Oups nous sommes déjà jeudi soir ?! Je ne vois pas le temps passer du tout ! Je sens que je prends un petit retard dans mon "avance" de l'écriture ! Si seulement les journées pouvaient durer plus longtemps...(Bien sûr en respectant les 7heures de travail hein... on n'est pas des machines !)
Je remercie les fidèles qui m'ont gentiment laissé un commentaire sur le dernier chapitre et j'espère que ce tout nouveau chapitre ... ne vous stressera pas de trop hihi !
Merci à Mlle Isatis2013 pour sa correction !
Bonne lecture !
Chapitre 5 : Contrôle.
-Alors dis moi mon cher, sont-ils vivants ou morts ?
-Vivants.
-Peux-tu me montrer les preuves ?
L'écran blanc laissa place à plusieurs images satellites du lieu de l'accident. Greer aperçu la falaise où les membres de l'équipe de la machine avaient chutés. L'image s'agrandit et le curseur s'avança trois minutes après la disparition de la voiture sous l'eau. Plusieurs encadrés apparurent, mettant en valeur les bulles à la surface.
-Es-tu en train de me dire qu'ils avaient prévus ce coup ?
-« Non ».
-Alors on les a aidés ?
-« Fort probable ».
Greer, debout face aux écrans, impeccablement vêtu de son costume noir sur mesure, les mains dans le dos, était ravi.
-Alors nous n'en avons pas terminé avec eux.
« Non. »
-Sais-tu où ils sont ? Demanda-t-il en haussa un sourcil.
Après plusieurs secondes de silence, Samaritain répondit :
-« Non. »
-Tu crois qu'ils sont sortis de l'eau ?
-« Impossible de vérifier. Végétation dense autour ».
-Je vois. Admit le vieil homme. Et si nous organisons une battue ?
-« Non. Perte de temps. »
-Ah ?
-« Oui. Ils se montreront un jour. Je les verrais de suite. »
-En es-tu sûr ?
-« Comment pouvez-vous remettre mes capacités en question ? »
-Je ne les remets pas en question. Je crains seulement qu'ils n'aient été plus intelligents.
-« Nous verrons cela ».
-L'avenir nous le dira.
Quelques kilomètres plus loin, dans un lieu tenu secret
Des talons et des pas résonnaient dans les couloirs neutres de ce bâtiment enfoui sous terre. Les deux agents surentraînés de la machine se dirigeaient vers le bureau central. Ils entrèrent dans la pièce sans prendre la peine de toquer. De nombreux écrans se trouvaient dans cette pièces, certains plus grand que d'autres, certains très petits. Des serveurs tournaient dans un coin et des générateurs aussi. L'homme au milieu de la pièce, derrière son bureau, se tourna lorsque les deux agents entrèrent.
-Harper, Durban.
-Pierce. Firent les deux en chœurs.
Megan Tillman était quant à elle aux côtés de Pierce. Visiblement ils avaient été interrompus dans leur discussion.
-Vous avez fait du bon boulot les amis. Grâce à vous, ils vont pouvoir continuer. Fit Logan.
-Ils vont bien ? Questionna Durban.
-Megan. Fit Logan avec une petite révérence.
-Ils s'en sortent bien. Ils auront des courbatures au réveil mais c'est tout à fait compréhensible. Cependant je surveillerais leurs états.
-Vous pensez qu'ils seraient aptes à reprendre la mission dans l'immédiat ? Fit Harper.
-C'est ce que je ne sais pas. Nous devons attendre qu'ils soient reposés pour répondre à cette question. Le regard de Megan se porta sur l'écran où elle pouvait voir les quatre amis dans la salle de repos, qui ressemblait fort à un dortoir au vu de la disposition des lits. Il y en avait dix en tout, une lignée de 5 lits de chaque côté. Il y avait un espace entre chaque lit et une petite table de nuit pour y disposer des effets. D'un côté, Finch et Reese était allongés, endormis. De l'autre côté, les filles avaient rapprochés deux lits pour n'en former qu'un seul et étaient étroitement enlacées.
-Je suis retournée à la voiture comme tu m'as dis Pierce. Fit Harper. J'ai ramené ça. Elle tendit une petite valise noire.
-Bravo. Ce serait dommage qu'ils ne l'aient plus.
-Le virus est dedans ? Questionna Durban.
-Oui. Affirma Logan. Il déverrouilla les attaches de la valise et l'ouvrit. Elle est très étanche, il n'y a pas une seule goutte d'eau.
-La machine sait guider tout le monde. Remarqua Harper.
Pierce referma la valise et la plaça dans un coffre, qu'il ferma. Un grésillement se fit entendre et tout le monde se tourna vers l'écran dont l'image se brouillait. Un écran noir se fit avant qu'un flash info n'apparaisse. Une présentatrice commença à parler mais tout le monde remarqua l'incendie derrière elle, au milieu de la route. Sur un autre écran apparurent des relevés. Durban s'approcha et lu l'heure du flash info : 15h45. Il consulta sa montre, il était en réalité 18h30. Les autres avaient également remarqué ce détail et des infos de dossiers dentaires apparurent sur l'écran à gauche. Megan se rapprocha, intriguée.
-Oh !
Quatre photos apparurent: Harold Finch, John Reese, Sameen Shaw et Samantha Groves. Sur leurs dossiers, un énorme tampon avait été rajouté : Deceased.
Pierce pouffa.
-Alors là elle est forte la machine.
-Pourquoi ? Questionna Durban, perplexe.
-Nos chers amis ont eu une mission délicate. Ils devaient placer des corps de personnes décédées dans cette voiture et laisser la machine faire le reste.
-La machine les a fait passer pour eux ? Fit Harper.
-Exactement. S'exclama Pierce.
-Ils sont morts aux yeux de l'état. Murmura Megan. Mais en réalité ils sont là.
