Après une éternité sans écrire (j'ai été très occupée) voilà enfin un nouveau chapitre! Je m'y recolle sérieusement, les publications de chapitres seront de nouveau régulières cet été. Bonne lecture et merci pour vos commentaires =)
-Cinq…répéta Fol'œil le regard perdu dans une agressivité hors norme, nous en avons déjà éliminés cinq !
Ce bilan ,bien qu'il soit maigre comparé au travail qui les attendait, était suffisant pour apporter suffisamment d'espoir aux membres de l'ordre. Chaque souffle de mangemort qui s'éteignait les rapprochait de leur liberté. Chaque retour, sains et saufs au foyer, était une victoire.
Le petit hibou noir des Weasley dormait paisiblement sur son perchoir, laissant échapper de légers bruits attendrissants qui endormaient l'auditoir de l'auror.
En frappant son poing sur la table, l'ancien professeur de défense contre les forces du mal les fit sursauter un à un.
-Je ferai payer ces ordures pour avoir mis Marc dans un état pareil !
- Comment va-t-il ? s'informa Dumbledore qui venait tout juste d'apparaître au Terrier.
-Hermione l'a accompagné à Sainte-Mangouste hier soir, je pense qu'il en a pour un bon moment là bas ! Hermione serait rentrée depuis tout ce temps si ce n'était qu'une folie passagère. expliqua Ron les bras croisés.
-Ronald ! Ne soit pas si pessimiste ! le disputa sa mère.
Tandis qu'un débat interminable sur les chances de guérison de Marc s'installait, Harry flânait dans le jardin, mâchant une brindille.
Il adorait s'asseoir sur ce rocher, afin de regarder le soleil dire au revoir à la Terre. Il se rappelait ces soirées ou il fumait devant ces belles couleurs à Poudlard. Qu'est ce qu'il donnerait cher pour se procurer de nouveau cette herbe qui l'avait tant fait planer. Mais le risque de retomber dans le coma ne le tentait pas trop !
Quoique…si ça pouvait lui épargner toutes ces remarques sur l'état du mari d'Hermione , il tomberait inconscient avec plaisir ! La fenêtre ouverte laissait passer toute la pitié ressentie par ses proches. Et plus les prévisions négatives pénétraient ses oreilles, plus la tristesse l'envahissait.
Lui qui auparavant n'arrivait pas à ressentir la moindre compassion pour l'ancien auror, avait commencé à comprendre sa douleur la veille. Hermione était descendue au rez de chaussée. Sans attendre la jeune femme avait annoncé la sentence à son ancien mari, le quittant avec courage.
Mentir ou retarder la vérité aurait été inutile. Elle avait jugé préférable de lui dire dés aujourd'hui que leur mariage avait été tourné avec la page du passé. Jamais Harry n'avait vu un visage si détruit. L'homme avait hurlé à la mort, faisant trembler les murs de la maison des Weasley.
Il s'était mis à genoux et l'avait supplié de ne pas l'abandonner. Harry avait ressenti un pincement immense lui tordre la totalité des muscles. Il n'avait pas pu s'empêcher d'imaginer Hermione le quitter lui. Et il en était venu à la conclusion qu'il se sentirait dans le même état que Marc.
Si ce pauvre homme avait imaginé que celui qui l'avait sauvé du mangemort avait également conquis sa femme…mais...l'avait-elle vraiment quitté pour Harry ? Ou n'était ce que pour elle même?
-Ou est Harry ? s'inquiéta soudain Tonks.
-Il traîne dans le jardin. Appelons-le !
-Laissons un peu d'air à ce garçon. La nouvelle du jour doit lui tourmenter l'esprit.
-Comme nous tous.
-Un peu plus si on sait la relation qui l'attache à Hermione.
-Comment ça ?
-Oh me dis pas que tu n'as rien remarqué papa ! se moqua Georges, Harry devient tellement bizarre quand elle est là.
