Je crois bien que je n'ai jamais été aussi stressée pour poster un chapitre... C'est quand même LE chapitre que vous attendiez tous depuis plus d'un an ! Bonjour la pression XD Comme prévu, ce chapitre est le plus long de toute la fic (plus de 4900 mots ! soit presque 2 chapitres et demi normaux...)
Au passage, je remercie tous ceux qui ont joué au concours :) Vous avez désormais tous le droit de lire le 46 :p
RàR :
hator2 : Voilà, on y est ;)
Guest : Merci ! :)
Pouika : Nous y sommes :D
Shayanna : Merci beaucoup ! :) Je suis contente que ça te plaise au point de me laisser un petit message pour me le dire :D
Chapitre 45 : Fin de la deuxième partie de la blague
La fin du week-end se passa comme le reste de la semaine. À la différence que le Gryffondor ne demandait plus à recevoir un sort d'insonorisation lorsque Draco était mordu. De toute façon, il n'arrivait pas à se retenir de regarder. Et il savait parfaitement que ni le vampire ni Malfoy n'étaient dupes. Aussi, quand Severus mordit Draco le dimanche soir, Harry avait dans l'idée d'observer. Seulement observer. Mais le blond ne fut visiblement pas de cet avis.
Les deux adolescents étaient face à face, couchés sur le côté, l'adulte derrière son premier calice. Le vampire jeta un bref regard au Gryffondor avant de planter ses canines dans le cou à sa portée. Harry avait d'abord fixé ses yeux sur l'endroit où étaient posées les lèvres du maître des potions. Puis, il les avait légèrement remontés pour plonger dans deux océans d'un gris bleuté, en partie assombris par le désir clairement visible. Il fut pris au dépourvu lorsqu'une main l'agrippa par la nuque et qu'il se retrouva collé à Draco. Ce dernier venait de réquisitionner sa bouche pour un baiser des plus enflammés. Harry buvait littéralement les gémissements qui sortaient de la bouche du blond. Ceci, combiné au frottement de hanches contre les siennes et à la main fraîche qui le parcourait, l'amena rapidement au bord du gouffre. Gouffre dans lequel il finit par se laisser tomber, avec l'impression que Draco l'avait entraîné avec lui, tant le blond s'accrochait à lui.
Sans s'en rendre compte, il s'était endormi après l'intense plaisir qu'il avait ressenti. Il fut donc réveillé le lundi matin quand Draco tenta de s'extirper du lit. Étant resté au milieu, le jeune Serpentard peinait visiblement à se dépêtrer des emmêlements de jambes et de bras dont il était victime.
— Maintenant que le beau au cachot dormant est réveillé, tu pourrais me lâcher ? Si tu es dispensé de cours, de n'est pas mon cas, malheureusement.
Le Gryffondor le regarda sans comprendre. Jusqu'au moment où il baissa les yeux et percuta qu'il avait apparemment promu le blond au rang de doudou. Il avait enroulé ses deux bras autour du buste et emprisonné une jambe entre les siennes. Il s'éloigna alors prestement, levant ses deux mains comme un enfant pris en faute.
— Désolé !
Plusieurs jours s'écoulèrent ainsi. Severus mordait Draco le soir, et ce dernier poussait Harry à participer plus ou moins activement.
— Tu vois, ce n'est pas si terrible à trois, avait-il dit un soir, alors que le Survivant commençait déjà à somnoler.
Ce soir-là, il avait réussi à convaincre le Gryffondor de faire usage de ses mains et de le laisser lui rendre la pareille quand Severus l'avait mordu à son tour.
Harry avait fait d'énormes efforts pour accepter cette intimité à trois. Néanmoins, il en était encore à un point où il refusait catégoriquement qu'ils soient tous les trois complètement nus, ce qui excluait aussi les douches ou les bains à trois. Les deux Serpentards ne comprenaient pas très bien ce que ça changeait qu'au moins l'un d'eux garde son boxer. Mais, aussi amusant que cela puisse être de voir le Survivant prendre les couleurs de sa maison et bafouiller comme un enfant qui ne parlait pas encore très bien, cela devenait rapidement lassant. Ils avaient donc décidé de jouer le jeu, l'un des deux gardant son sous-vêtement en plus d'Harry qui gardait le sien. Et c'était généralement Severus qui s'y collait.