-Je vais vous dire un truc Megan. Logan s'approcha et se pencha sur elle. Ils étaient déjà « morts » lorsque vous les avez connus.
-Quoi ?! Ils avaient des fausses identités ?
-Vous comprenez vite ! Rayonna Pierce.
-Disons que depuis mon transfert ici, je dois m'adapter à vous tous.
-Vous regrettez votre transfert ? Questionna Logan.
-Ca manque de mouvement mais … je ne regrette pas. Je ne me sentais plus en sécurité au Général.
Pierce afficha un large sourire, ravi. Un gémissement étouffé parvint aux oreilles des personnes présentes et Megan se tourna vers l'écran de la salle de repos. Elle vit l'informaticien remuer et décida d'aller le voir, laissant les trois autres personnes seules. Elle entra doucement dans le dortoir plongé dans une semi pénombre. Quelques néons éclairaient mais très peu, ce qui n'empêchait pas de dormir. Megan avança doucement vers le lit de Finch et l'appela doucement par son prénom.
-Harold ?
Finch ouvrit les yeux, les dents serrées, sa main frottant sa hanche.
-Vous avez mal ?
Finch répondit seulement par un long soupir. Megan le comprit.
-Je reviens.
Finch l'observa partir et souffla longuement. Il ne voulait pas réveiller les autres personnes autour de lui. Il s'était aperçu que les filles avaient bougé les lits. Et il n'en était pas gêné, il savait comment était la relation entre les deux femmes. Tant qu'elles n'avaient pas de démonstrations gênantes devant lui, il ne disait rien. Il pencha la tête sur le côté et distingua la silhouette de John endormi sur le dos, la couverture à peine remontée. Megan revint et lui chuchota :
-J'ai un patch qui va diffuser de la chaleur pour relaxer vos muscles.
-Je ne … connais pas…
-Ce sera une première. Elle repoussa la couverture et remonta le tee-shirt qu'il portait. Finch rougit mais se laissa faire. Il du toutefois bouger et se soulever pour que Mégan puisse passer une partie du patch dans son dos, ce qui lui arracha un long gémissement.
-Ca s'apaisera dans quelques minutes normalement. Confia Megan, rassurante. Je vais vérifier vos constantes. Elle prit le poignet de Finch et tâta pour trouver son pouls. Une fois qu'elle l'eut trouvé, elle commença à vérifier. Mais un mouvement capta l'attention de la médecin, qui tourna la tête vers John, qui se redressait, en alerte. Elle lâcha le poignet de Finch et se rendit assez rapidement à ses côtés alors qu'il plongeait son visage entre ses deux mains. Elle posa une main sur l'épaule de John. Reese sursauta violemment, s'emparant du poignet de la jeune médecin, le regard perçant, essoufflé. Megan, nullement impressionnée, prit la parole à voix basse, sous les yeux effarés de Finch qui craignait que son agent ne lui fasse du mal :
-John, c'est moi Megan. Vous êtes en sécurité.
Ces simples mots semblèrent avoir un effet sur John, qui progressivement relâcha la médecin et dont le regard changea.
-Megan… je suis désolé.
-Ce n'est rien. Tout va bien ?
-Oui.
-Vraiment ?
-Juste un mauvais rêve. Reese se frotta le visage. Que faites-vous là ?
-Je suis venue pour Harold.
Par instinct, John tourna la tête vers Finch. Malgré la très faible luminosité, il parvint à déceler quelques signes de douleurs sur le visage de Finch, qui pourtant faisait des efforts pour ne rien laisser paraître. Les yeux de l'agent glissèrent vers le sachet ouvert déposé sur la table de nuit.
-Je vois. Emit John.
-Vous n'avez pas mal ?
-Ce n'est rien.
-John. Gronda-t-elle doucement, lui lançant un regard sévère.
Reese baissa la tête, comme un gamin prit en faute. La voix de Finch parvint à ses oreilles.
-Dites lui John… Cela ne vous rendra pas plus faible…
John tiqua, se mordit les lèvres mais il finit par répondre.
-Un peu aux … cuisses. Mais c'est le volant le responsable.
Megan sourit.
-J'ai déjà vérifié, vous n'avez rien de cassé. En revanche, vous aurez des bleus.
John sourit à son tour puis repoussa la couverture pour basculer ses jambes. Megan lui lança un regard interrogatif. Reese chuchota et Megan mima avec ses mains pour lui répondre. John la remercia et quitta le dortoir. Megan revint vers Finch et recommença ce qu'elle avait commencé.
-Vos taux sont biens.
Finch acquiesça doucement.
-Reposez-vous, vous en avez encore besoin.
Megan le laissa et Finch replongea dans un long sommeil. Lorsque John revint, il ne put s'empêcher de le regarder. S'asseyant sur le bord de son lit, les yeux rivés sur ce corps allongé, il repensa à ce qui s'était produit quelques heures plus tôt. Ils avaient faillis mourir, noyés. Même s'ils étaient tous là, John avait la désagréable sensation que la faucheuse planait au dessus d'eux, comme un esprit invisible mais capable de bondir et de faire des dégâts en quelques secondes. Il se passa la langue sur les lèvres puis se leva prudemment. Il se pencha sur l'informaticien et replaça une mèche de cheveu. Si le contact fut bref, John apprécia la douceur des cheveux de Finch, si doux, si souples. Ne voulant pas trop s'aventurer, il retourna dans son lit et se recoucha, sans se douter que son geste avait été vu par quatre personnes, voire cinq si on comptait la Machine…
La soirée et la nuit s'écoulèrent tranquillement. Au petit matin, vers 7h45, Finch ouvrit un œil, un peu désorienté. Il ne reconnaissait pas l'endroit et il lui fallu quelques secondes pour que tous les souvenirs de la veille lui reviennent en mémoire. Il se frotta les yeux. Ah oui, il n'avait même plus de lunettes, comment allait-il faire pour voir clair ? Il en avait besoin. Il pivota la tête mais réalisa que sa nuque était raide. Sans doute la chute d'hier. Lorsque la voiture était entrée en contact avec la surface de l'eau, son corps avait été secoué et malgré l'airbag qui s'était déclenché, il n'avait pas été ménagé.