-Il essaye autant de l'attraper qu'il essaye d'attraper le vif d'or pendant un match ! renchérit Fred.
Harry entendit ces mauvaises blagues et maugréa quelques jurons contre les jumeaux. Mais au fond, il fut content que tout le monde soit maintenant au courant de sa relation avec la sorcière. Il en avait assez de rapprocher en cachette les deux lits que leur fournissait madame Weasley. Après tout...Ils n'avaient pas seize ans!
-Ah Hermione attire bien des hommes, rajouta Lise d'un ton froid.
Harry n'avait pas vue sur la cuisine mais il put très bien imaginer le regard noir de Ron qui émergerait de cette remarque déplacée et inutile.
-Severus m'a donné quelques informations supplémentaires, intervint le directeur de Poudlard.
Le sage commença à déballer toute une stratégie d'attaque contre les mangemorts. Harry faisait vivement partie de cette guerre, mais ce jour-là il n'avait vraiment pas la tête à parler conflits. Intrigué, il se munit de sa cape de visibilité et entreprit de rejoindre Sainte Mangouste, pour voir comment se dérouler l'intégration de Marc.
Visiblement, les sombres années qui venaient de passer avaient rendu beaucoup de gens instables mentalement. L'établissement réputé avait été obligé d'agrandir ses murs. Harry eut l'impression d'arpenter des centaines de kilomètres avant de trouver la bonne chambre. Caché par l'héritage de son père, il finit par pénétrer dans le bon couloir.
La présence d'Hermione lui indiqua qu'il était au bon endroit. La jeune femme fixait à travers une vitre, l'homme fou auquel elle avait dit oui il y a déjà quelques années. L'ancien auror semblait se débattre acharnement contre le personnel de l'hôpital. Persuadé que tout ceci était un coup monté, il ne se laissait pas maîtriser et alla jusqu'à mordre un des médecins.
Se devant d'être plus radicaux, les trois sorciers le maintinrent au sol et obtinrent son immobilité. Cependant, l'esprit de Marc gigotait toujours lui, et la gueule collée contre le carrelage froid de cet asile , il faillit se noyer dans ses propres larmes.
Difficile de rester indifférent face à un tel spectacle. En particulier pour une ex femme. Ce que Harry ne mit pas longtemps à comprendre.
La tragédie habitait le corps de la sorcière, et lorsqu'il approcha d'Hermione, il fut parcourut d'un frisson. Son stress et sa raideur se communiquaient sans difficulté. Sa tristesse était contagieuse.
D'un geste délicat pour ne pas l'effrayer, il posa une main réconfortante sur son épaule. Malgré la cape d'invisibilité, elle devina sans hésitation qu'il s'agissait d'Harry. Son odeur l'avait-il trahi? Quoiqu'il en soit, elle n'avait pas l'air gênée par sa présence.
Faisant mine de se gratter le cou, elle passa sa propre paume sur les doigts du sorcier.
-Tu ne devrais pas prendre le risque de venir ici, murmura t-elle le plus bas possible.
-Je me suis dis que tu ne devais pas vivre ça toute seule. Ils te laissent tous gérer la situation et restent égoïstement au Terrier.
-Ils ne sont pas les bras croisés Harry. Ils ont d'autres chats à fouetter , toi aussi d'ailleurs.
-Tu fais partie de mes priorités.
Elle haussa les sourcils, flattée toutefois par cette remarque.
-Depuis combien de temps n'as tu pas dormi Mione?
Cette fois ci, ce fut les épaules qu'elle haussa, pourtant bien consciente que les cernes qui creusaient son visage laissaient sous-entendre la réponse.
-Il faut que tu te reposes un peu.
-Je n'ai pas sommeil.
-Tu restes ici à fixer la chambre depuis hier soir?
-Oui.
Son coeur sans joie laissait apparaître un corps presque sans vie. Le dynamisme d'Hermione avait été absorbé...Et dire qu'elle allait beaucoup mieux quelques jours auparavant...Pourquoi avait-il fallu que Marc vienne tout gâcher?
