Chapitre 13
Kate sortit de la douche, enfin rafraîchie et apaisée, comme si l'eau avait atténué un peu son malaise. Elle rejoignit la chambre, plongée dans la pénombre, se glissa sous le drap, et se lova contre Rick, qui émit un murmure de plaisir et de satisfaction en sentant la fraîcheur de son corps nu contre le sien. Il passa le bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui, tout en lui déposant un baiser sur le front.
- Tu es sûr que tu n'as pas faim ? demanda-t-il. Tu n'as rien avalé depuis ce midi.
- Non …, répondit-elle, en posant délicatement sa tête contre son torse.
- Où est passé mon ogresse ? sourit-il.
- Je suis trop fatiguée pour manger … J'ai juste besoin d'un câlin.
- Ah ça tombe bien, je suis parfait pour les câlins, répondit-il en la serrant un peu plus fort dans ses bras.
Ils restèrent ainsi quelques minutes, silencieux, savourant simplement la plénitude apportée par les bras l'un de l'autre après une bien pénible journée.
-Je crois que Lanie a un problème, lâcha tout d'un coup Kate en se redressant, en appui sur le coude, pour voir son visage.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas, elle n'avait pas l'air bien aujourd'hui. Je dois la retrouver de bonne heure à la morgue. Elle a besoin de me parler.
- Peut-être une histoire de cœur …
- Oui. Espo vous a parlé de quelque chose ?
- Non, mais tu sais, on n'a pas vraiment eu le temps de discuter. Et puis Espo est plutôt discret concernant le « dossier Lanie ».
- Oui, c'est vrai. Pas comme toi ! C'est quoi cette histoire « je pourrais fouetter les fesses de Beckett … » ? demanda-t-elle s'amusant à imiter sa voix.
- Oh ça … juste un petit fantasme !rigola-t-il en faisant glisser sa main dans son dos pour lui donner une petite tape sur les fesses.
- Comment ça un fantasme ? T'as envie de me fouetter ?
- Euh … non … pourquoi t'as envie que je te fouette ? Parce que si t'as envie …
- Non ! s'exclama Kate.
Ils se regardèrent en souriant.
- Dans tous les cas, si tu pouvais éviter de dévoiler notre intimité à mes lieutenants, ce serait sympa.
- Dommage … moi qui comptais leur raconter comment tu t'es retrouvée toute nue sur cette plage, te jetant sur moi, comme une vamp assoiffée de mon corps si sexy ...
- Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! sourit Kate.
- Quoi ? Ose dire que je ne suis pas sexy ?
- Tu es sexy … incroyablement sexy … surtout avec cette balafre, répondit-elle en caressant sa joue du bout des doigts, mais je ne suis pas une vamp !
- Tu m'attires d'une manière irrésistible, donc tu es ma vamp à moi, sourit-il avant de l'embrasser tendrement.
Elle convint que la réponse était acceptable, et reprit la place qui était la sienne contre lui, la tête posée sur son torse. Peu à peu, il sentit qu'elle commençait à se laisser bercer par la chaleur de ses adorait cette sensation. C'était comme s'il avait attendu toutes ces années juste pour savourer ce moment-là. Elle était si forte, mais quand elle s'abandonnait comme ça contre lui, cherchant simplement sa tendresse et son réconfort, il sentait à quel point elle avait besoin de lui. A son tour, il ferma les yeux et s'endormit.
Il fut réveillé en sursaut par un léger bruit qu'il sembla percevoir au loin dans l' se redressa, s'asseyant dans le lit. Il faisait toujours nuit noire, et Kate dormait paisiblement. Il tendit l'oreille pour mieux percevoir ce bruit qu'il connaissait si bien : le grincement de la porte du réfrigé demandant qui pouvait bien explorer sa cuisine en pleine nuit, il se leva sans bruit, se saisit prudemment du premier objet qui lui tomba sous la main prêt à s'en servir comme arme, au cas où, traversa la chambre à pas de loup et s'aventura dans le salon. Il reconnut immédiatement la silhouette de l'intruse qui, l'air de rien, buvait un verre de jus d'orange au milieu de sa cuisine.
- Mère ! chuchota-t-il sèchement, stupéfait.
- Richard ? Qu'est-ce qui se passe ? Que fais-tu avec cet oreiller ?
- Euh … ça … rien …, balbutia-t-il en regardant nonchalamment l'oreiller qui était censé lui tenir lieu d'arme.
- Alors ce voyage de noces ? continua Martha, l'air de rien.
