L'atterrissage dans le hall de Poudlard fut compliqué. Les blessures de Ron ne lui facilitèrent pas la tâche. Il tomba sur le sol dans un cri de douleur. Inquiet, il fouilla dans son sac pour vérifier que son nouveau petit rat avait bien supporté la chute. Roulé en boule, le petit Sirius semblait totalement apeuré mais indemne.
-Costaud ce rat !
Ginny vint l'aider à se relever. Elle semblait déstabilisée, laisser sa maison à la merci des mangemorts la mettait hors d'elle.
-Je n'arrive pas à croire qu'on nous fasse ça…Ou est Harry ? demanda t¬-elle au bord des larmes.
Tous cherchèrent des yeux le sorcier mais il fut introuvable.
-C'est évident il est resté là bas, tu connais Harry il se croit toujours capable de tout régler tout seul, devina Hermione. Percy ramène moi là bas.
-Oui ramènes nous là bas ! approuva le rouquin, inconscient que son état ne lui permettait pas d'aller se battre.
-Hors de question, papa et maman seraient totalement contre. Et je suis de leur avis d'ailleurs.
-Peu importe, ramène nous là bas, on ne peut pas laisser Harry ! S'il te plait Percy , implora la jeune sorcière paniquée.
Hermione eut envie de jeter un sortilège à Percy pour le contraindre de lui obéir. L'idée que quelque chose puisse arriver à Harry lui était insupportable. Elle n'avait même pas eu le temps de lui avouer ce qu'elle cachait depuis quelques temps…
Le débat fut rapidement interrompu lorsqu'Harry apparut transplanant à l'aide d'Arthur Weasley. Ses amis se précipitèrent dans ses bras, soulagés de le voir sain et sauf. Il sentit l'odeur des cheveux d'Hermione et fut empli d'un sentiment de douceur mais rapidement sa colère reprit le dessus et il s'écarta.
L'occasion de venger Sirius, Ron et les parents de Neville aurait été parfaite, mais encore une fois on l'en avait empêché. Sous quel prétexte ? Le danger. Pour qui le prenaient-ils ? Harry n'était pas stupide, il avait vu la mort dés l'âge de un an, il était conscient du danger et il l'acceptait. Fou de rage il se dirigea vers la grande porte. Ronald tenta de le suivre mais son père le retint, lui conseillant de laisser un peu d'espace à son ami.
Le fils de James Potter serra son point furieux, il fallait qu'il déverse son énergie dans une activité exaltante. « Ils vont voir que je n'ai pas peur » déclara t-il , se sentant plus malin que jamais. « Fini les petits tours de magie, un peu d'adrénaline ne ferait pas de mal. ».
Animé par une idée brillante, il courut vers la maison d'Hagrid espérant que le garde-chasse serait absent. La chance fut avec lui, le mi-géant était parti en vadrouille et avait laissé son bon vieux chien dans sa cabane. Les sortilèges enseignés par Mc Gonagall allaient montrer leur utilité.
-Draconifor!
Crockdur se mit à aboyer tandis que sa langue poussait sans limite. Rapidement ses poils se transformèrent en écailles et la bave qu'il avait la fâcheuse habitude de répandre, devint une flopée de flammes. Harry fut fier de lui, il avait réussi en un seul coup ce qu'il avait tenter de faire sans succès durant le cours de Mc Gonagall.
La colère le rendait efficace. Il paralysa la créature d'un stupéfix pour se donner du temps. Le sorcier sortit une petite fiole de la poche de son jean. Du polynectar…la potion qu'il avait préparée la veille était initialement destinée à soutirer quelques révélations aux mangemorts mais sa nouvelle idée semblait beaucoup plus amusante.
Seul souci…Harry n'avait pas recueilli de cheveux. Il ouvrit son sac à la recherche d'un cheveu perdu. L'adolescent fut rassuré, Neville lui avait prêté son rappel tout et y avait malencontreusement laissé un poil. Le jeune Londubat aurait des problèmes qu'il ne méritait pas dans mais Harry plein de rancœur, n'avait plus aucune pitié pour personne.
Après avoir déposé le cheveu dans la fiole, il but le breuvage d'un trait. Il avait oublié à quel point cette potion était dégoutante. Le sorcier vit ses mains se déformer petit à petit, prenant l'apparence…de mains de fille !
Harry lâcha un hoquet de surprise, le cheveu n'appartenait pas à Neville mais à une autre élève. Inquiet il fouilla partout à la recherche d'un miroir puis eut la brillante idée de regarder son reflet dans les yeux du dragon.
Le garçon à la cicatrice avait pris l'apparence de Pansy Parkinson, une serpentard insupportable, comme tous les serpentards à vrai dire. « Parfait » pensa t-il, « elle sera jugée coupable de ce que je m'apprête à faire».