Cela pouvait paraître cruel, mais il aurait mieux fallu pour l'auror lui même, qu'il y reste. La mort vaut mieux qu'une telle vie à Sainte-Mangouste. Et sa disparition définitive aurait permis à Hermione d'avancer.
Harry culpabilisa d'avoir cette pensée.
-Il y a une petite chambre qui sert de repos aux proches des patients. Vas y quelques heures ça te fera du bien.
-Je n'ai pas envie.
-Ne m'oblige pas à t'y amener par la force, rétorqua t-il d'un air froid.
-Harry je sais que ça t'inquiètes mais le problème est sous mes yeux et dormir n'arrangera rien.
-Rester à te morfondre ici non plus.
Tandis qu'elle gardait le silence, il la saisit fermement par le bras et se déplaça vers la salle de repos. La pauvre sorcière n'eut le choix d'obéir. Se battre avec un homme invisible la ferait passer pour une folle et rejoindre l'autre coté de la vitre. Hors de question.
Accélérant l'allure, il décida d'occuper la chambre 52. Chambre était un grand mot. On aurait plutôt dit un placard fourni d'un lit. Des souvenirs d'enfance refirent surface. Heureusement, ils pourraient être tranquilles ici, aucun Dursley ne viendrait le martyriser.
Faisant sa tête de mule , la jeune femme resta les bras croisés à le regarder.
-Qu'est ce que t'attends pour te reposer ?
-Faut que je te le répète combien de fois Harry ? Je n'ai pas envie de dormir. Cesse ton numéro de maman poule, tu me saoules.
-Très bien, j'ai tout mon temps tu sais.
-Tu vas vraiment rester ici à attendre que je fasse la sieste? C'est franchement ridicule...
Décidée à avoir le dernier mot, elle s'avança vers Harry l'air belliqueux. Puis sans prévenir, elle le plaqua contre le mur et l'embrassa fougueusement.
Le jeune homme ne sut que ressentir. Bien sur qu'il désirait ce baiser. Ce genre d'attention le rassurait, lui rappelait qu'elle était à lui, et pas à ce vieux fou de Marc qui refaisait surface. Mais l'attitude d'Hermione n'était pas à l'heure des amourettes. Elle était en colère, et elle cherchait à le contrôler et à entendre raison grâce à l'attractivité de son corps.
Le faire taire, lui faire abandonner cette idée de sieste à la con. Voilà ce que l'esprit malin de la sorcière entreprenait en ordonnant à sa bouche sensuelle de mordre le cou d'Harry. Les mains douces d'Hermione avaient suivi les mêmes directives et faisaient la course vers son entrejambes.
Il lui saisit vivement le poignée pour la stopper.
-N'agis pas comme ça, je te ne reconnais pas. Si je refusais de dormir, toi aussi tu me supplierais de me reposer aussi. N'ai je pas raison ?
Elle resta à le fixer les yeux plein d'émotions. Une armée de ressentiments abritaient son regard. La colère, la peur, la tristesse...Son refus d'avoir tors la fit rester en silence, les pupilles immobiles fusillant intensément celles d'Harry.
Elle lui rappela le Harry qu'il avait été en sixième année, ce garçon malheureux et perdu qui faisait un peu n'importe quoi. Hermione était en plein dans cette étape.
-Merci d'être venir me soutenir. Mais je pense que j'ai besoin d'être un peu seul.
Harry hocha la tête en signe d'approbation. Il attrapa sa veste, et se pencha pour l'embrasser tendrement.
-On se voit tout à l'heure alors…
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Alors qu'il quittait l'ambiance glauque de Sainte Mangouste, Harry réalisa qu'il n'avait pas envie de rentrer au Terrier. Flâner dans les rues lui faisait un bien fou. Caché sous sa cape, il scruta quelques vitrines.
