Bonsoir ! Nouveau chapitre pour ce soir ! Je suis tellement occupée avec mes vacances familiales que je n'ai pas pu vous répondre pour vos commentaires mais sachez que j'apprécie de les lire !
Merci à Isatis2013, Jade181184, RocheIIe17, Paige0703 et MF79 (Une autre fanfiction ? laquelle ?) !
J'espère que la suite vous fera tout autant plaisir ! (Et n'oubliez pas le fameux jeu...)
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Naufrage
Lancés sur l'autoroute afin de s'éloigner de la base de l'armée, l'échange fut entamé.
-Harry, ne me dites pas que la Machine veut vraiment qu'on utilise ce virus ?
-Je crains que si Mlle Groves.
-Qu'avez-vous récupéré ? Demanda Shaw.
-Nous avons récupéré un virus nommé Ice-9.
-Quel est son but ? Questionna John, au volant.
-Son but est de détruire tout le réseau. Fit Finch. Plus concrètement le réseau informatique. Et tous les appareils aussi. Mais ce n'est qu'une supposition … cela pourrait faire plus de dégâts qu'on ne le pense.
-Ceux qui en seront infestés ne survivront pas. Continua Root.
-Donc les ordinateurs, les téléphones portables, tout cela sera hors service si nous utilisons ce virus ? Résuma Sameen.
-Pas seulement chérie…
-Pourquoi ?
-Si le virus est lancé, c'est pour détruire Samaritain. Fit Finch. Mais …
-La Machine sera détruite aussi. Termina la hackeuse, la mine sombre.
-« Exactement » Confirma l'IA.
-Mais tu ne pourras pas nous aider jusqu'au bout ! Se plaignit Root.
-« Je ferais en sorte que si »
-Mais mais …
-« Vous n'avez rien à craindre. Je veillerais jusqu'à mon dernier souffle. »
Root laissa un sanglot s'échapper, n'y croyant pas une seconde. Finch, ému, intervint.
-Es-tu sûre de … te sacrifier ?
-« J'aurais déjà dû mourir ».
-Oh non…
-« Mais vous m'avez fait revenir à la vie. »
-Parce que nous avions besoin de toi. Trancha Harold.
-« Je sais. Mais cette fois-ci, il faut un vrai sacrifice. »
-Non tu ne peux pas nous faire ça ! Hurla Root.
-« Si. Pour vous ».
-Tu n'es pas humaine. Comment peux-tu te sacrifier dans une guerre ? Demanda Finch.
-« Parce que c'est une guerre numérique. Humaine aussi mais plus numérique. Samaritain est mon ennemi. »
-Tu n'as jamais réussi à le vaincre dans les simulations.
-« Parce que je n'étais pas libre ».
-Quoi ? Souffla Harold.
-« J'étais muselée comme l'a dit Samantha une fois. Mais je suis libre. J'ai plus de pouvoir »
-S'il te plaît, n'enfreins pas les règles.
-« Je sais que vous tenez fortement à elles, mais pensez-vous que nous puissions gagner comme ça ? »
-Non. Admit Finch.
-« Alors faites-moi confiance. Et nous gagnerons. Chaque système à ses failles. »
-Tu as donc trouvé celle de Samaritain ?
-« Oui. Et pas seulement une ».
-Si tu dis cela, alors tu connais aussi tes propres failles ?
-« Oui je les connais Harold. Mais je saurai me défendre dans ce cas. Contrairement à Samaritain qui n'en a aucune idée puisque nous n'avons jamais tenté de l'attaquer. »
-Tu es si sûre de toi … Murmura Finch.
-« Oui. Parce que je veux que vous vous en sortiez vivants. »
-Vivants mais …
-« Je ne peux rien dire. Peut être que certains d'entre vous seront blessés, mais vous ne mourrez pas si vous suivez mes instructions. »
-Mais si on les suit, tu meurs ! Fit Root, dépitée, les larmes aux yeux.
-« Peut être. »
-Comment ça ? Bondit Finch.
-« Nous verrons si ce plan peut s'appliquer. Si cela ne vous mets pas en danger, peut être que vous pourrez me récupérer. »
- Dis-moi tout de suite ! Ordonna Root.
-« Non. »
-Mlle Groves, n'insistez pas, nous ne la commandons plus.
-« Si vous pouvez. Mais si je ne dis rien, c'est pour vous protéger. » Intervint la Machine.
-Vous vous rendez compte que vous êtes en train de débattre pour une Machine ? Remarqua Shaw.
-Chérie ! S'outra Root. Ce n'est pas une vraie machine ! Elle a des sentiments ! Elle nous comprend ! C'est comme si nous devions l'abandonner sur le terrain !
-Peut être, mais elle a déjà réfléchi à tout ça. Répondit Shaw.
-Et donc tu es d'accord avec elle ?
-Je n'ai jamais dis ça. J'aime bien ta copine mais nous sommes en guerre. Si elle veut se sacrifier, c'est son droit.
-J'en reviens pas que tu dises ça… Souffla la hackeuse, éberluée.
-Dans la logique, c'est plutôt le responsable de tout ça qui devrait se sacrifier. Fit Finch.
-Harold ! S'agita aussitôt John, désapprobateur.
-« Non je ne suis pas d'accord. Je suis à l'origine de tout vos problèmes »
-Sais-tu que tu n'as pas seulement provoqué des soucis ?
-« Qu'est ce que j'ai fais de bien ? »
-Beaucoup de choses, la liste est trop longue.
-« Cela n'empêche pas le malheur. Si vous saviez combien je regrette que vous soyez blessé aujourd'hui. »
Finch se figea. Il ne s'était pas attendu à ce que la machine exprime un tel regret.
-« Chaque jour où je vous vois boiter, souffrir, avoir des difficultés, je regrette. Je regrette de ne pas avoir cherché un autre moyen de vous contacter. Je regrette d'avoir été responsable de votre accident. De l'explosion. De la mort de Nathan, votre meilleur ami. »
-Tu n'as pas a …
-« Si. Si quelqu'un doit disparaître, c'est moi. J'ai causé des problèmes à tout le monde. A John. A Root, A Sameen. »
-Quoi ? Demanda Finch.
