-Il y a en toi une part obscure Harry. Plus qu'en quiconque, affirma Dumbledore en désignant du bout du doigt la cicatrice en forme d'éclair.

-Professeur je me suis emporté j'ai...

Harry n'arrivait pas à trouver ses mots. Comment pouvait-il justifier une telle erreur ? Déjà dans les couloirs on le désignait comme la honte de l'école. Il avait déçu son directeur, il en était conscient et il s'en voulait énormément. Mais chose était faite. Aucune explication ne changerait l'opinion du sage Dumbledore.
Pourtant le jeune sorcier savait obstinément que si Drago insultait de nouveau son parrain défunt, il aurait une envie terrible de recommencer. Il ne pouvait nier qu'il avait éprouvé un plaisir considérable à torturer le serpent. La sensation qui l'avait envahie, ce soupçon de danger et d'interdit lui donnait l'impression de vivre à nouveau.

-J'ai moi aussi connu des heures sombres à ton âge. J'attendais le moindre prétexte pour déverser tout ce qui me hantait, me servant de mon entourage comme un défouloir. J'ai toujours cru que je n'y pouvais rien et que mon sort était trop injuste.

Le sage fit quelques pas dans son bureau manipulant quelques objets étranges puis regarda fixement Harry.

-Mais nous sommes maitres de nos actes Harry , même si le malheur pèse sur nous. C'est à toi de choisir si tu laisseras le mal qui est en toi te dominer ou si tu lutteras. Ne chatouille pas le dragon qui dort.

-Comment fait-on pour se contrôler professeur ? le questionna le 6ème année en s'inventant un regard curieux.

-Et bien vois tu, cela semble plus facile lorsqu'on a sous les yeux une chose précieuse qu'on ne doit pas perdre stupidement Harry.

Le sorcier á la longue barbe fut quelques secondes dans les nuages. Harry comprit que dans le passé le magicien avait été privé d'un être cher de sa propre faute. Cependant, les paroles qu'il écoutait en faisant mine d'être intéressé n'avaient aucun effet sur son sens moral. Tout ce que l'adolescent voulait c'était s'échapper de ce bureau, de cette école, courir faire librement ce que des règles l'avaient toujours empêché de faire.
Fumseck semblait l'observer d'un œil perplexe. Comment le phœnix pouvait-il supporter d'être la plupart du temps, enfermé dans ce fichu bureau?

-Regarde tes amis. Leur patience et leur amour n'est pas infini. Demande toi si toute cette violence vaut le risque de les perdre.

Sur ses mots, une image d'Hermione apparut dans les yeux de Harry. Dans son imagination, la jeune fille lui lançait un sourire chaleureux.
Un silence de réflexion s'instaura dans la pièce puis il remarqua que le vieux Albus signait une lettre de sa plume légère.

-Et voilà Harry, rien ne sera retenu contre toi. A part si les Malfoys portent plainte contre toi bien sur. Mais rassure toi, leurs activités sont plutôt louches ces derniers temps et je doute qu'il leur soit bon de faire entendre parler d'eux, étant données les rumeurs qui courent.

-Merci, mille merci professeur !

Dumbledore lui lança un rapide clin d'œil.

-Allez file !

***

Harry quitta plus que soulagé le bureau de Dumbledore.

Il aperçut Hermione qui l'attendait anxieuse en bas des marches. Elle le regarda inquiète, persuadée qu'il lui annoncerait une mauvaise nouvelle.

-Je pensais t'avoir fait promettre de ne plus me faire ces yeux là, assura t-il un peu sèchement.

-Je n'ai rien promis, rétorqua la jeune fille d'un air à la fois malicieux et susceptible.

Soudain Harry comprit pourquoi il avait tant besoin de la taquiner ces derniers temps. La petite mine vexée qu'elle affichait à chaque remarque lui rappelait à quel point elle tenait à lui. Et rien n'était plus agréable que cette douce certitude.

-Ba...de toutes façons…j'aime vraiment ce regard là au final, répondit l'attrapeur d'une voix plus basse.

Hermione haussa les sourcils surprise d'un tel compliment. Elle ne pouvait se remémorer la dernière fois qu'Harry lui avait dit quelque chose de gentil. Si elle ne connaissait pas si bien son meilleur ami, elle aurait cru qu'il la draguait. Une pensée la submergea.
Et si Harry ressentait effectivement quelque chose pour elle ? Après tout, trop occupée à chercher désespérément un signe de Ron, peut-être avait-elle était aveugle ? Elle essaya de se chasser cette idée de la tête. Harry qui remarqua l'air perplexe d'Hermione se mit à rougir bêtement. Une gêne s'installa très vite entre eux.

-Euh…on devrait rejoindre la grande salle pour ne pas rater le dîner, tu crois pas ? finit par demander le sorcier aux cheveux ébouriffés.

-Oh je suis désolé Harry, j'ai beaucoup de travail avec tout ce remue-ménage je n'ai pas encore eu le temps de rédiger mon essai sur le filtre d'amour, je vais m'y mettre dés maintenant.

« filtre d'amour », il s'agissait comme par hasard de cette maudite potion, de quoi rendre les deux amis encore plus mal à l'aise.
Il la connaissait par cœur, lorsque la brillante élève comptait travailler, elle ne plaisantait pas. Comme d'habitude elle passerait plusieurs soirées de suite à écrire des lignes et des lignes sans relâche enfermée dans le dortoir des filles.

Harry ressentit un pincement au cœur. Les moments passés en sa compagnie le soulageaient, l'aidaient à souffler quelques heures, oubliant tout ce qui le tracassait. Dans quel état allait-il être s'il ne la voyait pas de la semaine? Essayait-elle de le fuir ? Qu'allait-il faire si c'était le cas?

-Pas de problème, répondit-il déçu avant de faire quelques pas dans la direction opposée.

***

Plus d'une fois, le fils de James Potter eut envie de faire valser quelques 1ères années à coup d'expelliarmus. Ces idiots trouvaient exaltant le fait de murmurer « doloris » à ses oreilles.
Assez ! Harry devait trouver quelque chose pour se défouler. L'idée de rejoindre la grande salle pour voir Ron se goinfrer comme une Manticore ne l'emballait pas du tout. Il monta à toutes allures dans la chambre commune et fouilla sous son lit. Il ne mit pas longtemps avant de retrouver la vieille carte du Mauradeur.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, prononça t'il en rigolant.

Il était temps de s'amuser un peu...