Veuillez m'excuser, je poste un peu plus tard que d'habitude... J'ai pas l'habitude de ne pas travailler le mardi. Du coup, j'ai oublié qu'on était mercredi aujourd'hui XD Bref.

Voici donc enfin la réponse à LA question : comment Snape est-il devenu un vampire ? Je dois vous avouer que j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire :) J'espère donc qu'il vous plaira tout autant !

Ràr :

ptiraton : Oui, oui, ça va arriver ! Dans le prochain chapitre XD

jess : Forcément, il va faire un peu moins chaud dans ce chapitre ;) Mais je pense qu'il répondra néanmoins à quelques questions :) Merci beaucoup pour ta review !


Chapitre 44 : L'origine de la blague

Severus sourit en constatant que le jeune homme s'était endormi suite à son orgasme. Après un rapide sort de nettoyage et un autre de rhabillage, il s'allongea à côté du Gryffondor. Il fut à la fois surpris et heureux de le voir venir se lover contre lui dans son sommeil. Si son cœur avait encore été capable de battre, nul doute qu'il aurait accéléré la cadence en cet instant. Malgré tout ce qu'il avait pu penser au départ, oui, il s'était attaché à ce garçon. Bien avant l'incident de la morsure. Mais, depuis, il se rendait compte qu'il ne l'avait jamais vraiment regardé autrement que comme le fils de Lily et James. Désormais, il était capable de voir Harry tel qu'il était vraiment. Et il devait avouer qu'il était plutôt satisfait de ce qu'il voyait.

C'était un garçon fort, aussi bien dans son caractère que dans sa capacité à toujours passer au-dessus des obstacles qui se présentaient à lui. Et Merlin savait qu'il y en avait eu des obstacles sur le chemin de cette courte existence. Et, en même temps, il pouvait se montrer timide et peu sûr de lui. En fait, c'était son plus gros problème : ce jeune homme manquait cruellement de confiance en lui. Mais cela semblait aller en s'arrangeant, au vu des progrès qu'il avait pu constater ces derniers jours.

D'ailleurs, Severus était convaincu qu'Harry était désormais prêt à sauter le pas et à enfin fermer le lien. Néanmoins, malgré son impatience grandissante, il préférait le laisser s'en rendre compte de lui-même. Il ne voulait pas risquer de le brusquer et de le voir reculer.

Quelques heures plus tard, le corps contre lui commença à s'agiter et à papillonner des yeux.

— Tu émerges enfin ?

Un marmonnement inintelligible, même pour son ouïe de vampire, lui parvint et il se retint de rire. Il attendit encore quelques minutes que le survivant soit totalement réveillé et lui demanda :

— As-tu aimé ce qu'il s'est passé après la morsure ?

Bien sûr, il connaissait déjà la réponse. Mais il voulait que le Gryffondor en prenne clairement conscience et le reconnaisse surtout.

— Euh… Je…

Et c'était reparti pour un ballet de bafouillements et de rougissements. Harry avait l'impression de ne faire que ça depuis quelques temps.

— Ce n'est pas une interrogation surprise. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse et je ne vais pas te demander de justification. Tu as le droit de répondre simplement "oui" ou "non".

— Oui.

Le nez toujours contre le torse du vampire, il ne put voir le sourire satisfait de ce dernier. En revanche, il le sentit très bien le serrer un peu plus contre lui et se pencher à son oreille pour lui murmurer :

— Tant mieux. Parce que, moi aussi, j'ai beaucoup aimé ça.

Harry frissonna et sentit la chair de poule s'installer sur sa peau. Étrangement, et contrairement à ce qu'il aurait cru, il se rendait compte, petit à petit, qu'il appréciait ces moments d'intimité et de discussion tout aussi intime. Que ce soit avec Snape ou Malfoy, d'ailleurs.

— Particulièrement quand tu m'as demandé de te prendre en bouche, continua le professeur.

Le plus jeune sentit ses joues brûler vivement, surtout en se rappelant de cet instant. Il remercia mentalement l'homme d'avoir utilisé le verbe "demander", plutôt que "supplier", alors que ce dernier aurait sans doute été bien plus proche de la vérité.

— Mais pour l'heure, j'aimerais te proposer quelque chose.

L'homme s'éloigna légèrement, assez pour qu'ils puissent se regarder l'un l'autre, et sortit une baguette.

— Tu m'as demandé comment j'étais devenu un vampire. Je te propose donc de te rendre ta baguette pour quelques minutes et de te laisser utiliser la Legilimancie sur moi.

Au regard surpris, voire presque choqué, qu'il reçut en retour, Severus sut que le jeune homme n'aurait probablement jamais imaginé apprendre cet épisode de sa vie ainsi.

