Chapitre 6
A proximité de Melbourne, Australie, quelques jours plus tôt.
Cela faisait plusieurs jours qu'ils parcouraient la Great Ocean Road, route mythique qui zigzaguait le long de la côte, savourant les paysages grandioses qui s'offraient à eux : les plages de sable blanc s'étendant à l'infini, les falaises à pic façonnées par la mer et le vent, l'immensité de l'océan.
C'est Rick qui avait établi le programme de leur road trip, voulant offrir à Kate un voyage de noces inoubliable, un dépaysement total. Ils avaient fui les grandes villes, leur rappelant trop New-York, pour découvrir la profondeur de la nature australienne.
Pour leur halte au Parc national de Great Otway, Rick avait réservé une chambre dans un « Bed and Breakfast » de Lavers Hill. Kate était sur le petit balcon qui jouxtait leur chambre, elle avait passé une nuisette, et appuyée sur la rambarde contemplait la nuit. Il lui semblait qu'elle n'avait jamais vu autant d'étoiles. A New-York, la ville était tellement illuminée la nuit, et le ciel si souvent imprégné d'une vapeur grisâtre, que la lueur des étoiles se fondait dans l'obscurité.
Rick sortir de la douche, s'essuya sommairement, et rejoignit la chambre. Il ramassa ses affaires éparpillées près du lit, et les posa sur sa valise. Il allait s'habiller quand son regard fut happé par la vision de sa femme sur le balcon. Il ne l'avait jamais trouvée si libérée que ces jours-ci. A ses côtés, loin du travail et du tohu-bohu new-yorkais, elle n'était plus que joie de vivre. Il la voyait chaque jour s'émerveiller, rire à gorge déployée, s'offrir à lui, avec la même frénésie que celle qui habitait son propre corps. Se dire qu'il n'était sûrement pas pour rien à son bonheur le ravissait.
L'après-midi, ils avaient parcouru les sentiers du parc pendant plusieurs kilomètres, arpentant la forêt dense d'arbres moussus. Arrivés près de la cascade grondante, point d'orgue de leur randonnée, Rick, épuisé, s'était assis sur un rocher, à bout de souffle. Kate s'était gentiment moquée de lui, lui recommandant de se mettre au sport dès leur retour à New-York, et par sport, elle n'entendait pas combat de sabre-laser. Du sport, du vrai, qui le fasse transpirer, sinon il allait dépérir tandis que sa jeune et jolie épouse garderait son corps de nymphe. Elle avait ri, et il l'avait vu partir en courant vers la cascade en lui criant :
- Allez viens ! Prouve-moi que t'es un homme !
Retrouvant tout d'un coup un peu de vigueur, il avait couru derrière elle, et tous deux s'étaient jetés dans l'eau glaciale de la cascade, ne prenant que le temps de retirer leurs tee-shirts. Ils avaient joué, s'étaient chamaillé à coups d'éclaboussures, puis s'étaient rapprochés. Ils avaient de l'eau jusqu'à la taille. Il l'avait prise contre lui, passant une main dans son dos.
- Tu sais que ça porte bonheur de s'embrasser dans une cascade ? lui avait-il dit prenant un air coquin.
- D'où tu sors ça encore ? avait répondu Kate en souriant.
- C'est bien connu !
Et il s'était jeté sur sa bouche, l'embrassant comme si c'était la première fois qu'il goûtait à ce plaisir. L'un comme l'autre avait senti le désir monter, bien que leur baiser soit resté trop chaste à leur goût. Il avait néanmoins suffi à faire naître l'envie, et ils savaient parfaitement qu'il fallait la réfréner à un moment ou un autre, tant ils étaient entourés de familles, d'enfants, qui comme eux, profitaient de la fraîcheur de l'eau. Ils avaient fini par desserrer leur étreinte à contre cœur, et se faufilant à travers les jeux des enfants, avaient rejoint les rochers pour lézarder au soleil.
Rick enfila son caleçon, puis farfouilla dans les poches de son pantalon posé en chiffon sur la valise, à la recherche de quelque chose. Mais sa main en ressortit bredouille.