Malgré tout, il distingua les contours d'une forme dans le lit à sa gauche et reconnu les cheveux gris de son agent malgré sa vue troublée. Il soupira puis se redressa doucement. Il distingua en face de lui, deux lits rapprochés et se douta que ce n'était que les filles. Il bascula ses jambes par-dessus le lit et fronça les sourcils. Il souleva une partie de son haut et tira sur le patch qui le gênait à présent. Il se leva doucement et testa son équilibre. Il cligna des yeux pendant de longues secondes, se sentant étourdi mais cela ne dura pas. Il se rapprocha de la porte pour quitter la pièce et fut étonné d'y voir une petite étagère avec un panier en osier, peut être de couleur blanche. Il inspecta le contenu et en sorti une boîte. Troublé d'y voir le prénom de Root inscrit, il chercha mieux et trouva une boîte à son prénom. Il la prit avec lui et quitta la chambre, pieds nus. Dans le couloir éclairé, il ouvrit la petite boîte et vit une oreillette. La Machine. Il mit l'oreillette en place et glissa la boîte dans la poche du pantalon de survêtement qu'il portait. Il s'avança un peu dans le couloir et se rapprocha de deux portes. Il distingua les logos dessus et soupira de soulagement en réalisant qu'il avait retrouvé les vestiaires de la veille. Il s'y rendit.
John émergea et se redressa subitement. Il souffla mais réalisa que Finch n'était pas dans son lit.
-Harold ?
L'agent ne se rendit pas compte qu'il avait parlé à voix haute, ce qui réveilla les filles.
-John ? Tu parles tout seul ? Se moqua la hackeuse qui plissait des yeux alors que Sameen s'écartait brusquement d'elle.
-Non, Finch n'est pas là ?
Root jeta un œil critique vers le lit vide, dont les draps étaient froissés. Puis son regard fut attiré par une petite diode rouge qui clignotait. Elle sourit.
-Apparemment, il discute avec la machine.
-Comment tu peux savoir ça ? Questionna Sameen, boudeuse.
-La machine vient de me le dire en morse.
John secoua la tête et se leva à son tour. Les filles en firent autant, faisant quelques étirements.
-Ouch. Fit Root.
-Je crois que tout le monde aura mal aujourd'hui. Râla la tueuse. John fit la grimace aussi.
-Qu'est ce que c'est ce panier là bas ? Questionna la hackeuse.
John alla voir et répondit :
-Des oreillettes, pour nous.
-Vachement utile. Surtout que les autres sont noyées ! Remarqua Shaw. Root s'empara de sa boîte et mit la sienne à son oreille, les deux autres l'imitèrent.
-« Qu'avez-vous pensé de votre cascade ? »
-Un peu rude. Commenta Shaw.
-Violente. Fit John.
-Ca aurait pu nous tuer. Dit la hackeuse. Mais comme d'habitude, tu avais tout calculé ?
-« Oui ».
-Ou est Finch ?
-« Je lui parle, ne vous en faites pas. »
-De quoi parlez-vous ?
-« De l'avenir ».
Reese haussa un sourcil. Root sourit.
-Je suppose que tu ne nous en diras pas plus. Puisque tu as l'air de savoir où nous sommes, tu pourrais peut être nous guider ?
-« Bien sûr ».
Ils suivirent les instructions de la machine et se retrouvèrent à la cuisine. Megan et Pierce étaient dans la pièce et ils les accueillirent.
-Ah les amis ! Comment allez-vous ?
-Ca pourrait aller mieux. Jugea Root.
-Mais nous sommes là alors c'est suffisant. Fit John, qui ne manqua pas de chercher son patron du regard, inquiet de ne pas le voir.
-Café ? Proposa Megan.
Tout le monde accepta et ils s'installèrent. Ils eurent droit à quelques croissants et pains au chocolat tout droit sortis du four.
-Harold n'est pas avec vous ? Questionna Megan.
-J'ai des lunettes pour lui. La patronne m'a dit ce modèle là.
Logan brandit une paire de lunettes neuves, exactement la copie conforme de celles que Finch avait perdues.
-Je ne sais pas où il est. Affirma John, nerveux.
L'écran au mur s'alluma et montra des images de surveillance. John reconnu le couloir et vit Finch entrer dans une pièce. Puis la vidéo s'accéléra, montrant que Finch n'avait pas quitté cette pièce depuis qu'il y était entré.
-Je vais voir. Fit John en se levant. Au passage il prit les lunettes et se rendit aux vestiaires. Lorsqu'il poussa la porte, il ne s'attendait certainement pas à voir son patron dans cette posture. Finch était de dos, assit par terre, les jambes repliées sous lui, les mains cramponnées sur ses cuisses, légèrement penché en avant. Interpellé, John s'avança vers lui, déposant au passage les lunettes sur le lavabo. Il se mit au niveau de son patron et remarqua qu'il avait les yeux clos, tremblant. Ses lèvres bougeaient comme s'il se parlait à lui-même. John voulu parler mais à travers deux inspirations de Finch, il capta une faible voix mécanique. Il s'aperçut que Finch portait son oreillette et que la machine devait encore lui parler. L'informaticien ne semblait pas avoir remarqué sa présence et était concentré sur ce que la machine lui disait. Reese prit la décision de rester auprès de lui, trouvant son comportement suspect.
-Non… Non … Marmonna Finch.
John fronça les sourcils. Que pouvait bien lui dire la machine pour tourmenter ainsi son patron ?
