Le Printemps pointait le bout de son nez et offrait à Poudlard d'agréables rayons de soleil. En cette après-midi de fin Mars, la quasi totalité des élèves se débarrassèrent de leurs gros pulls et écharpes et vinrent profiter de cette chaleur si attendue. Une légère brise les amenait tout de même à choisir un endroit abrité du vent.
La fin de l'examen de transplanage en rassura plus d'un. Harry et Hermione décidèrent eux aussi d'aller se détendre dans le parc du château. Oubliant la présence des autres, le couple s'était écarté afin de se câliner en cachette. Cédant à l'envie qui les brulait depuis plusieurs jours, ils firent l'amour dans la prairie qui s'accolait au parc.
La peur d'être vus par quelqu'un avait beaucoup apeurée la jeune femme tandis qu'Harry appréciait cette adrénaline et cette prise de risque. Leur désir était une des rares choses qui leur restait en commun depuis que le sorcier s'était transformé en une forteresse de colère. Ce même besoin de se lier à l'autre les rapprochait et calmait leurs disputes.
Reprenant son souffle, le jeune homme la serrait amoureusement contre lui en passant sa main dans ses cheveux tandis qu'elle rejoignait paisiblement le monde du sommeil. Il faut dire que les deux amants n'avaient pas beaucoup dormi les dernières nuits.
Risquant d'être attrapés par Rusard, ils s'étaient régulièrement rejoints avec Ron dans la salle sur demande pour poursuivre la quête des diamants tard dans la nuit. Malheureusement, la mission d'Harry restait au point mort. Les trois jeunes membres de l'Ordre restaient enfermés des heures à discuter des différentes possibilités, solutions à cette énigme oppressante.
Aujourd'hui, épuisés par l'échec de leur tâche, ils avaient décidé de s'accorder un peu de répit. Alors qu'elle faisait un cauchemar, Hermione se souleva soudainement de façon brutale, donnant malencontreusement un coup sur le menton d'Harry.
-Ouïe ! lâcha t'il surpris par son mouvement.
-Oups désolé, répondit-elle un peu gênée.
-C'est rien. Tu as fait un mauvais rêve ?
-Oui, atroce, vraiment atroce... Tu étais envoyé à Azkaban pour avoir été égoïste, prétentieux et tout un tas d'autres péchés soient disant impardonnables.
-Heureusement qu'il n'en faut pas aussi peu pour se retrouver là bas.
-Harry ! hurla t-elle ne manquant pas de lui faire mal à l'oreille.
-Aie ! Doucement ma puce, s'exclama le sorcier en posant sa main prés de son tympan, pourquoi tu cries comme ça ?
-J'ai trouvé à quoi correspond le nombre de diamants ! s'écria la sorcière enjouée.
Ils se regardèrent et Harry comprit ou Hermione voulait en venir. Son rêve avait éclairé sa réflexion.
-Les 7 péchés capitaux…, dirent-ils en même temps.
-Ron ! Ron viens par ici !
Hermione s'avança comme un tank vers le pauvre Weasley qui fut déconcentré dans sa partie d'échecs. Son concurrent Colin, fut ravi que la partie soit interrompue. Le sixième année était doué et ne lui laissait aucune chance. Et puis de nouvelles photos l'attendaient toujours, surtout avec ce beau soleil.
-Mione, tu ne vois pas que je joue enfin ! On ne déconcentre pas un grand joueur !
-Pffff un grand joueur. Arrête tes sottises Ronald Weasley, c'est important, ramène tes fesses.
Bougonnant, le rouquin ferma violemment le jeu d'échec qu'il attrapa sous son bras et dans une démarche très lente, rejoint ses deux meilleurs amis. Ils suivirent leur habitude et rejoignirent la plus mystérieuse et la plus ingénieuse pièce de l'école.
-J'étais en train de rêvasser dans le parc. Tu sais prés de la ruche, je fais toujours des rêves prés de la ruche. Et là je rêvais qu'Harry était infect. Tellement infect que…commença Hermione appréciant de raconter comment l'énigme avait été résolue.
-Hermione, ou veux tu en venir ? demanda Ron fatigué par les détails.
-Les 7 péchés capitaux, lança rapidement Harry pour éviter une trop longue discussion.
-Quoi ? maugréa Ron avec une grimace.
Le manque de sommeil rendait le jeune Weasley très impatient et irritable.
-C'est ce que la malédiction du bracelet cherche à punir.
-Si tu pouvais être un peu plus précise…
-Il faut savoir ce que tu veux. Regarde le bouquin andouille, c'est pas dur à comprendre.
D'un geste efficace, la sorcière posa le livre ouvert à la bonne page sur la minuscule table en bois fournie par la salle sur demande. Il relut à haute voix le texte qui les concernait.
