Bonjour ! J'espère que vous n'êtes pas tous fondus... avec cette canicule impossible !
Aujourd'hui, nous commençons une nouvelle histoire qui s'étalera sur neuf chapitres ! Autant dire qu'il y a de la lecture. L'histoire commence à partir d'un point précis du 5x10. Tout ce que j'ai écrit dans cette histoire est en fait une fin de série alternative. J'ai rassemblé quelques détails et j'ai tourné tout différemment. En fait j'aurai aimé que cela se passe comme je l'écrive mais cette série pouvait se terminer de façons tellement différentes !
Je remercie les fidèles lectrices qui ont gentiment laissé un commentaire sur ma dernière publication !
Sur ce je vous souhaite une bonne lecture ! (Et merci Mlle Isatis pour sa correction!)
Chapitre 1 : Fuir
Bon sang. Il n'avait jamais demandé à ce que la situation dérape à ce point. Jamais il n'aurait imaginé tout ce raffut un jour. La veille, son numéro était sorti, et toute son équipe s'était lancée dans cette mission pour le défendre. Samaritain était sur tous les fronts, le traquant partout. Il était une cible. La cible de Samaritain, de cette IA qui voulait absolument le kidnapper, non pas pour le tuer mais pour l'intégrer dans son équipe. Pour qu'il améliore davantage l'IA. Mais jamais il n'accepterait, même sous la torture, même si on le menaçait de le tuer. Il préférait mourir que de faire parti du camp adverse. Root et John s'acharnaient à l'extirper des griffes de cette IA malfaisante, avec l'aide de la machine, qui se faisait très discrète afin que son ennemie ne la trouve pas.
Se calant dans le siège de la voiture, il reprit son souffle, encore secoué par ce qui venait de se produire. Root venait de mettre à terre la voiture ennemie qui les avait suivis et qui les avait canardés copieusement. Tout cela aurait pu être un rêve, mais non, il était dans la réalité. Cela faisait deux jours que cette mascarade durait et il n'en pouvait plus. Il était épuisé de se battre.
-Comme je disais, c'est le prochain monde Harry. Fit Root. Elle tourna la tête pour ancrer son regard dans celui de son patron. Le monde que vous avez construit. Et aussi longtemps que la Machine vivra, on ne mourra pas.
Comment Root pouvait-elle être si sûre qu'ils n'allaient pas mourir ? Samaritain était bien plus puissant que sa création, disposant de ressources illimitées, capable de posséder des pions invisibles à chaque coin de rue, capable de faire intervenir n'importe quel citoyen. Tandis que sa Machine suivait des règles très strictes et qu'elle était limitée. Elle obéissait aux règles morales qu'il lui avait apprises ou plutôt, imposées. Tout le contraire de son ennemie qui était libre. Ce n'était pas le monde qu'il voulait aujourd'hui. Il aurait souhaité que tout reste normal. Mais qu'était la définition de la normalité pour lui ? Pour lui qui avait dû fuir dès son plus jeune âge ?, qui avait dû se cacher derrière de nombreuses identités afin de ne pas se faire repérer par les services de l'état ? Rien de tout cela n'était normal, il était destiné à vivre une vie avec de nombreux rebondissements. Quand allait-il un jour connaître la paix et vivre plus convenablement, sans avoir cette crainte permanente de se faire prendre ? S'il avait construit un monde qui déclinait, il aurait mieux fait de s'abstenir et de ne jamais créer cette Machine. Mais les faits étaient là. Elle existait.
Ils longeaient le canal de New-York, dans une cité pavillonnaire, lorsque Root reprit la parole.
-Ecoutez, je sais que vous appréhendez ce qu'est la Machine, ce qu'elle deviendra. Mais je vous fais confiance Harold. Interpellé, Finch écouta sa partenaire. Ce n'était pas la première fois qu'ils abordaient le sujet concernant la Machine. J'ai marché dans les ténèbres pendant un long moment jusqu'à ce que vous me guidiez à la lumière. Et je ne changerais rien de tout ça.
Oui, il avait en quelque sorte sauvé Root quelques années auparavant. Jamais il n'avait pensé une seule seconde que leur relation de kidnappeuse-victime évoluerait en une relation d'amitié solide.
-Mais on ne gagnera pas de cette façon. Et on ne peut pas se permettre de perdre.
Root avait raison. Elle savait que les simulations entre Samaritain et la Machine avaient été un échec cuisant. A chaque combat, Samaritain avait gagné. La Machine avait perdu à chaque fois, sans rien pouvoir faire, sans défense.
-Quand le moment viendra… Vous saurez ce que vous aurez à faire. Et je sais que c'est une horreur que vous n'avez jamais voulue mais parfois, il faut se battre un peu.
La voix de la raison. Mais pourquoi se battre alors que tout était déjà pratiquement perdu d'avance ? Root avait-elle conscience de cela ?
-On se bat dans une guerre qui est déjà terminée. Fit Harold, défaitiste. Tout ce grabuge ? Ce n'est pas un simple mouvement de résistance souterraine courageux. C'est une extinction.
Comment mener une guerre en n'étant que très peu ? Face à un monde ? Elias s'était sacrifié pour lui. Toute son équipe, Reese, Shaw et Root, se sacrifiait pour cette guerre entre les intelligences artificielles. Comment détourner l'intelligence de Samaritain ? Quatre cerveaux humains, même les plus rusés, réunis ne suffiraient pas à déjouer Samaritain. Finch était persuadé que ce combat était vain. Qu'il ne ferait que les conduire vers une mort lente et douloureuse.
Root tourna dans une ruelle. Finch fronça les sourcils, levant la tête, intrigué par l'ombre noire dissimulée derrière le feuillage d'un arbre. Root, sans doute avertie par la Machine, tourna la tête. Elle repéra l'agent de Samaritain et surtout le sniper en position. Au moment où elle tournait le volant, le coup de feu se fit entendre. Le pare-brise se brisa en un endroit précis. Finch hoqueta et Root tira. L'agent de l'autre IA se coucha derrière le muret de la terrasse en hauteur.
