Plus les années passaient et plus la décoration du ministère de la magie semblait glauque. Même les fontaines qui longeaient le mur semblaient refléter la terreur. L'eau qui coulait sur le marbre foncé avait une allure de sang. Tel un jardin infesté de taupes vicieuses, ce lieu était infesté de mangemorts. Il n'était pas exagéré de dire que les fidèles de Voldemort avaient officieusement pris le pouvoir.
Ainsi, quand Harry pénétra dans l'immense bâtiment, il fut sûr qu'on s'emparerait de lui en quelques secondes. Sur qu'on l'emmènerait sans attendre au seigneur des ténèbres, là ou sa petite amie était retenue en captivité.
Sa peur se mélangeait à l'impatience de revoir Hermione. Pourrait-il vraiment la sauver? Et s'il se faisait écrabouiller comme un imbécile? Tant pis il aurait essayé. Le besoin de venir à son secours était plus forte que la raison.
Le jeune Potter vérifia que les différents objets qui allaient assurer la réussite de son entreprise se trouvaient bien dans sa poche. Une baguette, une cape d'invisibilité et un couteau minimisés à l'aide du sortilège "reducto" lui seront bien utiles.
Il exécuta quelques derniers pas en tant que sorcier libre, avant que plusieurs hommes déchaînés se jettent sur lui. Très vite, le bruit qu'il était au ministère se répandit.
-HARRY POTTER ! HARRY POTTER EST LA !
On se jeta comme des fous sur lui, le plaquant violemment à terre. Le choc de son crâne contre le sol le sonna légèrement. Il sentit qu'on lui attachait les mains. Avait-il fait le bon choix?
Au même moment, dans une maison bancale, plusieurs amis stoppèrent leur dispute et écoutèrent apeurés les mots qui émanaient d'une radio...
-Remus mets plus fort s'il te plait!
"Apparition du dénommé Harry Potter au ministère de la magie"
Dumbledore se leva et un air grave fut suffisant pour leur faire comprendre qu'il fallait agir.
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-Maître...Maître quelqu'un est entré!
-Qui Queudver? Qui est entré ?
-Je , Je...Je sais pas, Averi et Rockwood, ils sont morts là bas, répondit t-il paniqué.
-Assez! Tais toi Queudver, et attache cette sale mi-moldue. Je réglerai son compte tout à l'heure. Alors comme ça quelqu'un nous fait un mauvais tour, allons voir ça de plus prés Naguini...Lucius suis moi.
Le regard plein de cruauté, celui dont on ne doit pas prononcer le nom saisit sa baguette et avança vers l'entrée de la demeure. C'était sur...Celui qui perturbait ses activités et osait ôter la vie à ses fidèles, serait sévèrement puni...
Peter Pettigrow attrapa le bras d'Hermione d'un geste violent pour la forcer à se relever. Il la poussa jusqu'au coin de la pièce ou il la jeta sans aucune douceur. Elle se réceptionna mal et son genou cogna douloureusement le sol.
Elle lâcha un cri et plia sa jambe pour constater les dégâts. La blessure saignait mais l'os n'était pas cassé. Heureusement, car la sorcière était incapable d'effectuer un sortilège de guérison sans baguette.
Après tout qu'est ce que ça changeait? Voldemort voulait se débarrasser d'elle. Une fois qu'il aurait éliminé l'intrus qui semait la pagaille dans cette maison, il reviendrait pour la tuer.
Elle enfouit sa tête entre ses bras et se mit à pleurer à chaudes larmes. Quelle fin de vie terriblement triste. Elle qui aurait souhaitait s'endormir paisiblement à 80 ans, riche de souvenirs avec enfants et petits enfants, fière d'une vie bien remplie.
Elle eut une pensée pour son petit Nathan, au loin sans sa maman. Ses doigts se croisèrent, songeant qu'il avait peut-être eu la chance de retrouver son père. Harry serait un père formidable.
Ses membres se mirent à trembler. La mort était-elle douloureuse? L'angoisse en elle s'amplifiait et atteignait un sommet.
