Chapitre 22
Loft, 2h du matin.
Ils avaient enfin retrouvé le cocon de leur lit douillet. Avant de quitter le commissariat, Kate avait appelé l'hôpital pour prendre des nouvelles de Tyler. Il était dans un état stable, encore au bloc opératoire où les chirurgiens s'occupaient de sa fracture à la jambe. Rassurés, ils étaient rentrés, frigorifiés, s'étaient débarrassés de leurs vêtements trempés, de leurs chaussures boueuses et s'étaient précipités sous la douche. Malgré la chaleur de l'eau, ils étaient restés un moment transis, autant à cause du déluge qu'ils avaient affronté, que du contre coup de toutes ces émotions.
Enfouis sous le drap, dans la pénombre, ils ne semblaient pas prêts à trouver le sommeil, malgré la fatigue. Kate était allongée sur le côté, les jambes repliées, et Rick, dans son dos, l'enlaçait, ses lèvres effleurant son épaule dénudée. Elle frissonna, cherchant à remonter le drap plus haut encore.
- Tu as froid ? demanda-t-il en frictionnant doucement ses bras sous le drap.
- Un peu, oui. Pourtant tu es tout chaud, une vraie bouillotte, sourit-elle, savourant la douceur de son torse contre son dos.
- Bouillotte, ça me va …, répondit Rick en embrassant son épaule.
- Le tueur a sauvé Tyler sans le savoir, reprit doucement Kate, s'il n'avait pas téléphoné …
- Non, la coupa Rick, on a sauvé Tyler. Et tu as été formidable avec ce petit bonhomme…
- Ce sont tes mots qui m'ont guidée …
- Mes mots ? s'étonna Rick.
- Oui.
Elle prit la main de Rick posée sur sa hanche, pour la faire glisser sur son ventre jusque sa petite cicatrice, à la naissance de ses seins, contre son cœur.
- Les mots que tu as prononcés ce jour-là, et qui m'ont maintenue en vie.
Sentir le stigmate sous ses doigts, cette marque indélébile qui lui rappellerait toujours qu'il avait failli la perdre restait un peu douloureux, même des années après. Mais ils en avaient aussi fait une force, depuis le premier jour où il avait posé les mains sur elle.
- Comme tu l'as fait pour moi, il fallait que quelqu'un prononce les paroles aimantes qui le rattacheraient à la vie.
Il la serra un peu plus fort contre lui. Il avait découvert aujourd'hui une autre facette de sa personnalité. Ce n'était pas la flic qui avait tenu la main de Tyler, lui avait murmuré à l'oreille, s'était inquiétée pour lui, et s'inquiétait encore. Elle avait agi comme une mère l'aurait fait. Les gestes maternels qu'elle avait eus envers Tyler l'avaient touché au plus profond, parce que c'était la première fois qu'il les voyait.
- Castle …, et si la prochaine fois on arrive trop tard, reprit Kate, l'arrachant à ses pensées.
- Il n'y aura pas de prochaine fois. On va l'arrêter avant, répondit-il de sa voix rassurante, allez, cesse de réfléchir, et dors maintenant, parce que demain matin, j'en connais une qui va être grognon au réveil.
- Je n'ai pas envie de dormir …
Sentir le corps puissant et viril de Rick dans son dos, son souffle léger au creux de son cou, ses lèvres sur son épaule avait éveillé son désir. Elle avait envie de lui, terriblement. Envie de se perdre sous les caresses de ses mains, la chaleur de sa bouche, l'étreinte de tout son être.
- Comment ça tu n'as pas envie de dormir ? Il est 2h du matin …
Elle se retourna vers lui, posant sa tête sur l'oreiller à quelques centimètres de la sienne.
- Tu n'es pas fatiguée ? continua Rick sentant qu'elle le regardait avec des yeux emplis d'adoration.
- Si, mais je n'ai pas envie de dormir ..., fit-elle en caressant doucement sa joue du bout des doigts, dessinant le contour de son visage.
- Et de quoi as-tu envie ? demanda-t-il devinant la réponse rien qu'au pétillement de ses jolis yeux verts.
Elle ne répondit pas tout de suite, ses doigts suivant la ligne de sa petite cicatrice, jusque ses lèvres, qu'elle effleura. Un frisson de plaisir le parcourut.
- Ce dont j'ai envie ? Hum … je ne sais pas si tu vas pouvoir me satisfaire, tu as l'air si fatigué … sourit-elle, provocatrice, faisant glisser ses doigts le long de son cou, tout en lui lançant un regard langoureux.
- Madame est aguicheuse …, chuchota-t-il, passant sa main dans son dos pour la plaquer contre lui d'un geste ferme, tu vas voir si je suis fatigué !