-Harold ?
Finch s'agrippait d'une main à la portière, le visage fermé, la mâchoire serrée. Root garda un œil sur la route, reposa son arme et de sa main libre, repoussa le pan de la veste de Finch.
-Harold !
Finch poussa un râle et compressa sa plaie d'une main.
-L'enfoiré… Siffla Root entre ses dents tout en surveillant la route. Harold, est-ce que vous sentez si elle est ressortie ?
-Non…
-Merde.
Root poursuivit, tout en gardant un œil sur son ami souffrant. Elle enclencha son oreillette.
-Reese, Shaw, vous me recevez ?
-Oui. Répondirent-ils.
-On passe au plan B.
-Pardon ? Fit John.
-Tu en es sûre ? Demanda Shaw.
-Oui Shaw, nous n'avons plus de moyen de nous défendre. Il faut qu'on fasse profil bas.
-Finch est avec toi ? Questionna John.
-Oui il est avec moi.
-Pourquoi est-ce que je ne l'entends pas ? Demanda John, suspicieux.
-Il est blessé. Souffla la hackeuse. C'est pour ça que tu vas devoir suivre Shaw.
-Et Lionel ? Fit Sameen.
-Il faut qu'il commence à vivre sous sa nouvelle identité dans moins de trente minutes ! Sinon il sera mort ! Il faut qu'il prenne Bear avec lui aussi. Clama Root. Je coupe le contact, Samaritain ne doit pas nous trouver sinon tout tombe à l'eau.
Root mit fin à la conversation.
-Un plan … B … ? Demanda Finch.
-Oui. La machine voit sur le long terme.
Mais alors que la hackeuse continuait à rouler, elle aperçut un barrage de police au loin. Elle ralentit et s'arrêta. La bouche grande ouverte, craignant que le plan secondaire ne soit mis en danger, elle réfléchit. Puis elle tourna la tête vers son ami blessé, qui appuyait sur sa blessure afin de contenir le sang qui s'en échappait. Mais sa chemise bleue était déjà bien tâchée et sa veste de costume commençait à prendre une couleur rougeâtre. Elle distinguait des traces de fatigue mais aussi de douleur sur son visage, pourtant impassible habituellement. Elle observa de nouveau le barrage de loin et vit certains policiers monter en voiture, sans doute prêts à réagir. Root se concentra et pu entendre quelques bribes de mots dans son oreillette. La voix mécanique de la machine semblait si lointaine, elle était à peine perceptible. Mais Root l'entendait.
-Bon sang, tu es sûre de toi ? Questionna-t-elle, émue.
-« Oui. »
Elle inspira profondément.
-Harry ?
-Ou…Oui ?
-Accrochez-vous.
Finch écarquilla les yeux lorsque Root redémarra et effectua un demi tour à l'arrache, les pneus crissant sur le bitume. La barrière de sécurité qui délimitait le trottoir et la route fut arrachée et la jeune femme appuya sur l'accélérateur. Rapidement une course poursuite s'engagea dans les rues de la ville. Root et Finch étaient pourchassés par trois véhicules de la police New Yorkaise. Root se servit de la puissance de la berline pour leur échapper du mieux qu'elle pouvait. Elle frôla à plusieurs reprises les voitures sur la route, en toucha deux qui perdirent le contrôle et qui bloquèrent un premier véhicule de police. Les sirènes hurlaient, les policiers qui ne conduisaient pas, étaient perchés sur les portes, tentant de viser les pneus de la berline grise. Mais Root, aidée par sa fidèle amie qu'était la machine, les évita de justesse. Elle roula dans plusieurs nids de poules, faisant déraper la voiture. Finch se tenait du mieux qu'il le pouvait, sa tête contre la vitre, grimaçant.
- Ils ne veulent pas nous lâcher ! Grogna la hackeuse.
-On devrait … se … rendre … Fit Finch.
-Jamais de la vie !
Root bifurqua à droite et dérapa de nouveau. Elle vit un véhicule blanc et bleu effectuer des tonneaux dans le rétroviseur intérieur.
-Plus qu'un.
Elle fronça les sourcils en captant une information donnée par la machine.
-Tu veux nous tuer ?
-« Non ».
-Tu vas tuer d'autres personnes !
-« Non. Probabilité 2 pour cent. Juste des blessés. »
-Bon sang…
Root accéléra et roula à plus de 100 en ville, faisant abstraction des ordres donnés par le policier derrière.
-Harry, accrochez-vous, ça va secouer.
Root se concentra sur tous les détails. Il fallait qu'elle applique à la lettre le scénario donné par la Machine. Le but n'était pas de faire des morts. Si cela ne tenait qu'a elle, elle s'en ficherait mais pas Finch. Lui qui avait déjà subit le traumatisme de voir Elias se faire tuer, elle refusait d'en rajouter sur sa conscience. Elle reprit son arme et la cala sur le tableau de bord, prête à tirer. Finch la regarda, effaré.
-Mlle Groves….
-Maintenant !
Root tira en continu sur les pneus d'un bus qui passait juste devant eux. Rapidement, le chauffeur prit peur et perdit le contrôle. Le bus étant vide, il perdit l'équilibre. Root donna un coup sec au volant et fut durant quelques secondes, parallèle au bus, qui tombait. Finch dans le feu de l'action, comme il n'était même pas attaché, se retrouva projeté vers Root. Le haut de son corps atterrit sur les cuisses de la hackeuse. Elle accéléra et seul l'arrière de la berline fut touché par le bus qui se coucha dans un fracas assourdissant au milieu de la chaussée. Elle observa le pare choc de la voiture gésir au milieu de la route mais elle continua, son objectif étant d'échapper à tout le monde.
-Harry, redressez-vous !
