Chapitre 24
Lycée Stuyvesant, New-York, 15 h.
Alicia, son sac de cours sur le dos, se faufilait dans les couloirs du lycée, souriant aux élèves qu'elle croisait, saluant d'un bonjour cordial les professeurs qu'elle rencontrait. Sa journée de cours était finie, elle devait aller travailler au centre de documentation, comme tous les jours. Mais auparavant elle avait prévu de faire une petite expérience. Tester l'efficacité des forces de police qui, certainement, surveillaient tous ses faits et gestes. C'était une prise de risque, mais cela l'excitait. Elle en était quasiment certaine, les flics ne s'occupaient pas de l'accès aux cantines. Mais il fallait s'en assurer.
Ce matin, elle lui avait envoyé un message, lui indiquant où il devait l'attendre. Elle lui avait donné des consignes claires et précises : il avait eu pour mission de repérer et observer les policiers qui traînaient aux abords du lycée. Concentrés sur elle, ils n'avaient pas fait attention à lui, habitué à se fondre dans le décor, à ne pas être remarqué.
Elle traversa les couloirs aux abords du réfectoire, déserts à cette heure-ci, passa à proximité des cuisines, et suivit l'accès qui menait vers l'extérieur, à l'arrière du lycée. Un couloir sombre, froid, et étroit, qu'empruntaient seulement les livreurs qui approvisionnaient la cantine du lycée tous les matins. D'une main, elle poussa la barre de sécurité de la porte, et se retrouva dehors, dans une petite cour bétonnée, entourée de hauts murs, où s'alignaient simplement des bennes à ordures. Elle traversa la cour sur quelques dizaines de mètres, et atterrit directement dans la ruelle qui courait à l'arrière du lycée. Une petite rue, coincée entre les immeubles, dont la seule utilité était de permettre l'accès du camion de livraison aux cantines. Pour se sortir de l'impasse, il fallait suivre un dédale de rues toutes plus étroites les unes que les autres. Elle tourna à l'angle de la rue, et tomba sur lui. Adossé contre le mur, en jean et baskets, la casquette vissée sur la tête. Elle se dit qu'on aurait presque pu le prendre pour un adolescent dans cette tenue. Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche, qu'il la plaqua violemment contre le mur, s'empara de ses lèvres, fouillant d'une main ses cheveux, tâtonnant sur ses seins de l'autre main. Elle savoura quelques instants cette rage avec laquelle il palpait son corps, mordillait son cou, faisant instantanément naître en elle ce besoin d'être prise. Elle le stoppa dans son élan, pour l'entraîner dans les ruelles vers la petite cour bétonnée. Ils se faufilèrent entre deux bennes à ordures. Peu importe le lieu, seule l'ivresse comptait. Là, contre le mur, à peine dévêtu, quelques minutes suffirent à satisfaire cette pulsion sexuelle qui le dévorait depuis plusieurs jours. Puis il s'adossa contre le mur, et alluma une cigarette, pour assouvir son rituel jusqu'au bout. Il se sentit libéré de l'angoisse qui tapissait le fond de son ventre.
- Personne ne t'a vu ? fit-elle, en reboutonnant son jean.
- Non. Je t'ai déjà dit, personne ne me voit jamais.
- Et les flics ?
- Ils ont l'air d'être trois, dans deux voitures. Il y en a une sur Chambers Street, et l'autre à l'angle avec River Terrace.
- Qu'est-ce qu'ils font ?
- Pas grand-chose. Ils attendent que tu sortes. De temps en temps, il y en a un qui se balade un peu, et fait les cent pas dans la rue, l'air de rien. Mais ils ne s'éloignent pas du lycée.
- Trop prévisibles, fit Alicia, avec un sourire satisfait.
Il la regarda, fixant ce sourire enfantin, qui l'ensorcelait. Elle lui rappelait toutes ces femmes, ces gamines parfois, qui défilaient dans le lit de son père quand il était enfant. Elle était comme elles. Il pouvait faire tout ce qu'il voulait de son corps. Elle acceptait tous ses délires, toutes ses perversions. Jamais il n'avait connu une fille comme ça. Il n'était pas amoureux d'elle pour autant. Il n'avait jamais aimé une femme, comme si cela lui était impossible. Mais il aimait la posséder, physiquement, et retrouvait en elle le côté sadique qui faisait aussi partie de lui.
- Ils n'ont pas le droit de te suivre. T'as un avocat non ?
- Peu importe. C'est plus drôle d'avoir des adversaires à berner.
Il sourit à son tour, en tirant sur sa cigarette. Elle ne le regardait même pas vraiment. Si elle avait eu à faire à un portrait-robot de lui, c'est tout juste si elle en aurait été capable, tant elle ignorait la plupart du temps son visage. Ce qu'il était ne l'intéressait pas, ses sentiments lui importaient peu. Il n'était là que pour assouvir tous ses besoins, des plus primaires, instinctifs, charnels aux plus machiavéliques.
