Attention il va s'en passer des choses ! J'espère que tout sera compréhensible. Parfois je me perds moi-même dans tout le bazar des évènements. Je ne changerai jamais, il faut toujours que je choisisse que des problèmes leur tombent dessus ! Je me rattraperai surement avec une fin heureuse^^ Bonne lecture =) Merci pour votre fidélité à cette histoire, vos reviews me font toujours aussi plaisir ! N'hésitez pas à me dire si c'est incompréhensible car les 36000 retournements de situation sont surement mal expliqués^^
La sensation de vide dans l'esprit d'Harry se prolongea jusqu'au lendemain matin. A son grand regret, il fut trop faible pour réitérer la ballade sur le dos de Buck. Il se contenta de trainer dans la maison à la recherche d'une activité captivante, sous le regard inquiet d'Hermione qui le suivait partout, de peur qu'il refasse une crise.
-Je ne vais pas mourir d'une seconde à l'autre tu sais.
-Ca pourrait recommencer, comment peux-tu prendre ça à la légère ?
-Ne me parle pas comme si j'étais irresponsable, je te l'ai déjà dit Mione, je n'ai aucune idée de ce que je peux faire pour empêcher que ça arrive.
Elle commença à ouvrir la bouche pour répliquer mais ne fut inspirée d'aucune remarque. Comprenant qu'il ne supportait plus d'être observé, elle partit de son coté, en quête d'un ouvrage à dévorer d'une traite.
Enfin libre, Harry entreprit de fouiller la maison italienne. La résidence du criminel semblait regorger d'intriguants trésors. Apercevant un tas de bricoles sur une armoire, il fit voler une chaise jusqu'à ses pieds afin de se trouver plus en hauteur. En déplaçant plusieurs objets, il fit malencontreusement tomber un petit livret à la couverture en cuivre.
Il descendit de son support et ouvrit le grimoire, guidé par la curiosité. Sur le vieux papier, une écriture parfaite lui parut familière.
« Cela fait déjà un mois qu'Harry est parti. Ron me répète sans arrêt de l'oublier, m'assurant qu'il ne ressentait que du mépris pour moi. Pourtant je n'arrive pas à y croire. Et s'il avait décidé de chercher tout seul les diamants ? Il a toujours voulu agir en solo, évitant de nous impliquer dans le danger. J'aimerais tellement qu'il revienne. Je ne dors presque plus. Mon sommeil est l'hôte de nombreux cauchemars, et je n'ose plus m'aventurer dans mon lit. Je donnerais tout pour être de nouveau dans ses bras. ».
Harry resta quelques instants stoïque devant le petit carnet. Le jeune homme ignorait qu'Hermione tenait un journal intime. Ce genre d'activité lui semblait réservé aux filles superficielles. Il avait toujours eu du mal à comprendre pourquoi les nanas se sentaient obligés de transcrire leurs émotions à l'aide d'une plume.
Il fut surtout surpris que sa « petite amie », s'il pouvait l'appeler ainsi, n'ait pas trouvé une meilleure cachette. Pourquoi n'avait-elle pas protégé son journal à l'aide d'un sort ?
Un affreux dilemme se posa. Devait-il remettre le journal à sa place, feignant de ne jamais l'avoir trouvé ? Lire ses écrits serait comme lire en elle. Et à l'heure qu'il était, Harry n'avait qu'une envie : savoir ce qui trottait dans la tête d'Hermione. Il n'était pas dupe, elle était trop stressée pour écrire des informations capitales, de peur qu'on le trouve. Mais cela restait une mine de renseignements non négligeable. Pourrait-il la combler mieux en connaissant quelques unes de ses pensées intimes ?
Cédant à sa curiosité, il vérifia qu'elle ne risquait pas de rentrer dans la pièce et entreprit la lecture de plusieurs pages ouvertes au hasard.
« Ron pleure énormément Ginny. Il en parle à peine mais je vois à ses yeux qu'il vit des moments difficiles. Et dire que ses parents ne sont même pas au courant…Je me demande si Poudlard sera un jour libéré des mangemorts. Le coma d'Harry n'aide pas à retrouver le moral. Je vais l'observer à l'infirmerie tous les jours en rêvant de voir ses paupières s'ouvrir. Parfois j'ai l'impression qu'il bouge. Est-ce mon imagination ? Madame Pomfresh m'avertit de ne pas me faire de faux espoirs, mais c'est plus fort que moi. Il me manque atrocement, au point que je lui pardonnerais sans hésiter ce qu'il m'a fait... »
« Il faut que je fasse attention. Harry est devenu une obsession. Je n'écoute même plus en cours ! Je n'ai qu'une hâte, c'est que la fin de l'heure approche pour qu'on se retrouve tous les deux. Il me plait tellement…Je crois que je suis prête à passer à l'acte avec lui. Cet instant d'amour parait formidable.»