Finch grogna sur les cuisses de la hackeuse. Il se redressa péniblement et se remit sur son siège, crispé. Root se remémora mentalement son plan et se rendit à un endroit précis. Elle s'arrêta sous un large pont où il n'y avait aucune caméra de surveillance. Elle arrêta la berline et en sortit précipitamment. Elle ramassa son arsenal et mit le tout dans un autre véhicule, qui était un 4x4 blanc, sans plaque d'immatriculation et sans appareil électronique. La radio, l'option téléphone, tout ce qui pouvait être piraté avait été soigneusement retiré. Elle revint vers la berline et ouvrit la porte passager.
-Harold, il faut qu'on change de voiture. Tenez, prenez ça pour compresser.
Root plia le morceau de tissu propre et le posa sur la plaie de l'informaticien, qui glapit lorsqu'elle exerça une pression dessus.
-Il ne faut pas que vous perdiez de sang sinon Samaritain saura ce que nous avons fait.
Finch s'extirpa de la berline criblée de balles et boita vers le deuxième véhicule. Il grimpa et ferma les yeux. Root fouilla à l'arrière et dénicha des effets. Elle enfila un gilet trop large pour elle, des lunettes de soleil et attacha ses cheveux en chignon. Elle monta et affubla Finch d'une casquette noire, d'une écharpe et posa une couverture sur ses jambes pour cacher sa plaie trop visible.
-Root ? Qu'est ce que …
-Je nous dissimule. Ca suffira pour qu'on nous prenne pour d'autres personnes.
Root démarra et reprit la route. Elle emprunta des ruelles discrètes, évitant le maximum de caméras et put se retrouver en dehors de la ville. Elle se permit de soupirer de soulagement lorsque la Machine l'informa que personne ne les suivait. Finch râla et elle commença à s'inquiéter.
-Harry ? Vous allez pouvoir tenir deux heures et demie ?
-Où allez-vous ?
-En Pennsylvanie.
-Ce n'est pas si … loin.
-Si, au Wharton State Forest. Murmura la hackeuse.
L'homme rangea son matériel et quitta les lieux rapidement, veillant à ne laisser aucune trace de son passage. Une fois dans la rue, son sac à dos calé, il appuya sur l'oreillette.
-Mr Greer.
-Mr Blackwell. Quel est le résultat de votre mission ?
-Je n'ai pas pu atteindre la conductrice, mais le passager oui.
-Vous pensez l'avoir tué ? Demanda Greer après un silence.
-Je l'ignore.
-Vous voulez savoir ce qu'ils ont fait ?
Jeff cessa de marcher.
-Oui.
-Samaritain va vous le dire.
-Bien patron.
Jeff écouta attentivement le récit donné par Samaritain, tout en restant neutre. Il n'était pas surpris des prouesses de la conductrice. Il avait déjà vu cette femme une fois. Sa détermination et sa franchise l'avait marqué. Il avait soupçonné la jeune femme avoir une expérience, un passé de militaire. Il n'avait jamais pu en savoir plus sur elle, hormis qu'elle était une agente de la Machine, L'IA ennemie de Samaritain. Il savait qu'il travaillait pour une Intelligence Artificielle, il l'avait appris depuis peu de temps. Si dans un premier temps il ne s'était douté de rien, il avait ensuite été perturbé de savoir que la personne qui lui donnait des ordres n'était qu'un ordinateur. Cependant il n'avait jamais cherché à la défier, pour la bonne raison que grâce à cette IA, il menait une meilleure vie.
-Donc il n'est pas mort ? Fit Jeff.
-«Non ».
-J'ai échoué ?
-« Oui. Mais nous aurons besoin de vous. Restez à disposition ».
Blackwell fit la moue. Il détestait cette impression de devoir être à la disposition d'un ordinateur super puissant. Il avait le sentiment d'être un pauvre pantin, mais il n'avait guère d'autre choix que de lui obéir. Certains de ses collègues avaient bien tentés de ne pas suivre les ordres et, curieusement, ils avaient disparus, où alors avaient été retrouvés morts dans des circonstances étranges. Jeff pressentait qu'il n'avait pas suffisamment de pouvoir pour lutter contre cette Intelligence Artificielle. Il s'était fait la promesse de lui obéir, quoi qu'il puisse arriver.
Finch roula des yeux et s'enfonça dans son siège, ses mains crispées sur le tissu devant sa blessure.
-Ca saigne toujours ?
Finch retira doucement le tissu mais le remit aussitôt.
-Oui.
Root se mordit la lèvre et tenta de dépasser un peu les limitations de vitesse. Elle comptait sur la Machine pour brouiller les signaux des radars qu'ils rencontrèrent sur le chemin. Elle alterna les portions d'autoroutes gratuites et les chemins de campagne. A trente minutes de l'arrivée, Finch gémit longuement et afficha un rictus. Root vit qu'il était blême et essoufflé.
-Tenez bon, nous sommes presque arrivés. Shaw et John devraient déjà y être.
Mais plus les minutes passaient, plus l'informaticien avait du mal à dissimuler la douleur occasionnée par la balle, qui était toujours en lui. Il avait la gorge sèche et avalait sa salive avec difficulté, sa tête reposant sur le repose tête, les joues rouges, le regard perdu.
-Plus que quelques mètres. L'encouragea Root en posant une main sur sa cuisse, pour le soutenir à sa façon. Elle traversait un chemin de la vaste forêt au milieu du Wharton State Forest. Evitant les quelques arbres et les rochers sur la route, elle monta une pente ensuite pour arriver au sommet. Une cabane en vieux bois se dessina progressivement sous leurs yeux, équipée de deux fenêtres sur la façade avant. Le toit était constitué avec des shingles hexagonaux, vieillis et verdis par le temps. Il fallait grimper trois marches pour parvenir à la porte d'entrée. Le bâtiment ne semblait pas très grand. Une voiture était déjà sur place. Finch ne la reconnu pas.
-Qui est-ce …
Root s'arrêta à côté de l'autre véhicule.