- Qu'est-ce que t'as foutu avec le gamin ? reprit Alicia sur le ton du reproche.
- Il s'est barré. Coriace ce petit.
- Comment un môme a pu t'échapper ?
- Peu importe. Il est mort, asséna-t-il.
- Tu es sûr au moins ?
- Oui. J'ai vu son corps étalé en sang en bas du talus, près de la rivière.
- T'as vérifié ?
- Oui, mentit-il. Ils ont dû le trouver, j'ai appelé le 911. J'ai pas suivi les infos mais à mon avis ça doit déjà faire les gros titres.
- Ok. Parfait. T'as au moins fait un truc de positif. Ils vont trouver la cabane et tout ce qui va avec. Ça va les mener droit vers notre cher ami, le suspect idéal, jubila-t-elle.
- On fait quoi maintenant ?
- On repart en chasse. Demain. Ici, à 8 heures.
- Ok.
- Sois à l'heure. Chaque minute sera comptée. Fais attention, ordonna-t-elle d'un ton froid.
- Ne t'inquiète pas.
- Si, je m'inquiète justement. Je n'ai pas envie que tu fasses tout foirer encore une fois, lui lança-t-elle en commençant à s'éloigner vers les bâtiments.
Il la regarda traverser la cour bétonnée, et entrer dans le lycée par la porte-arrière, sans même se retourner. Il tourna les talons, et se faufila dans les ruelles, telle une ombre. Il se sentait apaisé. Elle ne s'était pas fâchée que le gamin soit mort trop vite, comme si cela lui donnait un prétexte pour en choisir un autre, comme si maintenant, traquer l'amusait tout autant que lui. Il s'en réjouissait, il allait pouvoir en faire sa partenaire. Il lui ferait connaître l'extase suprême : de ses mains serrées autour de leur cou, faire disparaître la vie qui les anime dans un dernier souffle. Elle n'aurait plus de scrupules maintenant qu'elle avait pris goût à la traque.
Alicia estima le test concluant. Entrer et sortir du lycée par la porte des cuisines était facile, et surtout discret. De là, demain, elle pourrait s'absenter quelques temps du lycée sans que personne ne s'en aperçoive. Même pas les flics, occupés à attendre sagement que ses cours soient finis.
12ème District, New-York, 16 h.
Ils avaient laissé les experts scientifiques passer au peigne fin la cabane à Great Piece Meadows. Ils allaient en avoir pour plusieurs heures, à traquer la moindre trace de sang, la moindre fibre, le moindre indice. Tout ce qui avait été trouvé sur place avait déjà été transmis au laboratoire qui devait procéder à de multiples analyses.
- On va aller voir où en sont Lionel et Hardy avec les vidéos, annonça Esposito en passant la porte de l'ascenseur, ça fait des heures qu'ils sont dessus.
- Les pauvres, ils vont s'endormir devant si ça continue, fit remarquer Castle.
Gates et Shaw ont l'air en pleine discussion, remarqua Kate en passant devant le bureau du Capitaine, porte close.
- On fait quoi, nous ? demanda Rick
- On étudie les preuves, comme toujours, Castle, répondit Kate, en allant s'asseoir sur le bureau, face au tableau blanc.
- Je vais nous chercher du café, fit Rick en s'éloignant vers la salle de repos.
Kate commença à réfléchir, ressassant un par un tous les éléments qu'ils avaient, s'embrouillant de nouveau le cerveau. Elle en avait mal au crâne. Plus ils avançaient, plus ils avaient d'éléments, mais rien ne les ramenait jamais à Alicia Cox, ni au tueur d'ailleurs. Elle espérait ne pas être de nouveau déçue par les résultats du laboratoire qu'il allait falloir attendre encore des heures.
- Tu es fatiguée ? demanda Rick, en lui tendant son café.
- Un peu, sourit-elle, merci, mon cœur.
- A ne pas vouloir dormir la nuit, on en paye les conséquences ! s'exclama-t-il, taquin.
- Dis, quand on aura bouclé ce salaud, on repart en voyage de noce ? Il ne me faudra pas moins que ça pour récupérer ! lança Kate.
- Où tu veux, répondit-il, souriant.
A ce moment-là, l'officier Karpowski arriva.
- Lieutenant Beckett, j'ai les photos des objets trouvés dans la cabane, fit-elle en lui tendant les tirages, que Kate commença à accrocher sur son tableau blanc.
- Vous avez vu la cible ? fit Castle dans son dos à l'intention de Karpowski.
- Oui. Rien à signaler, répondit Karpowski avec mystère, la cible est sous contrôle.
Kate se retourna subitement pour les dévisager tour à tour, interloquée, se demandant de quoi il était question.
- D'accord. Merci. Tenez-moi au courant, répondit Castle.