Harry sourit en lisant ces lignes, rassuré de voir qu'Hermione avait été prête et ne s'était pas pressée. Impatient de voir ce qu'elle pensait sur leur relation plus récente, il avança d'une trentaine de pages.
« Marc a fait sa demande. Je suis si heureuse. Une nouvelle vie s'annonce ».
« J'ai perdu le bébé. Marc est dévasté. Peut-être encore plus que moi. Je crois que c'est ma faute. J'étais tellement stressée au travail, mon ventre crispé devait être un endroit invivable pour le bébé. Je me sens si mal, j'ai l'impression d'avoir commis un meurtre. Je ne peux plus le regarder sans me dire que j'ai été incapable de porter son enfant. Je ne supporte plus qu'il me touche. J'ai trop peur de redonner la vie et de tuer ce petit être à nouveau. Je ne sais plus quoi faire pour éviter que notre mariage s'autodétruise... »
Frissonnant sous le choc, Harry ferma le carnet d'un coup sec. Il avait été trop loin. Le sorcier fut prit d'un torrent de remords et de culpabilité. Lire ce journal avait été une grossière erreur. Il avait sous-estimé l'ampleur des blessures qu'Hermione y cachait.
Cette nouvelle expliquait sans aucun doute le comportement de la jeune femme. Hermione était distante car elle était effrayée à l'idée de reprendre une vie sexuelle. Les conséquences étant le risque d'une grossesse et le risque de perdre un autre enfant par la même occasion. La sorcière était partagée entre le désir et l'angoisse, voilà pourquoi elle avait choisi de laisser un grand espace entre eux. Cette décision était totalement respectable.
Le plus rapidement possible, il remit le livret à sa place, comme pour se persuader qu'il n'y avait jamais touché. Cet incident coupa son envie d'exploration. Il retourna au salon, nerveux et troublé par ce qu'il venait d'apprendre.
Hermione assise les jambes croisées dans le canapé, lui lançant un sourire amoureux en le voyant arriver. Il regrettant d'autant plus le fait d'avoir violer son droit au secret.
-Tu as trouvé de quoi t'occuper ?
-Euh…ben oui oui…enfin non pas encore, parvint-il à articuler tout gêné.
-Ca va Harry ? Tu es, comment dire…bizarre.
Le sorcier tenta de gagner en crédibilité et en assurance. Il était urgent d'instaurer un sujet de conversation.
-Ah c'est juste que je m'ennuis à mourir…soupira t-il.
-Dés qu'il n'y a aucun basilic ou dragon à terrasser, Monsieur Potter trouve la vie bien ennuyeuse ! lança-t-elle pour se moquer.
-Il y a des choses bien plus formidables que les dragons et les basilics dans la vie.
-Ah oui ?
Elle fit semblant de ne pas comprendre qu'il parlait d'elle mais le rose écarlate de ses joues prouva le contraire.
Harry fit quelques pas et prit place prés du piano, désignant l'instrument du regard.
-T'écouter jouer par exemple, annonça le Gryffondor avec un clin d'œil.
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Harry s'était retourné mainte fois à la recherche du sommeil. Ses yeux commençaient à le piquer sous la fatigue, mais son esprit n'était pas d'humeur à dormir. Hermione était en voyage au pays des rêves. Allongée à ses cotés, elle émettait de petits bruits en gigotant.
Il se leva en veillant à ne pas la bousculer et se dirigea vers la cuisine. Pourquoi la cuisine ? Il ne savait dire et se sentit con. Ce n'était pas l'heure de jouer à la petite ménagère. Il fit le tour de la pièce des yeux et aperçut une bouteille de Whisky.
Le Sorcier sentit que le liquide était sur le point de devenir son ami d'un soir. Ignorant consciemment le ridicule de ce réflex, il se servit un verre de cet alcool et s'assit lassé sur une chaise. Il avala timidement une première gorgée qui lui brûla la gorge.
Bon sang ce que c'était dégueulasse ! Mais incontestablement revigorant ! Dans les films que son oncle Vernon connaissait par cœur, le personnage principal buvait souvent de ce breuvage quand tout allait mal. Il revêtait sa veste en cuir, s'asseyait tête baissée au comptoir d'un vieux bar et enchainait les verres. Pourquoi était ce toujours du Whisky ? Etait-ce l'alcool des gens tristes ?
