amie.

— Ce que Ron essaie de dire, de façon très maladroite, c'est que tu sembles t'énerver très facilement quand quelqu'un s'en prend à Snape.

— Quoi ? Je ne m'énerve pas…

Les deux regards blasés auxquels il eut droit en retour le firent soupirer. Oui, bon, d'accord. Il s'était un peu énervé quand il avait menacé de mettre fin à ses jours et aussi à la fin du discours. Mais c'était tout à fait légitime. N'importe qui se serait emporté à sa place. N'est-ce pas ?

— Mais on comprend, Harry, ne t'inquiète pas. C'est normal que tu sois un peu à cran, étant donné que tu… Je veux dire, comme tu n'as pas… pas encore… Euh… Enfin, je suppose, comme tu n'es pas revenu en cours…

Harry haussa un sourcil. C'était tellement rare de voir sa meilleure amie s'emmêler dans ses phrases et ne pas être sûre d'elle, qu'il avait presque envie de la laisser bredouiller encore un peu.

"Regardez-moi qui devient un vrai petit Serpentard !"

Le Survivant cligna des yeux comme s'il venait de recevoir une gifle. Un Serpentard ? Et puis quoi encore ? Il était un Gryffondor et le resterait toujours !

Ron et Hermione ne tiquèrent pas à son changement d'expression, pensant sans doute qu'il était lui aussi gêné par la tournure que prenait la conversation.

— Peu importe. Fais-moi voir ça, finit-il par dire pour changer de sujet en prenant le journal.

"Le Survivant est-il encore en possession de tous ses moyens ?

Nous savons de source sûre que le jeune sorcier Harry Potter a proféré des menaces et voulu attenter à sa vie, si le Ministère refusait de relâcher Severus Snape, vampire et Mangemort de son état. Malgré son discours hier soir, nous sommes en droit de nous demander si celui qu'on nomme le Survivant est toujours capable d'émettre un jugement parfaitement raisonné. En effet, il semblerait qu'il soit fortement influencé par le vampire qui l'a mordu et fait de lui son calice. D'après nos recherches, nous savons également que Harry Potter est sujet à des troubles mentaux, dus au fait que le lien entre lui et Severus Snape ne soit pas complet."

Harry cessa là sa lecture. Ses mains étaient crispées sur le papier noirci d'encre qui balançait encore et toujours des mensonges sur lui. D'accord, certains détails étaient vrais. Mais tout était sorti de son contexte et complètement déformé, rendant ce laïus quand même très éloigné de la vérité, selon lui.

— Je suis sûr que c'est cette foutue Moirage qui a raconté tout ça, fit-il entre ses dents serrées.

Le journal s'embrasa tout à coup. Les flammes, au lieu de disparaître avec le papier réduit en cendre, se mirent à lécher les mains du Survivant. Plus étonnant encore, celui-ci ne bronchait même pas, comme s'il était totalement insensible à la douleur. Snape déboula dans le salon en quatrième vitesse. Ses cheveux gouttant au sol et une simple serviette autour de ses hanches témoignaient qu'il avait dû écourter sa douche. D'un coup de baguette, il éteignit le feu et lança un regard noir au couple de Gryffondors.

— Je vous laisse seuls cinq minutes avec lui, et voilà le résultat ?

— On… On est désolé, Professeur, tenta Hermione, encore sous le choc. On ne pensait pas qu'il ferait ça. Je ne savais même pas que ce genre de chose pouvait arriver.

— Et puis, pourquoi il n'a pas réagi ? demanda Ron d'une voix trop aiguë, presque hystérique. Il avait les mains en feu ! Et il réagissait pas ! Et il ne réagit toujours pas alors qu'il a les mains brûlées !

Le professeur de potions se tourna vers son calice qui n'avait effectivement toujours pas cillé. Il semblait en fait totalement perdu dans ses pensées. Des pensées bien sombres, à en juger par son expression, les sourcils froncés et les yeux perdus dans le vague. Snape prit ses mains dans les siennes et les examina. La peau était effectivement brûlée, mais il n'y avait rien d'irréparable. Un peu de son sang et la peau serait comme neuve. Ce qui l'inquiétait davantage était le fait que le garçon ne s'était rendu compte de rien. Il prit son menton entre ses doigts et le força à le regarder.

— Harry ?

Aucune réponse.

— Harry, reviens parmi nous, tenta-t-il à nouveau en faisant appel à ses dons de vampire.

Malgré cela, le plus jeune ne réagissait toujours pas. Severus prit alors son visage en coupe et le tint fermement.

