Je prédis que les fans de Draco vont à nouveau aimer ce chapitre ! ;)

Pour rappel, j'ai lancé un concours sur ma page Facebook (inutile d'avoir un compte FB pour participer, c'est un formulaire à remplir). Plus d'infos à la fin du chapitre :)

RàR :

jess : Merci beaucoup pour ta review ! :) Je suis ravie de voir que ça t'a plu, en particulier l'évolution de leur relation.

full : Merci :)

MidriLuna : Moi aussi j'aime bien quand il l'appelle "Monsieur Pudeur" :p Merci pour ta review ! J'espère que la suite te plaira autant ;)


Chapitre 42 : La blague du fantasme

Sortant peu à peu de sa torpeur, Harry voulut s'écarter. Mais la main du Serpentard sur sa hanche se serra en même temps que sa voix encore rauque se faisait entendre :

— Bouge pas.

Ça sonnait presque comme un ordre. Et, en temps normal, il s'en serait offusqué et aurait clairement envoyé bouler Draco. Pourtant, quelque chose dans sa voix coupa net tout mouvement de sa part. Avait-il tort en pensant percevoir une note de besoin ?

Ce ne fut qu'après de longues minutes que le blond le lâcha enfin, quittant la cabine sans même un regard. Il aurait pu en être vexé. Néanmoins, il était trop occupé à tenter de comprendre ce qu'il venait de se passer dans la tête du Serpentard. Ce fut en repensant à sa sieste avec lui qu'il se dit qu'il avait peut-être trouvé. Il lui faudrait poser la question à Snape.

Suite à cette douche des plus chaudes, les deux adolescents retournèrent dans le salon et le reste de la journée se passa sans problème. Jusqu'à ce qu'arrive le moment de se coucher.

— On s'était mis d'accord… dit Harry, assis au bord du lit et tournant le dos aux deux autres.

— Oui. Mais, à ce moment-là, tu pouvais encore rester seul. Et je ne vais pas priver Draco d'une morsure pour te faire plaisir. Surtout pas alors que tu en as toi-même reçu une ce matin.

Le Gryffondor soupira. Il ne pourrait pas y échapper. Il s'allongea alors sur le côté, toujours dos aux Serpentards, et répondit :

— Très bien. Dans ce cas, mets-moi au moins un sort d'insonorisation.

Un court silence s'ensuivit, puis quelques froissements de tissus. Il entendit son professeur prononcer l'enchantement, puis plus rien. Ce fut tout à coup le vide sonore le plus total, en même temps que la lumière était éteinte. De façon ironique, il trouvait ce silence assourdissant. Et il avait beau sentir du mouvement derrière lui, il avait un très désagréable sentiment de solitude.

Finalement, il ne tint qu'une dizaine de minutes avant de se retourner avec une extrême lenteur. Il commença par tourner la tête. Puis, son corps suivit le mouvement. Lorsque ses yeux accrochèrent les deux corps nus, emboîtés l'un dans l'autre, la tête de l'homme plongée au creux du cou du blond, il sut qu'il était perdu. Il ne pouvait plus détacher son regard de la scène. Sa respiration s'accéléra significativement et il eut du mal à déglutir, ayant tout à coup l'impression d'avoir la bouche et la gorge bien trop sèches. Soudain, Malfoy rejeta la tête en arrière, la bouche ouverte sur un cri que le Gryffondor ne pouvait entendre. Le vampire se tendit à son tour, atteignant visiblement lui aussi le point culminant de son plaisir.

Alors que les deux Serpentards restaient enlacés, probablement perdus dans leur hébétude post-coïtale, Harry se retourna à nouveau, peu désireux d'être pris une nouvelle fois en flagrant délit de voyeurisme. Le problème étant que ce qu'il venait de voir l'avait assez émoustillé pour que son membre se réveille. Il eut beau serrer les jambes, il revoyait la scène dès qu'il fermait les yeux, ne parvenant pas à penser à autre chose.

Plusieurs minutes passèrent avant qu'il n'entende à nouveau les bruits alentours. Notamment celui des draps, tandis que Snape se tournait vers lui. Il ne put s'empêcher de sursauter lorsque la main de l'homme se posa sur son bras.

— Veux-tu que je te soulage avec ma main ?