Harry ne se considérait pas comme quelqu'un de triste, juste comme quelqu'un d'amoché par la vie, amoureux d'une fille encore plus bousculée que lui par une existence semée d'injustices. Voila ce à quoi il songeait en sirotant le douze ans d'âge sur sa chaise bancale.
Il entendit le craquement du parquet et aperçut une ombre. Hermione était réveillée. Le visage aussi accablé qu'attendrissant, elle avança tout doucement vers lui.
-J'ai fait un vilain cauchemar, expliqua t'elle comme une enfant de six ans, on me poursuivait. J'ai peur que ça recommence.
Harry fut étonné qu'elle ne lui reproche pas de boire tout seul de façon pitoyable. Attendri par sa petite bouille, il lâcha son verre et lui tendit ses bras en signe de réconfort. Sans attendre, elle l'embrassa tendrement et s'y réfugia.
-Je ne laisserai personne te faire de mal mon amour.
Enivrée par son parfum, elle s'abrita davantage au creux de son cou. Ses bras d'homme la protégeaient de tout. Hermione se sentit bien…
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L'expédition à la bibliothèque des cachots s'annonça pour le lendemain. Enroulés dans la cape d'invisibilités, les deux amants se rendirent sans difficulté au rayon symbologie.
-Est-ce qu'on va vraiment regarder toutes les pages à la recherche d'une croix et d'un serpent ?
-Tu vois une autre solution ? murmura Hermione agacée par son impatience.
-Pas la peine de t'énerver.
-Je ne m'énerve pas, déclara t'elle consciente qu'elle disait faux.
Il se pencha vers elle et captura ses lèvres.
-Ce n'est pas vraiment le moment Harry…
Se contredisant elle-même, elle mit ses bras autour de son cou et provoqua un second baiser, avant de se mettre au travail.
Le feuilletage d'ouvrages leur prit toute la matinée. En vain…Harry crut avoir trouvé le même symbole que sur le coffre, mais apprit par Hermione, qu'il brandissait en fait un vulgaire dessin de ver de terre. Il fut vexé par le rire discret qui avait animé la bibliothèque.
-Comment ça un ver de terre ?!
-Il n'a ni yeux ni langue en pointe Harry ! Désolé si on t'a dit qu'un serpent était un gros ver de terre. Ce n'est pas la même chose ! le taquina t-elle indiscrète.
Heureusement, le gardien s'était seulement retourné intrigué et n'avait pas insisté.
Cette visite ne fut pas inutile pour autant. Hermione avait été merveilleusement impressionnée par la taille de la bibliothèque. Les étagères de livres se développaient sur des centaines de mètres. Des échelles magiques s'étendaient à la guise des lecteurs, pour leur permettre d'accéder aux romans les plus en hauteur.
Au milieu, trônait une représentation imaginée de son fondateur. La silhouette en bronze ne pouvait donner un aspect plus mélioratif du personnage. Grand, haut et loyal, son effigie tendait la main aux plus démunis avec respect.
Le toit, en forme de coupole, rendait libre l'imaginaire et laissait la culture s'épanouir. Un bois foncé et verni entourait soigneusement chaque pièce tandis que les fresques au mur se combinaient harmonieusement aux couvertures colorées des documents.
Ce fut avec une petite pointe au cœur, que la jeune femme quitta les lieux, entrainée par la main d'Harry.
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Un peu mélancolique, Hermione rangea les dernières affaires dans son sac. Quitter la maison italienne n'était pas facile, mais la prudence l'exigeait. Bercée par la nostalgie, elle attrapa le bras d'Harry prête à transplaner.
Dans une explosion de sensations, le couple voyagea à travers les airs.
Ils faillirent perdre l'équilibre en atterrissant dans une petite prairie ou la nuit était déjà presque tombée.
-On ne va pas dans une des planques de McMiller ? s'étonna Harry.
Hermione sortit la carte des cachettes et la retourna dans tous les sens, perplexe.
-Je croyais que cet endroit était un de ses refuges. Il faut croire que quelqu'un a fait le ménage. Tanpis, j'ai une tente, ça fera l'affaire pour ce soir. Tu t'occupes du feu ?
-Boulot d'homme je suppose ?
-Si tu ne te sens pas comme tel, je peux m'en charger, le taquina la sorcière.
Il sourit et s'écarta de quelques miles à la recherche de bois sec, tandis que la jeune femme installait la tente.