Alors qu'elle observait Voldemort qui s'agitait au loin, elle entendit un souffle prés d'elle, accompagné d'un petit crépitement. Hermione tourna dynamiquement la tête, mais n'aperçut rien de notable. Jusqu'à ce qu'elle entende un murmure.
-Je ne te laisserai pas mourir...
Avait-elle rêvé? Qui donc lui parlait? Une hallucination probablement due à la peur.
Le seigneur des ténèbres s'avança dans une rage noire. Son regard d'assassin la ciblait. Il leva sa baguette, prêt à déverser toute sa colère.
La jeune femme ferma les yeux, prête à passer dans l'au delà...
-Avada Ka...
Le mage noir n'eut pas l'occasion de prononcer la sentence, car un autre sort surgit soudain de nulle part, contrant son jet vert.
C'est alors qu'Hermione le vit. Harry, debout à ses cotés, qui foudroyait son agresseur plein d'allure. Elle n'avait pas halluciné, il s'était caché là, avec sa cape.
Il était venu la sauver...
-Le garçon! hurla Voldemort plus qu'étonné.
On sentait la rage et le défi dans les yeux d'Harry. Il amplifia l'énergie qu'il transmettait à sa baguette, et le sort devenu plus puissant fit tomber Voldemort en arrière.
-TU VAS ME LE PAYER TOM!
Mais alors qu'il aurait du se sentir menacé. Le maître des ténèbres se mit à rire, un rire perçant qui traversa glaçant l'épiderme des sorciers présents.
Il appela ses fidèles. Ces derniers apparurent les uns après les autres, alertés par la marque des ténèbres. Ils étaient aussi terrifiants les uns que les autres, vêtus d'une capuche noire et de masques argentés.
-Voyez vous chers amis, le garçon a la prétention de nous terrasser tous pour sauver sa petite amie. Tout ce que tu aurais fait au final Harry, c'est venir assister à sa mort et à la tienne.
D'un coup de baguette, il fit voler le garçon à la cicatrice. Harry heurta le mur et se retrouva par terre, la langue contre la poussière, les dents saignantes. Il cracha le liquide rougeâtre qui émanait de sa bouche et se releva déterminé.
-Et il en redemande...
Une nouvelle fois, notre héro se trouva décimé. Les mangemorts se défoulèrent tour à tour sur lui sous les yeux d'Hermione dont les larmes étaient sans fin. Une nouvelle fois, notre héro se releva. Rien ne pouvait le faire abandonner.
Malheureusement, les sorts firent quelques dégâts dans le décor, et Jedusor eut une idée aussi brillante que sadique. A l'aide d'un Wingardium leviosa, il saisit une énorme pierre et la laissa s'écraser sans pitié sur Harry.
Il se retrouva coincé sous ce vulgaire morceau de granite. Mainte fois, il força pour tenter de se mettre debout mais le poids qui s'exerçait sur son dos était bien trop élevé pour lui permettre de se libérer du piège.
Cloué au sol, il fixa Hermione dans les yeux, s'excusant du regard pour avoir échoué si lamentablement. Le désespoir l'envahit...il n'avait pas pu sauver la mère de son enfant. Et il allait rester là, en misérable perdant, à la regarder se faire tuer à quelques centimètres de lui.
-Bien essayé Harry. Mais que croyais tu? Que tu pouvais venir ici? La sauver à toi tout seul, nous échapper sans problème?
-Il n'est pas seul.
La voix de Ronald Weasley retentit du fond de la pièce. Le visage plein de haine, le gardien de Quidditch s'avança vers eux. Une lueur d'espoir regagna la pupille d'Harry.
-Ah ah! Un Weasley maintenant, s'esclaffa Lucius Malfoy.
Le cœur d'Hermione battait à toute allure. Elle qui s'était sentie si seule et abandonnée pendant presque un an, dans cette cave infâme ou on venait régulièrement la torturer. Voilà que ses deux meilleurs amis venaient la sauver.