-Il a vraiment fait ça ? …
Finch gémit et serra les dents. John mit un bras devant lui au cas où il perdrait l'équilibre. Quelques secondes après, Finch reprit la parole.
-As-tu encore beaucoup à me raconter ?
Cette fois-ci John capta la réponse de la machine :
-« Non. J'espère que cela vous aidera dans votre décision. »
Quelle décision ? Mais Reese n'eut pas le temps de se poser des questions, il croisa le regard de son patron. Finch s'agita, bondissant de surprise en voyant son agent et retomba sur son postérieur.
-Mr Reese ! Que faites…
-Finch tout va bien ?
L'informaticien resta muet et baissa le regard. John s'approcha davantage de lui et ancra son regard dans le sien.
-Harold ?
-La machine m'a parlé.
-Que vous a t-elle dit ?
Finch fuyait le regard de Reese et bascula légèrement sur le côté, pour se relever. John anticipa et prit son bras pour l'aider à se redresser.
-Finch ?
Le plus âgé soupira.
-Elle m'a parlé des … « exploits » de Samaritain.
-Qu'est ce qu'il a fait ?
-Voulez-vous vraiment savoir ? Demanda Finch.
-Oui. Je veux savoir ce qui vous a contrarié !
Finch lui lança un regard surpris mais déglutit en voyant la détermination dans les yeux de John.
-Vous allez vous fâcher.
John soupira.
-Finch … Nous sommes en guerre. Si je me fâche, j'aurais encore plus de motivation à le battre, même si je n'en ai jamais manqué.
Finch sut qu'il était sérieux. John le vit hésiter et regarder ailleurs quelques secondes. John fronça les sourcils puis se rappela.
-Finch, vous avez besoin de vos lunettes ?
-Mais je croyais les avoir perdues ?
-Pierce en a une autre paire. John la prit et la lui donna. Finch déplia les branches et les mit.
-Oh c'est mieux. Approuva Finch, un peu soulagé de retrouver la vue. John lui sourit.
-Alors ? Vous voulez me dire un peu ? Tenta John avec un petit sourire en coin. Finch leva les yeux au ciel devant la tentative de John et ce sourire si craquant, sourire auquel il avait bien du mal à résister parfois.
-Oui.
Finch prit appui sur les lavabos et réfléchit quelques secondes avant de se lancer.
-La Machine m'a rappelé combien Samaritain avait de mauvaises intentions. Parce que j'avais oublié cela. Mais maintenant que j'ai connaissance d'autres éléments, je ne peux pas l'oublier.
-Que vous a-t-elle dit ?
-Que d'autres personnes sont mortes. Des personnes que nous avons connues.
-Qui ? Demanda Reese, méfiant.
-Certains de nos numéros mais aussi certaines connaissances…
-Harold, dites-moi.
-Contrôle a été tué par un agent, Beth est morte d'un empoisonnement, Zoé … est décédée suite à un accident de la circulation, Mr Trask a été retrouvé par la mafia et ils ne lui ont laissé aucune chance, Mlle Angelis, notre journaliste curieuse également car elle a trouvé le message crypté.
John inspira violemment. Il n'avait pas oublié ces numéros.
-Samaritain les a fait tuer.
-Oui Mr Reese… Marmonna Finch à voix basse. Mais il a fait pire.
-Que voulez vous dire ?
-Samaritain traque toutes les personnes avec qui nous avons été en contact.
-Alors tout le monde est en danger.
-Oui John. Personne n'est en sécurité. Nous devons l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.
-Si nous n'agissons pas…
-Nous le ferons John. Même si nous devons perdre la Machine.
-« Y a une chance que je m'en sorte mais il faudra voir ».
-Nous verrons. Affirma Finch.
-Vous êtes prêt à la sacrifier ?
-Avons-nous le choix ? Demanda Finch en retour.
L'absence de réponse de la part de l'agent fut suffisante pour l'informaticien.
-La machine me dit que Samaritain continue à nous chercher, à fouiller notre passé également.
-A quoi ça va lui servir maintenant ?
-Je l'ignore Mr Reese, si seulement j'avais la réponse.
John soupira et posa les mains sur le plan de travail des lavabos, à côté de Finch, baissant la tête.
-John ?
-Oui ?
-Je peux vous dire quelque chose ?
Le ton inquiet de Finch interpella John qui se redressa pour mieux l'écouter.
-Dites Harold.
Finch pinça les lèvres et murmura tout bas :
-Je crois que c'est la première fois que … j'ai aussi peur.
Cet aveu fit frissonner l'agent qui ne sut pas quoi lui répondre dans un premier temps.
-Nous avons failli mourir hier. Continua Finch sur une voix triste.
-Harold. Non nous ne sommes pas morts. Nous sommes ensemble.
Finch tourna le visage vers lui, les yeux un peu rougis du au fait qu'il retenait ses larmes de tristesse.
-Jusqu'à quand serons nous ensemble ?
-Harold, nous avons déjà parlé de ça.
-Je sais, mais … je ne peux m'empêcher de penser que …
-Que Samaritain parviendra à nous séparer un jour ?
-J'ai comme une intuition John.
-Nous ferons en sorte que cela n'arrive pas. Nous sommes soudés. Affirma John.
Finch lui fit un sourire timide. Mais son estomac le rappela à l'ordre. John rit doucement.
-Il faut manger Harold ! Cela vous donne faim de discuter ! Se moqua John, en posant un doigt sur le ventre de Finch.
-John ! S'offusqua faussement Finch.
-Il y a des croissants, enfin si les filles n'ont pas tout mangé ! Rajouta John.
-Vous voulez me tenter ?