- Ok, fit Karpowsky en repartant aussi vite qu'elle était arrivée.
- Qu'est-ce que tu manigances avec Karpowski ? Encore une histoire de paris ? demanda Kate, suspicieuse.
- Non, promis, juré, répondit Rick.
- Quoi alors ? C'est quoi « la cible » ? Qu'est-ce que tu as encore inventé ?
- Je ne peux pas te le dire ! lança Rick.
- Oh, si tu peux …
- Non, parce que tu vas me tuer ! s'exclama-t-il, l'air mi- souriant mi- inquiet.
- Castle ! Avoue-tout, tu sais que j'ai les moyens de te faire parler ! lui lança-t-elle en avançant son visage menaçant vers le sien.
- La cible, c'est …. ma mère, avoua-t-il timidement.
- Ta mère ?! Tu espionnes ta mère ? s'exclama Kate, sidérée.
- Euh … non, je ne dirais pas ça comme ça.
- Et avec la complicité de la police en plus ?! fit Kate, avec indignation.
- En fait …, tenta d'expliquer Castle.
- Combien tu payes Karpowski pour qu'elle s'amuse à suivre ta mère ? le coupa Kate, s'attendant au pire.
- Pas besoin de la payer. Elle le fait pour mes beaux yeux, sourit fièrement Rick.
Kate fusilla ses jolis yeux bleus.
- Pourquoi as-tu besoin d'espionner ta mère ? s'étonna Kate.
- Elle mène une vie de débauche depuis quelques temps, annonça Rick comme si c'était une évidence.
- Une vie de débauche ! On aura tout entendu ! Même si c'était vrai, ça ne justifie pas que tu la fasses filer par la police … Tu te rends compte ?
- Je reconnais que c'est une mesure un peu extrême …, mais à grand danger, grands moyens, fit Rick.
- Promets-moi d'arrêter de la faire suivre, lui lança Kate, exaspérée.
- Ok, mais …
- De toute façon, Karpowski va avoir affaire à moi. A force que tu traînes ici, tout le monde finit par te prendre pour un flic, et accepte n'importe quelle mission venant de toi, même la plus farfelue, continua Kate, lassée.
- Je ne traîne pas ici ! s'offusque Castle. J'accompagne ma partenaire …, qui, en plus, se trouve être ma femme.
- Tu ne t'arrêteras donc jamais …, soupira-t-elle.
- De faire quoi ?
- D'utiliser la police à des fins personnelles.
- Utiliser la police à des fins personnelles, c'est l'histoire de ma vie, Lieutenant Beckett, sourit-il, en l'enlaçant par la taille pour l'attirer à lui.
Elle se laissa faire, mais son visage fermé en disait long sur son mécontentement.
- Tu es fâchée ?
- Oui, je suis fâchée. Karpowski n'a pas à surveiller la mère de mon mari pendant ses heures de service. Si Gates apprend ça …, fit Kate, sur un ton sévère.
- Je suis un homme mort …. Tu ne le diras pas à ma mère hein ? chuchota-t-il, comme un gamin pris en faute.
Elle ne put s'empêcher de sourire, au vu de l'air désolé et repenti qu'il prenait.
- Ah un sourire …
- Tu m'exaspères !
- Oui, mais je te fais sourire.
- C'est indépendant de ma volonté ! Tu mériterais que je le dise à Martha …, répondit Kate, alors que Rick lui déposait un baiser sur les lèvres.
- Ne crois pas t'en tirer en jouant sur les sentiments …, continuait-elle, alors qu'il l'embrassait de nouveau.
- C''est le moment que choisit l'Agent Sorenson pour faire se planter à côté d'eux, comme sorti de nulle part.
- Agent Sorenson ! D'où sortez-vous ? lui lança Castle, surpris.
- Richard Castle. Moi aussi, ravi de vous revoir. Je vois qu'on prend du bon temps au 12ème, lâcha Sorenson avec un sourire.
- Will, bonjour, fit Kate, en se desserrant de l'étreinte de Rick.
Bonjour, Kate, répondit-il toujours souriant.
- Tu n'es pas en train de filer Alicia Cox ? demanda Beckett, étonnée de le voir au poste.
- Si, enfin je suis juste passé récupérer des dossiers. Mes gars sont toujours en planque devant le lycée. Et on s'ennuie à mourir. Tu as l'air en pleine forme, sourit-il.
- Je le suis.
- Félicitations pour ton mariage. J'ai lu ça dans la presse.
- Ah vous lisez les potins, fit Castle, amusé, je ne savais pas que vous étiez fan de moi !
- Je suis heureux pour toi et … ton romancier, fit Sorenson en jetant à Rick un regard un peu condescendant.
- Euh … vous savez que je suis là ? J'entends tout hein ! s'exclama Castle, l'air faussement indigné.
- Merci, Will. C'est gentil, sourit Kate.
