Voilà le chapitre final :) Merci à toutes celles et ceux qui ont suivi cette histoire. La suite est Cluedo, au cas où vous ne l'auriez pas lu.

Chapitre 46

Loft, 19 h.

Kate prenait sa douche, soulagée d'en avoir enfin fini avec cette enquête. Elle avait l'impression de pouvoir prendre le temps de respirer pour la première fois depuis leur retour de lune de miel. La semaine avait été intense, entre l'horreur de l'affaire, l'angoisse, et l'annonce de sa grossesse. Elle était épuisée. L'image d'Alicia restait gravée dans sa tête. Elle l'avait regardée partir, menottée, encadrée par deux policiers qui l'emmenaient vers la prison de Rikers Island. Son air serein, presque radieux, lui avait fait froid dans le dos. Et le seul mot qu'elle avait prononcé en passant devant elle, avec son sourire en coin, résonnait encore et encore dans sa tête : « Merci ». Elle essayait de comprendre la signification de ce mot si banal. Alicia l'avait-elle remercié pour l'avoir arrêtée ? Pour l'empêcher de continuer à commettre des crimes ? Pour le fait d'avoir été, bien malgré elle, sa partenaire de jeu ? Ou simplement parce qu'elle lui permettait de commencer un nouveau jeu ailleurs ? Elle ne le saurait sans doute jamais. Demain, ils auraient le résultat de la dernière expertise psychiatrique qui scellerait le destin d'Alicia.

Elle sortit de la douche, se sécha, et s'enroula dans une serviette. Elle traversa la chambre, et ouvrit la penderie pour choisir sa robe. Ce soir, ils sortaient. Elle était ravie d'avoir pu aider Martha à organiser cette petite surprise pour Rick.

Dans son bureau, Rick assis dans son fauteuil, se demandait ce qui l'attendait ce soir. Qu'avait manigancé sa mère avec la complicité de Kate ? Ces deux-là réunies étaient redoutables de mystère. Son esprit divagua vers le bébé. Il était si heureux qu'il se demandait bien comment il allait faire pour ne pas afficher son bonheur aux yeux de tous. Il avait promis à Kate de ne rien dire pour l'instant, mais il avait déjà failli lâcher le morceau par inadvertance en parlant à Gates. Les gars étaient constamment sur leur dos. Et il y avait fort à parier que Lanie ne mettrait pas longtemps à deviner que quelque chose se tramait. Il mourrait déjà d'envie de l'annoncer à Martha, Jim et Alexis. Ils ne pourraient pas taire bien longtemps cette heureuse nouvelle.

- Tu es prêt ? demanda Kate en apparaissant dans l'encadrement de la porte.

- Oui …, répondit-il en contemplant sa muse resplendissante, dans sa jolie robe noire.

Son regard se posa sur chacune des parties de son corps, la finesse de ses jambes, son joli décolleté, les boucles de ses cheveux tombant sur ses épaules dénudées, son sourire envoûtant.

Elle sourit en voyant les yeux amoureux qu'il portait sur elle.

- Tu es magnifique …, fit-il avec tendresse, en se levant pour l'enlacer par la taille.

- Tu n'es pas mal non plus, répondit-elle souriante en réajustant son col de chemise, avant de lui piquer un baiser sur les lèvres.

- Comment fais-tu pour être si belle ? demanda-t-il en la regardant tendrement.

- Je suis amoureuse comme au premier jour, répondit-elle doucement, en plongeant ses yeux dans les siens.

- Je me disais bien aussi, sourit-il, en caressant doucement son dos. Et qui est l'heureux élu ?

- Un mystérieux écrivain, chuchota-t-elle en enlaçant son cou.

- Il est beau au moins ?

- Très … et sexy, intelligent, drôle … Bon je m'arrête là, sinon il va prendre la grosse tête ! rigola Kate.

Il posa doucement ses lèvres sur les siennes, et resta quelques secondes à la regarder, la tenant contre lui.

