Bonsoir ! Nous voilà déjà jeudi soir... que ça passe vite d'un point de vue de l'auteure mais c'est long pour les lectrices j'en sais quelque chose :P

Remerciements à Jade181184 (Si seulement Harold avait voulu faire ça plus tôt...), Isatis2013 ( Un pavé ! J'en veux d'autre ! ), Paige0703 ( J'espère que tu vas adorer de nouveau hihi !) et MF79 (J'espère que la suite répondra à tes attentes !)

Je remercie Isatis2013 pour sa correction une fois de plus !

Sur ce bonne lecture et bonne soirée qui j'espère sera fraîche !


Chapitre 3 : Aventure.

Depuis que la machine avait reçu l'ordre de sa libération, Finch et son équipe avaient établi quelques plans avec elle. La Machine avait approuvé leurs plans mais elle n'était pas restée inactive. En effet elle avait soufflé quelques détails et surtout comment tuer Samaritain. L'idée en avait fait bondir plus d'un. Mais l'intelligence artificielle leur avait assurée qu'il y avait toujours une solution de secours s'ils voulaient sauver tout le monde et n'abandonner personne dans cette guerre qui s'annonçait pénible, longue et sûrement dévastatrice. Mais tout le monde était prêt à se lancer dans ce combat. S'ils n'essayaient pas, ils étaient morts alors ils n'avaient plus beaucoup d'option.

La Machine était bien plus présente, ayant trouvé un moyen de se rendre invisible temporairement aux yeux de Samaritain. Root était ravie d'entendre la voix si mécanique de sa copine. Finch était toujours surpris par les idées de celle-ci, elle était déjà très intelligente mais elle l'était devenue encore plus grâce à sa liberté si fraîchement acquise. Reese et Shaw, eux qui n'avaient pas souvent eu l'occasion de l'entendre, s'y habituaient. Après une semaine et demie à vivre dans le chalet, ils décidèrent qu'il était temps de partir à l'aventure et de commencer à appliquer les premières parties de leur plan. Reese vérifia les seules armes qu'il y avait, les nettoyants avec Shaw. Root rangea les vêtements dans les valises avec l'aide de Finch et les chargea dans les voitures. Ils avaient décidés de reprendre les deux véhicules afin de ne pas se retrouver tous ensemble pour commencer.

Finch allait mieux, sa blessure était en bonne voie de guérison. S'il avait cependant encore quelques difficultés avec la nourriture, il mangeait mieux et avait moins mal. Il pouvait désormais revêtir son si fidèle costume trois-pièces.

-Tout est en ordre ? Demanda Root aux jumeaux.

-Oui. Répondit Shaw alors que Reese rassemblait les pièces de la dernière arme. Finch lui lança un regard contrarié en entendant le déclic. Reese haussa les épaules et sourit. Ils rangèrent quelques armes dans un sac, et coincèrent les autres sous leurs ceintures. Root en récupéra une et la cacha dans son dos.

-Bon nous avons presque tout. Fit Root.

-Presque ? Demanda Finch, piqué par la curiosité.

-Il faut bien de l'argent Harry.

La hackeuse repoussa les oreillers et tira sur le matelas. Une petite trappe apparue et elle l'ouvrit en tirant sur le crochet. Elle se pencha et récupéra un sac conséquent.

-Vous aviez prévu cela aussi Mlle Groves ?

-Exactement. Il nous fallait quelques coups d'avance. C'est l'argent qu'il nous reste.

Finch redressa la tête.

-L'argent qui était stocké au métro ?

-Oui Harry.

-Il nous reste combien ?

-Environ 45 000 dollars.

-Nous avons intérêt à faire attention. Fit Shaw.

-On va se serrer les coudes. Dit Root avec un sourire.

Reese secoua la tête devant cette scène évidente de taquinerie entre les deux filles. Son regard se posa sur son partenaire, occupé à vérifier le contenu du sac d'argent. Il laissa ses yeux glisser sur le dos fragile de son ami avec un petit sourire triste. Il avait conscience qu'il pouvait le perdre dans ce combat. Mais il s'était promis de le protéger et si besoin … de se sacrifier si c'était nécessaire. En aucun cas il ne laisserait son patron mourir à sa place. Reese chassa ces pensées bien sombres et se reprit. Malgré tout ce qu'il avait vécu avec son passé de militaire, il avait un petit espoir. Un mince espoir pour que tout cela se termine bien. Même s'il sentait qu'il allait y avoir des péripéties entre temps, il espérait que tout se termine sans un seul mort. Il eut une pensée pour son autre ami, l'inspecteur Fusco qui devait être en sécurité à cette heure. Bear était avec lui, il était sûr qu'il en prenait soin comme il le fallait. Il réalisa que son compagnon à quatre pattes lui manquait horriblement. Il souhaitait le revoir assez rapidement mais chaque chose en son temps. Ils devaient d'abord sauver le monde de la ruine et du chaos que Samaritain risquait de créer.

-Vous êtes prêts ? Questionna Root, nerveuse, après avoir accroché de fausses plaques d'immatriculations aux deux voitures.

-Oui. Répondit Shaw, neutre.

-Oui. Fit John.

-Harry ?

-Je suppose que nous n'avons pas le choix, alors oui.

Reese et Finch montèrent dans la berline tandis que Root et Shaw prenaient le 4x4.

-« Vous pouvez y aller ».Fit la machine à tout le monde. Ils avaient pris soin de garder leurs oreillettes.

-Nos identités sont prêtes ? Demanda Finch.

Affirmatif »

-Mais nous n'avons pas de papier. Remarqua Harold.

Ce n'est pas un problème. Faites moi confiance ».

-Harry, je pense que la machine a trouvé un moyen. Faites lui confiance.

-J'ai confiance en elle Mlle Groves, n'ayez pas de doute là-dessus.

-« Merci Admin ».

