Merci encore pour vos lectures et vos gentilles reviews =).
Pour répondre à une de vos questions, la fréquence de mes posts est vraiment irrégulière. Parfois je vais mettre 3 chapitres dans la même semaine, 2 dans la journée comme aujourd'hui ou parfois mes activités vont m'empêcher d'écrire pendant deux semaines voire un mois. J'essaye de faire de mon mieux^^
Bonne lecture !
Au loin, un bateau sur le point de s'échouer envoyait quelques fusées, dans l'espoir d'être secouru. Alors qu'elle marchait sur des pieds douloureux en observant la mer, Hermione faisait le point. Un navire à la détresse, voilà ce qu'était la sorcière à présent. Une jeune femme ayant presque tout perdu, se noyant dans un océan d'hostilité.
Tout ce qu'elle avait construit était tombé à l'eau, et le futur annonçait de dangereuses tempêtes. Deux jours plus tôt, Hermione avait failli mourir de façon pitoyable dans un meuble en bois. Quelle triste mort pour une jeune femme si brillante. Elle imagina les gros titres des journaux : « la ministre de la magie meurt de façon tragique », « Mystère : Que faisait la ministre dans cette auberge de moldus? » ou encore « L'armoire de la fin ». Heureusement, Harry leur avait sauvé la vie et ces articles grossiers n'avaient pas lieu d'être.
Le jeune homme n'avait pas dit un mot de la journée, ce qui ne l'étonna guère. Habitué pendant sa quête des diamants à n'avoir personne à qui parler, il avait pris l'habitude, de temps à autre, de rester silencieux pendant plusieurs heures.
Cette absence de communication arrangeait Hermione. Elle savait qu'en cette après midi de 2003, tout ce qui aurait pu sortir de sa bouche aurait été incroyablement pessimiste. Il y a des jours comme ça…ou tout parait sombre et sans issue.
La cachette du criminel Mc Miller n'était plus bien loin, elle avait hâte de découvrir un endroit ou se poser quelques temps. Harry aussi avait grandement besoin de repos. Ses cernes le justifiaient. Il ne s'en plaignait jamais mais elle sentait bien que l'état de son corps n'était pas au plus fort.
Alors que des nuages gris annonçaient un orage proche, une maison en bois se fit apercevoir au loin. Intrigué, le jeune homme se retourna vers Hermione.
-Est-ce qu'on est arrivé ?
Elle déplia mécaniquement la carte et compara le paysage avec ce qu'elle pouvait y voir.
-Il semble que oui. Mais faisons attention Harry, rien ne dit qu'elle est vide ou sans maléfices de protection.
Il lui promit d'être prudent d'un signe de tête et glissa sa main vers sa baguette.
-J'aperçois une silhouette.
-Non…soupira Hermione.
-Reste là, je vais m'approcher un peu pour voir.
-Hors de question que tu y ailles seul.
-Je suis la raison pour laquelle on s'enfuit. C'est à moi de prendre des risques. Ne discute pas.
Harry n'était plus impulsif comme avant…mais qu'est ce qu'il était autoritaire ! Ce trait de caractère avait le don de l'agacer et de lui plaire à la fois. Ne pas faire ce qu'elle voulait l'embêtait, mais Hermione adorait cette sensation de ne pas avoir le contrôle. Il était agréable d'obéir et de ne pas devoir faire des choix. Harry s'occupait de ça…Harry était là.
Ce dernier approcha discrètement de la demeure. L'ombre était en perpétuel mouvement. Elle semblait même agitée. Avait-il été repéré? Il fit comprendre à sa partenaire qu'il s'apprêtait à explorer les lieux. Elle le regarda paniquée mais le laissa faire.
La porte d'entrée grinça dans un bruit inquiétant. Les premiers pas du sorcier firent craquer le vieux parquet. Le grincement avertit l'homme présent de son arrivée.
L'occupant apparut tout d'un coup devant Harry, se jetant à son cou de façon si soudaine qu'il faillit tomber à la renverse.
Il ne put contenir son réflex. Dans l'automatisme le plus rapide, Harry fit un geste sec de sa baguette. Un sort frappa brutalement son agresseur. L'attaque fut fatale. L'homme s'effondra et aussitôt se mit à se vider de son sang.
Harry lui aussi tomba au sol. Il se baissa vers le cadavre.
-Putain non…non..non putain non…
Il secoua l'homme, espérant qu'il donnerait un signe de vie. Mais Harry l'avait tué. « tué », il avait tué un inconnu. Sa victime portait une cagoule noire. Il s'agissait probablement d'un voleur moldu qui lui avait sauté dessus par peur d'être prit en flagrant délit. Cet homme avait les mains sales mais il ne méritait surement pas de mourir…
Le sang se répandait petit à petit et vint tacher le pantalon d'Harry au niveau des genoux. Mais le sorcier restait paralysé, choqué par son propre acte.