- Qu'y a-t-il ? demanda Kate, tout sourire.

- Rien. J'ai la femme la plus merveilleuse au monde. Et elle porte notre bébé, répondit-il, pleinement heureux.

- Oui … Il faut que j'en profite, bientôt je ne rentrerai plus dans cette robe ! s'exclama Kate.

- Pour la bonne cause ! lança Rick avec enthousiasme.

- Je crois que Lanie se doute d''un truc, fit Kate en faisant la moue.

- Déjà ? s'étonna Rick.

- Oui, tu sais comment elle est. Elle a trouvé qu'il y avait quelque chose de différent en moi.

- Elle se prend pour Shaw ou quoi ! lança Rick. Peut-être qu'on devrait l'annoncer …

- Tu crois ? fit Kate, hésitante.

- Eh bien, tu sais, les gars je ne leur donne pas une semaine pour le découvrir. Ils fourrent leur nez partout ces deux-là. Ils vont vite se rendre compte que tu ne bois plus ni café ni alcool. Et puis toi tu ne sais pas mentir … Lanie va t'avoir à tous les coups.

- Comment ça ne je sais pas mentir ?! lança Kate en riant. Je peux mentir si je veux !

- Pas à moi, en tout cas ! rigola-t-il. Tu n'es pas pressée de le dire à ton père ?

- Si, il va être fou de joie.

- Et ma mère aussi mais … mince, elle va peut-être vouloir rester au loft du coup … On attend qu'elle parte pour lui dire ? fit Rick en riant.

- Tu es méchant ! s'exclama Kate avec humour.

- Je plaisante.

- Et Alexis ? Tu crois qu'elle va être contente ? s'enquit Kate.

- Bien-sûr qu'elle va être contente. Elle va être grande sœur.

- Alors il va falloir l'annoncer à tout le monde, sourit Kate, mais pour l'instant, viens, on va être en retard.

- Dis-moi où on va ! lança-t-il, impatient.

- Non ! Allez ! Le taxi doit déjà nous attendre ! lança-t-elle en l'entraînant par la main.

Une vingtaine de minutes plus tard, dans le taxi.

Rick s'impatientait, se demandant où ce taxi les conduisait. Assis près de Kate, il était resté calme quelques minutes, mais maintenant, comme un gamin, il la harcelait de questions, toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

- Est-ce qu'on va prendre un hélicoptère ?

- Non ! s'exclama Kate en riant.

- Est-ce qu'il est question d'un labyrinthe secret ?

- Non ! Arrête tes délires, Castle !

- Mais aide-moi à trouver, s'il te plaît, ma chérie … murmura-t-il, avec un sourire enjôleur.

- Bon, tu as gagné ! fit-elle en riant. Martha m'a autorisée à te donner un indice avant d'arriver. Ecoute bien.

- Ok.

- « C'est merveilleux la vie … Et ce qu'il y a de merveilleux, c'est qu'elle ne dure pas toujours ».

Rick n'eut pas besoin de réfléchir. Cette phrase il la connaissait par cœur. C'était tiré de sa pièce de théâtre préférée, celle qui avait inspiré une partie de sa vie.

- Harold et Maude …, ma mère va jouer dans Harold et Maude ? demanda-t-il perplexe en regardant sa muse.

- Oui, répondit-elle avec un grand sourire.

- Waouh …, sourit-il doucement, visiblement ravi et même un peu ému, c'est … Elle t'a raconté ?

- Juste que c'est ta pièce préférée, l'une de tes références. Dis-moi tout, demanda-t-elle, en posant tendrement sa main sur sa cuisse.

- Elle m'a offert le livre pour mes treize ans. Je l'ai lu une bonne centaine de fois depuis. Tu m'as souvent demandé ce qui m'avait conduit à m'intéresser à la mort pour mes romans, pourquoi j'étais fasciné par ce côté sombre de la nature humaine. Je dirais que c'est en partie à cause de ce bouquin. Le héros, Harold, est un jeune homme obsédé par la mort qui joue à mettre en scène de faux suicides, plus ou moins farfelus. C'est comme ça que j'ai commencé à imaginer des meurtres.