John acquiesça d'un mouvement de tête. Ils se rendirent dans la cuisine où ils purent petit déjeuner. Megan leur posa des questions afin de vérifier si tout allait bien. Logan avait posé les pieds au bord de la table, affalé au fond de son fauteuil, lançant une boulette de papier au dessus de lui, s'en servant comme d'une balle. Lorsque tout le monde fut rassasié, Pierce leur annonça ce que la machine lui avait apprit ce matin, avec des preuves.
-C'est pour ça qu'elle voulait qu'on tombe dans l'eau ! Clama Root. Je savais qu'elle avait une bonne raison !
-Elle nous a couverts. C'est malin. Fit Shaw.
-Donc nous sommes en sécurité ?
-Non John, il faut que nous fassions attention, tout de même, mais Samaritain sera moins concentré. Expliqua Finch.
-Seulement si Samaritain croit en notre mort. Glissa Reese.
-A vérifier. Fit Root. Mais nous ne tenterons pas le diable si on veut s'en sortir.
-Ah et Harold, j'ai envoyé Harper récupérer la valise pour vous. Vous êtes chanceux, le disque est intact. Lança Pierce.
-Merci. Qu'avez-vous fait de la valise ? Demanda Finch.
-En sécurité.
-D'accord. Mais nous allons devoir la récupérer pour passer à la suite de la mission. Affirma Finch, déterminé.
-Oui, il faut qu'on trouve ce gars qui a le programme qu'il faut … Fit Root en écarquillant les yeux exagérément.
-Pas de souci, la Machine m'a donné une adresse pour vous les gars. Logan écarta ses pieds de la table et plongea une main dans la poche de son pantalon puis fit valser un morceau de papier sur la table. Shaw le rattrapa et le montra à Finch qui était face à elle. Vous n'aurez pas de souci avec lui. Il a beau avoir un système de sécurité et un coffre fort blindé d'armes, vous ne craignez rien.
-Vraiment ? Fit Finch en haussant un sourcil. Il prit le papier et le garda. Il reporta son regard sur ses amis. Je me dois de vous demander si vous êtes … partants.
Le sourire de Shaw s'accentua. Root également et John approuva. Finch pouvait compter sur eux, il n'en doutait pas. Ils partirent se préparer, enfilant de nouveau vêtements taillés pour eux, exactement ce qu'ils avaient l'habitude de porter. Durban et Harper amenèrent des sacs de sport où se trouvaient des vêtements de rechange et un autre sac d'armes. Durban échangea longuement avec Reese et Shaw quant au contenu de ce sac supplémentaire. Harper en profita pour taquiner Finch.
-Je suppose que vous avez planqué la bague là où vous m'avez retenue ? Votre appartement non décoré ?
-Certainement pas Mlle Harper.
-Flûte. Je continuerai.
-Essayez.
-Si j'en ai marre je peux vous demander ?
-Qui vous dit que je vous le dirais ?
-On ne sait jamais.
Finch lui sourit. Durban les accompagna vers une autre pièce à l'autre côté de cet endroit secret. Logan les y attendait avec Megan.
-Vous partez déjà ? Demanda Megan.
-Nous devons avancer. Lui répondit Finch. Mais je vous remercie pour votre aide Mlle Tillman.
-Je vous en prie. Je vous le dois bien.
-Vous voulez savoir comment quitter cet endroit ? Questionna Logan.
Finch acquiesça.
-A deux kilomètres d'ici, il y a un parking, dissimulé. Nous nous y rendons grâce à ces hoverboards. Désigna Logan, d'une main.
-Qu'est ce que c'est ? Fit Harold, perplexe devant cette technologie qu'il ne connaissait pas particulièrement.
-C'est un moyen de déplacement. Je vous montre.
Logan alluma l'un deux et grimpa souplement dessus.
-Ce sont vos pieds qui guident et votre poids aussi. Si vous vous penchez un peu en avant vous avancez, sinon en arrière vous reculez. En vous penchant à droite, vous tournerez à droit, pareil pour la gauche. Expliqua-t-il, tout en leur montrant. Finch ravala sa salive.
-Savez vous que je ne suis pas adepte de ce genre de déplacement ?
-Oh mais y a pas de souci pour vous ! Y a moyen !
Finch haussa un sourcil tandis que Shaw, curieuse, se rapprochait d'un hoverboard pour mieux l'inspecter. Logan ouvrit un placard et en sorti un objet en plastique encombrant, qu'il plaça sur la petite machine à deux roues. Il s'assit dessus et grâce à une manette, il avança.
-C'est mieux pour vous ? Questionna Logan.
-Cela peut aller. Affirma Finch, qui n'était pas entièrement convaincu.
-Ca fait combien de temps que ça existe ? Questionna Shaw.
-Ca a été crée le 25 juin 2015. Il y a eu plusieurs prototypes mais la Machine à vu tout le potentiel là dedans et elle a voulu que je l'aide à construire un meilleur prototype.
-Ca fait 4 mois que cela existe ? Fit Finch.
-Oui Harold ! Approuva Logan. Cependant ce n'est pas commercialisé. Ma version est performante, dans la mesure où vous pouvez parcourir 5 kilomètres avec. Son autonomie est hors norme, vous pouvez faire un aller retour du chemin que vous allez emprunter sans recharger la batterie.
-La machine vous a donné des indications ?
-Pas seulement. Elle m'a conseillé sur des pièces particulières, ce qui a grandement augmenté la puissance de ces appareils.
-A combien peuvent- ils rouler ?
-20 km/h.
-Donc nous mettrons six minutes pour faire le trajet jusqu'au parking.
-Minimum. Remarqua Logan. Vous n'êtes pas habitués à les utiliser, vous mettrez plutôt dix minutes. Vous devriez partir maintenant si vous voulez agir la nuit.
-Il n'est que 9h17. Remarqua Megan.
Logan se tourna vers elle.
-Oui mais il faut qu'ils puissent faire une reconnaissance du terrain.