- Kate ! Tu n'as pas vu mon caillou ? appela-t-il depuis la chambre.
Elle se retourna, en souriant.
- Ton caillou ? Euh …. non …, répondit-elle se demandant pourquoi il avait besoin de son précieux caillou.
Elle préférait ne pas poser la question, car il risquait de repartir dans une histoire rocambolesque de destinée minéralogique. Elle le vit reprendre ses recherches en se penchant à quatre pattes sûrement pour vérifier si le caillou n'avait pas roulé sous le lit ou sous la table de chevet.
- Viens voir, mon cœur, appela Kate après quelques secondes.
- Quoi ? Tu as trouvé mon caillou ? demanda-t-il avec espoir en la rejoignant sur le balcon.
- Non ! Ça devient une obsession ce caillou !
- Non, mais je voulais …
- Chut, tais-toi, l'interrompit Kate en posant un doigt sur sa bouche, regarde !
Le long du sentier, dans les buissons, des centaines de petites lumières, minuscules, s'étaient allumées, petites onces de phosphorescence dans l'obscurité. Rick et Kate s'étaient tus, contemplant le ballet de lueurs qui se jouait sous leurs yeux.
- Ce sont des vers luisants … chuchota Kate, comme si parler plus fort aurait mis fin au spectacle.
- Oui … c'est superbe, répondit-il en l'enlaçant.
Ils restèrent ainsi, figés l'un contre l'autre, à regarder les lucioles, qui par moment s'éteignaient, pour se rallumer quelques centimètres plus loin, dessinant un chemin de lumière dans les buissons.
- Des étoiles plein le ciel, des étoiles à nos pieds, des étoiles dans les yeux de ma dulcinée, lui chuchota-t-il doucement à l'oreille.
- Oh, je ne te savais pas poète …, répondit Kate, souriante.
- Si, si, je peux l'être, à mes heures perdues, écoute ça : « C'est dans la nuit de mes pensées,
Que ta lumière a su pénétrer, Au fin fond de mon cœur, Pour y effacer tous mes malheurs. C'est dans mon cœur, Que ton éclat a rayonné, Pour y déposer la chaleur, De l'amour passionné. C'est dans l'éclat de tex yeux, Qu'une voie lactée de douceur, Est venue recouvrir mon cœur, D'un désir amoureux ».
- Wouah, Castle, c'est super joli, déclara-t-elle stupéfaite en se tournant vers lui.
- Tu vois si au lieu de me suivre partout, tu m'avais déclamé un si beau poème il y a quelques années, j'aurais ouvert les yeux plus tôt !
Rick sourit, constatant qu'elle était d'humeur taquine.
- Fripouille ! s'exclama-t-il en riant.
- C'est toi qui l'as écrit ?
- Euh …, non …, tu m'as démasqué ..., c'est un truc que j'ai trouvé sur internet pour emballer les filles …, répondit Rick en riant.
- Pour emballer les filles ? Vraiment ? demanda-t-elle en lui attrapant le lobe de l'oreille, et le pinçant entre ses doigts, d'un faux air furieux.
- Ahhhhhhh ! s'écria Rick sur un ton mêlant rire et douleur, Apples ! Apples ! Je me rends !
Elle lâcha son oreille, passa ses bras autour de son cou, le regardant dans les yeux.
- Je t'aime, sourit-elle, la voix empreinte de tendresse.
- Moi-aussi, je t'aime, répondit Rick en lui piquant un baiser sur les lèvres.
- Viens, rentrons, il commence à faire frais.
Il la prit par la main, et l'entraîna dans la chambre.
- Aïe ! cria-t-elle soudain, sentant qu'elle marchait sur un petit objet rond non identifié.
- Mon caillou ! s'exclama Rick.
- Maudit caillou, oui …
- Je savais que tu étais un super détective !
Kate se saisit d'un coussin qu'elle lui envoya en pleine figure.
- Hey ! Si tu cherches la guerre … ! lança-t-il.
Il s'empara à son tour du coussin qu'il lui renvoya, mais elle l'esquiva en riant.
- Raté !
- Oh, Lieutenant Beckett, vous allez voir ce que vous allez voir ! La bête est réveillée !