— Mais… Je croyais que c'était trop risqué de me laisser une baguette entre les mains, tant que le lien n'était pas fermé.

— Ça l'est. Mais je suis un vampire. Mes réflexes sont bien plus rapides que la normale. Et je suis le meilleur Occlumens au monde. Si quelque chose tourne mal, je peux couper court à tout cela immédiatement.

Ainsi, Harry se redressa pour se mettre en position assise, face à son professeur, et put récupérer sa baguette. Il savait qu'il ne l'aurait que pour très peu de temps. Mais il avait l'impression que ça faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas tenue entre ses doigts qu'une vague d'émotion le submergea.

— Harry ! l'appela le maître des potions.

Il se rendit compte alors qu'il s'était un peu emballé. Les lumières s'étaient mises à clignoter, le mobilier à trembler et les objets les plus légers à voler. Il se força au calme, respirant doucement et régulièrement, pour enfin contrôler le flux de magie qui le parcourait.

— Désolé.

— C'est bon, je m'y attendais. Maintenant, concentre-toi. Tu m'as déjà vu faire ce sort quand j'ai tenté de t'apprendre l'occlumancie en cinquième année. Tu sais donc normalement comment faire.

Il hocha la tête pour signifier son accord. Il prit une grande inspiration et, alors qu'il faisait le geste avec sa baguette, prononça le sort :

— Legilimens !

Il fut comme projeté dans la tête de son professeur. Celui-ci se trouvait face à Voldemort.

— Mon bon Severus. Sais-tu pourquoi je t'ai convoqué, si proche de notre dernière attaque ?

— Non, Maître.

L'homme, dont l'aspect était de moins en moins humain, s'approcha du maître des potions, prenant son menton entre ses doigts pour l'inviter à le regarder dans les yeux.

— Tu es l'un de mes Mangemorts les plus fidèles, Severus. Je sais que tu ne me trahiras pas. N'est-ce pas ?

Snape ne répondit pas. Il n'y avait rien à répondre.

— C'est pourquoi j'aimerais te faire un petit cadeau, poursuivit Face-de-serpent avec un rictus qui aurait effrayé n'importe qui.

N'importe qui, mais pas Severus Snape, à l'évidence. Si ce dernier s'inquiétait de ce qui allait lui arriver, il n'en montrait rien, gardant son masque de totale impassibilité parfaitement en place.

— Raphael ! Mon ami, ici présent, souhaiterait bénéficier de… tes talents.

Harry était vraiment impressionné par le self-control de son professeur. Celui-ci ne bronchait pas. Pas même quand un homme encapuchonné et tout de noir vêtu s'approcha par derrière et l'agrippa. Désormais, même si Severus avait voulu fuir, il en aurait été totalement incapable, pris comme il l'était dans la poigne de cet homme. Au final, la seule réaction du maître des potions fut une grimace accompagnée d'un gémissement de douleur quand le vampire qui le tenait le mordit. Car c'était bien ce qu'était Raphael. Cela sembla durer une éternité avant que les crocs ne sortent enfin du cou pâle, laissant le sang continuer à s'échapper, coulant le long du corps de Snape pour finir sur la dalle de pierre froide.

— Quel délice, fit Raphael d'une voix gutturale, semblable à un grondement. Je regrette que tu ne te sois pas révélé être mon calice. J'aurais aimé te goûter davantage.

— Raphael, cesse donc de t'amuser. Nous n'avons pas toute la journée.

À ces mots du Seigneur des Ténèbres, le vampire relâcha sa proie et quitta la pièce. Severus tangua, mais il parvint à rester sur ses pieds, bien qu'il ne se tînt pas aussi droit qu'à son habitude. Voldemort leva sa baguette vers lui et, dans un sourire, déclara :

— Ne me déçois pas, Severus. Je t'offre le plus beau cadeau que je puisse offrir à quelqu'un : la vie éternelle. Avada kedavra !

Un éclair vert jaillit et frappa Severus de plein fouet. Ce dernier s'écroula au sol, raide mort, tandis que le souvenir s'estompait, un écran de fumée noire le recouvrant.

Un nouveau souvenir prit place. Severus était dans un fauteuil. Il venait visiblement de se réveiller en tant que nouveau vampire. Voldemort était devant lui, tenant une femme par les cheveux. Celle-ci pleurait et était tétanisée par la peur, marmonnant une suite de supplications pour qu'on la laisse partir. Le Mage noir la jeta aux pieds du maître des potions et ordonna :

— Bois. Tu dois reprendre des forces, mon bon Severus.

Le nouveau vampire s'exécuta. Il empoigna une mèche de cheveux blonds et tira violemment la femme à lui, plantant ses canines acérées dans son cou sans aucune douceur. Un cri, où se mêlaient peur et douleur, déchira l'air pendant quelques instants avant de finalement s'éteindre. Snape laissa tomber le corps inerte à ses pieds et un brouillard noir enveloppa à nouveau la scène avant d'en dévoiler une autre.