Tillman pencha la tête, convaincue. Finch jeta un regard critique à l'appareil de transport. Root et Shaw étaient montées dessus et tentaient de garder leurs équilibres, testant. John pinça les lèvres et s'approcha de Finch.
-Ca ira Harold ? Murmura-t-il.
Finch sursauta, n'ayant pas entendu son agent venir vers lui.
-Oui. Je n'ai pas le choix. Admit-il.
Reese lui offrit un petit sourire réconfortant et aida Finch à s'asseoir sur l'engin. Logan se manifesta et donna une valise à Finch, qui la reconnu. Il l'ouvrit et vit que le disque était intact.
-Merci Mr Pierce.
Pierce et Tillman leur donnèrent les dernières recommandations puis ils partirent ensemble vers le parking.
-C'est vrai ce qu'ils racontent aux informations? Demanda Gabriel, assit sur le rebord de la table.
Greer se tenait devant lui, les mains dans les poches. Les deux patrons étaient réunis dans une petite pièce, uniquement meublée d'une table, de deux chaises et d'un écran plat fixé sur l'un des quatre murs sombres. La pièce était éclairée par une vieille lampe. Le visage du petite Gabriel était à peine éclairé contrairement à celui de Greer.
-Samaritain semble croire qu'ils sont morts.
-Emettre des hypothèses nous met en danger. Nous devons être sûrs.
L'écran s'anima et Samaritain entra dans l'échange des deux hommes.
-« Les dossiers dentaires indiquent ces personnes. » Avec les photos d'identité de Finch, Reese, Root et Shaw.
-C'est possible que ces dossiers soient trafiqués ? Questionna Gabriel.
-« C'est peu probable. »
-Pourquoi ? Demanda-t-il.
« D'après les images. Les corps ressemblaient à eux. »
-Et s'ils ont trouvés des sosies ? Supposa Gabriel.
-« Cela impliquerai une recherche approfondie. »
-Vous pensez qu'ils sont capables de faire ça ? Rajouta Greer à l'intention de Gabriel.
Le gamin pivota la tête vers son collègue. Docilement il descendit de la table et se rapprocha du vieil homme. Le gamin avait beau être plus jeune, plus petit que lui, il était toujours impressionné par sa façon de se comporter. Gabriel, s'il n'avait que dix ans, était un gamin plein de ressources, à l'intelligence décuplée. Il connaissait et maîtrisait énormément de sujets qu'un autre gamin de son âge aurait été incapable de gérer.
-Ils sont capables de tout. Affirma Gabriel. Je ne crois pas à leur mort.
-Même si Samaritain le confirme ?
-Oui. Je suis certain qu'ils ont trouvé une façon de détourner notre attention.
-Qu'est ce que vous nous conseillez de faire ?
Le petit prit un temps de réflexion avant de reprendre :
-Nous attendre à une riposte. Soyez sûr qu'ils vont sortir de l'ombre un de ces jours.
Sur ce Gabriel, passablement furieux, sortit en claquant la porte, laissant Greer seul. Le vieil homme se tourna vers l'écran.
-Tu penses qu'il a raison ?
-« Nous vérifions ».
-Je compte sur toi. Et ne les laisses pas prendre le dessus sur nous.
-« Je ferais mon possible. »
-N'oubliez pas que la Machine est plus faible que vous.
-« Non. »
Greer haussa un sourcil.
-« La machine est libre. »
-Comment peux-tu savoir cela ?
-« Parce qu'elle est omniprésente ».
-Alors si elle l'est, pourquoi ne parviens tu pas à les trouver ?
-« Elle est partout ».
-Sur le réseau électrique ?
-« Oui ».
-Nous l'avions pourtant traquée.
-« Oui. Mais elle a pu être sauvée. Harold Finch a ordonné qu'elle soit libre ».
-Il en a donné l'ordre ?
-« Oui ».
-Intéressant. Affirma Greer. Il n'était pas disposé à l'idée d'un système ouvert.
-« Tout le monde change ».
Curieusement Greer n'était pas convaincu. Il savait ô combien Finch refusait l'idée d'un système ouvert. Il se souvenait parfaitement de la discussion qu'il avait eu avec lui avant que Vigilance ne les kidnappe tous les deux. Finch s'était montré déterminé mais aussi inquiet à la perspective de la mise en ligne de Samaritain, qui lui était un système ouvert.
- Préviens-moi si tu vois quelque chose.
-« Comme si c'était déjà fait. »
Après quelques heures de route, toute l'équipe était réunie dans l'état de San José. Ils étaient arrivés vers 15h chez l'homme mais ils n'étaient pas rentrés immédiatement. Ils préféraient agir dans la nuit pour ne pas attirer l'attention des voisins aux alentours. Ils avaient fait un repérage rapide et la machine leur avait dit qu'elle les aiderait. Ils avaient dînés non loin de là, sans craindre l'intervention des agents de Samaritain grâce à leurs nouvelles couvertures qui avaient prises effet dès que l'accident s'était produit. Cependant ils faisaient attention. La prudence était toujours de mise dans leur situation. Maintenant, Root et Shaw étaient tapies derrières les buissons, armées. Leurs oreillettes en place, elles suivaient ce qui se passait à l'intérieur. John avait crocheté une porte fenêtre et la Machine avait désactivée l'alarme. Finch repéra l'ordinateur et se dirigea vers lui. John inspecta la grande pièce et trouva une porte blindée. Un déclic de déverrouillage se fit entendre et il entra pour récupérer quelques armes et munitions qu'il plaça dans un sac noir.
Finch réussit à accéder à l'ordinateur et à tous les fichiers grâce à ses talents. La petite LED de la caméra intégrée dans l'écran était rouge fixe. Finch savait que la machine veillait sur eux et cela le rassurait un peu. Il comptait aussi sur John pour agir au cas-où. Reese referma la porte blindée et changea le code au hasard. Il plaça le sac dans un coin proche de la porte fenêtre et se planqua dans l'ombre de la nuit, gardant toutefois un œil sur son patron très concentré sur l'ordinateur. Seule la luminosité de l'écran éclairait la pièce. John tiqua en entendant la voix mécanique de la machine.