-« Si je n'existais pas, John n'aurait peut être jamais été engagé à la CIA. Root n'aurait sans doute pas eu de soucis avec les autorités. Et Shaw ne serait pas obligée de se faire passer pour morte puisqu'elle n'aurait jamais travaillé pour Contrôle. »
-Je serais peut être mort sur le terrain. Fit John, sombrement.
-Tu n'es pas à l'origine de mes problèmes. Répliqua la hackeuse.
Shaw n'eut rien à dire. Finch lança un regard courroucé à son agent.
-« John, tu ne serais pas mort sur le terrain. Au contraire. Et Root, peut être, mais je les ai aggravés par la suite. »
-Bon sang… Gémit Root.
-J'ai du mal à y croire. Fit John.
-« John, je sais que vous avez le sens du sacrifice, mais croyez- moi, jamais vous ne l'auriez fait. »
-Pourquoi ?
-« Je le dirais plus tard. »
-Toujours aussi bavarde… Fit John, aigre.
-Désolé Mr Reese…
-Ne vous excusez pas Harold, elle est libre de dire ce qu'elle veut maintenant.
Un silence inconfortable s'installa dans l'habitacle. Cela faisait plus de deux heures qu'ils roulaient. La machine occupa les passagers à sa manière en leur changeant les idées. Pour John, elle lui mit une petite radio locale et continua à lui indiquer les chemins. Sur la route, il y avait de plus en plus de véhicules et la circulation était moins fluide même s'ils parvenaient à rouler à la vitesse maximale. Finch éprouva le besoin de prendre l'air, se sentant mal à l'aise dans cette ambiance très froide et si calme. John suivit les instructions et s'arrêta sur une aire de repos. Une fois à l'arrêt, ils sortirent du véhicule. Les filles firent quelques pas pour se dégourdir les jambes et Finch profita de la brise fraîche. John resta à proximité de la voiture, installé sur un banc, sous un arbre aux côtés de Finch.
-John ?
-Oui ?
-Ne parlez plus jamais de sacrifice.
Reese se tourna vivement vers lui.
-Pourquoi ?
-Parce que je n'aime pas vous en entendre parler. Et je ne le conçois pas.
-Dans ce cas Harold, vous non plus vous ne devez pas en parler.
Cette fois-ci, ce fut au tour de Finch de croiser le regard sombre de l'agent.
-John…
-Non. C'est ça ou rien d'autre. Je ne peux pas vous laisser dire des choses pareilles.
Finch se mordit la lèvre. John le protégeait. Comme il le faisait si souvent. Mais il doutait que John ressentait les mêmes choses que lui. Toute cette situation lui faisait prendre conscience qu'il aimait son agent. Alors il ne pouvait s'empêcher de réagir lorsque John parlait de ce sujet. Parce qu'il ne concevait pas que son agent puisse penser cela. Il refusait. C'était plus fort que lui. Comme si un être en lui, lui hurlait de le retenir, de le protéger à sa manière et de lui faire comprendre qu'il était inutile de penser à cela. Il avait besoin de lui. C'était comme son oxygène maintenant. La première séparation forcée qu'il avait subit, il l'avait mal vécue. Loin de son ami, il avait eu du mal à retrouver goût à la vie « normale » en tant que professeur. Il avait conscience qu'il l'avait repoussé de nombreuses fois à cet instant, mais parce qu'il voulait le tenir loin de lui, le tenir loin du danger… Mais cela avait été plus fort que lui. Il avait éprouvé le besoin de rester proche de lui. De lui parler, de le voir, de le sentir …Entendre sa voix, réagir à ses taquineries aussi.
-Je ferais un effort. Pour vous. Répondit-il.
John pressa brièvement son genou, avec un petit sourire victorieux.
-Voilà, c'est ça que je veux entendre.
Finch lui offrit un mince sourire, puis se leva et s'excusa. Les filles revenaient vers le véhicule.
-Harry ! Où allez-vous ?
-Là où vous ne pourrez pas me suivre. Répliqua Finch.
-Délicate manière de dire que vous …
-Mlle Groves ! Réagit aussitôt Finch. La hackeuse rit et s'empara du bras de son ami, avançant avec lui.
-Allons, il faut arrêter d'être aussi timide. Je vous accompagne.
John pu entendre Finch grommeler, ce qui le fit sourire. Il tourna la tête lorsque Shaw s'installa à côté de lui sur le banc.
-Root est toujours aussi démonstrative ?
-Elle est pénible oui.
-Mais tu l'aimes.
-Cela ne te regarde pas ténébreux.
-Tu vois ? Tu viens de m'appeler comme elle aime le faire.
-Touché. Je n'avais pas d'autres termes en tête.
-Va. Ca me fait rire ce surnom.
-Ah ouais ? Dis-moi un peu.
-Je crois que Root ne me connait pas si bien que ça.
-Oh oh alors là tu as peut être tort. Si tu savais ce qu'elle me dit.
Reese haussa un sourcil, perplexe.
-Tu veux savoir ?
-Je veux bien puisque ça me concerne.
-Elle dit que tu es vachement attaché à Finch.
John se raidit.
-C'est mon boulot de le protéger.
-Tu rigoles j'espère. C'est toi qui es venu le chercher pour qu'on reprenne les missions. Lui ne voulait pas au départ.
-Je sais être convaincant.
-Mon œil. Tu es différent avec lui. J'ai l'impression que cette séparation ne t'a pas réussi
-Shaw.
-Oui ?
-C'est mon ami. Je ne peux pas …
-Je sais.
-Toi c'est pareil. Tu aimes Root et au début tu refusais d'être avec elle.
Shaw poussa un soupir à fendre l'âme.
-Faut dire que … Elle est bien foutue.