Malgré la terreur qui rodait dans le monde des sorciers, quelques boutiques faisaient encore l'effort d'attirer l'œil. Un magasin de bonbons réveilla sa gourmandise de grand enfant. Si seulement il pouvait montrer son visage sans danger et acquérir quelques dragebus…
Sa langue fit le tour de sa bouche en tentant d'imaginer le gout sucré de ses parfums préférés. Il ne put résister et en vola quelque uns à la hâte. Puis mâchant heureux ces petites merveilles gustatives, il continua calmement sa ballade.
Le soleil tapait fort dans la petite ruelle et laissa une sensation agréable sur son visage. D'où venait cet optimisme débordant et cette énergie nouvelle ? D'Hermione, il ne faisait aucun doute. Elle le rendait heureux malgré la situation effrayante dans laquelle il se trouvait.
Dommage que ce bien-être ne soit pas partagé. Il se donna le défi de lui changer les idées pendant quelques heures.
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Lorsqu'Hermione rentra au Terrier quelques heures plus tard, elle fonça directement dans sa chambre, voulant à tout prix éviter de croiser les regards apitoyés de l'Ordre. Harry s'y trouvait, et à son grand étonnement, était en train de se raser, vêtu d'une chemise noire très classe.
-J'ai raté un épisode, tu t'en vas à un gala ?
-Non, répondit-il en laissant passer un silence mystérieux. Ca va mieux ?
-Oui, j'ai juste un peu l'impression d'étouffer ici. Enfin, non c'est pas ce que je veux dire…Les Weasley sont très gentils, mais…
-Tu as besoin d'être plus indépendante ?
-Oui, être dans cette chambre me donne l'impression d'être encore une ado. Rien que l'idée de devoir obligatoirement descendre diner dans une demi-heure me gave…
-Ca tombe bien, j'aimerais te montrer quelque chose ce soir. J'ai prévenu Molly qu'on ne serait pas à table.
-Alors c'est ça la raison de cette tenue élégante ? demanda la sorcière amusée.
-Tout à fait.
Hermione fut ravie. La surprise qu'Harry s'apprêtait à lui faire lui remonterait le moral, c'était sur. Mais ou bien donc pouvait-il l'amener ?
-Harry, tu te rappelles que tu es recherché ? M'amener dans un restaurant ou autre serait super imprudent.
-Je sais, déclara t'il en passant un peigne dans ses cheveux.
La manière dont il en disait le moins possible l'étonna. Elle décida de se prendre au jeu et joua la fille intriguée.
-Est-ce que ce sera dangereux ?
-Mon idée est tellement géniale que tu risques de t'évanouir mais à part ça…
-Prétentieux ! s'exclama t-elle en lui donnant gentiment une tape sur l'épaule.
Elle fit le tour de la pièce des yeux à la recherche de vêtements potables.
-Combien de temps ai je pour me préparer ?
-Autant que tu voudras, annonça t-il avec un sourire.
Hermione se dirigea vers la salle de bain. Après une douche bouillante, elle s'appuya contre le lavabo et fixa son reflet dans le miroir. Mon dieu ce qu'elle paraissait fatiguée.
Elle soupira…regrettant de ne pas pouvoir se faire aussi belle qu'elle aurait voulu pour Harry. Saisissant sa baguette, elle essaya malgré tout d'arranger ce désastre.
Après avoir effacé ses horribles cernes, elle se maquilla de couleurs très foncées, et rassembla ses cheveux dans un chignon, laissant quelques jolies mèches dépasser pour ne pas avoir l'air trop strict.
Pour finir, elle enfila une robe à fleurs, profitant de la haute température de la journée.
-Je suis prête !
Harry, qui s'était allongé sur le lit, se releva d'un bond et s'approcha de sa petite amie. Puis délicatement, passa son bras autour du sien, pour s'apprêter à transplaner.
-Tu fermes les yeux jusqu'à mon signal ok ?
-Ok !
Elle lui obéit mais rien ne se passa. Harry était en fait en train de l'admirer, en oubliant que les secondes défilaient. Elle était si jolie dans cette petite robe. Au point, qu'il eut du mal à croire qu'il avait la chance de passer la soirée en sa compagnie.