Reese démarra et s'engagea sur la petite route forestière. Root garda une distance et ne démarra que cinq minutes après, mais elle savait où ils allaient donc elle ne craignait pas de les perdre surtout qu'elle était en contact permanent avec eux. Ils se retrouvèrent sur les départementales. Les voitures n'étant pas équipées d'appareils électroniques, ils se fiaient à la machine qui leur indiquait le chemin. Ils allaient devoir traverser les états unis pour se rendre au Texas. Ils allaient mettre deux jours, voire trois journées pour y parvenir. Finch avait pris son livre avec lui et le relisait une énième fois, comme s'il craignait que la machine n'ait laissé d'autres indices supplémentaires dedans.

-Sans radio on se fait chier Root. Fit Sameen.

-Désolée chérie mais il ne fallait pas d'électronique.

-Je fais quoi moi en attendant ? Bouda-t-elle.

-Discute avec la machine.

-Pas besoin. Je n'ai pas envie d'entendre une voix de robot tout le temps !

-« Je peux changer de voix ».

Finch fronça les sourcils.

-Essaye un peu pour voir. Provoqua Shaw qui avait envie de s'amuser.

La machine changea de voix, qui se fit plus féminine.

-« C'est mieux ? »

-Ah non ! Pas Contrôle ! Tu te fous de moi ? Râla Shaw.

-« Et maintenant ? ».

Finch se figea en la reconnaissant. Reese lui lança un regard interrogatif avant de se concentrer de nouveau sur la route.

-Comment la connais-tu ?

-« M Kiernan, votre professeur de science de sixième. Vous avez toujours apprécié sa présence ».

-Je ne veux pas entendre cette voix. Fit Harold.

Bon j'essayes une autre ».

Shaw ouvrit la bouche en grand. Cette voix masculine, elle l'avait déjà entendu mais que trop rarement.

-Comment tu peux connaître la voix de mon père ? Demanda-t-elle.

C'est une approximation. »

-Tu connais la voix de nos parents ? Fit Root à la machine.

-« Oui ».

-Je peux en avoir un exemple ?

Sam, ma chérie, tu sais que je n'ai pas les moyens de t'offrir un ordinateur. Tu pourrais aller à la bibliothèque, il y en a ».

Root pinça les lèvres, reconnaissant la voix de sa mère. Elle n'avait que sept ans lorsqu'elle avait entendu cela. Un frisson parcouru le corps de la hackeuse.

-Ouaouh. Tu es formidable. Murmura Root.

Sameen, tu veux qu'on aille voir un match de baseball ce soir ? Je sais que tu aimes ça ».

Ce fut au tour de Shaw de rester sans voix face à cette phrase que son père avait prononcé, quelques heures avant sa mort. Elle baissa la tête.

-Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Remarqua Finch à la machine.

Harold. Je ne veux pas que tu sacrifies tes études pour t'occuper de moi. Je ne veux pas que tu regrettes. »

Finch resta pétrifié, la gorge nouée.

-Bon sang … Murmura-t-il.

John, mon grand, tu ne veux pas venir avec nous à la plage ? »

Reese eut une respiration hachée en captant la voix de sa mère et ferma les yeux un court instant, les mains crispées sur le volant. Une des dernières phrases qu'elle avait prononcées avant qu'elle ne décède avec sa jeune sœur dans un tragique accident de voiture lors du retour. Ce rappel lui broya le cœur et il jeta un bref coup d'œil vers son partenaire. Finch était aussi touché que lui. Et les filles étaient silencieuses aussi.

-« Je suis désolée. Je pensais que vous voudriez entendre la voix la plus chère pour vous. »

-Tu nous as plombé le moral. Fit Shaw.

Sameen pour m'excuser, je te mets une radio locale. Si cela ne te plaît pas, dis le moi. »

Shaw put entendre des commentaires de la radio et sourit.

-Tu peux nous mettre des choses différentes ? Questionna la hackeuse.

-« Bien sûr. Je suis multitâche ».

Root eut droit à de la musique actuelle et retrouva son sourire. La machine en fit autant avec les hommes. Elle mit de l'opéra à l'informaticien, qui reconnu aussitôt l'extrait et se détendit en calant sa tête sur son siège, les yeux fermés, pour mieux en profiter. A Reese, elle diffusa une radio sportive et cela fit plaisir à l'agent qui la remercia. Le trajet fut un peu moins ennuyeux, chacun écoutant ce qu'il voulait. Cela faisait déjà quatre heures qu'ils parcouraient les départementales et ils firent une pause dans un village peu animé où se trouvait une friterie ambulante. Ils prirent une portion chacun avec un sandwich, une boisson et mangèrent sur place, sur des chaises autour de la table en plastique, sous le soleil doux. La machine leur avait assuré que ce village n'était pas sous surveillance et qu'ils n'avaient rien à craindre. Mais cela n'empêchaient pas Reese et Shaw de jeter des coups d'œil discrets afin de repérer les comportements suspects. Mais les ruelles étaient réellement peu animées, personne ne s'y promenait. Ils reprirent la route après une petite heure. Finch et Shaw piquèrent du nez : Finch parce qu'il était un peu fatigué, Shaw parce qu'elle voulait garder toutes ses facultés une fois qu'ils seraient arrivés au motel pour la première nuit. Quant à Root et Reese, la machine les gardait concentrés en leur parlant et en les guidant. Finch finit par se réveiller un peu perdu dans un premier temps puis se replongea dans sa lecture quelques minutes avant d'abandonner dans un soupir.

-Vous vous ennuyez Finch ?

-Non.

-Il y a un souci ?

-Je n'ai pas l'habitude de lire en voiture.

John devina.

-Vous avez mal à la tête ?

Finch lui lança un regard surpris.

-Un peu.

L'informaticien remua un peu sur son siège.

-John ?

-Oui ?

-Vous pensez qu'on peut faire une pause ?

-« Bien sûr ». Répondit la machine.

-Il y a un endroit où je peux m'arrêter ? Questionna John.

Oui. Ecoutez le son de ma voix ».