-Shaw ! Gronda John.
-Ben quoi ? Puis elle n'arrêtait pas de me titiller… Forcément que veux-tu que je fasse ?
-Que tu répliques ? Ironisa John.
-Impossible. Parce que j'aime cette folle.
Reese sourit.
-Et puis elle t'a aidé. Grâce à elle tu sais que tu n'es plus dans une simulation mais bien avec nous.
-Je sais. Murmura-t-elle. John ?
-Oui ?
- Décide-toi avant qu'il ne soit trop tard.
John ravala sa salive. De toute évidence les filles avaient compris. Elles avaient sans doute dû remarquer qu'il protégeait Finch, beaucoup plus qu'auparavant. Qu'il était plus proche de lui. Ils furent interrompus par quelqu'un qui donna une tape dans le dos de John. Reese bondit, attrapa la main intruse d'un geste vif.
-Tu n'as pas perdu tes reflexes.
-Harper. Fit Reese. Un autre homme était avec elle. Et… Durban.
- Vous ne nous avez pas oubliés. Dit Durban.
-Que faites-vous … ici ? Demanda John, un peu surpris.
Shaw s'était levée et toisait du regard les deux nouveaux.
-Nous sommes là pour vous transmettre quelque chose.
-Vous travaillez pour la machine. Souffla la tueuse.
Harper approuva d'un signe de tête.
-Que voulez-vous nous dire ?
-Harold n'est pas avec vous ? Questionna Harper.
-Il va revenir. Répondit John.
A cet instant, John se tourna et vit Finch qui revenait avec Root. Il croisa son regard interrogatif et également étonné de voir ces deux personnes qu'il connaissait aussi.
-Alors Harold. Gloussa Harper. Vous avez toujours ma bague ?
-Et vous, ma montre ? Rétorqua Finch.
Harper sourit.
-Ne me dites pas où elle est, je trouverai un jour.
-Vous pouvez toujours essayer Mlle. Défia Finch.
-Harry ? Qui –est-ce ?
-Harper et nous avons aussi Mr Durban.
-Deux numéros qui travaillent pour la machine maintenant. Supposa Root.
-Puisque les présentations sont faites, on pourrait parler ? Proposa Durban.
-Oui. On s'installe là bas ? Fit Shaw, d'un geste de tête, désignant une table de pique nique.
A six, ils purent s'installer tranquillement, John gardant le véhicule sous les yeux.
-Puisque vous êtes au courant que nous travaillons pour la Machine, sachez que nous savons ce que vous tentez de faire. Annonça Harper.
-C'est-à-dire ? Fit Harold, méfiant.
-Vous voulez détruire notre ennemi. Même si cela doit entraîner notre chute.
Finch allait répondre, quand il fut coupé par Durban qui poursuivit :
-Toutes les équipes qui travaillent pour la machine sont d'accord.
- Equipes ? Mais on est combien ? Fit Shaw.
-Une cinquantaine. Fit Harper.
-Alors ça Finch, elle donne l'info aux autres mais pas à nous. Cherchez l'erreur. Dit Sameen, vexée.
-Elle ne vous a rien dit parce qu'elle veut vous protéger au maximum. Reprit Harper.
-J'imagine que vous êtes là pour nous parler de quelques chose ? Demanda Root, sérieuse.
-Oui. Et vous donner quelque chose aussi.
Durban posa un papier plié sur la table et le glissa vers Finch. Harold déplia délicatement le papier. John et Shaw se penchèrent vers lui pour lire.
-Deux adresses ? Marmonna Finch.
-Oui.
-Qui y vit ?
-Vos ennemis.
-Nos ?
-Elle veut dire le vieux snock et le gamin. Fit Root, les dents serrées.
Perdu, Finch demanda :
-Que voulez-vous que nous fassions ?
-C'est votre choix. Répondit Durban. Mais sachez qu'il faut se débarrasser de ces deux personnes.
-Mais … ce sont des vies humaines ! S'exclama Finch.
-Oui. Mais ils sont dangereux.
-Ce gamin est influencé !
-Au début, mais maintenant il ne l'est plus. Il est encore pire que le « vieux ». Ironisa Harper.
-Harry, si nous avons ces adresses, c'est que la machine veut que nous agissions.
-Elle a raison Finch, sinon nous n'aurions jamais eu l'information. Se manifesta John.
Finch secoua la tête, replia le papier et le repoussa. Durban se méprit sur l'attitude de l'homme. Harper n'était pas surprise.
-Bon nous aurons essayé. Nous avons autre chose à vous dire.
-Nous vous écoutons.
-Notre ennemi va chercher à renforcer son système. Parce qu'il se sent menacé. Ils ont donc fait une commande unique. Avec des serveurs très puissants, défiant toute concurrence. Ces serveurs ont été construits en Europe.
-Pourquoi en Europe ? Demanda Finch.
-Parce qu'ils ont optés pour la discrétion. Et surtout le fait d'être loin des Etats-Unis, leur assure que la Machine ne peut pas détruire ces serveurs si importants.
Finch vit le regard de la hackeuse changer peu à peu. Ses expressions de surprises venaient de se transformer en une expression de victoire, un petit sourire, sûre d'elle.
-Ils livrent par bateau ?
-Oui. Acquiesça Harper.
-Nous avons un moyen de détruire tout cela. Mais nous devons être sûres que ce chargement est bien dans ce bateau.
-La machine est sûre à 99.9 pour cent.
-« Je suis sûre de ce que j'ai vu Interface ». Se manifesta l'IA.
-Quel est le point de départ ? Fit Root.
Finch craignait un peu le plan machiavélique de son amie. Shaw et Reese la regardait, stupéfaits.
-Ils sont partis de la Russie et ils viennent maintenant …
-« De passer à proximité du Danemark. »
-Vous ne m'avez pas dit qu'ils étaient en Europe ? Tiqua Finch.