Oh oui, le Survivant en avait très envie. Mais le fait que Draco était juste à côté le bloquait toujours. Comme s'il avait lu dans ses pensées – mais c'était surtout qu'il était bien trop prévisible –, le maître des potions ajouta :

— Draco dort profondément. Et j'ai remis un sort d'insonorisation. Il ne peut pas nous entendre.

"Mais il peut toujours se retourner et nous voir, exactement comme je viens de le faire", ne put s'empêcher de penser Harry.

"Et alors ? Si tu restes comme ça, il ne verra rien. Éventuellement le bras de Snape bouger, et encore… Et puis, ce n'est pas comme s'il avait exploré ton fondement avec ses doigts il y a quelques heures de cela..."

Salazar marquait un point.

— Oui, finit-il par murmurer.

Il ne fallut que peu de temps avant qu'il ne se libère dans la main experte de son professeur. Un sort de nettoyage et moins d'une minute plus tard, Morphée l'emportait pour un sommeil un peu agité.

Au matin, il se réveilla en sursaut en sentant quelque chose de chaud et humide sur son membre. Il eut besoin de quelques secondes pour reconnecter tous ses neurones et avoir enfin la présence d'esprit de soulever le drap. Il put alors voir son sexe disparaître de façon régulière entre les lèvres roses du blond.

— Dr… Draco… Qu'est-ce que tu… fais ? parvint-il à dire, non sans quelques difficultés.

— Il te fait du bien, c'est tout ce qui compte, non ? fit une voix grave à son oreille, le faisant à nouveau sursauter.

La main du plus âgé se posa sur son torse et s'amusa à le caresser, le chatouiller, le frôler ou encore le griffer. L'homme en vint finalement à pincer l'un de ses tétons en même temps que Draco le prenait au fond de sa gorge.

— Oh, putain !

Le mot lui avait échappé tant le plaisir ressenti sur le coup avait été intense. Mais le pincement s'intensifia, lui arrachant alors un couinement de douleur.

— Langage, le rabroua Snape.

— Dé… Désolé. C'est juste que… c'est… c'est trop… Ah ! Trop bon.

Il avait conscience que ses paroles étaient un peu décousues. Mais il peinait vraiment à contrôler sa voix. Sans s'en rendre compte, l'une de ses mains s'était agrippée à celle de Draco, l'autre au bras de Severus. Sa prise se resserra d'ailleurs lorsqu'il sentit les crocs du vampire sur la peau de son cou. Il savait ce qui allait bientôt arriver. Les dents pointues allaient se planter dans son artère et il aurait alors droit à une morsure qui le ferait sans doute basculer au point de non retour. Combinée à la fellation que lui offrait Draco, cela promettait d'être littéralement jouissif. Pourtant, la morsure et la libération qu'il espérait ne vinrent jamais, et la gâterie s'arrêta brutalement.

Il ouvrit brusquement les yeux et se redressa en regardant partout autour de lui. Il faisait encore sombre dans la chambre et Draco dormait toujours. Il put voir les yeux du vampire fixés sur lui. Ce dernier tendit le bras, en une invitation à se recoucher contre lui. Le Gryffondor hésita. Il sentait son érection douloureuse et les restes de son rêve encore très présents. Mais il finit par abdiquer et s'installa contre le flanc du maître des potions. Après tout, l'homme savait déjà dans quel état il était. Pourquoi essayer de lui cacher ?

— Tu veux me parler de ton rêve ?

Là, par contre, Harry n'était pas sûr que ce soit une bonne idée.

"Pourtant, parler de tes rêves érotiques pourrait être une première étape dans l'acceptation du lien et un nouveau pas vers sa fermeture, non ?"

Le jeune commençait vraiment à détester la petite voix de Salazar dans sa tête. Notamment parce qu'il savait qu'elle avait raison. Il soupira, davantage pour se donner encore un peu de temps que vraiment par agacement.

— J'ai rêvé de toi. Et de Draco.

Un silence s'étira, jusqu'à ce que Severus reprenne la parole, comprenant que le plus jeune ne parvenait pas à continuer de lui-même.

— Et que se passait-il dans ce rêve ?

— Je… Tu… Vous…

Un nouveau soupir lui échappa et il tenta de remettre de l'ordre dans ses pensées. Il pouvait le faire. Il pouvait le dire à voix haute. Enfin, c'était plutôt des murmures. Mais il le disait quand même de façon assez intelligible pour le vampire.