- Magnifique, mais … Il est 4 heures du matin ! Qu'est-ce que tu fabriques ?
- Je me désaltère ! Il fait une telle chaleur …
Rick s'approcha de sa mère, et l'embrassa.
- Oh ! Qu'est-ce qui est arrivé à ta joue ? s'inquiéta-t-elle en apercevant la petite plaie.
- Rien, c'est une égratignure, les risques du métier ! Je te croyais dans les Hamptons, reprit-il en se frottant les yeux. Tu t'ennuyais déjà de ton fils unique et préféré ?
- Oui tout à fait … trop difficile à supporter pour la vieille actrice délaissée que je suis, répondit-elle prenant un air sérieux et chagriné.
- Oh … mère …
- Je plaisante, Richard, le rassura Martha toute souriante. Enfin si ma présence te dérange, je peux m'éclipser !
- Bien-sûr que non, mais je ne m'attendais pas à te trouver là à notre retour. Surtout en pleine nuit. Où tu étais ?
- C'est un interrogatoire ? sourit Martha, j'étais ici … et là … à vivre ma vie. Où est Katherine ?
- Elle dort ! Il est quatre heures du matin, Mère !
- Ah oui, avec la vie de bohême que je mène, j'en perds toute notion du temps.
- La vie que tu mènes ?
Rick trouvait sa chère mère bien énigmatique et guillerette, mais aussi un brin déboussolée. Il se demandait ce qui lui était arrivé pendant ces dernières semaines, et en même temps son esprit était trop embrouillé pour y réfléchir vraiment.
- Que nous vaut ce regain de bonheur ? C'est ton séjour aux Hamptons qui te rend si radieuse ?
- Les Hamptons ? Je n'y suis même pas allée.
- Mais … Je t'ai vu prendre le taxi avant notre départ pour l'aéroport. Où es-tu allée ?
- Une femme de mon âge a-t-elle le droit de conserver une once de vie privée, Richard ? s'indigna Martha.
- Allez, mère, tu peux tout me dire, souffla Rick, tentant de l'amadouer avec son sourire enjôleur.
- Je suis simplement restée à New-York, j'avais … du travail.
- Du travail ? Mère, ton école était fermée en août.
- Tout ne tourne pas toujours autour de mon école.
- Bon, je ne sais pas ce que cachent tous ces mystères, mais moi je retourne me coucher ! s'exclama-t-il, renonçant à sonder, pour l'instant, les cachotteries de sa mère.
- Bonne nuit, Richard.
- Bonne nuit, mère.
Rick ouvrit les yeux, tâtonna du plat de la main sur le matelas à côté de lui, constatant que Kate était déjà levée, comme le lui confirma le clapotis de l'eau en provenance de la salle de bain.
Il traversa la chambre, ouvrit la porte tout doucement, et se faufila. Elle était sous la douche, immobile, savourant la fraîcheur de l'eau. C'était le moment qu'elle choisissait pour se perdre dans ses pensées.
Rick resta quelques secondes à la regarder. Il ne la voyait que de dos, mais cela suffit à éveiller son désir. Elle avait ramené ses cheveux en chignon, pour ne pas les mouiller, mais quelques boucles rebelles tombaient sur sa nuque tendre. Sa peau dorée par le soleil ne la rendait que plus appétissante. Il avait envie d'en caresser chaque parcelle, du bout des doigts, des lèvres. Ses yeux s'attardèrent sur la courbe de son dos, le galbe de ses fesses, seul soupçon de blancheur sur son corps bronzé.
Elle se retourna et sursauta en le voyant.
- Rick ! Que fais-tu à me regarder comme ça ? demanda-t-elle faisant mine d'ignorer l'évidence.
- Euh … je me rince l'œil, sourit-il en se déshabillant.
Elle lui tendit la main, l'attirant à elle sous la douche. Il fut saisi par la fraîcheur de l'eau qui s'abattit en cascade sur lui.
- C'est gelé ! Depuis quand tu prends des douches froides ? sourit-il, en passant sa main dans le creux de son dos, pour mieux plaquer son corps contre le sien.
- Depuis qu'une chaleur tropicale s'est emparée de la ville …, répondit-elle en l'enlaçant de ses bras.