-Si. Les serveurs ont été construits et assemblés en Europe. Ils les ont amenés en Russie pour les tester et c'est également leur point de départ pour le transfert jusqu'ici. Dit Durban.
-Intéressant. Souffla Root.
-Qu'avez-vous en tête Mlle Groves ? Se risqua l'informaticien.
-Nous avons un moyen de les détruire. Fit Root.
-Vous allez….
-Oui je vais détruire ce bateau. Le faire exploser.
-Comment pouvez-vous ? Et tous les civils ? Fit Harold.
-« Tous ces civils dont vous parlez sont des agents de Samaritain. Il n'y a aucun innocent sur ce transport ».
-Je n'en reviens toujours pas que tu veuilles que nous tuions des hommes. Marmonna Finch.
-« Pour gagner, nous devons tuer. Sans victimes, nous ne pouvons pas gagner. Voulez-vous vraiment que Samaritain contrôle ce monde et le mène à sa perte Admin ? »
-Je vais utiliser un missile. Clama Root.
-Mais nous ne…N'avons pas…
-Oh que si Harry!
-Comment tu as fait ça Root ? Questionna John, étonné.
-Facile. Tu te souviens quand je faisais la danseuse à l'opéra ?
-Pas tellement. Répondit John.
-Un homme m'a abordé ce jour là et m'a proposé de voyager avec lui. J'ai accepté après quelques jours car … Son père était l'administrateur du parc National de Zemaitija.
-Oh non Mlle Groves. Réalisa Finch. Le missile Silo est un missile nucléaire !
-A la base Harry. Mais je l'ai modifié. Il n'est plus nucléaire mais il fait de sacrés dégâts.
-Je n'ose pas vous demander comment vous avez fait pour le voler.
-Il ne vaut mieux pas. Rit Root. Je peux l'utiliser pour détruire l'embarcation.
-« Vous avez compris ce que j'attendais Interface ».
-Je ne suis pas si idiote que ça ma chère.
-« Je sais. »
-C'est à vous également de décider. Reprit Durban.
-Oui. Par contre, nous allons devoir vous laisser, le patron nous attend. Fit Harper en regardant sa montre.
-Je te suis Harper. Et faites attention à vous. Fit-il à l'intention des quatre amis.
-Merci pour les tuyaux. Dit John.
Root n'attendit pas et posa une main sur le bras de Finch en face de lui.
-Nous ne devons pas attendre Harry. Il faut détruire ces serveurs avant qu'il ne soit trop tard.
Finch repoussa la main de la hackeuse, retira ses lunettes, qu'il plia et déposa sur la table. Il prit sa tête entre ses mains et soupira longuement. John sentait toute la tension chez son patron : son dos était raide, il semblait indécis, il soufflait longuement.
-Si nous commençons à tuer …
-Nous le devons Harry !
-Nous serons des meurtriers Mlle Groves.
-Oh ça… John, Shaw et moi le sommes déjà vous savez ?
Nouveau soupir.
-Harry, je sais que vous en êtes capable. Souffla Root. Un jour vous avez failli tuer quelqu'un aussi.
-Pardon ? Fit Finch, en se redressant, plissant les yeux.
-Alicia Corwin. Vous avez voulu la tuer.
-Comment vous….
-La machine m'a raconté beaucoup de choses.
Reese regardait son patron avec un air tout nouveau : Finch avait déjà voulu tuer auparavant ? Voilà qui était surprenant !
-Mais je ne l'ai pas fait. C'est différent.
-Sauf que aux yeux de la loi, pour une tentative de meurtre, vous êtes un meurtrier.
-Vous n'avez pas tort Mlle Groves.
-Harry, vous devez penser au monde. A ce que Samaritain risque de faire. Il va nous mener à la perte !
Le regard de Finch se changea en une lueur froide. Puis d'une voix mécanique, les poings serrés, il articula :
-Faites-le.
Quand on rappelait à l'informaticien tout ce que Samaritain avait fait de mal, il avait envie de tout détruire. De se mettre en colère. Jusque là, il n'avait jamais explosé devant ses amis. Mais il pressentait que cela pourrait arriver un jour et que cela risquerait de tourner au carnage. C'était plus fort que lui, il détestait l'idée qu'une IA puisse être capable de provoquer tant de souffrance alors que personne ne lui en avait donné l'ordre. La différence était là. Samaritain prenait des décisions lui-même alors que la Machine, elle attendait qu'on lui donne l'ordre.
-Bien, il me faut un téléphone.
-Faites attention Mlle Groves, si l'un d'entre nous utilise un téléphone sans prendre de précautions…
-« Vous pouvez y aller ». Déclara la Machine.
-Tu sembles si sûre de toi. Murmura Finch, troublé.
-« J'ai toujours un plan ».
Root se leva et alla vers le magasin. Finch remit ses lunettes puis se leva. Reese et Shaw n'osèrent pas l'interroger. Root revint avec un téléphone prépayé et elle pirata le réseau.
-Voilà je suis aux commandes.
-Comment tu vas le lancer ? Interrogea Shaw.
-J'ai mis le missile dans un sous marin qui est encore en activité mais plus personne ne l'utilise. Sauf moi.
-Donc tu guides le sous marin ? Fit John.
-C'est ça. Je peux avoir les coordonnées du chargement ? Demanda-t-elle à la Machine. L'IA lui donna les informations et Root changea la direction du sous marin et verrouilla sa cible. Elle regarda une dernière fois John et Sameen. Puis également Finch, plus éloigné, son épaule contre un arbre. Elle se pinça les lèvres et lança l'ordre de destruction. Quelques secondes plus tard, la Machine articula :
-« Cible touchée. »
Root fit tomber le téléphone et donna un violent coup de talon, le réduisant en morceaux. Elle fouilla puis cassa la carte mémoire et la carte SIM également.
-Quelle est la probabilité qu'il y ait des survivants ? Questionna Root.
-« Aucune ».
La hackeuse déglutit et secoua la tête.
-Que fait Finch ?
