Le retour d'Harry eut lieu deux jours plus tard. Les traits du visage fatigués, il débarqua à l'aide d'un transplanage dans la cuisine de Ron. Non sans étonnement, il découvrit que la totalité de L'Ordre, y était attablé, dégustant la cuisine de Lise, la femme du jeune Weasley.
Ce fut Dumbledore, probablement le plus sage et le plus apte à cette annonce, qui développa à Harry toutes les informations nécessaires concernant les horcruxes.
Comme prévu, il émit l'idée de se sacrifier, et fut vite contredit par l'ensemble des personnes présentes. Seule Hermione, gardait le silence, trop honteuse pour ouvrir la bouche. Elle restait assise sur sa chaise, et semblait rongée par la culpabilité d'avoir caché la vérité dés que leurs regards se croisaient.
-Je suppose que si je vous demande de ne pas prendre tous ces risques pour moi vous allez refuser de m'écouter ?
-Ecoute Harry, cette guerre nous concerne tous, déclara l'un des deux jumeaux, surprenant l'assemblée par son sérieux.
-Georges a raison, le félicita son père. Nous avons perdu Ginny et bien d'autres. Nous n'allons pas croiser les bras et te laisser faire tout le travail.
-Quel est le plan ? demanda Luna de sa petite voie.
Harry ne s'était pas rendu compte de sa présence mais en fut ravi. Le look de la sorcière n'avait pas changé. Ce jour là elle s'était habillée comme un arc en ciel. De quoi faire hausser les sourcils de Ron et ses frères.
-Recruter. Voila le plan. Nous ne sommes pas assez nombreux pour terrasser tous les fidèles de Voldemort.
La prononciation de son nom ne paraissait plus effrayer l'assemblée comme avant. Tout le monde s'était habitué à entendre cette appellation terrifiante.
Tonks avança au centre de la pièce, ne manquant bizarrement d'aucune main.
-Une terrible bataille nous attend, nous en sommes conscients. Mais je pense que nous avons encore quelques mois pour nous préparer.
-Tonks…ta main…
-Trouvée dans un coffre, oui. Hermione m'a raconté. Vois tu Harry ce coffre n'est pas ordinaire. Son pouvoir est incroyable.
-Ramener les morceaux de vos amis faussement démembrés, oui miraculeux ! lança Fred moqueur.
-Le contenu de ce coffre est un peu comme l'épée de Gryffondor, continua la jeune femme dont les cheveux avaient une couleur bleue à cette heure-ci. Ce qui apparait à l'intérieur est une illusion qui te fera prendre la bonne décision.
-Ta main n'a jamais été coupée ?
-Exactement. Ce coffre t'as fait croire que j'étais en danger, pour que tu sois de retour parmi nous. Il savait qu'Hermione reconnaitrait l'illusion de mon alliance et que vous décideriez de venir voir si tout se passait bien. Sans ce coffre, vous seriez resté loin d'ici et les conséquences auraient été désastreuses.
- Sommes-nous assurés de prendre toutes les bonnes décisions avec ce coffre ?
-Cela reste un objet Harry, il ne faut pas trop en attendre, intervint Lupin.
-Le symbole qui est dessus…Je l'ai vu dans mes visions. Je…C'est comme si Voldemort pénétrait dans mon esprit. Les mangemorts ils étaient à un endroit ou figuraient le serpent et la croix.
Un silence s'instaura dans la pièce.
-Je suis désolé Harry, j'ai peur qu'on en sache pas plus que toi sur ce symbole, déclara Fol œil en tapotant sa jambe de bois.
-Tant pis, se contenta t-il de déclarer en se grattant les cheveux.
Il voulut leur expliquer pourquoi il les avait fuis pendant des mois mais il supposa que Ron leur avait déjà tout raconté. Il ne voulait surtout pas rendre Hermione plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà. La jeune femme s'était faite toute petite comme une souris.
Il prit le temps d'observer Lise. La jeune femme à la chevelure blonde et aux yeux verts était extrêmement jolie et paraissait aussi rigolote qu'aimante. Il ne fut pas étonné que son meilleur ami en soit tombé amoureux.
-Bien, il est temps que je m'en aille, annonça Dumbledore. Poudlard m'attend. Te revoir était un grand plaisir Harry.