Un sourire illumina le visage de Kate, faisant rire jusque ses yeux. Un instant, il resta interdit par l'onde de désir que provoquait en lui cette vision délicieuse. L'instant d'après, submergé par l'envie d'elle, il glissa la main dans sa nuque, et attira rageusement sa bouche à la sienne. Le contact de ses lèvres voluptueuses, la caresse de sa langue insistante, brûlante, décupla le désir qu'elle avait fait naître en lui d'un simple regard. Alors qu'elle l'enlaçait de ses bras amoureux, il fit glisser ses lèvres dans son cou, sa gorge, goûtant avec délice le velours de sa peau et son parfum de cerise. Gourmande, elle accompagna la bouche de son homme jusque ses seins, qu'il embrassa fougueusement, joignant sa main à ses lèvres, tandis qu'elle s'agrippait à ses cheveux, comme pour mieux s'enivrer de ses baisers. Titillant la pointe ferme de ses seins du bout de la langue, il les sentit se gonfler d'excitation. Elle se cambra, s'agrippa plus fort, gémit.
D'un mouvement de hanche, il la fit basculer sur le dos, prenant le temps de la contempler. La lueur de la lumière dessinait des ombres sur son corps, qu'il joua à caresser, faisant glisser son doigt sur ses seins excités, sa gorge offerte, jusque ses lèvres tentatrices. La beauté du corps qu'elle lui offrait, le ravissait.
- Rick …, chuchota-telle, en l'attirant à elle de nouveau, impatiente.
Il se pencha contre elle, happant ses lèvres avec passion. Il sentait sa bouche affolante, jamais rassasiée de la sienne. Ses baisers le rendaient fou de désir, du plus léger comme une plume au creux du cou, au plus profond dont ils sortaient tous les deux ivres d'excitation. Il sentit son impatience grandir à l'intensité de ses mains qui parcouraient fiévreusement son torse, son ventre, enveloppaient son sexe tendrement, le faisant frissonner d'un plaisir exquis. Elle l'attira sur elle, lascive, couvrant son dos, ses fesses, de caresses électrisantes.
Insatiables, leurs bouches ne se quittaient pas, s'effleurant, se saisissant rageusement, se goûtant amoureusement. La virilité de son sexe contre le sien embrasait ses sens. L'un comme l'autre, se laissaient emporter par la rage de leur désir. Pas besoin de caresses superflues ce soir. C'était l'une de ces étreintes, où ils étaient mus par le besoin impérieux de s'unir charnellement, impatiemment, sans retenue.
Il s'arracha à la passion de sa bouche, se redressa, en appui sur le coude, et ne quittant pas du regard ses yeux fous de désir, il empoigna sa cuisse, et d'un mouvement du bassin, la pénétra avec une douce frénésie. Il savoura chacune des expressions de son visage ravi de plaisir : sa bouche entrouverte, ses joues rosies, ses lèvres qu'elle mordillait quand il se faisait plus ardent. Avide de son corps, elle s'empara de sa bouche frissonnante, fouillant ses cheveux, agrippant ses épaules. Elle frémissait à chacun des va-et-vient qu'il impulsait avec fougue. Entre deux souffles, leur baiser se fit plus sauvage, pressant, captivant, le rythme des tendres assauts de Rick plus impétueux, plus puissant se calant sur l'intensité des murmures et gémissements de Kate. Il la vit fermer les yeux, abandonner ses lèvres, se cambrer pour savourer l'ultime extase dans un long gémissement de plaisir. Ivre de bonheur, à son tour, il se laissa griser par la jouissance, dans un tumulte d'émotions lui labourant le cœur : le plaisir charnel se mêlant à l'amour tendre, passionné, infini qu'il lui portait. Ce doux tumulte l'avait bouleversé la première fois, et le laissait encore comme figé dans une torpeur extatique.
Repu de plaisir, il roula sur le côté, allongé de tout son long. Elle le regarda, attendrie, et vint se blottir contre lui, au creux de son cou.
- Maintenant, je peux te laisser dormir …, chuchota-t-elle doucement, radieuse.
- Comment ça tu me laisses dormir ?! Je suis bien réveillé moi maintenant ! Prêt pour un deuxième round …, sourit-il, enroulant son bras autour de ses épaules.
- Chut, dors mon cœur ! lui asséna-t-elle tendrement, emportée par le sommeil, comme si toute la tension accumulée aujourd'hui venait de s'évanouir d'un seul coup.
Hoboken, New-Jersey, 2 h du matin.
Il dormait, mais crut percevoir un léger bruit. Il se tourna sur le côté, ignorant le bruit que ses oreilles avaient capté. Mais machinalement, son cerveau extrait des profondeurs de son sommeil, analysa le léger tintement. C'était le bip caractéristique signalant l'arrivée d'un message. Instantanément, il ouvrit les yeux, se redressa d'un bond, et se pencha vers son ordinateur La lumière vive émise par l'écran piqua ses yeux embrumés. S'efforçant de les garder semi-fermés pour atténuer la douleur provoquée par cette luminosité soudaine, il fit glisser la souris, pour voir apparaître le message, impatient.