Ce fut finalement le jeudi que le Gryffondor craqua enfin. Il referma son livre dans un claquement et se leva pour rejoindre son professeur à son bureau. Celui-ci fit tout d'abord comme si de rien n'était, continuant à noircir son parchemin. Mais, voyant qu'Harry restait à côté sans bouger et sans rien dire, le cœur battant de plus en plus vite, il finit par lui accorder son attention.
— Tu as besoin de quelque chose, Harry ?
— Je… Je crois que je suis prêt.
— Tu crois ? demanda Snape en se renfonçant contre le dossier de sa chaise, un sourcil relevé.
Un soupir lui répondit en premier lieu. Puis, la réponse vint avec une assurance à laquelle il ne s'était pas attendu.
— Je suis prêt.
— Prêt à quoi ?
Bien sûr qu'il savait de quoi le garçon parlait. Et, s'il était honnête avec lui-même, il jouait clairement avec le feu. Mais il l'avait déjà dit plusieurs fois à Harry : il fallait qu'il exprime ce qu'il voulait et l'assume.
— Tu te moques de moi ?
Deuxième soupir.
— J'aimerais qu'on ferme le lien.
Tout à coup, le Gryffondor sembla hésiter, mal à l'aise. Il se mit à se triturer les mains, regardant partout sauf là où se trouvait son professeur.
— Enfin… Si tu en as envie aussi, bien sûr.
Snape ne put empêcher un léger ricanement de s'échapper de sa gorge. Non, mais sérieusement ? Cela faisait presque deux mois qu'il attendait ce moment, et ce gamin trouvait encore le moyen d'avoir un doute sur le fait qu'il en ait envie présentement.
— Harry, tu l'as dit toi-même un jour : je n'attends que ça depuis que je t'ai mordu la première fois. La seule vraie question est : toi, es-tu sûr d'en avoir envie ?
L'adolescent regarda à nouveau le plus âgé et, après avoir pris une grande inspiration, répondit :
— Oui. J'en suis sûr.
Un grand "Alléluia" retentit dans sa tête. Il imaginait presque Salazar, les bras en l'air, les yeux au ciel, chantant avec un chœur en fond. En d'autres circonstances, il en aurait sûrement ri.
— Très bien. Montre-moi, alors.
Severus se recula légèrement, écartant les bras, dans une invitation évidente. Invitation que le Survivant ne mit que quelques secondes à accepter. Il s'installa à califourchon sur les cuisses de son aîné, les bras autour de son cou, et l'embrassa, se laissant porter par son envie et par l'instant. Il sentit rapidement des mains froides se glisser dans son dos, sous son pull, lui procurant des frissons. Dans un mouvement incontrôlé et instinctif, il avança son bassin qui rencontra celui du maître des potions. Un soupir de contentement lui échappa et il se mit à onduler des hanches, frottant leurs deux érections à travers les vêtements.
Au bout de quelques minutes, alors que la bouche de Snape était descendue dans son cou et qu'il avait involontairement accéléré ses mouvements en quête d'encore plus de plaisir, des mains froides et puissantes l'arrêtèrent.
— Doucement, Harry. Nous avons le temps.
Sentir les lèvres fraîches bouger sur sa peau en même temps que le vampire parlait lui donna une irrépressible envie d'être mordu. Il voulait sentir les crocs s'enfoncer dans sa chair. Il se rendit compte pour la première fois du caractère érotique de cet acte et, à son grand étonnement, cela l'excita davantage.
— Mords-moi. S'il-te-plait, mords-moi.
— Non. Je ne te mordrai pas avant que nous ayons fini. Je pense qu'il est préférable que ta première fois se passe sans morsure.
Harry ne put s'empêcher de soupirer de dépit en laissant tomber sa tête sur l'épaule devant lui. Au fond, il comprenait pourquoi. La morsure pouvait à elle seule amener à la jouissance. On pouvait donc dire que cela altérait la qualité d'une relation sexuelle : avec une morsure, c'était forcément meilleur. Mais savoir ça ne l'empêchait pas d'en être frustré.