- Beckett, Castle ! appela Ryan depuis le couloir, Shaw est prête pour le compte-rendu.
Ils rejoignirent la cellule de crise, où Jordan Shaw, accompagnée du Dr Henton, étaient en train d'organiser les icônes sur l'écran translucide. Wade et Clayton, attablés, savouraient leur première pause de la journée autour d'un café.
- Je vois que vous avez fait connaissance, nota Jordan Shaw en les voyant entrer tous les trois ensemble.
- On se connaissait déjà, répondit Kate.
- Malheureusement …, marmonna Castle à voix basse.
- Bien, alors commençons. D'abord, avec le Dr Henton, on s'est penchés un peu plus près sur le profil géographique du couple.
- Oui, fit le Dr Henton, si on considère qu'Alicia Cox est notre femme mystère, elle est rattachée au sud-est de Manhattan, c'est sa zone de confort. Par contre, les événements des derniers jours, auxquels Alicia n'a pas participé apparemment, puisqu'elle était au commissariat, se rattachent tous au New-Jersey : Hoboken pour l'enlèvement de Tyler et l'appel téléphonique au 911, Great Piece Meadows pour la séquestration des enfants, la plaque d'immatriculation de la voiture aussi d'après le jeune témoin. Notre homme habite le New-Jersey, une zone probablement comprise entre Hoboken et la zone forestière.
- On va ajouter cela dans la matrice, et relancer une recherche, fit Clayton.
- Pour préciser encore les choses, au départ on cherchait quelqu'un qui a vécu un traumatisme. On suppose que c'est le cas d'Alicia. Mais pour l'homme aussi, il faut chercher ce traumatisme, en remontant plus loin en arrière dans l'enfance : décès d'un proche, violences familiales ...
- Vous pensez toujours qu'il est père ? demanda Beckett.
- Oui. Il a appelé les secours pour qu'on trouve le corps de Tyler. Je pense que c'est l'instinct paternel qui l'a amené à faire ça. Il ne pouvait pas imaginer le père de Tyler rester dans l'incertitude quant au devenir de son fils.
- Je peux vous poser une question ? les interrompit Sorenson.
- Oui, allez-y Agent Sorenson.
- Je sais bien que je débarque sur l'enquête. Mais je constate que vous fondez toute votre réflexion sur le fait qu'Alicia Cox est forcément la femme mystère. Et si ce n'était pas elle ?
- Elle correspond au profil, répondit Henton.
- Sans vouloir vous offenser, Dr Henton, tout le monde sait que les profils du FBI ne sont pas fiables à 100 %, rétorqua Sorenson.
- Will, on a auditionné Alicia, et je te certifie que cette fille est dérangée, continua Beckett.
- Oui, ajouta Shaw, j'ai pourtant l'expérience des sociopathes et des manipulateurs, mais je crois que celle-ci décroche la palme.
- Ok. Je vous fais confiance.
- D'ailleurs, Agent Sorenson, soyez vigilants. Sous ses airs d'ange, elle est très maligne.
- Pas de souci. On l'a à l'œil.
- La cabane qu'est-ce que ça a donné ? reprit Shaw, passant en revue point par point toutes les avancées de l'enquête.
- Tout ce qu'on a trouvé est au labo : jouets, pyjama, biscuits, répondit Beckett.
- Ça confirme que les enfants étaient bien retenus prisonniers là-bas, et que le ravisseur s'occupait d'eux, ajouta Esposito.
- On a aussi trouvé des mégots de Lucky Strike, toujours avec le même ADN.
- Ok. Et les vidéos ? poursuivit Jordan Shaw.
- Entre jeudi soir et samedi soir, toutes les nuits, Alicia sort de chez elle, répondit Wade.
- Donc pas seulement les nuits des meurtres ? demanda Shaw.
- Non, dans celle de jeudi à vendredi aussi. A la même heure : sortie vers minuit et demi, retour vers trois heures, précisa Clayton.
- Et là on est sur la nuit de dimanche à lundi, on va voir, fit Esposito.
- Soit elle rejoint l'homme toutes les nuits, soit elle a un stratagème pour semer le trouble sur l'objectif de toutes ses balades nocturnes, constata Castle.
- Qu'est-ce que donne la filature, agent Sorenson ?
- Une jeune fille très sage. Aucun mouvement cette nuit. Sortie de chez elle vers 8h30 ce matin. Elle a rejoint son amie en chemin. Entrée dans le lycée à 8h50 pour son cours de 9h. On est allé vérifier à l'heure du déjeuner, elle était au réfectoire. D'après son planning, elle finit les cours à 15h, puis va au centre de documentation. On a vérifié, elle y est à l'heure actuelle. Les gars attendent qu'elle sorte.
- Ok, merci.
- J'y retourne, alors, fit Sorenson en quittant la pièce.
Jordan Shaw s'avança vers l'écran lumineux où s'affichaient les photos des objets trouvés dans la cabane.