Cette fois, Severus se tenait dans le bureau du directeur. Harry devina que c'était après la guerre.

— Albus, je suis un monstre.

— Ne dites pas de bêtises, Severus.

— J'ai tué des gens pour me nourrir !

— Non. Pour survivre et nous permettre de gagner la guerre.

Le vampire soupira.

— Vous ne comprenez pas. Je suis constamment affamé. Si je n'avais pas des années de retenue et de self-control derrière moi, je vous aurais probablement déjà sauté dessus pour vous saigner à blanc.

— Eh bien, allez-y, répondit Dumbledore en tendant son bras dont il avait relevé la manche. Si je peux vous offrir un peu de mon sang pour vous soulager, ce sera avec plaisir. Mais cessez de réagir comme un suicidaire. Nous n'aurions jamais gagné contre Voldemort sans les informations précieuses que vous nous avez fournies.

Le maître des potions ne put s'empêcher de jeter un œil envieux au poignet qu'il avait sous le nez, mais déclina l'offre.

— Et pour le Ministère ? Ils m'enfermeront. Vous n'y pourrez rien, cette fois.

— Ils n'ont pas besoin de le savoir.

Severus allait répliquer, mais la porte s'ouvrit avec fracas.

— McGonagall vient de me dire…, s'exclama un Draco passablement échevelé et essoufflé.

— C'est Professeur McGonagall, Draco, le rabroua le vampire.

— Mais on s'en fiche, de ça ! Tu es un vampire… C'est vrai ?

Le blond semblait au bord des larmes, sous le choc de cette nouvelle qu'il peinait visiblement à encaisser.

— Oui, c'est vrai, finit par répondre Severus après un long silence.

— Comment tu comptes te nourrir ?

— Draco…

— Réponds !

— Nous étions justement en train d'y réfléchir, intervint le vieil homme. Le problème étant que Severus refuse de chasser, de peur de tuer quelqu'un. Sans compter qu'il faudrait jeter un sort d'oubliette à chaque personne mordue, le Ministère devant rester dans l'ignorance.

— Je suis volontaire.

Tout en disant ça, Draco sortit sa baguette.

— Par Merlin, Draco, qu'est-ce que tu…

L'odeur du sang de l'adolescent l'arrêta net dans sa question. Ses yeux virèrent au rouge et, moins d'une seconde plus tard, il avait refermé sa bouche sur la plaie que le blond s'était faite au poignet. Mais ce ne fut pas suffisant. Il la lécha avant de relâcher le bras pour se jeter sur le cou du plus jeune, y plantant ses canines sans aucun ménagement.

Harry fut violemment éjecté de ce souvenir. Il serait probablement tombé du lit sans les réflexes du vampire. Une fois remis de sa surprise et après avoir rendu sa baguette, il décida de se rallonger. Ça faisait beaucoup d'informations à digérer. Néanmoins, certaines questions restaient en suspens. Fixant le plafond, il se lança.

— Alors, il suffit de se faire mordre puis de mourir pour devenir un vampire ?

— Non. Le vampire doit injecter une substance. Une sorte de venin. C'est ce qui permet au corps de ne pas mourir complètement. Mais pour devenir un vampire, le cœur doit cesser de battre. Alors seulement le venin peut agir.

— C'est donc pour cela que Voldemort t'a tué.

Un petit rire échappa à Harry.

— Qu'y a-t-il de drôle ? demanda le plus âgé avec un froncement de sourcils que le Gryffondor put deviner au ton de la voix.

— Désolé. C'est juste que… Je viens de me faire la réflexion qu'on a tous les deux survécu au plus mortel des Impardonnables. Ça nous fait un sacré point commun.

— Je n'y ai pas vraiment survécu.

— Tu bouges, tu parles, tu… aimes. Donc, tu es aussi vivant qu'on puisse l'être. Même si ton cœur ne bat plus. Ce n'est qu'un problème mécanique, au fond.

Après plusieurs minutes de silence, le plus jeune risqua un regard vers son professeur. Celui-ci le regardait avec un air étonné.

— Quoi ?

— Rien. Je suis juste… surpris. Je ne m'attendais pas à ce que tu penses ça de moi. C'est plutôt positif. Malgré ton hésitation sur ma capacité à aimer.

— Je ne doute pas de ta capacité à aimer. Tu aimes Draco.

— Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

— Tu n'es pas seulement protecteur avec lui, comme tu l'es avec moi. Tu es plus… Je sais pas. Plus tendre ? À défaut d'un meilleur terme.