— Je peux toujours te mordre après, si tu veux. Enfin, si tu es encore en état, évidemment…
Il avait parfaitement saisi la note de moquerie dans la voix grave de son professeur. Oui, bon, il avait la fâcheuse tendance à s'endormir après un orgasme. Mais ce n'était pas une raison pour insister dessus. Aussi décida-t-il de se venger. Et il se redressa pour lui mordre la lèvre. Oui, c'était puéril. Mais c'était Snape qui avait commencé. D'accord : ça aussi, c'était puéril.
— J'imagine que je l'ai mérité.
— Amplement.
Ce fut à cet instant que le Gryffondor percuta : il était en train de plaisanter avec Severus Snape, alors même qu'ils étaient sur le point d'avoir une relation sexuelle – à sa propre demande, qui plus était. Il fut alors pris d'un rire incontrôlable en se disant que si on lui avait prédit cet instant, ne serait-ce que deux mois auparavant, il n'y aurait jamais cru et aurait justement ri aux éclats d'une telle absurdité.
— Je peux savoir ce qui est si drôle, tout à coup ?
— Rien, finit-il par répondre après s'être calmé. Une pensée stupide, désolé. Je crois que je suis un peu nerveux.
Une main froide se posa sur sa nuque et les doigts se mirent à faire des petits mouvements de rotation sur son cuir chevelu. Une tension dans ses épaules, qu'il n'avait pas remarquée jusque là, disparut aussitôt.
— Harry, on n'est pas obligé de le faire maintenant. Si tu as changé d'avis, je le respecterai. À tout moment, tu as le droit de me dire d'arrêter. Rien ne nous oblige à aller jusqu'au bout aujourd'hui.
Severus avait son air des plus sérieux, et le Survivant le regarda avec les sourcils froncés d'incompréhension.
— Je croyais que je ne devais pas te pousser à bout.
— Encore cette satanée phrase, se lamenta le plus âgé. Par Merlin, quand vas-tu comprendre que je t'ai dit ça pour que tu ne joues plus les allumeurs, comme avec ton chantage ? Et je n'ai pas attendu aussi longtemps pour te forcer au dernier moment. Ça n'aurait aucun sens.
Le jeune homme réfléchit un instant et répondit finalement :
— Je comprends. Mais je ne veux pas arrêter. Je veux dire : bien sûr que ça m'angoisse. Pour diverses raisons. Mais j'aurai toujours une appréhension tant que je ne l'aurai pas fait, parce que c'est quelque chose d'inconnu pour moi.
— Très bien. Et qu'est-ce qui t'a décidé aujourd'hui, alors ?
Harry haussa les épaules.
— Rien de particulier. Draco n'est pas là, il ne rentrera que dans plusieurs heures, et… j'en ai envie.
Cette réponse sembla satisfaire le vampire qui embrassa son calice avant de lui dire :
— Accroche-toi.
— Hein ?
— À moins que ton fantasme ne soit d'avoir ta première fois sur mon bureau, la chambre me semble être bien plus confortable et propice à ce que nous allons faire…
Ah oui, bien sûr. Les joues du Gryffondor se réchauffèrent quand il se rendit compte que Snape avait l'intention de le porter jusqu'au lit. D'un côté, ça faisait un peu princesse et ça ne lui plaisait pas du tout. D'accord, il allait très prochainement se faire prendre par un autre homme, mais ça ne faisait pas de lui une fille pour autant. Et d'un autre côté, il ne pouvait s'empêcher de trouver ça excitant. Être porté par la seule force des bras de quelqu'un, avoir son corps collé à l'autre.
Une image s'imposa tout à coup à son esprit : Severus le prenant durement contre un mur. Il ne savait pas s'il aimerait vraiment une partie de jambes en l'air sauvage, mais la passion que cette idée lui avait évoquée avait encore fait monter son excitation d'un cran. Aussi, décida-t-il d'obéir et de serrer ses bras autour du cou et ses jambes autour des hanches du vampire. Celui-ci le souleva alors sans aucune difficulté et les emmena tous deux dans la chambre avant de les installer sur le lit, en une fraction de seconde.