- Le fait que ce soit des biscuits confirme aussi la thèse selon laquelle ce serait Alicia, fit Shaw. Seuls les ados et les enfants se nourrissent de biscuits et de sucreries.
- Les jouets ne sont pas récents, ajouta Castle, on voit qu'ils sont usés. Ça doit être de la récupération.
- Ou des jouets qui appartenaient à Zach et qu'Alicia a conservés. On en saura peut-être plus avec les analyses du labo.
- Regardez le pyjama, fit Jordan Shaw, en zoomant sur la photo, là à l'intérieur de l'encolure.
- Quelque chose a été brodé, constata Kate en scrutant l'image.
- Z.C … déchiffra Shaw.
- Zach Cox, fit Castle.
Ils se regardèrent sidérés, comme s'ils venaient de faire la découverte du siècle, celle qui allait changer le cours de l'enquête, et qui leur semblait tomber du ciel de manière totalement inattendue.
- Montrez les photos des pyjamas portés par Jason et Braiden, continua Kate, impatiente.
- Les voilà, fit Shaw en faisant défiler son doigt sur l'écran.
- Rien sur ceux-là, constata Ryan, déçu.
- Z.C … c'est forcément Zach Cox. Ce ne peut pas être un hasard, fit Esposito.
- Quand ma fille part en voyage scolaire, ou en colonie, je dois marquer ses vêtements au cas où elle les perdrait. Toutes les mères font ça, expliqua Shaw.
- Il faut qu'on aille voir Laura Cox pour lui montrer ce pyjama. Il nous faut une confirmation, fit Beckett.
- Si elle veut bien nous parler, ajouta Ryan.
- Lieutenant Beckett, passez récupérer les trois pyjamas au labo, et allez trouver Laura Cox au travail. Prenez-la par surprise, sans son mari. Jouez sur ses sentiments de mère. Elle sait forcément si ce pyjama était à Zach.
- S'il a appartenu à Zach Cox, on vient d'établir le premier lien concret entre les meurtres et Alicia, conclut Castle.
Chapitre 25
Bureau de Laura Cox, Canal Street, New-York, 17h30
Beckett et Castle patientaient à l'accueil. Selon la standardiste, Mme Cox était occupée avec un client, et il aurait été préférable qu'ils reviennent un autre jour. Mais il était hors de question qu'ils s'en aillent sans lui avoir parlé. Quand Laura Cox sortit enfin de son bureau, et tomba sur eux dans le couloir, elle fut très étonnée, mais, prise de court, se sentit obligée de leur parler.
- Bonjour Madame Cox, commença Beckett avec un sourire bienveillant, voici Richard Castle.
- Bonjour.
- Nous sommes désolés de venir vous déranger au bureau.
- Que voulez-vous ? Dois-je appeler notre avocat ? demanda Laura Cox, un peu tendue et inquiète.
- Non, je ne crois pas que ce soit nécessaire. Je peux vous expliquer pour commencer ?
- Oui, répondit-elle étonnamment à l'écoute.
- On pense toujours que les enlèvements de ces enfants sont liés au décès de votre fils, Zach, il y a dix ans, et qu'ils impliquent donc quelqu'un de votre communauté religieuse, qui le connaissait. Nous avons trouvé quelque chose qui pourrait avoir appartenu à votre petit garçon.
- Ce pyjama, fit Castle en sortant le vêtement du sac plastique destiné aux preuves.
- Oui, c'est à Zach ! Je n'ai pas vu ce pyjama depuis dix ans …, fit-elle en caressant doucement le tissu du pyjama, l'air affectée.
- C'est vous qui avez brodé ses initiales dans le col ? demanda Beckett.
- Oui. Les enfants sont allés pendant trois jours en voyage avec le catéchisme. C'était la première fois que je me séparais d'Alicia et Zach.
- Vous avez gardé les vêtements de Zach après son décès ? continua Castle.
- Non, nous avons tout donné à la communauté. Le Père Daniels gère une association d'aide aux plus démunis, à laquelle je participe bénévolement depuis des années.
- Vous êtes sûre qu'aucun vêtement n'a été conservé ? Par un proche par exemple, en souvenir de Zach ? insista Kate.
- Non, rien du tout. J'ai donné tout ce qui lui appartenait. J'ai moi-même tout mis dans des cartons et tout déposé à l'association.
- Bien. Merci, Mme Cox.
- Ces pyjamas-là sont-ils aussi à Zach ? demanda Castle en sortant les deux autres petits vêtements.
- Je ne crois pas non, ça ne me dit rien. Mais ça remonte à longtemps. Où avez-vous trouvé ces pyjamas ?
- Braiden et Jason les portaient quand on a retrouvé leurs corps.
- Comment est-ce possible ? C'est horrible ! s'indigna Laura Cox, sous le choc.