Reese se laissa guider par la machine et se retrouva sur un chemin de terre au milieu d'un champ de maïs.

-Nous ne sommes pas un peu trop visibles ici ? Demanda Finch

Si. Continuez tout droit John ».

En poursuivant John se retrouva dans la forêt. En jugeant l'herbe aplatie on devinait que plusieurs personnes devaient être passées par là. John s'arrêta sur le côté, suivi de Root. Harold soupira et descendit du véhicule. Une fois debout il se tint un moment à la voiture puis effectua quelques pas. John qui était descendu lui aussi compris la nécessité de faire une pause pour Finch. Cela faisait des heures qu'ils étaient assis et cette position ne devait pas être très confortable pour l'informaticien qui devait rester immobile.

-Tout va bien ? Questionna la hackeuse d'une voix enchantée.

-Ca va Mlle Groves. J'ai seulement besoin de marcher un peu.

-Vous êtes raide. Fit Shaw, les mains dans les poches.

Agacé, Finch leur demanda :

- Ne pouvez-vous pas me laisser tranquille ?

Root sourit et pris le bras de sa compagne pour le laisser tranquille. John sentait l'agacement chez son patron, aussi n'osa t-il pas l'aborder. Il observa les filles s'éloigner et leur ordonna de ne pas se perdre. Shaw lui rappela fort qu'elle avait le sens de l'orientation, tandis que le rire moqueur de Root se faisait entendre. John secoua la tête, désabusé. Il en profita pour boire un peu tout en surveillant son patron qui continuait à se déplacer. Il remarqua les traits de souffrance, ses lèvres pincées et sa démarche ne semblait pas s'améliorer. Reese ouvrit le coffre et fouilla. Finch se rapprocha de lui, sans doute intrigué.

-Tenez. Fit John en lui tendant une boîte d'antidouleur.

Finch resta interdit devant le geste de son agent. Puis docilement il la prit.

-Mr Reese ?

-Oui ?

-…Merci.

Finch attrapa la bouteille que John lui tendait et avala le comprimé. Les filles revinrent au moment ou Reese refermait le coffre.

-On repart ? Demanda Shaw.

-Il faudrait que nous soyons au motel avant 20h. Après toute conduite sera suspecte. Il nous reste encore 200 bornes à faire. Expliqua Root.

Finch donna son accord et ils reprirent la route. Ils roulèrent encore trois petites heures et finirent par arriver sur les lieux à 19h45. Ils se garèrent sur le parking et Root alla à la rencontre du propriétaire pour louer deux chambres. Reese, Finch et Shaw descendirent et se regardèrent mutuellement.

-Est-ce volontaire d'avoir choisi cet endroit ? Demanda Finch à la machine.

Pas de surveillance. Payement en liquide accepté. Magasin sur place. »

-Tu veilles vraiment à ce que nous ne nous fassions pas repérer.

-« C'est mon rôle ».

Root revint avec les clés.

-Nous avons de la chance, il ne restait plus que trois chambres ici ! Tenez les garçons. Elle donna la clé à Reese. Il y a deux lits dans chaque chambre. Expliqua-t-elle.

Finch se mordit la lèvre à l'idée de partager la chambre avec John. Mais n'était-ce pas ce qu'ils faisaient déjà au chalet ? John avait très peu dormi pourtant mais là ils auraient chacun un lit et sans doute un matelas de qualité. Ils se dirigèrent vers leurs chambres respectives, qui étaient l'une à côté de l'autre. Finch fut étonné par l'intérieur, tout le contraire de l'extérieur guère attirant. La chambre était grande, les deux lits étaient bien disposés, avec une petite table de chevet. Il y avait une petite table ronde avec deux chaises. Au bout, une salle d'eau avec une douche et un coin toilette. John déposa les sacs sur les lits.

-C'est accueillant. Commenta-t-il.

-C'est surprenant.

-« J'ai veillé au confort. » Intervint la machine.

-Et je t'en remercie. Répondit Harold.

-Vous voyez ça ? Elle est capable de dénicher une perle rare ! Fit Root dans l'oreillette.

Finch sourit, puis s'excusa et coupa son oreillette. Il la retira et la déposa sur la table de chevet. John garda toutefois la sienne au cas où. Finch s'isola dans la salle d'eau et Reese ouvrit les valises. Quelqu'un toqua à la porte.

-John ?

John ouvrit aux filles qui entrèrent sans demander la permission.

-Il faudrait peut être qu'on dîne ?

-J'ai faim. Clama Shaw.

-J'admets que moi aussi. Souffla John.

-Mais nous ne pouvons pas y aller ensemble. Souffla la hackeuse.

-Restez ici, j'y vais. Ordonna John. Il décala les valises, n'ayant sorti que le strict nécessaire.

John prit de l'argent liquide et se rendit seul au magasin attenant au motel. Les filles s'assirent en attendant son retour. Finch sortit de la petite salle et fut surpris de les trouver ici.

-Me serais-je trompé de chambre ?

-Oh non Harry, vous êtes dans la bonne. Rit Root. John est parti chercher de quoi manger.

Finch fit la moue en voyant qu'il n'y avait pas d'autres chaises. Il s'assit alors sur le bord du lit le plus proche de la table. Il fut agréablement étonné par le matelas et cela lui donna une soudaine envie de s'allonger pour apaiser ses douleurs dans sa hanche. Il tentait de faire bonne figure devant ses amies mais il avait mal, à cause de l'immobilité prolongée. Si le cachet qu'il avait prit tout à l'heure lui avait fait un peu de bien, cela ne suffisait pas.

John parcourait les rayons du magasin, presque vide à cette heure ci et resta devant les différents plats, se questionnant sur ce qu'il pouvait prendre. Il sentit une présence et se retourna vivement, main posée sur son arme dissimulée dans son dos.

-Pas de panique mec.

John soupira en le reconnaissant.

-Pierce. Que faites-vous là ?

-Moi ? Oh trois fois rien. Fit-il avec un sourire suffisant et son air nonchalant. Reese songea qu'il n'avait pas changé depuis ce temps.