Le plus jeune, le dos enfoncé dans le matelas et la tête calée dans les coussins, cligna des paupières et regarda le maître des potions avec de grands yeux effarés. Puis, il eut un grand sourire.
— Tu peux faire ça autant que tu veux ? Je veux dire, me porter d'un point à un autre, peu importe la distance, en un battement de cils ?
— Oui. Pourquoi ?
— Parce que c'est définitivement plus agréable que le transplanage…
Snape haussa un sourcil.
— Ne rêve pas trop. Je ne suis pas un taxi. On peut reprendre où nous en étions, maintenant ?
Suite à ce petit interlude, ils se mirent en quête d'un très lent effeuillage. Le plus âgé commença par relever le pull du Gryffondor, s'amusant de ses frissons au contact de ses mains froides. Puis, il l'invita à se redresser pour le lui retirer totalement. Ce fut ensuite au tour du Survivant de déboutonner la chemise de son aîné, de ses doigts légèrement tremblants. Lorsqu'elle fut complètement ouverte, le vampire s'en débarrassa et Harry fut une nouvelle fois surpris de trouver ce corps devant lui attirant. Il n'avait rien d'exceptionnel pourtant : pas de tablettes de chocolat, une peau beaucoup trop pâle et parsemée ici et là de cicatrices, une musculature peu présente. Bien loin des top models qu'on pouvait voir dans les magazines, en somme. Il était cependant irrémédiablement attiré. Est-ce que cela aurait été pareil sans leur lien vampire-calice ? Harry en doutait. Mais, au fond, il préférait ne pas y penser. Et puis, s'il regardait son propre corps, il n'était pas non plus un canon de beauté. Autant dire que le début de l'année scolaire lui avait laissé des traces, sans parler de la malnutrition dont il avait été victime enfant. Mais ça ne semblait pas déranger le maître des potions qui le regardait comme s'il était une friandise dont il mourait d'envie de dévorer.
D'un geste hésitant, le Survivant passa ses doigts sur le torse du vampire. D'abord en de simples frôlements. Puis, en caresses plus appuyées, dessinant des formes abstraites et s'attardant parfois à certains endroits qui semblaient procurer plus de sensations.
Les premières minutes, Severus resta sans bouger, laissant le garçon explorer à son aise. Mais, au rythme où tout ceci allait, ils en avaient jusqu'à la fin de la semaine… Il se pencha alors, vola un baiser et vint ensuite chuchoter à son oreille :
— J'aime quand tu me touches.
La main qui l'explorait s'arrêta instantanément et il eut un sourire amusé. Il était tellement facile de le déstabiliser quand il était question d'intimité. Mais d'un côté, c'était assez mignon. Oui, cette réflexion faisait un peu Poufsouffle, mais il s'en moquait. Personne ne le saurait, de toute manière.
Après quelques nouvelles caresses et baisers, il se redressa finalement et s'attaqua à la fermeture du jean de son élève. Ancien élève. Peu importe. C'était la première fois qu'il le déshabillait lui-même. Du moins concernant le bas. Il lui avait déjà retiré un t-shirt ou un pull, mais jamais un pantalon. Encore moins un sous-vêtement. Il avait bien sûr glissé sa main dedans, entre les cuisses chaudes du jeune homme, et avait parfois un peu baissé le vêtement pour plus d'aisance dans ses mouvements, mais jamais plus. Il jeta donc un coup d'œil au visage du Gryffondor qui le regardait avec une certaine appréhension, mais il ne semblait pas vouloir lui demander d'arrêter. Surtout à en juger par les mains chaudes qui s'affairaient maintenant sur son propre pantalon. Ainsi, Harry put-il découvrir que son professeur ne portait pas de sous-vêtement.
Cette constatation le fit rougir jusqu'à la racine des cheveux. Parce que, ça aussi, c'était une première. Il avait certes déjà plus ou moins touché l'homme à cet endroit – plutôt moins que plus, soyons honnêtes –, mais pas directement. Il y avait toujours eu du tissu entre sa main et le sexe du plus âgé. Il mit quelques secondes pour se reprendre et, après une déglutition des plus bruyantes, il termina de retirer le vêtement.