- Je suis ravie de comprendre enfin le mystère du maître du macabre qu'est mon mari, sourit Kate.

Il posa sa main sur la sienne, sur sa cuisse, et enlaça ses doigts aux siens.

- Je n'arrive pas à croire que ma mère va jouer Maude, fit-il, songeur. Elle rêve de ce rôle depuis toujours. Elle est faite pour incarner Maude. Elle est Maude.

- Elle est toute excitée de te faire la surprise. Elle savait que tu serais surpris et si content.

- Oui, cette pièce c'est un hymne à ma mère …, continua-t-il, songeur.

- C'est pour ça que tu l'aimes autant ?

- Oui, parce que, adolescent, c'est grâce à ce livre que j'ai compris que ma mère, pas toujours assez présente à mon goût et un peu hors-norme, était un don du ciel : fantasque, anticonformiste, croquant la vie à pleines dents. C'est le personnage de Maude, et c'est elle-aussi. Et puis, beaucoup de ce que je suis aujourd'hui vient de la lecture de cette pièce.

- Ton côté grand gamin par exemple ? demanda Kate en souriant.

- Oui, tout à fait. C'est en lisant ce livre que j'ai compris qu'on n'a qu'une vie, qu'il faut en profiter sans se soucier du regard des autres, et qu'on a le droit de faire l'idiot de temps en temps.

-Tu en as fait ta philosophie …

Elle le sentait ému, touché, à la fois par cette pièce qu'il aimait tant, par le fait que sa mère ait décroché le rôle dont elle rêvait, et par la surprise qu'elle avait voulu lui faire.

- Et Cameron ? Il joue Harold bien-sûr …, ajouta-t-il en riant.

- Oui ! lança Kate en rigolant.

- Je suis trop bête ! fit Rick en riant à son tour. Elle a dû bien se marrer en me laissant croire que c'était son amant.

- C'est parce que tu l'as fait suivre, qu'elle a décidé de se jouer de toi, sourit Kate, et puis il faut dire qu'avec toi, ça marche à tous les coups ! Elle répète depuis des semaines, jour et nuit. Elle a été appelée pour remplacer l'actrice qui devait jouer Maude au dernier moment peu de temps avant qu'on parte pour l'Australie. Elle joue au Barrymore Theatre sur Broadway.

- Broadway …. Elle va avoir du mal à garder les pieds sur terre après ça ! lança-t-il en riant.


Barrymore Theatre, Broadway, 22 h30.

Ils s'étaient faufilés dans les couloirs menant aux coulisses pour aller féliciter Martha. La pièce venait de se terminer. Rick et Kate avaient goûté avec plaisir à chaque instant de cette soirée.

Le taxi les avait déposés devant le porche à arcades du théâtre, au-dessus duquel s'affichait en lettres dorées le nom de la pièce et de ses acteurs. Martha Rodgers. Cameron Hawkins. Ils s'étaient mêlés à la foule des initiés qui venaient découvrir la première de cette adaptation d'Harold et Maude. Puis, enfoncés dans leur siège, au balcon, ils s'étaient immergés complètement dans l'univers de cette pièce. Martha était majestueuse. Ils passèrent par toutes les émotions, du rire aux larmes, le cœur serré par moments, le sourire aux lèvres à d'autres, captivés par le jeu de Martha et Cameron. Kate comprit pourquoi cette pièce avait tant marqué Rick, et influencé sa vie. L'héroïne ressemblait tellement à Martha. Elle était heureuse de partager ce moment avec lui, et d'en découvrir un peu plus sur ce qui avait façonné l'homme qu'elle aimait. Elle avait beau le connaître par cœur, c'était comme s'il y avait toujours un mystère à découvrir.