-Vous vous promenez ? Questionna John.

-Si on veut.

La réponse interpella l'ex-militaire qui se concentra enfin sur lui.

-J'ai compris comment vous avez fait la première fois. Vous et votre patron.

Reese changea d'expression, passant d'un air calme à une expression glaciale. Logan tapa sur son épaule et sourit encore plus.

-J'ai été très surpris croyez-moi. Mais j'ai bien compris.

-Qu'avez-vous compris ? Questionna John, méfiant.

-Il me semble que vous avez besoin de quelque chose… vous et vos amis.

Logan glissa une petite enveloppe dans la veste de John qui se laissa faire, toujours sur ses gardes.

-Elle est très intelligente.

Logan attrapa une boite de salade et s'éloigna.

-Et fais attention mec, ce ne sont pas des enfants de chœurs.

John resta déstabilisé quelques secondes. Il prit ce dont il avait besoin et revint. Ils déplacèrent la table tout près du lit afin que tout le monde puisse être assis. Reese sortit enfin l'enveloppe de sa veste.

-Qu'est ce que c'est Mr Reese ?

-Notre ami Logan Pierce nous a trouvé.

-Comment est-ce possible ?

-Qui c'est celui là ? Fit Shaw.

Finch prit l'enveloppe que John lui tendait et l'ouvrit. Il en tira des cartes d'identités et des papiers.

-Ce sont nos papiers. Fit Finch.

-Il travaille pour la machine alors. Remarqua Root.

Vous n'êtes pas seuls ». Retentit la voix de la machine. « Je veille ».

-Mais … combien y a-t-il d'agent ? Demanda Finch, dérangé par cette révélation.

-« Je n'en dirais pas plus ».

-Toujours aussi secrète. Comme vous Harry. Plaisanta la hackeuse. Ils prirent les cartes et les papiers qui prouvaient leurs identités. Une fois le dîner achevé, les filles retournèrent dans la chambre et Finch ne put retenir un gémissement lorsqu'il se leva. Gémissement aussitôt capté par John.

-Finch ? Ca ne va pas ?

Finch lui fit signe de couper son oreillette. John la coupa.

-Finch ? Fit John de nouveau en posant une main sur l'épaule de son patron.

-Je suis … fatigué.

-Allez prendre une douche, cela vous détendra. Rassurez vous je n'irai pas vous surveiller. Dit John sur un ton plaisantin. Finch sourit doucement, prit ses vêtements pour la nuit et alla sous la douche. John remit son oreillette et prépara la chambre. Il vérifia que la porte était bien fermée et baissa le rideau. Finch se présenta une vingtaine de minutes plus tard, douché. Ses cheveux étaient encore un peu humides. John déglutit et le regarda s'asseoir sur le bord du lit.

-Vous pouvez y aller Mr Reese.

John ne dit rien et y alla. A son retour, la chambre était plongée dans l'obscurité et il aperçu son patron allongé, les yeux clos, endormi. Il n'avait même pas remonté la couverture sur lui. John déposa ses effets et recouvrit Finch pour le préserver du froid. Il se coucha à son tour et s'endormit d'un seul œil.

-Mr Greer, nous avons une bonne nouvelle.

-Je vous écoute mademoiselle.

-Nous n'avons pas réussi à les retrouver au début, mais depuis quelques jours, un véhicule semblable à celui de votre description est apparu sur les réseaux routiers.

-Ah ? Ils seraient sortis de leur cachette ? Demanda Greer avec un petit sourire victorieux.

-Probablement. Nous avons des images. Mais pas de l'intérieur. A chaque fois, ils ont fait en sorte qu'on ne le voit pas.

-Sûrement parce que c' est eux.

L'opératrice blonde tapa des codes sur son écran et lança l'ensemble des extraits vidéo qu'elle avait récupérés et où apparaissait la voiture blanche.

-La plaque indique que cette voiture n'est pas volée.

-Montrez la carte grise.

En deux secondes, elle apparut sur l'écran. Greer se pencha et plissa les yeux.

-Le propriétaire est Alesia Thourg ?

-Apparemment.

-Vous avez son adresse ? Questionna Greer, méfiant.

-Je vous dis cela dans quelques minutes.

La jeune femme lança une recherche ciblée.

-Oui elle vit en Pennsylvanie. Selon la localisation de la voiture, elle serait à une petite centaine de kilomètres de son lieu de résidence.

Greer se redressa et fixa le grand écran blanc.

-Penses-tu que cette carte grise est truquée ? Demanda-t-il à l'intention de Samaritain.

-« Oui ».

-Qu'est ce qui te fait penser cela ?

-« La carte grise stipule qu'elle est propriétaire depuis 2 ans et 6 mois. Mais la carte est apparue sur le réseau il y a quelques jours. »

-Tu penses que la Machine l'a crée ?

-« Probabilité : 87 pour cent ».

-Je vois. Emit Greer. Garde un œil sur ce véhicule.

-« Comme si c'était fait. »

Une porte s'ouvrit et Greer pivota sur lui-même. Il sourit en voyant le jeune homme, aux cheveux blonds courts, revêtu d'un jean, d'un sweat qui dissimulait une petite chemise à carreaux.

-Mr Hayward.

-Mr Greer. Salua le jeune adolescent. Je vous ai déjà dis de m'appeler Gabriel. L'opératrice le regarda d'un mauvais œil, n'appréciant pas cet enfant, si froid et si autoritaire. Avez-vous retrouvé les agents de la Machine ?

-Peut être. Répondit Greer.

-Vous devez utiliser tout le pouvoir de Samaritain.

-C'est ce que nous faisons.

-Non. Affirma Gabriel. Vous utilisez seulement 55 pour cent des capacités de Samaritain.

-Si je dépasse cette capacité, vous savez ce qui va se passer ?

-Vous croyez que cela a une importance ? S'agaça le jeune homme. Nous devons passer par la violence pour établir un bon monde.