— Prends ton temps, l'encouragea celui-ci, tout en posant une main fraîche et rassurante sur sa nuque. Tu n'as pas besoin de me donner tous les détails.

— Dans mon rêve, je me réveillais. Parce que Draco… Il était en train de… s'occuper de moi. Avec sa bouche.

— Et moi ? Qu'est-ce que je faisais ? demanda Severus en une invitation à poursuivre.

— Tu me caressais le torse. Et tu t'apprêtais à me mordre.

— C'est là que tu t'es réveillé, je suppose ?

— Oui.

— Sais-tu pourquoi ?

Harry secoua la tête. Ça pourrait être n'importe quoi. Un bruit quelconque, par exemple.

— Tu ne peux pas rêver de la morsure.

Il releva la tête, s'appuyant sur son coude pour regarder le plus âgé, et fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

— Parce que c'est un acte qui vient du vampire. Tu peux la désirer, la demander, la provoquer, mais tu ne contrôleras jamais la morsure. C'est le vampire qui choisit quand, comment et combien de temps.

— Pourtant, tu nous demandes notre avis, à Draco et moi.

— En effet. Je ne suis pas du genre à forcer. Mais si je décidais de mordre l'un de vous alors qu'il ne le veut pas, vous n'auriez pas votre mot à dire, en réalité. J'ai les capacités de vous l'imposer. L'inverse n'est pas vrai.

Un silence pesant s'abattit dans la pièce, avant que le Gryffondor ne pose enfin la question qui le démangeait tant.

— Tu l'as déjà fait ?

— Non.

La réponse était venue naturellement, sans hésitation, et cela rassura le plus jeune. Mais, bien sûr, cela ne pouvait pas durer.

— Revenons à ton rêve, reprit Snape. Est-ce l'un de tes fantasmes ?

Le Survivant se cala à nouveau contre l'épaule de Severus, qui en profita pour remettre sa main sur la nuque de l'adolescent. Ce dernier avait fui le regard du plus âgé parce qu'il était gêné par cette question, mais aussi parce qu'il ne savait quoi répondre. Il ne pouvait définitivement pas dire non. Ce serait un mensonge et le vampire le saurait tout de suite. Garder le silence serait comme un aveu. Alors, peut-être devrait-il prendre son courage de Gryffondor à deux mains et dire oui, tout simplement. Ce fut donc ce qu'il fit, dans un chuchotement à peine audible.

— Tu n'as pas à en avoir honte, Harry.

L'homme fit une petite pause avant de reprendre, un petit sourire amusé clairement audible dans sa voix :

— Surtout que c'est plutôt sage, comme fantasme. Notamment comparé à ceux de Draco.

Ça, Harry voulait bien le croire.

— Vous avez déjà eu ce genre de conversation, tous les deux ?

— Oui. Assez régulièrement, en fait. Draco est parfaitement à l'aise avec le sujet et plutôt expansif.

— J'avais bien cru comprendre, oui, marmonna le Gryffondor.

— Ne lui en tiens pas rigueur. Il n'a pas vraiment eu le choix. Son père lui a appris à aller chercher ce qu'il désirait – même si, à l'époque, Lucius ne pensait sans doute pas à ce genre de désir. Et, ici, s'il ne dit pas clairement à un garçon qu'il le veut dans son lit, jamais un élève n'oserait lui faire ouvertement des avances.

Il jeta un regard au blond de l'autre côté de Severus. La respiration lente indiquait qu'il était toujours profondément endormi. Il avait l'air détendu et paisible, étendu là, contre l'autre flanc du vampire. Harry se rendit compte à cet instant qu'il ne connaissait pas grand-chose de lui, finalement. Il avait surtout eu des préjugés – que l'autre adolescent lui avait bien rendus, ceci dit. Peut-être que c'était finalement le plus gros problème de leur relation à trois : le fait qu'elle était basée sur des visions de l'autre probablement erronées. Du moins, en ce qui concernait le Gryffondor envers les deux autres, et inversement.

Il se mit alors à réfléchir aux choses qu'il pensait savoir des deux Serpentards ou qu'il ignorait complètement. Il repensa à ces dernières semaines. Il avait malgré tout appris bien plus sur eux en à peine deux mois qu'en six ans auparavant. Puis, la question qu'il s'était le plus posée au sujet de Severus lui revint en mémoire.