-Harry ?
-Oui excuse moi, j'étais dans la lune.
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-Je peux ouvrir les yeux ?
Harry gardait les paumes de ses mains sur les yeux d'Hermione et la faisait avancer doucement vers le milieu de la pièce.
-Patience, encore quelques petites secondes…ça y est ! Tu peux regarder.
La jeune femme ouvrit les paupières, et jeta autour d'elle un regard émerveillée. Elle se trouvait dans la maison qu'elle avait achetée et commencé à rénover avec Harry il y a quelques mois de cela. A la différence prés, que le salon était maintenant totalement fini.
Les fenêtres avaient perdu leurs énormes trous, le plafond ses énormes taches et le vieux parquet avait trouvé une nouvelle jeunesse en étant poncé et ciré.
Au sol, prés de la cheminée allumée, se trouvait une nappe de pique nique aux classiques carreaux blancs et rouges. Deux coussins à l'aspect confortable et deux coupes de champagne sorcier y étaient disposées, accompagnées d'un diner préparé avec précaution.
Mais ce qui était le plus beau dans cet endroit plein de charmes, c'était les centaines de bougies qu'Harry avait pris soin de disposer un peu partout.
Hermione était sans voie face à ce décor plus que romantique. Un petit pique nique tous les deux, rien de mieux pour lui redonner le sourire !
-C'est si nul que ça ?
-Non, Harry c'est super…Je suis juste surprise. Quand as-tu fini de réparer la maison ?
-Quand je suis parti après avoir appris ton mensonge, j'ai eu besoin d'évacuer mon trop plein d'énergie.
-Alors c'est ici que tu t'étais enfui.
-Oui…il reste les meubles à ajouter et quelques finitions, mais je pense que d'ici quelques semaines tu pourras y vivre. Sans Molly et sans Weasley. Viens par là.
Il attrapa doucement sa main et l'invita à s'asseoir devant la cheminée. Elle était si radieuse à sourire ainsi, il espéra pouvoir la rendre aussi épanouie aussi souvent que possible.
-C'est toi qui a cuisiné tout ça ?
-Oui, j'espère que c'est mangeable.
Avec un air malicieux, la sorcière trempa un doigt dans une des sauces et le porta à sa bouche. Harry la fixa, attendant son verdict.
-Alors ?
-Hum…Ca manque un peu de sel mais ce n'est pas mauvais.
-Ah…lâcha t-il la mine déçu.
-Mais non je plaisante Harry.
Elle se pencha en avant pour l'embrasser tendrement.
-C'est parfait, tout ce que tu as fait c'est parfait.
Elle garda son visage prés du sien et le gratifia d'un sourire plein de reconnaissance. Puis elle reporta son attention sur la coupe de champagne , faisant signe à Harry de trinquer.
-Au boulot extraordinaire que tu as fait pour moi.
Ils apprécièrent le petit « gling » du contact de leurs verres et goutèrent à une première gorgée du vin pétillant. Puis ils laissèrent échapper un soupir de soulagement. Ce moment ensemble était si relaxant. S'échapper quelques heures du bazar de leur existence semblait paradisiaque.
-Je mettrais bien un fauteuil juste ici. Et une grande bibliothèque tout au long de ce mur.
-Et un piano ?
-Oui, pourquoi pas c'est une bonne idée.
-Hermione, je peux te poser une question ?
-Oui.
-Pourquoi tu ne fais pas plus souvent du piano ? Je veux dire, ton niveau est excellent, et…tu as l'air tellement détendue quand tu joues.
Elle baissa les yeux et éclaircit sa gorge comme pour éviter d'avoir une voie triste.
-Je ne sais pas…Je me sens…bizarre quand je m'y assois. Je suppose que ça me rappelle un peu trop mes parents et que ça me rend nostalgique.
-Depuis quand n'es tu pas allé les voir ?