Il était désormais en boxer face au vampire complètement nu. Et, par Merlin, il eut la pensée que la nature avait plutôt bien outillé le vampire.
"Ça, c'est sûr ! Oh oui ! Chevauchons-le comme l'étalon qu'il est !"
Le Survivant eut du mal à retenir le rire qui monta en lui. Salazar pouvait être d'un ridicule, parfois. Néanmoins, il récupéra totalement son sérieux quand deux index se glissèrent sous l'élastique de son boxer. Il rencontra les orbes onyx qui le fixaient, demandant silencieusement son autorisation. Autorisation qu'il donna en soulevant ses hanches pour faciliter le retrait de son dernier vêtement.
Ça y était. Ils étaient tous les deux nus, dans le lit, l'un contre l'autre, prêts à faire des choses pas très catholiques que son oncle et sa tante réprouveraient certainement. Son cœur se mit à battre beaucoup trop vite à cette pensée.
Severus dut l'entendre et comprendre.
— Nous ne sommes pas obligés d'aller jusqu'au bout. Tu as le droit de me dire "stop". Peu importe où nous en sommes.
C'était la deuxième fois que l'homme le rassurait sur ce point. Mais il n'avait aucune envie d'arrêter maintenant. La preuve avec son membre dur et dressé contre la hanche du vampire.
— Je sais. Et je veux continuer.
— Très bien. De quoi as-tu envie, Harry ?
Ça, c'était la question qu'il redoutait. Ce dont il avait envie ? De plein de choses. Mais il ne savait même pas si la moitié d'entre elles étaient réalisables, et encore moins si c'était vraiment plaisant. Il ne fallait pas lui en vouloir : il n'avait pas vraiment eu l'occasion de se documenter sur le sujet. Alors, il décida de jouer l'honnêteté.
— Je ne sais pas. Ce dont tu as envie. Je te fais confiance.
Et c'était vrai. Non seulement il lui faisait confiance – sinon, ils n'en seraient pas là, c'était évident –, mais, en plus, il estimait qu'il serait juste que Severus fasse ce que lui avait envie, pour une fois. Celui-ci se préoccupait toujours de ce qu'Harry voulait et ne demandait rien en retour. Il était temps que ça change.
— Alors, je vais te dire à chaque fois ce que je compte faire et tu me diras si quelque chose ne te plait pas.
Le plus jeune hocha la tête pour signifier son assentiment.
— Pour commencer, je vais embrasser, lécher et sucer chaque parcelle de ta peau à portée de mes lèvres.
D'accord, dit comme ça, c'était sacrément érotique. Combiné à la voix devenue encore plus rauque qu'habituellement, c'était un véritable appel à la luxure. Mais ce n'était définitivement rien comparé au plaisir qui coula à travers tout le corps du Gryffondor quand la bouche du vampire tint sa promesse. À tel point qu'il ne put tenir plus d'une minute quand elle s'affaira sur son membre dressé.
— Attends ! Attends, stop ! Je… J'ai vraiment besoin de me calmer.
— Tu penses être à la limite ?
— Oui !
Bien sûr qu'il l'était ! S'il ne l'avait pas arrêté, il aurait joui dans les prochaines secondes, il en était persuadé. Et cela aurait signifié le report de la fermeture du lien. Même s'il aurait sans doute pu avoir une nouvelle érection dans les minutes suivantes. Pourtant, le sourire amusé qui étira les lèvres du Serpentard lui disait clairement qu'il se trompait.
— Je peux te garantir que tu n'avais pas atteint ta limite. Et je peux même te le prouver. Tu me fais toujours confiance ?
Harry hocha la tête. Il était curieux de savoir ce qu'allait faire son professeur pour lui prouver qu'il avait tort.
— Je vais commencer à te préparer avec mes doigts.
Un sort de lubrification et il put sentir un doigt titiller son entrée avant de forcer légèrement le passage. Comme il le craignait, le maître des potions avait des doigts plus gros que ceux de Draco. Mais bon, en se souvenant de la taille de son membre, il se dit que ce n'était peut-être pas plus mal.