« Alors ? »
C'était elle. Enfin. Elle était là. Pour lui. Elle ne s'était pas lassée. Elle avait besoin de lui. Passé le soulagement et le contentement, il se mit à réfléchir cherchant les mots pour lui dire les choses, sans la fâcher. La mission s'annonçait périlleuse. Il tapota sur le clavier, ses yeux peinant à s'habituer à l'éclat de la lumière, effaça plusieurs fois ce qu'il avait écrit, pour recommencer aussitôt. Il prit le temps d'allumer une cigarette et de la glisser entre ses lèvres, espérant que ce geste apaisant allait l'aider dans sa quête de la phrase idéale. De toute façon, il allait falloir lui dire ce qui s'était passé. Elle le saurait tôt ou tard.
« Il y a eu un problème. » se contenta-t-il d'écrire.
« Quel genre de problème ? »
« Le gamin a tenté de s'enfuir. Tombé dans un ravin. Il est mort. »
« Comment il a pu t'échapper ? »
« Pourquoi tu n'es pas venue ? »
« Qu'est-ce qui s'est passé avec le petit ? »
« J'étais inquiet, je n'ai pas été assez prudent, et puis il y avait ce déluge »
« Ne cherche pas d'excuses. Je pensais que tu étais le meilleur ».
« Je le suis. Où tu étais ? ».
« Chez les flics ».
« Les flics ? Qu'est-ce qu'ils te veulent ?'
« Ils ont fait le lien entre cette connasse d'Addison et les deux petits. Elle leur a balancé que j'étais pas avec elle samedi midi ».
« Et ? ».
« Et rien. J'ai joué les sainte-nitouche. Ils n'ont rien de toute façon. »
« Tu veux que je passe te prendre ? »
« Non »
« S'il te plaît. J'ai besoin de te voir. ».
« Tu n'as pas été capable de faire ce que je te demandais »
« Et si j'en trouve un autre ? »
« Il faut attendre »
« Je ne peux pas attendre. Je te veux. »
« Je dois me faire discrète quelques temps. »
« Combien de temps ? ».
« Je ne sais pas. Je te tiens au courant »
« S'il te plaît. Il faut que je te voie. »
Mais elle ne répondit rien de plus. Il s'affala dans le canapé en maugréant contre lui-même. Il n'allait pas pouvoir survivre à cette angoisse. Il n'allait pas pouvoir se passer d'elle. Ces deux jours lui avaient déjà semblé être un supplice.
Du fond de son lit, Alicia était plongée dans ses réflexions. Il allait falloir la jouer fine. Elle avait bien senti que les flics, plus malins que ses propres parents, avaient capté quelque chose. Mais quoi exactement. Elle ne saurait le dire. Elle avait regardé assez de séries policières pour savoir qu'ils allaient sûrement l'avoir à l'œil. Ce petit jeu du chat et de la souris qui s'annonçait ne rendrait que tout cela plus palpitant. Maintenant, ce n'était plus juste pour les enfants qu'elle faisait tout cela. L'ensemble du jeu l'excitait bien davantage : la planification, l'attente, la manipulation. Le manipuler, lui, d'abord qui était à sa merci. Obéissant, servile, craintif. Le seul moment où elle lui laissait l'impression de contrôler la situation c'était quand il s'emparait de son corps. Mais elle ne le faisait que pour assouvir son propre désir. C'était donc toujours elle qui, en réalité, tirait les ficelles de leurs jeux sexuels. Manipuler les flics ensuite. Rien que d'y penser la faisait sourire. Mais ce rôle de petite fille sage que gobaient ses parents passait moins facilement auprès des flics. Cela ne l'inquiétait pas, au contraire, elle aimait les défis. C'est ça qui était grisant. Manipuler ses parents, enfin. Son cher papa n'avait pas eu le moindre temps d'hésitation, prompt à lui fournir un alibi les yeux fermés. Il l'avait questionnée lorsqu'ils étaient rentrés à la maison, la prenant à part, pour ne pas inquiéter sa mère. Il lui avait demandé où elle était réellement. Elle avait répondu qu'elle voyait un garçon, et qu'elle était désolée de tout le tracas qu'elle leur occasionnait, qu'elle avait tellement peur de les décevoir. Quelques chaudes larmes jointes à ses excuses affectueuses avaient suffi à convaincre son père. Du moins, le croyait-elle.
Il allait maintenant falloir qu'elle élabore une stratégie. La mort du petit, le troisième, allait accentuer le branle-bas médiatique, et rendre les abords des écoles inaccessibles. Même s'il était doué pour la traque, il venait de lui prouver aujourd'hui, que, seul, il ne s'en était pas sorti. C'était une chose de traquer ces bestioles futiles dans la forêt, et une autre de s'emparer d'un enfant, doué de conscience et de raisonnement. Il allait falloir qu'elle l'accompagne si elle voulait profiter jusqu'au bout de son petit jeu machiavélique. Traquer, pister, épier. Ce devait être euphorisant. Mais la moindre sortie était maintenant une prise de risque. Excitante certes, mais dangereuse.