Quand le rideau tomba, sous les applaudissements enthousiastes du public, qui se leva pour rappeler par trois fois les acteurs sur scène, Rick ressentit une immense fierté. Sa mère, sur la scène à laquelle elle dédiait une bonne partie de sa vie, saluant son public, radieuse après avoir interprété le plus beau rôle qu'elle ait eu à jouer. Le sien, finalement.

Rick frappa à la porte de la loge de sa mère, qui les accueillit débordant de joie.

- Katherine ! Richard ! s'exclama-t-elle enthousiaste.

- Mère ! Quelle surprise ! Toi ici ! lança Rick en riant.

Il s'approcha d'elle, pour l'enlacer et la serrer dans ses bras.

- Merci, lui chuchota-t-il à l'oreille tendrement, tu étais grandiose.

- De rien, chéri, sourit-elle, alors qu'il desserrait son étreinte.

- Vous étiez magnifique, Martha, fit Kate en s'approchant d'elle à son tour.

Martha l'étreignit doucement.

- Merci, Katherine. Sans toi, je n'aurais pas réussi à faire la surprise à ce grand dadet, trop curieux.

- C'était un plaisir de vous aider.

- Et un plaisir de vous moquer de moi toutes les deux ! ajouta Rick.

- Oui, aussi ! rit Martha, aussitôt imitée par Kate.

- Je suis fier de toi, Mère, fit Rick, attendri. Tu étais magistrale, et tu sais comme j'aime cette pièce …

- Oui, je sais, chéri, sourit Martha. Je crois qu'un miracle s'est produit pour que j'obtienne ce rôle. Comme quoi tout vient à point qui sait attendre.

- A qui le dis-tu ? N'est-ce pas Kate ? ironisa gentiment Rick. A croire que la patience est notre qualité première dans la famille.

Ils rirent tous les trois de bon cœur, avant de s'asseoir dans le petit canapé de la loge.

- Dommage que Cameron ne soit pas vraiment ton amant … Je l'aimais bien finalement ! lança Rick, en rigolant.

- Tu parles … Tu faisais des cauchemars rien qu'à l'idée qu'il puisse sortir avec ta mère ! lança Kate.

- Habitue toi à cette idée, Richard, car je suis comme Maude, j'aime bien les petits jeunes hommes moi-aussi !

Il prit un air horrifié, qui fit rire Kate et Martha si joyeusement qu'il rit à son tour.

- Quelle journée ! fit Rick, songeur.

- Vous avez résolu complètement l'affaire ? demanda Martha, pensant qu'il faisait référence à l'enquête.

- Oui, on a de quoi faire condamner cette fille, sourit Kate.

- Mais ce n'est pas seulement pour ça que cette journée est géniale …, ajouta Rick, en prenant la main de Kate dans la sienne.

Martha regardait leurs visages radieux avec des yeux interrogateurs.

- Mère, fit Richard, on a quelque chose à te dire.

- Inutile d'essayer de me retenir au loft, les enfants, je pars, c'est décidé.

- Non, Martha, ce n'est pas à propos de ça, sourit Kate.

- On … on va avoir un bébé, lâcha Rick un brin ému d'annoncer la nouvelle à sa mère.

Instantanément, le visage de Martha s'illumina d'un joli sourire.

- Oh mon Dieu ! Katherine ! s'exclama-t-elle avec enthousiasme.

- Hé ! Moi-aussi j'y suis pour quelque chose ! lança Rick, l'air faussement grognon.

Martha se pencha pour les enlacer tous les deux et les serrer contre elle.

- Je vais être grand-mère ! lança Martha toute heureuse.

- Oui, dans huit mois environ, répondit Rick.

- Depuis quand le savez-vous ?

Ce matin. Kate a fait un léger malaise hier, c'est ce qui nous a mis la puce à l'oreille.

- Un malaise ? Tout va bien Katherine ?

- Oui, Martha, ne vous inquiétez pas, la rassura-t-elle.

- Comment avez-vous …

- Comment on a fait ? Eh bien, tu sais parfois avec Kate, on fait …, commença Rick.