Il tenta de se remémorer les sensations qu'il avait eues avec Draco, se répétant inlassablement de se détendre. Mais il devait avouer que ce n'était pas très concluant. Du moins, jusqu'à ce que la bouche du vampire reprenne ses activités sur le bas de son ventre et le haut de ses cuisses, sans jamais s'intéresser à son membre pour autant. C'était à la fois excitant et frustrant. D'ailleurs, il s'était finalement tellement concentré là-dessus, qu'il lui fallut quelques secondes avant de comprendre que c'était la tentative d'intrusion d'un deuxième doigt qui augmentait sa sensation d'inconfort dans son derrière. Et qui disait "deuxième doigt", disait "prochaine étape : la pénétration, la vraie". À cette simple idée, il faillit avoir le réflexe de se crisper. Mais il se rappela au dernier moment que ce ne serait pas une bonne idée. Néanmoins, sa seconde de panique ne passa visiblement pas inaperçue, puisque le deuxième doigt disparut complètement pour ne redevenir qu'un seul. À ce train-là, ils n'allaient jamais sauter le pas. Pourtant, il en avait envie. Mais cette peur d'avoir mal était toujours présente au fond de lui. Un doigt, c'était très différent d'un sexe…
"Dire que les Gryffondors sont censés être les plus courageux… T'as oublié que tu es son calice, ou quoi ?"
"Comment pourrais-je l'oublier, avec ce qu'on est en train de faire… ?"
Harry avait volontairement ignoré la remarque de Salazar. Ce n'était pas la première fois qu'il y avait droit, et y répondre n'apportait rien.
"Si tu avais vraiment intégré le fait que tu es son calice, tu saurais qu'il ne peut pas te faire mal. Il y passera trois heures, s'il le faut. Mais tu ne ressentiras aucune douleur, parce qu'il sait tout de suite quand ton corps ne va pas bien."
C'était vrai. Il avait quelque peu minimisé ce fait. D'accord, il l'avait complètement zappé. Et, maintenant que Salazar le lui faisait remarquer, il comprenait mieux la raison pour laquelle Snape avait abandonné sa tentative d'un deuxième doigt aussi rapidement.
Comme un déclencheur, toute la tension qu'il ressentait jusque-là s'envola. Oui, il pouvait faire confiance au vampire à 100%. Et, comme précédemment, celui-ci dut percevoir le changement, car il retenta l'ajout d'un doigt. Tentative réussie. L'appendice passa cette fois avec facilité.
Même s'il s'y attendait, lorsque la décharge de plaisir propre à la stimulation de sa prostate le saisit, il sursauta et poussa un cri. Ce ne fut alors que le premier gémissement d'une longue série, Severus ayant visiblement décidé de maltraiter cette pauvre boule de nerfs. À tel point qu'il avait l'impression de n'être plus caractérisé que par cette partie de lui. Il se demandait d'ailleurs comment il avait pu tenir jusque-là sans jouir, malgré l'absence de stimulation sur son membre.
Au moment même où il se posait cette question, tout s'arrêta soudainement. Il n'y avait plus de doigts en lui, plus de lèvres ni de langue sur son bas-ventre. Il ne restait qu'une main sur le haut de son ventre et une autre sur sa nuque. Severus s'était allongé à côté de lui.
— Là, tu étais à ta limite.
Le Gryffondor eut besoin d'un instant pour comprendre cette simple phrase. Puis, leur précédente discussion lui revint en mémoire. Sérieusement, il aurait peut-être préféré ne jamais connaître cette limite. Surtout pas ainsi. Bonjour la frustration.
— Super. Maintenant que tu me l'as montrée, on peut continuer.
— Non.
— Non ?
Comment ça, non ? Mais si ! Ils devaient fermer le lien ! Et pour le coup, le Survivant était presque prêt à supplier pour ça.
— Non. Laisse d'abord redescendre un peu la pression. Il faut savoir faire durer le plaisir.
Le maître des potions avait terminé sa tirade avec un petit sourire moqueur. D'accord, Harry avait appris à apprécier les rares fois où Severus se laissait aller à sourire. Surtout que ça arrivait plus particulièrement dans l'intimité. Mais là, ce sourire, il le détesta.