Il la contemplait avec gourmandise et délectation, savourant chaque détail de son visage : ses joues empourprées par la fraîcheur de l'eau et le désir naissant en elle, ses lèvres fines et rosées comme des bonbons délicieux, ses yeux qui achevaient de le rendre fou d'elle quand elle lui portait ce regard dont elle seule avait le secret. C'était comme si elle regardait au-delà de ses yeux, à l'intérieur de lui, le fond de son âme. Plus que son corps, c'était souvent son regard, qui telle une caresse, déclenchait en lui une envie irréfrénable. Un regard empreint d'une pincée de désir, d'un soupçon d'admiration, et d'une tonne de tendresse.
Elle savait que ses yeux avaient ce pouvoir sur lui, mais elle ne pouvait pas le regarder autrement. C'était lui qui créait ce regard, surtout quand, comme à cet instant, son corps puissant et viril l'étreignant, elle sentait la pression de son torse ferme contre sa poitrine gonflée par le désir. L'eau qui coulait sur leurs corps enlacés attisait leur sensualité.
Doucement, il vint poser sa bouche dans son cou, s'imprégnant du goût et du velouté de sa peau. Elle sentait qu'elle était sur le point de basculer totalement dans le plaisir, quand sa raison tenta de se rappeler à elle.
- Rick, chuchota-t-elle voluptueusement, je dois retrouver Lanie à 7 heures …
- Oui, je sais … répondit-il avant de poser sa bouche sur la sienne, leurs lèvres s'effleurant, leurs langues se caressant.
- Rick …, susurra-t-elle, essayant de reprendre ses esprits.
- Oui ? fit-il l'air innocent et coquin.
- L'enquête …
- L'agent Shaw t'a appelée ? demanda-t-il tout en continuant ses caresses.
Elle sentait la douceur patiente de ses mains s'attarder sur ses fesses, puis le long de son dos, jusque son cou, dont il se saisit avec ardeur pour attirer de nouveau sa bouche à la sienne et s'emparer de ses lèvres.
Il savait qu'elle luttait encore, partagée entre le désir et la raison, malgré les frissons et les soubresauts qui parcouraient son corps. Son esprit aurait dû comprendre que la bataille était perdue d'avance. Kate était incapable de lui résister.
- Non, pas encore, finit-elle par répondre dans un souffle.
- Alors c'est qu'il n'y a rien de nouveau, continua-t-il plongeant son regard azuré dans le sien, Shaw nous a ordonné de lâcher prise, il ne faut pas désobéir aux ordres du FBI, Lieutenant Beckett.
Un instant, elle pensa que l'enquête les attendait et culpabilisa. La seconde d'après, elle s'abandonna à lui. Elle avait terriblement besoin de lui, de sentir la fureur de son désir pour se sentir, elle-même, exister, comme à chaque fois que son cœur était meurtri. Il était déjà trop tard pour réfréner l'envie qui l'assaillait.
D'une main, il la fit tourner sur elle-même, pour se placer derrière elle, collant son bas-ventre contre ses fesses. Le dos tourné, elle ne le voyait plus, mais sentait la force de son corps contre le sien. Chacun des gestes de son homme provoquait en elle un plaisir jouissif : sa bouche goûtait son cou, l'une de ses mains caressait la rondeur de ses seins, l'autre frôla son ventre puis glissa entre ses cuisses. Lascive, elle le laissa prendre possession d'elle, avec douceur et frénésie. Ils ne communiquaient plus que par leurs gémissements, leurs soupirs, leur souffle court.
- Ne fais pas trop de bruit, lui chuchota soudain Rick à l'oreille après un gémissement un peu plus prononcé, ma mère est rentrée !
- Quoi ?! s'exclama-t-elle, subitement arrachée à son doux havre de plaisir.
- De toute façon, ta mère se doute bien qu'on ne passe pas notre temps à jouer au scrabble ! lança-t-elle en se retournant vers lui.
- Je préfèrerais qu'elle n'entende pas ma chère femme hurler de plaisir ! continua-t-il
- Non, mais franchement, tu as l'art de choisir ton moment ! s'exclama Kate en rigolant. La faute à qui si je fais du bruit ?!
- Ce n'est pas de ma faute si je suis trop performant !
Ils se mirent à rire, tant la scène était cocasse. Même en faisant l'amour, ils arrivaient à se chamailler. Leurs rires s'estompèrent, et cette fois c'est elle qui se jeta sur sa bouche, avide de plaisir, comme pour lui asséner de se , ses lèvres puissa langue glissèrent sur son cou, son torse, son ventre, son sexe qu'elle enferma dans la chaleur humide de sa bouche. Le doux va-et-vient qu'elle initia, jouant de sa langue et de l'étreinte de ses lèvres, provoqua chez lui comme une vague de plaisir indomptable.