- Non, pas ça, Richard ! l'interrompit Martha, avec un air indigné. Je veux dire, c'était prévu ?

- Pas pour tout de suite, sourit Kate.

- Mais c'est une merveilleuse surprise, ajouta Rick.

- Je suis si heureuse pour vous. Et … pour moi ! Alexis va être folle de joie. Je vais être grand-mère ! clama Martha tout à son bonheur.

Kate et Rick rirent de la voir si joyeuse.


Morgue 9h le lendemain matin.

Avant de rejoindre le commissariat, Kate avait tenu à faire un détour par la morgue, pour parler à Lanie. Elle voulait qu'elle soit la première de leurs amis à savoir, mais appréhendait ce moment. Avec ce que Lanie venait de vivre ces dernières semaines, elle redoutait sa réaction. Elle savait qu'elle serait contente pour elle, bien-sûr, mais craignait que cette nouvelle n'accentue sa peine.

Kate la trouva assise en train de remplir des dossiers, et se réjouit de ne pas voir de cadavres sur les tables d'autopsie. Elle préférait que l'ambiance ne soit pas trop morbide pour annoncer à Lanie l'heureux événement qui s'annonçait.

- Hey Kate ! lança son amie en la voyant entrer.

- Hey Lanie, sourit-elle.

- Qu'est-ce qui t'amène ? s'étonna Lanie. Je n'ai pas encore de cadavre …

- Je ne viens pas pour un cadavre, fit Kate en s'approchant d'elle.

- Que t'arrive-t-il chérie ? demanda-t-elle, un peu inquiète au vu du visage stressé de Kate.

- Rien de grave, ne t'inquiète pas, sourit-elle, pour la rassurer. J'ai juste quelque chose à te dire. Quelque chose d'important.

Lanie la dévisagea quelques secondes, et lui sourit

- Tu es enceinte ? demanda-t-elle, rayonnante.

- Comment tu …, balbutia Kate, surprise.

- Oui ou non ?

- Oui, Lanie, répondit Kate, esquissant un sourire.

- Oh ! Kate ! s'exclama Lanie en se jetant dans ses bras pour l'enlacer.

Kate s'en voulut d'avoir douté de la réaction de sa meilleure amie, qui semblait toute aussi excitée qu'elle à l'annonce de cette nouvelle.

- C'est fantastique, ma chérie ! lança Lanie, en desserrant son étreinte pour la regarder dans les es heureuse au moins ?

- Bien-sûr, je suis la plus heureuse au monde, Lanie, répondit Kate avec un grand sourire. Quant à Rick, n'en parlons même pas …

- Il doit être sur son petit nuage.

- Oui, je crois qu'il va avoir du mal à redescendre sur terre ! lança Kate.

- Je te souhaite bon courage pour le supporter pendant neuf mois. Il va être constamment sur ton dos !

- Ça ne changera pas beaucoup de d'habitude, sourit Kate.

- Je suis si heureuse pour toi, fit doucement Lanie, en l'étreignant de nouveau.

- J'avais un peu peur de te l'annoncer, avoua Kate. Ça me faisait mal au cœur …

- Oh, chérie … Ne t'en fais pas pour moi, je vais mieux. Javi a vraiment été génial.

- Tu vois …

- Et un jour viendra pour nous-aussi, sourit Lanie. Et ma peine ne m'empêche pas de me réjouir pour ma meilleure amie ! Ça fait combien de temps ?

- Un mois environ. Mais j'ai juste fait une prise de sang. Je vais aller voir le gynécologue cette semaine.

- D'accord. Juste deux choses, chérie, très importantes, fit Lanie, avec un air sérieux. Pense à la merveilleuse demoiselle d'honneur que j'ai été quand tu choisiras la marraine de ce petit bout.

- La question ne se pose même pas ! lança Kate en riant.

- Et la dernière chose. Je t'en prie, ne laisse pas Castle appeler cet enfant Cosmo ! Où il vous maudira toute sa vie !