— Comment est-ce arrivé ? demanda-t-il en se redressant pour le regarder. Ta transformation en vampire.

Il savait qu'il n'avait sans doute pas besoin de préciser. Mais il préférait être sûr que l'homme avait bien compris sa question. Il crut voir un voile de tristesse passer dans les yeux noirs, mais il n'était pas assez habitué à la pénombre pour en être sûr. Il se demanda tout à coup si ce n'était pas un souvenir trop pénible. Après tout, le maître des potions avait déjà fait beaucoup d'efforts pour lui, lui dévoilant parfois bien plus que ce dont il s'était attendu, comme ses souvenirs en rapport avec Lily. Il se sentit alors obligé de montrer qu'il ne pousserait pas l'ancien Mangemort à en parler

— Tu n'as pas besoin de me répondre, si tu n'en as pas envie…

Un faible sourire étira les lèvres fines de l'homme.

— Je pense que tu devrais savoir, Harry. Je savais que cette question finirait par revenir. Mais pas maintenant. Draco ne va pas tarder à se réveiller. Et je préférerais te montrer, plutôt que de te le raconter.

Il acquiesça, signifiant ainsi qu'il était d'accord avec ça, et se repositionna encore une fois sur le torse dur et frais.

Le silence durait depuis un bon moment et il n'était pas loin de se rendormir, quand une question qu'il s'était posée la veille lui revint à l'esprit.

— Draco dort toujours ? demanda-t-il.

Comme la question concernait le blond et qu'il était persuadé que celui-ci ne lui répondrait pas, il préférait s'assurer que sa conversation avec Severus était toujours confidentielle. Du moins, autant qu'elle puisse l'être avec quelqu'un endormi à proximité.

— Oui. Pourquoi ?

— Parce que j'ai une question à te poser sur lui.

— Pourquoi ne pas la lui poser directement ?

— Je suis pratiquement sûr qu'il ne voudra pas me répondre. Et je pense avoir déjà trouvé la réponse. J'aimerais seulement une confirmation.

— Très bien. Je t'écoute. Mais si j'estime que c'est à Draco de te répondre, je ne te dirai rien.

— Ça me va.

Harry prit une grande inspiration et se lança :

— Hier, dans la douche, on a… fait des choses.

Il sentit le torse du vampire vibrer très légèrement, mais il n'y eut aucune moquerie sur sa fâcheuse tendance à ne pas appeler un chat un chat, et il en fut reconnaissant.

— Après, il m'a empêché de m'éloigner, me gardant contre lui. Je me suis d'abord demandé ce qu'il lui prenait. Puis, je me suis souvenu de la sieste de samedi. Il s'était aussi collé à moi après… après ce qu'on avait fait.

Cette fois, ce fut un petit soupir qui échappa au vampire. Oui, bon, il faisait des efforts. Il n'allait pas miraculeusement devenir à l'aise avec tout ce qui était d'ordre sexuel en quelques minutes.

— Du coup, poursuivit-il, je me suis dit qu'il était du genre "câlin après l'amour". J'ai raison ?

Un silence s'installa et dura plusieurs minutes. À tel point qu'il crut que Severus avait décidé de ne pas lui donner de réponse. Pourtant, celle-ci finit par arriver.

— Je pense que tu as parfaitement remarqué que les Malfoy ne sont pas vraiment du genre tactile, et encore moins câlin. Il n'est donc pas étonnant qu'il tente de combler ce manque.

Il avait donc vu juste. Le Survivant eut un petit sourire en regardant le blond. Au fond, tous les trois n'étaient pas si différents. Ils avaient apparemment manqué d'amour dans leur enfance. Peut-être que leur relation était l'occasion de rectifier cela.

Au plus grand étonnement de Severus, Harry posa sa main sur celle de Draco, se cala confortablement et referma les yeux pour se reposer encore une peu.


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Ensuite, vous serez sans doute contents d'apprendre que j'ai terminé d'écrire le chapitre 45, qui fait presque 5000 mots ! Et que le lien est donc fermé :D Mais ça veut dire aussi qu'on approche dangereusement de la fin... Je vous avoue que cette idée me fait un petit pincement au cœur, quand même. Mais j'ai déjà d'autres projets en cours, donc je ne vous lâcherai pas, même une fois un point finale de cette histoire publié ;)