Ce matin là, Hermione se réveilla avec un pressentiment. Une lueur d'espoir, un sentiment de bien-être lui firent deviner que la situation de Poudlard avait une chance de s'améliorer. Sortant de la douche bouillante, elle s'entoura d'une serviette et alla jeter un coup d'œil dans le miroir. Elle posa ses mains sur ses joues et inspecta son visage.
Les cernes qui avaient creusé son visage depuis des mois commençaient à disparaitre. Elle avait mieux dormi ces derniers temps mais son teint restait d'un pâle effrayant. Elle se demanda comment Harry pouvait la trouver attirante avec une mine pareille. La jeune femme soupira et regroupa ses cheveux à la hâte dans un chignon.

Lorsqu'elle descendit dans la pièce de vie des Gryffondors, elle remarqua que Ron et Harry l'attendaient assis devant une table basse. Les deux jeunes hommes la regardèrent d'un air décidé et impatient.

-Hermione tu tombes à pic. Harry a eu un contact avec l'ordre.

-C'est vrai ?! demanda t'elle à la fois enthousiaste et perplexe.

-Oui Lupin est venu me parler à l'aide de la cheminée, il n'a pas eu le temps de dire grand-chose mais il a dit que si on voulait libérer Poudlard du sortilège il fallait en apprendre plus sur Helga Poufsouffle.

-Il faut qu'on aille dans leur salle commune, ajouta Ron ampli d'un sentiment de devoir.

Hermione garda la bouche légèrement entrouverte étonnée par l'apparition de Lupin, et s'assit dans un des gros fauteuils.

-Les ancêtres de Poudlard ont déjà réussi à se débarrasser du sortilège dans le passé? les questionna t'elle assise au bord du siège comme si la situation était inconfortable.

Ron et Harry la dévisagèrent amoureusement, toujours aussi surpris par le fait qu'elle soit aussi brillante et perspicace. Mais ils perdirent leur regard béat lorsqu'elle se mordit la lèvre embarrassée.

-Désolé de vous décevoir les garçons mais entrer dans la chambre commune des Poufsouffles est impossible.

-Hermione, j'ai déjà réussi à pénétrer dans celle des Serpentards , je peux facilement…

-Tu ne comprends pas Harry, le coupa t'elle, les Poufsouffles ne rigolent pas avec la sécurité. Ils ne se contentent pas d'un mot de passe. Ils ont un système ingénieux, la dernière fois qu'un intrus a réussi à le déjouer remonte à plus de 1000 ans. Tout ce que je sais c'est qu'elle se trouve prés des cuisines.

-On peut utiliser le polynectar, ça avait marché en deuxième année, suggéra le jeune Weasley.

-Hors de question, on ne peut pas attendre un mois d'avoir fini la potion. Voldemort peut attaquer d'une minute à l'autre, répliqua Harry.

-On peut apprendre à devenir Animagus ! Et se glisser dans la poche d'un Poufsouffle.

-En moins d'un mois ? Infaisable et puis rien ne certifie que l'animal dont on prendrait forme serait assez petit pour s'y faufiler.

Harry se leva et comme le faisait souvent Dumbledore, se mit à réfléchir en faisant les cent pas. Lorsqu'il passa derrière Ron, il en profita pour regarder Hermione intensément. Il la fixa sans fin pour lui transmettre un peu d'affection.
Elle lui rendit un sourire discret et détourna les yeux par peur que Ron se doute de quelque chose.

-Et ce Poufsouffle avec qui tu trainais il y a plusieurs mois ? lança Ron sans aucun tact.

Hermione se mit à rougir et croisa les bras.

-Je ne vois pas le rapport.

-Comment ça tu ne vois pas le rapport ? Tu es assez proche de lui non ? Il peut peut-être nous aider.

Harry comprit le petit jeu que Ron était en train de jouer. Son meilleur ami était encore dans l'idée d'avouer ses sentiments à Hermione et il profitait de ce moment pour savoir quelle relation elle entretenait avec le fameux garçon avec qui il l'avait aperçu à la bibliothèque.

L'envie de dire à Ron que ce n'était pas ses affaires le démangea. Il n'aimait pas voir Hermione si embarrassée et il souhaitait plus que tout prendre sa défense. Mais deux arguments logiques l'en empêchèrent. Premièrement, Ron n'avait pas tors, Stebbins pouvait les aider. Secondement, la jalousie d'Harry le poussait à vouloir en savoir plus.

-C'est pas compliqué, on lui expose le problème. Il nous aide et si Lupin veut vraiment garder le secret, un sortilège d'amnésie et hop c'est réglé !

-Ron ! cria Hermione, tu te rends compte de ce que tu dis ? Pense un peu à sa famille, si tu lui effaces la mémoire…enfin bref tu es assez grand pour comprendre ce que je veux dire. Je refuse de faire ça.

-Si on n'agit pas vite, les mangemorts le tueront comme ils tueront la plupart d'entre nous quand ils viendront. Ca vaut le sacrifice d'une mémoire tu crois pas ? Harry dis lui, c'est un bon plan non ?

Harry se retrouva dans une situation plus que délicate. Ses deux amis le fixaient en silence curieux de découvrir son opinion. Pour une fois l'idée de Ron était judicieuse, mais voir Hermione le regarder avec tant de furie le stoppa net. Il sentit à l'étincelle qui brillait dans ses yeux qu'elle serait terriblement déçue qu'Harry accepte une méthode si cruelle. « Tanpis » pensa t-il, il n'était pas à sa première dispute avec Hermione, il était capable d'en supporter une de plus.