Angoissée qu'il ne soit toujours pas revenu , Hermione pénétra dans la pièce. Le spectacle qui s'y déroulait la marqua au point de lui donner la nausée…
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Construite en bois de pin, la maison possédait une immense baie vitrée qui offrait une vue magique sur le bleu de l'Atlantique. A travers cette longue fenêtre on pouvait apercevoir deux jeunes adultes en position de recueil au bord de l'eau. Sur une planche flottante, reposait un cadavre recouvert de quelques fleurs.
Harry, rongé par la culpabilité, avait décidé de faire disparaitre convenablement sa victime. Au lieu de l'enterrer dans un vulgaire trou, il avait préféré le rendre à la mer. Cette cérémonie offrait plus de liberté à son gout. Dans un silence respectueux, il poussa légèrement la petite barque, et vit le défunt s'éloigner vers le large.
Toujours sans un mot, Hermione et Harry remontèrent dans la petite maison. Celle-ci était très agréable à vivre. Le bois, dont la plupart des planches étaient peintes en bleu et blanc, donnait un coté chaleureux à l'habitation. Cette décoration ne ressemblait en rien aux gouts des criminels. Etonnant que Mac Miller ait crée quelque chose de si esthétique.
Les deux amis avaient décidé d'y séjourner quelques jours, le temps de reprendre des forces et de décider de la route à suivre.
Harry se dirigea vers la cuisine et se mit à découper des légumes pour le diner. Il utilisa un simple couteau. Depuis qu'il avait accidentellement assassiné le cambrioleur, il n'osait plus toucher à sa baguette. La manière dont la lame venait cisailler ses carottes traduisait sa grande nervosité.
-Tu veux en parler ? le questionna Hermione en se mordant la lèvre pour exprimer sa compassion.
Il arrêta quelques secondes la préparation de sa soupe et la regarda désespéré.
-J'ai besoin de quelque chose de positif.
Il prit une grande bouffée d'air pour se calmer.
-J'ai besoin de quelque chose de positif, répéta t-il en sentant la pression l'envahir. Ces putain de diamants m'ont fait quitter Poudlard. J'ai passé six années tout seul. Tu as perdu ton mari. On se retrouve obligés de fuir. Voldemort a failli nous tuer. Et voilà que je prends la vie d'un mec qui est peut-être quelqu'un de bien. Qu'a-t-on fait pour mériter tout ça ? Tout va de travers, j'en peux plus. Les problèmes s'enchainent. J'aimerais juste, une période tranquille. J'aimerais aller dormir et me dire que j'ai passé une « bonne » journée. J'aimerais tellement passer du bon temps avec eux : Ron, Hagrid , Fred, Georges… J'ai à peine eu le temps de les revoir.
-Ne perds pas espoir. Tu te souviens de ce que tu m'as dit quand je ne voulais pas sauter par-dessus la crevasse l'autre jour ? Regarder en avant, ignorer le passé.
-Je sais…Mais je n'y crois plus Hermione. Parfois j'aimerais juste m'endormir éternellement, pour que tout ça s'arrête…Pardonne moi, je dis n'importe quoi.
Il ouvrit quelques placards pour chercher quelques ingrédients. Il fallait qu'il s'occupe pour se vider l'esprit.
-Tu as faim ? demanda t-il changeant soudain d'humeur, décidé à ne pas se laisser abattre trop longtemps.
Elle répondit oui en hochant la tête avec un sourire, comme une petite fille à qui on aurait proposé une part de gâteau au chocolat.
-Je n'ai pas cuisiné depuis des lustres, je ne promets rien !
Enthousiaste de le voir retrouver une certaine motivation, Hermione entreprit de fouiller la maison, à la recherche de quelques trésors. La recherche ne fut pas vaine.
Dans une chambre au premier étage, elle dénicha un vieux jeu d'échecs ainsi que quelques livres passionnants dans une grande malle. La sorcière fut ravie de mettre la main sur quelques bougies qu'elle alluma avec joie dans le salon.
Elle se sentait mieux. Une soirée et un diner agréables étaient en prévision. Harry et elle mangeraient un vrai repas, ce qui n'était pas arrivé depuis quelques une semaine, et ils pourraient enfin se détendre sans se soucier de quoique ce soit. La sorcière avait protégé la maison avec les sortilèges les plus efficaces.