Greer resta neutre, mais l'opératrice afficha un air outré que le jeune Gabriel ne manqua pas de remarqué.

-Vous. Si vous contestez mes décisions, vous savez où se trouve la sortie.

-Non Mr Hayward, je resterai fidèle à Samaritain. S'empressa de répondre la femme. Gabriel lui adressa un regard noir. Excusez- moi. Gabriel.

-Que je ne vous y reprenne plus. Retournez travailler.

La femme préféra obéir et retourna devant son ordinateur.

-Utilisez toutes les ressources. Je veux que vous les rameniez ici. Tous.

-Vivants ?

Gabriel laissa un large sourire de dessiner sur son petit visage.

-Ca n'a pas d'importance. Affirma-t-il.

Le lendemain matin, Reese fut réveillé par un appel dans son oreillette. Il appuya dessus.

-John ? Vous êtes réveillés ?

John se tourna pour croiser un Finch endormi.

-Non pas encore. Souffla-t-il doucement.

-Il est 7 heures, il faut qu'on reprenne la route. Dit la hackeuse.

-Shaw est réveillée ?

-Oui, depuis 5 heures du matin. Elle est intenable.

-D'accord.

Reese se leva et contourna le lit pour se rapprocher de son patron.

-Finch ?

L'informaticien ne réagit pas. Reese se baissa et posa une main sur son épaule pour le secouer un peu.

-Finch ?

-Hum…

-Harold il faut se réveiller.

Le plus âgé consentit enfin à ouvrir les yeux et se roula sur le dos.

-Elles sont déjà réveillées ?

-Oui. Il serait préférable que nous partions dans quelques minutes.

Cette perspective ne réjouit pas Finch qui soupira. John lui offrit un petit sourire d'encouragement et alla s'habiller. Finch s'étira prudemment et se redressa. Il se sentait un peu mieux et n'avait plus aussi mal. Par précaution, il prit tout de même un antidouleur. Lorsque John quitta la salle de bain, Finch s'y rendit et s'habilla, revêtant son costume trois pièces. Ils rejoignirent les filles et chargèrent les voitures rapidement. Root alla rendre les clés et ramena trois cafés et un chocolat chaud pour palier le manque de thé. Finch fut étonné mais ravi, lui qui n'aimait pas spécialement le café. Ils prirent ensuite la route sans attendre, la machine se chargeant de les guider et d'occuper chacun à sa manière. Ils ne firent qu'une pause le midi pour manger. Alors que la soirée se rapprochait, ils ne leur restaient plus qu'une centaine de kilomètres jusqu'à leur point de destination. Mais la machine leur ordonna de s'arrêter à un motel dans une ville.

-« Il est temps de vous faire passer pour morts ».

-Je serais curieux de savoir comment tu comptes faire cela. Fit Finch suspicieux.

Vous n'allez pas aimer ».

-Oh ?

-Je crois que je sais. Fit Root.

-« Vous allez devoir récupérer des corps. »

Finch écarquilla les yeux d'effroi.

-« Ils sont déjà morts. » Précisa la machine.

-Et la moralité ? Le respect ? Demanda Finch outré.

Nous devons oublier la moralité. Quant au respect, sachez que Samaritain l'a tué. Alors vous devez oublier le respect pour le moment si vous voulez gagner ».

-Je l'adore. Dit Sameen.

-Normal c'est ma grande copine. Roucoula la hackeuse.

Reese était un peu contre mais il savait qu'ils n'avaient pas le choix s'ils souhaitaient agir dans l'ombre. Finch était tétanisé face à cette idée plus qu'immorale.

Récupérez les corps. »

-Où ? Demanda Root.

La machine leur donna des instructions et elle les nota mentalement.

-Nous devons le faire Harry.

-Je ne suis pas très sûr d'être à l'aise avec cela.

-Nous n'avons pas le choix.

-Mais nous avons le libre arbitre. Rétorqua Finch.

Médusée, Root lui lança un regard plein de compassion.

-Vous voulez mourir ?

-Cela fait longtemps que je m'y suis préparé. Marmonna Finch, sérieux.

-Harry, ce n'est pas le moment.

-Ce n'est jamais le bon moment de toute manière.

-Allez Finch. Je ne suis pas d'accord non plus mais nous devons le faire. Encouragea John.

Ces personnes vont être incinérées si cela peut vous rassurer. »

-Mais personne ne risque de se rendre compte de notre plan ?

-« Vous allez devoir mettre quelque chose dans les cercueils pour donner l'impression de poids. »

-Mais et les familles qui veulent se recueillir ? Fit Harold.

-« C'est déjà fait. Ils ne peuvent pas transgresser avec les ordres maintenant ».

-Donc ils ne devraient rien voir puisque tout restera fermé ? Fit Root.

-« Exactement ».

Finch secoua la tête, désabusé mais se résolu à les suivre. Ils prirent les deux voitures et la Machine leur ordonna de se séparer. Reese et Finch filèrent vers un petit magasin d'électronique et Shaw et Root se dirigèrent vers le funérarium. Ils écoutèrent les instructions de chaque côté et se retrouvèrent au milieu d'une forêt non loin de là. La nuit était bien avancée et par conséquent il faisait sombre. Les phares des voitures les éclairaient.

-Les garçons, vous avez trouvé ?

-Oui. Répondit Reese.

Finch agita le téléphone portable et une batterie externe.

-Super. On fait quoi maintenant ?

La Machine donna la suite des instructions. Finch grimpa dans le 4x4 et chercha l'ancien emplacement de la radio. Grâce au câble de recharge de téléphone, qu'il avait trafiqué, il brancha à la fois la batterie externe et connecta le téléphone à la voiture. Le moteur rugit et Finch hoqueta de surprise.

J'ai le contrôle ».

-Ne me refais plus ça. Grogna Finch, qui descendit du véhicule.