-Je suis pour, laissa t-il échapper en serrant les dents.

-Bravo, belle éthique tous les deux, gronda t'elle en colère.

-Hermione, le temps presse.

-Ce n'est pas une raison de sacrifier le bonheur de quelqu'un. Et puis qu'est ce qui vous dit que je suis assez proche de lui pour lui faire confiance ?

-La façon dont tu réagis prouve qu'il y a un truc entre toi et ce type, répliqua Ron jaloux.

Hermione ne sut quoi répondre et quitta la pièce sur les nerfs.

-J'en étais sur, tu avais raison Harry, déclara Ron attristé tenant sa tête entre ses mains. Elle a déjà quelqu'un.

Harry aurait pu poser une main amicale sur l'épaule de son ami, ou tout simplement trouver les mots pour lui remonter le moral, mais il se retint. Il était celui qui partageait le cœur d'Hermione. Celui qui avait arraché à son frère celle qu'il aimait. Réconforter Ron serait presque hypocrite.
Parfois le besoin de tout lui avouer l'envahissait pendant quelques minutes. Il hésitait puis se rappelait que créer une tension au sein de leur trio serait loin d'être intelligent. Ces temps de guerre exigeaient d'être plus soudés que tout. Voulant rester naturel et attentionné, il attrapa le livre de divination de Ron et lui tendit.

-Tu devrais bouger on va être en retard.

-Je te remercie Harry mais je crois que je vais rester là. Je pense pas réduire mes chances de survie en ratant les prévisions d'avenir de cette folle. J'ai besoin d'être seul.

-Très bien, répondit le jeune Potter plein de culpabilité.

Lorsque le cours de divination prit fin Harry attrapa Hermione parmi les élèves qui quittaient la classe.

-On peut se voir un peu ? demanda t-il timidement.

-J'aimerais aussi Harry mais Ron va nous attendre et…

Elle n'eut pas le courage de finir sa phrase. Elle mourait envie de s'accorder un moment seule avec Harry et un dilemme s'imposa.

-D'accord, finit-elle par accepter rayonnante de joie.

A l'abri des regards, les deux sorciers se glissèrent dans une salle de classe vide et s'assirent sur un banc. Harry déposa un doux baiser sur les lèvres d'Hermione et l'invita à se mettre ses genoux. Elle ne refusa pas sa demande et fut rapidement dans ses bras.
Elle sentit la main d'Harry lui caresser le dos et elle ferma les yeux son front collé contre le sien.

-C'est le moment de la journée que je préfère, murmura t'elle les paupières toujours closes.

Hermione sentit un sourire se dessiner sur la bouche d'Harry.

-Ne fais pas ça s'il te plait.

-De quoi tu parles ?

-Ne soutiens pas Ron dans son idée stupide. Je ne tiens pas à trahir Stebbins.

Harry se crispa. Le simple fait d'entendre le nom du Poufsouffle le rendait inquiet.

-Il y a quelque chose entre lui et toi ?

-Ne sois pas bête, il n'y a que toi.

Sur ces mots, elle embrassa fougueusement Harry. Entrainé par son désir, il descendit sa main et caressa doucement son ventre. Il sentit Hermione frissonner contre lui et ne put résister. L'attrapant fermement au niveau des hanches il l'attrapa et la hissa sur un bureau en veillant à ne pas interrompre leur baiser.

Il bloqua ses mains et entreprit de déposer plusieurs baisers dans son cou. Puis excité comme jamais il laissa sa main glisser le long de sa cuisse. Mais Harry s'arrêta net quand il sentit Hermione se raidir. Elle n'avait aucune envie d'aller plus loin, il se sentit honteux de le réaliser si tard.

Gêné, il recula de quelques centimètres. Figée Hermione restait les yeux baissés. Harry s'en voulut, il avait cédé à ses pulsions et l'avait mise mal à l'aise. Comment avait-il pu être si stupide et si rapide ? Leur relation était encore si nouvelle, le sexe était loin d'y avoir sa place.

Sa souffrance le possédait toujours. Harry avait cru être guéri mais il s'était trompé. Il ne s'échappait plus la nuit à la recherche d'adrénaline, il ne blessait plus ses amis avec ses propos agressifs, mais sa colère restait en lui. Son besoin d'interdit était toujours présent, seulement inconsciemment il cherchait à le combler à l'aide de son attirance pour Hermione.

-Excuse moi, chuchota t'il en prenant délicatement sa main.

Il n'osa plus l'approcher voulant lui redonner un peu d'espace. Hermione restait surprise en silence, la précipitation d'Harry lui avait fait peur. Il caressa sa joue hésitant.

-Je suis désolé…Je ne voulais pas t'oppresser.

-C'est rien.

Ce n'était pas rien, Harry le savait. Il avala sa salive et chercha un moyen de détendre l'atmosphère, se sentant coupable d'avoir tout gâché. D'un coup de baguette magique il fit apparaitre un objet au creux de sa propre main.

Il déplia ses doigts et laissa apparaitre un petit collier en argent. Il le saisit avec attention et entoura le cou d'Hermione qui le regardait agréablement intriguée. Un petit pendentif en forme de plume prit place contre sa peau.

-Il appartenait à ma mère, je l'ai trouvé dans ma chambre forte à Gringotts l'été dernier.

-Harry tu es sur que…

-Oui il est à toi.

Soulagé de lui avoir redonné le sourire, le sorcier la prit dans ses bras et la serra si fort qu'elle oublia très vite que deux minutes plus tôt le mauvais garçon qu'il était devenu avait encore dépassé les limites…