Il se retourna vers tous ceux qui étaient présents dans la pièce.
-Je propose que nous nous retrouvions samedi prochain pour discuter de la marche à suivre. J'avertirai Severus de notre plan
-Bien entendu, acquiesça Molly, vous êtes bienvenus au Terrier !
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La pièce se vida de ses invités.
-Je n'ai pas eu le temps de me présenter, enchanté Harry ! J'ai beaucoup entendu parler de toi. Je ne vois pas pourquoi on t'embête avec cette croute sur le front. Ce n'est pas si voyant ! affirma Lise en se dirigeant vers Harry.
-Enchanté, répondit le jeune homme amusé par son humour. Désolé de me ramener comme ça à l'improviste.
-T'en fais pas pour ça. Comme je disais à Hermione, vous êtes les bienvenus tous les deux. Restez tant que vous voulez ! Ron vous fera à manger et fera vos lits le matin.
Le rouquin bougonna dans son coin, n'ayant pas saisit qu'elle blaguait. Décidément, cette Lise était une vraie blagueuse. Une Fred/Georges version féminine ! Harry paria qu'elle s'entendait à merveille avec les deux jumeaux.
-Allez, on vous laisse, il est temps qu'on mette Tommy au lit.
Les deux parents partirent à l'étage s'occuper de la sieste du petit Tommy, laissant Harry et Hermione seuls.
Ils se regardèrent à peine, appréhendant la réaction de l'autre.
Le jeune homme mourait d'envie de briser le silence. Il s'apprêta à ouvrir la bouche mais ne savait que dire. Il avait à la fois tant de sujets à aborder et si peu de mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Les dernière 72 heures avaient été si mouvementées.
La tête baissée, elle attendait là qu'il l'anéantisse par ses reproches, qu'il la punisse. Harry s'avança doucement, ignorant toujours ce qui sortirait de sa bouche lorsqu'il se retrouverait en face d'elle.
Hermione aurait voulu s'effacer, se voir disparaitre sous le mouvement d'une immense gomme. Harry la détestait, elle en était sûre. Comment pouvait-elle espérer se faire pardonner après inventé un tel mensonge ?
Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, elle garda le regard cloué au sol, plongée dans ses remords.
-Ne te ronge pas les sangs, murmura t-il en caressant sa joue.
Elle fut forcée de lever les yeux et il y décela autant de tristesse que de regret. Harry aurait pu entamer un monologue, établir tout un tas d'arguments pour lui prouver qu'elle n'avait pas à s'en vouloir. Mais l'émotion était si forte qu'il voulait que le message passe autrement.
L'espèce de suspens amoureux qui rodait dans la pièce était loin d'être désagréable. Il refusa de tout gâcher avec des paroles ennuyantes. Un geste suffirait pour lui transmettre son pardon.
Il se sentit comme en 6ème année, dans ce fameux couloir ou il avait eu le courage de l'embrasser pour la première fois. D'où venait cette sensation qui rendait la situation si piquante? Etait ce le fait de ne pas l'avoir vu pendant deux jours ? Le fait qu'ils venaient de survivre à une noyade, à des loups garous et à des tas de révélations nuisibles à leur couple ? L'avait-il réellement quittée dans la tente ?
Il stoppa toutes ces questions, réalisant que la pauvre Hermione attendait toujours son verdict. Avec le plus de tendresse possible, il frotta gentiment son nez contre le sien.
Elle se prit au jeu, ravie qu'il ait décidé de faire la paix.
La jeune femme ne résista pas plus longtemps et colla rapidement sa bouche contre la sienne. Harry fut surpris mais pas mécontent par cette initiative. Il fit glisser ses mains jusqu'à ses hanches et la rapprocha de lui.
Elle lui mordilla les lèvres, le couvrant de désir. Il tomba dans son piège et pinça gentiment ses fesses, guettant sa réaction. La jeune femme ne semblait pas insatisfaite, ce pourquoi il continua sur sa lancée. Jamais il n'avait trouvé des retrouvailles si exaltantes.
-J'ai cru que je t'avais perdu pour toujours quand tu es parti.
Il fut soulagé d'entendre de nouveau sa voix. La sorcière n'avait toujours pas prononcé un mot depuis qu'il avait débarqué chez Ron.
-Je suis de retour tu vois, répondit-il en déposant un baiser sur son front, je ne partirai plus jamais sans toi.