- Kate … gémit-il dans un souffle, presque asphyxié, contrôlant difficilement le délice qui le submergeait.
Elle sentait ses gémissements devenir plus rauques, sa respiration haletante, son bassin tressaillir dans un soubresaut à chacune des pressions de sa bouche. D'une caresse sur sa joue, il lui fit comprendre de cesser ce délicieux supplice qu'elle lui infligeait, où il n'allait plus être maître de son propre corps. Il ramena son visage vers le sien, l'embrassant furieusement, empoignant ses fesses pour la soulever et se glisser en elle dans une tendre rage qu'elle accueillit avec exaltation.
Ils restèrent ainsi enlacés quelques minutes encore après la jouissance, ivres du délice partagé, comme s'ils n'étaient jamais rassasiés l'un de l'autre.
Morgue, 7h30.
Kate se dépêcha de rejoindre la morgue. Elle était en retard, à cause de ses ébats matinaux, et espérait que Lanie n'allait pas lui en tenir rigueur.
Quand elle entra, le froid la saisit, tant le contraste thermique avec l'extérieur était conséquent. Lanie était installée à son bureau, dans sa blouse rose. Pas de cadavre ce matin.
- Hey, Lanie ! lança Kate sur un ton jovial.
- Kate ! Te voilà, répondit son amie, en esquissant un sourire.
- Désolée, je suis un peu en retard … c'est …
- C'est Castle qui a encore abusé de ton corps …, fit-elle en terminant sa phrase, souriante.
Kate la regarda, sidérée. Lanie semblait avoir brusquement retrouvé le sourire, et avec lui sa volubilité et sa spontanéité. Malgré son étonnement, elle était soulagée de la voir dans cet état d'esprit. Son chagrin de la veille lui avait fait mal au cœur.
- Euh ... balbutia Kate, un peu gênée, on ne peut rien te cacher !
- Inutile de me raconter, chérie, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! lança Lanie avec un large sourire.
Kate se demandait toujours comment Lanie faisait pour percevoir ce genre de choses. Elle avait un don, ou un instinct pour lire dans chacune de ses pensées ou de ses attitudes. Dès le début, elle avait compris les sentiments qu'elle éprouvait pour Castle. Et maintenant, elle ne pouvait plus faire des folies avec son mari sans que Lanie s'en aperçoive.
- Si tu me disais pourquoi tu voulais me voir ? reprit Kate, changeant volontairement de sujet.
- J'ai trouvé quelque chose.
- C'est pour ça que tu voulais que je vienne ? s'étonna Kate, qui s'attendait à une conversation plus personnelle.
- Non, mais entre-temps, j'ai trouvé quelque chose concernant l'enquête. Alors commençons par ça.
- Ok. Je t'écoute.
- Tu te souviens de la blessure de Jason à la tête ?
- Oui, on en a déduit qu'il avait dû être poussé violemment contre des parpaings ou du béton.
- Je me suis dit, si on l'a poussé c'est qu'il s'est débattu, ou s'est opposé à son ravisseur. Et comment un enfant de six ans se défend-il ? demanda Lanie, laissant planer le mystère.
Kate réfléchissait. Il y a bien longtemps qu'elle n'avait pas été en contact avec des enfants, et leur univers, leurs attitudes lui étaient plutôt étrangers.
- Il l'a mordu, Kate. Jason a mordu ce salaud, annonça Lanie avec conviction, et il nous a donné un indice sans le savoir.
Kate esquissa un grand sourire de satisfaction, comprenant immédiatement où Lanie voulait en venir. Celle-ci continua son explication.
- En refaisant l'autopsie pour la énième fois, j'ai examiné de plus près sa bouche et sa dentition au microscope électronique, et j'ai trouvé un petit bout de chair, infime, coincé entre l'incisive et la canine …
- Provenant de son agresseur …
- Oui, je l'ai envoyée au labo. Je ne sais pas s'ils vont pouvoir en tirer de l'ADN, tellement l'échantillon est minuscule. Mais avec un peu de chance …
- Merci, Lanie. Tu as vraiment fait un travail remarquable.
- Tu te rends compte, ce petit bonhomme de 6 ans s'est battu pour sa vie jusqu'au bout. Quand on sait ça, on devrait relativiser ses propres soucis, soupira Lanie, retrouvant un air triste.
D'un seul coup, elle était passée de l'enthousiasme au chagrin. Son regard s'assombrit, révélant que son esprit avait divagué vers des problèmes plus personnels.