-C'est Shaw et Reese. Ils ont changé de voiture aussi. Root se tourna vers lui mais elle le vit porter une main à sa bouche. Fronçant les sourcils, elle comprit et se dépêcha de descendre pour l'aider. Shaw et Reese qui surveillaient leur arrivée, apparurent et se précipitèrent vers la voiture. Root fit sortit l'informaticien qui tenait à peine sur ses jambes. Son pantalon était maintenant tâché de sang. Reese vint prendre son bras lorsqu'il le vit. Shaw prit l'autre bras, compressa la blessure et ils aidèrent leur patron à avancer. Finch grogna.
-Arrêtez … arrêtez…
-Il faut vous mettre à l'abri. Clama Shaw.
-J'ai envie de …
Reese comprit et ordonna à sa partenaire d'arrêter d'avancer. Root qui les rejoignait, poussa un cri horrifié en voyant les jambes de son ami se dérober. Reese et Shaw l'aidèrent à se mettre sur ses genoux. Finch haletait difficilement. Reese passa une main sur le dos de son patron, espérant le calmer de sa crise. Mais l'informaticien se mit à tousser, ne faisant qu'aggraver la douleur au ventre.
-Respirez Finch. Ordonna Shaw.
- Je … ne me … sens pas … bien… Articula péniblement Harold, penché en avant, retenu par ses deux amis.
Root se mit devant lui, gardant toutefois une certaine distance. Elle le vit grimacer avant de voir son visage se tordre sous l'effet de la douleur. D'un geste brusque, Finch se débarrassa des mains qui le retenaient fermement et il pu poser les siennes à plat sur la terre. Il se mit à tousser de nouveau. John passa une main sur sa poitrine pour le retenir au cas-où. Shaw avait posé deux doigts sur le cou de Finch pour surveiller son pouls.
-Sameen ? Demanda la hackeuse, inquiète.
- C'est trop élevé.
Finch poussa un cri et se mit à vomir. Reese le retint fermement.
-Merde ! Du sang ! Fit Shaw en voyant son patron cracher du liquide rouge.
-Il s'évanouit. Fit John, qui dû le retenir encore plus. Shaw remit ses mains.
-Oui il est évanoui, il faut l'emmener maintenant ! Aide-nous Root !
Reese et Shaw le prirent à deux et Root fit attention à ce qu'il garde sa tête droite, pour préserver sa nuque fragile. Ils montèrent les trois marches et entrèrent à l'intérieur. Il n'y avait qu'une seule pièce. Dans un coin, il y avait une petit kitchenette, deux générateurs de secours d'un ancien temps et modifié, avec un vélo à proximité, une table ronde, deux chaises en bois. Dans un autre angle de la pièce, il y avait un matelas jauni, recouvert partiellement par une couverture, quelques coussins. Il y avait également une étagère avec des vivres, des couvertures et des serviettes. Une petite commode et une penderie prenaient place dans le dernier angle.
- Posons-le par terre. Ordonna Shaw.
Finch se retrouva allongé sur le plancher vieux de plus d'une centaine d'années. Root lui mit un coussin sous la tête. Shaw déboucla la ceinture du pantalon de son patron et tira sur la chemise et le maillot pour les faire sortir du pantalon. Reese dénoua la cravate et déboutonna la chemise. Root ramena la trousse de secours qu'elle avait prit soin de bien garnir et d'amener lorsqu'elle avait préparé cet endroit au cas-où. Shaw souleva le maillot et épongea le sang avec des compresses dans un premier temps.
-Putain. Donne-moi la lame chirurgicale. Et tiens-le bien John. Fit-elle, en enfilant des gants en latex.
Root lui donna l'outil stérilisé et Reese posa ses mains sur les épaules de Finch pour l'empêcher de bouger. Shaw planta la lame dans l'ouverture existante et l'agrandit un peu plus. Finch remua légèrement. Puis grâce à l'assistance de sa compagne, elle trouva l'emplacement exact de la balle.
-Entre le côlon transverse et l'estomac. Punaise.
-C'est grave ? Questionna John, tendu.
-Deux organes. Il va s'en sortir mais il va souffrir quelques jours. Il ne devra pas bouger deux jours au moins s'il veut se rétablir.
Shaw attrapa la pince et l'enfonça. Cette fois-ci, Finch gémit et s'agita. John l'empêcha de bouger et Shaw extirpa la balle.
-Un 6.5 rond.
-Ce n'est pas du matériel d'amateur. Jugea John.
-Pas étonnant qu'il ait mal… fit Root en voyant la taille de la balle.
-Tu as de la poudre cautérisante ? Demanda Shaw.
Root fouilla dans la valise médicale.
-Tiens.
-Parfait. Prépare de quoi recoudre.
Shaw ouvrit le sachet et en répandit sur les deux organes touchés afin de stopper le flux de sang. L'hémorragie cessa et elle vérifia une dernière fois. Puis elle prit tout le nécessaire pour refermer la plaie.
-Shaw ?
-Oui Reese ?
-Il est réveillé.
-Ah non ! Grogna la tueuse.
Root changea de place et observa les yeux bleus de son patron un peu perdu.
-Harold ? Vous nous entendez ?
Finch bougea la tête, confus.
-Il est désorienté. Observa John.
-Il a perdu beaucoup de sang aussi. Fit Shaw, qui commençait à recoudre la plaie. Instantanément, Finch se tendit. Il sentait l'aiguille métallique passer et le fil glisser. La sensation était très désagréable et il serra les dents.
-Ne bougez pas Harry.
Sameen termina la couture et mit en place une compresse stérile pour protéger la plaie.
-Il est inconscient. Remarqua John.
-Tu trouves ça inquiétant ? Pas moi ! Clama Shaw. Il faut le laisser se reposer et le surveiller.
-Il faudrait peut être le changer ? Remarqua Root.
-Si vous avez ce qu'il faut, je préfère m'en occuper. S'imposa John.
-Pas de souci. Accorda Shaw qui retirait ses gants souillés de sang.