Elles éclatèrent de rire.

- Espo et Ryan sont déjà au courant ?

- Non, je tenais à ce que tu sois la première à le savoir.

Lanie sourit, touchée par cette attention de Kate envers elle.

- Je file d'ailleurs, ou sinon Castle leur aura déjà annoncé avant que j'arrive. Tu sais comment il est quand il s'y met.

- Tu viens toujours ce soir ?

- Oui, papotage en vue ! s'exclama Kate en s'éloignant.

- A ce soir chérie !

Elle n'avait pas eu le temps de retrouver son amie en dehors du boulot depuis plusieurs semaines, et se réjouissait à l'avance de passer cette soirée en sa compagnie. Lanie allait, à coup sûr, la harceler de questions pour connaître les détails croustillants de son voyage de noces.

Quelques minutes plus tard au commissariat.

En arrivant, Kate rejoignit immédiatement Esposito et Ryan, assis à leur bureau, concentrés.

- Hey les gars ! lança-t-elle, souriante.

- Hey Beckett !

- On a le résultat de l'expertise psychiatrique ?

- Oui. Cette chère Alicia n'est pas folle …, répondit Esposito, d'un air satisfait.

- Enfin pas complètement, ajouta Ryan, d'un air narquois.

- Selon le rapport du psy, elle ne souffre d'aucune maladie mentale. Elle est donc pleinement consciente de ses actes.

-Alors elle sera jugée, fit Kate, soulagée.

- Oui, et comme une adulte vu son âge et la gravité des actes. Elle passera une bonne partie de sa vie en prison, ajouta Ryan.

- La seule chose qui me fait peur, c'est qu'elle risque de rencontrer une nouvelle camarade de jeu en prison.

- Ouais …, mais on ne peut rien faire pour l'empêcher … On a fait notre boulot, répondit Esposito.

- Où est Castle ? demanda Kate.

- Salle de repos, répondit Ryan, en se replongeant dans son dossier.

- Ok, je reviens, fit Kate en s'éloignant.

Rick était occupé à faire couler leurs cafés.

- Alors ? s'enquit-il, pressé de connaître la réaction de Lanie.

- Elle est toute excitée. Elle était trop mignonne. Elle avait deviné avant même que je lui annonce.

- Je te l'avais dit.

- J'ai l'air enceinte à ce point-là ? demanda-t-elle en regardant son ventre plat.

- Non, rigola-t-il, mais tu es si radieuse, que pour ta meilleure amie, une seule chose pouvait expliquer cela.

- Allez viens, on va voir les gars ! fit-elle en le prenant par la main.

Ils allèrent se planter devant Ryan et Esposito, toujours assis à leur bureau. Les gars restèrent plongés quelques secondes encore dans leur dossier, jusqu'à ce les regards insistants de Castle et Beckett, les forcent à lever la tête.

- Quoi ? fit Espo avec son air bougon, comme s'il en avait marre d'être dérangé.

- Pourquoi vous nous regardez comme ça tous les deux ? demanda Ryan, perplexe.

- Je sais que vous avez tendance à nous prendre pour vos … parents, sourit Rick, mais maintenant il va falloir grandir un peu les gars.

Esposito et Ryan les regardaient d'un air ahuri se demandant où ils voulaient en venir, avec leurs sourires en coin, et leur expression énigmatique.

- On va avoir un bébé, lâcha Castle avec un grand sourire.

Les gars gardèrent leur air perplexe quelques secondes, leurs regards passant de Rick à Kate, comme pour mieux les sonder et s'assurer de la réalité de cette nouvelle.

- Ce n'est pas une blague Beckett ? fit Ryan, doutant toujours des bonnes surprises que pouvait parfois leur réserver Castle.

- Bien-sûr que non ! lança Kate en riant. Je suis enceinte.

Elle vit les visages de ses partenaires s'illuminer d'un immense sourire.

- Félicitations ! lança Esposito se levant pour enlacer Kate.

- Merci, Espo.