-Bien trop longtemps…Je n'ose pas y aller et leur dire que j'ai abandonné mon poste au ministère. Ils demanderaient les raisons de ce choix, et je ne veux pas les inquiéter avec tout ce qui passe.
-Ne pas leur rendre visite doit les inquiéter encore plus tu sais.
-Oui ce n'est pas faux…Il faut que je leur dise pour Marc. Ils l'aimaient énormément.
La conversation buta sur cette phrase. Hermione s'en voulut.
-Excuse moi, je ne voulais pas encore tout ramener à Marc…Je…
-C'est rien, la rassura t-il en déposant un baiser sur son front.
-Tu viendrais avec moi ?
-Quoi voir tes parents ?
-Oui.
Harry avala sa salive et se leva pour faire quelques pas.
-Wow euh…Hermione je crois pas que ce soit une super idée…Nous deux ça fait pas super longtemps…
-Je ne vais pas leur annoncer nos fiançailles Harry ne panique pas comme ça.
-Je sais, mais tu leur dirais pour nous pas vrai ?
-Oui…Oui évidemment, murmura t-elle en fronçant les sourcils surprise par l'étonnement d'Harry. Est-ce que ça poserait problème ?
-Non, Non…
-Harry, si on doit emménager ici tous les deux, il faut quand même que ma famille le sache tu ne crois pas ?
Il se retourna vers elle en essayant de dissimuler son sourire.
-Ai-je bien entendu ? Emménager ici ? Tous les deux ?
Elle ne répondit rien et haussa les épaules avec un sourire jusqu'aux oreilles, ayant deviné qu'il serait réjoui par cette nouvelle. Hermione était contente de son choix. Enfin, elle avait fait un grand pas avec Harry. Cette proposition était le signe qu'elle était prête à donner un peu d'élan à leur relation.
Elle l'observa, beau comme il était ce soir là. Elle était fier de savoir que cet homme devant elle, partageait sa vie.
Hermione se leva et le rejoint. Elle lui enleva le verre des mains et s'agrippa à lui.
-J'ai passé trop de temps à regarder en arrière. C'est toi que je veux. J'ai passé trop de temps à être indécise. Tu mérites que je m'implique pleinement dans ce qu'on peut construire tous les deux.
-Rien ne presse, j'attendrais le temps qu'il faudra.
-Le temps est précieux lorsqu'on vit au jour le jour. On ne passera peut-être pas l'année Harry.
-Ne dis pas des choses pareilles Mione s'il te plait.
-C'est la vérité. Nous allons prendre de plus en plus de risques. Je veux profiter de chaque instant avec toi.
La jeune femme se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa fougueusement. Mais Harry ne répondit pas totalement à son baiser.
-Quelque chose ne va pas ?
-Non ne t'inquiètes pas. Je suis juste un peu perplexe. C'est vraiment en train d'arriver, hein ? Nous deux ? C'est du sérieux ?
L'engagement d'Hermione semblait trop beau pour être vrai.
-Il faut croire que oui, avoua t-elle tandis qu'il caressait sa joue. Je ne pensais pas qu'on tiendrait jusqu'ici. Je pensais qu'une fois qu'on aurait fait l'amour, tu te désintéresserais de moi. Quand je repense à l'amitié qu'on entretenait, je n'arrive plus à croire qu'on ait pu passer tant de temps ensemble en supportant d'être de simples amis.
-Tu te souviens de la première fois qu'on s'est embrassé ?
-Oui, tu m'avais tendu cette petite fleur violette que je garde toujours dans mon sac. J'ai cru que mon cœur allait exploser. C'était si étrange d'embrasser son meilleur ami.
-Tu crois qu'on redeviendrait facilement amis si ça venait à s'arrêter ?
Hermione laissa passer une courte période pour réfléchir, puis elle releva son regard vers son visage.
-Je pense sincèrement que non.
Elle se logea au creux de son épaule et le serra de toutes ses forces.
-Tu me fais vivre à nouveau Harry...