Et cela ne s'arrêta pas là. Dans des nuages de fumée, ils apparurent tous : Dumbledore, Molly, Tonks, Dobby, Oscar, Arthur, Percy, Fred, Georges, Luna, Dean, Fol'oeil, Lupin, Bill...Même Rogue était de la partie.
Tous étaient bouillants d'adrénaline. La vengeance les animait. On leur avait déjà pris Ginny. On ne leur prendrait pas Hermione, ni Harry, ni Ron, ni personne d'autre.
Les sorts se mirent à pleuvoir de partout, opposant les membres de l'ordre et les mangemorts. Dumbledore et Severus se dirigèrent vers Harry, soulevant l'énorme pierre qui le maintenait prisonnier.
-Enfuis toi avec Hermione Harry, ordonna le directeur de Poudlard avant de se lancer dans un combat acharné. On se charge du reste.
Acquiesçant d'un signe de tête, Harry se pencha sur Hermione, la prit dans ses bras, fort contre elle, et avant de courir vers la sortie, prononça ces quelques mots rassurants :
-Ne t'inquiètes pas Mione, tout est fini maintenant...
-Harry derrière toi! hurla .
Mais il était trop tard, l'incantation fut dite et il fut frappé de plein fouet...
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Le picotement atroce réveilla Harry. Ses paupières se soulevèrent et il aperçut Hermione qui tâtait doucement ses blessures à l'aide d'un chiffon imbibé d'alcool. Il n'eut pas besoin de ses lunettes pour réaliser qu'il était dans un piteux état.
Son corps était déchiré du torse jusqu'aux cuisses. Il tenta vainement de se relever, l'esprit encore dans l'action, mais la douleur était trop forte pour permettre le moindre mouvement.
-Reste calme Harry, tu ne crains rien ici.
-Voldemort il...!
-C'est terminé...répéta t-elle plusieurs fois en épongeant son front couvert de sueur. C'est terminé.
Il resta agité pendant une demi minute et accepta enfin de ne pas bouger.
-Ou sommes nous?
-Au Terrier. Tout le monde est hors de danger à présent.
Au même instant, Fred et Georges pénétrèrent dans la pièce, de bonne humeur comme jamais.
-Hermione vient tout juste de rentrer et déjà elle est à tes petits soins, tu n'as pas honte! Tu dors depuis trois jours, on a cru que tu nous refaisais un coma!
-Malefoy t'as mis une sacrée branlée! Ah t'en fais pas, rajouta Fred, on leur a bien botté le cul. Ça a été un vrai succès!
Mais Harry ne prêtait même pas attention aux propos de Fred et Georges. Il était trop obnubilé par Hermione. Il n'en revenait toujours pas. Elle était là, à ses cotés, vivante. Lorsqu'elle posa son regard sur lui le temps s'arrêta.
Il aurait donné tout l'or du monde pour revoir son sourire. C'était un jour parfait. Encore plus parfait que son premier jour à Poudlard. La sensation de bonheur entourait son cœur et envahissait progressivement ses veines. L'intensité de ce moment lui donnait des fourmis dans le ventre.
Il dévora des yeux son joli petit nez, ses pupilles noisette, sa bouche couleur fraise, et les petites mèches qui lui tombaient sur le visage. Elle était si mignonne.
Elle remarqua qu'il n'arrivait pas à détourner les yeux d'elle et ses joues devinrent rapidement colorées.
Heureusement les deux jumeaux entreprirent de raconter à Harry tout ce qui s'était passé , et il réussit à être concentré sur autre chose. Persuadé qu'il s'apprêterait à sauver Hermione, Dumbledore avait appliqué un sortilège de trace sur Harry. Sort qui leur avait permis de le suivre jusqu'à la demeure ou siégeait Voldemort.
Lucius Malefoy avait littéralement déchiré Harry à l'aide d'un sort. Lupin était arrivé à temps pour l'empêcher de finir le travail. La victoire avait été grande. La plupart des fidèles étaient tombés, et Voldemort était plus qu'affaibli à présent. Personne à part Harry n'était sérieusement blessé.