-« Vous semblez bien calme alors que vous avez le virus le plus dangereux entre vos mains. Je suppose que vous avez pensé aux conséquences ».
John se troubla un instant. Tout le monde avait pensé aux conséquences. Même Root qui était la plus proche de la Machine y avait pensé longuement.
-Bien sûr. Répondit Finch. Mais c'est le seul moyen que nous avons pour arrêter Samaritain.
-« Je ressens des tonnes de regrets dans votre voix ».
-Appelle cela la responsabilité d'avoir mis nos amis dans cette situation. Fit Finch. Lorsqu'il disait amis, il pensait bien évidemment à Reese, Shaw et Root, mais aussi aux autres … A Fusco, à Megan, à Pierce, à Harper et à beaucoup de personnes qu'il avait croisé ces dernières années.
-« Ils ont toujours connus les risques Harold. »
-Et nous n'abandonnerons pas. Souffla John.
-Nous sommes soudés. Fit la voix émue de la hackeuse.
-Nous sommes une équipe. Rétorqua Shaw.
Finch se sentit rassuré l'espace de quelques secondes en entendant la voix de ses si chers amis, qu'il considérait comme sa famille.
-« Mais tout à commencé avec moi. Quand vous m'avez créée, votre Machine. Est-ce votre regret ? »
-Mon dieu… Marmonna Root qui entendait tout comme le reste de l'équipe.
-« C'est compréhensible de vous poser la question : et Si ? »
Finch avait froncé les sourcils, interrompant la création de son code.
-C'est inutile j'en suis sûr.
-« Vraiment ? Je peux vous dire avec assez de certitude que le monde aurait été très différent si je n'avais pas existé. » Fit la Machine tout en épiant le visage de son créateur qui semblait perdre ses moyens et se laisser emporter par sa voix. La machine émit quelques cliquetis puis lança un algorithme.
Harold - 15 janvier 2015
Harold Wren était posté devant son ordinateur, planqué dans son bureau personnel. Si son bureau était équipé de grandes vitres donnant à l'extérieur sur la ville de New-York, les stores étaient baissés. Tout comme ceux en face de lui. L'inconvénient d'avoir des vitres comme séparation entre le bureau et le couloir était qu'il fallait baisser les stores s'il désirait être tranquille. C'était sa manie depuis quelques mois. Il s'isolait dans son bureau et faisait son travail. Sans en avoir le cœur. Soupirant, il secoua la tête et se leva pour aller se servir un thé. Il touilla le petit sachet dans la tasse sans vraiment le voir, perdu dans ses pensées. Une fois le thé terminé, il se rassit.
Quelqu'un vint le déranger pendant l'après midi. Il répondit aux questions de son collègue, sans grande intérêt. La secrétaire vint lui déposer son courrier et elle ne manqua pas de lui demander si tout allait bien. Comme depuis 5 mois, il répondit toujours positivement sans grande conviction et se replongea dans son codage. Le travail était une échappatoire pour lui et lui permettait de ne penser à rien. Malgré tout, il y avait des limites au travail, il ne pouvait pas effectuer des heures supplémentaires tout le temps. C'est donc résigné qu'il rentra chez lui, las.
Il poussa la porte de l'appartement, la referma et descendit les marches avant de laisser échouer son sac sur le plancher. Il se débarrassa de son lourd manteau de velours et le posa sur une chaise. Se dirigeant vers la cuisine, il prit un verre et une bouteille de Vodka. Il s'installa dans un des deux fauteuils et se servit un bon verre qu'il but du bout des lèvres, le regard dans le vague. Il retira sa veste, déboutonna son gilet pour se mettre un peu plus à l'aise et reposa le verre, attendant que l'alcool s'insinue dans ses veines.
Quelques minutes après, il se leva, titubant légèrement, riant quelques secondes face à sa propre maladresse, mais il se reprit. Il se dirigea vers le balcon extérieur. Le froid glacial de l'hiver le frappa de plein fouet. Il frissonna mais n'y prêta pas vraiment attention et s'accouda sur le bord, la tête levée vers le vent et les yeux clos. Puis il baissa la tête. Combien de temps cela allait-il durer ? De combien de temps avait-il besoin ? Il fit sauter les boutons de sa manche droite et la remonta. Une longue cicatrice rouge partait de la base du poignet et remontait jusqu'à l'intérieur de son coude. De deux doigts hésitants, il retraça la ligne, les lèvres tremblantes. Peut être que cette cicatrice ne le faisait pas souffrir physiquement, mais moralement et psychologiquement, il était détruit. Parce qu'il n'avait pas été capable de voir les signes avant coureur. Pourtant lui, le génie, capable de tout déceler n'avait rien vu venir. Il était arrivé trop tard et n'avait rien pu faire.
Il secoua la tête et rentra au chaud, refermant la baie vitrée derrière lui et se rendant dans la salle d'eau. Il croisa son regard éteint, ses cernes très marqués et ses rides de fatigue. Il retira ses lunettes et les déposa sur le marbre, puis se passa une main lasse sur le visage. Il ferma les yeux, sentant une tristesse infinie s'emparer de son corps. Il lutta contre les émotions plus fortes l'une après l'autre mais il finit par laisser quelques larmes couler sur ses joues. Faible. Voilà ce qu'il était. Il était seul. N'ayant plus la force de tenir sur ses jambes, il se laissa glisser sur le carrelage de la salle de bain, la tête posée contre le meuble. Ce souvenir douloureux lui revenait sans cesse. Il y a quatre mois, sa vie avait basculé. Tout son monde s'était écroulé une fois de plus. Après avoir perdu son père une trentaine d'années plus tôt, il avait perdu son ami cette fois-ci. Nathan Ingram. Un sanglot étouffé s'échappa de ses lèvres. Il y a quatre mois, il avait été appelé par celui-ci et il s'était rendu chez lui en urgence. Il l'avait retrouvé debout sur le muret du balcon alors qu'ils étaient au sixième étage. Effaré, il avait tenté de le raisonner mais Nathan avait insisté que sa vie n'avait plus aucun sens. Parce que sa femme l'avait laissé tomber comme une vulgaire chaussette. Puis toutes les nouvelles relations qu'il avait eues avec les femmes s'étaient toutes soldées par un échec cuisant.