Reese, Shaw et Root se chargèrent des quatre corps que les filles avaient récupérés. Ils placèrent les deux hommes devant et les deux femmes à l'arrière veillant à ce qu'ils tiennent et attachèrent les ceintures.

-Comment comptes-tu nous faire passer pour mort vraiment ? Questionna Root.

J'ai modifié les fichiers dentaires. L'ADN ne sera pas utile. »

-Parce que les corps vont brûler. Lâcha la tueuse.

Finch qui n'en revenait toujours pas de faire ce qu'il était en train de faire, grimaça.

Je vais guider cette voiture et provoquer une surcharge dans le circuit. »

-Tu vas faire exploser cette voiture ? Fit Samantha.

Oui ».

-C'est radical. Souffla John.

Maintenant rentrez au motel, je m'en occupe ». Ordonna la machine.

Les filles bougèrent mais Finch resta là à regarder le véhicule où se trouvaient les corps qui allaient se faire passer pour eux. Les bras de long du corps, il avait beaucoup de mal à y croire. Il n'avait pas pensé à cette partie sombre lorsqu'il avait relâché la machine. Reese le vit immobile et l'appela.

-Finch ?

L'informaticien déglutit et monta dans la voiture avec eux. Il eut un dernier regard pour le gros véhicule et pinça les lèvres, contrarié. C'était contraire à ses règles. Il allait devoir en briser d'autres s'il voulait gagner cette guerre. Ils revinrent à l'hôtel et la soirée fut très calme : Shaw et Reese n'étaient pas bavard, Root ne semblait pas avoir envie de communiquer et Finch était plongé dans son mutisme bien à lui. Le lendemain matin, après une nuit reposante, la machine se manifesta de nouveau.

Bonjour. Vous avez deux heures pour rejoindre le café où vous prendrez votre petit déjeuner. »

-Nous devons y être tous les quatre ? Demanda Root.

-« Non. Pas à l'intérieur ».

-Ah bon ?

-« Oui. Harold et John seront à l'intérieur. Sameen et toi, serez dehors en terrasse ».

-As-tu une raison particulière pour nous séparer ? Questionna Finch.

-« Oui. Pour mieux suivre l'homme. »

-L'homme ?

-« Oui ».

-Je sais que tu as conçu entièrement le plan, mais pourrions nous avoir quelques indices ?

-« Cet homme travaille sur la base de Kelly Air Force. »

-Tu veux que nous entrions là dedans ? Fit Harold

Oui. »

-Tu ne vas pas nous demander ce que je pense ? Marmonna Harold.

Les trois autres tournèrent la tête vers leur patron. Que voulait-il dire ? Comment pouvait-il savoir quelque chose alors que la machine n'avait rien dit ?

-« Peut être ». Fut la réponse de la création.

- A quoi pensez-vous Harry ?

-Je préfère ne rien dire pour le moment. Nous verrons ce que nous dira la Machine.

-Allons Harry !

-Non Mlle Groves. Il vaut mieux que je ne dise rien.

-Pourquoi ? Fit John.

-Pour ne pas mettre notre mission en danger. Fit Shaw.

-C'est cela Mlle Shaw.

Reese resta perplexe face à ces non-dits. Ils finirent par se rendre sur les lieux. Les filles s'installèrent sur la terrasse tandis que les garçons entraient à l'intérieur. Malgré l'environnement chargé de buildings, la route fréquentée, Root était ravie de cet endroit.

- Notre premier petit déjeuner sur une terrasse. Remarqua-t-elle.

-Ce n'est pas si calme. Rétorqua Shaw.

-Mais c'est mieux que rien n'est ce pas chérie ?

-Mouais.

Root tendit la main et mêla ses doigts à ceux de la tueuse. Shaw lui lança un regard courroucé mais se calma devant l'air taquin de sa compagne. Elles profitèrent de ce petit contact avant que Root ne se redresse et que Shaw fronçe les sourcils en captant une annonce mécanique. Discrètement, elles tournèrent le regard vers l'allée principale qui menait à l'intérieur du restaurant pour y voir un homme dans la trentaine, chauve, vêtu d'un pantalon clair et d'une vulgaire chemise grise à carreaux.

-C'est notre cible ?

-On dirait bien Shaw. Profitons avant de passer à l'attaque. Ricana Root.

Reese et Finch s'étaient installés et venaient de recevoir leurs cafés. John n'avait pas manqué d'interroger son patron sur le choix de la boisson, mais celui-ci lui avait dit que c'était la meilleure façon de ne pas se faire repérer en commandant un thé, soufflant que l'autre IA devait sans doute connaître ce détail. John avait acquiescé. Ils virent l'homme rentrer et s'installer au bar pour commander.

Attention c'est chaud. »Fit la machine aux deux hommes.

John sourit devant la protection de l'IA mais la réponse de Finch le déconcerta.

-J'ai appris à subir la douleur. Murmura Finch.

Vous ne devriez pas ».

John était bien d'accord avec elle. Finch reposa sa tasse et regarda son partenaire quelques secondes avant de poursuivre.

-Je ne sais pas qui je serais sans. La douleur me rattache au monde.

Finch croisa le regard éberlué de John. Il n'avait plus peur d'en parler aussi ouvertement devant son agent. Après tout, il n'avait plus rien à cacher, plus rien à protéger réellement. Sa vie privée était foutue. Il préférait encore en parler lui-même plutôt que Samaritain ne le fasse à sa place si cela devait arriver. Puis il avait caché cela pendant trop longtemps. Il éprouvait comme un besoin d'en parler. Comme s'il portait cela depuis longtemps et que c'était devenu trop lourd pour lui.

Est-ce pourquoi vous n'avez jamais été opéré ? Vous voulez vivre en souffrant»

Reese manqua de s'étrangler avec son café, reposa la tasse et interrogea son patron du regard.

-La justice est importante. Tous mes crimes restent impunis. Même toi.