- Nous l'ignorons, justement, répondit Rick.
- Merci de votre aide, Mme Cox. Au-revoir.
Kate et Rick prirent la direction de l'Eglise St Luke, dans West Village, pour aller interroger le père Daniels au sujet de cette association d'entraide, et des vêtements qui y sont déposés. En route, Beckett appela Shaw pour la tenir informée, et lui demander de prévenir le père Daniels de leur arrivée.
- Ça nous éloigne de la piste d'Alexia, non ? fit Castle, en lançant à Kate un regard interrogateur.
- Je ne sais pas. Mais cela nous ramène encore à la communauté de St Luke. Ce qui n'exclut pas Alicia, bien au contraire. Cette fille est suffisamment maligne pour embrouiller les pistes.
- Mais ça remonte à dix ans.
- Peut-être qu'il y a dix ans les pyjamas ont atterri chez quelqu'un qui est devenu notre ravisseur, suggéra Kate, auquel cas il y a un autre détraqué dans la communauté finalement. Et Sorenson a raison.
- Non, impossible qu'il ait raison. Ce serait un sacré hasard quand même que ça tombe sur le pyjama de Zach Cox. Et il n'y a pas de hasard, chaque élément fait partie de l'histoire.
- Alors quelqu'un a volontairement volé ces pyjamas-là il y a dix ans avant leur distribution aux familles. Ce qui peut nous renvoyer à toute personne de l'entourage de Zach Cox, et donc à Alicia. Je suis pour cette théorie-là.
- Tu crois qu'elle nous embrouille volontairement ?
- C'est fort probable. Selon Henton, elle prend un malin plaisir à se jouer de nous.
- Mais elle avait 6 ans … Tu vois une gamine de 6 ans voler des vêtements ? fit Castle, en repensant à l'innocence de sa propre fille à cet âge-là.
- Je ne sais pas. Moi à 6 ans, je faisais des colliers de perles et je changeais les couches de mes poupées …
- Tu jouais à la poupée, toi ? demanda Rick, l'air étonné.
- Oui, et alors ? sourit Kate. Pourquoi ? Ça te surprend ?
- Non, c'est juste que je t'imaginais plutôt jouer aux gendarmes et aux voleurs …, fit Rick, avec un sourire moqueur.
- Très drôle ! J'y jouais aussi. Ce n'est pas incompatible, tu sais … On peut jouer aux gendarmes et aux voleurs, et très bien changer les couches, lui répondit-elle avec un regard malicieux.
- Hum …, est-ce que je comprends bien le sens caché de cette phrase ? sourit Rick, en réfléchissant.
- Je te laisse méditer à ce sujet, rigola Kate, avant de revenir au cœur de leur discussion. Pour ce qui concerne Alicia, elle était sûrement déjà très intelligente à l'âge de 6 ans, et peut-être aussi déjà détraquée.
Le père Daniels les attendait dans la cure, qui lui servait de bureau, à côté de l'église St Luke.
Bonjour, Mon Père. Lieutenant Beckett. Et voici Richard Castle, annonça Kate quand il les fit entrer.
- Bonjour, répondit-il avec un sourire.
- Désolée de vous embêter de nouveau concernant cette affaire, ajouta Kate.
- Ce n'est rien. Je suis content si je peux vous aider. Toute la communauté est sous le choc, et meurtrie. Asseyez-vous donc là, fit-il gentiment en désignant les chaises près de son bureau.
- Merci.
- Que puis-je faire pour vous ? reprit-il en s'asseyant en face d'eux.
- Nous aurions des questions à vous poser concernant l'association d'entraide. C'est vous qui vous en occupez ? demanda Kate.
- Je préside l'association, mais au quotidien, une dizaine de bénévoles s'en occupent : ils gèrent la collecte et la distribution.
- Et comment ça fonctionne ?
- Les vêtements collectés sont rassemblés au magasin de l'association et les familles plus démunies peuvent venir quand elles en ont besoin.
- C'est ouvert à tout le monde ?
- En théorie, oui, enfin selon des critères de revenus bien-sûr. Mais ce sont toujours plus ou moins les mêmes familles qui fréquentent le magasin de l'association. Pourquoi ces questions ? s'étonna le père Daniels.
- Il y a dix ans, au moment du décès de Zach Cox, sa mère a fait don de tous ses vêtements à l'association, expliqua Beckett.
- Oui, je m'en souviens, répondit le père Daniels.
- Le problème est que nous avons retrouvé un pyjama appartenant à Zach sur les lieux du crime. Et deux autres pyjamas qui sont probablement issus aussi de votre association.
- Cela veut dire que …, commença-t-il, un peu choqué par cette révélation.
- Oui, celui qui a tué les garçons a pris ces pyjamas dans votre magasin, ou se les est vu distribuer, expliqua Kate.
- Où se trouve le « magasin » ? reprit Castle.
- Sur Grove Street.