— Bon sang, Harry ! Reprends tes esprits ! fit-il d'une voix beaucoup plus forte.

Le susnommé cligna enfin des yeux et regarda le vampire avec étonnement.

— Hein ? Qu'est-ce qu'il te prend ? demanda-t-il en se dégageant de la poigne.

— Ce qu'il me prend ? C'est plutôt à toi qu'il faudrait le demander !

— Quoi ? Mais je n'ai rien fait !

Severus lui prit ses poignets et les mit devant ses yeux, lui montrant ainsi la peau couverte de cloques. Harry ouvrit de grands yeux ahuris. Il ne comprenait visiblement pas comment ses mains avaient pu finir ainsi. Il jeta un œil interrogateur à ses amis, qui semblaient aussi perdus que lui.

— Que s'est-il passé ? finit-il par demander.

— Tu… Tu t'es énervé en disant que c'était probablement Moirage qui avait été raconter tout ça, répondit Hermione. Le journal a pris feu. Et les flammes se sont propagées sur tes mains. Tu ne réagissais pas, Harry. On aurait dit…

— Que tu étais totalement insensible à la douleur, compléta Ron.

Le Survivant resta interdit, fixant ses mains comme s'il les voyait pour la première fois. Comment une telle chose avait-elle pu arriver ?

— Miss Granger, Monsieur Weasley, je pense qu'il est temps pour vous d'aller faire vos devoirs, claqua la voix de Snape après une minute de silence.

— Bien sûr, Professeur, fit la brune, presque dans un chuchotement, en tirant son petit ami vers la porte. À plus tard, Harry.

Le maître des potions attendit que la porte soit fermée et que les pas se soient éloignés pour reprendre la parole :

— Je vais commencer par te donner un peu de mon sang pour guérir ça, commença-t-il en désignant les mains brûlées. Ensuite, nous parlerons de ce qu'il vient de se passer.

Sans attendre de réponse, il se mordit le bout du doigt et le présenta à son élève. Ne le voyant pas réagir, il le pressa à ouvrir la bouche en appuyant sur ses lèvres.

— Dépêche-toi avant que la plaie ne se referme. Ce n'est pas parce que je guéris vite, que je ne ressens pas la douleur…

Comme un automate, Harry se laissa faire, ouvrant la bouche avant de la refermer sur l'appendice. Les gouttes de sang tombèrent sur sa langue et il ferma les yeux. C'était la troisième fois déjà qu'il buvait le sang du vampire.

"Et de façon très érotique, cette fois !", fit la petite voix dans sa tête.

Se rendant compte que, en effet, le geste pouvait avoir une certaine connotation sexuelle, le jeune homme rouvrit brusquement les yeux et lâcha le doigt. Il sentit de désagréables picotements sur ses mains. Baissant ses yeux dessus, il regarda la peau se reconstruire avec effarement. C'était plutôt impressionnant quand on n'avait pas l'habitude.

— Maintenant que ce point est réglé, passons au suivant. À quoi pensais-tu quand tu as involontairement mis le feu au journal et à tes mains ?

— Je...J'en sais rien. Je ne me rappelle pas. C'est comme si…

— Comme si tu avais eu une absence ? compléta Severus pour lui.

— Oui. Tout ce dont je me souviens, ce sont des absurdités écrites sur ce torchon qu'est la Gazette du Sorcier… Ils me prennent pour un demeuré et pensent que tu me manipules.

— Tu devrais pourtant être habitué à leurs sottises, depuis le temps.

— Justement ! Depuis le temps, j'en ai plus que marre de toujours devoir faire attention à ce que je dis ou fais à l'extérieur, parce que je suis le Survivant, la bête de foire du monde sorcier ! J'aimerais qu'on me fiche la paix, pour une fois !

Les lumières de l'appartement se mirent à vaciller. Quelques objets tremblèrent et certains semblaient même sur le point de valser. Mais Severus posa sa main sur la nuque du garçon, se rapprocha de lui et plongea son regard écarlate dans les deux prunelles vertes.

— Calme-toi. Et cesse de crier.

Aussitôt, tout redevint normal dans la pièce.

— Ça a commencé.

Draco, qui était resté dans la chambre jusque là, venait de s'asseoir dans le fauteuil à côté du canapé et regardait le Gryffondor avec les sourcils froncés.

— En effet, lui répondit Snape, même s'il savait que c'était une affirmation et non une question.

— Qu'est-ce qui a commencé ? demanda Harry, ne comprenant pas et regardant les deux autres.