Il se rua sur elle, la poussant doucement sur le lit, où elle tomba allongée. Il se mit à la couvrir de chatouilles. Elle riait en se débattant, lui laissant le plaisir de contrôler la situation.
- Castle ! Arrête ! Je n'en peux plus ! criait-elle, la voix soufflée et pleine de rires.
- Non, non, non. Le code, chérie ! Je t'avais dit qu'avoir un code de secours te serait utile un jour, mais non Madame n'en fais qu'à sa tête !
- Oh tu crois que j'ai besoin d'un code moi ! lança-t-elle en le renversant vigoureusement, pour se retrouver assise à califourchon sur lui.
- Je me rends … belle amazone …
Il posa ses mains sur ses cuisses, et les fit glisser sous sa nuisette jusque ses fesses. Elle se pencha pour atteindre sa bouche. Leurs lèvres s'effleurèrent doucement, tandis que Rick laissait remonter ses mains le long de son dos, sous le tissu léger et vaporeux, caressant du pouce le galbe de ses seins. Elle se redressa un instant, pour, d'un geste habile, retirer sa nuisette, puis colla à nouveau son corps contre le sien elle savait que c'était, comme elle, l'un des moments qu'il préférait : celui où leur nudité se rencontrait, ses seins contre son torse ferme, les faisant tous les deux frissonner, comme au premier jour. Ils reprirent leur baiser, jouant de leurs langues. Elle sentait le désir monter en lui, et s'amusa à faire glisser son bassin contre le sien, aguicheuse. Il sourit. Même dans leurs ébats, elle aimait contrôler la situation. Il la fit se redresser pour mieux se saisir de ses seins, y faire courir sa bouche, les titiller du bout de la langue. Elle gémit de plaisir, commençant à s'abandonner à lui et aux sensations qui parcouraient tout son corps. Il gesticula pour retirer son caleçon, et elle sentit son sexe glisser entre ses cuisses. Elle s'offrit à lui, resserrant l'étreinte de ses cuisses autour de son bassin, et initia de légers mouvements. Il l'attrapa par la taille, accompagnant le rythme de ses allées et venues sur son sexe. Sa douce maîtrise provoquait en lui une onde de plaisir. Il la dévorait des yeux, son regard tendre et coquin à la fois, sa bouche fine dont elle mordillait la lèvre au gré du plaisir qui montait en elle, la rondeur de ses seins. Il estima qu'elle avait assez contrôlé la situation, et la fit basculer sur le dos, s'allongeant contre elle. Il avait envie de la voir perdre pied.
- A mon tour de jouer, coquine … lui chuchota-t-il
Elle se contenta de sourire, tandis qu'il glissait ses doigts entre ses cuisses. Il la sentit se cambrer et fermer les yeux. Il s'appliqua à la faire jouir, la rendant impatiente et avide de lui. Elle se mordilla la lèvre, une parcelle d'elle-même tentant encore de garder le contrôle.
- Rick … susurra-t-elle dans un souffle, essayant de l'attirer sur elle.
Ses gémissements, sa moiteur, son corps se tordant de plaisir sous les assauts de ses doigts nourrissaient sa propre excitation. Pris à son propre piège, il finit par céder à leurs désirs. Il s'allongea sur elle, s'empara de sa bouche, tout en s'introduisant en elle. Il vit la lueur dans ses yeux frémir, et elle s'agrippa à ses épaules. Leur étreinte était douce, chaude, caressante. Ses assauts lent au départ, gagnèrent en frénésie, et ils jouirent presque au même instant. Ils restèrent ainsi un moment encore, unis l'un à l'autre, repus de plaisir. Puis Kate le fit rouler sur le côté, et s'appuya contre lui, en le contemplant, amoureuse.
- Que me vaut ce joli regard Lieutenant ? sourit-il.
- Rien, répondit-elle, en venant déposer son menton contre son épaule, et lui déposant un baiser sur la joue.
Il ferma les yeux, la serrant contre lui.
- Il n'y a pas toujours besoin de mots, Monsieur l'écrivain, ajouta-t-elle fermant les yeux à son tour, emportée par le sommeil.