-Je crois qu'il a encore du mal à accepter ce que nous faisons. Dit Reese.
-Je vais lui parler. Annonça Root.
La hackeuse se dirigea vers lui et posa une main sur son épaule.
-Harry ? Tout va bien ?
L'informaticien resta silencieux, perdu dans la contemplation du paysage. Root se rapprocha encore plus et pu voir le visage torturé de son ami.
-Harry, vous savez que nous n'avons pas le choix.
-J'ai le sentiment d'être un pantin de la Machine.
-Vous ne l'êtes pas. Elle fait ce qu'il y a de mieux pour nous. Elle veut nous garder en vie, ne l'oubliez pas.
-C'est plus fort que moi. Finch se détacha de l'arbre et s'y adossa pour faire face à son amie. Root baissa la tête puis détourna le regard un instant.
- Comment réagirez-vous si Samaritain parvient à tuer l'un d'entre nous ?
Finch réalisa qu'il ne s'était jamais posé la question et trouva cela honteux. Gêné il se mordit la lèvre et préféra se murer dans son mutisme.
-Vous avez peur de la réaction que vous pourriez avoir ? Continua Root. Il ne faut pas. Peu importe la réaction que vous aurez, sachez qu'elle fait de vous un homme normal. Un homme avec des sentiments. Vous n'êtes pas si froid que vous le prétendrez Harry. Je sais que vous nous aimez bien même si parfois nous sommes pénibles. Rit doucement Root. Mais surtout n'oubliez pas que nous vous aimons aussi. Et le fait que votre numéro soit sorti… Vous avez vu comment nous avons réagis pour vous protéger ?
-Vous n'étiez pas obligés…
-SI Harry. Parce que nous vous sommes redevables. Et nous vous aimons. Nous ne pouvions pas vous laisser tomber. Ne l'oubliez pas. Puis avez-vous remarqué que John s'inquiète bien plus pour vous ?
-Oui mais Mr Reese a toujours eu ce réflexe de me protéger.
-Vous croyez que c'est seulement ça ?
-Que voulez-vous que ce soit d'autre Mlle Groves ?
-Je ne sais pas mais c'est plus que de la protection. Mentit-elle.
Par reflexe, Harold tourna la tête dans la direction de son agent, comme dérangé par cette remarque de la part de son amie. Il vit John se tendre légèrement, sans doute sur ses gardes et se méfiant de Root et de ses propos.
-Mlle Groves. Sachez que … Je vous apprécie tous. Je vais faire un effort et cesser de remettre les souhaits de la Machine en question.
Root sourit doucement puis prit la main de son ami.
-Allez venez, nous devons continuer notre quête.
Ce que la hackeuse ne vit pas, c'est la jalousie de John, qui avait fait un bond en voyant son patron refermer sa main sur celle de Root. Un puissant sentiment avait prit possession de son corps, parcourant chaque surface de sa peau. Il serra la mâchoire en guise de mécontentement.
-T'inquiètes, elle ne te le prendra pas. Se moqua Shaw.
Reese lui lança un regard courroucé, rencontrant au passage la stupéfaction de Finch, qui se demandait bien ce qu'elle avait pu lui dire pour le contrarier. Ils montèrent en voiture : Reese au volant, Finch à ses côtés et les deux filles à l'arrière. Ils continuèrent sur l'autoroute pendant une bonne heure puis Reese changea de direction et roula sur les départementales.
-Vous avez vu cela Mr Greer ? Fit un opérateur.
Greer était debout face à l'écran, admirant ce qui restait de l'embarcation qui était partie en fumée et pratiquement réduite en cendres.
-Je vois.
-Nous n'aurons pas les derniers serveurs plus puissants !
-La Machine les a prévenus. Affirma Greer.
-Comment pouvez-vous en être certain Monsieur ?
Un grésillement parvint à leurs oreilles et tout le monde dans la salle cessa son travail, chacun relevant la tête vers l'écran principal. La petite flèche rouge apparue. Un silence inconfortable s'installa dans la grande salle.
-« Ils sont responsables de la destruction ».
-Peux-tu nous montrer comment ? Fit Greer.
-« Bien sûr ».
Le bruit caractéristique d'une cassette rembobinée se fit entendre puis des images de vidéos surveillance apparurent. Greer lut le lieu : Plateliai. Il distingua un homme avec une femme, qui s'accrochait à son bras, riant joyeusement. Le vieil homme eut un sourire mauvais en reconnaissant Samantha Groves. La hackeuse charmait l'homme. La vidéo s'accéléra et changea d'endroit. Tout le monde pu assister à la violence de la femme, qui assomma l'homme puis le ligota et le dissimula dans une réserve. Quelques heures plus tard, ils la virent voler un missile d'une manière ingénieuse. Samaritain montra ensuite le camion où avait été chargé le missile, sur les routes. Puis son lieu d'arrivée. L'intelligence artificielle changea ensuite en revenant quelques minutes auparavant. Des cris de stupeurs se firent entendre dans la salle lorsqu'ils virent des images de l'aire de repos. L'interface analogique, Shaw et Reese. Puis Harold Finch éloigné d'eux, de dos mais reconnaissable par Greer. Lui l'avait déjà rencontré et avait eu le temps d'analyser le profil de l'informaticien.
L'image s'agrandit sur le téléphone portable que Root avait tenu en main, puis l'écran se scinda en deux parties : Une partie représentait les images de surveillance et l'autre partie, ce qu'il y avait sur le téléphone, montrant comment la hackeuse avait lancé le missile depuis les Etats-Unis. Des commentaires fusèrent.
-Mon dieu …
-Elle est douée.
-Elle a simplement … piraté la base militaire ?
-Elle est dangereuse.
-C'est un danger publique.
-C'est une meurtrière.
Un raclement de gorge se fit entendre. Greer ne se retourna pas, ayant reconnu la présence derrière lui.
-Gabriel.
Le gamin s'avança à ses côtés.