John, s'il n'en montra rien, fut broyé par la révélation de son partenaire. Ainsi Finch avait fait le choix de souffrir parce qu'il n'avait jamais été puni pour ses crimes passés ? John était persuadé que la création de la machine n'était pas le seul crime commis par son ami. Pour toutes les précautions que Finch avait prises pour masquer sa véritable identité, il se doutait qu'il devait être un homme qui portait en lui de lourds regrets pour ses actes passés.

Vous pensez que je suis un crime ? »

-Peut être. Répondit Finch en buvant de nouveau. John s'assit mieux, les coudes posés sur la table, tourné vers Finch.

-Harold ?

-Oui John ?

-Souffrir est votre choix ?

Finch leva les yeux vers lui et reposa la tasse.

-Autrefois, j'aurais dis que cela ne vous regardait pas. Mais compte tenu de la situation aujourd'hui. Que vous êtes mon ami, je ne vais pas mentir. Alors oui c'est mon choix.

-Pourquoi ? Vous n'avez pas besoin Harold.

-Si.

La réponse rapide et franche de Finch le mit mal à l'aise.

-Si, j'ai mérité de souffrir. Pour tout ce que j'ai fais. La trahison envers notre pays, d'avoir abandonné mon père, d'avoir crée la Machine, d'être responsable de la mort de Nathan aussi.

Finch détourna le regard, faisant semblant d'observer la position de l'homme qu'ils surveillaient. En réalité, il voulait cacher ses yeux humides. John secoua la tête.

-Vous n'avez pas eu le choix pour votre père Harold. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je suppose qu'à ce moment là… vous aviez commencé? Vous aviez rendu Internet libre ?

-C'est cela John.

-Vous avez fait ce qu'il fallait. Pour la Machine, vous ne pouviez pas savoir non plus. Ni pour Nathan.

-Je sais. Fit l'informaticien de nouveau.

John réfléchit quelques secondes puis demanda :

-Quelle vie auriez vous préféré ? La vie sans la Machine ou une vie avec elle ?

Cette question atteignit l'informaticien en plein cœur. Il ne s'était jamais réellement posé la question. Sans la machine, Nathan ne serait pas mort. Il aurait poursuivi son travail dans un bureau, avec la compagnie de son ami en tant que patron d'IFT. Mais qu'aurait-il eu d'autre ? Rien. Avec la Machine, il avait rencontré Grace, il avait pu connaître le goût du bonheur et de l'amour. Si tout s'était gâté ensuite avec la mise en service de la Machine et la mort de Nathan, il avait ensuite rencontré John, puis Carter, Fusco, Bear, Root et Shaw. S'ils avaient perdu Carter, il lui restait encore des amis. Des personnes qui lui étaient chères maintenant même s'il ne l'avouerait pas si facilement. Mais surtout, il tenait beaucoup à son agent, John. Parce que Reese lui avait redonné un peu le goût à la vie. Il lui avait redonné son sourire, il l'avait taquiné longtemps dans le but de le faire réagir, il avait veillé sur lui aussi, il l'avait sauvé de nombreuses fois. Il avait besoin de sa présence pour se sentir en sécurité. S'il n'avait rien céder à leurs débuts, peu à peu, il s'était ouvert puis il avait commencé à passer un peu plus de temps avec son agent en dehors des missions. Parce qu'ils étaient inséparables. Chaque fois qu'il avait accepté une invitation de John, il avait pu contempler le sourire de celui-ci illuminer son visage. Il décida alors de se risquer.

-Avec la machine.

-Je serais curieux de savoir pourquoi.

-Parce que grâce à elle… J'ai pu faire des rencontres. Ce qui ne serait probablement pas arrivé si elle n'existait pas.

-Parce que vous étiez un grand solitaire avant qu'elle n'arrive? S'amusa John. Harold sourit brièvement.

-Oui John.

-C'est vrai que sans elle, je ne serais probablement pas ici.

-John…

-Qui sait ? Peut être que je serais encore à l'armée ? Peut être que la CIA ne m'aurait jamais repéré ?

-Nous ne pouvons pas savoir. Fit Finch. Nous ne saurons jamais je crois.

-« Je pourrais très bien vous le dire ». Intervint la machine.

-Tu as déjà déterminé ce que nous serions devenus aujourd'hui si tu n'étais pas de ce monde ? Fit Finch.

Oui ».

-Quand vas-tu nous le dire ?

-« Pas maintenant ».

John sourit.

-Croyez le ou non Harold, mais la Machine est comme vous.

-Que voulez vous dire ?

-Elle agit comme vous. Elle est secrète.

-En même temps… Je suis son créateur.

-Vous êtes son père.

-Je ne sais pas si ce terme peut s'appliquer John.

-Et moi je vous dis que si. Elle vous considère comme tel.

-« Je l'admets. Et j'en suis fière. »

-C'est votre choix. Fit Harold. D'ailleurs n'avez-vous pas trouvé votre voix ?

Je pense que si. Mais je veux que tout le monde soit d'accord. »

-Nous vous écoutons. Fit John.

Quelques secondes s'écoulèrent, puis une voix féminine se fit entendre.

Bon, vous êtes prêt à passer à l'action ? »

Finch reposa brutalement sa tasse, tandis que John se tendait.

-L'inspecteur Carter ? Bredouilla Harold.

Oui ».

-Cela … ne…

-« Elle avait deviné mon existence mais elle n'a jamais rien dit ».

Finch resta muet puis croisa le regard de John, tendu, les lèvres crispées.

-John ?

-Je ne peux pas.

-« Pas de souci, je reprends ma voix normale. » Dit la Machine.

Finch se doutait que cela avait ravivé des souvenirs douloureux chez son agent. Carter avait été tué et était morte dans les bras de son agent. Lui avait assisté, impuissant à cette scène surréaliste. La Machine avait bien tenté de le prévenir mais c'était arrivé bien trop vite. Même John avait été blessé. Finch chassa ces souvenirs biens sombres.

-Les garçons, il sort. Fit la voix de Root.