— Tu as visiblement des pertes de conscience et de contrôle.

— Ce qui veut dire ?

— Que tu perds la boule, Potter, lança Draco avant que Severus n'ait pu répondre.

— Draco, le réprimanda celui-ci.

— Quoi ? C'est à force de tourner autour du pot qu'il en est là.

— Il n'est pas prêt.

— Au contraire. Il est prêt. Il a seulement peur d'aimer ça plus qu'il ne le devrait, selon lui.

Harry regardait les deux Serpentards tour à tour, en ayant presque l'impression de regarder un match de tennis. Mais, surtout, il n'appréciait que très moyennement qu'ils parlent de lui comme s'il ne pouvait pas les entendre.

— Je suis toujours là, vous savez… finit-il par dire.

— C'est vrai. Malheureusement, je parie que tu n'avoueras pas être prêt à fermer le lien.

— Draco, arrête, intervint le vampire avant de se tourner vers le Survivant. Harry, écoute. Pour ta sécurité, je ne peux plus te laisser seul.

Le susnommé fronça les sourcils d'incompréhension.

— C'est déjà le cas…

— Non. Ce que je veux dire, c'est que je ne te laisserai plus seul, même pour seulement deux minutes.

Le silence s'installa tandis que l'information peinait à faire le tour du cerveau du principal concerné.

"Que tu peux être lent à la détente, parfois… Où vas-tu encore tout seul, actuellement, petit lion ?"

Harry réfléchit. Il ne restait pratiquement jamais seul dans le salon. Encore moins dans la chambre, lui-même n'aimant clairement pas cela. Ne restait donc plus que la salle de bain. Qui comprenait la douche et les toilettes.

"C'est une blague ?!" pensa-t-il.

— C'est une blague ?! Ne put-il s'empêcher de demander en écho à ses pensées.

— Non, ce n'est pas une blague, fit le maître des potions, avec tout le sérieux dont il était capable. Ce qu'il s'est passé tout à l'heure n'était qu'un début. Cela pourrait recommencer n'importe quand.

— Mais, si tu es dans la pièce à côté, ça suffit. Regarde, tu m'as soigné, je n'ai pas besoin d'un chaperon ! s'emporta-t-il en mettant en évidence ses mains complètement guéries.

— Tu ne comprends pas, Harry. Ce n'était pas une proposition. Jusqu'à la fermeture du lien, tu auras constamment quelqu'un avec toi – Draco ou moi, de préférence, quand je vois le peu de réflexes de tes amis. Je veux bien être conciliant, mais pas au prix de ta sécurité. Ce point n'est pas sujet à discussion.

Un silence pesant s'abattit dans la pièce. Les yeux verts tentaient de foudroyer le vampire. Mais celui-ci semblait totalement insensible à ces menaces silencieuses.

— Donc, si je comprends bien, finit par dire le plus jeune, les dents serrées, je n'ai plus droit à la moindre intimité.

— Il ne s'agit pas de ça, tenta de contrer le vampire.

— Ah oui ? Parce que, curieusement, je le prends comme une atteinte à ma vie privée.

— Ce qu'il faut pas entendre, ricana Malfoy. C'est pas comme si tu n'avais jamais pris ta douche avec d'autres mecs.

Harry soupira mais préféra ne rien répondre. Snape ne changerait de toute façon pas d'avis. Et puis, ce n'était que temporaire. Son cœur battit tout à coup plus vite en repensant à la promesse qu'il s'était faite à lui-même : s'il s'en sortait vivant, il compléterait le lien avant la fin de la semaine.

Si le maître des potions entendit l'accélération du rythme cardiaque, il n'y prit pas particulièrement garde, mettant cela sur l'énervement de la discussion qu'ils venaient d'avoir et ignorant totalement le genre de pensées qui venaient de traverser l'esprit de l'étudiant.


Si vous avez regardé le planning de mes publications, vous savez que ceci est le dernier chapitre avant mes vacances. Sinon, bah vous êtes au courant, maintenant XD Le chapitre 40 sera donc publié le 31 août. Oui, je sais, ça fait loin. Mais étant en vacances pendant trois semaines chez mes parents et ne pouvant écrire pendant ce laps de temps, je ne peux faire autrement.

La semaine prochaine je publierai une mini fic à la con sur Harry Potter (qui n'a rien à voir avec cette fic, évidemment), tirée d'un gif que j'ai trouvé très drôle.

Bonne vacances à tous, et attention à bien vous hydrater par ces fortes chaleurs ! :)