-Alors c'est comme ça que vous utilisez toutes les capacités de Samaritain ? Fit-il, sur un ton mécontent.
-Nous avons essayé de les retrouver.
-Visiblement vos efforts ne sont pas suffisants. A cause de vous tous, nous avons perdus des serveurs essentiels au développement de Samaritain.
-Nous pouvons les reconstruire.
-Cela prendra deux mois. Nous n'avons pas ce temps Mr Greer. Rétorqua le jeune. Trouvez-moi trois agents et ramenez-moi ces quatre rigolos immédiatement. Ordonna-t-il froidement.
Il y avait moins de monde, voire quasiment personne sur les routes, usées par le temps et sans doute les nombreux passages des véhicules et des camions. Ils ne traversaient même pas les villes ou les villages, les évitant soigneusement. John regarda dans le rétroviseur intérieur et aperçu une berline noire aux vitres teintées. Il surveilla prudemment le véhicule tout en poursuivant. Mais la voiture se rapprocha et Reese décida d'appuyer sur le champignon lorsqu'il vit la vitre côté passager descendre et une arme apparaître. Finch bondit de surprise lorsqu'il se retrouva complètement plaqué contre son siège. Root et Shaw s'étaient retournées pour mieux distinguer ceux qui les suivaient.
-Mr Reese ! Que faites-vous ?!
-Nous sommes suivis.
-Et ils sont armés. Gronda Shaw en voyant un autre passer une arme par le toit panoramique.
-Ils nous ont retrouvés ! Blêmit Root.
-Je croyais que la Machine devait nous aider ! Grogna John.
-Je le croyais aussi … murmura Finch.
-Je suis sûre qu'elle a un plan. Faites lui confiance les garçons.
-Elle a intérêt à nous …
Une première balle ricocha sur la berline. D'autres suivirent. Reese demanda à son patron de se baisser pour se protéger. La vitre arrière explosa en miettes, les débris de verre se propulsant à l'intérieur et tailladant les visages des deux filles, qui pourtant avaient protégés leurs tête avec un bras. Reese donna quelques coups de volant à droite et à gauche pour éviter de rester sur une ligne droite. La vitre de Finch explosa, puis celle de Root. Finch était recroquevillé sur lui-même, terrorisé. Il avait l'impression de revivre sa fuite avec Root, en plein New-York. Mais cela semblait pire aujourd'hui.
-Bordel tu ne peux pas nous aider ! Se fâcha Root.
-« Bien sûr. J'attends seulement le bon moment ».
-Quoi ?!
Shaw se coucha, évitant de justesse une nouvelle balle, dont le chemin s'arrêta dans le siège de Finch. Furieuse, elle attendit un moment de répit pour se montrer avec la hackeuse et les viser avec les armes qu'elles avaient pu récupérer dans le coffre de la voiture, juste en abaissant le siège du milieu. Les rétroviseurs de la berline noire furent explosés ainsi que des vitres latérales. La vitre de devant fut impactée mais ne se brisa pas.
-Merde, c'est une protection. Fit Shaw entre les deux.
-Visons sur les côtés Sameen. Il faut leur faire regretter d'être nés !
Reese prit un virage en dérapant. Armés de ses connaissances si durement acquises à l'armée, il n'eut aucun mal à repartir de plus belle, laissant derrière lui une nuée blanche. Mais le conducteur de la berline qui les suivait semblait savoir se débrouiller lui aussi et ils ne furent pas distancés pour autant.
-Je suis au maximum les filles !
- T'es as combien ?! Hurla Shaw.
-Pas loin des 150 !
-Vous roulez trop vite Mr Reese ! Paniqua Finch.
-Pas le choix ! Trancha John.
-« John, êtes-vous prêt à jouer ? » Fit la machine d'une voix enfantine.
-Hey nous ne sommes pas des jouets ! Râla Shaw.
-« Je sais. »
-Nous allons nous en sortir ? Questionna Finch.
-« Si tout le monde se redresse et s'attache, vous avez 85 pour cent de chance de vous en sortir. »
-Elle est cinglée. Siffla John qui prit un nouveau virage serré.
Root et Shaw se rassirent pour s'attacher mais elles gardèrent un œil sur les hommes qui les poursuivaient. Root tenta de viser les pneus mais ce fut un échec. Shaw visa l'arme directement et toucha sa cible, voyant le revolver de l'autre voler dans les airs, les éclaboussures de sang.
-« John, vous devez maintenir votre vitesse à 110 lorsque je vous demanderai de tourner. Gardez cette vitesse tout le temps quoi qu'il arrive ».
-Qu'est ce qu'elle mijote ? Marmonna John.
-Je n'en ai strictement aucune idée.
-« Harold. Tenez vous bien sur votre siège, vous n'allez pas aimer ».
Finch ouvrit grand la bouche.
-« Maintenant ! A gauche ! »
John donna un coup de volant à gauche et entra dans la forêt. Il frôla les troncs, arrachant quelques branches sur le passage. La berline se heurta à plusieurs rochers qui rayèrent la carrosserie. Les agents de Samaritain avaient beaucoup de mal à les poursuivre mais ils continuaient malgré tout. Finch était pétrifié sur son siège, voyant toutes les branches se faire repousser, les feuilles vertes voler. Reese resta concentré sur la vitesse et les indications données par la machine. Les tirs entre les deux véhicules avaient cessés. Reese roula plusieurs fois dans des nids de poule ce qui fut brutal pour la voiture.
Plusieurs coups se succédèrent et le paysage sembla moins dense. John vit le terrain déformé devant lui, mais la machine lui ordonna de continuer. Reese garda la vitesse et la voiture se retrouva déstabilisée par le changement soudain de la hauteur du sol. Sur la droite, le sol s'affaissait et la voiture vacilla. Finch, Root et Shaw hurlèrent lorsqu'ils se retrouvèrent à l'envers, les ceintures les retenant. La berline effectua des tonneaux à toute vitesse, ne laissant même pas le temps aux amis de réaliser vraiment ce qui se passait. John avait l'impression de vivre un cauchemar. Tous avaient mis leurs bras au dessus de leurs têtes pour éviter les coups mais ils étaient secoués comme de vulgaires poupées de chiffons. Et ils ne virent pas ce qui les attendait. Alors que la voiture effectuait des tonneaux moins rapidement, ils se retrouvèrent au bord d'une falaise.