Reese tourna la tête vers l'homme qui se dirigeait vers la sortie. Finch se leva et laissa quelques billets sur la table. Il suivit son agent et monta dans la voiture, où Shaw et Root étaient déjà installées, à l'avant. Ils le prirent en filature jusqu'à la base. La Machine leur donna des indications. La base était grande mais il n'y avait pas suffisamment de gardiens ou de militaires pour surveiller toutes les entrées. Reese força une porte de service et grâce à la machine, ils se rendirent à l'ascenseur le plus proche.

-Nous restons là, montez. Ordonna Reese. Shaw resta avec lui. Tous les deux étaient armés et pouvaient se défendre. Root monta avec Finch au quatrième étage, salle des serveurs et de stockage.

-« Je rends les caméras aveugles pour Samaritain ». Annonça la machine.

-Bien. Dit la hackeuse en s'avançant lorsque les portes s'ouvrirent. Elle mit deux gardes à terre à l'aide de ses techniques de combat. Finch s'avança vers la porte sécurisée.

-Veux-tu nous ouvrir ? Fit-il à l'intention de la Machine.

Un déclic se fit et les deux amis purent aller dans le couloir. Ils ne croisèrent personne et se retrouvèrent devant la porte blindée.

Je vais l'ouvrir, mais cela va déclencher les alertes ».

-Que veux-tu dire ?

-« Les militaires et les gardes vont se précipiter ici. »

-Mais tu vas nous protéger ? Fit Root.

Oui. Dans mes limites. Vous serez prévenus si vous devez agir. »

-Bien, nos vies sont entre tes mains.

-« Merci de me le rappeler Interface ». Ironisa la Machine.

Finch haussa un sourcil puis entra dans la salle sécurisée. Root referma derrière eux et suivit les pas de son patron. Ils captèrent un mouvement et se cachèrent dans une allée. Des pas sûrs se firent entendre, de toute évidence quelqu'un s'approchait d'eux.

-Il ne faut pas qu'il voit nos visages. Fit Harold tout bas.

-Je sais, ou nous sommes foutus. Souffla Root.

La présence humaine se rapprocha et passa devant l'allée sans les voir. Root le reconnu et se précipita sur lui, le mettant KO en un mouvement. Elle tira le corps, le tenant sous les aisselles.

Parfait. Il va vous servir d'accès à l'ordinateur central. Samantha, amenez le là bas. Harold, suivez mes instructions. »

Root traîna le corps et Finch alla dans la direction opposée, inquiet. Il trouva une table avec des valises et des disques durs spéciaux.

Prenez le disque numéroté 5 et la valise noire ».

Harold prit le matériel et rejoignit son amie, qui avait ligoté l'homme au support de l'ordinateur central, son doigt posé sur l'appareil de reconnaissance d'empreinte.

-Que dois-je faire ? Questionna Harold.

Insérez le disque dur et cherchez le virus Ice-9 »

-Quoi ? Souffla la hackeuse.

Finch déglutit mais s'exécuta.

-Harold, nous ne pouvons pas faire ça !

-Ce n'est pas le moment Mlle Groves ! S'agaça Finch, qui avait trouvé le virus et le transmettait dans le disque dur.

-Mais…

-Nous discuterons de tout cela plus tard Root. Intima Finch.

Root était agacée mais elle garda tout cela pour elle. Finch récupéra le disque et ils purent quitter la pièce. Dans le couloir, plusieurs corps gisaient au sol, certains inconscients et d'autres gémissant de douleur.

-Ouah. Souffla Root.

-Vous n'avez pas chômé. Fit Finch.

Ils étaient sur le point de vous trouver. Je les ai fais se retourner contre eux même. Attendez une seconde ».

Finch et Root se glissèrent dans un couloir sur le côté pour se protéger. Si Root avait son arme en main, prête à dégainer, Finch lui intima de faire confiance à la Machine.

Laissez-moi leur parler. » Puis la voix de la Machine se propagea dans les couloirs. « Intrus détectés dans la cage d'escalier Sud Est. Armés et dangereux. Agissez avec extrême prudence. »

Root put entendre les soldats s'éloigner et vit son ami reprendre le chemin vers l'ascenseur.

-Harold ! Mais vous n'avez pas peur ?!

-J'ai confiance en la Machine.

Alors qu'ils allaient passer la porte pour accéder aux ascenseurs, un homme surgit de nulle part, arme pointée vers eux.

-Les mains en l'air, tout de suite.

Root eut un hoquet de surprise mais n'eut pas le temps de braquer son arme vers lui. Elle constata que son ami était neutre, comme s'il ne craignait rien. Elle le vit porter sa main à son oreillette.

-Terrence Johnson. Fit-il d'une voix calme et posée. Il y a un homme au nouveau Mexique qui va être déclaré mort cliniquement dans deux heures. Il est un parfait donneur pour votre fille Maria. »

Root assistait à cet échange très étrange. Depuis quand Finch pouvait-il être aussi froid et sûr de lui? Depuis quand usait- il des faiblesses des autres pour arriver à s'en sortir ? Elle avait là un autre homme.

-Vous nous laissez prendre cet ascenseur et Maria pourra obtenir son cœur. Sinon Maria sera placée à la fin de la liste d'attente et elle mourra dans cinq semaines.

Root scrutait les émotions du militaire. Mais elle le vit se rendre et baisser son arme. Harold poussa la porte et elle le suivit dans la cage d'acier pour rejoindre les deux autres.

-Harry …

-Ne dites rien.

Ils purent rejoindre Reese et Shaw, qui avaient fait quelques victimes, toutes étalées devant eux. Ils quittèrent la base et reprirent la route dans une ambiance lourde…

A suivre...


PS : Dans cette fiction se cache un jeu.

Surveillez bien les noms des chapitres, vous savez qu'au final il y en aura 9. Peut être que certains d'entre vous pourrons deviner le "mot" mystère qui pourrait vous donner des idées sur les noms des prochains chapitres à venir ...

Un petit jeu comme l'émission Motus pour ceux qui connaissent, en quelque sorte hihi !