Elle éteignit son ordinateur, le referma, et résolut de dormir. Demain, elle avait cours de bonne heure, et un contrôle de physique.
Loft, 6 h du matin.
Kate s'était levée, réveillée depuis quelques minutes par les réflexions dans lesquelles son cerveau s'était lancé, alors que son corps réclamait encore sa dose de sommeil. Veillant à ne pas réveiller Rick, endormi paisiblement, elle s'était extirpée du lit, et avait enfilé sa nuisette avant de quitter la chambre.
Le loft était encore plongé dans la pénombre. Elle n'entendait plus le bruit de la pluie qui était tombée toute la nuit et devait avoir enfin cessé. Elle avait ouvert légèrement la fenêtre du salon pour faire entrer un peu d'air frais. Mais c'est une chaleur moite qui s'était engouffrée dans la pièce.
Assise à l'îlot central, sa tasse de café à portée de main, elle relisait les rapports des experts qu'elle avait rapportés du poste. Elle cherchait inlassablement quelque chose qui puisse rattacher Alicia Cox aux enlèvements ou aux meurtres. Il n'était que six heures du matin, mais elle avait déjà l'impression d'avoir passé des heures à réfléchir, tant son cerveau s'enlisait dans les méandres de l'enquête.
Tout à coup, elle sursauta, en entendant dans son dos le bruit de la porte du loft qui s'ouvrait doucement. Elle se retourna, et sourit en voyant Martha, qui tentait une entrée discrète, telle une adolescente revenant tardivement d'une soirée un peu trop arrosée.
- Katherine ! lança doucement Martha en sursautant à son tour, portant la main à son cœur comme si elle avait eu peur.
- Martha, bonjour ! répondit Kate à voix basse, se levant pour venir la serrer dans ses bras.
- Richard dort encore ? fit Martha.
- Oui.
- Tant mieux, sourit-t-elle, je vais échapper à son interrogatoire !
- Vous voulez un café ? demanda Kate.
- Oh, non merci, chérie, fit-elle en se laissant tomber, affalée dans le canapé, si je bois un café maintenant, je ne vais jamais réussir à dormir.
Kate s'assit près d'elle, se demandant d'où Martha pouvait bien rentrer à six heures du matin. Peut-être était-elle avec ce jeune prétendant dont avait parlé Rick. Heureusement qu'il dormait encore, car il aurait été dans tous ses états. En tout cas, Martha avait l'air rayonnante.
- Laisse-moi te regarder, continua Martha, tu es magnifique !
- Merci, répondit Kate, en souriant.
- Ce teint hâlé, une beauté ! Le soleil est ton plus bel allié, fit Martha les mains posés sur les épaules de sa belle-fille comme pour mieux la contempler.
- Je vous retourne le compliment, vous êtes superbe. Le soleil des Hamptons ? fit Kate l'air de rien, tout en sachant par Rick, qu'elle n'y était pas allée, mais espérant en apprendre un peu plus.
- Oh diable non … Le soleil de New-York suffit à mon teint, sourit-elle, que fais-tu déjà levée ?
- Oh, je n'arrivais plus à dormir … la journée d'hier a été difficile, répondit Kate.
- Ne me dis pas que vous êtes sur l'affaire de ces meurtres d'enfants ? s'inquiéta Martha.
- Si, répondit-elle, ses yeux s'assombrissant.
- Oh, chérie …
Elles furent interrompues par un bruit sourd émanant de la chambre, suivi d'un grognement. Puis par la vision de Rick, émergeant dans le salon, emmitouflé dans son peignoir, les cheveux en bataille, les yeux encore pleins de sommeil.
- Tu en fais un vacarme à toi tout seul ! lui lança Martha en guise d'accueil.
- C'est cette satanée porte, ronchonna-t-il en se plantant près du canapé, je me suis cogné.
- Tu sais que c'est mieux de marcher les yeux ouverts, se moqua Kate.
- Tu aurais mieux faire de rester au lit, tu n'as pas l'air bien réveillé, le rabroua Martha.
- Mère, j'y serai bien resté, figure-toi, si les bavardages de deux pipelettes ne m'avaient pas réveillé !
- Alors, qui est le plus grognon ce matin ? fit Kate moqueuse.
Il ronchonna quelques propos inaudibles. Elle se leva en riant, pour lui piquer un baiser sur les lèvres, avant d'aller lui chercher du café.
- Mère, tu es sur le point de partir ou tu viens de rentrer ? demanda-t-il, intrigué par le fait qu'elle soit toute pomponnée.
- Je vais me coucher, sourit-elle, en se levant.
- Te coucher ? fit Rick stupéfait, à 6 heures du matin ?
- Oui, j'ai un rendez-vous à 10 heures, il faut que je me dépêche, expliqua Martha le plus naturellement du monde, passant outre le regard ahuri de son fils.
- Se coucher tard, se lever tôt ou plutôt se coucher tôt, se lever tôt … enfin bon … tu retrouves une seconde jeunesse, dis-moi, ironisa Rick.