Lorsqu'il pénétra dans la forêt, sa cicatrice se remit à le brûler. Cela recommençait… Il s'assura qu'Hermione ne pouvait le voir depuis la prairie, refusant d'attirer ses inquiétudes.
Après quelques enjambées, il se laissa glisser contre un arbre, soufflant pour tenter d'évacuer la douleur. Mais la force qui entrait en lui était plus vaillante que tout. La fièvre attaqua son front et la vision des silhouettes noires apparut encore une fois.
Le visage cruel du seigneur des ténèbres rendit visite à ses pupilles, le terrifiant. Plusieurs images se succédèrent. Voldemort semblait en présence de ses fidèles. Lucius, Bellatrix et bien d'autres devant un bâtiment lugubre. Une vieille porte en bois, ou repose un blason coloré, arborant un serpent…et d'une croix…
La surprise d'Harry atteint un sommet alors que sa crise se calmait. Il se remit très vite sur ses jambes, malgré sa faiblesse, et courut vers la prairie.
-Ben tu n'as pas pris de bois ? l'interrogea Hermione qui avait déjà installé la tente et y rangeait leurs affaires.
-Hermione…
Essoufflé et épuisé il se tenait à peine debout et ne parvint pas à lancer sa phrase. Comprenant que Voldemort venait de nouveau de capturer son esprit, Hermione accourut et le força à s'asseoir. Elle fit demi-tour pour chercher un tissu, et épongea son front tandis qu'il reprenait une respiration normale.
- Détends-toi Harry, pense à quelque chose d'agréable.
-Le serpent…
-Naguini ?
-Non le serpent ! et la croix, le symbole Hermione. Le symbole était dans mes visions.
Les yeux écarquillés, la jeune femme eut un éclair dans le regard, signe qu'elle venait de saisir une futilité.
-Mince…alors McMiller n'était pas un simple criminel. Ce n'est pas un hasard si tu as trouvé ce coffre devant sa maison. C'est un voleur talentueux, tu sais qui l'a surement recruté parmi ses fidèles. Ce symbole doit représenter une institution qui intéresse les mangemorts.
-Et si la clé se trouvait dans sa maison ? On est peut-être passé à coté de la solution. Il faut retourner y fouiller.
-Pas question, maintenant qu'on sait qu'il s'agit surement d'un mangemort il faut mieux être prudent. Et personnellement, après tout ça, je ne suis pas sure de vouloir savoir ce qu'il y a dans ce coffre.
-Ce que je sais, c'est que ce coffre est ce qu'il cherche. On a peut-être quelque chose contre lui.
Sans attendre l'approbation de la jeune femme, il transplana vers la maison en bord de mer du criminel. Hermione voulut le suivre, mais elle réalisa qu'elle ne pouvait laisser toutes leurs affaires sans surveillance. Elle se mordit les doigts et le maudit durant toute son absence. Comment pouvait-il lui faire ça ?
Lorsqu'il réapparut, elle se jeta sur lui.
-HARRY POTTER !
Harry eut peur en la voyant si en colère. Elle pouvait être encore plus effrayante qu'un monstre lorsqu'elle s'énervait ainsi.
Avançant agressivement, elle lui envoya plusieurs sortilèges inoffensifs mais belliqueux, le faisant tomber ridiculement sur les fesses.
-Ne refais jamais ça ! hurla-t-elle en le recouvrant de terre avec des coups de pied.
-He calme toi !, pria le pauvre garçon en se protégeant des projectiles à l'aide de ses mains.
-J'étais morte de peur ! Tu n'as pas droit de me faire ça !
-Tu ne m'aurais jamais laissé y retourner s'y j'avais attendu.
« C'est pas faux » s'avoua la sorcière, trop contrariée pour le reconnaitre à voix haute. Elle croisa les bras puis décida finalement de retourner à ses occupations.
Harry se releva légèrement déboussolé et l'observa. Allait-elle vraiment faire la tête pour si peu ? « Tant pis » songea t-il. Il découvrirait tout seul le trésor. Il entra dans la tente à la recherche du coffre. Dans sa main droite, ses doigts serraient fermement une petite clé au symbole de serpent.
Le sorcier ne put s'empêchait de ressentir un chouya de stress lorsqu'il rentra la clé dans la serrure du coffre. Et si ce qui se trouvait à l'intérieur était extrêmement dangereux ? Il soupira, refusant de laisser passer l'occasion de connaitre son contenu, et tourna le petit objet dans l'orifice.