-Finite !
Harry libéra le chien-dragon de son stupefix et le fit sortir de la maison d'Hagrid. Le chien discipliné faisait un dragon parfait. Le sorcier monta sur la créature et s'envola dans les airs. Il fallait agir vite avant que quelqu'un cherche à le stopper.
Harry ne se reconnut pas lui-même ce jour là. Il mourait d'envie de bruler Poudlard, l'école qu'il avait toujours adoré. Il n'était pas spécialement énervé contre Poudlard, il avait seulement besoin de faire quelque chose de mal. Accélérant il se dirigea tout droit vers les serres.
Puis il fit demi-tour, la gentillesse du professeur le faisant culpabiliser. Après mure réflexion, il entreprit de faire un tour au stade de Quidditch. Quelle coïncidence formidable, l'équipe des Serpentards était justement en train de s'entrainer. Une serpentard qui attaquait d'autres serpentards, situation encore plus coquace.
Malfoy était présent, prétentieux sur son balai hors de prix. Il mit longtemps à réaliser qu'un dragon fonçait droit sur lui.
« Vas y crockdur, fais lui voir que son balai peut brûler comme du petit bois ».
En quelques secondes le balai du blond vantard fut réduit en cendres, le faisant faire une chute de plusieurs mètres. Entendre de nouveau les cris de douleur de Malfoy fut très jouissif pour Harry.
Désirant se défouler davantage, il fit subir le même sort au reste de l'équipe. Bien sur , il s'assurait toujours que le joueur auquel il s'attaquait n'était pas loin du sol. Son geste était cruel certes mais il n'était pas non plus un meurtrier.
Malheureusement il n'assista pas longtemps à ce spectacle car déjà d'autres élèves, et quelques professeurs étaient à sa poursuite.
Harry se dirigea tout droit vers la foret interdite. Une fois éloigné de ses poursuivants, il redonna au chien son aspect normal et le détacha. Il ne se faisait pas de soucis, persuadé que son flair l'aiderait à retrouver son maître.
Essoufflé mais plus qu'amusé, il s'assit sur un rocher. Il n'avait plus qu'à attendre que son corps redevienne celui d'Harry Potter.
Il réalisa qu'il était en fille et entreprit de se déshabiller par curiosité, s'auscultant de tous les cotés. « Waouh bizarre de changer de sexe, s'exclama t'il en rigolant, heureusement que je n'ai pas eu besoin de parler.".
Un bruit de branche cassée raisonna. Harry saisit sa baguette d'un geste vif et se retourna. Il remercia le ciel pour le cadeau qu'on venait de lui faire.
Buck, l'hippogriffe avec lequel il s'était lié d'amitié et qui avait été le compagnon de son parrain, venait d'apparaitre juste sous ses yeux. L'animal se positionna devant Harry qui aussitôt s'inclina. Buck émit un son qu'Harry traduisit comme un « Content de te revoir ». Son ami s'approcha et lui caressa la tête.
-Si tu savais Buck…
Savait-il que Sirius était mort ? Les créatures pouvaient-elles deviner ces choses là ? Buck avait été capable de le reconnaitre alors qu'il avait pris l'apparence d'une autre, il était surement assez futé pour comprendre que son maitre avait disparu.
A cet instant, l'esprit d'Harry s'apaisa. Retrouver quelque chose qui était lié à Sirius lui réchauffait le cœur. Il fut pris d'une envie de voler sur son dos. Envie auquel il ne résista pas longtemps. Reproduisant ce qu'il avait fait trois ans plus tôt , il parcourut le domaine de Poudlard sur le dos de Buck, une fois sa véritable apparence retrouvée et une fois rhabillé évidemment.
Il hésita pensant que l'animal était censé être exécuté quelques années auparavant puis se dit que cette page devait être tournée depuis longtemps. Le ministère avait des affaires plus urgentes à résoudre. Comme l'attaque de plusieurs élèves par un dragon par exemple. Harry pouffa de rire.
Le vent frais dans ses cheveux lui donna une sensation de bien-être fort agréable. Peut-être pourrait-il emmener Hermione faire un tour sur l'hippogriffe. Chez les moldus, emmener une fille dans son moyen de locomotion, une voiture moderne ou une moto sportive, était monnaie courante lorsqu'on voulait devenir son petit copain. Après tout …il devait tenter sa chance.
Le sorcier se sentit bête, il fallait plus que ça pour attirer Hermione. Elle n'était surement pas amatrice des techniques de drague du genre. En revanche, elle pourrait apprécier de renouveler cette expérience déjà vécue en troisième année.