- Je ne l'ai jamais perdue, figure-toi, Richard. Comme j'ai coutume de le dire, on aura tout le temps de dormir quand on sera morts !
Cette remarque fit sourire Kate, tant elle incarnait la personnalité de Martha.
- Bonne nuit les enfants ! lança-t-elle en s'élançant dans l'escalier d'un pas léger.
- Euh … Mère, pour nous la nuit est finie, fit remarquer Rick de son ton ronchon.
- Bonne nuit, Martha ! Lui répondit Kate, alors qu'elle disparaissait à l'étage.
Kate rejoignit Rick dans le canapé avec leurs cafés.
- Tu vois bien, fit-il, comme une évidence.
- Quoi ? Demanda-t-elle avec des yeux interrogateurs.
- Elle cache un truc..., répondit-il, l'air de réfléchir.
- Laisse-donc ta mère tranquille avec ces histoires.
- Rentrer au beau milieu de la nuit hier, et aujourd'hui à 6 heures du matin ! Même Alexis ne fait pas ça ! ronchonna-t-il avant de boire une gorgée de café.
- Et alors, elle ne fait rien de mal. En tout cas, elle a l'air rayonnante et épanouie …
- Épanouie ?
- Oui, son jeune amant doit être efficace, sourit-elle le provoquant volontairement.
Il grimaça, tandis qu'elle éclatait de rire.
Chapitre 23
12ème District, New-York, mardi, 8 heures.
Kate et Rick arrivèrent au commissariat, pleins d'énergie malgré la nuit qui avait été courte et le réveil bougon de Castle. Ils rejoignirent directement la cellule de crise où Shaw les attendait pour le premier compte-rendu de la journée.
A leur arrivée, l'ambiance semblait un peu plus détendue que la veille. Tout le monde était remotivé par le sauvetage in-extremis du petit Tyler. Wade et Clayton avaient déjà repris l'analyse des vidéos des caméras de surveillance de l'avenue Greenwich, où vivait la famille Cox. Esposito et Ryan, debout derrière eux, sirotaient leur café tout en jetant un œil par-dessus leur épaule, commentant les images qui défilaient.
- Bonjour ! lança joyeusement Kate en entrant.
- Salut la compagnie, fit Rick, ayant retrouvé un ton plus enjoué qu'au réveil.
- Bonjour Lieutenant Beckett, Castle, leur répondit Shaw avec un sourire.
- On a des nouvelles de Tyler ? demanda immédiatement Kate.
- Son état est stable, et ses jours ne sont pas en danger. Il souffre d'une triple fracture à la jambe, et doit être opéré de nouveau cet après-midi.
- Et pour sa tête ? continua Kate, repensant à tout ce sang qui collait à ses cheveux hier soir.
- Traumatisme crânien, mais rien d'inquiétant selon les médecins. Pour l'instant il est maintenu dans un coma artificiel pour mieux supporter la douleur.
Kate était soulagée, et en même temps révulsée par les blessures subies par Tyler en se battant pour sauver sa propre vie, du haut de ses neuf ans.
- Il y a des chances qu'on ne puisse pas l'interroger avant demain, au mieux. Mais on a les premiers résultats pour les prélèvements effectués : on a trouvé de l'ADN sous ses ongles.
- Il l'a griffé, c'est un sacré petit bonhomme, fit Castle, admiratif du courage et de la ténacité de l'enfant.
- Oui, l'ADN est le même que celui trouvé sur le bout de chair entre les dents de Jason.
- Au moins, on est sûr qu'on a affaire au même détraqué, fit Esposito.
- Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de morphine, mais avec des taux bien plus bas que pour les autres garçons. Une seule trace d'injection. Sinon le dernier repas remonte à midi, continua Shaw en lisant le rapport du laboratoire suite à l'examen médical de Tyler pratiqué à son arrivée à l'hôpital.
- Ce détraqué n'est peut-être pas aussi vigilant qu'on l'imagine. Sur les trois enfants, deux se sont défendus et l'un s'est enfui. S'il est aussi costaud qu'on l'imagine, il a quand même bien du mal à gérer des gamins captifs ! lança Castle.
- Peut-être que quelque chose le perturbe ou le déconcentre, suggéra Ryan.
- Pour ce qui concerne Alicia Cox, continua Jordan Shaw, la filature a débuté cette nuit. L'équipe de l'Agent Sorenson est en place. On aura connaissance de chacun des mouvements de cette fille à la minute près.
- Sorenson ? Comme … euh Will Sorenson ? demanda Rick, avec une mine abasourdie.
- Oui. Ça pose un problème ? fit Shaw, le regardant avec des yeux interrogateurs.
- Euh… non, la journée ne pouvait pas mieux commencer …, ironisa Castle en s'asseyant à la table avec son air bougon.
Kate sourit en regardant sa mine déconfite. Il arrivait encore à être jaloux, même maintenant qu'elle était sa femme. Parmi les ex-petits amis dont il avait connaissance, Will Sorenson était celui qu'il avait toujours eu le plus de mal à supporter.