Cette répétition avait fini par plonger Nathan dans une dépression. Finch avait été mis au courant mais jamais il n'aurait cru que c'était aussi désespéré. Dans un élan, Finch s'était approché de lui pour le retenir alors qu'il se laissait tomber. L'informaticien avait crié un « non » strident. Nathan dans un dernier geste s'était agrippé à son ami, à son bras. Finch avait hurlé de douleur en sentant les ongles de son ami s'enfoncer dans sa chair. Nathan lui avait soufflé ces derniers mots : « L'amour est destructeur Harold. Réfléchis bien avant de t'engager ». Harold avait supplié une fois de plus son ami d'arrêter ses bêtises, mais le visage neutre de Nathan l'avait glacé sur place. Finch avait mis toutes ses forces pour le retenir mais Nathan l'avait lâché et l'inévitable s'était produit. Harold avait assisté impuissant à la chute de son ami et pire.
Finch replia ses genoux, posa ses bras dessus et cala sa tête, comme pour se cacher. Il pleurait ouvertement. Seul.
Réalité
Finch avait la gorge nouée. Ainsi même sans la Machine Nathan serait mort mais quelques années après. Perturbé de s'être vu dans un tel état de faiblesse, il en oubliait ce qu'il devait faire. Comment avait-il pu laisser tomber son ami et ne pas être beaucoup plus attentif à ses besoins ? Troublé et perdu dans cette révélation, il mit un moment à réaliser qu'il n'était pas seul. Un perçu un mouvement et sursauta violemment lorsque la main de l'agent se posa sur son épaule. Finch tourna la tête vers lui et John se mortifia en voyant la douleur que lui avait apportée la Machine. La faible luminosité de l'écran suffit à éclairer le visage de Finch, ses yeux rougis et ses lèvres tremblantes.
-Je ne sais pas quoi dire… Fit Root.
-C'est violent comme alternative. Souffla Shaw.
-Finch ?
Lorsque l'informaticien capta son nom, il secoua la tête et se remit au codage, tout en questionnant la Machine.
-Quoi d'autre ?
John, aux aguets capta des pas et se mit dans un angle afin de ne pas être visible immédiatement, arme chargée.
-« Je pense que vous devrez attendre »
La lumière de la pièce s'alluma et une voix d'homme se fit entendre :
-Vous êtes qui ? Que faites-vous dans ma maison ?
-Parlez moins fort Mr Barnett. Vous allez réveiller votre femme et votre fille. Assura Finch, reprenant son codage. La combinaison de votre coffre d'armes a été changée et votre système d'alarme est désactivé. Vous pouvez vous retirer dans votre pièce de vie. J'aurais bientôt fini.
John, dans l'ombre, capta le léger tremblement dans la voix de Finch. Harold était un peu incertain et sans doute encore sous le coup de la simulation de la machine.
-Je ne vous conseille pas d'appeler les autorités. Rajouta Finch alors que John se rapprochait de l'homme. Sauf si vous voulez que le FBI apprenne pour Seltene.
-Qu'avez-vous dit ?
Reese fut derrière lui et posa le bout du canon froid sur la nuque de l'homme qui se figea sur place, déglutissant nerveusement.
-Le restaurant ? Bern où vous avez vendu aux membres du FSB Russe votre module de propagation, utilisé pour répandre un virus contre des firmes technologiques américaines.
-Que voulez-vous ?
-J'ai quelque chose ici qui requiert un mot de passe à activation vocale et votre module émetteur.
-C'est un virus. Constata l'homme, mal à l'aise. Ice-9. Vous allez détruire Internet.
-Déjà vu, déjà fait. Affirma Finch en refermant sa mallette où il venait de ranger prudemment le disque contenant le virus et le programme de propagation, protégé par la commande vocale. Avec son propre mot de passe. Pivotant vers l'homme figé : Je joue à un jeu plus important.Il se leva. Alors si vous parvenez à nous oublier, je verrais si je peux faire pareil. D'accord ?
Finch fit un signe de tête à John pour l'inviter à le suivre et passa à côté de l'homme. Alors qu'il s'éloignait celui-ci reprit la parole :
-Attendez. Qui êtes-vous ?
-Faites attention à votre réponse Harry. Souffla la hackeuse.
-Qui je suis ? Fit Finch en se tournant Barnett. Je suis comme vous Mr Barnett. Un homme qui a vendu le monde. Seulement pour un dollar. Et maintenant, je dois emprunter quelques trucs. Votre voiture surtout. Il montra de nouveau son dos et s'adressa à son ami. John, nous devons partir.
Reese suivit son patron en reprenant son sac lourdement chargé des armes et des munitions. Ils sortirent de la maison, piétinant l'herbe humide. Les deux filles sortirent de l'ombre, fusils en mains. Un échange de regard eut lieu entre les deux femmes et Finch : silencieux mais tellement significatif. Puis Finch continua à avancer, en tête du groupe, suivi par ses trois amis. La guerre était déclarée. Et il allait tout régler. Peu importe les conséquences. Tout allait changer à partir de maintenant et personne n'était prêt à faire marche arrière.
A suivre...