-Je méritais ton départ.
-Tu as fait ce qu'il fallait. Ce mensonge était la meilleure solution pour m'empêcher de faire une bêtise. J'ai grandement besoin d'une douche. Tu m'accompagnes ?
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La pomme de douche laissa son flot de pluie tomber sur la baignoire en ivoire. L'eau bouillante soulagea les muscles d'Harry, fatigué par deux jours de fuite incessante. Il ferma les yeux et laissa son corps se réchauffer. Il avait toujours aimé sentir les gouttes traverser innocemment son visage.
Ce qu'il aimait surtout savourer, c'était les petits bisous qu'Hermione déposait tranquillement sur son torse depuis presque cinq minutes. Un peu au hasard, ses mains répondirent par quelques caresses intimes.
Les horcruxes, les mangemorts, tout ça était loin à présent. L'esprit d'Harry était limité à ce qui se passait dans cette douche. Ces quelques mètres carrés de flotte représentaient un cocon protecteur, un environnement sans ennui. Il pourrait rester des heures ainsi, à savourer le massage de l'eau chaude et l'étreinte de sa petite amie.
Les paupières du sorcier se soulevèrent pour admirer la jeune femme qui se trouvait en face de lui. Hermione semblait apprécier autant que lui ce moment de relaxation. Dans un geste délicat, elle replaça ses cheveux mouillés en le gratifiant d'un sourire.
La sorcière fit aussi lentement que sensuellement glissé le savon sur le torse de son partenaire en lui offrant un regard de braise. Répondant à ses avances, il se mit à l'embrasser langoureusement, l'appuyant sur la paroi de la douche. Son engouement fut réciproque.
Harry tenta de contrôler ses pulsions. Il savait que si les choses se réchauffaient davantage, il ne saurait résister à la tentation. Hermione n'était peut-être pas apte à faire le grand saut. La perte du bébé lui revint en tête et le força à se montrer prudent.
Il décida d'arrêter ce baiser afin de s'assurer qu'elle désirait la même suite. Il la fixa amoureusement et remarqua que sa poitrine était mouvementée sous sa respiration. Elle semblait aussi émue que lui.
Il attrapa fermement ses poignées et les souleva au dessus de sa tête, pour la rendre prisonnière. Puis il colla son visage contre le sien, en signe d'affection. Les deux essoufflements se combinèrent sous l'excitation.
-Tu peux m'arrêter à tout moment tu sais, lui murmura t-il douloureusement.
La simple idée de laisser tomber lui paraissait infranchissable, mais il était prêt à se calmer si telle était son besoin.
-J'ai envie de toi, parvint-elle à articuler, presque droguée par la tension sexuelle qui rôdait.
Sous l'eau qui s'effondrait sous forme de torrents, Harry souleva la jeune femme, la portant sans difficulté.
C'est ainsi qu'ils firent l'amour.
Pour la première fois depuis six ans, après des semaines de retenue.
C'est ainsi qu'Hermione tourna la page du passé, s'ouvrant totalement à lui. Leur patience était enfin récompensée…
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A peine furent t-ils sortis de la douche, que Ron les avertit que le diner était prêt. Un peu gênés de s'être permis cette petite évasion chez leur meilleur ami, les deux amants descendirent le plus rapidement possible dans la cuisine.
Heureusement, Ron était peu perspicace et ne déchiffra aucun indice suspect dans leurs regards, pas même le sourire béat qui restait accroché au visage d'Harry. En revanche, ce ne fut pas le cas de Lise, un peu plus observatrice.
-Tu m'as l'air bien content depuis que tu es à table Harry ! Est-ce ma nourriture qui fait cet effet là ?
Il avala de travers son morceau de poulet et tenta de prendre un air convaincu. Hermione semblait serrer les dents pour s'empêcher de rire face au moment de solitude dans lequel il se trouvait.
-Euh…c'est très bon mais je pense que c'est le fait de revoir tout le monde. Ca faisait un bail que je n'avais pas vu Ron.
-D'ailleurs, intervint le rouquin qui lui sauva la mise en changeant de sujet, il faut que je te montre mon nouveau balais. L'aile de dragon ! Il fait un carton, les magasins du chemin de traverse sont dévalisés.
Sa femme leva les yeux au ciel.