Les minutes suivantes, l'adulte tenta de faire oublier un peu la frustration du Survivant en l'embrassant et en le massant sur la nuque et le ventre. Puis, il le surplomba et lui demanda :
— Tu es prêt ?
Harry prit une grande inspiration et ferma brièvement les yeux. Il se rappela que, quoi qu'il arrive, il ne pouvait pas avoir mal et que ça ne pouvait que bien se passer. Il rouvrit les yeux et, avec toute l'assurance dont il pouvait faire preuve en cet instant, il répondit oui.
— Tu as une préférence pour la position ? demanda Snape.
— Euh… Non, pas spécialement. Mais je pense que je préférerais que tu sois au-dessus.
L'homme s'installa alors entre les cuisses du plus jeune, prononça à nouveau le sort de lubrification et lui releva les jambes pour les caler sur ses épaules.
— Garde appui ainsi. Ce sera plus confortable pour toi. J'y vais.
Les yeux dans les yeux, Harry put sentir le membre du plus âgé entrer en lui, doucement mais sûrement, et avec peu de difficulté. Un lent mouvement de va-et-vient fut entamé. C'était encore plus étrange et inconfortable qu'avec les doigts. Mais il n'y avait vraiment aucune douleur.
Severus, sans le lâcher du regard, se pencha davantage. Non seulement cela changea l'angle de pénétration, mais cela lui permit également d'y aller plus profondément. Autant dire que le Gryffondor sentit tout de suite la différence. Notamment parce que, désormais, sa prostate était régulièrement touchée.
Dans un élan de désir qu'il ne se connaissait pas encore, Harry attrapa le visage du vampire de ses deux mains pour l'embrasser. Cela lui demandait un effort de souplesse, mais il n'en avait cure en cet instant. Il ne se souvenait pas avoir déjà échangé un baiser avec tant de passion. Mais il n'était définitivement plus capable de réfléchir. Et cela se ressentait dans ses paroles décousues et ponctuées de gémissements.
Soudain, ses orteils se recroquevillèrent, ses mains agrippèrent les bras du maître des potions – avec une telle force qu'on aurait dit qu'il s'accrochait au rebord d'une falaise pour ne pas tomber dans le vide –, et tout son corps se tendit. Alors que l'orgasme le frappait de plein fouet, il entendit faiblement les derniers mots de Salazar [1] dans sa tête :
"Tu vois, ce n'était pas si difficile."
De son côté, Severus fut des plus surpris. Outre le plaisir qui l'avait submergé, il fut envahi par un immence sentiment de confiance venant de son calice. Il ne s'était vraiment pas attendu à ça. Le garçon s'était totalement abandonné à lui. Le deuxième sentiment le plus fort était la plénitude et la sensation d'être en sécurité, tout simplement bien et à sa place.
Doucement, il s'installa à côté du plus jeune et lui laissa le temps de reprendre ses esprits. Son bras gauche sous la nuque du Gryffondor, il passait sa main dans les cheveux désordonnés et les décollait de son front luisant de sueur. De sa main droite, il caressait le ventre et le torse qui se soulevaient au rythme d'une respiration reprenant peu à peu un souffle régulier.
— Waouh… D'accord, je suis définitivement le pire des crétins, finit par dire Harry, les yeux toujours fixés sur le plafond.
— Loin de moi l'idée de te contredire, mais pourquoi dis-tu cela ?
— Parce que je me rends compte que je n'avais vraiment aucune raison de flipper comme je l'ai fait pendant ces deux derniers mois. Et aussi parce que j'aurais dû venir te voir tout de suite pour mes cauchemars. Maintenant que j'ai les idées claires, je comprends à quel point tout ce que j'ai fait depuis le début de cette année était complètement stupide. Je suis désolé pour les soucis que je t'ai causés, termina-t-il en tournant son regard vers le vampire.
— Je suis content de te l'entendre dire. Excuses acceptées.
Il se mit à rire à cette réponse.
— Qu'y a-t-il de drôle ?
— Rien. C'est simplement que… Quelqu'un de normal aurait au moins essayé de minimiser mes erreurs, de me dire que ce n'était pas si grave. Mais c'est vrai que ce n'est pas ton genre.