Harry avait détourné les yeux, les fixant à nouveau sur le plafond. Aussi fut-il pris au dépourvu lorsqu'une main se posa sur sa tête. Néanmoins, il ne se sentait pas le courage de regarder à nouveau le vampire.

— Je pourrais l'être avec toi aussi. Tendre. Mais je ne pense pas que tu veuilles cela pour le moment. Je ne pense pas que tu sois prêt pour ça. Pas de ma part, en tout cas.

C'était la première fois qu'ils abordaient la question de leurs sentiments mutuels tous les deux. Mais Severus avait raison : Harry n'était pas prêt pour ça. Oui, il n'avait plus d'aversion pour le maître des potions. Néanmoins, "ne plus détester" n'était pas forcément équivalent à "aimer". Aussi décida-t-il de changer de sujet et de revenir à ses interrogations.

— Pourquoi Voldemort n'a pas demandé à devenir un vampire ? Il aurait été immortel, comme il l'a toujours voulu.

— Parce qu'un vampire est dépendant. Si tu n'as pas une certaine dose de sang, tu es faible.

— Tu savais que Voldemort voulait te transformer ?

— Non. Pas au début. Je l'ai compris lorsqu'il a appelé Raphael.

— Pourquoi tu ne t'es pas servi de tes nouvelles capacités de vampire sur Voldemort ? Tu aurais pu le tuer après ta transformation, non ?

— S'il avait été seul, j'aurais eu mes chances, effectivement. Mais Raphael n'était jamais loin. Il était beaucoup plus vieux et plus fort que moi. Il m'aurait arrêté d'un claquement de doigts et ma couverture d'espion aurait été dévoilée. Même si j'avais pu faire passer mon attaque pour une folie passagère due à ma transformation, j'aurais perdu sa confiance. Nous étions bien trop près du but pour que je fasse tout foirer aussi bêtement.

— C'est pour ça que tu as tué cette femme…

Ce n'était pas vraiment une question. Plutôt une constatation. Pourtant, le Gryffondor aurait aimé que Severus le lui confirme. Cela n'effacerait pas l'horreur de ce qui avait été fait. Mais ce serait peut-être plus facile à accepter. L'image de cette femme qu'il dévorait ne le quittait pas et lui faisait prendre conscience qu'un vampire pouvait être un tueur sanguinaire et sans pitié. Seulement, le silence pesant qui s'était installé ne semblait pas vouloir partir.

— Harry, regarde-moi, finit par ordonner le vampire.

Le susnommé tourna la tête et plongea ses yeux verts dans les iris rouges qui lui faisaient face.

— Je suis un monstre. Je sais que ce que j'ai fait à cette femme, et à bien d'autres personnes, est horrible. Je n'en suis pas fier. Je n'y ai pris aucun plaisir. Et si je pouvais tout effacer, je le ferais. Mais c'est impossible. J'aurai toujours ce sang sur mes mains.

Une question brûlait les lèvres du plus jeune. Il hésitait à la poser. Mais il savait aussi qu'il ne parviendrait pas à se l'enlever de la tête tant qu'il n'aurait pas la réponse.

— Est-ce que tu as tué d'autres personnes entre la fin de la guerre et le moment où Draco est devenu ton calice ?

Cette fois, ce fut le vampire qui détourna le regard.

— Oui. Un moldu qui était au mauvais endroit, au mauvais moment. J'ai voulu me nourrir. Prendre juste un peu de sang, parce que j'étais affamé. Mais je n'ai pas pu m'arrêter. Je l'ai vidé de son sang. C'est suite à cela que j'ai eu la discussion que tu as vue avec Dumbledore.

Un nouveau silence prit place et ce fut au tour du Survivant d'inviter le plus âgé à le regarder, en posant sa main sur sa joue.

— Merci. D'avoir répondu à mes questions, de m'avoir montré ces souvenirs et d'avoir été honnête.

Comme pour montrer qu'il ne lui tenait pas rigueur de ce passé sordide, il déposa ses lèvres sur les siennes. Un baiser chaste, mais qui mettait fin à ce saut dans le passé.


Pour rappel, ce mercredi 2 novembre est le dernier jour pour m'envoyer votre mail pour avoir une chance de gagner l'AP du chapitre 45 (plus d'infos sur mon profil).
Juste une précision, comme j'ai pu constater que quelqu'un n'avait pas compris : l'AP signifie simplement que vous pourrez lire le chapitre en Avant Première, donc avant les autres. Il sera COMPLET. Donc, si certains hésitaient, de peur d'être frustrés, sachez que ce ne sera pas le cas ;)
Pour les résultats, ils seront annoncés sur ma page Facebook jeudi et je les mettrai également sur mon profil. Les gagnants seront contactés par mail :)

Rendez-vous le 16 novembre pour le chapitre le plus attendu de la fic ! XD