Root ouvrit la commode et en extirpa un tee-shirt. Elle prit un pantalon de jogging aussi.
-Il va hurler quand il va comprendre qu'il n'a pas son costume trois-pièces au réveil. Ricana la tueuse.
John intima aux filles de regarder ailleurs et il se chargea de changer les vêtements de son patron. Reese se mordit la lèvre lorsqu'il retira le maillot. Cette cicatrice dans son dos. Il ne l'avait jamais vue. Il ne s'attarda pas dessus, il fallait penser au repos de son ami avant tout. Et il n'était pas certain que Finch apprécierait de savoir qu'il l'avait vue. Une fois vêtu plus légèrement, avec l'aide de Shaw, ils installèrent Finch sur le matelas, veillant à ce qu'il soit bien positionné.
-Shaw, Root, vous pouvez m'expliquer comment vous avez eu le temps d'organiser un plan B ?
-La Machine m'a prévenue. Elle savait qu'un jour où l'autre, l'un d'entre nous se trahirait. Mais elle n'aurait jamais cru qu'Harold le ferait.
-Nous avons tout préparé. Enfin elle m'a forcé.
-Je t'ai forcé pour que tu te changes les idées ! Tu te crois encore dans une simulation ?
-Non. Je suis dans le monde réel. Fit Shaw, sûre d'elle.
-Vous avez fait ça en combien de temps ?
-Une journée. Tout a été payé en liquide. Expliqua Root.
-Comment avez vous trouvé cet endroit ? Demanda John en se rapprochant d'une fenêtre pour observer le paysage très envahissant.
-La machine m'a donné des indications. Cet endroit n'est pas répertorié. Presque personne ne sait qu'il y a une cabane ici.
-Un lieu invisible ?
-Si on veut. Mais si la machine l'a trouvé….
-Samaritain le peut aussi.
-Selon la Machine, nous avons 85 pour cent de chance de rester introuvable dans cette zone.
-Zone ? C'est-à-dire ?
-Il faut veiller à ne pas être visible depuis le ciel. Rajouta Sameen.
-La végétation cache la petite maison.
Reese soupira.
-Il suffirait d'un orage ou d'une tempête, qu'un arbre se casse et nous sommes découverts ?
-C'est à peu près ça. Fit la hackeuse un peu dépitée. Mais c'est la meilleure des solutions en attendant.
-En attendant quoi ? Demanda John en se retournant vers elle.
Un silence se fit. Reese et Shaw attendaient une réponse de la hackeuse.
-En attendant que … nous trouvions une contre attaque ou que … nous laissions passer la folie de samaritain.
-La défaite n'est pas envisageable Root. Murmura John.
-Je sais. Mais sommes-nous prêts ?
-Il nous faut du temps. Rétorqua Shaw. Samaritain ne se démonte pas comme ça.
Reese se tut. De toute évidence, il fallait qu'ils réfléchissent sur leurs avenirs. Chacun s'installa. Reese s'accouda à la fenêtre, Shaw s'assit sur la table, Root sur une chaise en bois. Il régnait un silence bien étrange dans ce chalet.
Reese se replongea dans ses souvenirs et ferma les yeux, comme pour mieux revoir tout ce qu'il avait vécu. Sa première rencontre avec son patron. Rencontre plutôt froide et peu cordiale. Mais très dérangeante puisque ce jour là Finch savait déjà presque tout sur lui. Ce jour-là, Harold l'avait sauvé de ses démons en lui donnant un but, une raison de vivre. Sauver des personnes faisait parti de son travail, et Reese aimait rendre service et surtout, il avait le goût de l'action. Si certaines missions avaient été plus compliquées que d'autres, lui et Finch étaient restés soudés. Peu à peu, une amitié était née entre les deux hommes, renforcée par l'enlèvement de Finch par Root. Ils s'étaient découvert tous les deux. John avait compris que malgré son apparence sévère, Finch était un homme avec un cœur. Un cœur fragile et sensible, dissimulé derrière sa droiture, sa politesse et sa méfiance. Il soupira en repensant à la mort de Carter. Cette mort l'avait affecté et il avait prit de la distance avec Finch à ce moment là, rejetant la faute sur lui. Mais lors du vol agité qui avait suivi, il avait réalisé que son patron n'y était pour rien. Et surtout il avait prit conscience combien l'absence de celui-ci lui pesait. La présence de Finch le rassurait, ainsi que sa voix. Il n'avait jamais dit cela à personne. Il se gardait ce secret. Il ne se voyait pas vivre sans Finch, sans cet homme qui l'avait extirpé des ténèbres.
Root quant à elle, repensait à son lien puissant et privilégié avec la Machine. Etait-elle prête à le perdre ? Ou plus précisément était-elle prête à perdre le lien unique qu'elle avait crée avec son créateur ? Avec Finch ? Cet homme qu'elle avait enlevé pour lui tirer les vers du nez, pour avoir des réponses à ses questions. En y repensant, elle regrettait d'avoir été brutale avec lui, regrettait de l'avoir blessé, regrettait de l'avoir ligoté alors que la position n'avait sûrement pas été une des plus confortables pour un homme avec ses restrictions physiques. De plus elle n'avait pas vraiment appris beaucoup lors de ces jours de captivités. Finch était presque resté muet quant à la Machine. Bien sûr elle n'avait pas fait attention et Reese avait finit par réussir à le retrouver. Pendant un temps, elle avait poursuivi ses recherches avec acharnement. Elle avait côtoyé tous ceux qui avaient approché la Machine ou qui étaient au courant de son existence. Puis de nouveau elle avait croisé le chemin de l'informaticien. Cette fois-ci, tout avait été différent. Finch était parvenu à la garder et à la faire enfermer avec l'aide de Shaw et de Reese. Elle eut un sourire. Elle n'aurait tout de même pas cru qu'elle se lierait d'amitié avec Finch. Et pourtant c'est ce qui s'était passé.