- Qu'est-ce qu'il y a Castle ? Mal luné aujourd'hui ? fit Ryan moqueur.
- Oh, laissez-le, il est juste un peu grognon ce matin, sourit Kate.
- Ben alors, Castle on n'a pas été sage, on n'a pas eu sa dose de câlins ? railla Esposito, toujours prompt à lui jeter une petite pique sarcastique.
- Si, pourtant, répondit Rick en esquissant son premier sourire de la journée savourant à l'avance l'effet que ses mots produiraient sur sa muse.
- Castle ! lui lança-t-elle, mi- gênée mi- exaspérée.
- Castle, peut-on se concentrer sur l'enquête s'il vous plaît ? fit Shaw, en lui lançant un regard autoritaire.
- Euh … oui, bien sûr, marmonna-t-il.
- Bien. Il a été décidé avec le capitaine Gates et Monsieur le Maire d'annoncer la mort de Tyler. Les médias ont été prévenus.
- Et le père de Tyler ? s'inquiéta Rick.
- Il était un peu réticent, mais c'est le seul moyen d'assurer la sécurité de son fils. Il a fini par accepter à condition qu'il puisse prévenir ses plus proches parents. Tyler est notre seul témoin, mais le tueur ne doit pas le savoir. On a renforcé les mesures de sécurité à l'hôpital autour de la chambre de l'enfant qui est surveillée en permanence par un agent en civil.
- Et les videos, qu'est-ce que ça a donné ? continua Shaw à l'intention d'Esposito et Ryan.
- Pour la nuit de vendredi à samedi, on a des images d'Alicia marchant dans la rue à minuit et demi, puis de nouveau dans le sens inverse à 3 heures, expliqua Ryan en faisant défiler la séquence vidéo sur l'écran de l'ordinateur.
- Qu'est-ce qu'une ado de seize ans fait en pleine nuit dans la rue ? s'interrogea Shaw.
- Castle, si Alexis sortait et rentrait en pleine nuit du loft, tu t'en rendrais compte ? demanda Esposito.
- J'espère bien ! s'exclama Rick. Mais pas forcément en fait… Maligne ma fille …
- Donc Alicia a pu sortir à l'insu de ses parents, conclut Kate.
- Elle a l'air seule sur les images. Où peut-elle donc aller à pied ? On a des caméras pour les rues adjacentes ?
- Non, seulement pour l'avenue Greenwich, répondit Esposito.
- Pour la nuit de samedi à dimanche, on la voit rentrer vers 3 heures, continua Ryan.
- Et quand est-elle sortie ? fit Shaw.
- Vers 19 heures samedi soir, avec son amie Addison.
- Il faut demander à Addison ce qu'elles ont fait samedi soir, fit Shaw.
- En tout cas, ces videos sont la preuve qu'Alicia n'a pas tué les enfants. Elle rentre chez elle avant l'heure approximative de leur mort.
- Wade, Clayton, vous avez trouvé quelque chose de plus pour les autres jours ?
- Non, c'est un boulot de titan, il y a des heures de vidéos à décrypter.
- Ok, prévenez-moi au moindre élément suspect. Les recherches sont toujours en cours à Great Piece Meadows. Avec le déluge de cette nuit, ça n'a pas pu avancer beaucoup.
- Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais me rendre sur place, fit Beckett.
- Oui, allez-y avec vos hommes. Au passage, arrêtez-vous au lycée Stuyvesant pour interroger Addison sur la soirée de samedi.
- Ok. Allez les gars, c'est parti !
Lycée Stuyvesant, New-York, 9h.
Beckett et Castle attendaient dans la voiture le retour d'Esposito et Ryan qui avaient filé vers le lycée pour aller rapidement interroger Addison Hill quant à ses activités du samedi soir avec Alicia Cox.
- J'aimerais passer voir Tyler à l'hôpital si on a un peu de temps tout à l'heure, fit Kate en avalant une gorgée de café.
- Oui, moi aussi. Ce petit gars est une leçon de vie à lui tout seul …, répondit Rick en scrutant la rue à travers la vitre, et se retournant pour jeter un œil par le pare-brise arrière.
- Qu'est-ce que tu cherches ? s'étonna Kate.
- Sorenson … Où ils sont planqués ? Ils ne sont pas censés être près du lycée pour surveiller Alicia ? fit Rick en se tortillant sur son fauteuil pour regarder de tous les côtés.
- S'ils sont planqués justement, le but c'est que tu ne les vois pas …, sourit Kate.
- Ouais …
- Ça te gêne vraiment qu'il soit sur l'affaire ?
- Non, répondit-il d'un ton se voulant convaincant.
- Menteur !
- Bon ok. Comment dire les choses simplement… je l'aime pas.
- Je sais, sourit tendrement Kate, j'aime bien quand tu es jaloux.