Il pourrait lui apprendre les échecs et le lendemain, ils iraient se baigner ou bronzer sur la plage. Les jours prochains s'annonçaient plus que plaisants. Sans compter les innombrables ouvrages qu'elle avait prévu de dévorer en un rien de temps. Le meurtrier qui avait séjourné ici avait un gout aussi prononcé que surprenant pour la littérature et les manuels scientifiques.
Hermione mit la table à l'aide d'un Wingardium Leviosa maitrisé, puis elle vint donner un coup de main à Harry.
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-Tu ne manges rien ?
Harry était resté devant son assiette sans toucher la moindre goutte de soupe. L'incident de la journée l'hantait sans lui laisser aucun répit. Il fallait qu'en plus, son amie ait eu la brillante idée de recouvrir la table de bougies. Il avait l'impression d'être à un rendez vous galant, ce qui s'avéra très embarrassant.
Si Hermione avait suspecté ses sentiments, elle aurait surement évité ce genre d'attention. Cependant, il ne pouvait nier que l'ambiance tamisée et sensuelle qui émanait des bougies lui réchauffait le cœur.
-J'ai pas très faim.
-C'est dommage ta soupe est délicieuse. Attention, tu fais appel à la vieille gâteuse qui est en moi !
Sans attendre, elle approcha d'Harry, armée d'une cuillère de soupe chaude. Puis, comme le ferait une mère, elle imita un avion avec le geste zigzaguant de son bras, visant la bouche de son enfant.
Harry ria sans retenue. Cet éclat joyeux les réconforta.
Elle fit semblant d'être vexée.
-Quoi ? Tu n'aimes pas mes méthodes ? D'habitude les gentils petits bébés acceptent de manger. Tu dois vraiment être un sale gosse Harry ! lui lança elle en tirant la langue pour le narguer.
-Tu t'es vu espèce de petite fille modèle ?!
Continuant sur le ton de l'humour, elle se leva, empoigna un coussin et le fit voler vers son visage.
-Ah, tu veux jouer à ça ?!
Consciente qu'elle avait déclenché la guerre, Hermione réalisa que le jeune homme pouvait facilement gagner. Prenant ses jambes à son cou, elle arpenta en courant les couloirs de la maison. La fuite était le seul moyen de s'en sortir.
Le couple se courut après en riant pendant de longues minutes, jusqu'au moment ou elle fut coincée dans un cul de sac.
Harry avança vers elle, mais elle était bloquée.
-Et maintenant tu fais comment pour te sauver ?
Hermione se précipita sur le coté, tentant de passer par surprise. Mais elle avait sous-estimé la vivacité de son adversaire. Celui-ci la bloqua par la taille. Elle bascula par-dessus son bras et ils se retrouvèrent tous les deux par terre.
Cet instant était digne d'une scène de cinéma. Il les fit penser à une histoire d'amour. Ce moment cliché, ou les deux amants se retrouvent dans cette situation aussi propice que gênante, et s'embrassent passionnément.
Etaient-ils des amants ? Étaient-ils toujours de simples amis ? Ni Harry, ni Hermione ne le savaient. Une chose était sure…Ils en avaient envie. Leurs regards les trahissaient. Il n'y avait pas de doute. Harry voulait ses lèvres, son cou, sa peau et bien plus encore. Et il savait qu'au fond d'elle, elle désirait la même chose. Leur jeu d'enfant ouvrait grand la porte aux pulsions d'adultes.
Ils se regardèrent intensément, partageant leur hésitation. Etait ce le besoin de continuer cette passion qui s'était interrompue il y a six ans ? Etait ce la frustration physique ?
Harry la dévorait des yeux et Hermione ne savait plus quoi faire. Peut-être avaient-ils envie à cause de la situation. Leur survie était si incertaine. Cette maison était un cocon confortable. Rien n'assurait qu'ils respireraient encore le lendemain. Pourquoi ne pas se laisser aller et profiter comme si c'était la dernière fois?
Le sorcier ne se laissa pas ce droit. Choisissant de rester raisonnable, il ne tarda pas à se relever. Hermione n'avait pas probablement pas de réelle attirance pour lui. Elle était juste veuve et malheureuse, sensible à la tension sexuelle qui s'était instauré entre eux depuis bientôt un mois. Elle ne l'aurait même pas regardé si elle n'avait pas été si perdue.
Il lui tendit la main pour l'aider à se redresser, restant galant. L'ambiance amusante s'était si vite éteinte, pour laisser place à l'embarras et au questionnement.
Préférant éviter la tentation, les deux amis finirent leur soupe en silence et montèrent se coucher chacun de leur coté…
(Prochain chapitre déjà posté !)