- Tu as des soucis, Lanie ? demanda Kate en s'asseyant sur le haut tabouret à ses côtés.
- Je voulais garder ça pour moi mais ça fait trop mal, commença-t-elle, ses yeux s'emplissant de larmes.
- Lanie, qu'est-ce qui ne va pas ? s'inquiéta Kate.
- Je l'ai perdu, et je vais perdre Javi aussi. J'ai perdu le bébé.
- Le bébé ? Tu étais enceinte ? s'étonna Kate, stupéfaite, ne s'attendant pas à pareille révélation.
- Oui, de quelques semaines. Mais je l'ai perdu …
- Oh, Lanie … je suis tellement désolée …
Kate prit sa main dans la sienne, tentant de la réconforter. Elle comprenait mieux la tristesse de Lanie hier quand elle avait dû autopsier ces enfants. Mais elle avait du mal à trouver les mots pour la réconforter, peinant à imaginer la douleur qu'elle pouvait ressentir, et le désarroi dans lequel elle se trouvait.
- Et Javier, ça va ?
- Il ne sait pas.
- Comment ça ?
- Il ne savait pas que j'étais enceinte, donc il ne sait pas non plus que je ne le suis plus.
- Mais c'est bien lui qui … ?
- Oui, bien-sûr ! s'offusqua Lanie. Je ne fréquente personne d'autre, tu le sais bien.
- Pourquoi tu ne lui as rien dit ? s'étonna Kate.
- Tu sais comme il est … Pas d'engagement, chacun sa liberté. On recommençait juste à se voir plus régulièrement, à nous retrouver … comme avant, et c'est arrivé comme ça par hasard. Je ne voulais pas avoir un bébé, pas maintenant, pas comme ça.
- Et finalement, ça te plaisait bien ? sourit Kate, songeuse.
- Oui, cette sensation … c'était … une sorte de plénitude, C'était juste les prémices, pourtant je n'avais jamais ressenti ça auparavant, sourit Lanie, en essuyant ses larmes, mais Javi … comment j'aurais pu lui dire, j'avais tellement peur de sa réaction. Et au final, le destin a réglé le problème pour moi.
Un instant le silence s'installa. Kate essayait de trouver la meilleure réponse à lui apporter. Encaisser les deux nouvelles d'un coup l'avait déstabilisée. Elle n'avait jamais imaginé Lanie enceinte, peut-être parce que sa relation avec Esposito était plutôt instable, même si ces deux-là n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre. Cela l'avait ramenée à ses propres interrogations. Elle commençait depuis quelques temps à ressentir ce désir d'enfant de façon très sporadique. L'idée lui traversait l'esprit, sans forcément y rester bien longtemps. Elle n'en avait pas encore parlé à Rick, tant pour l'instant cette envie n'en était qu'au stade embryonnaire, enfouie dans son for intérieur.
- Lanie, Javi est dingue de toi. Parle-lui, finit-elle par dire.
- Je ne peux plus le regarder en face, Kate. J'ai trop honte.
- Mais tu n'y es pour rien …
- Si, je lui ai menti … et puis, il n'a jamais voulu s'engager je pensais que ça me convenait. Mais, après ton mariage, je me suis rendue compte que ce qu'on avait lui et moi ne me suffisait plus. Je ne crois pas qu'il soit prêt pour ça, pas avec moi.
- Raison de plus pour lui parler, et avoir des certitudes, pas de simples suppositions. Souviens-toi de tous les bons conseils que tu m'as donnés pour me lancer avec Castle.
- Oui, enfin, il t'a fallu un sacré bout de temps avant de voir que mes conseils étaient judicieux ! Et puis, on est toujours meilleur conseiller pour les autres que pour soi-même, finit par dire Lanie avec un sourire qui contrastait avec ses yeux brillants de larmes.
- Ecoute, attends la fin de cette affaire, parce qu'on est tous un peu bouleversés, et ensuite, tu prends ton courage à deux mains, et tu vas trouver Espo. Ok ?
- Ok.
- Sous ses airs un peu bourrus parfois, il cache un cœur tendre. Et surtout, il t'aime. Alors ne t'inquiète pas !
- Mais si …
- Il n'y a pas de mais ! lança Kate d'un air faussement autoritaire.
Elles sourirent.
- Merci, Kate.
- Vu le nombre de fois où tu as écouté mes lamentations, je te suis redevable à vie ! Alors pas de merci …
- Allez, retourne bosser. On a une affaire à résoudre.