Shaw soupira. Ah si seulement Bear était là, elle le câlinerait et jouerait avec lui. Mais le malinois était en sécurité avec Fusco. Elle tourna la tête et observa quelques secondes Finch allongé sur le matelas, inconscient. Pour le moment ils étaient en sécurité. Mais elle savait que tôt ou tard, ils allaient devoir agir. Elle ne connaissait que trop bien Samaritain pour dire le contraire. Tous ces longs mois de captivité et les 7000 simulations lui avaient montré à quel point l'Intelligence Artificielle tenait à retrouver le père de la Machine et tout son réseau. Mais elle avait tenu bon. Elle s'était battue pour ne pas les trahir. Car pour elle, Finch, Reese et Root étaient ses véritables amis. Jamais elle ne trahissait ses amis, c'était sa moralité. Jusqu'à aujourd'hui, personne ne la comprenait vraiment. Personne n'avait compris qu'elle n'éprouvait pas de sentiments comme tout le monde. Mais ces trois personnes, au lieu de la repousser avait prit le temps de la connaître et de deviner certaines de ses humeurs d'avance. Shaw soupira de nouveau. Le lien qu'elle avait crée avec les autres membres de l'équipe était très important à ses yeux et pour rien au monde elle ne voulait que tout se brise. Ce lien était sa stabilité après tout ce qu'elle avait vécu chez Samaritain.
La nuit tomba doucement mais sûrement. Reese et Shaw prirent la décision de monter la garde pour la nuit, armes en main. Chacun était posté à une fenêtre, assis sur une chaise, en alerte. Car ce n'était pas parce qu'ils étaient cachés qu'ils ne seraient pas démasqués. Ils n'avaient même pas dînés. Comment pouvaient-ils penser à manger après la journée qu'ils venaient de vivre ? Entre la mort brutale d'Elias qui avait été exécuté de sang froid, la course poursuite, devoir repousser tous les agents ennemis et la blessure de Finch au dernier moment. Personne n'avait le moral en cette fin de journée. Root s'était installée sur le matelas, à une distance raisonnable de son ami, allongée sur le dos, détaillant le plafond, perdue dans ses pensées, ses mains jointes. Seule la lune bien visible servait de lumière naturelle. Il y régnait une ambiance intime. Jamais les quatres amis n'auraient imaginé se retrouver ensemble dans une si petite pièce.
Greer avançait dans les couloirs sombres, à peine éclairés. Ses pas résonnaient ainsi que ceux des deux hommes qui le suivaient, lourdement armés. Le vieil homme dégageait de la confiance et une certaine autorité. Il poussa une porte et entra dans la pièce où se trouvaient les opérateurs de Samaritain qui surveillaient les différentes images provenant de n'importe quelle caméra, de surveillance, de téléphones, d'ordinateurs ou d'alarme. Les cliquetis de clavier cessèrent lorsque tous les hommes et femmes s'aperçurent de la présence de l'un de leurs patrons.
Greer avança entre les allées, se dirigeant vers le grand écran blanc face à lui. Il releva dignement la tête et articula :
-As-tu une piste pour nos chers amis ?
La petite flèche rouge clignota avant de se fixer.
-« Oui. Mais insuffisante. »
-C'est-à-dire ? Commenta Greer en haussant les sourcils.
Le fond blanc de l'écran disparu, laissant place à une vidéo de caméra. Greer reconnu la berline grise dans laquelle étaient l'interface analogique et Harold Finch. Samaritain se rapprocha des deux amis et agrandit l'image. Greer se délecta en voyant que la femme était nerveuse, paniquée et son voisin, souffrant et crispé. Puis le véhicule disparu du champ de vision. Greer put voir que sa création avait tenté de chercher la voiture de nouveau, dans d'autres zones aux alentours mais elle n'avait rien trouvé.
-Ils sont passés dans une zone sans surveillance.
-« Oui ».
-S'ils ont quitté cette zone, tu ne les retrouve plus ?
-« Non ».
-Rien de suspect ?
-« Non ».
-Alors s'ils sont cachés, nous devons attendre qu'ils sortent de leur tanière ?
-« Oui ».
-Et si on fouillait les lieux ?
-« C'est possible ».
-Bien. Approuva Greer. Combien d'agents peuvent être utiles pour chercher des indices ?
-« Deux ».
-Qui ?
-« Blackwell. Je vous dirais l'autre agent plus tard. »
-Parce que tu dois le sélectionner ?
-« Un citoyen. Quelqu'un au chômage, quelqu'un qui aurait pu voir quelque chose ».
-Excellente initiative.
Greer tourna le dos à l'écran et quitta la pièce sans accorder un seul regard aux opérateurs.
Root tourna la tête vers son ami en le sentant remuer légèrement. Elle s'aperçut de sa grimace et le vit ouvrir les yeux. Elle préféra rester silencieuse et attendre. Finch cligna des yeux plusieurs fois et soupira longuement. Il porta une main devant sa blessure fraîchement recousue et gémit. John, placé dans la bonne direction, le vit faire le geste et le surveilla. Il fallait veiller sur lui. Il fallait qu'il aille mieux. De toute évidence, Root avait remarqué son réveil aussi. Deux paires d'yeux valaient mieux qu'une seule. Finch tourna la tête et détailla un peu la pièce dans laquelle il se trouvait. Il aperçut Sameen, de dos, postée devant la fenêtre. Reese de l'autre côté, son regard braqué sur lui. Il fit appel à toutes ses forces et pu capter une présence à ses côtés. Instinctivement, il pencha la tête et croisa le regard inquiet de Root. Il ferma les yeux et se replaça correctement. Dieu, que la douleur lui vrillait les entrailles. En plus de cela, il avait mal au dos et à sa hanche. Il se sentait faible, il avait la gorge sèche. Il déglutit. Il essaya de se redresser mais il grogna en sentant qu'il en était incapable. Ce mouvement n'échappa ni à Reese, ni à la hackeuse. Shaw se retourna en l'entendant.