Le cliquetis mécanique qui déverrouilla le trésor instaura un suspens inestimable. Tous les petits éléments métalliques du coffre se soulevèrent afin de rendre libre ce qu'il renfermait…
Harry émit un hoquet de surprise en apercevant une main de femme coupée. La vision horrible du membre détaché lui donna envie de vomir.
Hermione, qui avait entendu son léger cri pénétra en courant dans la tente.
-Oh mon dieu !
-Oui je sais c'est répugnant…
-Non ce n'est pas ça le problème Harry…Regarde l'alliance…C'est la main de Tonks!
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-J'en suis sûre et certaine Harry, c'est l'alliance de Tonks.
Le couple se fixa, conquis par l'inquiétude. Qu'était-il arrivé à la femme de Lupin ? Que faisait son membre dans ce coffre ? Cherchait-on à les provoquer ?
-Hermione, il faut aller au Terrier pour essayer de savoir ce qu'il se passe.
-C'est dangereux, et si quelqu'un du ministère s'y trouvait ? Ils ne seraient pas longs à te tomber dessus.
-Je refuse de rester les bras croisés. Que l'Ordre ait voulu m'effacer la mémoire ou non, il s'agit toujours de mes amis. Et s'ils avaient besoin de nous ? Tu crois qu'on se pardonnerait d'être resté ici les bras croisés ?
-Je ne dis pas le contraire Harry. Qu'est ce que tu crois ? Que je me fous de ce qui peut leur arriver ? Je suggère juste d'y aller seule.
-Encore moins envisageable, répondit-il en secouant la tête de gauche à droite pour insister.
Hermione se jeta sur sa veste, préalablement posée sur son sac et y trouva sa baguette. Elle la pointa vers lui, le menaçant directement.
Il recula d'un pas, le regard plein d'incompréhension. L'agressivité de sa réaction l'avertit que la sorcière ne plaisantait pas.
-Qu'est ce qui te prend ?
-Je t'interdis d'y aller.
-Parce que tu as le droit de contrôler mes faits et gestes maintenant ?
-Ne m'oblige pas à te paralyser, lui balança la jeune femme d'un ton froid en maintenant sa position d'attaque.
La sorcière semblait éprouver de la difficulté à se montrer si dure avec lui. Pourtant elle ne paraissait pas prête à relâcher son bras.
Harry crut rêver. Pourquoi la simple idée de retourner au Terrier la mettait-elle dans un état pareil ? Lui cachait-elle quelque chose ?
-Range ta baguette. On peut discuter non ? On n'est pas obligés de sortir les armes.
-Rien ne me garantit que tu ne vas pas transplaner comme tu l'as fait dans la maison de McMiller tout à l'heure.
-Ok, alors disons que je ne vais pas le faire. Je te le promets. Tu peux me faire confiance tout de même ?
-Confiance…répéta elle avec un rire jaune.
-Quoi ? rétorqua le sorcier tourmenté. Tu vas te mettre à me reprocher d'être malhonnête maintenant ?
Des torrents de pleurs s'annonçaient dans les pupilles de la jeune femme. Harry était toujours incapable d'expliquer ce qui la troublait tant. Ce n'était pas le simple danger d'aller au Terrier.
-Mon journal intime répondrait mieux que moi à cette question.
Il resta immobile. Elle marquait un point, peut-être même une balle de match.
-Je suis tombé dessus. J'ai lu quelques pages c'est tout.
-Ouais…
Il décerna de l'indifférence dans sa voix. L'histoire du carnet ne la tracassait pas. C'était encore autre chose…
-Tu vas vraiment y aller même si je te demande de ne pas le faire, hein ? lui demanda t-elle d'une petite voix timide.
Elle lui faisait toujours de la peine quand elle prenait cet air triste là. Mais il n'allait pas céder. Le besoin de venir en aide à l'Ordre était plus fort que tout.
Il hocha la tête pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas lui en empêcher.
-Alors il faut que tu saches quelque chose…
Le filet de lumière lui permit de distinguer l'éclat d'une larme future dans son iris. Le temps s'arrêta pendant quelques secondes. Le cœur d'Harry mima un roulement de tambours, conscient qu'une révélation de taille s'annonçait.
Hermione n'avait pas voulu l'écarter du Terrier pour le protéger des mangemorts. Elle avait voulu l'empêcher d'y aller pour le protéger d'une terrible vérité…
Il y a des regards qui ne trompent pas. Il y a des regards qui projettent la gravité de la situation. Et ce jour là, à cette heure, dans cette prairie là, dans cette tente là…Hermione avait ce regard là…