- C'est génial ! lança Ryan, en donnant une accolade à Castle, je suis heureux pour vous.

- Merci, les gars, sourit Rick, on est content de partager ça avec vous.

- Beckett maman …, murmura Ryan comme s'il ne réalisait pas.

- Un autre Castle à supporter …, fit Esposito, prenant un faux air dégoûté. Faites que ce ne soit pas un garçon, parce que s'il ressemble à son père … je demande ma mutation.

Ils éclatèrent de rire tous les quatre.

- Les gars, pas un mot à Gates pour l'instant. Ok ? leur demanda Beckett, reprenant un air sérieux quelques secondes.

- Ok. Motus et bouche cousue, sourit Ryan

- Il y a un truc qu'on ne comprend pas, par contre. Si le bébé est déjà en route, à quoi vous vous entrainiez dans le débarras hier ? demanda Esposito, l'air de rien, avec ses yeux moqueurs et son sourire narquois.

Cette question-là, ils ne l'avaient pas vue venir. Ils étaient persuadés d'avoir été suffisamment discrets pendant leur câlin torride dans le placard du couloir. A l'idée qu'Esposito et Ryan puissent avoir entendu quelque chose, Kate sentit le rouge lui monter aux joues.

- Il y avait un problème d'ampoule à changer …, expliqua Rick, calmement, volant au secours de sa belle.

- Ouais, c'est ça …. une ampoule …, marmonna Ryan.

- Vous avez besoin d'être tous les deux pour changer une ampoule ? railla Esposito.

- Bon, je vais me remettre à la paperasse, fit Kate, s'échappant furtivement de cette situation délicate pour rejoindre son bureau.

- Oui, ça peut être compliqué parfois de … changer une ampoule, fit Rick. Euh … je vais aller …. aider …. Beckett …

- C'est ça, va aider Beckett ! lança Ryan.

Ils le regardèrent s'éloigner avec des sourires ravis, toujours contents de les taquiner, mais surtout heureux pour leurs amis.


Loft, minuit.

Dans la pénombre, Kate se faufila discrètement dans la chambre. Rick était déjà couché, enfoui sous le drap. Il semblait dormir. Doucement, elle se déshabilla, et se glissa dans le lit.

Immédiatement, elle sentit la main de son homme l'attirer contre son corps chaud, et vint se blottir contre lui.

- Ton carrosse a failli se transformer en citrouille …, chuchota-t-il.

- Je pensais rentrer plus tôt, mais on a papoté à n'en plus finir …

- Lanie va mieux ?

- Oui. Je suis contente. Tu m'attendais pour dormir ? demanda-t-elle en venant poser sa tête sur son torse.

- Oui … murmura-t-il, en déposant un baiser sur ses cheveux.

- Lanie m'a demandé quelque chose concernant le bébé. Et je suis d'accord avec elle.

- Quoi ? demanda Rick, intrigué.

- Il est hors de question qu'on l'appelle Cosmo, lâcha Kate, comme une évidence.

- C'est pourtant très joli.

- C'est un nom de … chien ou … de hamster ! rigola Kate.

- Justement, c'est original ! lança-t-il en riant. J'ai huit mois pour te convaincre, et tu sais comme j'ai des moyens redoutables pour y parvenir.

- Peut-être, mais là, c'est mission impossible mon cœur. Il en va de l'avenir de notre enfant.

- Notre enfant …, je ne m'en lasse pas … chuchota-t-il, attendri d'entendre ses mots dans la bouche de sa muse, en la faisant rouler doucement sur le dos.

Il la regarda amoureusement, caressant de la main son ventre avec douceur, tout en lui déposant un baiser sur les lèvres.

- Bonne nuit, mon amour, murmura-t-il avec un sourire, avant de poser sa tête près de son épaule.

Elle posa sa main sur la sienne, qui n'avait pas quitté son ventre, Leurs doigts s'enlacèrent tendrement sur le petit nid du fruit de leur amour.

FIN