-Restez allongé Finch.
Root se redressa et s'approcha de lui, posant une main sur son épaule.
-Vous voulez quelque chose ?
-…
-Harry ? Tenta-t-elle d'une voix douce.
-J'ai… soif…
La hackeuse leva la tête en direction de sa compagne. Sameen approuva. Reese attrapa une bouteille sur l'étagère des vivres et la jeta en direction de Root. Elle rattrapa la bouteille au vol et l'ouvrit. Elle glissa une main derrière la tête de Finch et le força à se redresser un peu. Finch se hérissa au geste mais bu. Il avait bu la moitié de la petite bouteille lorsqu'il fit signe que c'était suffisant. Root reposa sa tête.
-Vous avez besoin d'autre chose ? Demanda Samantha.
Finch secoua la tête négativement. La hackeuse haussa un sourcil et se leva. Reese la vit se diriger vers la valise de secours et fouiller dedans. Elle en sortit une petite boîte noire, l'ouvrit, lu le papier dedans et prit quelques médicaments. Elle revint aux côtes de son ami et les lui montra.
-Comment… êtes-vous au … courant ? Demanda Finch.
-La Machine me l'a dit lorsque je lui ai demandé si vous aviez un traitement. J'ai du lui tirer les vers du nez pour avoir la réponse ! Mais elle s'est rappelée que c'est pour votre bien.
Finch, un peu perturbé, accepta. Il prit son traitement et Root l'aida une nouvelle fois à boire. Puis il soupira et ferma les yeux, épuisé. Root sourit puis se rallongea.
-Shaw, Reese, ça va ? Questionna-t-elle doucement pour ne pas réveiller son patron.
-Ca va. Fit Shaw
-Tout va bien. Répondit John.
Le silence s'imposa de nouveau, et ce jusqu'au petit matin. Reese se leva et se dirigea vers le coin cuisine. Il observa le générateur d'électricité et la cuisinière. Il fouilla un peu sous l'évier et trouva une casserole. Satisfait, il fit couler de l'eau et mit le tout à bouillir après avoir allumé le générateur. Shaw loucha mais ne dit rien. Root se réveilla lorsqu'elle capta le froissement du papier du paquet de café en poudre. Elle s'étira puis se leva. Elle prit les tasses et les aligna sur la table.
-Il faut qu'il évite le café pour l'instant. Remarqua Shaw en désignant Finch.
-Du jus de fruits ça irait ? Questionna Root.
-Oui.
Root fouilla le garde manger et y trouva des briques de jus d'orange. Elle en versa le contenu dans une tasse. Reese servit le café pour ses amies et se prépara une tasse. Root et Shaw se servirent. Lorsque la tueuse eut terminé, elle jeta un œil vers Finch.
-Je vais vérifier si tout va bien.
Elle se mit à genoux à côté de lui et prit son pouls, sa température en apposant une main sur son front. Puis discrètement, elle repoussa la couverture et souleva le tee-shirt pour examiner si la compresse était bonne à changer où non. Ne voyant pas de trace de sang, elle le rhabilla puis le laissa tranquille.
-Alors ? Demanda Root.
-Tout est en ordre.
-C'est rassurant. Souffla John.
Les filles sortirent faire un tour de repérage et John resta sur place. Il lava les tasses puis reprit position devant la fenêtre, tout en gardant une oreille attentive. Finch se réveilla quelques minutes après et gémit. Reese le trouva bien remuant et s'approcha de lui, posant une main sur son épaule pour l'empêcher de se redresser, se souvenant de la recommandation de son amie.
-Doucement Finch, vous ne devez pas bouger. Dit doucement John.
-Mais …
John vit son regard et eut du mal à le comprendre. Finch se mordit la lèvre, attrapa le col de l'agent d'une main et l'attira à lui. John suivit le mouvement et l'écouta chuchoter à son oreille. Puis doucement il se releva, les lèvres pincées. Il ne savait pas quand les filles allaient revenir. Il vit les joues colorées de son patron et son mal être.
-Harold, est-ce que vous avez mal ?
-John… Qui n'aurait pas …?
Bien sûr que sa question était stupide. Il secoua la tête.
-Essayez de vous accrocher à mon cou.
Finch glissa ses bras derrière le cou de John. Reese passa une main dans son dos, l'autre sous ses genoux et le souleva. Il souffla.
-John… suis-je … trop … lourd ?
-Non. Ca va aller.
Finch ferma les yeux et serra les dents. John devina que sa cicatrice au ventre devait lui faire mal. Il sortit et descendit les trois marches.
-John ! Qu'est ce que tu fais ?! Retentit la voix de Shaw.
Reese bifurqua, pris sur le fait. Shaw se rapprocha de lui, ses pas furieux résonnant sur la terre aplatie. Root la suivait.
-John j'attends une réponse !
-Mlle Shaw. Mr Reese ne fait que … m'aider.
-Aider ? Fit-elle, avec un regard furieux.
Finch posa sa tête contre l'épaule de John et soupira, ses mains sur son ventre. La tueuse haussa un sourcil, croisant les bras. Reese, contrarié, fit signe à son amie de s'approcher et lui chuchota à l'oreille. Lorsqu'elle comprit, elle recula et leva les mains comme si elle n'avait rien entendu. Reese la remercia et fila. Root l'observa contourner la cabane et interrogea du regard sa petite amie.
-Qu'est ce qui se passe ?
-Oh rien.
Shaw monta et rentra. Root sur ses talons.
-Sérieusement ?
-Il a juste envie de pisser, contente ?
-Ah ton tact légendaire m'avait manqué Sameen. Roucoula Root.
-Ca t'amuse de me draguer alors qu'on est peut être menacés ?
-Nous ne sommes pas en danger immédiat.
-Comment tu peux en être certaine ? S'énerva-t-elle devant le calme de sa compagne.
-La machine surveille les agissements de Samaritain. Si elle détecte quoi que ce soit, nous serons prévenus.