Molly avait entrepris d'organiser une petite fête le soir même pour le retour d'Hermione. Le simple fait qu'elle soit vivante, était un argument suffisant pour enfiler des litres de bière au beurre.
-Allez on vous laisse tous les deux, on rejoint les autres sur le chemin de traverse. A ce soir!
Georges ferma la porte laissant Harry et Hermione au calme dans la petite chambre de Ron.
Un silence reposant s'installa au coté d'un regard plus que complice. Harry chercha la main d'Hermione et serra fort ses doigts.
-Ca va Mione?
Elle hocha la tête.
-Ils t'ont fait du mal?...Pardonne moi, la réponse à ma question est évidente. Je...Je dis n'importe quoi, je suis un peu déboussolé. Après l'explosion de Sainte Mangouste, Je t'ai cru...
Il n'osait pas prononcer le mot "morte" qu'il trouvait trop horrible.
-Je sais, murmura t-elle en serrant d'avantage sa main. Je l'aurais été si tu n'étais pas venu me sauver.
La jeune femme le gratifia d'un sourire plein de reconnaissance et il eut l'envie de la sauver tous les jours.
Etait-il toujours amoureux d'elle? Etait-elle toujours amoureuse de lui? Aucun des deux n'en avaient la moindre idée. Cette incertitude les empêchait de se jeter l'un sur l'autre par peur d'être rejeté.
Cependant, ce climat apaisant de redécouverte leur convenait. Nul besoin d'étreinte pour partager ce bonheur de se retrouver.
Ils restèrent ainsi, sans parler, à se caresser la main, les yeux de l'un dans les yeux de l'autre, pendant au moins une dizaine de minutes.
Harry laissa échapper un gémissement. La douleur le torturait de nouveau.
Au même instant, un petit cliquetis retentit sur la fenêtre. Ils tournèrent la tête de façon synchronisée.
-Fumseck!
Hermione courut à la fenêtre pour chercher l'oiseau.
-C'est étrange comme les animaux peuvent sentir notre détresse.
-Je paris que c'est Hedwidge qui s'est chargé de l'alerter, lança Harry avec un sourire ravi.
Les larmes du phœnix guérirent Harry à merveille. Il se sentit comme neuf, et s'empressa de se mettre debout, s'étirant dans tous les sens.
-C'est bon d'être en vie!
Il se retrouva juste en face d'Hermione, dans la possibilité de bouger et la situation devint gênante. Ou en étaient-ils ? Il mourrait d'envie de l'embrasser mais ne trouva pas le courage. Étaient-ils censés se jeter l'un sur l'autre?
Ce n'était qu'un câlin, pourtant ils étaient trop pétrifiés pour faire le premier pas. Le simple fait de concevoir qu'elle était en vie était vibrant. Ce fut comme s'il avait besoin de temps et d'assurance pour reconstruire ce que cette année catastrophique avait détruit.
Un pleurs de bébé interrompit ce moment de gêne.
Il se dirigèrent vers le landau ou Nathan reposait calmement, dix secondes auparavant. Hermione prit son enfant dans les bras et le berça avec amour.
Harry se sentit encore plus ému. Pour la première fois, ils se trouvaient en face de Nathan. Pour la première fois, ils formaient tous les deux des "parents". Il n'avait pas vécu sa grossesse, ni son accouchement. Ils n'avaient rien préparé ensemble psychologiquement.
Et voilà que soudainement, elle était en vie, et elle était la mère de son enfant. Bon sang, ça faisait si bizarre. Ils se regardèrent plus embarrassés que jamais.
Ils avaient de quoi être heureux. Seulement trop de questions se posaient. Depuis quand savait-il pour l'enfant? L'acceptait-il en tant que père? Voulait-elle toujours de lui en tant qu'amant? Devait-il lui dire qu'il ne l'avait pas oublié ou était-ce évident?
Tout en déposant un bisou sur le front du petit Nathan, Hermione éclaircit le ton de sa voix et regarda Harry.
-On a beaucoup de choses à se dire je crois.
-Oui...approuva t-il devant la montagne d'émotions qui les attendait...