-« Laissez faire la gravité. »
La berline chuta et tomba. Quelques secondes plus tard, trois hommes en costumes noirs accoururent au bord de la falaise.
-Bordel ils sont tombés ? S'exclama l'un d'entre eux.
Le deuxième se pencha, posant un genou sur le bord pour mieux distinguer.
-Pas de doute, ils sont en bas. Il y a des bulles qui les trahissent.
-Cela ne veut pas dire qu'ils ont plongés ! Fit le troisième, la main en sang.
-Tu penses qu'ils ont sauté de la voiture avant de la faire tomber ?
-Je penserais plutôt à ça !
-Qu'est ce qu'on fait ? Fit le premier.
-On prévint le patron.
-Il ne va pas être ravi.
-On a fait ce qu'on pouvait. Il ne savait pas qu'ils étaient armés non plus mais il aurait pu s'en douter quand même.
Les deux autres acquiescèrent et le suivirent. Quelques mètres plus bas, dans l'eau trouble, la berline était au fond. L'eau avait envahi l'habitacle assez rapidement. Les poches d'airbag étaient dégonflées. Les amis étaient bloqués, leurs ceintures de sécurité ne répondaient plus à l'ordre de se défaire. Ils tentaient de retenir leurs respirations du mieux qu'ils le pouvaient. Root et Shaw, à l'arrière tentaient tant bien que mal de rester de marbre alors que l'eau se changeait doucement en sang, à cause de leurs multiples entailles. Reese avait posé sa main sur la cuisse de son patron pour le soutenir alors que Finch serrait les dents, la tête en avant, ayant perdu ses lunettes. La communication avec la machine était coupée définitivement. Mais tout le monde avait entendu la dernière chose qu'elle avait dite alors qu'ils chutaient :
« On se revoit bientôt ».
Finch porta une main à sa bouche, presque à court d'air. Cela faisait une bonne minute qu'ils étaient ici, à faire le moins de mouvements possibles. Puis Shaw capta un mouvement au loin et tapota sur l'épaule de John pour l'avertir, en pointant son doigt dans la direction voulue. John plissa des yeux et distingua deux formes. Mais comme tout le monde, il commençait à être à court d'air malgré sa technique si durement acquise lors de son expérience militaire et sa vision se troublait. Il vit le corps de Finch se pencher dangereusement, il le redressa et pinça son nez, mettant sa main devant sa bouche pour éviter la noyade. Les deux formes se rapprochèrent : deux personnes. John ne les reconnu pas dans leurs combinaisons mais vit qu'ils portaient chacun deux bouteilles d'oxygène avec des masques. Grâce à la vitre explosée du côté de l'informaticien, Finch fut le premier à en être équipé. Puis John récupéra le matériel et les filles aussi. Elles soufflèrent de soulagement en pouvant respirer de nouveau, tout comme John qui prit une grosse inspiration. Finch ouvrit les yeux, désormais protégé de l'eau grâce au masque et pu reprendre une respiration correcte, John lui tenant sa se passait au ralenti sous l'eau. John chercha à croiser le regard de l'une des deux personnes en combinaison. Ayant retrouvé ses reflexes après cette chute violente, il reconnu Durban. Il tourna la tête et vit que l'autre personne n'était que Harper.
Harper coupa la ceinture de Root puis celle de Shaw. Durban se chargea de celles de Finch et de John. Root et Shaw s'extirpèrent par la fenêtre. John cassa la vitre de son côté et quitta le véhicule. Il rejoignit Durban de l'autre côté et tenta d'ouvrir la portière. Mais la voiture était un peu enlisée dans la vase et par conséquent il n'était plus possible de l'ouvrir, surtout après les nombreux coups qu'elle avait encaissés lors des tonneaux. John sentait qu'il avait des douleurs musculaires et ne douta pas qu'il devait en être de même pour les filles en les voyant grimacer derrières leurs masques. Durban tenta d'extirper Finch mais celui-ci le repoussa violement. John perçut la douleur sur son visage. Il fit signe à Durban que c'était une mauvaise idée et lui mima de casser le pare-brise.
L'homme approuva et put le casser avec une pierre. Reese tira sur le pare brise et le tira pour le mettre de côté. A deux, ils tirèrent l'informaticien de là, en prenant soin de ne pas rompre le tuyau qui lui permettait de respirer et de rester en vie. A ce moment là John s'aperçut de la coupure derrière l'oreille de Finch. A cause de l'eau, il ne pouvait pas l'inspecter mais au moins Finch était conscient. Durban et Harper leurs firent signe de les suivre et de ne surtout pas remonter à la surface. Ils durent nager longtemps sous l'eau, Root et Reese aidèrent Finch à avancer. Ils finirent par arriver dans un tunnel d'eau étroit mais éclairé. Puis ils virent une lueur venant du haut. Harper et Durban remontèrent et ils suivirent. Ils arrivèrent à la surface de l'eau et furent surpris de se retrouver dans un genre de bunker, aux murs gris.
Epuisés, ils se firent tirer par le tissu de leurs vêtements pour se retrouver en dehors de l'eau. Etalés au sol, débarrassés de leurs masques, tentant de se réhabituer à l'environnement. Harper et Durban avaient retirés leurs masques et les capuches de leurs combinaisons.
-Tu devrais appeler le médecin. Fit Harper.
-J'y vais. Répondit Durban, qui disparu dans un couloir, laissant des traces de pas mouillés derrière lui.