-Ta super copine se confie toujours à toi ? Râla la tueuse, occupée à préparer de quoi désinfecter et changer le pansement de son patron, afin d'éviter un risque d'infection.
-Jalouse Sameen ? Fit-elle, en se mettant derrière elle, la tête dépassant au dessus de son épaule.
-Tu sais que je n'éprouve rien.
-Alors là, je ne suis pas d'accord chérie.
-Hum.
John revint à cet instant là avec Finch, toujours dans ses bras mais le visage tordu de douleur. John le réinstalla sur le matelas, cette fois-ci un peu en position assise. Finch inspira et posa ses mains sur son ventre.
-Evidemment ça fait mal. Fit Shaw, de mauvaise humeur.
Reese s'écarta de son patron et laissa la tueuse examiner de nouveau la plaie. Elle grogna en voyant la tâche de sang fraîche et tira sèchement sur le pansement, faisant hoqueter Finch.
-Mlle Shaw !
Sameen lui lança un regard noir et Finch ravala sa salive, sachant qu'il valait mieux ne rien dire. Elle désinfecta, appliquant de la Bétadine.
-Vous avez de la chance.
Finch grogna.
Elle refit un pansement et le laissa. Root ne tenta pas quoi que ce soit, préférant laisser sa compagne se calmer d'elle-même. Elle prit la tasse de jus de fruit et la présenta à Finch.
-Qu'est ce que c'est ?
-Du jus d'orange.
Harold haussa un sourcil.
-En briquette. Précisa Root.
Finch secoua la tête et but la tasse. Il grimaça.
-Ce n'est pas très… bon.
-J'ai fais le maximum Harry, il ne fallait pas que je me fasse repérer par Samaritain. S'excusa la hackeuse.
-Hum hum. Il lui rendit la tasse et se cala un peu mieux. Il put mieux voir les vêtements qu'il portait et fit une moue contrariée. Il observa également les différents éléments qui composaient la pièce de vie.
-Combien de temps allons-nous rester ici Mlle Groves ? Questionna Finch.
-Je ne sais pas.
-Vous avez prévu des vivres pour combien de temps ?
-Nous pouvons tenir un mois à quatre.
-Et il n'y a pas de salle de bain ?
-Non, il n'y a rien.
-Nous devrons vivre à l'ancienne ? Demanda Finch, de plus en plus perturbé.
-Oui. Répondit la hackeuse.
Harold soupira longuement et passa une main lasse sur son visage, retirant ses lunettes pour se pincer l'arête du nez. Reese sentait la tension chez son patron, que cette situation ne lui plaisait pas vraiment. Comme s'il était contraint et forcé de les suivre.
-Nous sommes là pour survivre Finch. Rajouta-t-il.
Finch ouvrit les yeux et le fixa intensément. Il remit ses lunettes.
-Vous pensez que nous pouvons survivre face à Samaritain ?
-Il faut essayer.
-Qui ne tente rien n'a rien. Remarqua Root.
-Donc nous nous cachons en attendant que nous ayons un plan pour vaincre Samaritain ?
-C'est un peu le but Harry.
-Vous pensez que sans ordinateur, sans téléphone, nous allons réussir ?
-La Machine est toujours là. Grogna Sameen.
Root se figea, le regard alerte et sourit lentement. Finch haussa un sourcil puis il s'aperçut qu'il portait toujours son oreillette. Doucement il prit conscience que tout le monde la portait. Tout le monde gardait un lien avec la machine, donc tout le monde pouvait l'entendre à n'importe quel moment. Sauf qu'elle ne semblait parler qu'à l'interface analogique pour le moment.
-Elle nous dit que nous devons faire profil bas une semaine. Samaritain se sera calmé d'ici là.
-Donc une semaine pour établir un plan. Fit Reese.
-Ou des plans. Jugea Shaw.
-Nous allons devoir nous serrer les coudes. Nous ne serons que quatre face à eux.
-Autant dire que notre attaque risque d'être vaine. Glissa Finch.
-Pas forcément Harry. Si nous calculons tout bien, la machine peut nous aider mais seulement si vous lui en donnez l'ordre. Sans elle nous avons moins de chance de nous en sortir.
-Vous avez des statistiques ?
Le regard de la hackeuse changea et devint plus sombre.
-Sans plan et avec l'aide de la machine, nous avons 3.12 pour cent. Sans plan et sans la machine nous avons 0.99 pour cent de chance.
-Autant nous tirer une balle maintenant. Fit Shaw, dépitée.
Finch resta muet, comme s'il réfléchissait. Reese remua, également dépité par l'annonce de ces statistiques peu encourageantes.
-Et avec un plan ? Et avec l'aide de la machine ?
-Avec un plan et sans machine, nous sommes à environ 8 pour cent. Mais la machine refuse de me dire le pourcentage de réussite si nous la laissons nous aider.
-Parce qu'elle ne sait pas.
-Où elle ne veut pas nous le dire parce que c'est ….
-Parce que cela dépendra du ou des plans que nous aurons. La Machine ne sait pas comment agir, nous seuls pouvons décider du futur. Trancha Finch.
-Nous sommes condamnés à choisir notre destin. Fit Reese. Shaw approuva d'un signe de tête.
-Je suis vraiment désolé de vous avoir entrainés là dedans. Murmura Finch.
-Je vous l'ai déjà dit Harold, il n'y a pas d'autre endroits ou je préfère être. Se manifesta Reese.
-Sans vous je serais morte depuis des lustres. Remarqua Shaw. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais vous en vouloir.
-Je crois que tout est dit. Harry, nous sommes ensemble. Vous n'avez pas être désolé. Nous devons nous accorder.
Finch pinça les lèvres et réalisa la chance qu'il avait d'avoir de si bons amis. Même si c'était ses employés, il était loin de les considérer comme tel. Finch tourna la tête vers la fenêtre. Il devait se battre. Encore. Et encore. Pour la Machine, pour ses amis et surtout pour leurs vies.
A suivre...