-Quidditch, quidditch…tu n'as que ça à la bouche.
-C'est normal, c'est un peu mon métier ! se plaint-il en mâchant.
-C'était déjà le cas à Poudlard, l'informa Hermione.
-En parlant de métier Hermione, que comptes-tu faire maintenant que ton poste de ministre a été remplacé ?
La jeune Granger s'arrêta net, la fourchette plantée dans une pomme de terre. A vrai dire, elle n'y avait pas du tout songé. Il y a encore quelques jours, elle s'imaginait voyager dans le monde entier avec Harry. L'idée d'une vie normale lui semblait extrêmement ennuyante.
-Oh…Euh je ne sais pas du tout. Voyons comment cette chasse aux mangemorts va se dérouler. J'y réfléchirai après.
Le danger de cette quête difficile envahit leurs esprits et instaura un silence de mort. Une chance que Ron soit encore assez de bonne humeur pour lancer les deux filles sur une discussion interminable.
-Oh d'ailleurs Mione, Lise ne t'a pas dit ? Elle va occuper un nouveau poste.
-C'est vrai ?
-Oh ne parlons pas trop vite, ce n'est pas totalement sur.
-Ne sois pas pessimiste. Tu es la meilleure dans ce domaine bien sur qu'ils vont compter sur toi, déclara son mari.
Elle le remercia d'un sourire, appréciant son soutien. Lise était depuis peu stagiaire dans une association de sorciers qui défendaient les droits des créatures magiques. Sujet qui intéressait vivement Hermione.
Les deux femmes débâtèrent prés d'une heure sur la condition des elfes, ce qui laissa aux deux amis la possibilité d'accéder à l'étage pour admirer l' « Aile de Dragon ».
-Ouah, sa forme est bien travaillée !
-Tu devrais l'essayer demain Harry. J'aimerais tellement que tu puisses assister à un entrainement de l'équipe un jour.
-Avec les trois quarts des sorciers qui veulent détruire l'horcruxe qui est en moi, c'est un peu risqué pour le moment je crois…
-T'en fais pas vieux, on va arranger ça. Ca a l'air d'aller mieux Hermione. Lise m'a fait la réflexion qu'elle a l'air beaucoup plus épanouie que la dernière fois qu'on l'a vu. Je suppose qu'elle commence à faire son deuil.
-Euh…oui je trouve aussi qu'elle s'en sort mieux, se contenta de répondre Harry passant nerveusement une main dans sa chevelure corbeau.
Ron fronça les sourcils, perplexe.
-Harry me dis pas que toi et Hermione…
-Si, avoua t-il avec un sourire en haussant les épaules, si on est…ensemble en quelque sorte.
-Ah ba ça alors ! s'exclama Ron enjoué. C'est chouette ça ! Tout s'explique. Je comprends pourquoi son moral s'est amélioré !
-Oh ce n'est peut-être pas définitif tu sais…Je veux dire…Elle n'a pas oublié Marc pour autant. C'est peut-être voué à l'échec. Je crois que j'étais là au moment ou elle avait besoin d'un autre homme pour combler le vide.
-Ne dis pas de bêtise Harry. Elle était folle de toi au lycée. Pourquoi ça changerait ?
Harry fut amusé par sa remarque. L'amour semblait si simple dans l'esprit de Ron. Il ne devait pas être du genre à se prendre la tête. Ce qui expliqua la complexité parfaite qu'il paraissait partager avec Lise.
-Je suis content que les filles s'entendent à merveille ce soir. Lise m'a fait de sacrées crises de jalousie lorsque tu as ramené Hermione chez nous. Je ne sais pas ce qui m'a pris de lui raconter que j'avais le béguin pour elle il y a quelques années.
-En effet, ce n'est pas très stratégique de ta part ! s'esclaffa Harry en lui donnant une tape amicale.
-J'en ai parlé à Hermione bien évidemment. Pour l'avertir que les regards noirs de Lise seraient fréquents. Et voilà qu'elle s'est mise à me dire avec un ton de mère enragée , qu'on ne parle pas à sa femme de ses anciennes histoires. Tu imagines un peu dans quelle situation je me trouvais ? Ah les femmes je te jure…Elles me tueront un jour !
Les deux anciens Gryffondors partirent dans un fou rire incontrôlable...