- Je ne suis pas jaloux, c'est juste que sa présence m'horripile ! Enfin, même son existence m'horripile ! Cette prétention qu'il avait. Je ne sais pas ce que tu lui avais trouvé à celui-là. Bon encore Demming, je vois, beau gosse, musclé, sympa. Josh, le joli cœur à la moto, mais lui …
- Euh … Tu n'es peut-être pas obligé de passer tous mes ex en revue !
- Désolé … c'est juste que …
- C'est juste que tu vas pouvoir fièrement lui montrer que tu as fait de moi la femme la plus heureuse au monde, lui dit-elle tendrement.
- Il sourit en se penchant pour lui déposer un baiser sur les lèvres.
- Hé ! Désolé, on vous dérange ? lança Esposito, sur un ton railleur, en ouvrant la portière arrière.
- Oui ! fit Rick.
- Non ! fit Kate.
- Bon, si ça vous intéresse, continua Ryan, Addison et Alicia ont passé la soirée de samedi chez Jeff Evans, avec quelques amis. Les filles sont reparties à pied vers 23h30, Addison est rentrée chez elle. Et Alicia était censée faire de même.
- Sauf qu'elle est partie pour une petite balade nocturne et n'est pas rentrée avant 3h du matin, continua Rick.
- Appelle Shaw, Ryan, pour lui transmettre l'info, fit Kate en mettant le contact, allez, étape suivante.
Great Piece Meadows, 11h
Ils se garèrent au poste de commandement sur Bridges Road, où l'agitation ne semblait pas avoir cessé depuis la veille au soir. Le ciel était toujours lourd et chargé de nuages, mais le soleil tentait de timides éclaircies. La pluie avait cessé depuis peu, si bien qu'ils durent se frayer un chemin parmi les flaques et la boue charriée la veille par le déluge.
Ils trouvèrent le Capitaine Clark, de la police de Fairfield, en train d'étudier la carte de la zone forestière, qu'il avait dépliée sur le capot de sa voiture. Une fois les présentations et les salutations faites, il leur expliqua que ses hommes et les équipes d'experts s'étaient concentrés toute la nuit sur la rive droite de la rivière Passaic, celle où Tyler avait été retrouvé. Mais la pluie n'ayant cessé qu'à l'aube, les recherches avaient été compliquées et s'étaient révélées jusqu'à présent infructueuses.
- Vous voyez, fit-il, en pointant du doigt la carte, c'est ici qu'on a retrouvé le petit. On a supposé qu'il est tombé du talus, donc qu'il arrivait de la zone est de la forêt.
- Est-ce qu'il aurait pu arriver de l'ouest en fait, et traverser la rivière pour se retrouver sur la rive droite ? demanda Beckett, en scrutant les détails de la carte.
- Oui, il peut avoir traversé par le pont de bois là, répondit le Capitaine.
- Y a-t-il un autre accès à la forêt que Bridges Road ? continua Esposito.
- Du côté de Hook Mountain Road. Il y a un parking, ici, répondit Clark en pointant la carte.
- Ça fait combien ?
- Ça doit faire 4 kilomètres environ.
- Ok, on va partir de là-bas, décida Beckett. En imaginant que le tueur s'y soit garé, on va tâcher de refaire le même chemin que lui, et voir si on trouve quelque chose.
- Ok. Prenez ça, leur dit-il en leur donnant une carte et un talkie-walkie, et enfilez des bottes, les sols sont très perméables par là-bas, ça doit être bien boueux !
- Merci.
Quelques minutes plus tard, après avoir contourné la zone de marécages par le sud, ils se garèrent sur Hook Mountain Road. Le parking était désert. En pleine journée, et qui plus est, en semaine, Great Piece Meadows était très peu fréquenté. Selon Clark, le week-end, on y rencontrait plus facilement des promeneurs et des pêcheurs. Hier, si le tueur était arrivé en début d'après-midi, avec la pluie et l'orage, il n'avait pas dû croiser âme qui vive.
Ils suivirent le sentier qui s'engageait dans la forêt, mais s'arrêtait brusquement au bout d'une centaine de mètres. Ils avancèrent ensuite parmi les feuilles, la boue, les racines, en s'espaçant de quelques mètres les uns les autres pour couvrir le plus d'espace possible. La forêt était relativement dense, et les obstacles nombreux. Rick se remémora le calvaire des recherches la veille au soir, et il imagina combien il avait dû être difficile pour Tyler de suivre son ravisseur au milieu de cette végétation hostile ravagée par la pluie.
- Pas moyen de voir la moindre empreinte dans toute cette boue ! lança Castle, en regardant ses bottes qui clapotaient dans une boue humide à chacun de ses pas.
- Je ne veux pas être pessimiste, fit Ryan, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin !
- Arrêtez de râler, les gars ! leur lança Beckett.
A ce moment-là, Esposito posa le pied si brutalement dans l'eau d'une flaque qu'il s'y enfonça jusqu'à mi- mollet, en pestant, et en projetant des éclaboussures jusque sur Ryan qui marchait à ses côtés.
- Hé ! Mon costume ! râla Ryan, en tentant d'essuyer les gouttelettes de boue qui dégoulinaient sur sa veste.