Un silence apaisant s'installa avant qu'il ne reprenne la parole, les yeux à nouveau dirigés vers le plafond.
— Et sinon, quand est-ce qu'on remet ça ?
Severus le regarda, presque choqué.
— Aurais-je créé un nouvel insatiable du sexe ?
Le Survivant se tourna sur le côté, face au vampire, et, d'un geste un peu hésitant, tendit la main vers le torse pâle.
— Honnêtement, je… je ne suis pas encore très à l'aise avec ça.
Il fit courir ses doigts du creux entre les deux pectoraux jusqu'au nombril. Puis, il s'arrêta et remonta légèrement sur le sternum.
— Mais je ne peux pas nier que j'ai vraiment aimé.
Un bâillement lui échappa.
— Ce qui est sûr, c'est que tu n'es pas prêt à recommencer tout de suite, ricana Snape.
— J'y peux rien si tu es épuisant.
— C'est la meilleure, celle-là…
Le plus jeune s'installa plus confortablement, la tête sur le torse dur et frais, ce qui faisait un bien fou à sa joue encore trop chaude. Lorsqu'il passa une jambe par-dessus celles du vampire, une question lui revint en mémoire en sentant son membre au repos contre sa cuisse.
— Je me demandais… Tu m'as dit un jour que ton sang ne circulait pas. Du coup, je me demandais comment… Enfin, comment tu peux… être excité ?
— Tu veux savoir comment il est possible que j'aie une érection ? entendit-il avec une légère note de moquerie. Eh bien, tout simplement parce que je le décide. Mon sang ne circule pas de lui-même, c'est moi qui le fait circuler là où c'est nécessaire – pour pouvoir bouger, par exemple. C'est pareil pour une érection.
Il y eut un moment de flottement avant qu'Harry ne réagisse enfin.
— Attends, t'es en train de me dire que tu peux bander à volonté ?
Une main saisit la sienne et la posa sur le sexe érigé du vampire.
— Exactement.
Moins d'une minute plus tard, le membre tendu se fana.
— C'est pratique de pouvoir contrôler ça.
— Je ne le contrôle pas toujours. Cela tient plus du réflexe, parfois.
Harry bâilla une nouvelle fois. Une main du vampire caressait sa nuque et son cuir chevelu. Quelques minutes plus tard, il plongeait dans un profond sommeil, sans rêve, pour la première fois depuis ce qui lui semblait une éternité.
[1] Avouez-le : il va vous manquer ! :p Mais on ne peut pas tout avoir... C'est soit Salazar, soit la fermeture du lien x)
Alors ? J'espère que vous trouvez que l'attente en valait la peine *méga pression*
J'en profite pour vous dire que le prochain chapitre sortira le 30 novembre. Et que je ne vais pas reprendre le rythme d'un chapitre par semaine tout de suite. En effet, je n'ai toujours pas assez d'avance pour cela. Je suis actuellement sur le chapitre 49. Et il faut savoir que mes bêtas ont aussi une vie à côté et que je ne peux leur imposer un rythme aussi soutenu. Je souhaite donc avoir une bonne avance. Voire, peut-être, avoir terminé d'écrire.
Bref, la fic continuera sur un chapitre toutes les deux semaines, pour le moment. Sauf pour le chapitre 47 qui aura 3 semaines d'écart avec le 46. Mais comme ce dernier est un chapitre de transition, et qu'il aurait presque pu faire office de fin de fic, je pense que ce n'est pas très grave n_n
J'espère donc que vous comprendrez tous mon désir de vous offrir des chapitres de qualité, quitte à rester sur un rythme plus lent, plutôt que de précipiter les choses et vous faire lire des chapitres bâclés...
En tout cas, n'hésitez pas à regarder sur mon profil pour savoir où j'en suis. Je le mets très souvent à jour :) Et j'y ai mis aussi le planning de mes futures publications.
Encore un grand merci à tous ceux qui me suivent et m'envoient de gentils messages. C'est grâce à vous que je continue et que j'arrive bientôt à la fin de cette si belle aventure ! :)