« Fut un temps, un pharaon des plus puissants régnait sur l'Egypte sans aucun sens moral. L'homme gros et riche, jouissait aussi bien de ses sous que des festins répétitifs, sans jamais laisser aucune miette à son peuple. Cette attitude ingrate lui fut reprochée mainte fois, mais l'homme trop prétentieux refusait de recevoir des conseils. Assis constamment sur son trône, il criait qu'il était assez doué pour gouverner sans leur aide.
Jusqu'au jour, ou une beauté passa sa porte. La désirant plus que tout, il usa enfin son or et fit décorer la plus belle chambre du palais ou il passa une nuit torride en compagnie de la jeune femme. Le chef égoïste fut prit au piège. On raconte qu'au réveil, sa conquête lui enfila un bracelet maléfique orné de sept diamants autour du poignée, pour venger le peuple. Le bracelet empêcha inexplicablement Horus Sekhmeb de quitter son lit. Guidé par leur sauveuse, le peuple entier rejoignit le palais et mangea de bon cœur le garde manger du roi.
Le pharaon qui avait laissé mourir de faim le peuple en restant dans son siège, était condamné à rester coincé dans le lit qui serait aussi son lit de mort. »
-N'est ce pas évident? Horus était avare et paresseux. Il n'a apporté aucune aide à son people, trop fainéant et égoïste pour le faire. Il montrait de la colère lorsqu'on le lui reprochait parce qu'il était trop orgueilleux pour recevoir des conseils. Il a eu envie de la jeune femme et ils ont...tu vois ce que je veux dire. Ce qui donne la luxure. On sait qu'il mangeait beaucoup, d'ou la gourmandise...
-On a bien les 7, résuma Harry, Orgueil, Colère, Paresse, Gourmandise, Luxure, Envie et Avarice.
-Ca alors…je n'y aurais jamais pensé, avoua Ron.
-Le problème c'est que le lieu des diamants parait encore plus flou.
-Pas si on considère l'aide de la salle sur demande, déclara son petit ami.
-Comment ça ?
Harry émit un sourire, fier d'avoir interprété un indice supplémentaire.
-La première fois que je suis venue ici, la pièce a fait apparaitre un miroir. A croire, qu'il faut que je regarde mes propres défauts.
-Ca c'est moins flou ? rigola Ron avant de se calmer, réalisant que la difficulté de leur recherche n'avait rien de drôle.
-Bien essayons de lister les actes qui pourrait faire apparaitre les diamants. Revenir là ou tu as déjà commis ces péchés. Commettre à la suite ces péchés pour les voir apparaitre…
Harry stoppa Hermione en posant une main sur sa bouche.
-On perd peut-être notre temps. Rien ne dit que les diamants se sont éparpillés de la sorte. J'aurais un paquet de lieux ou chercher si je devais regarder là ou j'ai commis ces erreurs.
-Il a raison Mione. C'est de la folie.
Elle resta la bouche grande ouverte et croisa ses bras de façon ostentatoire.
-Non mais vous rigolez j'espère ! Vous ne comptez pas abandonner maintenant ?
Alors que la sorcière montait le ton, un petit cliquetis se fit entendre. Les trois élèves tournèrent la tête vers l'endroit d'où provenait le son. Sur le sol en pierre, un léger éclat pouvait être aperçu.
Harry avança intrigué et se pencha pour saisir entre ses doigts l'objet de leur attention. Ebloui, il fit rouler la pierre précieuse sur la paume de sa main.
-Il semble que le premier diamant soit venu à nous.
Le trio fut tellement surpris qu'ils laissèrent quelques secondes avant de reprendre la parole. C'est à cet instant qu'ils trouvèrent la raison de cette apparition, se remémorant que les deux garçons n'avaient pas le courage de chercher partout les joyaux…
-La paresse…chuchotèrent les trois Gryffondors, leurs visages fendus par un sourire vainqueur.
-Professeur ouvrez !
-Laisse tomber Harry, Dumbledore n'a pas l'air d'être ici. Tu te rappelles de ce que t'as dit Rogue ? L'Ordre a beaucoup de pain sur la planche en ce moment. J'enverrai un hibou à mon père si tu veux ou à Bill…Ca va Mione ?
Les deux garçons se tournèrent vers la jeune femme. Hermione s'appuyait contre le mur et tentait de garder les yeux ouverts. Son visage laissait entrevoir beaucoup de fatigue et une goute ruisselant sur son front traduisait un début violent de fièvre.
-Oui, je me sens juste un peu mal…
Sans avoir le temps de finir sa phrase, la sorcière s'effondra en avança comme si un poids immense venait de s'abattre sur son corps.
-Mione !
Ron et Harry se précipitèrent vers elle pour la rattraper mais sa tête cogna le sol avant qu'ils aient le temps de pouvoir faire quelque chose.
Les deux sorcier essayèrent de la faire réagir, tapotant ses joues, mais son corps immobile resta tel quel dans leurs bras.
-Vite, il faut l'emmener à l'infirmerie !