- Vous avez déjà été cambriolé ?
- Non, jamais.
- Il va nous falloir la liste de toutes les bénévoles et des familles qui avaient l'habitude de fréquenter l'association en 2004.
- Je vais essayer de vous trouver tout cela, mais ça remonte à tellement longtemps.
- Alicia Cox a pu avoir accès au magasin ?
- Elle venait avec sa mère oui. Laura Cox était bénévole. Vous pensez qu'Alicia est mêlée à tout ça ?
- On ne sait pas encore, lui répondit Beckett, ne préférant pas trop en révéler.
- Merci, Mon Père.
- De rien. Je vous fais parvenir cette liste rapidement, je vais devoir aller fouiller les archives de la paroisse.
Cellule de crise, 12ème District, New-York.
Jordan Shaw arpentait la pièce de long en large. Beckett et Castle venaient de lui expliquer ce qu'ils avaient appris auprès de Laura Cox et du père Daniels. Et elle était plutôt agacée.
- On a deux solutions : soit ce n'est pas Alicia Cox soit elle nous met sur une fausse piste, lâcha Shaw en se plantant devant la photo angélique d'Alicia qui s'affichait en plein milieu de l'écran.
- Elle nous manipule, répondit Beckett, d'un air entendu.
- Wade, reprit Shaw, trouvez-moi la liste des bénévoles de l'association et des familles qui la fréquentaient en 2004. On n'a pas le temps d'attendre que le père Daniels nous les communique.
- Ok.
- Cette fille n'est pas clean, regardez-ça ! s'exclama Esposito, en montrant la vidéo sur l'écran de son ordinateur.
- C'est quand ? demanda Beckett en regardant par-dessus son épaule les images qui défilaient.
- Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 3h.
- Elle est à moitié dévêtue, constata Clayton.
- On dirait que ses vêtements sont déchirés, elle s'est fait agressée vous croyez ? ajouta Ryan.
- N'oubliez pas que c'est une actrice née, fit Beckett, elle sait sûrement qu'elle est filmée.
- Elle aurait simulé une agression ? demanda Castle, l'air abasourdi.
- Vous savez ce que je crois, fit Jordan Shaw en scrutant l'écran, cette fille prépare sa future défense. Toutes les nuits, meurtres ou pas, on la voit déambuler dans la rue entre minuit et demi et trois heures du matin. Comme un rituel. Un rituel qui n'aurait rien à voir avec notre affaire, histoire de semer le doute.
- Elle se construit un alibi, comme si elle allait voir son petit-copain imaginaire toutes les nuits, continua Beckett.
- Peut-être pas si imaginaire … D'ici peu, on risque de voir ce petit-copain tomber du ciel.
- Et pour les pyjamas, c'est pareil. Je suis sûre que c'est volontaire, continua Beckett.
- Mais oui ! s'exclama Rick, en se tournant vers Kate. Le tueur a appelé le 911 pour Tyler. Il savait qu'on trouverait la cabane. On s'est dit que c'était parce qu'il pensait qu'il n'y avait aucun indice permettant de remonter à lui, expliqua Rick.
- Sauf qu'on y a trouvé facilement un indice flagrant, enchaîna Kate
- Jusque-là on n'avait rien … continua Rick.
- Et tout d'un coup ce pyjama … fit Kate.
- Qui nous renvoie de façon flagrante à Zack Cox … termina Rick.
Ils finissaient leurs phrases mutuelles en parfaite osmose, comme si tout avait disparu autour d'eux, enfermés dans leur bulle complice. Jordan Shaw et les gars assistaient au spectacle, l'une avec stupéfaction, les autres blasés.
- C'était volontaire ! lancèrent-ils tous les deux en se souriant, le regard de l'un plongé dans celui de l'autre.
- C'est flippant leur truc, hein ? fit Esposito à l'intention de Shaw.
- Mignon plutôt, je dirais, sourit Shaw.
- Mignon ? reprit Esposito en grimaçant.
- Espo, occupe-toi donc de tes vidéos ! lui lança Beckett avec son regard noir.
- En tout cas, fit Castle, le message est clair : « Attrape-moi si tu peux ». Elle sait qu'on la soupçonne, et nous envoie un indice pour nous satisfaire.
- Juste au moment où on y croit, l'indice nous envoie dans une autre direction, continua Ryan.
- Mais c'est une sacrée prise de risques de sa part, constata Beckett.
- C'est ça qui l'amuse, justement, fit Shaw, elle en tire un plaisir narcissique.
- Elle me rappelle quelqu'un … fit Castle, son regard s'assombrissant tout d'un coup.
- Tyson, répondit Ryan.
- Aussi manipulatrice, perverse et invisible que lui, continua Rick.
- Et Tyson … C'est quoi son jeu préféré ? demanda Beckett, tout en connaissant la réponse.
- Faire souffrir Castle, répondit Esposito comme une triste évidence.