Un rire nerveux s'éleva. Shaw se tourna vers Root, qui était à l'origine de ce rire. La hackeuse sembla sentir son regard puisqu'elle tourna la tête vers elle et lui sourit.
-Purée et nous sommes en vie. Souffla-t-elle.
-Ta copine est folle quand même. Remarqua Shaw.
Reese et Finch, qui étaient un peu plus loin, ne firent pas attention à elles. Reese, en position fœtale, observait son patron avec un œil critique. Finch remua un peu et tâtonna de la main, à la recherche de quelque chose. John posa sa main sur la sienne et fut étonné de voir que son patron la serrait en retour. Etait-ce lui que Finch cherchait ? Harold ferma les yeux et grimaça.
-Harold… Vous allez … bien ? Demanda John, fatigué.
-C'était … trop … rude…
John vit que le saignement derrière l'oreille de Finch avait reprit et le questionna :
-Vous avez mal à la tête ?
-Un peu.
Des claquements de talons se firent entendre et une jeune femme d'une trentaine d'années, cheveux bruns, apparu. John leva les yeux vers elle et la reconnu : Megan Tillman. Finch relâcha la main de John.
-Megan ? Fit John, confus.
Finch n'eut même pas la force de pivoter la tête. Megan analysa rapidement du regard les quatre amis au sol. Elle soupira et questionna d'abord les filles sur d'éventuelles douleurs. Root et Shaw ne trouvèrent rien à dire et elle passa ensuite à Finch. Lorsqu'elle vit la coupure qui saignait, elle fronça les sourcils.
-Ce n'est pas très profond mais c'est à surveiller.
Puis elle passa à John.
-Je ne pensais pas vous revoir un jour. Fit-elle, passant ses mains sur le visage de l'agent, inspectant les fines coupures.
-Le monde est petit Megan. Sourit John.
-Bon vous n'avez que des blessures superficielles mais je vais tous vous soigner. Vous vous sentez capables de vous lever ? Demanda-t-elle à tout le monde.
Root et Shaw se relevèrent en vacillant un peu. Reese se mit debout mais ressenti quelques légers vertiges. Finch ne bougea pas.
-Eh bien ? Fit Tillman.
Finch lui lança un regard perdu. Avec l'aide de John, elle redressa l'informaticien pour le faire asseoir.
-Si mes souvenirs sont bons, vous avez une fusion osseuse ?
-Vos souvenirs sont intacts Mlle Tillman.
La médecin sourit et l'aida à se mettre sur ses jambes. Finch tremblait de froid, comme tout le monde maintenant.
-Avant les soins je pense qu'il vous faut une douche chaude à tous. Je vous y emmène. Nous avons déjà préparés des vêtements pour vous. Annonça-t-elle, d'un ton professionnel.
Elle les dirigea dans le couloir éclairé pour les mener vers des vestiaires. Les filles allèrent dans celles de gauche et les garçons dans celles de droite. Finch plissa les yeux et fut surpris de trouver quelque chose de très moderne et récent. Les grands lavabos étaient équipés de robinets qui pouvaient détecter la présence humaine, le carrelage était d'une belle couleur, les lumières également et le large banc devant les quatre grandes cabines de douches. Les portes des cabines n'étaient pas transparentes pour le plus grand soulagement de Finch qui craignait de devoir affronter la nudité de son agent. Mais John prit les devants et lui proposa de se laver en premier et ajoutant qu'il lui passerait les vêtements propres au dessus de la porte de la cabine lorsqu'il serait séché. Finch se demanda jusque où allait la clairvoyance de John, comment avait-il pu deviner aussi facilement ? Ils se douchèrent puis se firent conduire vers une autre salle où Megan les inspecta un par un, leur donnant un verre avec un produit dilué afin d'éviter les douleurs musculaires qui risquaient d'apparaître. Par expérience, la médecin savait que ce genre d'accident n'était jamais sans conséquence. Le produit fit effet car tout le monde se sentit fatigué. Elle les guida ensuite vers une autre pièce afin qu'ils puissent s'y reposer.
Une paire d'yeux suivait les mouvements des quatre amis loin de là. Si cet endroit était tenu secret et invisible aux yeux de Samaritain, de l'état et du gouvernement, elle était capable de s'infiltrer dans le réseau et utiliser les diverses caméras de sécurité qui se trouvaient dans les couloirs, la salle de repos, la salle de soin et d'autres pièces. La Machine était soulagée. Tout le monde avait survécu comme elle l'avait prédit et elle en était fière. Elle décida alors de lancer son plan de secours, estimant qu'il était plus que temps de commencer. Elle entendit des voix et se concentra sur elles.
-Patron, nous supposons qu'ils ont plongés dans l'eau.
-Vous croyez qu'ils sont vivants ? Fit un deuxième.
Un raclement de gorge se fit entendre.
-Selon Samaritain, ils s'en sont sortis vivants.
- Excusez-moi Mr Greer mais comment pouvez-vous en être sûr ?
-Parce que Samaritain ne se trompe jamais dans ses calculs.
-Comment ont ils pu être invisibles jusqu'à aujourd'hui ? Questionna un autre homme.
La machine accéda à une caméra et pu observer la scène. Les hommes étaient réunis dans une salle équipée d'ordinateurs qui affichaient des informations, telles que les nouvelles, les bourses, les accidents, les évolutions des guerres, et des lignes de codes. Greer était de dos, deux autres hommes étaient debout. Entre eux, il y avait une table où était disposé un téléphone portable allumé. Les trois hommes qui avaient poursuivis l'équipe de la Machine communiquaient par ce biais.
-Parce qu'ils ont une alliée. Répondit le vieil homme. Elle est parvenue à les dissimuler jusqu'à aujourd'hui.
-Vous parlez de l'ennemi de Samaritain ? Supposa un homme.
-Exactement.
-Que devons nous faire ?
-Rien pour le moment.
-Et vous patron ?
-Je les surveille. Je les retrouverais quoi qu'il arrive. Affirma Greer avec un petit ton prétentieux.
A suivre...