- Y'a pas idée aussi de se balader en costard dans les marécages, mec ! se moqua Esposito.
- Je ne savais pas qu'on allait dans des marécages. Si tu marchais pas comme une brute aussi !
Ils arpentèrent la forêt pendant près de deux heures, essayant de ne pas s'y perdre et de s'orienter grâce à la carte et le bruit de la rivière.
- Allez, pause, lâcha enfin Beckett pour le plus grand bonheur de ses coéquipiers, j'ai l'impression qu'on tourne en rond …
Elle attrapa la carte des mains de Ryan, et entreprit d'y retrouver leur position. Les gars ne se firent pas prier et s'affalèrent sur un tronc d'arbre couché au sol.
- C'est à cause de Ryan, il n'est pas foutu de lire une carte, pesta Esposito en essayant de désembourber ses bottes.
- Je sais lire une carte, mec, dix ans chez les Scouts …
- Ouais, ben on dirait pas …
- Vous êtes sûr qu'on n'est pas perdus ? fit Castle, l'air presque inquiet, en regardant la densité des arbres et des branchages autour de lui.
- T'inquiète, mec, maman Beckett va nous sortir de là ! lança Esposito en rigolant.
- Vous avez entendu ? reprit Castle, en scrutant les branches d'arbres au-dessus de sa tête.
- Quoi ?
- Un bruit d'animal …, murmura Rick, cherchant d'où venait le bruit suspect.
- Tu as peur du grand méchant loup, Castle ? rigola Ryan, en frottant sa veste, ne désespérant pas d'y effacer les traces de boue.
- Richard Castle, le maître du macabre découvre l'univers impitoyable de la forêt ! railla Esposito.
- Vous rigolerez moins quand un chupacabras vous aura choisi pour déjeuner et viendra vous sucer le sang jusqu'à la moelle …, leur lança Castle, prompt à se lancer dans une nouvelle théorie tout droit sortie de son imagination.
- Non, mais sérieusement les gars, j'ai l'impression d'être avec trois gamins qui vont camper pour la première fois de leur vie, râla Beckett, exaspérée, en les regardant tous les trois alignés sur leur tronc d'arbre. La prochaine fois, je vous laisse avec Shaw, et je pars à l'aventure toute seule. On ne rentrera pas au poste, tant qu'on n'aura pas trouvé où il retenait Tyler. Alors il va falloir vous secouer un peu !
- Il ne le retenait peut-être pas là. Il est juste venu ici pour se débarrasser de lui, suggéra Ryan.
- Vous ne voyez pas un truc qui brille là-bas ? fit Rick en pointant du doigt droit devant lui.
- Où ? fit Esposito en plaçant sa main en casquette au-dessus de ses yeux pour mieux regarder au loin.
- Là ! montra Castle en se levant pour s'approcher de l'objet réfléchi par le soleil à une dizaine de mètres d'eux.
Ils le virent se pencher et farfouiller dans les feuilles.
- Des clés ! leur lança-t-il en agitant du bout des doigts sa précieuse trouvaille.
- Fais voir, fit Kate en le rejoignant.
- C'est à Tyler, il y a son nom et son adresse sur le porte-clés.
- Soit il les a perdues, soit il a joué au petit poucet, fit Kate en tendant un petit sachet en plastique à Castle pour qu'il y dépose les clés.
- En tout cas, il est passé par ici.
- Allez, en route, les boyscouts ! leur lança Beckett avec le sourire, en s'éloignant dans la direction suggérée par le jeu de clés.
Une centaine de mètres plus loin, ils tombèrent enfin sur une petite cabane en bois, au toit de tôles, sans fenêtres. Esposito et Ryan durent s'y reprendre à plusieurs fois pour enfoncer la porte en bois fermée par un cadenas.
En entrant, leur première sensation fut l'odeur d'humidité, de renfermé et de tabac froid. Ils réalisèrent qu'ils avaient trouvé le lieu du calvaire de Tyler, et sûrement aussi avant lui, de Braiden et Jason. Beckett se saisit du talkie-walkie pour prévenir le Capitaine Clark de leur envoyer rapidement une équipe d'experts, tandis que chacun enfilait des gants de latex.
- Le moins qu'on puisse dire, c'est que le confort est minimaliste, fit Castle, en regardant le petit matelas posé à même le sol.
- Là-dedans il y a des jouets, et des gâteaux, montra Ryan, un flacon de morphine et un kit avec des seringues.
- Ça sent le tabac froid, fit remarquer Esposito, il était là hier soir.
- Si c'est lui qui a appelé le 911, c'était une sacrée prise de risque. Car retrouver le corps, implique de retrouver cette planque, continua Castle.
- Il pensait que rien ici ne nous mènerait jusqu'à lui, fit remarquer Beckett, il va falloir voir ce qu'il n'a pas considéré comme important.
Ils se lancèrent dans l'examen de la petite cabane, en attendant l'arrivée des experts scientifiques.