- A part ça ? demanda Beckett.
- Désigner de faux coupables ! s'exclama Rick.
- Si elle est aussi diabolique que lui, Alicia a prévu un suspect idéal qui va se retrouver accusé par les indices qu'elle sème, expliqua Beckett.
- Le père Daniels, fit Ryan, elle avait cette lueur étrange dans le regard quand elle parlait de lui.
- Le père Daniels ? s'étonna Jordan Shaw.
- Beaucoup d'éléments nous ramènent à lui. Alicia l'a mentionné plusieurs fois, expliqua Kate.
- Quand on l'a interrogée la première fois, elle a parlé du père Daniels comme l'une des personnes s'étant beaucoup occupée de Zach avant sa mort. Et c'est lui qui célébrait la messe d'enterrement, ajouta Esposito.
- Et pendant son audition au poste, elle s'est plainte auprès de sa mère de tout ce que racontait le père Daniels, continua Beckett. Elle a l'air de lui en vouloir pour quelque chose.
- Et maintenant ce pyjama nous amène à l'association du père Daniels.
- Elle sème des indices. Chacun de ses mots et de ses actes ont une signification. Cette fille a toujours un temps d'avance sur nous, conclut Shaw.
- Quelle psychopathe … fit Rick, presque admiratif. Je pourrai en faire l'héroïne d'un nouveau roman. Je vois déjà le titre « Tueuse-née, de l'autre côté du miroir ».
-Oui, tu pourrais en faire ta muse aussi carrément ! lança Esposito. Ça nous ferait des vacances !
- Tant que tu ne l'épouses pas ! lâcha Ryan avec un sourire moqueur.
Kate lui lança un regard sévère, et le sourire de Ryan disparut en un clin d'œil.
- L'étape suivante de son petit jeu nous mènerait donc tout droit au père Daniels …, fit Shaw, toujours concentrée malgré les divagations des gars, faisant apparaître la photo du prêtre sur l'écran lumineux. Clayton, faites une recherche sur le père Daniels. Il faut rassembler tout ce qu'on a sur lui. Si c'est à lui qu'elle veut nous mener, il faut anticiper.
- Ok.
- Elle serait capable de faire accuser ce pauvre homme de Dieu, sans qu'on soit capable de l'innocenter ? demanda Castle, sans attendre forcément de réponse.
- Lieutenant Beckett, Agent Shaw ! lança Victoria Gates en entrant dans la pièce, je viens d'avoir le Capitaine Clark au téléphone, les experts ont trouvé autre chose à Great Piece Meadows.
- Quoi ?
- Un peu plus haut dans la forêt, une maisonnette abandonnée, expliqua le Capitaine. Il y a des traces de sang. Les analyses sont en cours. Mais surtout des dizaines de cadavres et d'ossements de petits animaux.
- Des animaux ? s'étonna Beckett.
- Oui, des petits carnassiers : mulots, belettes, des chats aussi, continua Gates en lisant le rapport qu'elle tenait entre ses mains.
- Des chats ?
- Qu'est-ce qui les a tués ? demanda Shaw.
- Plutôt qui, pour les cadavres les plus récents, d'après les experts, morts par strangulation, répondit Gates en lisant le rapport des scientifiques.
- Ce malade a étranglé des bestioles ? Avant de passer à des petits garçons … s'indigna Castle, en prenant un air sombre.
- Les ossements les plus anciens remontent à presque vingt ans d'après les premières observations, répondit Gates en lisant le rapport de la scientifique.
- Ça remonte à son adolescence, voire même avant, fit remarquer Kate.
- On a trouvé son repaire initial, continua Shaw.
- S'il a tué des chats, il peut y avoir des plaintes qui ont été déposées, suggéra Gates.
- Esposito, Ryan, lancez-moi une recherche sur tous les chats d'Hoboken portés disparus ou signalés morts ces vingt dernières années, ordonna Shaw.
- Enquêter sur des chats étranglés …, on aura tout vu …, fit Ryan, peu motivé.
- Ça va prendre des jours …, grogna Esposito.
- Je sais bien. Alors commencez rapidement ! leur lança Jordan Shaw avec autorité.
- Quant à vous Monsieur Castle ! J'ai à vous parler ! lança Gates fermement.
- Euh … tout de suite ? fit Rick, l'air craintif.
- Oui. Immédiatement, dans mon bureau ! reprit le Capitaine, avec son regard assassin.
- Qu'est-ce que tu as encore fait, mec ?! se moqua Ryan.
- J'en connais un qui va finir au coin ! railla Esposito.
Gates les fusilla à leur tour de son regard perçant, et ils eurent vite fait de filer accomplir leur mission : trouver des chats étranglés.
Rick se leva pour suivre Gates, en jetant un regard un brin inquiet à Kate, qui lui fit signe qu'elle n'en savait pas plus que lui.
